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Les Vraies Voix avec Saliha Ait-Hamou, Bruno Pomart, Baptiste Robert Chercheur en cybersécurité et hackeur


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##LE_COUP_DE_PROJECTEUR_DES_VRAIES_VOIX-2026-08-14##

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News
Transcription
00:00Les vraies voix Sud Radio
00:02Le système informatique de la DGFIP, autrement dit le fisc français, a été victime du cyberattaque fin juin.
00:08L'affaire n'est révélée que maintenant après la revendication du piratage.
00:12Le pirate y revendique 678 438 lignes de données volées, donc près de 700 000 on aura compris,
00:19personne potentiellement concernée.
00:20Alors quand une attaque reste inconnue du grand public pendant plusieurs semaines,
00:23on vous demande d'ailleurs sur Youtube, vous n'hésitez pas,
00:26nos données sont-elles assez protégées ?
00:28Et pour en parler, nous sommes avec Johan de Malmort, notre auditeur,
00:33qui nous appelle au 0826 300 300.
00:35Bonsoir Johan.
00:36Bonsoir.
00:37Alors on va vous demander ce que vous en pensez, vous,
00:39puisque a priori vous travaillez dans l'informatique numérique, Johan.
00:43Oui, tout à fait, tout à fait.
00:44Alors qu'est-ce que vous en pensez ? Est-ce que nos données sont assez protégées ?
00:48Non, non, non, malheureusement pas assez.
00:51Ok.
00:53Mais c'est malheureusement le cas de la plupart des entreprises,
00:57et les gens ne nous dérogent pas.
00:59A savoir qu'on a des dépendances sur des systèmes qui ne sont pas souverains.
01:05typiquement, la plupart du temps, des bases de données sur des systèmes américaines,
01:09notamment, qui fait que ce sont des systèmes qui sont répertoriés,
01:14qui sont connus pour avoir certaines failles.
01:17Et malheureusement, il y a des personnes qui sont assez douées,
01:21suffisamment douées pour pouvoir exploiter ces failles.
01:23Parce qu'il y a une seconde fuite qui aurait exposé les données de près de 680 000 contribuels,
01:28ça c'est la première, et puis près de 2 millions de propriétaires aussi, a priori.
01:33Pour en parler, on est aussi avec Baptiste Robert.
01:35Bonsoir Baptiste.
01:36Bonsoir.
01:37Vous êtes chercheur en cybersécurité et hacker ?
01:40Ah non, ça me fait rigoler, mais...
01:42Ah tiens, justement !
01:43Eh ben voilà, on a un policier sur le plateau !
01:45Bienvenue, cher ami !
01:48Enchanté !
01:49Alors Baptiste, est-ce qu'on est assez protégé ?
01:51A priori non, enfin, je ne sais pas ce que vous en pensez, vous ?
01:54Alors, on est assez protégé, mais on ne le sera jamais.
01:57Il n'y a jamais de cybersécurité maximale, ça n'existe pas, en réalité.
02:02C'est un peu comme la sécurité physique, on peut faire le maximum,
02:06mais il n'y aura jamais de cybersécurité absolue.
02:10Ce qu'a dit le monsieur sur la souveraineté est un vrai sujet,
02:13mais ce n'est pas forcément le sujet ici.
02:15Le sujet, il est que quand on est une grande entité,
02:18avec des dizaines de milliers de personnes,
02:20quand on a des millions d'utilisateurs,
02:22eh ben c'est difficile de sécuriser un tel système.
02:25Est-ce que c'est acceptable pour autant ?
02:27Non, pas vraiment, et ce qui se passe est grave, il faut le dire.
02:31Aujourd'hui, il y a une multiplication des fuites de données,
02:34c'est un vrai problème,
02:35mais il faut aussi savoir que des failles de sécurité,
02:37dans les systèmes, il y en aura toujours.
