Passer au playerPasser au contenu principal
  • il y a 7 semaines
Retrouvez « Nouvelles têtes » présenté par Daphné Bürki France Inter et sur : https://www.radiofrance.fr/franceinter/podcasts/nouvelles-tetes

Catégorie

🗞
News
Transcription
00:01La grande matinale sur France Inter
00:05Daphné Burki et sa nouvelle tête
00:07Et ma nouvelle tête ce matin s'appelle Théo Hould, il est accordéoniste.
00:11Alors c'est vrai que c'est pas tous les jours que ce mot traverse les ondes du matinal national
00:16mais l'accordéon c'est un drôle d'instrument, on croit le connaître
00:19mais finalement très peu de gens savent l'apprivoiser et se rendre compte de tout ce qu'il peut raconter.
00:24Et puis est arrivé Théo Hould, à 28 ans et il était d'ailleurs le premier accordéoniste
00:29à être nommé aux victoires de la musique classique.
00:32Il joue dans les plus grandes salles, traverse l'Atlantique avec son instrument sur le dos
00:36et ce qui me plaît chez lui c'est qu'il semble avoir gardé quelque chose de l'enfant
00:40qui voyait son instrument comme une machine un peu étrange, un vrai geek.
00:44Son premier choc musical s'est produit à l'âge de 4 ans devant le film Amadeus.
00:55Bonjour Théo Hould, bienvenue sur France Inter.
00:57Bonjour Daphné Burki, merci pour l'invitation.
00:59Je suis ravie que vous soyez là.
01:01Amadeus, le film de Milos Forman raconte quand même la rivalité un peu fantasmée entre Mozart et Salieri.
01:06C'est un film avec un immense succès planétaire mais traversé par la jalousie, la cruauté.
01:12Vous avez vu ce film à l'âge de 4 ans.
01:15Mais vous ce que vous aimiez c'était surtout la chorégraphie, c'est ça ?
01:18Oui, c'est-à-dire que je regardais la chorégraphie des gestes du chef d'orchestre de Mozart
01:22et j'étais passionné par ça.
01:24Je regardais toutes les scènes musicales en boucle et en boucle et j'essayais de les reproduire devant ma glace.
01:29Donc la danse du chef d'orchestre fait qu'à l'âge de 6 ans, vous êtes entré au conservatoire
01:34de Marseille, près du Vieux-Port.
01:37Face à l'évidence de faire de la musique, il a fallu choisir un instrument.
01:41Et donc vous avez choisi l'accordéon.
01:43Pourquoi lui ?
01:44Déjà parce qu'avec tous ces boutons, j'avais vraiment envie de tapoter partout.
01:48C'était comme les commandes d'un vaisseau spatial.
01:51Mais c'est ce que vous dites, un vaisseau spatial.
01:52Parce qu'il est là l'accordéon, il est dans le studio.
01:54Ça c'est un vaisseau spatial.
01:55Ça c'est un vaisseau spatial, oui.
01:57Oui, oui.
01:58J'avais envie simplement d'explorer l'instrument, d'explorer la machine.
02:03J'ai joué avec, je le renversais.
02:04C'était comme une machine à écrire et c'était le jouet avec lequel je me suis amusé pendant des
02:09années,
02:09avec lequel je m'amuse encore d'ailleurs.
02:10Oui, vous vous éclatez même.
02:12Vous êtes en tournée partout, vous êtes de passage en ce moment par Paris.
02:15Et vous êtes beaucoup trop jeune pour avoir connu les machines à écrire, non ?
02:19Ah, parce que tu trouves, Sonia, que ça ressemble un peu à une machine à écrire.
02:22Bah, je ne sais pas.
02:25Chacun, il voit ce qu'il veut.
02:26En tout cas, un vaisseau spatial, c'est beau.
02:27Parce que cet accordéon, c'est vrai qu'il traverse le temps, l'air de rien.
02:30Et on est ravis de recevoir un jeune accordéoniste aujourd'hui dans le studio de France Inter.
02:34D'ailleurs, vous pourriez nous jouer un morceau comme ça, là ?
02:36Oui, bien sûr.
02:37Lequel vous avez eu envie de choisir pour démarrer notre bal du matin ?
02:42Alors, pour le bal du matin, justement, un morceau que j'ai écouté toute mon enfance,
02:47qui s'appelle Libertango d'Astor Piazzolla.
02:49Et c'est un morceau aussi qui m'a donné envie de faire de l'accordéon.
03:57C'est impressionnant, à voir.
03:59Pour celles et ceux qui ne jouent pas de l'accordéon, et nous sommes extrêmement nombreux,
04:03il faut savoir que cet instrument demande une indépendance folle entre les mains, les doigts, le soufflé, la respiration, et
04:11même la mémoire.
04:12Je me suis demandé si vos deux mains avaient deux caractères différents.
04:16C'est intéressant parce que depuis quelques années, il y a une rumeur qui court sur ma main gauche, en
04:23fait.
04:24Dans une interview, quelqu'un qui a décidé que ma main gauche avait quelques talents.
04:28Et depuis, je vois dans tous les articles qui sortent, les spécialistes qui reprennent cette phrase sur ma main gauche.
04:35Bon, vous les voyez, vous, à la radio, vous ne les verrez pas, mais elles sont plutôt tout à fait
04:40normales, je dirais.
04:41Elles n'ont rien d'exceptionnel.
04:42Mais parce qu'elles ne font pas la même chose les deux mains d'un accordéoniste.
04:46C'est plus sur le fait qu'il y en a peut-être une qui a un caractère différent de
04:50celle de la droite et de la gauche.
04:51À quoi elles servent, l'une et l'autre ?
