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Marschall Truchot, du lundi au jeudi de 17h à 19h avec Olivier Truchot & Alain Marschall. Deux heures pour faire un tour complet de l’actualité en présence d’invités pour expliquer et débattre sur les grands sujets qui ont marqué la journée.
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00:00On va revenir maintenant sur la petite phrase de Jean-Luc Mélenchon concernant la dette française.
00:043 000 milliards, il veut la mettre au feu.
00:06Moi, ça réglera partiellement, mais ça réglera une partie du problème.
00:10Roland Lescure, le ministre de l'Économie, lui répondait ce matin sur BFMTV.
00:14Oui, la Banque Centrale Européenne peut et doit mettre au congélateur les dettes des États
00:22en commençant par celle de la période Covid.
00:26C'est ce que viennent de faire les États-Unis d'Amérique avant-hier pour des milliards et des milliards.
00:33Alors, d'habitude, vous imitez. Pourquoi vous ne feriez pas mieux pour une fois ?
00:37Fausse bonne idée, évidemment, une fois de plus.
00:39Ça paraît simple quand on dit Jean-Luc Mélenchon.
00:41Oui, exactement. Ça fait des années qu'il le dit et qu'il le répète.
00:44Alors, il le fait avec brio, mais il raconte n'importe quoi.
00:46Vous inquiétez pas, je m'occupe de tout. J'annule 20% et tout va bien se passer.
00:50La réalité, c'est que Jean-Luc Mélenchon, s'il fait ce qu'il dit avec M. Pigasse à ma
00:55place,
00:56c'est la crise financière assurée.
00:59Avant d'en débattre, d'en discuter, regardons quand même cette dette française avec Chloé Giraud.
01:05Savoir précisément, Chloé, bonsoir, à qui appartient la dette ?
01:10La France doit beaucoup d'argent, mais qui sont les créanciers et les prêteurs ?
01:13Je vais vous répondre tout de suite, mais d'abord, un petit rappel, si nécessaire,
01:17sur le montant, l'ampleur de cette dette française.
01:20D'après les dernières données publiées par l'INSEE, à la fin du premier trimestre de cette année,
01:27la dette française s'élevait à 3 536 milliards d'euros.
01:32On est donc proche des 118% du PIB.
01:36Et on va faire un petit retour en arrière pour voir l'évolution de ce montant
01:40depuis une dizaine d'années, soit depuis le début du mandat d'Emmanuel Macron.
01:45Lorsqu'il est arrivé au pouvoir en 2017, cette dette, elle s'élevait à environ 2 200 milliards d'euros.
01:53Elle a donc augmenté de plus de 1 300 milliards d'euros.
01:57Maintenant, qui détient effectivement cette dette française ?
02:01On va regarder dans le détail la répartition.
02:03D'abord, il faut savoir qu'à plus de 50%, ce sont des non-résidents,
02:08c'est-à-dire des personnes, des entités qui ne vivent pas sur le sol français.
02:12Ensuite, on a la Banque centrale, l'eurosystème à hauteur de 20%.
02:17Le secteur privé, cette fois-ci en France, sans parler des banques à hauteur de 20%.
02:22Et puis les banques, elles, on est aux alentours de 8%.
02:25Alors c'est un peu compliqué de comprendre qui se cache concrètement derrière toutes ces entités.
02:31D'ailleurs, ces obligations du Trésor, elles peuvent aussi passer de main en main,
02:36être revendues à plusieurs reprises.
02:38Néanmoins, on va voir deux cas concrets et aussi très différents de détenteurs de la dette française.
02:44D'un côté, vous pouvez avoir des sociétés d'investissement étrangers situées dans n'importe quel pays
02:49qui investissent dans la dette française, mais aussi dans d'autres dettes nationales.
02:53Et puis, de l'autre côté, l'épargne, par exemple, votre livret A, votre assurance vie,
02:59si vous en détenez une, servent aussi à financer la dette de la France indirectement.
03:05Vous détenez donc peut-être, vous aussi, une infime partie de la dette française.
03:09– Merci, Chloé Giraud.
03:11– Gaëtan, je rebondis sur ce que vient dire Chloé.
03:14Si j'ai de l'argent sur mon livret A et qu'on décide de congéer la dette,
03:17je ne peux pas récupérer mon argent ?
