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  • il y a 11 mois
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##LES_CLEFS_D_UNE_VIE-2025-09-08##

Catégorie

Personnes
Transcription
00:00Sud Radio, les clés d'une vie, Jacques Pessis.
00:03Les clés d'une vie, celle de mon invité.
00:05On n'a pas tous les jours 20 ans, dit la chanson.
00:08Vous les retrouvez aujourd'hui en racontant dans un livre
00:10le temps où le romancier que vous êtes devenu
00:14commençait à peine à avoir voix au chapitre.
00:16Bonjour Didier Vancovelart.
00:17Bonjour Jacques.
00:18Alors on vous retrouve aujourd'hui en cette rentrée pour un nouveau livre,
00:21L'impasse des rêves, un roman inspiré de la réalité.
00:24On va en parler tout au long de l'émission
00:26parce qu'il y a des détails sur votre vie
00:28qui sont vraies, je crois, dedans, dans ce roman.
00:31Et on va les évoquer à travers des dates clés.
00:34Vous aviez été un des premiers invités des clés d'une vie
00:36et vous êtes là encore aujourd'hui pour ce nouveau livre.
00:39Alors, première date que j'ai trouvée,
00:41c'est très récent, le 29 novembre 2024.
00:44Vous retournez à l'école et cette chanson
00:45va vous faire penser à cette école.
00:51Magnolia Forêt Vert, c'est-à-dire une chanson d'Étienne Rodagil
00:54qui s'était inspirée d'une histoire d'amour de Claude François.
00:57Claude avait dit, je n'ai pas tout compris dans les paroles,
00:59mais ça doit être très bien.
01:00Et pourquoi Magnolia ? Parce que c'est votre première école.
01:03Oui, je ne pense pas que ça a inspiré la chanson.
01:05Je ne crois pas non plus.
01:06Mais c'était, oui, l'école primaire à Nice.
01:08Et vous êtes revenu dans cette école le 29 novembre 2024
01:11pour évoquer votre roman
01:13L'enfant qui sauve à la terre.
01:15Oui.
01:16Qu'est-ce que c'est que ce retour à l'école ?
01:18Alors d'abord, ce n'était pas la première fois.
01:20Je pense que tout s'est joué pour moi
01:22dans les années d'école primaire.
01:26J'ai eu la chance d'avoir des instituteurs incroyables,
01:28notamment celui que j'ai retrouvé
01:31à la date que vous venez de citer,
01:33Charlie Poletti,
01:34que j'avais eu en CE1 et CM.
01:42Et en fait,
01:45qui a été mon premier lecteur.
01:47Parce que je faisais des rédactions de 20 pages.
01:50Le premier qui a dit à mes parents,
01:53comme j'étais nul dans tout le reste,
01:54il me dit, surtout ne l'embêtez pas
01:55avec les maths et tout ça.
01:57Laissez-le écrire.
01:58Parce que si vous lui donnez des cours de rattrapage,
02:01il va arriver en sixième,
02:03ce seront les maths modernes.
02:04On lui dira, oubliez tout ce que vous savez.
02:05Comme lui, il ne sait rien,
02:06il l'oubliera plus vite.
02:07Donc, je dois une gratitude infinie à cet homme.
02:12Qui a lu vos écrits en classe, je crois.
02:16Oui, et puis en plus, je le testais sur lui.
02:22Et puis, je l'ai revu.
02:24Donc, il venait après,
02:26que j'ai été publié chaque année
02:28au Salon du Livre de Nice.
02:29Et j'allais souvent dans les écoles,
02:33notre primaire secondaire,
02:35le grand programme qui s'appelle
02:39Lecture pour tous,
02:40où des écrivains vivants
02:41vont montrer aux mômes
02:43ce que c'est qu'un écrivain.
02:44Les mômes qui ont travaillé leur bouquin
02:47et qui aussi ont des choses à dire
02:51et comment les aider à les exprimer.
02:53C'est vraiment une formidable expérience.
