- il y a 6 semaines
Marschall Truchot, du lundi au jeudi de 17h à 19h avec Olivier Truchot & Alain Marschall. Deux heures pour faire un tour complet de l’actualité en présence d’invités pour expliquer et débattre sur les grands sujets qui ont marqué la journée.
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00:00Envenons-en à la politique maintenant.
00:02Marine Le Pen est donc partie en campagne en attendant l'examen de son pourvoi en cassation.
00:06La candidate du Rassemblement national est sous les feux des attaques de ses adversaires
00:10qui voit en elle une condamnée à deux reprises aussi.
00:14Il suffisit d'écouter Olivier Faure.
00:16Il était l'invité, le numéro un socialiste ce matin de RMC et de BFM TV.
00:22C'est légalement possible.
00:24Est-ce que c'est moralement souhaitable que quelqu'un qui se présente à la présidence de la République,
00:30à la magistrature suprême, soit elle-même une personne condamnée ?
00:33Je me souviens d'une époque où l'extrême droite se vantait d'être main blanche, tête haute.
00:39La réalité, c'est qu'aujourd'hui, c'est l'inverse.
00:41C'est les mains sales et la tête basse.
00:43La justice n'a pas à se prononcer en fonction de Marine Le Pen, mais en fonction de son propre
00:47agenda.
00:48Et je crois que Rémi Hatz a confirmé le fait qu'il y aurait effectivement une décision qui serait prise
00:53par la Cour de cassation en avril.
00:55Donc en avril prochain, il est possible que Marine Le Pen soit soumise au bracelet électronique.
01:00Alors le cas de Marine Le Pen, on va l'évoquer maintenant parce que depuis que cette condamnation a été
01:05prononcée en appel,
01:07et il y a le pouvoir en cassation, il faut le rappeler,
01:09il y a quand même des intentions de vote, des sondages d'opinion qui sont sortis.
01:13Et c'est le dernier qui nous intéresse, c'est le sondage IFOP.
01:16Et si on regarde Marine Le Pen au premier tour,
01:19eh bien elle est devant tout le monde, Marine Le Pen assez largement,
01:2336% devant Édouard Philippe, Jean-Luc Mélenchon, Raphaël Glucksmann et Bruno Retailleau.
01:28Et puis en cas de second tour, il y a différents cas de figure pour Marine Le Pen.
01:32Elle est gagnante face à Édouard Philippe, 54-46, en intention de vote à l'instant T, bien sûr.
01:38Ça ne préfigure pas de ce qui va se passer au mois d'avril et au mois de mai prochain.
01:42Et puis ensuite devant Gabriel Attal, 55-45.
01:45Ça c'est impressionnant Frédéric Dhabi, c'est vous qui avez son délai français.
01:48Ça c'est impressionnant parce que Marine Le Pen ne semble pas du tout gênée par cette condamnation.
01:53Elle retrouve des niveaux exceptionnels, les mêmes qu'avait d'ailleurs Jordan Bardella.
01:57Elle a rattrapé d'ailleurs son retard sur Jordan Bardella.
01:59Et puis surtout, elle démontre qu'aujourd'hui, elle est la favorite numéro un.
02:02Oui, ce n'est pas une surprise.
02:04La présidentielle, c'est une élection à part, mais elle s'inscrit dans un cycle électoral.
02:08Le RN a gagné les élections européennes et est arrivé nettement en tête au premier tour des élections législatives.
02:12Mais vous l'avez dit, ce qui est intéressant, c'est qu'il y a un double effet, un effet
02:15de clarification.
02:16Jusque-là, beaucoup d'électeurs RN pensaient, avaient anticipé que Marine Le Pen ne serait pas candidate.
02:21Ils n'étaient plus d'un tiers dans une enquête IFOP fiduciale pour LCI et le Figaro.
02:26Et puis, par ailleurs, il y a un effet de rattrapage.
02:28La dernière enquête qu'on a faite il y a 15 jours, on avait 4-5 points d'avance pour
02:32Bardella sur Marine Le Pen
02:34parce qu'il y avait cette intériorisation qu'elle n'irait pas.
02:37Et là, avec cet effet de déclaration, même si on a sondé à chaud, il faut être extrêmement prudent,
02:43il y a un temps de digestion de l'opinion publique.
