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  • il y a 4 mois
Retrouvez « Nouvelles têtes » présenté par Daphné Bürki sur France Inter et sur : https://www.radiofrance.fr/franceinter/podcasts/nouvelles-tetes

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Transcription
00:00Et il est 9h50 et nous sommes en direct dans le studio de la Grande Matinale de France Inter.
00:05Ma nouvelle tête ce matin s'appelle Assissel.
00:07Il est rappeur, il est auteur, il est compositeur, il est chanteur aussi.
00:27Rien que ce titre, Soleil a dépassé les 100 000 streams, je vois que Mao est super fan.
00:31Et il y a eu des édits en cascade sur les réseaux sociaux.
00:34S'il devait se présenter à vous, aujourd'hui, il dirait que l'oeuvre qui le représente le plus, c
00:39'est The Truman Show.
00:41Vous vous souvenez de ce film ?
00:44Avec Jim Carrey, un homme qui découvre que sa vie entière avait été écrite par d'autres.
00:48Que tout n'est qu'un décor et qu'il va falloir s'en échapper absolument.
00:52Assissel, il est entouré de chiffres records.
00:54Il a à peine 20 ans et il frôle le million d'auditeurs mensuels sur les plateformes.
00:58Son concert dans une grande salle parisienne s'est rempli en quelques heures chrono.
01:01Une tournée des festivals cet été.
01:03Des chansons qui parlent à cœur ouvert de l'adolescence et de la grande adolescence.
01:07Son pire cauchemar, ce serait que tout s'arrête.
01:09Mais là, il est bien là.
01:11Il est là ce matin avec sa fine moustache et puis il a des rayons du soleil qui sont tatoués
01:14dans son cou.
01:15Bonjour Assissel, bienvenue sur France Inter.
01:17Hello, comment ça va ?
01:18Ça va super bien.
01:19Et vous, je vous promets qu'ici tout est vrai autour de vous.
01:22Il y a des vrais micros.
01:24On est dans ce studio, toutes les trois autour de vous.
01:28Est-ce que parfois vous avez l'impression de vivre dans une réalité parallèle en ce moment ?
01:32En vrai, c'est le premier ressenti que j'ai, surtout sur ma nouvelle vie.
01:38Depuis que ça marche mieux, la musique, etc.
01:41C'est vrai que c'est un cadre de vie qui change complètement.
01:44Tu es invité à des gros événements.
01:45Il y a beaucoup de gens qui veulent de toi.
01:47Tu as beaucoup de messages.
01:48Et c'est vrai qu'il y a ce côté assez fake.
01:50Et tu ne sais pas vraiment qui est vrai et qui est faux.
01:54Nous, on vous invite parce qu'on adore votre musique.
01:56Vraiment.
01:56Ça fait plaisir.
01:57Et la seule chose qui paraît irréelle pour certains, c'est peut-être qu'il y a du rap en
02:00Suisse.
02:00À la rigueur, on pourrait dire ça.
02:02Alors qu'en réalité, il y a une scène hyper solide, évidemment.
02:05Il y a Makala, il y a Slim K, il y a Dimey, il y a Mayro aussi.
02:09Mais vous avez dit qu'avant qu'eux se révèlent Suisse, il y en a qui avaient un peu honte
02:13de dire qu'ils venaient de là.
02:15Pourquoi ?
02:15Je ne sais pas.
02:16En vrai, il y a toujours ce rapport très faible des Suisses.
02:21On est toujours à se comparer.
02:23Et c'est vrai que quand tu viens d'un pays entre guillemets riche pour les autres aussi, c'est
02:29dur de venir et dire que tu fais du rap.
02:31Ce n'est pas très street cred la Suisse.
02:34Mais je trouve que les Suisses dans notre musique, on a une autre couleur aussi.
02:37Tout à fait.
02:38Et on ramène un truc de ouf.
02:41Je précise d'ailleurs aux auditeurs, vous, votre blase, en vrai, vous vous appelez Angèle.
02:46Mais la France vous reçoit ce matin sous le nom d'Assiselle parce que vous avez remplacé le G par
02:52un 6.
02:52Vous avez oublié le N, vous avez gardé l'accident.
02:54C'est presque une leçon artistique.
02:56C'est-à-dire qu'une erreur a provoqué une vocation.
02:59Oui, à fond.
03:00C'est vraiment ça.
03:18A ciel, vous avez 20 ans, vous êtes étudiant en graphisme à Lausanne et dans le même temps, votre vie
03:22s'est accélérée.
03:23Plus d'un million d'auditeurs mensuels.
03:24Cette cigale qui s'est remplie en quelques heures.
03:26Alors, vous racontez que tout commence parce que votre psychologue ne pouvait plus vous recevoir.
03:31Ce qui est quand même magnifique.
03:32Il y a certains qui ratent un rendez-vous et c'est toute la journée qui est foire.
03:35Vous, vous avez trouvé votre façon de vous exprimer grâce à votre psy.
03:39Oui.
03:40En vrai, moi, je ne suis pas quelqu'un qui a baigné dans la musique.
03:45Je ne me suis jamais vu faire ça plus tard.
03:47Et c'est venu un peu par magie parce que je n'avais personne en vrai à qui parler.
03:52Et du coup, j'ai voulu le parler sur mon téléphone.
03:54J'ai installé une application sur mon téléphone et j'ai parlé comme ça.
03:58Après, j'ai montré à des potes.
04:01Ils m'ont dit que c'était cool.
04:02Ils m'ont créé un SoundCloud, un Spotify, etc.
04:04Et après, j'ai posté petit à petit.