03:19– Vous pouvez récupérer votre argent, ce n'est pas là le nœud du problème.
03:22Le nœud du problème, c'est bien évidemment, on parle là de geler la dette détenue
03:28par la Banque Centrale Européenne.
03:29On ne parle pas des autres dettes, c'est de toute façon juridiquement tout à fait impossible.
03:34– C'est combien détenu par la Banque ?
03:34– 20,6%, Chloé l'a montré très justement, on a 3 636 milliards.
03:42Donc voilà, il parle de la dette de la France,
03:47tout simplement parce que c'est inscrit dans les traités européens,
03:51la Banque Centrale Européenne ne peut pas financer.
03:54Et même, de toute façon, la seule possibilité, techniquement ça serait possible.
03:58– Imaginons qu'on puisse le faire quand même, ça changerait quoi ?
04:01– Effectivement, je vais vous dire pourquoi ça serait possible.
04:04– À condition que la France n'appartienne pas à la zone euro,
04:08que la France continue à utiliser le franc et fait exactement comme font les États-Unis,
04:15à savoir des suppressions de dettes parce qu'ils sont maîtres de leur monnaie.
04:19Mais ça a des conséquences, ça a des conséquences sur l'inflation
04:22et surtout le signal envoyé au marché financier qui aujourd'hui nous refinance,
04:27nous permet justement de refinancer cette dette, nous permet de payer les fonctionnaires français.
04:32– Mais bien évidemment, on est déjà à un niveau de 2008,
04:38on est à 4,11% sur le taux à 10 ans.
04:41– Alors qu'on a emprunté à un moment donné avec des taux négatifs.
04:43– Mais bien sûr, mais bien sûr.
04:44Mais c'est surtout qu'aujourd'hui, on a un taux qui est supérieur, bien évidemment,
04:48à celui de l'Allemagne, de l'Italie, de l'Espagne, mais aussi de la Grèce.
04:52– Vous vous souvenez tous des taux auxquels la Grèce empruntait,
04:57qui étaient juste faramineux.
04:58Il y a même un moment où justement la Grèce ne pouvait plus se financer sur les marchés.
05:03Et c'est d'ailleurs pour ça qu'il y a eu toutes ces mesures qui aient été mises en
05:06place au niveau européen.
05:08– Très dur, très très dur, des réformes qui ont été vraiment très très importantes.
05:12Mais pas que pour la Grèce.
05:13L'objectif, c'était d'éviter la contagion.
05:16C'est-à-dire que la faillite, entre guillemets, de la Grèce,
05:20ne se répercute sur le système bancaire européen
05:23et de facto sur les autres pays européens.
05:26Et puis encore un dernier mot qui est vraiment très important.
05:29On montrait aujourd'hui le montant de la dette française
05:32qui est quasiment équivalente au montant en volume de la dette de l'Allemagne.
05:37Sauf que finalement, cette dette, elle ne sert pas à la même chose.
05:40Aujourd'hui, les Allemands utilisent leur dette pour financer des investissements d'avenir.
05:46Pour essayer de projeter leur pays.
05:48– Se réarmer aussi.
05:49– Bien sûr, mais ce sont des investissements d'avenir.
05:53Là où la France utilise cet argent juste pour payer ses fonctionnaires
05:57et financer son modèle social.
06:00– Et le premier poste aujourd'hui, c'est le remboursement des intérêts de la dette ?
06:03– 70 milliards ?
06:04– Non, ce n'est pas le premier poste, puisque les retraites, c'est 400 milliards.
06:07– Ça va être plus que le budget d'éducation, on va dire.
06:11– Oui, tout à fait, en budget d'État.
06:13– Alors, Aurélien Taché, c'est vrai que ce n'est pas très convaincant ce que nous dit Jean-Luc
06:17Mélenchon.
06:17Ça fait plaisir à entendre, finalement la dette, on peut l'annuler en partie.
06:21Et finalement, quand on rentre dans le détail, on se dit que ce n'est pas possible.
06:23– Justement, rentrons dans le détail.
06:25Il faut arrêter de penser que les choses sont immuables
06:27et que les règles éditées par l'Union européenne ne peuvent pas changer.
06:30Vous savez, depuis quand elle date, cette règle des 3% de déficit du budget ?
06:34Depuis M. Sarkozy et Mme Merkel.