02:45Dans toute une série de catégories bardellistes, si je puis dire, où Jordan Bardella avait percé,
02:50Marine Le Pen a refait presque automatiquement son retard.
02:53Je fais référence aux jeunes, aux cadres supérieurs, aux dirigeants d'entreprises
02:58et surtout à cet électorat de droite, l'électeur de Pécresse, d'Éric Zemmour,
03:03qui sont tentés par l'Union des droites.
03:06Mais, vous l'avez bien dit, ce sondage n'a rien à une prophétie, il n'est pas un pronostic.
03:11C'est instanté.
03:12La route est extrêmement longue.
03:13Maintenant, est-ce que sur le...
03:14Il faut mieux partir à 36% qu'à 9 au premier tour.
03:18Le dernier candidat dans une enquête IFOP qui était autour de 35-36%,
03:22c'était François Mitterrand, président sortant en 1988.
03:25Donc, ça donne une idée de ce score.
03:29Et puis, le second tour...
03:30Alors, le second tour, parce que c'est l'autre enseignement,
03:32c'est que personne aujourd'hui n'est capable de battre Marine Le Pen.
03:36Je pense notamment à Édouard Philippe.
03:39Ça lui enlève un argument.
03:40Jusqu'à présent, il disait finalement, Édouard Philippe,
03:42c'est le seul qui pourra empêcher Marine Le Pen d'entrer à l'Élysée.
03:45Ou Jordan Bardella, cette fois-ci, 56-44, c'est quand même...
03:50C'est un mauvais...
03:52Oui, 54-46, pardon.
03:54C'est quand même un très mauvais résultat pour lui.
03:55Oui, je ne dirais pas que c'est un très mauvais résultat.
03:57Déjà, ce qui est historique, il y a quand même deux choses.
03:59Jamais dans une enquête IFOP avec plusieurs hypothèses de second tour,
04:03Marine Le Pen, un candidat du RN présidentiel, l'avait emportée.
04:07Deuxièmement, il y a quelque chose qui m'a frappé dans ce sondage.
04:10Marine Le Pen, face à Jean-Luc Mélenchon, face à Gabriel Attal,
04:13face à Édouard Philippe, l'emporte dans l'électorat âgé,
04:17chez les plus de 50 ans, chez les 50 ans et plus.
04:19C'est une vraie rupture par rapport à 2017,
04:22où on se souvient qu'elle avait été absolument surclassée
04:26par le candidat, puis le président Emmanuel Macron,
04:29parce que dans cet électorat, il y avait deux freins immenses au vote RN,
04:34qui étaient le premier, avec le RN, c'est la ruine du pays,
04:37le retour au franc, quand on voit le niveau de la dette,
04:39cet argument joue beaucoup moins chez les personnes âgées,
04:41et puis avec le RN, ce sera des émeutes, de la violence,
04:45et les Français vivent dans un climat de violence.
04:46– C'est cet électorat qui se mobilise avant tout.
04:48– Exactement, même si c'est l'électorat aussi de la France du Travail
04:50qui est absolument fondamental.
04:52Mais c'est vrai que le second tour doit être vu avec prudence,
04:54parce qu'il manque une donnée fondamentale
04:56qu'on connaîtra le 18 avril au soir,
04:58c'est la connaissance des résultats du premier tour
05:00pour mesurer l'éventuelle dynamique.
05:01Mais ce qui me frappe, c'est que ce qui prévalait par le passé,
05:04à savoir dans un second tour,
05:05une logique d'élimination du RN, la marque RN.
05:09– Le plafond de verre est en train de sauter.
05:10– La marque Le Pen, vous connaissez la célèbre phrase de Charles Pasqua,
05:14qui est en fait une phrase de Guy Mollet,
05:16une élection c'est quoi ?
05:17Au premier tour on choisit, au second tour on élimine,
05:19il n'y a plus cette élimination automatique de Marine Le Pen,
05:23mais la route est longue,
05:24on voit dans des enquêtes qualitatives
05:25qu'une candidate condamnée,
05:28une candidate qui peut connaître une candidature à la France à Fillon,
05:31il y a quand même des vraies difficultés,
05:34elle va parler sans doute d'insécurité, de délinquance,
05:36qui est le deuxième déterminant du vote des électeurs RN,
05:39comment le faire ?
05:40Qui imagine le général de Gaulle mis en examen ?
05:42Vous connaissez la phrase.