02:39La question, c'est de se dire,
02:41comment en tant qu'entité de l'État,
02:44en tant qu'organisation, en tant que ministère,
02:46je me mets en position de recevoir les failles de sécurité,
02:49de les corriger au plus vite
02:50et d'avoir les bonnes personnes aux bons endroits
02:52pour pouvoir corriger rapidement.
02:54Le Premier ministre Sébastien Lecornu,
02:55il avait dévoilé un plan d'action
02:57pour renforcer la lutte contre les cyberattaques,
02:59notamment la création d'une autorité numérique de l'État
03:02et puis une enveloppe de 200 millions d'euros
03:03qui doit notamment financer des investissements
03:05dans les applications, les outils de détection
03:07et la cryptographie post-quantique.
03:09Ça devient très technique.
03:11Cela dit, c'est vrai qu'on se dit
03:13que les hackers, en général,
03:15sont beaucoup plus évolués que nous
03:16parce qu'ils sont plus souples aussi.
03:19Allô, Baptiste Robat, vous êtes avec nous ?
03:21Oui, pardon.
03:22C'est pour vous.
03:22Oui, bien sûr.
03:23Oui, oui, tout à fait.
03:26200 millions, il faut se dire que,
03:28surtout sur la cryptographie post-quantique,
03:30qui est un autre domaine
03:31qui demande beaucoup d'investissements,
03:33c'est de la paille.
03:35C'est clairement pas grand-chose.
03:36Alors, c'est toujours mieux que...
03:37C'est un effet d'annonce, quoi.
03:38C'est ça que vous dites.
03:39C'est clairement un effet d'annonce.
03:41C'est quelque chose qui est déjà existé.
03:43Il va fusionner des choses
03:44qui avaient été défusionnées auparavant.
03:47Et donc, on est sur la manœuvre politique
03:51qui n'a pas un effet immédiat.
03:53Pour avoir un effet sur la cybersécurité de l'État,
03:57le problème, c'est que c'est systémique.
03:59Il faut faire un audit de où est-ce qu'on dépense les choses,
04:03qu'est-ce qu'on a pris,
04:05est-ce qu'on a des bonnes solutions aux bons endroits,
04:07est-ce qu'on a les bonnes personnes aux bons endroits.
04:09J'ai l'impression que c'est une conversation
04:10qu'on a en boucle avec tous les projets du gouvernement
04:13en ce moment, depuis quelques jours.
04:15Et c'est de la cybersécurité qui n'est pas exclue.
04:18Bien sûr.
04:18Salia et Tamou, quand on sait que ce piratage,
04:21il a eu lieu en juin et qu'on ne le sait que maintenant
04:23parce que le pirate a revendiqué,
04:25on est à même de se poser des questions aussi.
04:26C'est sûr qu'on peut se poser beaucoup de questions.
04:29J'ai regardé un petit peu, justement,
04:31pour avoir quelques informations.
04:32On a Bercy qui a fini par avouer,
04:33donc il le savait.
04:35Maintenant, qu'il le sache,
04:36alors c'est vraiment, moi, ce que je pense,
04:38c'est qu'il le sache
04:39et que le grand public ne le sache pas,
04:42ce n'est pas en vrai le fond du problème.
04:44Le fond du problème,
04:46le fond du problème, c'est de régler le problème.
04:49C'est-à-dire de trouver une solution
04:51puisqu'aujourd'hui, on a rendu
04:52les déclarations en ligne obligatoires,
04:54sous peine d'amende.
04:55On a obligé 31 millions de Français
04:56à mettre leur vie fiscale en ligne.
04:58Et aujourd'hui, on leur dit,
04:59en fait, on n'est pas capable de vous protéger.
05:01Oui, c'est vrai.
05:03Beno Pema.
05:03Je crois que la DGFIP,
05:05la Direction Générale des Finances Publiques,
05:06effectivement, a une responsabilité là-dedans
05:09sur moderniser leur système informatique.
05:12Mais je crois que c'est dans tous les ministères.
05:13Dans tous les régaliens, il y a des problèmes.
05:14On le voit.