06:36M. Hollande s'était fait lire sur la promesse de faire annuler ce traité.
06:39M. Moscovici est revenu six mois après l'élection de 2012 en disant finalement on va le garder.
06:42Donc tout ça, ça n'a pas toujours existé.
06:44– Et les Français avaient dit non d'ailleurs à ce traité.
06:47– Et rappelez-vous qu'en 2005, ils ont dit non précisément à ça, les Français.
06:50Ils n'ont pas dit non à l'Europe, ils ont dit non à l'ordolibéralisme,
06:52ils ont dit non à la vision allemande,
06:53qui fait qu'on n'aurait pas le droit, au nom de la sacro-sainte lutte contre l'inflation,
06:58d'émettre des euros avec la Banque Centrale Européenne.
07:00Donc c'est des choix politiques.
07:01C'est des choix politiques et Jean-Luc Mélenchon ne s'est jamais caché de dire
07:04que s'il devenait président de la République,
07:05ce ne serait pas pour faire comme les autres depuis 30 ans.
07:07Je crois que là-dessus, tout le monde est au clair.
07:08Donc effectivement, il y aura un rapport de force,
07:10il y aura la volonté de mettre ces 20% de dette publique.
07:14Il ne s'agit pas de dire à des investisseurs privés ou à des prêteurs privés
07:17qu'ils ne seraient pas remboursés.
07:18Il s'agit de dire que la Banque Centrale Européenne,
07:20qui est donc une institution publique,
07:21une institution avec laquelle normalement,
07:23elle n'est pas censée prendre d'argent sur l'emprunt des nations.
07:28Eh bien de dire, oui, on va changer de politique au niveau de la Banque Centrale Européenne.
07:30La France demande ça de toutes ses forces,
07:32puisqu'effectivement, il faut qu'on puisse mettre un certain nombre de dettes au congélateur.
07:36C'est ce que font effectivement les États-Unis d'Amérique avec la FED.
07:39C'est ce que font tout un tas de pays.
07:41Vous pouvez dire que cette dette-là,
07:43la Banque Centrale Européenne pourrait même en prendre un peu plus.
07:45Ça changerait quoi ?
07:46Eh bien ça fait que vous avez quand même un endettement.
07:48Oui, mais on n'a pas forcément plus d'argent.
07:51Et qu'au total, vos intérêts à rembourser sont morts.
07:53D'accord, mais il faut toujours continuer à emprunter,
07:55puisqu'on vit au-dessus de nos moyens.
07:56Ce qui vient des titres-là est très important,
07:58c'est-à-dire que c'est pour quoi faire ?
07:59Il ne s'agit pas de dire,
08:00on va juste continuer à payer nos dépenses de fonctionnement comme ça.
08:03Mais si vous payez la planification écologique comme ça,
08:05si vous payez la souveraineté numérique comme ça,
08:07parce que moi j'aime bien entendre M. Glutzmann nous raconter des choses,
08:09nous dire, on va faire la France indépendante,
08:11au plan numérique écologique.
08:12Avec quel argent ?
08:13Il faut faire comment ?
08:14Il n'y a pas le début de...
08:17C'est pas en congelant les parties de la dette.
08:19Mais bien sûr que si !
08:19Qu'on rentre plus d'argent.
08:21Des investissements à long terme,
08:22vous pouvez emprunter pour les financer, ça c'est ça.
08:25Soyons clairs quand même,
08:26parce que les marchands de rêves et d'illusions,
08:29c'est sympathique, mais il y a un retour en rêve.
08:31C'est un choix politique.
08:32Je ne vous ai pas coupé la parole,
08:33parce que je considère qu'on a un débat d'un certain niveau,
08:35donc on va garder ce débat d'un certain niveau.
08:37Qu'est-ce que ça veut dire si je donne le signal politique,
08:40mettons Mélenchon est président de la République,
08:42il dit je brûle la dette ou je la congèle.
08:43Ça veut dire que le lendemain,
08:45l'emprunt sur les marchés de la France va exploser.
08:48Vous avez déjà des taux d'intérêt,
08:49je parle aux épargnants français,
08:51je parle aux gens qui, par exemple, demandent un prêt immobilier.
08:54C'est pas comme s'il n'y avait pas de crise de l'immobilier.
