- il y a 7 mois
Les informés du soir du 19 janvier 2026
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00:0020h, 21h, France Info, les informés, Victor Mathais.
00:12Bonsoir à toutes et à tous et bienvenue sur France Info à la radio et à la télé, c'est sur le canal 16 de la TNT à la une.
00:19Ce soir ce sera donc le 49.3, le Premier ministre a choisi cette voie pour faire adopter le budget par les députés
00:25avec regret et amertume, précise Sébastien Lecornu qui engagera la responsabilité de son gouvernement demain à l'Assemblée.
00:34Nous allons y consacrer une bonne partie de ces informés.
00:36Il sera aussi question ce soir du Forum économique mondial qui s'est ouvert à Davos en Suisse, Forum économique et géopolitique.
00:43Emmanuel Macron arrive demain, Donald Trump après-demain est dans toutes les têtes et les discussions.
00:49Ces menaces de hausse des droits de douane que fait peser le président américain sur les pays
00:53qui s'oppose à sa volonté de conquérir le Groenland.
00:56Quelle réponse possible des Européens ?
00:58On en débat avec nos invités, Patricia Alémonière.
01:02Bonsoir Patricia.
01:02Bonsoir.
01:03Grand reporter, spécialiste des questions internationales à vos côtés.
01:07Jonathan Boucher-Peterson, bonsoir.
01:08Bonsoir.
01:09Éditorialiste politique à Libération.
01:11Stéphane Verne est aussi avec nous, bonsoir.
01:13Bonsoir.
01:13Rédacteur en chef délégué de Ouest France à Paris, spécialiste des questions politiques et européennes.
01:19Et bonsoir Bruno Cotteres.
01:20Bonsoir.
01:20Et bienvenue politologue, chercheur CNRS au Cevipov, c'est le centre de recherche de la vie politique de Sciences Po où vous enseignez également.
01:30Le Premier ministre a donc tranché, c'est l'article 49.3 qui sera utilisé pour faire passer le budget au Parlement.
01:37L'adoption du texte sans vote, ce sera à partir de demain à l'Assemblée après des centaines d'heures de débats dans l'homicycle.
01:43Est-ce un échec d'en passer par là ? Réponse de Sébastien Lecornu.
01:47Il faut être humble, c'est un semi-succès, semi-échec.
01:52Depuis plusieurs jours, on s'aperçoit que le 49.3 devient la condition pour avoir un budget.
01:57Je ne suis pas têtu.
01:58Est-ce que c'est ma conviction ? Non.
02:02Parce que moi, je reste persuadé que notre démocratie parlementaire, elle doit gagner en maturité.
02:05Le Premier ministre qui va donc engager demain mardi la responsabilité de son gouvernement pour faire adopter le budget avec regret et amertume, a précisé Sébastien Lecornu.
02:16Jonathan Boucher-Péterson, on l'entendait dire semi-succès, semi-échec.
02:20Il y a tout de même une part d'échec personnel pour Sébastien Lecornu, au moins sur la méthode ?
02:24C'est plutôt cette partie-là que vous retenez, vous aussi.
02:27Oui, après, c'est normal que lui habille les choses le moins mal possible.
02:31On peut dire aussi que c'est moins mal que si ça avait été des ordonnances.
02:34Il y a toujours une façon de positiver.
02:37Après, effectivement, par rapport au pari originel, et d'ailleurs, il n'en est pas le seul responsable, Sébastien Lecornu.
02:41C'est un mot qui a beaucoup utilisé, d'ailleurs, le pari, aujourd'hui.
02:43Non, mais il y avait un pari collectif.
02:45En tout cas, c'était la feuille de route telle que proposée dans le discours de politique générale.
02:49Honnêtement, personne n'aurait pu dire que ça se finirait forcément comme ça.
02:53Il y avait la place pour un peu plus de maturité chez tous les acteurs.
02:56Je dis bien chez tous les acteurs, parce qu'il y a quand même eu beaucoup de stratégies présidentielles avant l'heure.
03:00Il y a beaucoup eu de positionnements un peu artificiels et pas toujours très responsables.
03:06Après, il y a aussi une réalité politique qui fait que c'est très difficile quand la feuille de route,
03:10c'est de contenter LR et de contenter le PS avec le même budget.
03:14C'est compliqué quand les groupes ne viennent pas siéger et que le RN et LFI sont, eux, très présents à l'Assemblée
03:19et donnent-le-là des textes qui sont votés par les parlementaires.
03:23C'est compliqué quand, du côté du Sénat, avec un Bruno Retailleau revanchard et un LR dominant,
03:28on n'en finit plus de compliquer la tâche du gouvernement.
03:30L'équation était très complexe. Est-ce que Sébastien Lecornu s'est mal débrouillé ?
03:34Je pense que ça n'a pas été le plus mauvais dans l'histoire.
03:36En revanche, c'est lui qui prend en pleine face le recours au 49-3,
03:39qui était quand même à peu près le seul truc que les Français avaient retenu de son discours de politique générale.
03:43Stéphane Vernet avait en effet promis, le Premier ministre, de ne pas recourir à ce 49-3.
03:46Ce qu'il dit aujourd'hui, c'est que finalement, cette promesse de ne pas l'utiliser,
03:50ce qui était à l'époque, on va dire, la solution pour continuer à exister face au Parti Socialiste,
03:55notamment, qui voulaient le censurer,
03:57aujourd'hui, ça s'est transformé, c'est la seule manière finalement d'avancer.
03:59Oui, alors quand il parle de semi-succès, semi-échec,
04:02c'est aussi parce qu'en fait, la méthode a fonctionné pour le budget de la Sécurité Sociale,
04:06parce que lui, il a été adopté effectivement avant la fin de l'année, et effectivement 149-3,
04:10ce qui est, compte tenu du contexte, qui était déjà un exploit.
04:13Donc voilà, ça c'est la semi-réussite.
04:15Dans une ambiance relativement calme, a précisé le Premier ministre.
04:17Non, mais c'est vrai.
04:19En fait, en réalité, ce qui était possible sur le budget de la Sécurité Sociale,
04:21était impossible sur le budget général.
04:23Donc en fait, à un moment, le Premier ministre est obligé de considérer
04:28qu'en fait, la situation est totalement bloquée,
04:30parce que de facto, c'est ça qui se passe.
04:31Je crois qu'il a cru qu'à un moment, au moment de la trêve des Confiseurs,
04:36entre Noël et le jour de l'an, il y avait un passage, etc.
04:39Et là, il se rend compte qu'en fait, c'est reparti pour un tour.
04:43C'est-à-dire que si, là au moment où on se parle,
04:46s'il avait laissé les choses continuer, la navette parlementaire classique se déroulait,
04:50mais on était parti pour en manger jusqu'à la Saint-Glinglin, quoi.
04:53C'est-à-dire...
04:54Il a dit lui-même, ce serait avril ou le mois de mai.
04:56Et encore, je ne suis même pas sûr, parce que je pense qu'il y avait trop de gens
05:00qui avaient intérêt à ce que finalement, ou qui considèrent que ne pas avoir de budget,
05:04c'est plutôt pas mal.
05:05Et voilà.
05:06Donc à un moment, il fait le constat de cet échec, parce que c'en est un.
05:09Je vous rappelle qu'il avait dit que ce serait qu'on aurait un budget
05:11avant la fin de l'année et 149,3.
05:13Ce qui est dommage, c'est que pour en arriver...
05:15Enfin, j'ai envie de dire tout ça pour ça.
05:19Ce qui aurait été idéal, c'est qu'il déclenne le 49,3 avant la fin de l'année.
05:23Et à ce moment-là, on était dans les délais.
05:25Mais bon, je pense qu'à ce moment-là, les conditions n'étaient pas réunies
05:28pour avoir une non-censure après le passage en force.
05:32Aujourd'hui, ça a l'air de marcher.
05:33Le Premier ministre a répété à plusieurs reprises qu'il n'était pas têtu.
05:37Il a aussi opposé le désordre des autres, en citant notamment le Rassemblement National
05:41et la France Insoumise, en disant que lui ne voulait pas être source de désordre.
05:47En clair, c'est la voix de la raison, finalement, qu'il veut incarner aujourd'hui Sébastien Lecornu.
05:50C'est clair que Sébastien Lecornu a, jusqu'au bout, au fond, voulu incarner cette image,
05:57cette posture, celui qui fait de son mieux dans une situation, au fond, indémêlable.
06:02Celui qui a tenté, jusqu'au bout, le dialogue.
06:06Alors, c'est aussi une stratégie de communication du Premier ministre
06:09qui a préparé depuis de nombreux jours l'opinion à ce qu'en fait, il allait utiliser le 49,3.
06:14Et nous présentant ce recours au 49,3 comme quelque chose qui lui était imposé
06:19par un certain nombre de formations politiques qui n'auraient pas joué le jeu à ses yeux.
06:23Vous vous rappelez peut-être l'alternative qu'il y avait avec les ordonnances,
06:25la différence qu'il y avait entre ce 49,3 et les ordonnances ?
06:28Les ordonnances étaient vécues par les oppositions, notamment le Parti Socialiste,
06:32comme quelque chose brutalisant beaucoup plus le débat parlementaire.
06:36C'était sans précédent, pour le coup.
06:37Voilà, sans précédent.
06:38Il permettait d'imposer de garder le budget, même si le gouvernement chutait.
06:41Quelle idée a ses yeux pour Sébastien Lecornu ?
06:44Mais c'est vrai qu'en même temps, le Premier ministre a tellement préparé l'opinion
06:50à ce qu'il allait utiliser le 49,3 que ça désamorce un peu l'effet.
06:53En plus, c'est le 29e depuis 2007, donc c'est vrai que ce n'est pas un mot qu'on a eu dans le débat.
06:58Mais effectivement, n'oublions pas, ça fait notre quatrième budget de suite
07:04qui est adopté sans vote au Parlement.
07:07C'est quand même un symptôme, un indicateur qu'il y a quelque chose
07:10qui ne fonctionne pas bien dans le modèle démocratique français.
07:13Surtout qu'il n'y a plus de majorité.
07:14Et qu'il n'y a plus de majorité à l'Assemblée.
07:16Mais qu'un budget adopté sans vote, même s'il y a une belle discussion,
07:20effectivement, c'est quand même quelque chose qui pose un certain...
07:22Ces heures de débat, 350 environ, n'ont pas servi à rien, a dit Sébastien Lecornu.
