00:00D'abord, elle vient de nous rejoindre, Amandine Gérard, la présidente de la financière de l'ARC.
00:03Bonjour, Amandine.
00:04Bonjour, Guillaume.
00:05Vous allez, Amandine, rendre votre verdict et le prononcer dans un instant.
00:09Ce moment qu'on va vivre, ce verdict que vous allez rendre, est-ce que vous l'assumez ?
00:14Toujours, je l'assume, bien sûr.
00:16On vous écoute.
00:18Alors, volatilité et gestion active, nous pensons qu'il s'agit d'un bon mix pour 2026.
00:23Oh !
00:24Le retour d'une forme de volatilité et une gestion active des portefeuilles,
00:31que ce soit de la part des gérants ou des investisseurs,
00:33vous estimez qu'en tout cas, ce sont deux ingrédients pour une année sans doute
00:37amenés à à nouveau surprendre positivement.
00:39Vous dites que le contexte se prête à la gestion active avec en plus ce retour de la volatilité.
00:43C'est pour ça que vous vous dites, on est sur une bonne vague là.
00:46Complètement.
00:47Effectivement, le nombre d'effets d'annonce de Trump sur l'ensemble des sujets
00:52favorise la volatilité dans les marchés et permet aussi aux gérants actifs
00:57de prendre des positions soit un peu plus longues, soit un peu plus tactiques
01:01que nous ne pourrons pas le faire des ETF par exemple ou de la gestion passive de manière générale.
01:06Donc, on l'a vu en 2025, il y a des meilleures statistiques de la gestion active
01:10versus la gestion passive.
01:12Et d'ailleurs, les grandes banques américaines lancent des ETF de gestion active.
01:16Donc, il y a clairement de nouveau un marché pour la gestion active.
01:21Et au-delà de ça, on va en parler, mais il y a des introductions en bourse.
01:26Il y a des effets d'annonce aussi par rapport à notre gouvernement.
01:29Donc, le fait d'être stock picker nous permet justement de nous sortir un peu de ces benchmarks
01:35et de ces surpondérations sur les valeurs de la tech, bien sûr, et de l'IA en particulier.
01:39Et donc, d'assurer plus de visibilité à nos clients.
01:43Oui, être actif sur les marchés parce que c'est vrai que quand on investit juste en ETF sur les indices,
01:49bon, ça peut être assez mou alors que certains secteurs se distinguent fortement à la hausse.
01:53D'autres, au contraire, sont en train de sous-performer.
01:55On va rentrer dans le détail dans un instant.
01:57Mais juste, les marchés, jeudi dernier, ont été rassurés.
02:01Le recul de Donald Trump sur le Groenland, ça a rassuré la bourse.
02:05Paris a pris 1%.
02:05Et depuis, Paris, vendredi, a plutôt reculé.
02:08Là, aujourd'hui, on est stable.
02:09C'est-à-dire que le dernier taco, là, de Donald Trump, ce dernier taco,
02:12il a l'air plus difficile à digérer que les précédents.
02:14En tout cas, il enthousiasme un peu moins les marchés.
02:17Ça signifie qu'on reste justement dans le scepticisme, l'inquiétude,
02:21l'attente peut-être d'une prochaine surprise à venir d'un point de vue géopolitique.
02:25Alors, je ne sais pas si c'est réellement le fait de Donald Trump,
02:29gérer la respiration des marchés européens.
02:33Notre situation à nous, budgétaire et politique, est compliquée.
02:37On est à la veille de la série de publications de résultats,
02:42puisqu'on a une grosse semaine à venir, que ce soit outre-Atlantique ou en Europe.
02:47Le DAX a quand même correctement performé sur cette dernière semaine, justement.
02:52Et le sujet, c'est plus de dire que les croissances des IPS anticipées,
02:57des bénéfices par action,
02:59ont déçu durant les trois dernières années en Europe
03:03versus des surprises positives aux États-Unis ces trois dernières années.
03:07Donc, les attentes sont élevées de nouveau.
03:09Enfin, en tout cas, c'est ce qu'on pense, nous.
03:11En 2026, pour les sociétés européennes,
03:15puisqu'on attend des croissances des bénéfices par action,
03:19ce qu'on appelle double digit,
03:20donc double...
03:21Plus de 10%.
03:22Plus de 10%.
03:23Et on a tellement déçu par le passé.
03:26Et le marché a tout de même progressé.
03:28On n'est pas sur des niveaux de valorisation non plus très discantes.
03:33Donc, il faut que les entreprises délivrent
03:35pour aller chercher plus de performance.
03:38Oui, et vous sentez que cette saison de publication
03:40apportera quoi ?
03:41Au moins un flotteur aux indices,
03:43un moteur ou le risque du frein moteur, en l'occurrence,
03:46parce qu'effectivement, vous le dites,
03:47les marchés ne sont plus complètement discantes.
03:49Alors, oui, il va y avoir des freins moteurs.
03:51Je pense qu'ils seront plus sectoriels.