05:14On l'a eu malheureusement au ministère intérieur également.
05:17C'est une vraie question.
05:18Et quand on voit ce qui s'est passé là,
05:20c'est quand même des données vachement confidentielles.
05:22parce qu'à travers ça,
05:23je discutais avec un ami qui est banquier
05:25qui m'expliquait que
05:27piquer les informations,
05:28nom, prénom, adresse,
05:29tout ce qu'on peut imaginer,
05:30c'est savoir ce que les gens ont dans le panier,
05:32comme on dit.
05:33Et ça peut faire l'objet,
05:34comme on a vu avec la crypto,
05:35de gens qui sont ciblés
05:36pour aller les saucissonner
05:39et les kidnapper,
05:40voire les détrousser, comme on dit.
05:42Donc, c'est un vrai problème.
05:44Et je crois que ce pays a besoin
05:45d'une réforme totale
05:47sur tout un tas de domaines.
05:48On n'a pas su anticiper encore une fois.
05:50Et puis, on voit malheureusement le résultat.
05:51On est en train de le payer.
05:53Et le milieu des finances,
05:56pareil, encore une fois.
05:57Donc, il va falloir réagir très rapidement.
05:59Il est temps qu'on arrive
06:00au futur présidentiel
06:01pour pouvoir changer...
06:03Ah bah ça, je suis bien d'accord.
06:04Il est temps.
06:05Baptiste Robert,
06:07je sais que vous devez nous quitter.
06:08Donc, je vous repose une petite question
06:09juste avant.
06:10Berthi, il a finalement,
06:12effectivement, confirmé
06:13qu'un accès légitime
06:14intervenu fin juin
06:15à la suite d'une usurpation d'identité
06:16avait permis cette consultation
06:17et extraction de données.
06:19Donc, autant dire qu'en fait,
06:20en termes de pare-feu,
06:21j'ai envie de dire,
06:22de sécurité,
06:23c'était caduque pratiquement.
06:25Alors, oui et non.
06:27Et attention,
06:28dans ce que vous avez dit précédemment,
06:29ils n'étaient pas forcément au courant.
06:31Peut-être qu'il s'est passé
06:33un mois et demi,
06:34mais il est tout à fait probable
06:36que les impôts
06:39aient appris en même temps
06:41qu'ils avaient été hackés.
06:42C'est-à-dire,
06:43comment on peut ne pas voir
06:44une fuite de données
06:45aussi importante ?
06:46Si on n'a pas de système
06:48de monitoring,
06:49si on ne sait pas
06:50qui est présent,
06:51si on ne monitore pas
06:53ce qui rentre
06:54et ce qui sort
06:55de son réseau,
06:55un attaquant
06:57qui est un peu malin
06:58ou pas d'ailleurs,
06:59parce que s'il n'y a pas
06:59de système de surveillance
07:00autour,
07:01il va être en capacité
07:02de rentrer,
07:03de faire sa petite affaire,
07:04d'exfiltrer les données
07:05dont il a besoin
07:06et il repart comme ça
07:08et personne ne l'a vu,
07:09personne ne l'a arrêté.
07:10Et donc,
07:11il y a un scénario,
07:12je ne sais pas,
07:12je n'ai pas accès au dossier
07:13et aux personnes en question,
07:15mais il y a aussi
07:16un scénario
07:17où la direction générale
07:18a appris
07:19en même temps
07:20que tout le monde
07:21qu'ils avaient été hackés.
07:22J'ai envie de dire
07:22que c'est presque pire.
07:23Ils viennent de faire
07:23la communication.
07:24On va le faire
07:25complètement pire.
07:26Vous ne voulez pas
07:26qu'on vous fasse embaucher
07:27à la direction
07:27des finances publiques ?
07:29Bruno, il a le bras long.
07:33Bon, merci beaucoup
07:34d'être venu partager
07:34avec nous, Baptiste Robert.
07:35Je rappelle que vous êtes
07:36chercheur en cybersécurité
07:37et hacker.