07:26Ce vote m'inspire trois choses.
07:30La première, c'est qu'effectivement, même Sébastien Lecornu l'a reconnu durant sa rencontre avec la presse.
07:37Les pays étrangers, l'Europe, ont des régimes parlementaires et arrivent à s'entendre.
07:42Et nous n'y arrivons pas.
07:44Et nous n'y arrivons toujours pas.
07:45Après, la deuxième chose, c'est que c'est quand même une victoire du Parti Socialiste.
07:50Une petite victoire quand même.
07:51Mais il y a beaucoup de choses qu'ils ont réussi à accrocher.
07:53Je ne sais pas si ça se traduira.
07:55Je n'en suis pas du tout spécialiste pour ça.
07:57Ça se traduira dans les urnes.
07:58Et puis, le troisième élément, c'est que personne, dans ce socle, j'ai envie de dire,
08:05qui n'est pas le socle gouvernemental, mais qui ne sont pas les deux extrêmes,
08:09j'ai envie de dire, à l'EF et le Rassemblement National,
08:11personne n'avait envie d'aller aux élections.
08:14Personne n'avait envie d'aller aux législatives.
08:16Et donc, quand personne ne veut aller aux législatives,
08:18à un moment donné, on passe par l'accord de non-censure.
08:21Alors que c'est le discours, Jonathan Boucher-Peterson,
08:23du Rassemblement National, de la France Insoumise,
08:26surtout du Rassemblement National, de dire la dissolution avant tout.
08:30Mais finalement, leurs électeurs, ce n'est pas ce qu'ils réclament.
08:33Alors, c'est un peu vrai.
08:34En tout cas, ce n'est pas une priorité.
08:35Enfin, je parle peut-être sous le contrôle de Bruno Cotteret,
08:37mais ce n'est pas une priorité formulée par les électeurs
08:39qu'un retour aux urnes législatives anticipée.
08:41Autant la question de la présidentielle anticipée
08:43a beaucoup plus accroché l'opinion.
08:45Et ça dépasse très largement le cercle RN-LFI,
08:48puisque même d'anciens premiers ministres comme Édouard Philippe l'ont évoqué.
08:55Oui, c'est sûr que certains partis avaient plus intérêt.
08:57Encore une fois, je le répète, il y a aussi certains partis
08:59qui étaient plus présents à l'Assemblée.
09:02Il y a eu quand même une forme de jeu pas très constructif
09:06de la part de LR.
09:07Mais le ministre a utilisé le mot de désertion.
09:09Oui, il y a quand même eu beaucoup de séances publiques
09:11sur lesquelles les troupes macronistes n'étaient pas là.
09:13C'était déjà le cas lors de précédentes discussions budgétaires.
09:16Et quand même, si on rembobine un tout petit peu le fil,
09:18parce qu'on arrive au point d'arriver,
09:20mais Sébastien Lecornu est à la tête d'un gouvernement minoritaire
09:23après différentes claques électorales pour le camp macroniste
09:27et une incapacité à faire complètement la digestion
09:30de ces défaites électorales avec un changement de cap.
09:33Donc tout ça a été compliqué parce que personne n'était majoritaire
09:35de l'autre côté, sans le comprendre, tous les Français l'ont compris.
09:38Mais fondamentalement, il faudra quand même retenir
09:40que le camp macroniste défait nettement,
09:43n'a fini par accepter une contribution, par exemple,
09:46des 300 plus grandes entreprises que dans le dernier week-end
09:49avant de dégainer le 49-3.
09:50Voilà, il y a quand même une difficulté.
09:52Et quand vous utilisez l'expression Sébastien Lecornu,
09:55c'était encore une fois le cercle de la raison, en gros.
09:57L'expression qu'on entend depuis 2007,
09:59qui insupporte pour le coup une majorité de Français.
10:01C'est cette idée qu'il y a un camp politique minoritaire
10:04qui détiendrait la vérité et que les autres seraient
10:07ou des extrêmes ou des empêcheurs de tourner en rond.
10:11C'est fatigant au bout d'un moment ce discours-là.
10:13Et Sébastien Lecornu, il est aussi victime de cet impasse.
10:16On a parlé du Rassemblement national et de la France insoumise.
10:19Les deux groupes politiques vont déposer une motion de censure
10:22du côté de l'extrême droite.
10:24Confirmation tout à l'heure avec la députée Edwige Diaz
10:27dans les couloirs de l'Assemblée.
10:28– Oui, Marine Le Pen a indiqué que nous allons déposer une motion de censure
10:32parce qu'il faut envoyer un signal fort au gouvernement,
10:34leur dire que nous ne les lâcherons pas,
10:37que nous représentons l'alternative.
10:39Et c'est aussi le message que nous voulons envoyer aux Français.
10:42Évidemment que ceux qui sont la béquille rouillée et tordue du macronisme,
10:46à savoir le Parti Socialiste et les Républicains,
10:48ont peur de retourner devant le peuple.
10:50Pourquoi ? Parce qu'ils seront sanctionnés.
10:51– Voilà, motion de censure du Rassemblement national et de la France insoumise.
10:56Peu de chances sur le papier mathématiquement de passer.
10:59On va y revenir.
11:00Le gouvernement est-il pour autant assuré de ne pas chuter ?
11:03Le Premier ministre, Sébastien Lecornu, reste prudent.
11:05– Non, il n'y a aucune garantie.
11:07Je l'ai dit depuis le début.
11:09Je ne suis pas un adepte des discussions partisanes.
11:13D'ailleurs, je tiens les partis politiques le plus éloignés possible
11:16de l'action du gouvernement.
11:18Donc, non, il n'y a pas d'accord secret.
11:21Il n'y a pas de discussion et de réunion dans les arrières boutiques
11:25avec qui que ce soit.
11:25– Sébastien Lecornu qui répondit aussi à la question de savoir
11:28s'il y avait un accord de non-censure prévu avec le Parti Socialiste.
11:32Stéphane Vernet, si on sort la calculette,
11:34sachant que le PS et les Républicains ont déjà dit qu'ils s'abstiendraient,
11:37qu'ils ne voteraient pas cette censure,
11:39est-ce qu'on peut considérer que le gouvernement est à l'abri, justement, de tout ?
11:43– Alors, il n'y a pas d'accord secret,
11:44mais il y a quand même eu un paquet de discussions, de négociations, etc.
11:48– En fait, ce que veut dire Sébastien Lecornu,
11:50c'est qu'il y a pas d'accord de non-censure formel, écrit, etc.
11:55Mais on voit bien qu'en fait, la manière dont se positionnent
11:57à la fois les socialistes et les Républicains
11:58fait que ça va passer, quoi.
12:00Enfin, je ne vois pas comment le...
12:03Si, effectivement, il y a une abstention des socialistes et des...
12:06Enfin, si les... Pardon.
12:07Si les socialistes et les Républicains ne participent pas au vote
12:10pour la censure du gouvernement,
12:12normalement, ça passe sans problème.
12:15Ceci dit, je vous rappelle quand même qu'ils ont tous...
12:17Ils ont dit les uns et les autres qu'ils allaient étudier en détail
12:20ce qu'il y avait, effectivement, dans le budget.
12:22Parce qu'il y a les annonces de Sébastien Lecornu vendredi soir,
12:24mais il y a quand même quelques...
12:25– Quelques flous, hein.
12:26– Il y a quand même, ouais.
12:27Il y a des trous dans la raquette, il y a des flous,
12:28il y a des choses qui méritent d'être précisées.
12:30Donc, ils vont...
12:31Les uns et les autres vont regarder ça,
12:33ils vont passer tout ça à la molette.
12:33– Est-ce que ce n'est pas une façon de faire monter les enchères encore ?
12:36– Bon, écoutez, là, je pense que les enchères,
12:38enfin, il y a peut-être cette envie-là,
12:41mais à un moment, il faut s'arrêter.
12:42Je pense que là, je veux dire, on va être clair,
12:46les propositions qui ont été faites par Sébastien Lecornu,
12:49il faut que ce budget est très social.
12:51Le Parti socialiste est très bien servi dans cette histoire,
12:54mais le fait de, par exemple...
12:56– Le moins en plus social, enfin, on est dans cette nuance-là.
12:59– Après, ça se discute, mais par rapport à ce que pourrait être la copie
13:03et ce qui est proposé là maintenant, il y a quand même des avancées,
13:06il y a quand même des concessions importantes qui sont faites.
13:09De l'autre côté, le fait de dire, on revient...
13:12– Vous vous dites bien servi parce que le Premier ministre
13:13a fait des annonces sur la jeunesse, sur le logement, etc.
13:16– Oui, mais je veux dire sur le logement, sur la prime d'activité,
13:20mais il y a aussi le resto U à 1 euro pour tous.
13:24Enfin, voilà, ce sont des choses...
13:25C'est quand même des choses, ce n'est pas rien.
13:28Vous avez aussi le fait de revenir sur le gel du barème de l'impôt.
13:32Donc ça, ça permet en fait à 200 000 ménages à peu près
13:35de ne pas être imposables cette année.
13:38– Les impôts des ménages seront les mêmes en 2022, c'est dit Sébastien.
13:41– Et puis, il y a toute une partie de la population
13:43qui ne verra pas ces impôts augmentés,
13:45alors que si on ne touchait pas au budget, etc.,
13:47s'il n'y avait pas ces aménagements-là
13:49ou si on était resté sur un gel du barème, c'était le cas.
13:52Et c'est plutôt les plus modestes qui sont concernés, d'accord ?
13:55Mais ça, ça arrange aussi le nom...
14:00Enfin, l'indexation du barème de l'impôt sur l'inflation
14:04arrange aussi les Républicains.
14:07Le fait de dire qu'il n'y aura pas d'impôts nouveaux, etc.,
14:10ça va dans le sens des Républicains.
14:11Donc, il a quand même soigné les deux bouts de l'omelette, d'accord ?
14:15Et donc, moi, je pense que ça peut passer.
14:18En revanche, ce qu'il faudra regarder,
14:19c'est quelle est la marge, en fait ?
14:22C'est-à-dire qu'il va y avoir plusieurs motions de censure
14:25qui seront déposées après le 49-3
14:27qui sera utilisée demain, d'accord ?
14:30Il va falloir attendre 48 heures
14:32parce que c'est la procédure avant de passer ça.
14:34Il n'y aura pas de réponse demain
14:35et elles seront seulement déposées.