05:43– Alexis Cullier ?
05:44– Oui, rapidement, pas que des mauvaises nouvelles pour Édouard Philippe
05:46dans les études d'opinion qui ont été réalisées cette semaine,
05:49dans une étude Toluna Harris,
05:52pour nos confrères de RTL M6,
05:54l'écart entre Marine Le Pen et Édouard Philippe est moindre,
05:57il serait battu, mais seulement avec un écart de deux points,
06:01et puis on remarque aussi,
06:03et ça c'est plutôt une bonne nouvelle pour lui,
06:05dans cette bataille qui a lieu en ce moment au sein du bloc central,
06:08ce sont plutôt de bons scores de premier tour dans les sondages
06:11pour Édouard Philippe,
06:1220%, 19% dans une autre étude.
06:14– Mais il n'a pas tué le match avec Gabriel Attal.
06:16– Il ne tue pas le match,
06:17mais il a une avance qui est tout de même assez confortable,
06:20de cinq points,
06:21une avance large sur Bruno Rotaio,
06:23qui est en dessous de dix points,
06:25donc de ce point de vue,
06:26et pour ce qui est en train de se passer au sein du bloc central,
06:29c'est plutôt quelque chose qui n'est pas complètement négatif.
06:33– Yohann Gillet, député Rassemblement National du Gard,
06:35et puis vous êtes directeur adjoint de la campagne électorale aussi,
06:37de Marine Le Pen,
06:39donc pour le moins,
06:40la condamnation n'a pas de prise sur les sondages,
06:44sur les intentions de vote,
06:45ça doit vous satisfaire, j'imagine.
06:47– Les Français savent ce que nous avons à offrir,
06:49et quelles sont nos solutions,
06:50et les Français savent aussi que nous leur offrons un binôme,
06:54un binôme qui est solide,
06:55en l'occurrence c'est Marine Le Pen,
06:57présidente de la République,
06:59Jordan Bardella, Premier ministre,
07:01donc oui, je ne suis pas, moi, à titre personnel,
07:03étonné par ces excellents sondages
07:05qui montrent que Marine Le Pen peut l'emporter dans tous les cas,
07:08mais je dis qu'il reste neuf mois,
07:09et qu'il va falloir continuer à convaincre,
07:12continuer à expliquer notre programme,
07:15continuer à être sur le terrain,
07:16mais c'est évidemment des sondages qui sont porteurs d'espoir,
07:20et je sais que des millions de Français
07:22partagent largement cet espoir.
07:23– Et on voit que l'adversaire le plus facile,
07:25entre guillemets, pour Marine Le Pen,
07:27c'est Jean-Luc Mélenchon.
07:27– Ça ferait du 70-30 pour votre candidate ?
07:31– Rien d'étonnant,
07:32les Français savent pertinemment ce qu'est la France insoumise,
07:36ce que représente Jean-Luc Mélenchon,
07:39le danger qu'il représente pour notre République,
07:42donc ce résultat, ce sondage,
07:44ne m'étonne pas face à Jean-Luc Mélenchon.
07:46Ce que je note en revanche,
07:48c'est que le résultat face à Gabriel Attal,
07:50où nous ferions 55% ou 54% face à Édouard Philippe,
07:54montre aussi que les Français veulent tourner la page du macronisme,
07:58parce que l'un et l'autre sont des macronistes de la première heure
08:01et sont comptables du bilan d'Emmanuel Macron.
08:02– Je parle sous la responsabilité de Frédéric Dhabi,
08:05mais ce n'est pas bon d'être favori trop tôt
08:07dans une élection présidentielle.
08:09En général, ça se termine mal.
08:11Déjà, vous allez être la cible…
08:12– Oui, bien sûr, il y a des exceptions.
08:16Emmanuel Macron était favori la dernière fois, il a gagné.
08:18Mais vous allez être la cible de toutes les attaques,
08:20d'autant plus que Marine Le Pen va devoir à chaque fois
08:22se justifier de sa condamnation en deuxième instance.
08:25– En l'occurrence, le Rassemblement national,
08:27Marine Le Pen et Jordan Berdella ont l'habitude d'être la cible
08:30et d'être finalement attaqués de toutes parts.