08:57Vous êtes à 4 points aujourd'hui d'emprunt.
08:59Ça a congelé le marché immobilier.
09:01Demain, vous serez à 6.
09:02C'est ça la réalité.
09:03Les premiers, si je dis 6, mais c'est X.
09:06Ça veut dire que plus personne ne pourra emprunter
09:08pour acheter un appartement.
09:10Deuxième chose, parce qu'il y a eu un tableau très bien fait,
09:12on dit l'épargne détenue par des acteurs privés.
09:14Mais c'est vous, c'est moi, c'est tous les gens.
09:16On parle des retraites et du montant des retraites.
09:18Mais les gens, qu'est-ce qu'ils font ?
09:19La retraite par répartition ne fonctionne pas très bien.
09:21Ils sont au taquet sur le livret A,
09:23au taquet sur le livret d'épargne populaire.
09:25Sur les assurances-vie.
09:26Et je le dis à nos téléspectateurs.
09:27Le plan épargne retraite qui marche bien.
09:28Je dis à nos téléspectateurs, fonds en euros.
09:31Ça veut dire quoi ?
09:31C'est de la dette française.
09:3320% de la dette française est détenue par les épargnants français.
09:36Alors on peut dire que c'est des salopards,
09:38on peut dire que c'est des nuisibles,
09:39comme ça a été dit aux universités de la France.
09:43Les nuisibles, c'est les milliardaires.
09:44Les milliardaires, c'est les nuisibles.
09:45Mais d'accord, mais je veux dire,
09:46les détenteurs d'assurance-vie,
09:48c'est des gens qui juste essaient d'avoir une retraite à l'arrivée.
09:51Non, mais ça, c'est quand même important.
09:52Le deuxième aspect des choses...
09:53C'est pas de quoi on parle.
09:54Le deuxième...
09:55Non, mais donc je vais répondre sur un point,
09:56parce que les arguments étaient sérieux,
09:58je réponds sérieusement.
09:59Le deuxième aspect des choses,
10:00il y a 17 pays dans la zone euro.
10:02La gouvernance de la Banque Centrale Européenne,
10:04c'est 17 pays.
10:05C'est pas on fait un bras d'honneur à l'Allemagne,
10:07on va à Berlin, on règle le problème.
10:08On va au conseil de la Banque Centrale Européenne,
10:11on dit, on annule une partie de la dette.
10:13Mais les 17 pays ont des convicts ?
10:14Vous savez qu'on n'est pas les ceux-là.
10:16Et je vais jusqu'au bout, M. Taché.
10:17Le revenu sud est complètement sur cette ligne.
10:18Mais pas du tout.
10:19Et je vais jusqu'au bout.
10:20Il suffit d'un, vous savez,
10:21c'est une assemblée de copropriétés.
10:23Tous les pays européens,
10:24les 17 font plus d'efforts que nous
10:25sur le plan budgétaire.
10:26Donc vous allez dire,
10:27nous, on n'a fait aucun effort,
10:28on annule la dette.
10:29Alors que eux, ils ont fait des efforts.
10:30Tout ça ne fonctionne pas.
10:31Il y a un homme quand même
10:32qui donne raison à Jean-Luc Mélenchon.
10:35Et c'est quelqu'un qui vient du Serraï.
10:37C'est Mathieu Pigasse,
10:39dont le métier a été de restructurer des dettes, etc.
10:44Il est devenu riche grâce à ça.
10:45Et lui, il dit, c'est pas un problème.
10:47Il l'a dit encore, d'ailleurs,
10:49avec Manuel Bonpart, Gaëtan Mélin.
10:52Il dit, mais c'est pas un problème, en fait.
10:54On s'affole pour rien.
10:55Une partie de la dette, on peut l'annuler.
10:58Encore une fois, on va être très clair sur le point.
11:00Juridiquement, ce n'est pas possible.
11:02Vous ne pouvez pas convaincre
11:03les 16 pays européens
11:04de voter le gel de la dette
11:07détenue par la Banque Centrale Européenne.
11:09Donc, terminé, on ferme la porte, etc.
11:11Il n'y a plus rien à voir.
11:13Et autre point qui est vraiment essentiel,
11:15c'est que Raphaël Glussmann
11:16s'est occupé de la restructuration.
11:18Mathieu Pigasse.