14:37Au moins 48 heures avant d'avoir un vote.
14:40Mais dès 49-3, il va falloir au moins 3.
14:43Parce que c'est comme ça.
14:44Le budget, il est en plusieurs morceaux.
14:46Recettes, dépenses, le budget général.
14:47Donc, il y a au moins 3 49-3.
14:50Si la motion de censure ne passe pas à 40 voix près,
14:55il n'y a pas de problème.
14:56Les choses devraient à peu près rouler.
14:58Mais s'il n'y a que 4 voix d'écart,
14:59alors là, il va y avoir une très grosse pression
15:01pour qu'un certain nombre de gens changent d'avis
15:03et changent leur vote.
15:05Et on peut arriver à une espèce de suspense et de tension.
15:10On a encore 15 jours.
15:11Ce n'est pas fini.
15:13Ce qui veut dire, Bruno Cotteres,
15:14que le gouvernement, actuellement,
15:16le ministre des Relations, notamment avec le Parlement,
15:18va essayer d'aller convaincre, député par député,
15:20chacun de voter en son sens ?
15:22On imagine, effectivement,
15:23qu'il va y avoir un intense travail qui va être fait
15:26par, effectivement, au sein du gouvernement,
15:30d'aller s'assurer qu'effectivement,
15:32l'accord de non-censure avec les socialistes
15:35est strictement respecté.
15:36Et puis, c'est vrai que quand on regarde le décompte,
15:39si on prend les formations politiques
15:40dont on est absolument sûr qu'elles vont voter
15:42la motion de censure, il faut rappeler à nos auditeurs
15:44que pour une motion de censure,
15:45ne sont comptés que les votes pour la motion de censure.
15:49Ce qui veut dire que les abstentionnistes
15:50ou les non-votants,
15:52c'est équivalent à des votes contre la motion de censure.
15:55Donc, ne sont décomptés que les votes pour.
15:57Donc, il faut 289 pour faire tomber le gouvernement.
16:00Donc, si on regarde ceux qui sont sûrs de voter contre,
16:02le Rassemblement national, 122 députés,
16:04la France Insoumise, 71 députés,
16:07les amis d'Éric Ciotti, 16 députés,
16:09au bout du compte, ça ne fait que 209.
16:11Si on ajoute un certain nombre de communistes,
16:13peut-être, écologistes,
16:15on peut peut-être monter à, je ne sais pas, 230, 240.
16:19Mais on voit qu'on est effectivement, à ce moment-là,
16:21sur un 40 sièges qui manque pour faire tomber le gouvernement.
16:24Donc, pour le moment, c'est vrai que le gouvernement
16:26peut considérer raisonnablement que le job est fait.
16:30Après, il faut rappeler que ce n'est pas un mandat apératif.
16:32Les députés font ce qu'ils veulent.
16:34Ce n'est pas parce que le groupe...
16:35Il y a les consignes, effectivement,
16:36aux cinq chansons, aux cinq parties.
16:37Elles sont forcément respectées.
16:38On l'a vu côté LR lors du dernier vote de confiance,
16:41où ça s'était quand même largement divisé.
16:43Mais côté socialiste, il y a toujours une dizaine
16:45ou huit, dix socialistes qui ont été plus compliqués à gérer.
16:48Voilà.
16:49Mais a priori, ça laisse une marge quand même pour...
16:52Confortable quand même.
16:53Assez confortable pour le gouvernement.
16:54Moi, ce qui m'interroge, c'est qu'alors que l'on débat aujourd'hui
17:00des arcanes du vote du budget, qui est fondamental pour la France
17:04et l'Europe nous regardent avec stupeur,
17:08une loi fondamentale sur le long terme,
17:12parce que là, on est dans du court-termisme,
17:13c'est-à-dire qu'on vise les élections municipales,
17:16puis après, peut-être des législatives après,
17:18mais non, finalement.
17:19Donc après, c'est les présidentielles.
17:21On est dans un court-termisme.
17:22Ce budget n'offre aucune vision à long terme.
17:25Et au même moment, au Parlement,
17:27il y a une navette d'une loi qui nous interroge totalement
17:30sur le long terme et sur notre mode de vie.
17:33C'est la loi sur le droit à mourir,
17:36ou on l'appelle autrement.
17:38Et il y a des navettes qui se passent.
17:39Et alors là, personne, tout le monde s'en moque.
17:42Ça passe au-delà de la tête de tous les Français
17:44qui ne sont même pas informés que c'est en train de se passer.
17:46Et c'est pourtant fondamental pour notre avenir,
17:50pour nos enfants.
17:50Et ça pose des vraies questions sociétales.
17:52Clairement, Jonathan Boucher-Peterson,
17:53le budget occupe, on va dire, tout l'espace au Parlement.
17:58C'est institutionnellement assez légitime
18:00parce que le budget, ça fait très discussion comptable,
18:03mais c'est aussi la capacité des pouvoirs publics à définir.
18:05À court terme.
18:06Pas toujours qu'à court terme.
18:08Beaucoup trop à court terme.
18:09Mais évidemment qu'il y a une espèce d'urgence permanente
18:12où on vit un peu à la petite semaine.
18:14Donc ça, c'est sûr que ce n'est pas très enthousiasmant
18:17par rapport aux défis du monde
18:18ou par rapport à des questions plus existentielles
18:20pour l'avenir de nos sociétés.
18:22Et en même temps, dans d'autres pays,
18:24quand il y a un shutdown aux États-Unis,
18:26ça intéresse aussi un peu les gens
18:27de savoir comment on dénoue les situations
18:29quand elles sont bloquées.
18:30On est après, effectivement,
18:31quand on est dans une vie politique telle qu'elle est,
18:34c'est-à-dire aussi morcelée,
18:35la capacité pour avancer, il faut des majorités.
18:38Pour se projeter, il faut de la stabilité.
18:39Il faut un peu de puissance politique.
18:41Il faut un peu de vision aussi.
18:42Ça ne demande pas d'être majoritaire,
18:43ça demande de travailler.
18:44C'est aussi ce qu'on pourrait peut-être demander aux élus,
18:46dans cette capacité à être certes sur les arcanes du moment
18:49et en même temps de dessiner un peu les contours
18:52d'un monde qui insécurise,
18:54certes à l'échelon de la fin du mois,
18:56mais pas mal aussi à l'échelon des années
18:58ou des décennies à venir.
19:00Donc c'est la difficulté du politique
19:01dans le monde d'aujourd'hui,
19:03c'est répondre à l'urgence
19:04et penser les prudences nécessaires de l'avenir.
19:08C'est ce qu'on entend Bruno Cotteres régulièrement
19:10dans les critiques à propos des discussions sur le budget,
19:12c'est que finalement, aucun responsable politique
19:14aujourd'hui n'a de véritables visions de société,
19:16de visions de projets à long terme.
19:17Oui, c'est vraiment quelque chose qui marque en profondeur
19:20l'opinion, le sentiment qu'on ne sait plus bien où on va,
19:23on ne sait plus où on est,
19:25on ne sait plus à quel sein se vouer.
19:27Un coup, on nous dit que la Cour des comptes
19:30dit que nos déficits sont hors de contrôle.
19:34Et puis finalement, après, on a une discussion parlementaire
19:36qui laisse filer de nouvelles dépenses.
19:39On nous garantit qu'on va être dans les 5% du PIB à nouveau.
19:42Donc effectivement, beaucoup ce sentiment dans l'opinion
19:45d'être perdu, absolument perdu,
19:47et que le politique n'arrive plus, au fond,
19:49à exercer une de ses fonctions les plus importantes,
19:52qui est de dire où on est, où on va, à quel rythme, etc.
19:55Donc là, on est vraiment dans une situation
19:57qui, du point de vue de la gestion de l'opinion public,
20:00est assez difficile.
20:01C'est le carburant du populisme, d'ailleurs, ce que vous décrivez.
20:03Voilà, et on ne voit pas, d'ailleurs,
20:06de bénéfices considérables pour le moment,
20:08pour tous les acteurs principaux qui ont joué,
20:11au fond, cette longue séquence parlementaire,
20:15les intentions de vote à la présidentielle.
20:17Il faut être très prudent.
20:18Évidemment, ça mesure plutôt de la popularité
20:20que des intentions de vote aujourd'hui.
20:21Mais pour Olivier Faure, ce n'est pas terrible.
20:25La popularité de Sébastien Lecornu,
20:27ce n'est quand même pas extraordinaire non plus.
20:30Selon les instituts de sondage,
20:31il est quelque part entre 25-29 et 35-38.
20:37Le contenu qualitatif,
20:39quand on regarde les qualis sur l'image
20:41de Sébastien Lecornu,
20:42ce n'est pas non plus très flamboyant.
20:44Donc voilà, on voit un état de l'opinion
20:46qui est un peu désespéré.
20:48Avec des interrogations aussi
20:49sur les positionnements, on le disait de chacun,
20:51les discussions en interne.
20:53On s'interrogeait tout à l'heure pour savoir
20:55si le Parti Socialiste était le vainqueur
20:57ou grand vainqueur, c'est peut-être un peu trop,
20:59mais de ce budget à l'arrivée.
21:02Stéphane Vernet, des voix à droite disent peut-être cyniquement
21:05qu'Olivier Faure, le patron du PS,
21:07n'aurait pas eu mieux en étant à Matignon.
21:09Qu'est-ce que vous en dites ?
21:10Après, c'est de la politique.
21:12Chacun va construire son récit, en fait.
21:14Donc voilà.
21:15Mais encore une fois, je reviens à ce que je disais tout à l'heure.
21:17Moi, je pense qu'il y a eu quand même des concessions majeures
21:19qui ont été faites au Parti Socialiste, mais il y a aussi des concessions
21:22qui ont été faites aux Républicains.
21:25Parmi les trous, enfin les flous, les questions qui se posent aujourd'hui,
21:28c'est que, un, au départ, il était quand même question
21:31de revenir à un déficit public cette année de 4,7 ou 4,8 % du PIB.
21:37Là, maintenant, on nous dit que ce sera 5 %.
21:39Contre 5,4 par avance.
21:41Non, mais d'accord, mais on s'est engagé au niveau européen,
21:44on a une trajectoire à respecter,
21:45on doit revenir à moins de 3 % de déficit en 2029.
21:48Je veux dire, là, à ce rythme-là, ça risque d'être un petit peu compliqué.
