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  • il y a 2 semaines
Ce mardi 24 février, Gilles Moëc, chef économiste du Groupe AXA, a abordé l'amélioration de la confiance des ménages aux USA, et l'éventualité d'une conséquence des inquiétudes sur le crédit privé avec la pression sur les taux, dans l'émission BFM Bourse présentée par Antoine Larigaudrie. BFM Bourse est à voir ou écouter du lundi au vendredi sur BFM Business.

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Transcription
00:00BFM Bourse, l'écho du monde.
00:04Oui, parce que là, encore une fois, les biais, l'IA, la destruction,
00:09il y a aussi des fondamentaux économiques,
00:11et les fondamentaux économiques qui nous amènent immanquablement du côté des Etats-Unis.
00:14Bien sûr, Gilles Mouèque du groupe AXA, bonjour.
00:17On avait des chiffres importants, des chiffres qu'il ne fallait pas perdre de vue cet après-midi,
00:23notamment du côté de l'immobilier et de la confiance des consommateurs américains.
00:28On a un discours sur l'état de l'Union ce soir, de la part de Donald Trump.
00:32On a des midterms qui commencent à se rapprocher.
00:35Donc, on a vraiment l'œil sur ces deux indicateurs.
00:37Qu'est-ce qu'il nous disait ?
00:39Alors, ce qu'il nous dit sur l'immobilier, c'est qu'on a une croissance des prix de l
00:44'immobilier aux Etats-Unis
00:45qui reste quand même très limitée.
00:47Si on prend un indicateur S&P, on est à peine au-dessus de 1% sur un an.
00:52Alors, c'est mieux qu'une contraction, bien évidemment.
00:55Mais ça veut dire qu'on a des prix de l'immobilier dont la valeur réelle,
00:59c'est-à-dire déflatée par l'inflation courante, est toujours en baisse.
01:04Et ça, on peut le relier à une espèce de situation de paralysie du marché immobilier américain
01:10lié au fait que même si depuis quelques mois, le taux des emprunts à 30 ans,
01:18qui sont liés à des emprunts de base aux Etats-Unis, ont eu une tendance à se réduire.
01:21On est toujours au-dessus de 6%.
01:23Donc, on a toujours beaucoup de gens qui hésitent à déménager,
01:27qui hésitent à changer de logement simplement parce qu'ils perdraient le bénéfice
01:30de leurs anciens emprunts immobiliers à très bas taux.
01:37Donc, il ne se passe pas grand-chose sur cette fraction quand même importante
01:42de l'économie américaine depuis longtemps.
01:44Et sur la confiance des ménages, et là, c'est l'indice Conference Board,
01:48il y en a plusieurs, on a un petit redémarrage au mois de février,
01:52alors qu'on avait eu un très mauvais chiffre pour le mois de janvier,
01:54donc ça, c'est plutôt rassurant.
01:56Mais on est toujours, là aussi, dans des basaux, puisqu'on est toujours en deçà
02:00du niveau qui avait été atteint au mois de décembre,
02:03et on est à peu près à 10 points en deçà du niveau que l'on avait
02:07à la même période de l'année dernière.
02:09Et vous parliez du discours sur l'état de l'Union,
02:11eh bien, c'est un discours qui va intervenir à un moment où les ménages américains
02:16sont assez grincheux, si je peux utiliser cette expression.
02:21Ils sont grincheux alors même que les chiffres de PIB,
02:24même si le T4 est un peu déçu, sont relativement bons,
02:28mais grincheux parce qu'on a un marché du travail qui est, en fait,
02:31là aussi, assez paralysé, assez éteint,
02:34pas beaucoup d'essentiements, mais pas beaucoup d'embauches non plus,
02:37un marché de l'immobilier assez encalminé,
02:40et toujours une inflation qui reste supérieure à l'objectif de la Fed,
02:46qui interdit donc, en tout cas, à court terme, des baisses de taux.
02:49Donc, voilà, le président aura du père sur la planche
02:52dans son discours de l'Union.
02:54Alors, on a vu ces dernières heures aussi, du côté des taux,
02:58là, je parle des taux 10 ans, toujours question de taux, de toute manière,
03:02les taux 10 ans, avec une vraie correction,
03:06ces dernières heures, notamment, c'était en fin de séance hier,
03:09et puis ça continue, on a la pression à la baisse.
03:11Est-ce qu'on peut y voir une forme de « flight to quality »
03:15ou peut-être une sorte de réaction un peu épidermique
03:18à tous les problèmes qu'on commence à anticiper du côté du crédit privé
03:22aux États-Unis, particulièrement celui qui est exposé à l'IA ?
03:26Alors, peut-être une explication, au-delà du crédit privé,
03:30je pense que si on a un marché equity qui est plus évitant,
03:34depuis maintenant que temps, avec cette notion de disruption
03:39liée à la témoins officielle, c'est intéressant de voir
03:42comment la thématique a bougé, c'est-à-dire qu'on est parti
03:44d'une thématique presque exclusivement positive,
03:48se consacrant, se focalisant sur les effets bénéfiques,
03:52sur la profitabilité de l'IA.
03:54Et là, depuis quelques semaines, on se focalise sur l'aspect disruption.
03:58Et l'Inde ne va pas s'enlouer.
04:00Je ne vais pas faire, mais il y a aussi mon grain chaud.
04:03Mais relisons tous Schumpeter, il y a un concept intéressant
04:06qui est celui de la destruction créatrice.
04:09Il ne peut pas y avoir de gain de productivité,
04:12il ne peut pas y avoir d'innovation technologique,
04:14il ne peut pas y avoir de poche de profitabilité forte
04:17si, en même temps, on n'a pas des secteurs, des industries,
04:20des entreprises qui souffrent et qui en payent le prix.
04:23J'ai l'impression que le marché est un pan en train de découvrir
04:27ce deuxième pan de l'impact de l'innovation technologique.
04:33Et donc, comme on ne sait pas très bien ce qui se passe,
04:36effectivement, on se réfugie dans des valeurs plus sécures,
04:40dont les obligations d'État à long terme.
04:43Mais je ferais remarquer que, même si ça a rebaissé,
04:48on reste au-dessus de 4% sur un taux à 10 ans américains,
04:52on a toujours une courbe des taux, en fait, assez pentue.
04:56Alors qu'on a un marché qui continue à attendre
04:59environ deux baisses de taux de la part de la Fed,
05:01alors que la Fed l'année dernière a baissé ses taux
05:02de manière quand même assez forte,
05:04on a une résistance de la partie longue de la courbe.
05:06Et ça, on peut le relier au fait que,
05:09même sur cet actif sans risque,
05:11on a des inquiétudes, on a des hésitations
05:14qui sont liées au fait qu'on a une politique budgétaire américaine
05:17extrêmement expansive et également assez incertaine
05:21parce qu'on va aller cette année vers les élections mid-term.
05:25Il est possible que la Maison-Blanche cherche, en fait,
05:28à aller encore un peu plus loin dans cette politique budgétaire
05:30expansive dans les mois qui viennent,
05:32même si le Parti républicain renâcle de plus en plus.
05:35Donc, même sur ces actifs sans risque,
05:38on a quand même un bruit, une musique de fond
05:40qui est quand même assez tendue.
05:43Merci beaucoup Gilles Mouèque,
05:45chef économiste du groupe AXA.
05:46Merci d'avoir été avec nous pour commenter
05:48la macroéconomie américaine
05:49qui reste quand même au cœur des attentions sur les marchés.
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