11:19Mathieu Pigasse, pardonnez-moi.
11:21Finance, vous avez raison de me corriger,
11:24François Calfour.
11:24Bon, Mathieu Pigasse s'est occupé
11:26de la restructuration de la dette grecque.
11:29Il n'a pas annulé, là.
11:29Non.
11:30Et justement, voilà,
11:31il a emprunté sur les marchés,
11:34il a refinancé la dette,
11:35mais à aucun moment,
11:37il n'a proposé à la Grèce,
11:39justement,
11:40de geler,
11:41ou bien de supprimer,
11:44d'effacer cette dette.
11:45Et justement,
11:47ce cas grec,
11:47il est pour moi très important
11:49parce que comment demain,
11:51la France peut,
11:52ne serait-ce que quelques minutes,
11:55envisager que la Grèce
11:57aille dans le sens de la France ?
11:58La Grèce,
11:59on leur a mis le couteau sous la gorge,
12:01on leur a dit,
12:02maintenant,
12:02vous n'avez plus le choix,
12:03vous allez faire les réformes
12:05et vous allez réduire votre déficit.
12:07Et ça a été très,
12:08très,
12:08très difficile
12:09pour les Grecs.
12:10Eh bien,
12:11aujourd'hui,
12:11je ne vois pas pourquoi
12:12la France devrait s'exonérer
12:15des mêmes effets.
12:16Très rapidement,
12:16parce qu'il y avait un homme politique
12:17en France qui disait
12:18qu'il ne fallait pas
12:18qu'il y ait les Grecs en bourse
12:19et qui était à leur côté,
12:20il s'appelait Jean-Luc Mélenchon.
12:21Donc,
12:21s'il devient président de la République,
12:22je pense que les Grecs
12:23s'en rappellent.
12:24Justement,
12:24parce qu'à la France insoumise,
12:26on a entendu beaucoup de choses
12:26sur le thème de l'argent.
12:28Il y a effectivement
12:28mettre la dette au feu
12:29ou la congeler
12:31et puis interdire les milliardaires.
12:32Ça peut paraître une boutade
12:34mais pourtant,
12:35ça a été prononcé.
12:38Taxer les riches,
12:39ce n'est pas suffisant.
12:40Si l'on veut être clair
12:42dans une société
12:43où on va remettre
12:44les choses à l'endroit,
12:46c'est qu'il ne faudra
12:46pas seulement taxer les riches
12:48mais interdire les milliardaires
12:50parce que s'il n'y a plus
12:51de milliardaires,
12:52alors il n'y a plus personne
12:54qui détient les médias.
12:55S'il n'y a plus de milliardaires,
12:57il n'y a plus personne
12:57qui massacre la planète.
12:59Et je vais même plus loin.
13:01D'un point de vue purement économique,
13:03je veux vous convaincre aussi
13:05à quel point les milliardaires
13:07sont des formes de nuisibles.
13:09J'assume.
13:11Vous expliquez comment on interdit
13:13les milliardaires,
13:14les nuisibles,
13:14M. Taxer.
13:15D'abord, vous avez bien compris
13:16que c'était une formule,
13:17l'interdiction,
13:17il ne s'agit pas d'interdire.
13:18Et puis,
13:19Mme Oubry vient de le dire,
13:20au plan économique.
13:21On ne s'en prend pas aux gens,
13:22nous, on n'est pas méchants,
13:22vous savez.
13:23Donc, au plan économique,
13:24les milliardaires sont nuisibles.
13:26Et effectivement,
13:26ils sont nuisibles
13:27en termes de
13:27qu'est-ce que ça apporte
13:29au collectif,
13:30qu'est-ce que ça apporte
13:30à l'économie
13:31d'avoir des gens
13:31qui, effectivement,
13:32gardent des parts de fortune
13:34absolument colossales,
13:35qui ne réinvestissent pas forcément,
13:36qui vont mettre en spéculation
13:38dans un espèce de bulle financière
13:40qui va ensuite alimenter
13:42effectivement la dette.
13:43M. Taxer,
13:44il faut quand même
13:44travailler des gens,
13:44les milliardaires.
13:45Des employeurs,
13:46c'est autre chose.
13:47Les milliardaires sont des employeurs.
13:49Pas forcément, d'abord.