21:525 % de déficit, c'est une contre-performance, je suis désolé,
21:56mais on continue à vivre au-dessus de nos moyens
21:59et à dépenser plus que ce dont on dispose
22:02et on ne réduit pas notre dette, en fait.
22:04Je crois qu'il faut avoir ça aussi en tête.
22:06Et puis en plus, excusez-moi, mais dans les annonces
22:08qui ont été faites vendredi, en fait,
22:10on a soit des suppressions de recettes,
22:13soit des nouvelles dépenses.
22:16Et là, on a un Premier ministre qui nous dit
22:17« Si, si, on va y arriver, on sera à 5 %, sincèrement. »
22:21Mais en fait, il parie sur une bonne croissance,
22:23donc c'est un pari, je suis désolé, mais on n'y est pas forcément.
22:26Et ils nous disent « En fait, on va réussir à atteindre le seuil des 5 %,
22:31qui n'est pas terrible en termes d'objectifs, encore une fois, je le redis,
22:35en transformant la commande publique,
22:38en faisant des économies sur certains ministères, dans les dépenses, dans les essais. »
22:42– Ce qu'a précisé tout à l'heure la ministre des Comptes publics, Amélie de Montchalin.
22:45– Enfin, en faisant des économies sur les agences.
22:47Moi, je veux bien, mais je suis assez dubitatif.
22:52Je pense qu'il y a quelques éléments qu'il faudrait préciser
22:55sur la façon dont on réussit vraiment à tenir cet objectif,
22:59qui n'est pas exceptionnel, mais je suis…
23:02– Avec la question, Jonathan Boucher-Péterson, de savoir qui paye,
23:05Sébastien Lecornu, hier, il a écrit au patron,
23:08pour leur faire comprendre, en gros, qu'ils allaient être mis à contribution.
23:11– C'est la vraie question, et c'est ça qui est impossible à trancher
23:13dans l'équation politique actuelle, c'est qui ne paye plus depuis 2007 ?
23:18Qui, sur le milliard de dettes qu'on peut incomber au mandat d'Emmanuel Macron,
23:21on en sort 500 milliards Covid ?
23:23On en sort 500 milliards Covid, mais il en reste 500 milliards.
23:27500 milliards, ce n'est pas l'État qui a dépensé 500 milliards de plus,
23:30c'est essentiellement de la baisse de recettes.
23:32Donc c'est ça, en filigrane, qui s'interroge derrière la justice fiscale,
23:36les rattrapages qu'il faudrait faire, les rééquilibrages qu'il faudrait faire.
23:39L'idée, ce n'est pas d'augmenter les impôts des gens qui rentrent
23:41dans l'impôt sur le revenu, personne ne défend ça sur la scène politique.
23:44L'idée, c'est toujours cette question de la justice fiscale,
23:46la contribution des plus grosses entreprises d'un côté,
23:49l'usage des aides publiques, un certain nombre d'allègements de fiscalité,
23:52un allègement de cotisation.
23:54Tout ça, c'est des choix de société.
23:56Ça paraît toujours être de la discussion comptable,
23:58mais la question des recettes, c'est aussi un des grands impensés
24:00du débat public actuel.
24:01Patricia Lémanière ?
24:02Alors, pour penser cette question, effectivement, des recettes,
24:04il faudrait avoir une vision à long terme.
24:07Il faudra avoir un projet, c'est-à-dire que cette question des recettes
24:10ne peut pas exister sans une profonde réforme des structures,
24:13aussi bien de l'administration, de l'État,
24:16et même de la gestion de notre système de répartition.
24:20Et ça, pour l'instant, ce budget ne le fait pas,
24:23le budget d'avant ne le faisait pas,
24:25et le budget d'avant encore ne le faisait pas.
24:27C'est-à-dire qu'on manque vraiment d'une volonté forte
24:30et qui ne peut être installée que par un chef politique quand même,
24:33qui a une vision et qui est partagée,
24:36et donc qui impose des vrais efforts.
24:38Parce qu'on ne se réformera pas,
24:40ça j'en suis absolument persuadée, on le sait tous,
24:42sans énorme effort de nous tous.
24:45Comment on fait pour avoir un chef politique,
24:48qui est responsable politique, Bruno Cotteres,
24:49qui a une vision et qui ne soit pas obligé de...
24:51Le risque, c'est le populisme.
24:54Et de s'occuper, non, non, mais simplement,
24:55on le voit année après année que c'est compliqué,
24:57effectivement, de se sortir d'autre chose, finalement,
24:59que la préoccupation du budget.
25:00On voit qu'on est vraiment au carrefour d'une grande question française,
25:04qui est nos difficultés budgétaires économiques,
25:08et en même temps nos difficultés politiques démocratiques.
25:11Et c'est au carrefour de ces deux choses
25:13que quelque chose d'important doit se passer dans le pays,
25:16dans les mois et à venir,
25:18avec l'idée que l'élection présidentielle de 2027
25:21pourrait être ce moment.
25:24On voit que, d'une certaine manière,
25:26on ne pourra pas continuer à tenir tous les discours à la fois.
25:29C'est-à-dire, effectivement, la Cour des comptes qui dit
25:32« ça ne va pas dans le bon sens »,
25:33les politiques qui disent « mais non, ce n'est pas si grave que ça »,
25:37et puis qui, après, donnent des coups de frein,
25:38donnent des coups d'accélérateur.
25:39Donc, ce qui est sûr, c'est qu'on manque terriblement,
25:42effectivement, d'un dessin d'ensemble
25:45qui nous dit où est-ce qu'on est,
25:47où est-ce qu'on peut aller sur quelques années,
25:49qu'on gagne un peu pour les acteurs économiques,
25:51les entreprises, etc.,
25:53de clarté sur quel est leur horizon.
25:56Et, au fond, pour les acteurs économiques
25:58que nous sommes aussi les uns et les uns ici,
26:01qu'on sache un petit peu où est-ce qu'on va fiscalement,
26:03où est-ce qu'on va du point de vue du pouvoir d'achat.
26:05Donc, voilà, il faut qu'il y ait quand même
26:06un exercice de clarification.
26:08C'est la voie royale au populisme.
26:10Vous voulez faire une moue dubitative, Stéphane Vernet,
26:12sur l'objectif de la présidentielle 2027 ?
26:15Non, ce n'est pas ça.
26:17En fait, le problème de la vision et du budget,
26:21c'est que, depuis 2022,
26:22il n'y a plus de majorité absolue à l'Assemblée,
26:27ce qui complique tout.
26:29Le truc, c'est que...
26:31La moue, c'est que je ne voudrais pas
26:32que les gens s'imaginent qu'en fait,
26:33l'élection présidentielle de 2027
26:35va remettre tous les compteurs à zéro,
26:36et que le problème du joyeux bordel politique
26:41auquel on assiste à l'Assemblée
26:42sera réglé d'un coup.
26:43Moi, je vais vous dire, ce n'est pas compliqué.
26:44Si l'élection de 2027 se termine par un vote contre,
26:47c'est-à-dire une majorité qui se constitue
26:50pour empêcher le Rassemblement national
26:51d'accéder à la présidence de la République,
26:53c'est un scénario tout à fait probable.
26:56Le problème, c'est que vous avez ce vote contre
26:58qui se cristallise au moment de la présidentielle,
27:01et les législatives à suivre,
27:03vous aurez le même scénario
27:06d'une Assemblée nationale,
27:08mais ventilée façon puzzle,
27:10sans majorité claire.
27:12Ça pose la question institutionnelle derrière,
27:13c'est-à-dire que cette mécanique de quinquennat
27:17ajustée sur le mandat législatif
27:19et cette concomitance,
27:20elle enlève une respiration,
27:23elle crée une confusion dans les rôles.
27:25Et en fait, je pense que,
27:27je crois qu'on est...
27:29C'est une date anniversaire pour cette réforme
27:31d'une manière ou d'une autre,
27:32en tout cas,
27:33mais qui a été une mauvaise idée conjointe
27:34de Jacques Chirac et de Lionel Jospin,
27:36ça pour le coup.
27:37On se rend compte que tout ne se joue pas là,
27:39mais que parfois, dans l'institutionnel,
27:41il y a des dynamiques et des rythmes naturels
27:43qui se retrouvent être grippés
27:45et on en paye aussi les conséquences.
27:46La classe politique a aussi sa responsabilité
27:48dans la façon d'être.
27:49En un mot, Stéphane.
27:50Très vite, en fait,
27:51l'apprentissage du parlementarisme,
27:53c'est que la prochaine fois,
27:54peut-être qu'il faudrait faire,
27:55c'est que vous ayez des partis
27:57qui fassent alliance
27:58avant de désigner un gouvernement
28:00et qui se mettent d'accord ensemble
28:01sur un projet.
28:03Genre nouveau Front Populaire ?
28:04Non, mais par exemple.
28:05Mais ce que font nos voisins, en fait.
28:07Parce que là, en fait,
28:09on a dit, on va faire un budget.
28:10On va faire un budget en débattant.
28:13On va marcher.
28:14On va avancer.
28:15On travaille ensemble.
28:16Sans avoir d'accord au préalable.
28:17Ça ne peut pas marcher.
28:18La preuve.
28:18Voilà.
28:19Il nous faut des grosses coalitions.
28:21Monocotrices.
28:21Ce qui va vraiment être intéressant
28:23pour la prochaine élection,
28:24c'est qu'est-ce que les acteurs
28:26qui ont participé
28:27à toute cette longue séquence parlementaire,
28:30qu'est-ce qu'ils vont nous dire ?
28:31Quel est le retour d'expérience
28:32qu'ils en ont ?
28:33Est-ce que ça les a modifiés ?
28:34Est-ce que certains vont dire
28:36ça va dans la bonne direction,
28:37il faut prolonger ?
28:39Au contraire,
28:39il faut vite revenir au modèle d'avant
28:41avec une majorité claire.
28:43Je pense que là,
28:43il y a une question
28:44qu'ils vont devoir traiter
28:45parce que l'opinion va leur poser
28:46cette question.
28:47OK, mais finalement,
28:48vous êtes arrivé sur le budget
28:49de la sécurité sociale
28:50à vous entendre.
28:51pourquoi vous ne faites pas la même chose
28:52au niveau d'un gouvernement ?
28:54Donc, je pense qu'il y aura
28:55quand même un leg de la période
28:57qu'on vient de traverser
28:58au minimum
28:59comme un ensemble de questions
29:00que la campagne de 2027
29:02va devoir aborder.