02:57Et je vais souvent dans cette école d'Emmanuelia
02:59et un jour, la directrice m'a fait la surprise
03:02d'inviter M. Poletti, mon instituteur,
03:05qui avait 90 ans
03:06et qui est revenu comme avant
03:08et les mômes ne le laissaient plus partir après.
03:11Et là, on a fait pour France 3 et Nice Matin
03:14le reportage avec lui,
03:16l'année dernière.
03:17Et puis, il est mort quelques mois plus tard.
03:21Et c'était, sa famille me disait,
03:23ce retour à l'école
03:25a été une joie qui a accompagné toute son agonie.
03:29Merveilleuse formule qui m'a retourné le cœur.
03:32Mais c'est merveilleux de garder...
03:35Bon, évidemment, ça faisait
03:36une très, très grande période de vie.
03:39Et c'était comme si on n'avait pas changé.
03:42Non seulement je redevenais dans ses yeux
03:44le petit gamin qui testait ses fictions sur lui,
03:48mais lui, je retrouvais tout.
03:50Il me paraissait juste un peu moins grand qu'à l'époque.
03:53Il se trouve aussi que c'est aussi un souvenir
03:55très lié à votre enfance
03:57qui fait que vous êtes revenu dans cette école.
03:59On ne parlait pas d'écologie.
04:00Là, on en parle.
04:00Et là, vous avez évoqué l'écologie
04:02avec les jeunes ce jour-là.
04:04Oui, puisque l'enfant qui sauve à la Terre,
04:06c'était une femme clown
04:09qui passe un marché avec un môme
04:11en lui disant,
04:12la médecine ne peut rien pour toi.
04:13Elle ne comprend pas ta maladie orpheline.
04:16En revanche, toi,
04:17tu as les moyens de soigner la Terre à distance.
04:19Et c'est ça qui rendra ta guérison nécessaire.
04:21Donc, elle lui apprenait des tas de techniques
04:23pour se brancher sur le monde végétal, animal,
04:25pour essayer de guérir
04:28tout ce que les hommes détruisent de la planète.
04:30Et donc, les mômes avaient travaillé là-dessus
04:33et ils ont fait des réponses extraordinaires.
04:37Alors, cette école magnolienne a une particularité,
04:39Didier Van Covelart.
04:40Elle est boulevard Napoléon III, je crois.
04:42Et c'est l'une des premières en France
04:44à avoir eu un site Facebook dédié aux parents d'élèves.
04:46Ah oui ? Je ne savais pas.
04:48Parce que Facebook, ce n'est pas le genre de choses
04:49que vous intéressent vraiment.
04:51Oui, puis eux, mais bon, je suis très fier d'eux, néanmoins.
04:55Non, c'est une école qui, en plus,
04:59rien n'a changé.
05:00En tout cas, pas l'essentiel.
05:01L'âme, elle est là.
05:03Les mômes d'aujourd'hui sont ce qu'ils sont,
05:04mais il y a des pépites,
05:06il y a une joie,
05:07il y a une...
05:08Je pense que le décor qui est vraiment très beau,
05:12il y a des grands pains,
05:13il y a des oliviers,
05:16il y a une énergie qui baigne toujours
05:20le corps enseignant de la même manière
05:21et qui, évidemment, rejaillit sur les gamins.
05:26Alors, il se trouve aussi que dans votre livre,
05:28vous évoquez vos premiers écrits
05:29avec une machine à écrire Underwood
05:31qui est devenue électrique,
05:33parce que c'est vraiment passer à l'ordinateur,
05:34ça a été pour vous une épreuve ?
05:36Disons que moi, j'aime le papier.
05:40D'ailleurs, j'écris toujours à la main
05:42et les stylos d'abord,
05:43et puis après, je passe à l'écran.
05:46Mais j'ai mes rituels,
05:47j'ai mes habitudes.
05:49Oui, j'avais des rapports très particuliers
05:50avec cette première machine à Underwood
05:52que j'avais piquée
05:53au cabinet d'avocat de mon père.