13:50Il y a des gens
13:50qui gagnent beaucoup d'argent
13:51en faisant de la spéculation financière
13:53et en employant des gens.
13:53Elle faisait par exemple
13:55préférence à des milliardaires
13:56qui détiennent
13:56des groupes de presse.
13:58Bon, c'est des employeurs.
13:59Donc, si vous les supprimez,
14:01c'est les médias qui ferment,
14:02par exemple.
14:03Attendez, vous êtes d'accord avec moi
14:04qu'on n'est pas obligé
14:04d'avoir un groupe de presse
14:05qui est détenu par un milliardaire.
14:06Il peut être détenu par une société
14:07ou un modèle un peu différent
14:08qu'uniquement par un milliardaire.
14:09Mais il faut de l'argent,
14:09vous êtes d'accord ?
14:10Ou alors que tout est public ?
14:11Mais il n'est pas obligé
14:11d'avoir une personne milliardaire
14:12qui détient tout seul
14:13plein de médias.
14:14On peut avoir d'autres formes
14:15d'entreprises,
14:15d'autres formes de propriétés encore.
14:16Donc, comment vous faites ?
14:17Vous organisez vous-même
14:18qui doit chez les médias ?
14:19Vous pouvez avoir une loi qui, par exemple,
14:20dit que la concentration des médias,
14:22ce n'est pas possible.
14:22Ça existe déjà.
14:23Oui, mais on peut peut-être
14:24aller un petit peu plus loin
14:24parce qu'on voit bien
14:25que dans le paysage, par exemple,
14:27de la presse française aujourd'hui,
14:28ça n'a pas un très grand impact
14:29puisqu'il n'y a que 3 ou 4 personnes
14:30qui détiennent.
14:30Mais il faudra quand même
14:30de l'argent alors.
14:314 ou 4% des médias.
14:31Oui, mais il faut bien
14:32vous mettre un peu d'argent.
14:33Mais ce n'est pas les milliards
14:33qu'on veut enlever.
14:34C'est les répartir différemment.
14:35Mais si, c'est ce qu'on veut
14:47d'impact positif pour l'économie
14:48et c'est quelque chose
14:49qui n'est pas immuable.
14:50On peut faire autrement.
14:51Bon, moi, évidemment,
14:52tout ça ne tient absolument pas la route.
14:54Mais je reprends
14:54notre première partie du débat.
14:56On nous a vendu en première...
14:57Vous l'avez fait en première partie du débat
14:59le Jean-Luc Mélenchon raisonnable
15:00qui allait comme ça
15:02rassembler la gauche,
15:03rassembler le pays
15:03face au risque du rassemblement national.
15:05Moi, je trouve ça bizarre.
15:07Ce n'est pas la première fois
15:08que dans le mélenchonisme,
15:09on le fait.
15:09On classe et on monte les Français
15:11les uns contre les autres.
15:13Elle n'a pas dit simplement
15:14cette proposition de CM2
15:16ou d'élèves de CP
15:17du genre je vais interdire
15:19les milliardaires.
15:20C'est la petite feuille de la rentrée.
15:21Elle a dit c'est des nuisibles.
15:22Eh bien, moi, désolé,
15:24je considère que...
15:25Elle l'a dit c'est des nuisibles,
15:26pas sur le plan économique.
15:27Vous faites l'exégèse
15:28et d'ailleurs, vous avez bien raison
15:29parce que c'est tellement
15:31immangeable cette formule
15:32que vous essayez de la modérer.
15:33Je peux...
15:34Attendez, je peux le comprendre
15:35M. Taché,
15:36mais moi, je ne considère pas
15:38que les gens sont nuisibles
15:38parce que je ne suis pas
15:39un révolutionnaire
15:40avec le couteau entre les dents.
15:42Je suis pour la bonne répartition
15:43de la valeur.
15:46Attendez, je vais répondre très précisément.
15:47Vous avez défendu un candidat
15:49qui s'appelait François Hollande
15:50à l'époque
15:50qui avait un ennemi,
15:52c'était les marchés financiers.
15:53C'était à peu près la même chose.
15:54La finance, souvent...
15:55C'était à peu près la même chose.
15:56La finance des hedge funds,
15:57non, ce n'est pas la même chose
15:58parce que, par exemple,
15:59puisque nous sommes sur cette antenne,
16:00quand vous êtes dans un groupe
16:01de transport,
16:02vous transportez des choses,
16:03vous ne faites pas
16:04de la spéculation financière.