07:38Vous restez avec nous,
07:39chers auditeurs.
07:40Puis d'ailleurs,
07:40on a toujours Johan
07:41qui nous appelle
07:42de Malmord
07:42dans les bouches du Rhône.
07:44C'est un joli lapsus
07:46que je viens de faire.
07:47Voilà, donc vous faites comme lui.
07:48Vous nous appelez
07:490826 300 300.
07:50Nous, on arrive tout de suite.
07:51A tout de suite.
07:5317h20,
07:54les vraies voix sudra
07:5517h19,
07:56Judith Ballert.
07:57Et à 17h17,
07:58je vous rappelle
07:59nos vraies voix du jour.
08:00Les vraies voix sudra
08:02Zio.
08:02Salia Haït Amou,
08:03vous êtes humoriste,
08:04entrepreneur,
08:05fondatrice du Women Comedy Tour
08:06et chroniqueuse.
08:08Bruno Pommard,
08:08vous êtes président
08:09du Think Tank Initiative
08:10Sécurité Intérieure
08:11et ancien membre du RAID.
08:12J'ai moins de références,
08:13vous avez remarqué.
08:13J'ai bien appris ma leçon,
08:14vous avez vu.
08:15Oui, c'est vrai.
08:16Allez, c'est reparti
08:16par la question du soir.
08:18Les vraies voix sudra Zio.
08:20Le fisc français
08:21a été piraté fin juin.
08:22Près de 700 000 contribuables
08:23pourraient être concernés
08:24par la fuite.
08:25L'attaque n'est révélée
08:26que maintenant
08:26car le pirate revendique.
08:28Alors, il aurait récupéré
08:29des données de contribuables,
08:30mais genre beaucoup, beaucoup.
08:32Et donc,
08:32une question se pose d'ailleurs,
08:34et on vous la pose sur YouTube.
08:35Vous n'hésitez pas
08:39mais bon, on va continuer
08:40à échanger.
08:41On est toujours avec Joanne
08:42qui nous appelle de Malemort.
08:44Bonsoir, Joanne.
08:46Rebonsoir.
08:48Alors, vous,
08:49en fait, ce que vous dites,
08:50c'est qu'il y a un problème
08:52de trou dans la raquette.
08:53C'est-à-dire qu'en fait,
08:54dès qu'on voit un petit trou
08:55dans le grillage même,
08:56on peut s'y engouffrer
08:57quand on est un hacker spécialisé.
08:59Oui, oui.
09:00Alors après,
09:00comme l'a dit votre intervenant,
09:02la sécurité à 100%,
09:04ça n'existe pas.
09:05Le risque zéro n'existe pas.
09:07C'est vrai,
09:09sur toutes les couches
09:10de la société,
09:10j'ai envie de dire,
09:11Bruno Pema.
09:11Oui, sur toutes les couches.
09:13Mais regardez,
09:13il y a quelques années,
09:14le Pentagone,
09:15ils sont rentrés
09:16dans l'ordinateur.
09:17On dit que c'est le CNDC1,
09:19ils ont réussi à rentrer.
09:20Il y a eu la NTS aussi,
09:21il n'y a pas très longtemps.
09:22Il faut savoir d'ailleurs
09:22que les hackers,
09:23j'aurais dû le dire
09:24à notre précédent auditeur
09:25qui est intervenu,
09:26les hackers sont aux Etats-Unis
09:28recrutés même
09:28dans les agences du gouvernement.
09:30Parce qu'évidemment,
09:31on a affaire
09:31à des petits génies quelque part.
09:32Donc, il faut les récupérer
09:33au lieu de les foutre
09:34en prison systématiquement
09:35et puis s'en servir
09:36peut-être pour nous expliquer
09:37ce qui ne va pas
09:37et pour faire évoluer
09:38nos systèmes.
09:39Johan, vous êtes à cœur, vous ?
09:42Non, non, non.
09:43Hub, hub, hub, hub.
09:44Dites-le, dites-le, dites-le.