08:34Et évidemment que pendant cette campagne électorale,
08:37nous allons être très lourdement attaqués par nos adversaires
08:40parce que nous avons la possibilité de faire tomber ce système
08:46et de retirer à tous les gens qui se partagent le pouvoir
08:49depuis tant d'années, leurs petits précarés, leurs avantages,
08:53leurs postes, et ils ont peur de cela.
08:55Donc la désinformation va être puissante,
08:58je le dis à ceux qui nous regardent.
09:00Nos adversaires vont continuer à désinformer,
09:02à mentir sur notre programme, à le caricaturer,
09:05mais nous serons là et nous sommes là pour l'expliquer.
09:08– Oui, il va y avoir des casseroles jusqu'à ce que le pouvoir en cassation passe sur
09:14Marine Le Pen condamnée, il va y avoir des manifestations,
09:17c'est une bonne guerre, c'est une campagne électorale.
09:19– Mais tout le monde a le droit de s'exprimer,
09:21tout le monde a le droit de dire qu'il n'est pas d'accord
09:23et des contre-manifestations peuvent avoir lieu.
09:26Moi ce que je note en revanche, c'est que nous,
09:29nous ne manifestons jamais contre nos opposants quand ils se déplacent,
09:32ce que ne font pas les autres visiblement.
09:34Ils n'ont pas ce respect de la démocratie, moi je le regrette,
09:37mais l'État doit aussi prendre ses responsabilités
09:39et le ministère de l'Intérieur, par l'intermédiaire des préfets,
09:43doit aussi donner des consignes claires
09:45et quand une manifestation n'est pas autorisée,
09:47n'est pas déclarée en amont,
09:49alors la manifestation doit être repoussée.
09:52– Ce n'était pas le cas hier,
09:53vous avez estimé que les autorités n'avaient pas assez encadré…
09:58– Très clairement,
09:58et j'étais sur place avec Marine Le Pen et Jordan Bardella,
10:02les forces de l'ordre étaient bien présentes,
10:05le préfet qui avait été évidemment averti de la présence de Marine Le Pen
10:10et Jordan Bardella avait prévu des forces de l'ordre,
10:12et bien en nombre, je le pense, suffisant,
10:15mais visiblement les ordres n'ont pas été donnés,
10:17puisque la manifestation non déclarée,
10:20petite manifestation de quelques personnes adhérentes à LFI,
10:26et bien ont voulu troubler le déplacement
10:29et visiblement les consignes n'ont pas été données,
10:32puisque les manifestants n'ont pas été repoussés,
10:35moi je le regrette, je trouve ça dommage
10:37et je trouve qu'en démocratie,
10:38tout le monde doit pouvoir faire campagne sereinement.
10:40– Mais Jordan Bardella, il s'est remis de tout ça ?
10:42– Jordan Bardella va très bien et il l'a dit encore hier…
10:46– Mais il n'avait pas l'air très bien hier,
10:46j'ai trouvé qu'il était triste.
10:48– Interpréter les choses de la manière dont vous souhaitez,
10:50mais il l'a dit lui-même,
10:51il est heureux que Marine Le Pen puisse porter nos couleurs
10:54et encore une fois, nous avons un binôme de choc
10:56qui est efficace et qui est solide et qui est lié
11:00à proposer aux Français,
11:02Marine Le Pen à l'Élysée
11:04et Jordan Bardella à Matignon.
11:05– Frédéric Davy ?
11:06– Oui, alors le binôme…
11:07– Je disais, pardon,
11:08les Français n'aiment pas les élections jouées d'avance.
11:12– Oui, c'est vrai,
11:13même s'il y a bien sûr des élections,
11:15le France-Saint-Mitterrand de 87,
11:16le Nicolas Sarkozy de 2006,
11:18c'est vrai qu'on est dans une élection de renouvellement,
11:21comme 95, comme 2007,
11:22l'offre électorale est connue extrêmement tard
11:24et il peut y avoir encore une très très longue campagne.
11:26Par rapport à ce que vous dites,
11:28c'est vrai que les casseroles,
11:30ça peut quand même créer un brouillage
11:32sur la campagne de Marine Le Pen,
11:33on se souvient de la campagne de François Fillon,
11:35moins sur les gestes,
11:37mais le fait que le traitement médiatique,
11:38qui est un filtre très important pour les électeurs,
11:41ce n'est pas l'essentiel,
11:42mais il est très important,
11:43va avoir Marine Le Pen seulement dans ce prix-ci-là.