05:57C'est vrai que votre père a eu beaucoup d'importance
05:59et je crois qu'il a découvert
06:01que vous écriviez des romans à l'âge de 8 ans
06:03quand vous vous êtes renseigné sur la guillotine.
06:05Non, c'est un jour, je viens le voir
06:08et je dis, papa, en Angleterre,
06:11on pend les gens ou on les électrocutent
06:13ou on les guillotine ?
06:14Je dis, pourquoi ?
06:15Non, comme ça.
06:16En fait, j'avais besoin de mon roman
06:17se passer en Angleterre.
06:18Je devais avoir 8 ans, 9 ans.
06:21Et je voulais, là encore, faire vrai.
06:24Donc, pas dire n'importe quoi.
06:26Et à l'époque, il n'y avait pas Internet,
06:29évidemment, pour faire ce genre de recherche.
06:31Et donc là, il a eu quand même
06:34un fort indice que j'étais en train
06:38de raconter des histoires dans mon coin.
06:40Voilà.
06:40Et vous avez continué.
06:41Je crois que Télé 7 jours a publié
06:43vos premiers écrits dans le courrier des lecteurs
06:46d'Idi Van Covelart.
06:47Oui, parce que j'avais entendu dire
06:48que j'avais d'abord un nom qui n'était pas simple
06:50et puis que chez les éditeurs,
06:53on me disait, pour être publié,
06:55il faut être connu.
06:56Il faut le nom.
06:58Et je lui ai dit, bon,
06:58je vais faire connaître mon nom.
06:59Alors, j'écrivais dans les courriers des lecteurs
07:01de tous les journaux
07:01et notamment Télé 7 jours
07:03qui m'a publié.
07:05Donc, voilà, c'était ma première publication.
07:07Alors ça, ce sont vos débuts.
07:09Mais j'ai trouvé aussi une autre chose rare
07:11dans votre parcours qu'on va évoquer
07:13à travers la date du 24 décembre 1983.
07:16A tout de suite sur Sud Radio
07:17avec Didier Van Covelart.
07:19Sud Radio, les clés d'une vie, Jacques Pessis.
07:22Sud Radio, les clés d'une vie,
07:24mon invité Didier Van Covelart.
07:26Nous parlerons tout à l'heure de ce nouveau roman
07:27L'impasse des rêves
07:29chez Albain Michel
07:30qui vous ramène quelques décennies en arrière.
07:32On en revient à votre parcours
07:34et à la date du 24 décembre 1983
07:36où une petite histoire passe à la télévision.
07:39Écoutez.
07:41Qu'est-ce que vous faites dans la vie
07:42au-dehors de Noël ?
07:45Ah, pas que je suis poule alors.
07:46Père Noël et fils
07:48avec Annie Girardot et Jean-Claude Briali
07:50signé Didier Van Covelart.
07:51Et Johnny Hallyday.
07:53Pour mon premier scénario réalisé,
07:55j'ai même eu Johnny Hallyday en guest.
07:59C'était un souvenir extraordinaire.
08:03D'abord, une histoire d'amitié.
08:10C'est vrai que Jean-Claude Briali
08:12qui avait su ma pièce
08:15qu'il jouerait plus tard Le Nègre,
08:17au moment où on lui,
08:18on voulait absolument qu'il fasse
08:20un programme de Noël,
08:21il a dit à la chaîne,
08:23à France 3,
08:24voilà, j'ai l'auteur, demandez-lui.
08:26Et c'est comme ça que c'était
08:28la première commande.
08:31Et puis Annie Girardot,
08:34je retrouverai plus tard
08:35dans Les filles de Lido,
08:36qui était une actrice merveilleuse.