29:03Et en attendant,
29:03c'est donc le 49.3,
29:05l'article 49.3 de la Constitution
29:07qui a été choisi
29:07par le Premier ministre,
29:08Sébastien Lecornu,
29:09pour faire adopter le budget
29:11à partir de demain.
29:13Merci d'être avec nous.
29:14La seconde partie,
29:15Désinformer dans un instant.
29:17Il est 20h33 sur France Info.
29:23Et l'info,
29:24c'est avec Stéphane Milhomme.
29:25Alors que l'enquête se poursuit
29:27plus de deux semaines maintenant
29:28après l'incendie à Cran-Montana,
29:30le gérant du bar,
29:31le Constellation,
29:32le français Jacques Moretti,
29:33a réuni les 200 000 francs suisses
29:35de caution.
29:36Cela ouvre la voie
29:37à une possible libération conditionnelle.
29:39C'est son avocat qui l'annonce.
29:41La même somme est avancée
29:42pour que son épouse
29:43reste, elle, en liberté.
29:44Ces nouvelles réactions
29:46après la décision
29:47de Sébastien Lecornu
29:48d'utiliser le 49-3 demain
29:49pour faire passer son budget,
29:51cela devenait inéluctable
29:52pour le député Ensemble
29:53pour la République
29:54Jean-René Cazeneuve.
29:55Le député insoumis
29:56Éric Cochrane, lui,
29:58dénonce un coup de force
29:59et pense que le Premier ministre
30:00savait que cela
30:01se terminerait comme cela.
30:03La France insoumise,
30:04comme le Rassemblement national,
30:06déposeront en réplique
30:07deux nouvelles motions de censure.
30:09Mais elle semble avoir
30:10peu de chances de passer.
30:11Le PS entend, lui,
30:12ne pas censurer le gouvernement.
30:14Si les promesses sont bien
30:15dans ce projet de budget,
30:17chez les Républicains,
30:18Yann Boucar,
30:19appelle sur France Info
30:20à ce que l'on sorte
30:21de ce débat sans fin,
30:22de ce débat qui s'enlise.
30:24Son groupe doit encore
30:25arrêter sa position.
30:27Un nouveau passage
30:28par la casse tribunale
30:29pour Patrick Balkany,
30:30l'ancien maire de Levallois-Péret,
30:31comparaitra le mois prochain
30:32à Nanterre
30:34dans ce que l'on appelle
30:34l'affaire des chauffeurs.
30:36La justice le soupçonne
30:37d'avoir employé
30:38quatre agents municipaux
30:39pour assurer
30:40certains de ses déplacements privés.
30:41En Espagne,
30:43le bilan monte
30:43à 40 morts
30:44et plus d'une centaine
30:45de blessés
30:45après la collision
30:46entre deux trains
30:47en Andalousie,
30:48dont une rame ultra moderne
30:49et à grande vitesse.
30:51Le Premier ministre
30:51décrète trois jours de deuil.
30:54Et puis,
30:54Victor Wemba Nyama
30:55sélectionné
30:57pour son deuxième
30:57All-Star Game.
30:59Ce sera
30:59dès le 15 février
31:01à Los Angeles.
31:01Le basketteur français
31:02de 22 ans,
31:03pensionnaire des Spurs
31:04est plébiscité
31:05pour une place de titulaire
31:07parmi les cinq
31:08meilleurs joueurs
31:08de la Conférence Ouest.
31:10France Info
31:1220h, 21h,
31:16France Info,
31:16les informés,
31:18Victor Maté.
31:19Avec ce soir,
31:20Patricia Alémonière,
31:21grand reporter
31:21et spécialiste
31:22des questions internationales,
31:24Jonathan Beauchet-Peterson,
31:25éditorialiste politique
31:27à Libération,
31:28Stéphane Vernet,
31:29rédacteur en chef délégué
31:30à Ouest France
31:31et Bruno Cotteres,
31:32politologue
31:32et chercheur CNRS
31:33au Cevipof.
31:35Nous avons parlé
31:35du budget
31:36dans la première partie
31:37des informés.
31:38Continuons avec le thème
31:39de l'économie
31:40et cette fois,
31:40le Forum économique mondial
31:42de Davos en Suisse,
31:4356e édition,
31:453000 participants au total,
31:47dont Donald Trump.
31:48Son arrivée est prévue
31:49mercredi,
31:49demain,
31:50c'est Emmanuel Macron
31:51qui est attendu.
31:52Bonsoir,
31:53Gilles Mouaek.
31:54Bonsoir.
31:55Chef économiste
31:56du groupe AXA,
31:57merci d'être avec nous
31:57dans les informés.
31:59Vous vous trouvez justement
32:00à Davos en Suisse,
32:02événement qui existe
32:02depuis 55 ans.
32:03Pour ceux qui ne connaissent pas,
32:05c'est le grand rendez-vous
32:05annuel mondial
32:06où l'on retrouve décideurs,
32:07grandes fortunes,
32:08acteurs en tout genre
32:09du secteur économique
32:10et financier.
32:11La venue de Donald Trump
32:13après-demain,
32:14elle bouleverse forcément
32:15l'organisation
32:15en termes d'attente
32:16de sécurité.
32:17On sent déjà
32:17un climat particulier ?
32:19La sécurité a toujours été
32:22assez lourde à Davos
32:24et là,
32:25elle est peut-être
32:26un peu plus.
32:26On commence à le sentir,
32:27même si c'est juste le début.
32:29On est au premier jour
32:30du sommet aujourd'hui,
32:32mais effectivement,
32:33on le sent.
32:34C'est effectivement
32:35sur toutes les lèvres
32:36et dans tous les esprits
32:37cette adresse
32:38du président des États-Unis
32:39au forum mercredi.
32:42Maintenant,
32:43si vous regardez
32:43le volume des réunions,
32:46le volume des sessions,
32:47au premier rang,
32:48vous avez les questions
32:49d'intelligence artificielle,
32:51au deuxième rang,
32:51vous avez les questions
32:52environnementales
32:53et c'est simplement
32:54après que viennent
32:55ces questions,
32:56disons,
32:56de gestion
32:58du choc commercial
32:59et en fait,
33:01on a des participants
33:02qui se retrouvent
33:02dans une situation
33:02assez étonnante,
33:05en tout cas inattendue,
33:06qui était que finalement,
33:072025,
33:08ça a vraiment été
33:08une année de choc
33:09pour l'économie mondiale
33:10et qu'on pensait finalement
33:12que 2026,
33:13ce serait quelque part
33:14l'année de l'absorption
33:15du choc
33:16et qu'on allait
33:18de nouveau pouvoir
33:19s'intéresser
33:19à des sujets
33:21de long terme.
33:21J'ai parlé de l'environnement,
33:22j'ai parlé
33:23de l'intelligence artificielle
33:25et bien évidemment,
33:26les annonces
33:27de ce week-end
33:28nous replongent
33:29en fait
33:29dans cette
33:30incertitude
33:32en fait
33:33qui était
33:33un peu
33:34le mot d'ordre
33:35de 2025.
33:36Donc 2026,
33:37pour l'instant,
33:37ne marque pas
33:38de rupture
33:41par rapport
33:41à l'année dernière.
33:42Gilles Moët,
33:42racontez-nous un peu
33:43comment ça se passe
33:43à Davos.
33:44Il y a les grandes déclarations,
33:45on l'a dit,
33:46on l'attend
33:46celle de Donald Trump
33:47après-demain.
33:48Et puis,
33:48il y a aussi
33:48les discussions
33:49de couloirs
33:50en coulisses.
33:51Comment est-ce
33:51que ça se passe
33:51concrètement ?
33:53Alors d'abord,
33:54il y a des réunions
33:54de couloirs
33:55auxquelles je n'assiste pas
33:57bien évidemment
33:58puisqu'il y a des réunions
33:59bilatérales
34:00ou multilatérales
34:01entre versions
34:02de la politique
34:02à l'occasion
34:03de Davos
34:03qui sont en général
34:04assez discrètes
34:05et ne font pas
34:06nécessairement
34:07l'objet
34:07de déclarations
34:09au sortir.
34:11Il y en aura
34:11évidemment
34:12cette semaine.
34:13Et puis,
34:14sinon,
34:15comment ça se passe ?
34:16Ce sont des dizaines,
34:18peut-être plus d'une centaine
34:19de sessions différentes
34:20sur des questions
34:21thématiques.
34:21Et puis à côté,
34:22c'est un peu comme Broadway,
34:23vous avez Broadway
34:24off-Broadway.
34:25Donc,
34:25vous avez Davos,
34:26ce qui se passe
34:26au centre des congrès
34:28et ce qui se passe
34:29en dehors du centre
34:30des congrès.
34:31Vous avez une myriade
34:32en fait
34:32d'organisations
34:33qui sont ici
34:34dans cette station
34:36alpine
34:36et qui organisent
34:37leurs propres événements.
34:38Donc,
34:39vous pouvez passer
34:39d'une discussion
34:41sur la question
34:42de la mise en œuvre
34:43de l'IA
34:44dans les zones émergentes.
34:45Vous faites 50 mètres,
34:47vous rencontrez
34:47quelqu'un d'autre
34:48et vous parlez
34:50de questions environnementales
34:51en Afrique du Sud.
34:52Donc,
34:52c'est extraordinairement varié
34:54même si,
34:55encore une fois,
34:56bien sûr que l'adresse
34:57du président des États-Unis
34:58mercredi
34:58va être sans doute
34:59le point d'orgue
35:01de cette réunion.
35:02Gilles Mouek,
35:03chef économiste du groupe AXA,
35:04vous restez bien sûr
35:05avec nous,
35:06on l'a dit,
35:06sur le plan géopolitique.
35:07Donald Trump a donc menacé
35:09d'imposer des taxes supplémentaires
35:10à 8 pays
35:11si le Groenland
35:12n'est pas cédé
35:13aux États-Unis.
35:14Ce sont le Danemark,
35:14la Finlande,
35:15la France,
35:16l'Allemagne,
35:16les Pays-Bas,
35:17la Suède,
35:18le Royaume-Uni
35:18et la Norvège.
35:19Patricia Elémonière,
35:20tout l'enjeu maintenant
35:21pour les Européens,
35:22c'est de trouver la réponse,
35:24de trouver comment répondre.