11:46Mais là où les Français peuvent vous donner raison,
11:49c'est qu'il y a une attente très forte d'une belle campagne,
11:52de beaux débats.
11:53Très souvent, on convoque la belle campagne de 2007
11:56avec des candidats de renouvellement,
11:58la campagne de 2017.
11:59– 2007, c'est Sarkozy, Royal, Bayrou.
12:01– Bayrou, voilà,
12:02et qui ont fait à eux 3 78%,
12:05avec 85% de participation.
12:08Il y a cette attente très forte dans le pays,
12:09parce qu'on vit quand même depuis deux ans
12:11ce que j'appelle l'éclipse du politique à l'échelle nationale.
12:14On a l'impression qu'il ne se passe plus rien,
12:16que la France est à l'arrêt,
12:17et c'est souvent la présidentielle qui est vue
12:19comme le moyen idéal de trancher ce nœud gordien.
12:21– Mais là, Marine Le Pen,
12:23elle peut avoir un trou d'air.
12:25Enfin, tout peut arriver encore.
12:27– Bien sûr, Marine Le Pen,
12:28elle n'a jamais connu une dynamique très spectaculaire
12:30à une campagne présidentielle,
12:32sauf en 2022, où après la guerre en Ukraine,
12:35elle a pu reprendre des intentions de vote
12:37par rapport à Éric Zemmour.
12:39Mais c'est très long une campagne présidentielle,
12:41il y a la question de débat.
12:42Et puis, le ticket, c'est très très intéressant,
12:44parce que c'est rare.
12:45sur la Ve République, on se souvient du ticket
12:48perdant Gaston Lefer, Pierre Mendès-France
12:49pour nos plus anciens téléspectateurs.
12:52Là, ce qui est très intéressant,
12:53c'est qu'il y a une vraie complémentarité entre les deux,
12:56mais les observateurs traqueront
12:58des éventuels quoi qu'entre les deux,
13:00et qu'il y a un en même temps
13:01de deux candidats par rapport
13:03au en même temps macronien.
13:05Ça peut être quelque chose
13:05qui peut être compliqué,
13:07si on a le sentiment que la campagne
13:08va à eu et à dire.
13:09– Nous sommes avec un élu socialiste,
13:11et c'est le député Laurent Bommel
13:12qui est avec nous en direct maintenant
13:14sur BFM TV.
13:16Bonsoir, monsieur le député,
13:17merci de répondre à nos questions.
13:20Aujourd'hui, Marine Le Pen est donnée gagnante
13:22dans les sondages d'opinion.
13:23Ça vous inquiète, surtout au Parti socialiste ?
13:26Il n'y a toujours pas de candidat qui émerge ?
13:27– Alors, que Marine Le Pen soit donnée gagnante
13:30dans les sondages, oui, c'est inquiétant.
13:32Ça veut dire que pour la première fois en France,
13:36l'extrême droite pourrait arriver au pouvoir
13:40par les urnes, c'est pas banal.
13:42Nous sommes un pays spécial,
13:44le pays qui a donné au monde
13:46la déclaration des droits de l'homme et des citoyens,
13:49qui a inventé la devise républicaine,
13:51donc voir arriver au pouvoir des gens
13:53qui, dans leur histoire,
13:55sont finalement aux antipodes de tout cela,
13:57c'est pas banal.
13:58Donc oui, ça m'inquiète.
13:59Après, le travail du Parti socialiste
14:01et de la gauche écologique et sociale
14:04de manière générale,
14:05ça va maintenant, dans les semaines qui viennent,
14:07d'être capable de mettre en face de tout ça
14:09une offre politique qui puisse…
14:11– Pardon, monsieur Bommel,
14:12on n'y comprend plus rien chez vous.
14:13J'écoutais Olivier Faure ce matin,
14:16vraiment, on a du mal à suivre ce qui se passe
14:17dans la gauche non-mélenchoniste.
14:20Finalement, on a une offre assez claire
14:22avec Marine Le Pen,
14:23une offre aussi assez claire avec Jean-Luc Mélenchon.
14:25Le Bloc central est en train quand même
14:26de s'organiser.
14:27Chez vous, on ne sait pas ce qui se passe.
14:28– Non, parce que nous,
14:30on est effectivement dans un processus.