08:39Et ce rapport,
08:40ces rapports entre Briali et Girardot
08:42étaient magnifiques,
08:45de solitude à la fois poignante,
08:50débordante d'énergie,
08:53de ce moment de Noël
08:54où à la fois tout est un peu forcé,
08:57un peu truqué en même temps,
08:58où la sincérité des êtres rejaillit
09:01parce que la solitude exaltée,
09:04le besoin de ne pas passer à côté
09:06d'une nouvelle relation.
09:07Puis les masques tombent,
09:09peut-être pour permettre à de nouveaux masques
09:12de prendre la place.
09:13Oui, alors on voyait Jean-Claude Briali
09:14en Père Noël en train de manger
09:15du jambon et du yaourt sur un toit,
09:18avec Annie Girardot
09:19et un nœud papillon rouge.
09:21C'est une scène totalement surréaliste.
09:23C'était assez félinien, oui.
09:26Et puis en plus,
09:27c'était le temps où la télévision
09:29offrait de vrais programmes pour Noël.
09:31Brigitte Bardou avait commencé
09:32avec ses shows.
09:33Il y a eu Cyrano de Bergerac.
09:35C'était important,
09:36la fête de Noël pour la télé.
09:37Oui, et puis,
09:38le réalisateur, c'était aussi,
09:39ça a lu sa première fiction,
09:40si je ne m'abuse,
09:41c'était André Flédéric.
09:41Oui.
09:42Et grand réalisateur de la vision de Mariette.
09:46Voilà, ça a été...
09:48C'était une première
09:49pour beaucoup.
09:52Et alors,
09:53j'étais étonné
09:54quand je me suis retrouvé au Japon
09:56avec Michel Legrand
09:56quand notre passe-muraille
09:58a été créé là-bas.
10:00Et dans trois émissions
10:02que je faisais,
10:03on m'a parlé
10:03de Père Noël et fils
10:04qui passaient en boucle
10:05au Japon.
10:07Et on n'a pas toujours
10:07les nouvelles
10:08du devenir de nos oeuvres.
10:09Vous avez parfois
10:10une petite ligne
10:10avec 3 francs 6 sous
10:13à l'époque
10:14à la SACD
10:16dans les comptes
10:17de répartition.
10:18Mais vous ne savez pas
10:20tout à coup
10:20pourquoi une oeuvre
10:22qui apparemment
10:22n'a rien
10:25qui devrait toucher
10:26le public japonais.
10:27Parce que,
10:27eh bien si,
10:28c'est quelque chose
10:29qui est devenue
10:29une belle surprise.
10:30Alors, avant,
10:31il y a eu toutes les dramatiques
10:32de radio,
10:33car je crois que pour survivre
10:34dans votre chambre
10:35d'étudiants à Montmartre,
10:36et vous le dites dans ce livre,
10:37vous avez écrit
10:37beaucoup de dramatiques
10:38pour la radio,
10:39Didier Vancovela.
10:39Vous avez connu
10:42ce grand studio mythique
10:43où on enregistrait
10:44justement
10:45les dramatiques,
10:46les feuilletons,
10:49et avec tout des...
10:51Ce qui m'avait frappé
10:52en ce lieu,
10:53c'était le coin
10:54des bruiteurs,
10:55où il y avait absolument
10:55tout pour faire
10:56du galop de cheval,
10:57pour faire la mer,
10:58il y avait des tôles,
10:59il y avait des bacs
11:00à sable,
11:01des pots de yaourt,
11:02et le personnage
11:03du bruiteur
11:04était extraordinaire,
11:05c'était un orchestre
11:06à lui tout seul,
11:07beaucoup de ses émissions
11:08étaient en direct,
11:09d'ailleurs,
11:09et voilà,
11:11renforçant les portes
11:12à 19 ans,
11:13j'avais réussi
11:14à placer quelques textes
11:15comme ça,
11:16France Inter,
11:16France Culture,
11:18et ça fonctionnait bien,
11:19et c'est vrai
11:20que c'était une époque
11:21où la radio
11:22était très importante,
11:23les premières dramatiques
11:24à la radio,
11:24je ne sais pas si vous le savez,
11:25elles étaient enregistrées
11:26sur les lieux mêmes
11:27où s'était déroulé
11:28l'événement,
11:29par exemple,
11:29une dramatique sur Molière
11:31a été enregistrée
11:32en 1948
11:33dans le parc
11:34du Château de Versailles
11:35pour qu'on ait
11:35le bruit des pas
11:36et l'ambiance
11:38du Château de Versailles.