04:53Alors, ça dépend des pièces. Conventionnellement, on a plutôt la partie mélodique avec la main droite et la partie accompagnement
05:00rythmique avec la main gauche.
05:01Mais justement, dans la musique classique que je joue, c'est un peu plus complexe que ça.
05:05Donc, le jeu, c'est d'inverser parfois les rôles. Donc, elles sont assez versatiles en définitive.
05:10Ah, vous voyez, elles ont du caractère quand même.
05:12Absolument.
05:13Aujourd'hui, vous voyagez dans le monde entier. Vous avez effectué une tournée solo à guichets fermés en Amérique du
05:17Nord, Boston, Chicago, Montréal.
05:19Vous avez collaboré avec l'université de Berkeley, joué avec des orchestres immenses.
05:23Est-ce que vos mains sont assurées ? Je suis un peu obsédé par vos mains.
05:26Non, je crois que c'est un peu un fantasme.
05:28Pareil ?
05:28Oui, je crois que c'est un fantasme.
05:29Oh, flûte !
05:30Et je me suis demandé si vous aviez un compagnon préféré ou si vous aviez un accordéon dans chaque port.
05:36Non, je n'ai qu'un seul accordéon et j'ai beaucoup de mal à me passer de lui.
05:40Alors, il est un peu capricieux mécaniquement parlant, mais au niveau du son, c'est vraiment l'instrument que je
05:44préfère.
05:45Et à chaque fois que j'ai joué sur des instruments, entre guillemets, plus robustes mécaniquement, j'ai regretté le
05:50son du mien.
05:51Donc, j'ai du mal à lui faire des infidélités.
05:54Charline aurait demandé dans ma banque, est-ce qu'il a un petit prénom dans l'accordéon ?
05:57Oui, c'est vrai !
05:57Donc, je pose la question à la place de Charline.
06:00Je suis désolé de vous décevoir.
06:01Il n'a pas de petit prénom.
06:02Il n'a pas de petit prénom.
06:04On va lui en trouver.
06:06J'attends vos recommandations.
06:07C'est vrai que vous l'avez dit, dans vos premiers amours musicaux, il y a Astor Piazzolla.
06:12Le premier disque que vous avez usé enfant, vous avez commencé l'accordéon, vous le disiez, en jouant Libertango.
06:18Et aujourd'hui, vous lui avez consacré un album anti-absolument magnifique.
06:21On écoute quelques notes.
06:34Je ne suis pas très objectif parce qu'on entend la voix de Marina Vietti et Théo Hould à l
06:41'accordéon.
06:41Ça s'appelle Balada para on loco, un album sublime que je vous conseille.
06:45Avec du recul, est-ce que vous pensez qu'il suffit vraiment d'un seul son pour définir la trajectoire
06:50d'une vie ?
06:52Oui, je pense que la musique a ce pouvoir-là.
06:55Elle peut vous frapper.
06:56C'était le cas avec la musique de Mozart, avec la musique de Piazzolla que j'écoutais petit.
07:02Et je pense que je suis resté bouche bée devant tant de beauté.
07:06Et c'est la musique qui, en général, m'accompagne et qui me fait me mouvoir dans la vie.
07:12C'est grâce à ça que je me lève, que je vis, que je respire, que ça me donne de
07:17l'énergie, des envies, de l'ambition, des rêves.
07:20Donc oui, la musique peut faire ça.
07:23Votre première fois, elle s'est passée à l'opéra.
07:25Vous aviez un haut de forme.
07:26Un nœud papillon, une redingote, trois montres au même poignet.
07:30Précision importante, vous aviez six ans.
07:32Oui, alors c'était la première fois que j'allais à l'opéra.
07:35Donc, dans la rue, la billetterie de l'opéra de Marseille était juste à côté de l'entrée des artistes.
07:42Et du coup, pendant que ma mère faisait la queue, moi, je vagabondais un peu.
07:46Il y a trois vieilles dames qui arrivent et qui, me croyant à proximité de l'entrée des artistes, de
07:51laquelle je sortais,
07:53elles me demandent « Mais est-ce que vous êtes dans l'orchestre ? »
07:56Et je leur réponds avec beaucoup d'aplomb « Bien sûr, je suis le nouveau chef d'orchestre de l
08:00'opéra. »
08:01Et alors, elles étaient très impressionnées, elles commençaient à me complimenter, tout ça, jusqu'à ce que ma mère arrive
08:06et ne ruine tout.
08:07N'empêche qu'aujourd'hui, j'ai toujours une grande affection pour les vieilles dames.
08:11Elles font partie de mon public.
08:13C'est une part très importante.
08:15J'adore que les vieilles dames me complimentent.
08:17Le costume ne fait pas le moine, mais il est parfois pour la quête d'une vie, entre autres.
08:22Aujourd'hui, pour votre carte blanche, vous avez choisi Léonard Cohen.
08:25Et Alléluia, moi, je trouve ça bien pour démarrer cette petite matinée.
08:30Alors, je vous propose de reprendre cet accordéon sans prénom que Charline Vanhoenacker un jour baptisera.
08:35Le studio de France Inter est à vous, Théo Hould.
08:42Le studio de France Inter est à vous, Théo Hould.
08:46Le studio de France Inter est à vous, Théo Hould.
09:16Le studio de France Inter est à vous, Théo Hould.
09:49Et voilà, il s'appelle Théo Hould, O-U-L-D.
09:52Vous pouvez le suivre de très près.
09:54Et cet album s'appelle Balada para un loco.
09:56Merci d'avoir été avec nous.
09:57Merci les amis.

Recommandations