03:53Soit parce que les flux sont très importants
03:55sur certains secteurs,
03:56ce qui est le cas des banques européennes, par exemple,
03:59ou alors parce qu'on a,
04:02malgré la baisse des anticipations,
04:03ce qui est le cas du luxe,
04:05on n'a pas de visibilité,
04:06toujours aussi peu de visibilité.
04:08Donc, ça, ça peut être le cas.
04:09Et à côté de cela,
04:11les discours positifs,
04:13je dirais, dans le ton des management,
04:17vont aussi aller driver plus de performance
04:21parce qu'en effet,
04:22on est quand même relativement prudent sur l'Europe.
04:25Bon, l'once d'or fin qui passe au-dessus des 5 000 dollars,
04:30l'once d'argent aussi largement au-dessus des 100,
04:32cette espèce de courbe parabolique,
04:34là, ces dernières semaines,
04:35sur les métaux précieux,
04:36ça vous évoque quoi ?
04:37Alors, c'est vertigineux,
04:39on sera tous d'accord.
04:40Ce qui est intéressant,
04:42on n'est pas des spécialistes des métaux précieux,
04:46mais c'est de voir que c'est en corrélation
04:48à la fois avec les évolutions des taux longs,
04:51et notamment du 30 ans US,
04:54et même pour nous, pour la France,
04:56mais surtout avec une baisse du dollar,
04:59notamment,
05:00et je dirais une défiance
05:01dans les principales monnaies,
05:03due notamment, là aussi,
05:05aux situations budgétaires,
05:06et au fait que ce soit le cas pour la France,
05:09pour l'Allemagne,
05:10pardon, pour des raisons différentes,
05:12mais on va emprunter plus cette année,
05:14que les US ont besoin du maintien de cette croissance
05:17pour leur déficit budgétaire,
05:19et pour assurer aussi leurs dépenses,
05:20et donc, on va aller,
05:22au-delà du risque géopolitique,
05:24vers une valeur refuge qu'est l'or.
05:25En plus, dernier point, pardon,
05:27on a quand même des politiques monétaires
05:29qui sont accommodantes,
05:31même si les baisses de taux
05:32seront moins nombreuses,
05:33elles vont encore être nombreuses
05:34en 2026 de l'ensemble des banques centrales,
05:36donc comme vous le savez,
05:37l'inconvénient de l'or,
05:38c'est qu'il n'y a pas de rendement,
05:40mais si les rendements baissent par ailleurs,
05:41du coup, ça fait...
05:42Oui, il suffirait d'une baisse de taux
05:44de la Fed cette année
05:45pour que l'or, mécaniquement,
05:47continue de monter.
05:47Je vous pose la question,
05:48parce que le consensus n'attend
05:49qu'une prochaine baisse de taux de la Fed
05:50en juin,
05:51il va falloir attendre juin,
05:52et si on n'avait qu'une seule baisse de taux
05:54cette année,
05:55ça suffirait à porter encore
05:57ou justifier encore
05:58les niveaux actuels de l'or ?
05:59Alors, il y a la Fed,
06:00mais il y a aussi la Banque d'Angleterre,
06:01il y a la BCE,
06:01on n'attend rien,
06:02pour ainsi dire,
06:03donc si on avait une baisse de taux
06:06parce qu'une inflation plus faible,
06:08parce qu'un marché du travail
06:09qui se dégrade,
06:10on l'a vu,
06:10que ce soit Capgemini,
06:11BNP ou Société Générale,
06:12on annonçait toutes les trois
06:13des licenciements la semaine dernière.
06:15Nous, on est assez prudents
06:16sur la croissance économique
06:18de la zone euro
06:19et particulièrement de la France,
06:21donc tout ça ferait que,
06:22oui, ça boosterait encore l'or.
06:24Les Etats-Unis,
06:25donc qui sont en hausse
06:25pour ce début de semaine,
06:27Wall Street,
06:27les trois indices,
06:28gagnent 0,3-0,4%,
06:29notre CAC plus 0,1%,
06:31CAC qui sous-performe un peu
06:32l'Eurostock 50,
06:33ce qui est le cas depuis
06:33le début de ce mois de janvier.
06:35Le CAC sur le mois de janvier
06:36est stable,
06:36là où l'Eurostock 50
06:37gagne 2,5%,
06:38donc il y a une vraie
06:39sous-perf française,
06:40malgré le poids du secteur
06:42de la défense dans notre indice.
06:43Mais il se trouve que ce secteur,
06:44il se renforce aussi
06:45dans d'autres indices.
06:45C'est à la bourse d'Amsterdam
06:46où il n'y avait pas
06:47beaucoup de grosses valeurs
06:47de défense,
06:48mais désormais il y en a une,
06:49c'est la plus grosse introduction
06:50en bourse d'une valeur de défense
06:51de l'histoire à l'échelle mondiale.
06:53Ça a eu lieu vendredi,
06:54le tchèque CSG.