04:06Et ça a évolué.
04:08Comme ma jolie maison.
04:29Aux chansons, elles développent.
04:32En tout cas, elles me provoquent une grande amitié pour vous.
04:34J'espère que ce sera la même chose pour les auditeurs.
04:36Parce que si on tend l'oreille, si on écoute bien votre texte,
04:39on y entend une enfance violentée.
04:41Vous ne nommez jamais personne.
04:43Mais on entend les coups, on entend les blessures,
04:45on entend les pensées très sombres et parfois même la peur d'exister.
04:48C'est particulièrement touchant de vous avoir ce matin dans ce studio.
04:52Dans la vie, vous êtes un grand timide.
04:53Et pourtant, sur scène, j'ai vu les images.
04:55Vous êtes incroyable.
04:56Comment vous vous sentez quand vous chantez ?
04:59C'est vrai que j'ai un peu ce personnage.
05:01Il y a Asiel et il y a Angel.
05:03En vrai, moi, sur scène, j'arrive à me débloquer.
05:06J'arrive à faire mon travail, essayer de faire bouger les gens,
05:10essayer de donner ce que je peux donner.
05:13Sur scène, je suis quelqu'un d'autre que dans la vraie vie.
05:15Mais je suis quelqu'un d'assez timide.
05:39C'est marrant parce que cette chanson s'appelle « Laisse le rêver »
05:43et la chanson de votre enfance, vous me disiez que c'était « Over the rainbow ».
05:46C'est une chanson qui parle d'espoir malgré le poids du réel,
05:49qu'au-delà des nuages, il existe peut-être un endroit où les blessures pèsent moins lourd.
05:53Et quand on regarde la pochette de cet album, qui s'appelle « Pire que chez moi »,
05:57que vous avez réalisé, il me semble, j'ai l'impression,
06:00il y a ces étoiles en carton découpées au-dessus d'une ville.
06:03Et puis vous avez un masque et vous êtes en train de voler la lune.
06:07Cette enfance cabossée, elle vous a quand même permis d'avoir quelques rêves ?
06:10Oui, moi j'ai toujours été un grand rêveur, un créatif.
06:16Et j'ai essayé de transmettre ça dans ma musique aussi.
06:19Et aujourd'hui, vous avez accepté de nous faire un live dans le studio de France Inter.
06:23Vous avez choisi « Merci pour rien » qui vous représente bien.
06:28Alors le studio de France Inter est à vous.
06:31Ça marche.
06:48Ce petit, il en a vu des choses, écoutez-le, il a des choses à dire.
06:52Ce petit qu'on insultait trop, à 17, il se voyait déjà au paradis.
06:57À ce petit, il faut que je lui dise que maintenant les gens en payent pour l'applaudir.
07:01Ça fait au moins dix fois que je refais ce titre, mais ça me touche un peu trop, alors je
07:04supprime.
07:05Les gens m'en veulent parce que ça marche, et devant je fais comme si c'est de ma faute.
07:09Si je rappe, c'est parce que le psy c'est cher, et avec les autres ils parlent pas trop.
07:14Ils restent tous seuls, ils demandent pas d'aide, avec les filles c'était autre chose.
07:18J'avoue il a dit plusieurs « Je t'aime » pour draguer, ils connaissaient rien d'autre.
07:23Je mettais des sapes qui m'allaient pas, juste pour paraître à la mode.
07:27Et je cachais mes formes avec du scotch, vos blagues m'ont fait détester mon corps.
07:31Et je suis effrayé par la vie, ce petit a à manger des calmants.
07:35À cause de vous, il sort plus la nuit, il s'occupe en se rangeant les angles.
07:40Dès qu'il pleut, il regarde par la vitre, le tonnerre va détruire sa maison.
07:44Je suis tout seul, mon père me dit « Je parle à qui ? »
07:46Je parle tout seul, je parle à moi et mes anges.
07:49J'ai peur de croiser le regard des autres, alors j'ai le nez qui regarde vers le sol.
07:53Pour un rien, je m'excuse v'là, je dis déso.
07:55Grâce à l'amour d'un qui me cogne, ce petit a toujours pardonné.
07:59Même au monstre qui lui faisait peur, c'est pas très drôle ce qui se passe.
08:03Tous ces mots blessants, ça le touche.
08:05Papa m'a demandé de faire le bonhomme, il entend que l'eau de la douche brûle mes plaies.
08:09Et quand il va mal, il se cache ou s'en plaide et s'imagine une toute nouvelle maison.
08:14Mes anciens cris, je les aurais bien semblés, histoire que la voix de ce petit, elle résonne.
08:18Et ce gars dans la cour, je voulais trop lui ressembler.
08:20Mais pour son blouse, on s'en perd voler le pétrole de chez moi.
08:23Je crois que je voulais pas trop voir le monde.
08:26C'est ce que je disais quand je rentrais les yeux au beurre noir, vu sur l'autre appartement.
08:30Et je me dis qu'en face, c'était pire que chez moi.
08:36Merci.
08:38Asiel, ça s'écrit A6EL, si vous voulez le suivre sur les réseaux, si vous voulez le streamer.
08:43Cette EP s'appelle Pire que chez moi.
08:45Le 3 juillet, les Eurocayennes, en tournée des festivals, vous voulez aller à la cigale ?
08:48C'est mort, il n'y a plus de place.
08:51On plaît et on comprend pourquoi.
08:53Merci beaucoup Daphne Burki.
08:55On retrouvera votre live bien sûr sur le site de France Inter et sur les réseaux sociaux.
09:00Allez réveiller dans le studio.
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