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  • il y a 2 mois
Ce lundi 22 décembre, Claire Dissaux, responsable des études macroéconomiques du Groupe AXA, a abordé les conséquences d'une loi spéciale sur le budget français pour le marché obligataire, les taux de la Banque du Japon relevés à 0,75 %, et la révision des prévisions de croissance pour l'Allemagne, dans l'émission BFM Bourse présentée par Guillaume Paul. BFM Bourse est à voir ou écouter du lundi au vendredi sur BFM Business.

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Transcription
00:00BFM Bourse, l'écho du monde.
00:03L'écho du monde, parce qu'il se passe beaucoup de choses sur la planète finance comme tous les jours.
00:07On est avec Claire Dissot qui est avec nous au téléphone.
00:10Bonjour Claire, merci beaucoup.
00:11Merci d'être avec nous au téléphone, responsable des études macroéconomiques du groupe AXA.
00:16Merci d'être avec nous quelques instants sur BFM Business.
00:18On en parlait, on parlait un petit peu de la France tout à l'heure.
00:21On se dirige ce soir vers une loi spéciale en lieu et place d'un budget.
00:26Pour la deuxième année consécutive, il n'y aura pas de budget voté dans les règles par le Parlement.
00:32La question c'est de savoir si tout ça peut avoir des implications sur le marché obligataire, sur l'économie.
00:38Ou est-ce que tout ça est déjà acté par les marchés ?
00:40Comment est-ce que vous regardez ça vous Claire aujourd'hui ?
00:43Bonjour Guillaume, oui, toujours pas de budget.
00:45Par contre un budget de la sécurité sociale.
00:49On peut opérer sans budget tout en prolongeant le budget de 2025.
00:54Ça veut dire que les dépenses sont les mêmes et que pour les recettes, on pourra collecter l'impôt.
01:00Et ce qui est important, c'est qu'on fera un économie puisqu'on ne revalorise pas les seuils d'imposition avec l'inflation pour l'impôt sur le revenu par exemple.
01:10Et qu'il n'y a pas de nouvelles dépenses engagées.
01:11Donc l'impact pour les marchés obligataires, c'est un dérapage mais très contrôlé du déficit pour le court terme.
01:18On met à peu près à 5,4% de déficit cette année en pourcentage du PIB.
01:22Ce serait aux alentours de 5,5% en 2026 si on opère avec cette loi spéciale.
01:30Simplement, c'est très négatif sur le long terme puisqu'on ne peut pas faire d'efforts de réduction du déficit qui sont très nécessaires.
01:38Donc il n'y a pas de hausse de la fiscalité.
01:40Et aussi d'un point de vue aussi important pour les risques géopolitiques, on ne peut pas engager de nouvelles dépenses comme des dépenses militaires.
01:47Donc c'est une situation qui ne peut pas durer plus de quelques mois au premier trimestre 2026.
01:51Alors on rappelle que ça a duré 6 semaines, Claire, si je ne me trompe pas, en début d'année 2025.
01:58Oui, là effectivement, on voit qu'il y a des discussions en vue d'essayer de trouver un accord rapidement d'ici les premières semaines de l'année 2026.
02:06Est-ce que vous craignez ? C'est la question qu'on se pose vraiment.
02:08Est-ce que pour vous, quand on voit le niveau du 10 ans français, on le rappelait, on est à 3,62.
02:12Est-ce que toute cette agitation vous paraît, c'est déjà intégré dans les cours finalement sur le 10 ans français ?
02:18Pas complètement, si l'on regarde l'écart avec le taux allemand, on est vraiment à un écart de 71 points de base.
02:25Donc cet écart s'est rétréci au cours des dernières semaines.
02:28Effectivement, c'est d'abord parce qu'il n'y a pas d'élection en France, donc ni l'élection anticipée législative, ni encore la perspective des élections présidentielles de 2027.
02:38Donc les marchés sont un peu moins inquiets.
02:39Malgré tout, c'est une vision à court terme, puisqu'entre-temps, nous n'avons pas encore résolu notre problème de déficit budgétaire,
02:47parce qu'il y a une crise politique avant d'avoir une crise budgétaire.
02:51Donc c'est plus le résultat, un, le fait de ne pas avoir d'élection, et deux, le fait que les taux allemands s'y décalent.
02:58Donc l'écart est assez stable, voire même en force.