09:45Il a bugué,
09:46il a trop bugué.
09:48Allez, affouez-le.
09:49Je ne m'attendais pas
09:51à cette question.
09:51Non, je dirige une équipe
09:54où on a ce qu'on appelle
09:55des hackers éthiques,
09:56c'est-à-dire des hackers
09:56qui sont en charge
09:57effectivement de trouver
09:58les failles de ces adversaires.
09:59Hackers éthiques,
10:00vous appelez ça ?
10:00Oui, c'est pas mal.
10:01Oui, c'est bien ça.
10:02Ça veut dire quoi ?
10:03C'est des hackers du bon côté.
10:05Ah oui, d'accord.
10:06Oui, c'est ça.
10:06On intervient en fait
10:07sur demande des clients
10:08sur des territoires spécifiques.
10:10D'accord.
10:10Et pourquoi vous ne travaillez
10:11pas avec les ministères ?
10:14Pour plusieurs raisons.
10:15D'abord, il faut qu'ils
10:17extriment le besoin.
10:18Oui, c'est sûr.
10:20Il y a une chose aussi,
10:21il y a plusieurs choses aussi
10:22par rapport à ce qui a été dit,
10:23mais normalement,
10:25les ministères sont en charge
10:27en tout cas de réaliser
10:28des audits
10:28à minimum une fois par an
10:30pour vérifier justement
10:33la sécurité
10:33de leur système d'information.
10:35Bien sûr, oui, c'est clair.
10:36Parce que vous vous rendez compte
10:37l'impact que ça a,
10:38les données qui ont fusé là ?
10:40Oui.
10:40Pour la DGF.
10:41Il est en vente,
10:41les données,
10:42toutes les données sont en vente,
10:43paraît-il,
10:44selon le site spécialisé
10:45French Breach,
10:46pour plusieurs milliers d'euros.
10:47Eh oui, alors vous vous rendez compte
10:48que je disais tout à l'heure,
10:49les gens peuvent savoir,
10:51les gens m'ont attentionné
10:52combien vous avez
10:53sur votre compte, etc.
10:53Donc vous saucissonnez,
10:55faire comme on a fait
10:55avec les patrons de la crypto-monnaie.
10:57Bon, ça ne m'arrivera pas.
10:58Vous faire passer
10:59pour de faux représentants bancaires
11:01pour essayer de vous vendre
11:02des produits, etc.
11:03Vous voyez, justement.
11:04Non, mais ils peuvent même
11:05viser vos comptes.
11:05M. Pommard,
11:06on peut tout simplement
11:07aussi prendre votre identité,
11:09maintenant.
11:09C'est ça.
11:09Oui, absolument.
11:10J'ai votre référence fiscale,
11:12votre nom, votre prénom,
11:13votre adresse,
11:14votre date de négente.
11:15Je peux souscrire des crédits
11:15à votre nom.
11:16Exactement.
11:16Ah oui, ça fait peur.
11:17Oui, oui, exactement.
11:19Il faut faire peur.
11:20Par contre, il y a une chose
11:21que vous avez dite
11:21qui m'a fait un petit peu peur
11:23dans les deux cas.
11:25C'est que la direction générale
11:28a avoué ou en tout cas
11:29constaté qu'effectivement
11:30il y avait bien eu
11:32un petit ratage.
11:32Mais de deux choses.
11:33Une, soit ils étaient au courant,
11:34ils auraient dit
11:35et là, c'est illégal.
11:37Parce qu'on est dans l'obligation
11:38maintenant depuis
11:39l'entrée en vigueur
11:40de la réglementation générale
11:42de la protection
11:43des données personnelles
11:44de prévenir les usagers
11:47au bout de 48 heures.
11:48J'imagine pas.
11:49Soit ils n'étaient pas au courant
11:50et là, c'est peut-être pire
11:52parce que ça veut dire
11:52qu'ils n'ont pas de
11:53effectivement,
11:53comme l'a dit
11:54votre précédent auditeur,
11:55ils n'ont pas de monitoring
11:56sur le système
11:57donc ils ne servent pas
11:57ce qui se passe.