11:38C'est une autre époque.
11:40Oui,
11:40aussi,
11:41je pense,
11:41pour ce que font passer
11:43les comédiens
11:44qui n'ont que leur voix,
11:47pour donner à voir
11:48la scène
11:49et la manière
11:51dont eux
11:52se retrouvent
11:53dans un lieu
11:53comme ça
11:54peut rajouter
11:56une corde
11:57à leur arc.
11:57Vous évoquez
11:58dans l'impasse des rêves
11:59cette petite chambre
12:00de Montmartre
12:01où vous habitiez
12:02en faisant des petits boulots
12:03parce qu'il fallait vraiment
12:04assurer les fins de mois.
12:05Même les débuts,
12:07oui.
12:07Mais j'essuie tout de suite
12:09que je ne pourrais pas faire
12:11d'avoir un vrai métier
12:13comme on dit
12:13et puis écrire.
12:14Donc,
12:15plutôt que de faire
12:16quelque chose
12:16de trop prenant,
12:18oui,
12:19quand j'ai besoin,
12:21je préfère aller faire
12:21la plonge dans un resto
12:23ou bien l'été,
12:23donner des cours
12:24de planche à voile
12:24plutôt que d'avoir
12:26un boulot sérieux
12:27qui serait une entrave
12:29à ma liberté de créer.
12:30Donc,
12:31je vivais ça plutôt bien.
12:33Et d'ailleurs,
12:33c'est des points communs
12:34que vous avez aussi
12:35avec Jean-Claude Bregali
12:36qui a débuté
12:36dans une chambre de Bonne à Paris
12:38et vous avez un autre point commun,
12:39c'est que tous les deux,
12:41vous avez fait votre métier artistique
12:43pendant le service militaire.
12:44Lui,
12:44il a créé à Baden-Baden
12:46un premier court-métrage
12:47chiffonard et bonne à loi
12:48et vous,
12:49vous avez fait des pièces de théâtre
12:50pendant le service militaire.
12:51Oui,
12:52c'est-à-dire que
12:52j'y avais,
12:55pendant que j'étais sous les drapeaux,
12:56ce que je raconte
12:56dans la base des rêves,
12:57il y a eu cette expérience
12:58extraordinaire de la création
12:59de ma première pièce,
13:00L'Astronome,
13:01Catherine Riche et Evelyne Dandry,
13:03au Théâtre Montparnasse.
13:05Et j'ai eu une générale
13:07qui était pleine de colonels,
13:08c'est-à-dire que tout à coup,
13:09tout le 120e régiment du train
13:11avait fait une pub terrible
13:13pour,
13:14en même temps que
13:15le troufion que j'étais,
13:18voilà,
13:19du succès pour sa pièce
13:20et en même temps
13:21que ça rejaillisse sur le régiment.
13:22Et comme la pièce
13:23avait très bien marché,
13:27ensuite,
13:27l'État-major
13:28m'a commandé
13:29un spectacle de Noël
13:30pour les enfants de Gradé
13:31que j'ai écrit
13:33et réalisé
13:34avec Patrick Bruel
13:35avec qui je faisais
13:36mon service militaire.
13:38Donc,
13:39oui,
13:39il y a eu
13:40sous les drapeaux
13:40ces créations
13:43théâtrales
13:44qui,
13:44en même temps,
13:45ont
13:46bouleversé
13:47le décor.
13:48C'est vrai
13:49qu'avoir tout à coup
13:50les clés de la caserne,
13:52parce que la priorité
13:53numéro un du régiment,
13:54c'était la caserne
13:55de Fontainebleau.