03:02Pour l'instant, effectivement, l'écart entre les taux allemands et français se stabilise.
03:06Il y a effectivement, ça fait partie des actus du jour, ça a été une des curiosités du week-end,
03:10le Japon, la Banque centrale du Japon, qui a monté ses taux vendredi, samedi dernier, pardon.
03:18Ce qui les porte à 0,75%.
03:19Oui, c'était vendredi, pardon.
03:21Ce qui les porte aujourd'hui à 0,75%, et on rappelait effectivement qu'on n'avait pas vu des taux aussi élevés depuis 1995.
03:28Déjà, qu'est-ce qui a poussé la Banque du Japon, qu'on a connue beaucoup plus généreuse par le passé, à augmenter ses taux d'intérêt, Claire ?
03:35La Banque du Japon est plutôt en retard sur la hausse des taux d'intérêt.
03:39Donc elle est dans cette politique de normalisation de la politique monétaire,
03:43puisque l'inflation a déjà atteint sa cible, les anticipations de l'inflation sont bien au-delà.
03:48Donc il s'agit vraiment de sortir des politiques d'Abbé, du gouvernement d'Abbé,
03:53qui avaient à la fois une politique monétaire accommodante et une politique budgétaire expansionniste,
03:58et qui cherchaient à faire décoller l'inflation.
04:00Maintenant, cet objectif a été atteint, et on a bien enclenché une boucle prix-sélaire,
04:06et la Banque centrale, maintenant, doit essayer de juguler l'inflation.
04:09Elle a dû s'assurer du soutien du gouvernement pour cette hausse de taux,
04:13donc les hausses des taux sont trop lentes pour le marché,
04:15et les perspectives de hausse, même s'il y en a encore en 2026,
04:19n'ont pas été jugées suffisantes par le marché, qui a fait tomber encore plus le Yen.
04:24Donc on a ce cercle vicieux entre une hausse de taux de la DOJ qui est un peu réticente,
04:29et du coup qui continue d'alimenter une baisse du taux de change,
04:33tout en alimentant aussi la hausse des taux longs.
04:35Donc on est en plein cercle vicieux.
04:38Vous restez avec nous, Claire. Oui, Antoine, vous voulez dire un mot ?
04:40Oui, juste une actualité qui nous ramène en Europe.
04:44On attendait depuis des mois et des mois quand même un impact probant
04:49de l'adoption de mesures budgétaires volontaristes de la part de l'Allemagne.
04:54On a eu d'ailleurs les chiffres du Trésor allemand,
04:57qui nous promet un petit peu plus de 500 milliards d'émissions de dettes l'année prochaine.
05:03Mais ça commence à se lire dans les chiffres de croissance.
05:05La Bundesbank a relevé ses prévisions de croissance.
05:08Sur la prévision allemande, la Bundesbank est à 0,6% pour l'année prochaine.
05:15Donc oui, elle prend acte du stimulus budgétaire.
05:19L'impact va simplement être un peu long à se mettre en œuvre,
05:22selon la Bundesbank, à partir du milieu de 2026 et surtout en 2027.
05:27Donc en fait, elle est en dessous du consensus de marché pour la prévision 2026.
05:31Le consensus est aux alentours de 1% pour la croissance du PIB.
05:34Et la Banque centrale allemande plutôt à 0,6%.
05:37Et 1,3% en 2027.
05:39Donc c'est vrai que c'est le facteur important pour la zone euro l'année prochaine.
05:43C'est ce stimulus allemand qui passe par l'investissement,
05:47qui va tirer aussi la consommation.
05:49Et la France risque d'être un peu en retard sur cette accélération de la croissance,
05:53étant donné des incertitudes politiques et budgétaires.
05:56Oui, et puis il y a l'autre fait que l'Allemagne va revenir,
05:58on le rappelle clair, sur le marché de la dette en 2026.
06:01Ça aussi, ça va poser des problèmes à la France.
06:02C'est un facteur qu'on a en tête forcément.
06:05Grosse émission, effectivement.
06:07Ça sera un des grands sujets de l'année 2026 dans la zone euro en France notamment.
06:12Merci beaucoup Claire, merci d'avoir été avec nous.
06:14Claire Dissot, responsable des études macroéconomiques du groupe AXA,
06:18avec nous sur BFM Business.
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