35:25Oui, enfin,
35:26les Européens plus le Canada,
35:27d'ailleurs,
35:27je crois en plus,
35:28qui n'est pas concerné
35:29pour l'instant,
35:29mais qui va l'être
35:30puisque lui aussi
35:31avait manifesté sa solidarité
35:33vis-à-vis du Groenland.
35:35Alors,
35:35il y a deux choses.
35:36Est-ce que les Européens
35:37sont fractionnés,
35:39sont divisés,
35:39j'ai envie de dire,
35:40en deux tendances ?
35:41Effectivement,
35:41l'une plus combative
35:42avec Emmanuel Macron
35:44qui menace
35:45d'activer
35:45des mesures
35:48et des outils
35:48dans l'outil
35:50anti-coercition
35:51dont on reparlera
35:52certainement,
35:52qui sont des outils
35:54qui permettent
35:55de prendre
35:56des contre-mesures économiques
35:57très drastiques
35:58vis-à-vis des gens
35:59de la tech,
36:00vis-à-vis de la finance,
36:01vis-à-vis
36:02de certains types
36:02d'entreprises,
36:03vis-à-vis de l'ouverture
36:04de nos marchés.
36:05Ce n'a jamais été fait
36:06envers un partenaire,
36:08en fait,
36:08envers un allié.
36:09Il avait été conçu
36:10vis-à-vis de la Chine
36:11en estimant
36:11que la concurrence
36:13était déloyale.
36:14Là, en l'occurrence,
36:15il serait activé
36:15vis-à-vis des États-Unis
36:17parce que la concurrence
36:18encore serait déloyale.
36:19Alors,
36:20il y a ceux
36:20qui se retrouvent
36:21autour de là,
36:22autour de cette position,
36:24la France en tête
36:25et puis,
36:26il y a ceux
36:26qui sont plutôt
36:27pour la négociation
36:29avec,
36:30qui sont autour
36:30de la présidente
36:31de la Commission européenne,
36:33des pays,
36:34ce qu'on appelle
36:34la ligne de front,
36:35tous les pays
36:36finalement de l'Est,
36:38de l'Europe,
36:39est très exposé
36:40à la Russie
36:41parce qu'eux se disent
36:42si nous l'énervons,
36:44je vous mets entre guillemets,
36:45eh bien,
36:45il va se fâcher,
36:46il va finir
36:47par sortir de l'OTAN
36:49et donc,
36:50le peu de soutien
36:51qu'il nous donne
36:51pour l'Ukraine
36:52partira.
36:53Il faut mieux négocier.
36:54Et donc,
36:55ces deux tendances
36:56s'affrontent
36:56et vont se retrouver
36:58jeudi soir,
36:59c'est-à-dire
37:00après le show
37:00du président américain
37:02qui arrive mercredi
37:02mais qui nous promet
37:03un show
37:04qui pourrait durer
37:05jusqu'à jeudi
37:05sur Davos.
37:08Donc,
37:08là,
37:09les Européens,
37:10avant de se décider,
37:11attendent effectivement
37:12quelle sera
37:13la position définitive
37:15ou pas définitive
37:16parce qu'ils changent
37:17d'avis
37:17assez facilement,
37:19enfin,
37:19la position affirmée
37:20à Davos
37:21du président américain
37:22qui aujourd'hui encore,
37:23il y a deux heures de ça,
37:25a dit qu'il était
37:25hors de question
37:26qu'il recule
37:27sur le Groenland.
37:28Les 27 qui se réuniront,
37:29on le précise jeudi soir,
37:30à Bruxelles.
37:31Vous l'avez dit,
37:32tous les Européens
37:32ne sont pas prêts
37:33à monter au front.
37:34Je vous propose
37:35d'entendre la position
37:35du chancelier allemand
37:36Friedrich Schmerz
37:37qui souhaite rencontrer
37:38Donald Trump
37:39à Davos mercredi.
37:40Il veut éviter,
37:41dit-il,
37:41toute escalade douanière.
37:42Nous ne voulons pas
37:46de cette escalade.
37:47Nous ne voulons pas
37:48d'un conflit commercial
37:49avec les Etats-Unis.
37:51Mais si nous sommes confrontés
37:52à des droits de douane
37:53que nous jugons inappropriés,
37:55nous sommes en mesure
37:56de réagir.
37:57Et c'est précisément
37:58ce dont nous discuterons
37:59jeudi à Bruxelles.
38:02Le chancelier allemand,
38:04Kerstarmer,
38:05le Premier ministre britannique,
38:08dit à peu près la même chose.
38:09Stéphane Vernet lui a dit
38:10qu'une guerre commerciale
38:11n'est dans l'intérêt de personne.
38:13Non, il ne faut pas oublier
38:15qu'en fait,
38:16l'Union européenne
38:17est très excédentaire
38:19en matière de commerce
38:20international avec les Etats-Unis
38:21si vous n'incluyez pas
38:23les services numériques.
38:24En fait,
38:25on est à l'équilibre
38:26du fait des services numériques.
38:28Une escalade,
38:29ça voudrait dire quoi ?
38:30Ça voudrait dire
38:30qu'on prenne nous-mêmes
38:31des mesures de rétorsion,
38:32etc.
38:33On a plus à perdre
38:33que les Américains
38:34sur les produits classiques.
38:36Et est-ce qu'on est en capacité
38:37de bloquer
38:38ou de surtaxer
38:40un certain nombre
38:41de produits numériques ?
38:42Et là,
38:42il y a quand même
38:43un certain nombre de questions
38:44qui se passent.
38:45Je veux dire,
38:46voilà,
38:46on peut couper X
38:47ou Google,
38:48je ne suis pas sûr
38:48que ce soit un gros problème.
38:49Enfin,
38:50il y a un certain nombre
38:51de logiciels
38:51dont on ne peut absolument
38:52pas se passer aujourd'hui.
38:54Donc,
38:54il y a une espèce
38:55de dépendance.
38:55Et je pense qu'on n'aurait pas
38:57intérêt à rentrer
38:58dans un conflit direct
39:00qui ne peut aboutir
39:02qu'à une escalade
39:02et qui peut être problématique
39:04pour nous.
39:05Je vous rappelle aussi,
39:05par exemple,
39:06qu'on est aujourd'hui,
39:06on est assez dépendant
39:07du gaz naturel liquéfié américain
39:11parce qu'on se passe
39:12dessus les Russes.
39:13On a aussi besoin
39:14d'un certain nombre
39:14d'imports.
39:16Si tous ces produits
39:18voient leurs tarifs
39:19se renchérir
39:20de manière assez importante,
39:23ça aura des impacts
39:24très forts
39:25sur l'économie réelle.
39:27Donc,
39:28il y a deux choses
39:29pour l'instant.
39:30Je vous rappelle
39:30qu'il y a eu un accord
39:31qui a été passé
39:32l'année dernière
39:32au mois de juillet
39:33entre l'Union européenne
39:35et les États-Unis
39:36sur les droits de douane
39:37puisque Donald Trump
39:38nous a imposé
39:38une augmentation
39:39de 15%
39:40de droits de douane
39:41de manière unilatérale
39:42à laquelle finalement
39:43on a décidé
39:43de ne pas réagir.
39:45Donc,
39:45cet accord-là,
39:45il doit être ratifié
39:46par le Parlement européen.
39:48Il ne le sera pas.
39:49C'est-à-dire qu'on a
39:50Manfred Weber
39:50qui est patron du PPE.
39:51C'est le principal groupe,
39:53le plus gros groupe
39:54au sein du Parlement
39:56qui dit
39:56puisque c'est comme ça,
39:58niaite.
39:59Donc,
39:59déjà,
39:59ça,
40:00c'est aussi
40:00une forme de réaction.
40:03Par contre,
40:03aller jusqu'à
40:04l'activation
40:05du mécanisme
40:07anti-coercition
40:09qui ne date
40:10que de 2023
40:11qui n'a jamais été
40:12mis en œuvre,
40:13là,
40:14je pense que ça va être
40:14beaucoup plus compliqué
40:15et je ne suis pas sûr
40:16qu'on obtienne,
40:17qu'on arrive à avoir
40:19une majorité qualifiée
40:20au niveau du Conseil européen
40:21pour prendre cette décision-là
40:24parce que,
40:24encore une fois,
40:25je ne suis pas certain
40:26que tous les pays
40:27de l'Union européenne
40:28aient intérêt
40:29à rentrer
40:30dans un bras de fer
40:31direct,
40:31une surenchère,
40:32une escalade
40:32avec les États-Unis.
40:34Ça nous renvoie,
40:34Jonathan Boucher-Petterson,
40:35toujours à cette position
40:36difficile pour les Européens.
40:38En clair,
40:38on n'a plus vraiment
40:39le soutien des États-Unis
40:41et en même temps,
40:42on a besoin de...
40:42Non,
40:43mais peut-être que ce qu'il faut
40:43qu'on cherche,
40:44pour moi,
40:44le soutien,
40:45c'est le respect,
40:45en fait,
40:46au bout d'un moment.
40:46Je pense que c'est...
40:47Et je suis tout à fait d'accord
40:48factuellement
40:49avec ce qui est dit
40:49par Swan Verne
40:51sur le détail
40:51de ce que ça peut générer,
40:52notamment la dépendance numérique
40:53qui est une vraie question.
40:55Mais au bout d'un moment,
40:55il faut aussi prendre acte
40:57de l'acteur
41:04On s'est rendu compte
41:04qu'à chaque fois
41:05qu'on a courbé les Chines,
41:06souvent avec la question ukrainienne
41:07en ligne de mire,
41:08en se disant
41:09« On ne va pas le braquer,
41:10il faut trouver un équilibre,
41:11ça doit rester un partenaire,
41:12même si ce n'est plus
41:13complètement un allié. »
41:14Mais ça n'empêche
41:15qu'on a le sentiment
41:15que Donald Trump
41:16ne respecte les acteurs
41:18qui lui parlent fort.
41:20Donc il faut que l'Europe
41:20aussi assume sa puissance
41:22qui est aussi une réalité.
41:23Parce que certes,
41:24il y a une dépendance,
41:25mais on est aussi
41:25le marché le plus prospère
41:27du monde
41:27pour l'ensemble
41:28des grandes entreprises américaines.
41:30On est un lieu
41:30de profit majeur
41:32pour un certain nombre
41:32de très grands acteurs
41:34de l'économie américaine.
41:35Donc voilà,
41:35je pense que c'est très difficile
41:37et c'est pour ça
41:37que c'est un moment
41:38un peu historique.
