00:01Mais en attendant la clôture de ce soir, on va quand même faire un point sur les GAFAM avec une
00:04actualité qui est très forte en ce moment
00:06puisqu'après la publication des résultats d'entreprise la semaine dernière, on a Alphabet qui annonce vouloir lever 25 milliards
00:14de dollars sur le marché obligataire.
00:16Bonjour Julien Léguenouk, merci de nous accompagner ce matin. Vous êtes fondateur de Taranis, maison suisse, vous êtes basé à
00:23Genève,
00:24vous regardez un petit peu ce qui se passe du côté des hyperscalers. On a quand même des groupes qui
00:27ont émis, je le disais, en préambule
00:29plus de 200 milliards de dettes depuis le début de l'année. Bon, le marché s'en est accommodé, hier
00:34le titre était en baisse de seulement 1% Alphabet,
00:37ça montre bien que le marché est très optimiste sur la croissance notamment de Google Cloud.
00:43Oui bonjour Etienne, oui effectivement c'est encore une nouvelle étape de la part des hyperscalers pour dépenser davantage.
00:50On a vu lors des derniers résultats à la fois Microsoft, Amazon avec Amazon Web Services et Alphabet qui ont
00:57réaccéléré dans le cloud
00:59de façon absolument gigantesque. On parle quand même de 82% de croissance pour le cloud d'Alphabet qui représente
01:07maintenant plus de 20% du chiffre d'affaires du groupe contre seulement 14% il y a un an
01:12et probablement beaucoup plus en
01:13propre stabilité. Donc le message c'est le cloud ça marche, cela sert évidemment à l'intelligence artificielle et vu
01:22qu'ils ont un bilan
01:24particulièrement propre, ils peuvent se permettre d'emprunter davantage même si effectivement ce n'est pas positif pour les cash
01:32flows
01:32à court terme.
01:34Comment aujourd'hui vous vous positionnez chez Taranis face à cette hyper croissance qui c'est vrai a surpris au
01:40point qu'on a quand même
01:41Microsoft ou encore Amazon qui ont repris 20% à la suite de leurs résultats avec vous l'avez souligné
01:48une croissance
01:48très forte mais toujours des inquiétudes sur la génération de cash, c'est-à-dire qu'on a quand même
01:54notamment Alphabet qui a un free cash flow
01:56négatif, c'est-à-dire qu'on a un groupe au deuxième trimestre qui a sorti plus d'argent qu
01:59'il en a fait rentrer.
02:01C'est le gros point effectivement des marchés à l'heure actuelle, donc on a les hyperscalers qui sont absolument
02:07prépondérants dans la plupart des indices,
02:08aussi bien les indices américains que les indices MSCI. Si on veut que le marché monte, il faut que ces
02:15titres fonctionnent et aujourd'hui c'est vrai qu'on est dans une situation
02:18assez rarement vue avec un nouveau cycle d'investissement qui est bien supérieur à ce que chacun pouvait anticiper et
02:26cela c'est très négatif.
02:28Les cash flows sont devenus négatifs. Maintenant, ce que je pense et ce que l'on voit quand on regarde
02:36les publications comptables,
02:38c'est qu'en réalité ces cash flows, pardon, ces capex sont extrêmement rentables et ça c'est le point
02:45qu'il va falloir se clarifier.
02:49Pour les négatifs, pour les bears, ils vont dire que les cash flows sont négatifs, les bulls vont dire qu
02:58'au contraire les IPS augmentent
02:59et on a vu même Microsoft changer ses méthodes comptables, donc ça va encore écarter, ça fait qu'ils ont
03:07polarisé le marché dans les deux camps.
03:11Justement, j'allais y venir au bilan comptable. C'est un point important que vous soulevez là aujourd'hui, Julien
03:16Léguenouk.
03:16On se souvient qu'Alphabet avait dégagé plus de 100 milliards de profits au deuxième trimestre, mais en fait c
03:21'était grandement lié à une participation d'anthropique.
03:23Quand on regarde aujourd'hui la dette nette, il n'y en a pas. Typiquement chez Alphabet, c'est vrai,
03:28des bilans qui sont extrêmement sains
03:29chez les GAFAM, mais on a quand même de plus en plus de méthodes qui changent sur les bilans comptables,
03:35sur la façon de comptabiliser la dette,
03:37sur la façon de comptabiliser les baux, dans le sens où on a des acteurs qui font de plus en
03:42plus d'appels à des locations de capacité
03:45via notamment des data centers. Comment aujourd'hui on arrive à avoir une vision claire du bilan des GAFAM ?
03:52Alors je pense qu'il va y avoir effectivement deux camps qui vont s'opposer.
03:57On sait que Michael Burry l'a bien souligné notamment le fait que les règles de dépréciation qui changent sont
04:03des signes très alarmants.
04:04C'est vrai que quand on regarde par exemple Alphabet, c'est moins 3,5 milliards de free cash flow
04:08attendu en 2026
04:10et 243 milliards de profitabilité. Donc normalement les deux lignes sont censées quand même plus ou moins tendre vers le
04:16même chiffre.
04:17Donc là il y a un écart absolument stratosphérique. C'est un point absolument central.
04:22On voit aussi que Microsoft a changé une partie de ses CAPEX en location opérationnelle,
04:30un petit peu comme ce que font les compagnies aériennes, pour justement baisser les CAPEX et augmenter les IPS.