11:58Et comment on fait
11:58pour bloquer alors ?
12:00Pardon ?
12:01Là, maintenant,
12:01comment on fait
12:02pour bloquer concrètement ?
12:03C'est trop tard.
12:03Ah mais non, on ne peut plus.
12:05La donnée a fait la fuité.
12:06La donnée a fait la fuité.
12:08La seule chose éventuellement
12:09qu'on peut faire
12:10c'est aller sur ces plateformes
12:13de vente
12:13et voir si on arrive peut-être
12:15à retrouver la personne
12:17qui a fait ça
12:18et peut-être essayé
12:20avant que les données
12:21soient vendues.
12:22Mais ça, c'est la gendarmerie
12:23à faire son travail maintenant.
12:25C'est une génération en tout cas.
12:26Alors, on continue au standard
12:27avec nos auditeurs
12:280800 26 300 300.
12:30Vous avez bien raison
12:30de nous appeler
12:31et de donner votre opinion
12:32puisque Sud Radio,
12:33c'est votre antenne.
12:33On est avec Anthony
12:34qui nous appelle de PESAC.
12:35Bonsoir, Anthony.
12:37Bonsoir à tous.
12:38Bonsoir.
12:39Alors, Anthony,
12:40vous, vous travaillez
12:40dans la cybersécurité.
12:41Ce que vous dites,
12:42c'est que pour les services
12:43de l'État en général,
12:44il y a des appareils
12:44qui sont quand même
12:45assez vieux, quoi.
12:46Oui, tout à fait.
12:48Alors, moi,
12:49j'interviens souvent
12:50dans tout ce qui est
12:51administration pénitentiaire
12:52et même pour le ministère
12:53de l'Intérieur,
12:54pas pour l'ESGALU.
12:56Donc, beaucoup de police
12:57et de gendarmerie.
12:58Et pour ce qui est existant,
13:00le matériel actif,
13:01donc le matériel informatique
13:02est très existant,
13:04voire pas du tout sécurisé.
13:05Par obsolète, quoi.
13:06C'est ça ?
13:06Oui, obsolète,
13:07même qu'on peut acheter
13:08dans le commerce.
13:09C'est même si c'est déjà arrivé.
13:10Et donc, c'est du matériel
13:11qui peut être hacké facilement.
13:14Oui.
13:15Donc, en fait,
13:16ce qu'on disait tout à l'heure
13:17sur cette enveloppe
13:18de 200 millions d'euros
13:19que prévoit le gouvernement,
13:20en fait, c'est comme,
13:21pardonnez-moi le terme,
13:22parlons vrai,
13:22c'est du pipi de chat, quoi.
13:25Oui, pour toutes les constructions nouvelles,
13:28ça, je n'ai pas de doute
13:29que tout est bien fait,
13:30mais c'est pour l'existant.
13:32Et des fois,
13:32on va, comment dire,
13:33on va faire des extensions.
13:35Les extensions sont sécurisées,
13:36mais le cœur de réseau en lui-même,
13:38le cœur du système,
13:39lui, ne l'est pas.
13:40Et donc, ça va coûter
13:41des gros, gros billets, quoi.
13:42Oui, c'est vrai.
13:44C'est lié à Itamu.
13:45En fait,
13:46quand on entend
13:46qu'il n'y a aucun budget,
13:48en fait, pratiquement,
13:49qui est détaché
13:50à cette cybersécurité,
13:51qui est devenue un élément essentiel
13:52de notre sécurité en général,
13:53on est quand même
13:54à même de se poser des questions, quoi.
13:56Bien sûr qu'on peut
13:56se poser des questions.
13:57Et moi, ce que je peux,
13:58en tout cas, en dire,
13:59c'est qu'à partir du moment
14:00où on sait qu'il n'y a pas
14:01le budget nécessaire
14:02pour sécuriser, justement,
14:04ce genre de catastrophes,
14:07vraiment, c'est fou ce qui s'est passé.