41:39C'est qu'on a bien vu
41:40que les 25% de droits de douane
41:41négociés par Ursula von der Leyen
41:43avaient déjà quand même
41:45été considérés
41:45comme un petit genou à terre,
41:47voire un gros genou à terre.
41:49Là, on se rend compte
41:50que ça ne rend pas
41:50Donald Trump plus souple,
41:52ça le rend encore plus confortable
41:53pour rentrer dedans.
41:54Et comme il y a
41:55une consubstantialité
41:56qui est nouvelle
41:56entre business,
41:58diplôme,
41:58enfin nouvelle,
41:58qui est particulièrement exacerbé
42:00et particulièrement décomplexé
42:01entre business et diplomatie,
42:04malheureusement,
42:04tout ça se mêle.
42:05Et à la fin,
42:06c'est vrai qu'il y a
42:06la vie quotidienne des gens.
42:08Mais c'est une question
42:08qu'on doit tous se poser
42:09individuellement
42:10quand on est heurté
42:11par le leader
42:12qui est Donald Trump
42:13en termes de valeurs,
42:13en termes de tout ce qu'on veut
42:15déstabilisateur.
42:16C'est qu'est-ce qu'on est prêt
42:17à accepter
42:18au-delà de brandir nos valeurs
42:20en disant
42:20on n'a pas les mêmes.
42:21Parce que c'est vrai
42:22que c'est un discours
42:22qu'on entend beaucoup
42:23en ce moment, Bruno Cotteres,
42:25de dire pourquoi finalement
42:26on ne parle pas aussi fort que lui,
42:27pourquoi on ne répond pas plus
42:28exactement ?
42:30Oui, alors il faut rappeler
42:30que le thème officiel
42:32de ce sommet de Davos
42:33cette année,
42:33c'est un esprit de dialogue.
42:37Donc on va voir effectivement
42:38mercredi,
42:39a spirit of dialogue,
42:40si c'est vraiment
42:40ce qui va se passer.
42:42Mais ce qui est vraiment
42:43intéressant,
42:43c'est qu'effectivement,
42:44ça donne un sentiment
42:46aujourd'hui pour les Européens.
42:48C'est profondément contradictoire,
42:50presque dialectique,
42:51si je puis dire.
42:53D'un côté,
42:53on a cette spirale
42:55de confiance en lui-même
42:56de Trump
42:57qui peut donner le sentiment
42:58qu'il est en roue libre.
42:59En fait,
42:59il n'est pas du tout en roue libre,
43:00il est extrêmement rationnel
43:01dans ce qu'il fait.
43:04Et cette affirmation
43:05de la puissance américaine
43:07qui peut donner le sentiment
43:08d'être en roue libre,
43:09de tout se permettre,
43:11oblige les Européens
43:12à s'affirmer.
43:12Mais en s'affirmant,
43:13les Européens montrent
43:14leur division,
43:14montrent leur faiblesse,
43:15le chemin très important
43:17qu'il nous reste à parcourir
43:18sur un thème qui est cher
43:19à Emmanuel Macron,
43:20vraiment,
43:20qui est celui de la souveraineté
43:22européenne,
43:22avec des opinions publiques
43:24qui regardent ça
43:24en se disant
43:25mais au fond,
43:25qui nous sommes aujourd'hui ?
43:27On est affaibli,
43:28on n'est pas puissant.
43:29C'est vrai que quand on regarde
43:30les différents dossiers
43:31sur le front commercial,
43:33géostratégique,
43:34sur le front militaire,
43:37on a une relative
43:38difficulté d'affirmation
43:40quand même européenne.
43:42Et donc,
43:42c'est vraiment ça
43:43qui va être intéressant.
43:45Pour le moment,
43:45le président américain
43:46continue dans son couloir.
43:48Il est extrêmement rationnel
43:50et il joue une partie,
43:52une gigantesque partie
43:52de poker avec nous.
43:54Votre point de vue,
43:55Gilles Mouek,
43:55chef économiste du groupe AXA
43:56qui est toujours avec nous
43:58sur cette réponse européenne
44:00d'un point de vue
44:00peut-être justement économique ?
44:02Justement,
44:04là,
44:04vous avez parlé
44:05de la réponse européenne,
44:06mais il y a aussi
44:06une dynamique
44:07américaine
44:08à prendre en compte.
44:10Et là,
44:10les choses sont en train
44:11peut-être de changer
44:12un petit peu.
44:13La confiance des ménages
44:14est en fait assez dégradée
44:16aux États-Unis,
44:17avec des ménages
44:18qui ont en fait pris très mal
44:19le surcroît d'inflation
44:20que les tarifs
44:21ont déjà engendré,
44:23même si ça n'a pas été massif.
44:25On a un ralentissement
44:26des créations d'emplois
44:27qui ajoutent
44:27à cette nervosité
44:29des ménages américains.
44:30Et du côté du Congrès,
44:32on commence à avoir
44:33une certaine difficulté
44:34en fait
44:34de l'administration américaine
44:36à obtenir ce qu'elle veut.
44:37Je rappelle qu'il y a eu
44:38un vote au Sénat
44:39la semaine dernière
44:40empêchant en fait
44:42la poursuite
44:42d'opérations militaires
44:43au Venezuela.
44:44Il s'est quand même
44:44trouvé trois sénateurs
44:45républicains
44:46pour voter avec les démocrates
44:47sur cette question-là.
44:48Donc on sent que
44:49les choses se fissurent
44:50quand même un tout petit peu
44:51autour de ce qui a été
44:52jusqu'à présent
44:53une approche,
44:54c'est vrai,
44:54assez monolithique
44:55du système politique américain.
44:58Et puis nous n'oublions pas
44:59non plus
44:59la Cour suprême
45:00qui doit peut-être
45:02dans la semaine
45:03délivrer son verdict
45:05sur la possibilité
45:06en fait même
45:06pour le président
45:07des États-Unis
45:08d'utiliser
45:09en fait cette législation
45:11des pouvoirs d'urgence
45:12pour imposer
45:14des tarifs douaniers.
45:16Donc il y a une dynamique
45:17américaine
45:17qui à mon avis
45:18me paraît assez différente
45:20et plus complexe
45:21que celle
45:21avec laquelle
45:22on a dû vivre
45:23au printemps
45:24en 2025.
45:25C'est intéressant
45:25Patricia Allé-Moinière
45:26ce que disait Gilles Mouet
45:27qu'il n'y a pas de certitude
45:28d'un point de vue
45:29effectivement légal
45:30pour l'instant
45:30de base légale
45:31qu'effectivement
45:31Donald Trump
45:32puisse infliger
45:33ses droits de douane.
45:34Oui, la Cour suprême
45:35peut se prononcer contre
45:36mais on lui fait confiance
45:37pour trouver un autre stratagème
45:38pour revenir par la petite porte
45:40ou une autre grande porte.
45:41Il est à ce niveau-là
45:43il a ses équipes
45:43qui travaillent
45:44et il est déterminé
45:45sur cette question
45:46effectivement
45:46des droits de douane.
45:48Il y a deux choses
45:50qu'il faut prendre en compte.
45:51Pour l'instant
45:51les Américains
45:5270% ne sont pas
45:53pour cette annexion.
45:54D'accord ?
45:56Et la question
45:56qu'on se pose aujourd'hui
45:57c'est faut-il lui résister ?
45:58L'annexion du Groenland.
45:59L'annexion du Groenland.
46:00La question qui se pose
46:01c'est faut-il lui résister
46:02ou pas ?
46:03Et en a-t-on les moyens ?
46:04C'est la seule vraie question
46:05qui se pose.
46:05Alors on se dit
46:06regardez les Américains
46:07ne le soutiennent pas.
46:08Oui, en fait
46:09ils ne le soutenaient pas
46:09pour les frappes sur l'Iran
46:11et le lendemain des frappes
46:12comme ça avait marché
46:13ils étaient tous
46:14à 70% pour
46:16en disant que c'était
46:16au mois de juin dernier
46:18ils étaient tous
46:18à 70%
46:19enfin pratiquement favorables
46:21en tout cas
46:22ils ne s'opposaient plus
46:23à ce niveau-là
46:25à l'action menée en Iran.
46:27Autre point
46:28c'est que je crois
46:29que Donald Trump
46:30lui il a comme idée
46:31le 4 juillet
46:32qu'est-ce qui se passe
46:33le 4 juillet de cette année ?
46:34Eh bien c'est l'anniversaire
46:35de la création des Etats-Unis
46:37alors pourquoi il nous met
46:38le mois de juin
46:39en disant
46:39je vous augmente maintenant
46:40de temps
46:41et puis après
46:41je vous augmente
46:42bientôt de temps ?