13:56Donc,
13:56il fallait vraiment
13:56en mettre plein la vue
13:57à toutes les autres casernes
13:59et aux autres colonels.
14:00Et là,
14:00on avait
14:01les mains libres
14:05et puis
14:06cartes blanches
14:07et on ne s'en est pas privés.
14:09Bruel et moi,
14:10on a fait un peu le soucle.
14:11Voilà,
14:11ça ne m'étonne pas.
14:12Alors,
14:13cette première pièce,
14:14c'était Catherine Riche
14:15chez Evelyne Dandry
14:15qui l'a joué.
14:17Evelyne Dandry
14:17qui est toujours parmi nous,
14:18c'est la fille d'Andrée Dassari
14:19et elle a quand même été
14:20la fiancée de Johnny Lydé
14:22dans son premier film
14:23D'où viens-tu Johnny ?
14:24Avant de faire une grande carrière
14:24de comédienne.
14:26Et puis,
14:26le théâtre,
14:27je crois que ça a commencé
14:28aussi très tôt
14:29avec Jean-Paul Sintre
14:30et Huit Clos,
14:31Didier Van Gogh-Huert.
14:32Voilà,
14:32j'avais 17 ans,
14:33j'avais un trouble de théâtre
14:35au lycée
14:36et
14:37quand je n'écrivais pas les pièces,
14:40je montais
14:40les pièces des autres
14:42et l'art de préférence
14:44des pièces
14:44avec très peu de décors
14:46et très peu de personnages
14:46puisqu'on n'avait pas
14:47beaucoup de moyens.
14:48Et un jour,
14:48je tombe sur Huit Clos de Sartre.
14:50Génial !
14:51Décor unique,
14:53quatre acteurs,
14:55je prends l'un des rôles pour moi,
14:56je distrifue les autres
14:57et on remonte ça.
14:59Et puis,
14:59à l'époque,
15:00le théâtre de Nice,
15:01théâtre national à Nice,
15:03dirigé par Jean-Pierre Bisson,
15:05faisait des auditions
15:06de troupes amateurs
15:08le jour de relâche
15:09et on se dit
15:11pourquoi pas,
15:11tentons le coup
15:12et on passe la pièce
15:14devant Bisson
15:15et quelques autres
15:16et on entend des rires
15:18quand on entend
15:19et au bout de 20 minutes,
15:20il se lève,
15:21il dit bon,
15:21c'est super,
15:22vous avez le théâtre
15:23dans un mois
15:23et on se retrouve
15:26à devoir remonter
15:27la pièce
15:27qu'on avait créée
15:30sur un mouchoir de poche
15:31dans une toute petite salle
15:32à l'internat
15:33du lycée d'Est-Yendorff
15:34sur cet immense plateau.
15:36Et donc là,
15:36l'exaltation extraordinaire
15:38qu'on imagine
15:38et puis un jour arrive
15:39le coup près,
15:40l'interdiction
15:41de la Société des auteurs
15:42de la SACD
15:43parce qu'ils avaient vu
15:44dans le journal
15:44la publicité de la pièce
15:45et je ne savais pas
15:46qu'il fallait demander
15:46les droits.
15:47Donc interdiction
15:48de jouer huis clos.
15:49Là, mon père
15:50me dit
15:51l'instinct d'avocat,
15:54écoute, il y a une seule
15:54personne qui peut l'autoriser
15:55quand même,
15:56c'est l'auteur.
15:57Écrit à Jean-Paul Sartre.
15:58Alors j'envoie
15:59une lettre,
16:00M. Jean-Paul Sartre,
16:01édition Gallimard,
16:02vraiment la bouteille à la mer
16:03et je reçois
16:04huit jours après
16:05télégramme
16:06autorisation à jouer
16:07huis clos
16:08signé Jean-Paul Sartre.
16:10J'appelle aussitôt
16:11la SACD
16:12et je tombe sur le gars
16:13qui m'avait envoyé
16:14au plot
16:15en disant que
16:17jamais j'aurais les droits.