14:08Mais dans ces cas-là,
14:09on le dit aux usagers.
14:10Ça veut dire qu'on n'oblige pas
14:12les usagers à être obligés
14:13de mettre, par exemple,
14:14leurs impôts.
14:15Voilà, on peut...
14:16En ligne, vous voulez dire ?
14:17Oui, bien sûr.
14:17On repasse au papier ?
14:18Oui, bien sûr.
14:19Ça marche très bien, le papier.
14:22Tout est numérisé aujourd'hui,
14:23quand même.
14:24Mais tout est numérisé,
14:27mais rien n'a été sécurisé.
14:29Alors, je ne pense pas
14:30que rien n'a été sécurisé.
14:31Oui, on s'entend.
14:32C'est sécurisé,
14:32mais c'est rétrograde,
14:34c'est vieux, quoi.
14:35Mais imaginez pour la police,
14:36par exemple,
14:36si on devait repasser au papier
14:37pour les plaintes et tout,
14:38ça serait l'enferme.
14:39Oui, on ne parle pas
14:40de la même chose.
14:41Oui, mais quand même.
14:43Si un commissariat
14:44qui est piraté,
14:45que les données,
14:45elles remontent,
14:46c'est pareil,
14:46ils ont des données
14:46personnelles importantes.
14:48Oui, sur les plaintes en ligne,
14:48effectivement,
14:49il y a un service
14:50qui a été mis en place
14:50qui est quand même sécurisé
14:51parce que c'est
14:52les dernières générations.
14:53Mais on peut,
14:54on l'a vu il y a peu de temps,
14:54d'ailleurs, encore une fois,
14:55le ministère intérieur
14:56a été aussi hacké
14:57sur les sujets.
14:58Oui, et l'agent national
14:59des titres sécurisés,
15:00la NTS,
15:01elle a été hackée en avril.
15:04Et ce qu'ils disent aussi,
15:04c'est qu'en 2025,
15:05il y a eu 453 200 attentes numériques
15:08qui ont été enregistrées.
15:09C'est une hausse de 87%
15:10sur les dernières années.
15:11Je vous rassure,
15:12ce n'est pas que la France.
15:12Ne pensons pas
15:13qu'on est venus
15:14au Moyen-Âge.
15:15Je vous dis,
15:16le Pentagone,
15:16il y a quelques années,
15:17le Pentagone.
15:18Quand on sait que les Américains
15:20de la CIA,
15:21ils parlent sur Telegram,
15:22en même temps.
15:23Mais en attendant,
15:23on a quand même
15:24le fils qui sait tout de nous.
15:25Oui, c'est sûr.
15:26Et nous,
15:26on ne sait rien de lui.
15:29Et qui ne sait pas
15:30se protéger de tout le monde.
15:31On sait que Judith Bélair
15:33a beaucoup,
15:34beaucoup d'argent.
15:34Ah oui.
15:35Non, c'est sûr.
15:37Ce que je disais tout à l'heure,
15:38c'est que je ne serais pas
15:38saucissonnée
15:39s'ils ont accès à mon dossier.
15:40A priori, ça va aller.
15:41Coupez.
15:42Vous coupez, s'il vous plaît.
15:43Non, non, plus sérieusement.
15:45Écoutez, moi, en tout cas,
15:46pour clôturer ce que j'ai
15:48à dire là-dessus,
15:48c'est qu'à un moment donné,
15:49je veux bien.
15:50J'accepte, moi,
15:51qui ai des erreurs,
15:52qui ai des hackers
15:53qui ont envie de s'amuser,
15:54etc., à revendre.
15:55Ils gagnent de l'argent, surtout.
15:56Non, mais voilà.
15:57Mais il y a des victimes derrière
15:58et ça, c'est grave.
15:59Et la deuxième des choses,
16:01c'est qu'à un moment donné,
16:02il faut se rendre aussi
16:02à l'évidence et reconnaître
16:03que notre système,
16:04il n'est peut-être
16:05pas assez performant
16:06et il faut travailler
16:07pour le performer, quoi.