46:43c'est parce qu'il veut réussir
46:45son coup
46:45avant le 4 juillet
46:47et pour être
46:48le seul président
46:49des Etats-Unis
46:50qui au 21ème siècle
46:52et au 20ème
46:52a mis une nouvelle étoile
46:55sur le drapeau américain
46:57et une nouvelle étoile
46:59ne veut pas bien dire
47:00une deuxième étoile
47:01après
47:01parce qu'une fois qu'il a
47:02ça veut dire un nouvel état
47:03un nouvel état
47:04et ça sera le plus grand état
47:05même supérieur
47:07aux états acquis
47:08au 19ème siècle
47:10où il y avait acheté
47:11au Mexique
47:12une partie étonnante
47:14je ne parle même pas
47:14de la Louisiane
47:15à la France
47:15une partie étonnante
47:16du territoire mexicain
47:19et puis plus tard
47:20au russe
47:20de l'Alaska
47:21donc il veut être
47:22ce président là
47:22et donc
47:23le 4 juillet
47:24est aussi dans la ligne de mire
47:26on a tendance à l'oublier
47:27Est-ce que les Etats-Unis
47:28craignent justement
47:28une réponse des Européens
47:30on peut se poser la question
47:31le secrétaire d'Etat américain
47:32au Trésor
47:32Scott Besson
47:33tout à l'heure
47:33on a remis une couche
47:35en quelque sorte
47:35en affirmant
47:36que des mesures
47:37de rétorsion douanière
47:39de la part de l'Union Européenne
47:40seraient
47:40je cite
47:41très mal avisées
47:42ça veut dire quoi
47:43il essaie de mettre
47:43la pression Patricia
47:44sur les Européens
47:45On l'a répété
47:48autour de ce plateau
47:49Donald Trump
47:51et son équipe
47:51parce que son équipe
47:52partage son idéologie
47:54et partage sa vision du monde
47:55en tout cas
47:55elle est là pour le servir
47:56à l'inverse de Trump
47:58effectivement
47:59ça rentre pour faire pression
48:01en disant
48:01il ne cédera pas
48:02et j'ai tendance
48:04à penser
48:05qu'il ne cédera pas
48:06sauf
48:07si les marchés financiers
48:08devaient dévisser
48:09aux Etats-Unis
48:10il n'y a que ça
48:11qui le fera reculer
48:12la Chine avait les moyens
48:13d'imposer sa force
48:14nous étant divisés
48:16nous n'avons pas
48:17un parti unique
48:17qui gouverne l'Europe
48:18jusqu'à présent
48:19donc ça sera
48:20que les marchés financiers
48:21Avec la méthode
48:22Donald Trump
48:23Jonathan Boucher-Peterson
48:24on a le sentiment
48:25que c'est un peu
48:25toujours la même
48:26c'est-à-dire une volonté
48:27de conquête
48:28en l'occurrence
48:28ici celle d'un territoire
48:29le Groenland
48:30au mépris
48:31en tout cas
48:32en faisant fi
48:32des règles internationales
48:34de ce que pensent
48:35ou de ce que veulent
48:36les autres pays
48:36je pense qu'on a bien compris
48:37au bout d'un an
48:39après ce qui est plus difficile
48:40c'est pas tant de comprendre
48:41ce à quoi on a affaire
48:43que de savoir
48:44qu'on ne peut pas rester
48:45comme un lapin dans les phares
48:46et comme on est face
48:47à quelqu'un
48:48qui est dans la stratégie
48:49du choc-contre-choc
48:50permanent
48:51c'est vrai que c'est
48:52très difficile
48:52d'avoir de la
48:53consistance
48:55ou de la cohérence
48:56ou de la constance
48:56face à lui
48:57qui d'un jour à l'autre
48:58peut varier
48:59mais il y a quand même
48:59des lignes de c'est tout
49:00sauf un hurle berlu
49:01dans l'objectif final
49:02et la stratégie
49:03c'est la bouffonnerie
49:05ou l'ultra-violence
49:06dans la forme
49:07et en même temps
49:08des lignes de force
49:10des lignes de direction
49:11qui sont quand même
49:12très claires
49:13qui s'affirment
49:14mois après mois
49:15qui sont aussi
49:15le fruit d'une stratégie
49:16qui ne concerne pas
49:18que le cerveau
49:19parfois un peu complexe
49:20de Donald Trump
49:21mais qui charrie aussi
49:22des écoles de pensée
49:23très fortes
49:24aux Etats-Unis
49:25mais de l'autre côté
49:26en fait
49:27je trouve que c'est
49:29très intéressant
49:29de rappeler
49:29ce côté mégalo aussi
49:31de vouloir être
49:32le premier qui
49:32ça je pense que c'est
49:34on ne peut jamais
49:34le minorer
49:35comme le principal moteur
49:37de Donald Trump
49:38mais de l'autre côté
49:39pour l'Europe
49:39on est confronté
49:40à quelque chose
49:41d'existentiel
49:41en fait
49:42c'est que l'Union Européenne
49:43c'est au-delà
49:44d'être un marché
49:45c'est deux choses
49:46c'est le droit des peuples
49:47à disposer d'eux-mêmes
49:48et c'est la garantie
49:49de l'intégrité
49:49territoriale
49:51de chacun de ses membres
49:52donc c'est vrai
49:53que là ça se pose
49:54par quelque chose
49:55qui n'est pas totalement
49:56au cœur de la conscience
49:57de tous les Européens
49:57c'est-à-dire dire
49:58que l'intégrité
49:59du territoire européen
50:01se joue par le Groenland
50:02qui lui-même
50:03a un statut particulier
50:04dans la façon
50:05d'exister
50:06dans l'Union Européenne
50:07mais il n'empêche
50:08on est sur quelque chose
50:08qui est absolument fondamental
50:10donc c'est pas
50:11est-ce qu'on est prêt
50:12à faire la guerre
50:13aux Etats-Unis
50:13pour le Groenland
50:14c'est pas comme ça
50:15que la question se pose
50:15c'est que voilà
50:16quand l'Europe
50:17est titillée
50:18on pensait que ce serait Poutine
50:19qui viendrait tester
50:20les limites de l'Union Européenne
50:21de façon concrète
50:22là ça va être Donald Trump
50:23on est exactement
50:24dans le même genre
50:25de situation
50:26donc on ne peut pas
50:26faire les gros yeux d'un côté
50:27et être totalement
50:29passif de l'autre
50:30mais encore une fois
50:31on revient à ce qu'on disait
50:31tout à l'heure
50:32notre vie quotidienne
50:33risque de s'en trouver
50:34très largement modifiée
50:35Et Volodymyr Zelensky
50:36lui va venir aussi
50:37à Davos en Suisse
50:38pour ce forum économique mondial
50:40on le rappelle
50:40Stéphane Vernet
50:41il va être aussi
50:41beaucoup question de l'Ukraine
50:42cette semaine
50:43Oui mais enfin
50:44moi je peux peut-être
50:45rebondir sur ce qu'on va dire
50:46Jonathan Boucher-Pétarsen
50:48moi je suis complètement d'accord
50:49en fait on ne peut pas
50:50rester sans rien faire
50:51le problème c'est que
50:52la problématique
50:53de Donald Trump
50:54c'est la même
50:55que Vladimir Poutine
50:56on s'inscrit dans
50:57des rapports de force
50:58si vous manifestez pas
51:01au moins une détermination
51:02et des actions
51:04particulièrement concrètes
51:06enfin voilà
51:06vous n'avez pas les moyens
51:09d'organiser une riposte
51:11il n'y a pas de raison
51:11qu'il s'arrête
51:12donc moi je suis
51:13j'entends Patricia
51:15dire à juste titre
51:16qu'il cherche à mettre
51:17une 51ème étoile
51:18sur le drapeau américain
51:20mais s'il y arrive
51:20c'est quoi après
51:21la 52ème étoile
51:22c'est le Canada
51:23et on s'arrête où
51:24enfin je veux dire
51:25donc il y a un moment
51:26effectivement
51:27il va falloir trouver
51:28une solution
51:29et je partage complètement
51:31ce qu'a dit votre intervenant
51:32dont j'ai oublié le nom
51:33je suis désolé
51:33mais moi je pense
51:35que la solution
51:36en fait en réalité
51:37je pense que
51:38ce sont les américains
51:39qui vont nous sauver
51:40en fait
51:40je suis désolé
51:42mais il me semble que
51:43je vous rappelle
51:44que c'est quand même
51:45une très grande démocratie
51:47et que en fait
51:48je pense que les américains
51:50à un moment
51:51ont la capacité
51:52de mettre un terme
51:56au délire expansionniste
51:59je ne sais pas
52:00comment les qualifier
52:01au mid-term
52:01oui
52:01s'ils peuvent voter
52:02si les mid-term ont lieu
52:04alors c'est ça la question
52:06est-ce qu'il va laisser
52:08est-ce qu'il a dit
52:09qu'il ne voulait pas
52:10d'élection
52:10oui effectivement
52:13et pour Jean
52:14ce qui vient d'être dit
52:15effectivement
52:16il faut réagir
52:17évidemment
52:18mais dans un contexte
52:19où les opions
52:20par rapport à cette affirmation
52:21européenne
52:22elles sont un peu ambiguës
52:23on voit l'image
52:24de l'Union Européenne
52:25qui s'est améliorée
52:26dans l'opion
52:27la confiance
52:27dans l'Union Européenne
52:28s'est améliorée
52:29mais les grandes questions
52:30quand même sur
52:31est-ce qu'on veut
52:31davantage de transferts
52:33de souveraineté
52:33est-ce qu'on veut
52:34une Europe
52:35qui monte en puissance
52:37etc.
52:38sont elles-mêmes
52:38perçues de manière
52:39assez compliquée
52:41il n'y a pas
52:41il n'y a pas non plus
52:43de grand engouement
52:44dans les opinions publiques
52:45pour un énorme pas
52:46supplémentaire
52:47d'intégration européenne
52:49si ce n'est
52:49sur certains segments
52:50comme par exemple
52:51la défense
52:52voilà
52:53et donc il y a là
52:53quelque chose
52:54qui effectivement
52:54nous pose un défi
52:55mais dans un contexte
52:57où les opinions publiques
52:58elles-mêmes
52:59ne sont pas totalement homogènes
53:00on n'est pas
53:00les Etats-Unis d'Europe
53:01et ce sera le mot de la fin
53:03ce soir dans les informes
53:04mais les Etats-Unis
53:04sont moins homogènes
53:05que ce qu'on veut bien voir
53:06d'ici aussi
53:06voilà puisque vous reprenez
53:07la parole
53:08Jonathan Boucher-Peterson
53:09est-ce que vous avez
53:10la une de libération ?
53:12c'est complètement merdé
53:13ah là là
53:13est-ce que Stéphane Vernet
53:14à celle de West France
53:15le disponible ?
53:16oui c'est le gouvernement
53:17renonce à voter le budget 2026
53:20voilà avec on le rappelle
53:21le passage demain
53:22avec le 49 froid
53:24c'était des ordonnances
53:24il y a beaucoup de budget
53:25dans le journal
53:26mais je crois qu'on est encore
53:27sur Donald Trump
53:27qui nous a bien occupé ce soir
53:28bon on vérifiera tout ça
53:30Bruno Cotteret
53:31c'est lecture du côté du Cébipof
53:32oui une très belle note d'analyse
53:34de Luc Rouman
53:35mon collègue du Cébipof
53:37qui se demande
53:38si la normalisation
53:39du rassemblement national
53:40devra passer par l'effacement
53:42de Marine Le Pen
53:42voilà à dire
53:43sur le Cébipof
53:45merci Patricia Alémonière
53:46qu'est-ce que vous nous conseillez
53:47comme lecture
53:48c'est votre tour
53:49j'en ai trop
53:49alors la liste serait trop longue
53:50c'est une émission
53:51voilà on vous réinvitera
53:53merci beaucoup Patricia
53:54merci à tous ceux
53:55qui ont réalisé
53:56et préparé cette émission
53:58les informés
53:58reviennent bien évidemment
53:59demain matin à 9h
54:01très bonne soirée
54:01sur France Info
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