06:56Alors bon,
06:56c'est la blague qu'on fait
06:57depuis vendredi,
06:58mais CSG c'est facile à retenir
06:59comme nom pour nous les Français.
07:01Inconnu au bataillon jusqu'ici,
07:03ce groupe,
07:03il vaut désormais plus
07:05en capitalisation
07:06que Dassault Aviation.
07:07Il a gagné 30% vendredi
07:09pour son premier jour,
07:09ça continue aujourd'hui,
07:10le titre CSG à Amsterdam
07:12gagne 2% supplémentaire
07:13encore aujourd'hui.
07:14Est-ce qu'il faut renforcer
07:15encore d'après vous ?
07:16Alors déjà,
07:17ce qui est intéressant à dire,
07:18c'est que cette société,
07:19elle est détenue par un actionnaire
07:21qui plus est,
07:23est relativement jeune,
07:24donc c'est une véritable réussite.
07:26Ils sont leaders
07:26dans les munitions
07:28et particulièrement
07:29les munitions de faible calibre.
07:30C'est un marché
07:31qui tend à doubler
07:32d'ici 2030,
07:33donc c'est très proche.
07:34Et cette IPO,
07:35elle a été réalisée
07:36dans des conditions
07:38somme toute
07:40exceptionnelles
07:41puisque le propriétaire,
07:43donc le principal actionnaire,
07:45a décidé d'accélérer
07:46l'introduction
07:49et comme vous le savez,
07:49d'habitude,
07:50on est sondé
07:51pour avoir
07:52un niveau de valorisation.
07:53Or là,
07:53il a imposé un prix,
07:55celui de 25 euros,
07:56qui affiche
07:57une des cotes
07:58de 50%
07:59par rapport
07:59à la valorisation
08:00de Rain Metal.
08:01D'où le succès
08:02de cette opération.
08:04On sait que
08:04le secteur de la défense
08:05est désormais cher
08:06en valorisation absolue,
08:08mais si on applique
08:09une valorisation relative
08:11avec les niveaux
08:12de croissance
08:12qui sont à venir
08:13sur les 5 ou 10
08:14prochaines années,
08:15il a encore
08:15très bon marché.
08:17Donc c'est le sujet.
08:18À court terme,
08:20effectivement,
08:20la société a pris 30%,
08:21mais il faut savoir
08:22que ce qu'on appelle
08:23le bouc,
08:23donc la demande
08:24des investisseurs,
08:25a été plus d'une dizaine
08:27de fois sursouscrite.
08:28Donc il y avait
08:29une réelle demande,
08:30notamment autant
08:31des gérants traditionnels
08:32que des hedge funds.
08:33Donc ça,
08:33c'est intéressant aussi.
08:35Il y a eu 14 milliards
08:36d'euros de demande,
08:37je crois,
08:37sur le premier jour.
08:38C'est énorme.
08:39C'est colossal.
08:40Oui, c'est colossal.
08:41On a, comme on le sait,
08:42très peu d'acteurs
08:43à jouer en Europe,
08:45sortis justement
08:45de Thalès,
08:46Leonardo et Renmetal.
08:47Après,
08:47on se retrouve
08:48dans un niveau
08:50de liquidité
08:50qui est assez faible.
08:51On a notamment
08:51une très belle société
08:52en France
08:52qui est Exosens,
08:53mais avec une market cap
08:55qui est relativement faible.
08:56Donc ça donne aussi
08:57la possibilité
08:58à de gros investisseurs
08:59institutionnels
09:00de rentrer,
09:01puisque là,
09:01on est sur quelque chose
09:02de beaucoup plus large.
09:03Antoine ?
09:04Oui,
09:04d'autant que
09:04c'est la principale caractéristique
09:07du tissu entrepreneurial
09:09français de la défense.
09:11C'est d'avoir
09:11des toutes petites structures,
09:12des toutes petites sociétés familiales.
09:14Et souvent,
09:14on y investit
09:15via le private equity.
09:16C'est vrai qu'on parle
09:17beaucoup du fonds BPI France,
09:19mais il y a assez peu d'options
09:20pour s'exposer
09:21au secteur de la défense
09:22sur le côté.
09:24Donc c'est bien
09:24de pouvoir élargir
09:25le spectre à ce niveau-là.
09:26CSG,
09:27donc ce groupe tchèque
09:28côté Amsterdam,
09:29désormais plus de 30%
09:31plus gros en capitalisation
09:32que d'assaut aviation
09:33sur les marchés financiers.
09:34Ben oui,
09:34sur le flottant.
09:34Et oui,
09:35c'est une nouvelle hausse
09:36aujourd'hui pour cette valeur
09:37à Amsterdam
09:37qui est éligible au PEA,
09:38on le rappelle,
09:39plus 1,3% CSG.
09:41Merci beaucoup
09:41de nous avoir accompagnés,
09:42Amandine.
09:42Merci.
09:43Amandine Gérard
09:44pour la financière de l'Arc.
09:45Merci.
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