14:32C'est-à-dire que la façon dont vous envisagez
14:33l'élection présentielle,
14:34je dis vous,
14:35l'ensemble des commentateurs
14:36et finalement l'ensemble des Français
14:38de manière générale,
14:39c'est la rencontre d'un homme et d'un peuple.
14:42Et donc, on doit arriver dans cette élection
14:44en ayant déclaré sa candidature
14:46avec beaucoup de force
14:47et en déployant ses idées.
14:49sauf que, je ne sais pas si Frédéric David sera d'accord avec moi,
14:53mais dans une élection de ce type,
14:55en vérité, ce qui va compter,
14:57c'est le nombre de candidats
14:58que vous avez dans un même espace politique.
15:01Et entre la droite et la gauche,
15:04sera au deuxième tour le camp
15:07qui aura réduit le nombre de candidats
15:11en son sein.
15:12Et donc, nous, on a conscience de ça.
15:14Et c'est pour ça qu'on prend un peu plus de temps
15:16peut-être que d'autres
15:17pour essayer de construire un processus politique
15:19qui va nous permettre d'avoir une seule candidature
15:21à côté de Jean-Luc Mélenchon,
15:23une seule candidature de la gauche sociale et écologique.
15:27Pardon ?
15:27Vous ne perdez pas trop de temps
15:29face à des dynamiques qui sont déjà...
15:32C'est dans un an, l'élection présidentielle.
15:34Et très franchement, si on se précipitait tous
15:36et qu'on avait Glucksmann,
15:38une candidature socialiste,
15:39une candidature écologiste,
15:40une candidature communiste, etc.,
15:43on gagnerait peut-être du temps
15:44dans un premier temps
15:45puisque chacun pourrait raconter son histoire.
15:47Mais à la fin, il y a une certitude,
15:49c'est qu'aucun d'entre nous
15:50ne serait présent au deuxième tour
15:51de l'élection présidentielle.
15:53Donc le temps qu'on perd, là,
15:54peut-être aujourd'hui,
15:55qu'on paraît perdre
15:56à essayer de construire un processus politique
15:58pour arriver à avoir moins de candidatures à gauche,
16:01c'est certainement du temps gagné par la suite
16:03parce que c'est ce qui permettra
16:05peut-être d'avoir dans cette élection présidentielle
16:07une offre capable de se qualifier au deuxième tour.
16:10Frédéric Dhabi, on voit dans ce sondage
16:12que Jean-Luc Mélenchon a pris une avance à gauche.
16:14Avec 15%, si c'est Édouard Philippe,
16:17Marine Le Pen et Bruno Rotaillot
16:19qui sont candidats.
16:20Et Raphaël Glucksmann à 9%.
16:21Non, Raphaël Glucksmann stagne.
16:23Oui, stagne.
16:24Alors, moi, je donne plutôt raison
16:26à Laurent Baumel par rapport à ce qu'il a dit.
16:27C'est vrai que l'offre électorale
16:28se décante très tardivement
16:30dans ce type d'élection présidentielle,
16:32soit remontée jusqu'à une période trop ancienne.
16:35Lionel Jospin, en 1995,
16:36qui a été le vainqueur du premier tour
16:37de la présidentielle,
16:38a commencé à être testé
16:39dans les enquêtes d'opinion
16:40en février 1995.
16:41La gauche non-mélenchoniste
16:43n'a pas intérêt à trouver son candidat
16:44en février, bien sûr.
16:46Mais la pression,
16:47on la voit dans les enquêtes d'opinion
16:48et même sur le terrain,
16:50d'électeurs qui ne veulent absolument pas
16:52ce qu'ils appellent un second tour
16:54cauchemardesque
16:54entre le RN et la France insoumise.
16:58C'est vrai que Jean-Luc Mélenchon,
16:5915%, il n'a jamais été à ce niveau
17:01à neuf mois d'une élection présidentielle.
17:03Il se définit comme une tortue électorale,
17:06vous le connaissez,
17:06il est devenu un lièvre.
17:08Le lièvre, à la fin de la fable,
17:09est battu,
17:10mais pour l'instant,
17:10il n'y a pas de tortue,
17:11si je puis dire,
17:12de gauche, non.
17:13Mélenchoniste,
17:1415%, c'est son score le plus élevé.
17:16Et il arrive déjà
17:17à faire revenir sur son nom
17:18quasiment deux tiers
17:19de son électorat de 2022.