16:05C'est un peu différent.
16:08Par ailleurs,
16:08est-ce qu'il faut s'attaquer ?
16:09M. Taché,
16:11c'est peut-être là
16:11où on va se rejoindre.
16:16Est-ce qu'il faut avoir
16:16une meilleure répartition ?
16:18Est-ce qu'il faut taxer
16:18les profits de crise ?
16:19Oui, tout à fait.
16:20Et d'ailleurs, ce matin,
16:22finalement,
16:22six pays européens,
16:23c'est peut-être là
16:24qu'il faut chercher des alliances...
16:25Ah, ça y est,
16:26vous allez vous réconcilier.
16:27Non, mais six pays européens
16:28ont dit,
16:29pour préparer le mur budgétaire
16:31face à la crise géopolitique,
16:32il faut taxer les groupes pétroliers
16:34qui produisent du carbone
16:35et qui ont des profits de crise.
16:36Donc, effectivement...
16:37Ça, ça s'appelle l'impôt.
16:37Au-delà des formules,
16:38ce n'est pas si différent.
16:39Ah, ben non.
16:50Je voudrais vous donner
16:52une information, Amandine,
16:54à propos d'une enquête
16:56qui est ouverte
16:56par le parquet national financier
16:58sur l'emploi
16:59de M. Bali Bagayoko
17:00à la RATP.
17:02Ça a été aussi
17:02un des feuilletons de l'été,
17:03Amandine, révélé
17:04par le canard enchaîné.
17:05Oui, tout à fait.
17:05Ça avait suscité
17:07beaucoup de débats.
17:08Jean-Luc Mélenchon
17:09avait dit que c'était
17:10des attaques
17:11qui n'avaient aucun fondement
17:12et que c'était encore une fois
17:14des preuves de personnes
17:16qui s'attaquaient
17:17à Bali Bagayoko
17:17parce qu'en fait,
17:18c'était une forme
17:19de racisme systémique
17:20et que tout lui serait reproché,
17:22soit d'entretenir
17:22le trafic de drogue
17:23dans sa ville,
17:24du moins de le favoriser,
17:25soit d'être coupable,
17:28supposé donc,
17:29d'un détournement
17:29de fonds publics.
17:31Toujours est-il
17:32qu'en effet,
17:33pour l'instant,
17:33ça se matérialise
17:35par une enquête préliminaire
17:38et c'est à peine le début,
17:40donc impossible d'en dire
17:41beaucoup plus.
17:41On verra quelle tournure
17:43judiciaire cela prend
17:44ou pas ensuite.
17:44Tu as fait une réaction ?
17:45Oui, pourquoi pas.
17:48La présidentielle démarre.
17:49On est le lundi
17:49de la présidentielle.
17:50M. Bagayoko
17:50a une enquête
17:51du parquet national financier.
17:52Il faut quand même vérifier
17:53s'il avait un vrai boulot.
17:55Il est aux autres.
17:56Il faut vérifier
17:56si c'est un vrai boulot.
17:57Il y a énormément d'élus
17:57de Seine-Saint-Denis
17:58et de Val-Voise
17:58qui ont déjà dit
17:59qu'ils le croisaient régulièrement
18:00dans le métro.
18:01Il y a bien quelqu'un
18:02qui ne pouvait pas reprocher
18:03d'avoir un emploi fictif
18:04ou en tout cas
18:04qu'il avait vu travailler régulièrement.
18:07Il n'a jamais expliqué
18:07quelle est son emploi ?
18:08Je laisserai Bagayoko
18:09répondre lui-même
18:10si vous voulez.
18:11Vous dites que la campagne commence
18:13donc c'est quoi ?
18:14C'est le parquet financier ?
18:15Il est aux ordres ?
18:16On peut se poser la question.
18:17C'est un peu complotiste ça.
18:18Non, ce n'est pas un peu complotiste.
18:19C'est l'effet.
18:20On est le lundi
18:21de la campagne présidentielle.
18:22C'est aujourd'hui
18:22que le parquet financier
18:23est financier
18:23et ce n'est pas la première fois
18:24concernant la France insoumise.
18:25C'est l'effet.
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