16:19Je lui dis
16:19pardon, mais je suis au courant
16:20d'ici là
16:21avec une intense froideur
16:22et genre vraiment
16:24de quoi les auteurs
16:25se mêlent-ils.
16:26Donc,
16:27grâce à huis clos,
16:29grâce à Sartre,
16:30on peut monter la pièce
16:32et je reçois après
16:33les représentations
16:34une lettre de Jean-Paul Sartre.
16:37Une lettre dictée,
16:38signée par lui,
16:39mais il était quasiment aveugle
16:40à l'époque.
16:42Oui, il me dit
16:43ces mots qui ont
16:43évidemment donné des ailes
16:46à mes 17 ans.
16:47Il me dit
16:47Monsieur,
16:48les amis ont vu
16:49votre huis clos
16:50et ils m'ont dit
16:52que la salle riait.
16:54Lorsque j'ai écrit cette pièce,
16:55j'étais persuadé
16:56d'avoir fait une comédie.
16:57Tout le monde m'a persuadé
16:58du contraire.
16:59Merci,
17:0035 ans après,
17:01de me voir redonner
17:01les raisons.
17:03C'est incroyable.
17:04Ça, c'est bon.
17:05La première,
17:06l'une des plus belles lettres
17:07que j'ai reçues
17:08dans ma vie
17:09et là,
17:09vous êtes immunisé
17:11contre tous les retours
17:12de bâtons de la réalité
17:13lorsque vos rêves
17:14prennent l'eau
17:15ou lorsqu'ils mettent du temps
17:16à être réalisés.
17:19Voilà.
17:21Ma gratitude
17:22pour Sartre
17:24fait que j'essaie
17:25moi-même
17:26quand je me retrouve
17:26aujourd'hui
17:27dans cette position-là
17:28d'être sollicité
17:29par des...
17:30Je me trouve tout ça
17:30de répondre un peu
17:32comme il l'a fait
17:33mais je ne réussirai jamais
17:35l'effet Sartre
17:38dans cette situation-là.
17:41Donc,
17:42voilà,
17:42ça fait vraiment partie
17:43des belles surprises.
17:44Et un autre souvenir
17:46qu'on va évoquer,
17:47il date du 22 juin 1990.
17:50A tout de suite
17:50sur Sud Radio
17:51avec Didier Vancovelart.
17:53Sud Radio,
17:53les clés d'une vie,
17:54Jacques Pessis.
17:55Sud Radio,
17:56les clés d'une vie,
17:57mon invité Didier Vancovelart
17:59pour ce roman
17:59L'impasse des rêves
18:01chez Albain Michel
18:01où vous revenez
18:03quelques années en arrière,
18:04on va en parler tout à l'heure.
18:06Et là,
18:06on a une date
18:07que j'ai trouvée
18:07d'ailleurs qui est évoquée
18:08dans votre roman,
18:09le 22 juin 1990,
18:12la dernière de cette émission.
18:14724ème apostrophe
18:19et vous êtes parmi les invités,
18:21parce que tout le monde
18:21ne pouvait pas venir,
18:22il y avait 140 auteurs possibles,
18:24il y en a eu 80
18:25et vous figurez
18:26sur cette courte liste.
18:28Oui,
18:28c'était ceux qui avaient été invités
18:30un minimum quatre fois
18:31s'il me souvient bien.
18:33Et Bernard Pivot
18:35avait demandé
18:35à chaque auteur invité
18:37de lui offrir un mot
18:38et son mot préféré
18:40de la langue française.
18:42Et c'est vrai que cette émission
18:43que j'ai revue
18:44au moment où je lisais
18:45le livre
18:46était assez bouleversante,
18:49assez extraordinaire.
18:51Et quand on demande
18:52à un écrivain
18:53son rapport
18:53avec un mot particulier,
18:55on a parfois
18:56des numéros brillants
18:58et puis parfois
18:59une porte ouverte
19:00couvert sur des abîmes
19:01de sincérité,
19:02de douleur.