17:20– Cette séquence autour du 7 juillet
17:23a lancé de façon spectaculaire
17:25cette campagne présidentielle
17:27et hier,
17:28avec le déplacement d'Edouard Philippe,
17:29qui lui aussi a été obligé
17:30un petit peu d'accélérer
17:31ces dernières semaines,
17:32on l'a remarqué,
17:33lui qui s'astreignait d'habitude
17:35à une réserve.
17:35– Qui a été éclipsé quand même,
17:36ce déplacement.
17:37– Son déplacement a été éclipsé,
17:39évidemment,
17:39mais tout de même,
17:39il y a eu ce côté un peu face à face,
17:41il a pu s'exprimer,
17:42il s'exprimait peu,
17:43là, en quelques jours,
17:44il s'exprime plusieurs fois.
17:45On a un effet d'accélération,
17:47mais nous en parlions tout à l'heure,
17:49cet effet d'accélération,
17:50il va aussi se ralentir très fortement.
17:54– Avec l'été, les vacances.
17:55– Les vacances,
17:56il va y avoir une sorte de faux plat
17:58et en septembre,
17:59la campagne peut être différente
18:01en fonction des positions
18:02de ce qui se passera
18:03au moment des rentrées politiques,
18:04des prises de position
18:05des uns et des autres,
18:06en fonction de l'ambiance au Parlement,
18:08ça sera une donnée importante.
18:09Beaucoup de personnes
18:10au sein du Bloc central
18:11l'ont intégré,
18:13cet automne budgétaire
18:14que certains annoncent
18:15extrêmement tendu.
18:16– Avec un budget difficile
18:17à faire.
18:17– Avec un budget très difficile
18:18à faire passer,
18:19pour ne pas dire impossible.
18:20Donc il peut se passer
18:21beaucoup de choses.
18:21– Et puis il y a les archives
18:22qui reviennent aussi,
18:23Johan Gillet,
18:25qui ressortent sur la probité
18:26qui était demandée
18:27à corps et à cri
18:29par le Rassemblement national.
18:30On a encore retrouvé une
18:32de Marine Le Pen en 2004.
18:33Regardez.
18:34– Tout le monde a piqué
18:36de l'argent dans la caisse
18:37sauf le Front national.
18:38Et on trouve ça normal ?
18:40Oh mais non,
18:40c'est pas très grave,
18:41à la limite.
18:42Les Français en ont marre,
18:44mais les Français
18:44n'ont pas marre d'entendre
18:45parler des affaires.
18:46Ils en ont marre
18:46qu'il y ait des affaires.
18:48Ils en ont marre
18:48de voir des élus,
18:49je suis navré de vous le dire,
18:50qui détournent de l'argent.
18:52C'est scandaleux.
18:53– Alors piquer de l'argent,
18:55détournement de fonds,
18:56elle appelait
18:56à l'inéligibilité à vie.
18:58Marine Le Pen,
18:59c'est gênant quand même
18:59pour la candidate.
19:00Elle a cherché
19:01complètement d'opinion.
19:02– Monsieur,
19:03il n'y a rien de gênant.
19:04En l'occurrence,
19:04Marine Le Pen est innocente
19:05des faits qui lui sont reprochés.
19:06Et deuxièmement,
19:08nous n'enlevons pas un seul mot,
19:09pas une virgule,
19:10des propos qui ont pu être tenus
19:12par Marine Le Pen
19:13dans le passé,
19:14parce que nous continuons à dire
19:17que les personnes condamnées
19:19pour un enrichissement personnel
19:21doivent être inéligibles.
19:22Et en l'occurrence,
19:23l'affaire dont vous parlez,
19:25l'affaire des assistants parlementaires,
19:27le tribunal a bien dit clairement
19:29qu'il n'y avait eu
19:30aucun enrichissement personnel.
19:32– Elle avait dit
19:33inéligible ta vie
19:33pour les détournements de fonds aussi.
19:35– Oui, tout à fait,
19:36pour les détournements de fonds
19:37à des fins personnels,
19:38tout à fait, c'est vrai.
19:39– Il n'y a pas de précision,
19:41elle avait dit détournements de fonds.