16:09C'est tout, en fait.
16:13Elle est vachement optimiste,
16:14c'est clair.
16:15Moi, je suis toujours optimiste.
16:17Non, mais t'as raison.
16:18On a des moyens,
16:19on le disait encore hier,
16:20on a des moyens en France,
16:21on peut faire des choses.
16:22Bon sang, pourquoi on ne le fait pas ?
16:24Avec 200 millions,
16:24on ne va pas faire des miracles.
16:25Je te rassure,
16:26changer des concepts informatiques
16:29de ce niveau-là,
16:29à mon avis,
16:30ça coûte beaucoup,
16:30beaucoup, beaucoup d'argent.
16:31Anthony, vous êtes encore avec nous ?
16:33Oui.
16:33À votre avis,
16:34combien de temps il faudrait ?
16:35Combien de temps ?
16:35Combien d'argent, plutôt ?
16:37Il faudrait et combien de temps,
16:38d'ailleurs, tiens,
16:38pour remoderniser
16:40un petit peu tout ça, là.
16:42Eh bien,
16:43je ne saurais pas trop quoi dire
16:44parce que vu que les prix
16:46informatiques ont augmenté
16:47ces derniers mois
16:48à cause du problème
16:49de RAM et de semi-conducteurs,
16:51les prix, là,
16:53ils ont beaucoup,
16:54beaucoup gonflé, quoi.
16:55Bien sûr.
16:55Pour un serveur informatique,
16:57il peut y en avoir
16:57pour 5 000 euros
16:58juste le serveur.
16:59Ah oui, c'est énorme.
17:00Donc, il faudrait
17:01beaucoup plus d'argent
17:01que cette enveloppe
17:02dont nous parle,
17:03effectivement,
17:03le Premier ministre.
17:04Merci beaucoup, Anthony.
17:04Merci, Johan.
17:06Merci aux auditeurs
17:06de Sud Radio
17:07d'être présents
17:08à ce rendez-vous
17:09des Vraies Voix de l'été
17:10et de venir participer.
17:11D'ailleurs, vous le savez,
17:12vous pouvez commenter
17:13et dire ce que vous pensez
17:14sur notre chaîne YouTube.
17:14On fait un point
17:15sur vos commentaires avec vous,
17:16Quentin Saunier.
17:17Eh oui, Judith,
17:17puisqu'on vous pose cette question,
17:19nos données sont-elles
17:20assez protégées ?
17:20Vous répondez non
17:21à 98%.
17:23C'est clair.
17:24Vous nous laissez aussi
17:25beaucoup de commentaires
17:26plutôt du même avis.
17:28Julien qui nous dit
17:28avec des ordinateurs
17:29de la préhistoire
17:30et des logiciels
17:31qui vont avec,
17:31on peut se considérer chanceux
17:32si le mal n'est pas pire que ça.
17:34On a Laurent qui nous dit
17:35qu'ils viennent nous vendre
17:37leur future identité numérique,
17:38euro numérique,
17:39passeport numérique
17:40et j'en passe.
17:40Ça promet.
17:41Et enfin, on a Guillaume
17:42du même avis
17:43qui nous dit
17:44qu'ils veulent tout numériser
17:45mais ils se tirent une balle
17:46dans le pied.
17:46Les pirates informatiques
17:47vont s'en donner
17:48à cœur joie.
17:49Eh bien,
17:50on aime bien
17:50comment vous parlez,
17:51vous les auditeurs
17:52de Sud Radio.
17:52Parlez vrai.
17:54On vous aime.
17:55Ne changez rien.
17:56Merci, Quentin Saunier.
17:57Il est 17h28
17:59sur Sud Radio.
17:59Dans un instant,
18:00ça va être le tour de table
18:01de nos vraies voix.
18:02Ils ont des sujets chauds,
18:04donc vous restez là.
18:05A tout de suite.
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