04:37Moi je suis convaincu que l'AI a une telle adoption et on voit tellement la profitabilité qui a été
04:44rentable dans le site précédent,
04:45notamment chez Amazon et chez Microsoft, que effectivement la profitabilité va revenir très très fort.
04:51Et je pense que cette offre obligataire illustre bien cette logique de vraiment la confiance de ces titres
04:58pour justement redevenir extrêmement rentable.
05:03Et l'infrastructure qu'ils créent vont faire qu'ils vont de toute façon être au cœur de la révolution
05:09industrielle à laquelle on assiste.
05:10Oui, l'appétit est là sur le marché actions mais également sur le marché obligataire.
05:13Vous l'avez souligné, Bloomberg évoque plus de 115 milliards de dollars de demandes alors que le groupe souhaitait lever
05:1925 milliards de dollars.
05:21Dans un instant on dira quand même un mot de SpaceX parce qu'il se passe pas mal de choses,
05:24que ce soit sur les résultats mais également sur des actionnaires qui peuvent enfin vendre leurs titres.
05:29Mais juste pour terminer là-dessus et illustrer, quand vous parlez des compagnies aériennes et faire le lien avec Microsoft,
05:34c'est-à-dire qu'en fait on a des groupes aujourd'hui qui certes détiennent des data centers mais
05:39aussi les loups.
05:40Et donc ça, ça change un petit peu la donne en termes de business model.
05:44C'est une grande surprise en tout cas pour moi, je ne pensais pas qu'on pouvait voir quelque chose
05:50comme ça.
05:50Ça va aussi donner des idées à ceux qui disent qu'on est à la fin du cycle de l
05:55'intelligence artificielle
05:56parce que si on additionne Alphabet, Microsoft, Amazon, Meta et quelques autres,
06:01c'est censé représenter le cycle des CAPEX.
06:04Si Microsoft réduit ses CAPEX en changeant sa méthode comptable, il casse le thermomètre quelque part.
06:09Et les gens diront, vous voyez, ça ralentit, ça baisse.
06:12Alors qu'en fait, ce n'est pas que ça baisse, c'est qu'ils changent la méthode comptable.
06:15Peut-être que les autres le feront aussi.
06:18Effectivement, la question est tellement centrale que ça devient quasiment l'aiguillon de ces sociétés
06:25pour présenter l'ensemble de leurs résultats.
06:27L'autre actualité majeure de la semaine, c'est donc SpaceX qui a publié ses résultats en milieu de semaine.
06:32Le titre avait perdu 13% mercredi, il a repris 6% hier.
06:35La séance d'hier était importante, Julien Léguenouk, dans le sens où c'était la fin des lock-up,
06:41la fin des blocages de certains blocs d'action, d'actionnaires historiques.
06:46Donc désormais, ils peuvent vendre leurs actions.
06:49On avait peut-être des craintes par rapport à la séance d'hier en se disant
06:52« ça y est, il y a certains actionnaires qui vont pouvoir vendre ».
06:54Bon, non, le titre a progressé de 6% hier.
06:56Bon, on va voir ce que ça donne aujourd'hui.
06:57Oui, mais on est quand même sur un tournant désormais pour SpaceX.
07:01On est sur un tournant.
07:02Il y a eu le premier cycle, effectivement, de lock-up qui vient de s'achever.
07:06Peut-être qu'il y avait beaucoup de gens qui attendaient justement cet événement pour pouvoir acheter.
07:10L'IPO, pour l'instant, a été décevante pour beaucoup de gens.
07:14Je note que du point de vue fondamental,
07:17la société a annoncé des résultats absolument splendides,
07:20avec des résultats supérieurs en chiffre d'affaires dans les trois divisions.
07:25Donc, l'espace qui représente 10% du chiffre d'affaires,
07:29la connectivity, donc Starlink, qui représente plus de 50%,
07:32et la partie AI avec plus de 30%.
07:35La grande question, c'est comment valoriser effectivement ces trois business models
07:39qui sont très, très différents.
07:40Et c'est vrai que quand on regarde dans le détail,
07:44SpaceX est dominant dans le lancement de fusées dans le monde.
07:48Ils lancent principalement les fusées pour eux,
07:51pour leur propre satellite, pour Starlink.
07:54Et ça, ça leur donne un avantage concurrentiel, je pense, énorme.
07:57Et à ces niveaux-là, je pense que la société,
07:59eu égard de la croissance, n'est pas chère.
08:03Et la grande question aussi, c'est que valent les guidance d'Elon Musk
08:08qui sont tellement supérieurs aux attentes du marché ?
08:10En ce qui concerne notamment l'intelligence artificielle,
08:13les fameux 100 milliards de dollars de récurrents.
08:17Merci beaucoup, Julien Léguenouk, de nous avoir accompagné ce matin,
08:20fondateur de Taranis, pour débriefer les dernières annonces,
08:23que ce soit autour des Hyperscalers, mais également autour de SpaceX.
08:26C'est vrai que SpaceX, ça rend difficile la tâche pour les concurrents.
08:31Dernier exemple en date, TelSat, qui a publié ses résultats ce matin,
08:34des résultats qui sont mal accueillis.
08:36Le titre est la lanterne rouge du SBF 120, moins 4,7%,
08:39avec un groupe qui annonce un chiffre d'affaires stable
08:42et qui confirme ses objectifs 2026-2027,
08:45à savoir une légère progression du chiffre d'affaires
08:47et du résultat brut d'exploitation,
08:49grâce notamment à ses activités en orbite base.
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