19:42– Mais pardon,
19:42M. Gillet,
19:43c'est vrai que ça va être compliqué
19:43parce que vous voulez incarner l'ordre,
19:46l'autorité,
19:47le non-laxisme judiciaire,
19:49ça va être difficile
19:50avec une condamnation
19:51qui sera peut-être confirmée
19:53au mois d'avril
19:54puisque la Cour de cassation
19:56va se prononcer à ce moment-là.
19:57Et si la Cour de cassation
19:58ne casse pas l'arrêt,
19:59Marine Le Pen sera définitivement condamnée.
20:01Donc elle terminerait la campagne
20:04condamnée en fait.
20:04– Alors je ne sais pas vous,
20:05mais moi je n'ai pas de boule de cristal.
20:07– Le scénario,
20:08il y a deux possibilités
20:10donc on peut envisager.
20:11– Et la justice peut aussi
20:12nous donner raison
20:13et nous pensons
20:14que la justice
20:15nous donnera raison.
20:17– Bon, ça vous a donné tort
20:17à chaque fois.
20:18– Je rappelle d'ailleurs
20:19que dans l'affaire
20:20des assistants parlementaires,
20:23nous avons été jugés
20:24alors même que d'autres
20:26comme Jean-Luc Mélenchon
20:27et François Bayrou
20:28pour exactement les mêmes faits
20:30et eux ont été relaxés.
20:31– Comment vous allez faire
20:32si Marine Le Pen
20:33est condamnée définitivement
20:35en avril ?
20:35– Elle sera in fine relaxée
20:36et ne sera pas condamnée
20:38parce qu'elle n'a strictement
20:39à rien à se reprocher
20:40et encore une fois,
20:41quoi qu'il arrive,
20:42ce sont aux Français
20:42de faire un choix
20:44et clair en 2017.
20:44– Donc même condamnée,
20:45elle continuera jusqu'au bout.
20:45– Et les Français
20:46veulent très largement
20:47tourner la page
20:48de ce qu'ils ont connu
20:49ces dernières années
20:50et même condamnée,
20:51elle continuera sa campagne
20:53jusqu'au bout.
20:53– Bien sûr.
20:54– D'accord.
20:54– Parce qu'elle avait dit
20:55« Je serai relaxé en appel ».
20:56Jordan Bardella avait dit
20:57« Nous serons relaxés en appel ».
20:59Vous n'avez pas été relaxé en appel,
21:00vous avez été condamné en appel.
21:02– Je vous dis
21:02que Marine Le Pen
21:04est innocente,
21:05qu'elle ne sera pas condamnée
21:06et d'ailleurs,
21:07j'en veux pour preuve
21:07aussi le soutien massif
21:09des Français
21:09qui sur notre plateforme
21:10que nous avons lancée
21:11mardi soir,
21:12marinelepen.com,
21:14eh bien nous recevons
21:15énormément de soutien
21:16par dizaines de milliers.
21:17– En tout cas,
21:17on voit que c'est là
21:18où est le risque
21:19pris par Marine Le Pen,
21:20c'est qu'une fin de campagne
21:22qui sera sans doute brouillée
21:24par le retour du judiciaire.
21:26– Oui, oui, tout à fait.
21:26Le brouillage est là,
21:28la question de la cohérence
21:29par rapport aux archives passées,
21:31mais tout de même,
21:32quand on fait parler
21:33les Français
21:33sur la vie politique
21:34sur leur pays,
21:35ils sont moins sur
21:36une logique du « tous pourris »
21:38que sur du « tous impuissants ».
21:39Impuissants à résoudre
21:40les grands problèmes du pays.
21:41Et on se souvient,
21:42en 2002,
21:43un président sortant
21:44en grande difficulté,
21:45pas mis en examen,
21:46bien sûr,
21:46pas condamné,
21:47mais qui avait été
21:48autour d'un climat d'affaires
21:50qu'il avait emporté.
21:51La logique a quand même changé,
21:52même si c'est vrai
21:53que le « tous pourris »,
21:55la bande des quatre
21:56de Jean-Marie Le Pen,
21:58la dénonciation
21:58des excès de l'acte politique,
22:00c'est l'ADN du RN et du FN.
22:03Ce sera plus difficile
22:03à déployer pendant cette campagne.
22:05– Merci M. Gillet,
22:05merci à Laurent Brommel
22:06qui était en visio avec nous.
22:08Merci Frédéric David,
22:09Alexis Cuvillian.
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