19:03Et tout ça
19:03était mêlé
19:05avec cette ambiance
19:06particulière,
19:07directe,
19:08d'un adieu
19:09à cette émission
19:10tellement emblématique
19:11qui m'avait tant fait rêver
19:12avant
19:13quand j'étais,
19:14bon,
19:15quand j'espérais être publié,
19:17que j'écrivais mes bouquins
19:18et que je me faisais une idée
19:18depuis ma...
19:21depuis Nice
19:22de ce qu'était
19:23la vie culturelle parisienne.
19:24Et évidemment,
19:25il y avait Jacques Chancel
19:26d'un côté,
19:26radioscopie
19:27et Bernard Pivot
19:28de l'autre pour apostrophe.
19:30Donc se retrouver ensuite,
19:31j'en ai eu la chance,
19:32au micro de Jacques Chancel
19:33et dans le studio
19:35de Bernard Pivot,
19:36c'est des moments
19:37où non seulement
19:38la réalité répond à vos rêves,
19:41mais vous avez l'impression
19:41que vos rêves
19:42ont préparé cette réalité
19:44qui en est issue.
19:45Vous aviez choisi
19:46quel mot pour cette émission ?
19:48Quoique.
19:48Quoique, pourquoi ?
19:49Quoique,
19:50avec un point.
19:51C'est-à-dire,
19:52quand on vient d'énoncer
19:53une vérité,
19:55définitive
19:56ou une condamnation,
19:57quelque chose d'absolu.
19:58Un petit temps de réflexion
19:59quoi que.
20:01Qu'il laisse la porte ouverte
20:02justement à la contradiction,
20:04à l'hypothèse inverse,
20:07à une sorte de liberté,
20:10de surprise
20:11que peut amener la vie
20:13par rapport aux a priori
20:14ou aux idées générales
20:16ou définitives.
20:17Il se trouve que Bernard Pivot,
20:19lui, avait évoqué deux mots
20:20qu'il n'emploie jamais.
20:22Exclusivité et scoop
20:23parce qu'il les déteste
20:24et c'est tout le contraire
20:25de la littérature pour lui.
20:26Et c'est vrai qu'il a inventé
20:28un style,
20:29une forme d'interview
20:30à la télévision
20:31qui était une forme
20:31de consécration pour vous.
20:33Passer à Apostrophe,
20:34je crois,
20:34pour la première fois,
20:35trois ans après votre premier livre,
20:36Didier Van Covellart,
20:37c'était une consécration.
20:38Oui, c'était pour le deuxième livre.
20:41Et Bernard Pivot a commencé
20:42en présentant ses excuses
20:43parce qu'il ne m'avait pas invité
20:45pour le premier
20:46qu'il avait lu un peu plus tard.
20:48Ce qui était formidable avec Pivot,
20:50c'était la familiarité
20:51de son ton
20:52qui fait que
20:53les gens s'identifiaient à lui
20:56dans leur rapport
20:57avec les écrivains.
20:58C'est-à-dire qu'il n'y avait pas
20:59de révérence
21:01où on ne parlait pas entre soi.
21:04Il y avait vraiment
21:05quelque chose de très populaire
21:07dans le bon sens du terme
21:08dans son approche des écrivains
21:10quand tout à coup,
21:10on disait
21:11« Oui, mon personnage,
21:12il s'arrêtait.
21:14Dites-je,
21:15c'est vous,
21:15on sent bien que c'est vous.
21:16Dites pas le contraire. »
21:17Mais non.
21:18Donc,
21:19il avait ce côté
21:20d'aller là
21:22où ça fait mal
21:23ou
21:23ça fait du bien
21:25où on a besoin
21:26d'appuyer.
21:28Et c'est vrai
21:30qu'il permettait
21:31à des grands timides,
21:33à des grands introvertis
21:35ou à de grands maladroits
21:38à l'oral
21:39car un écrivain
21:39n'est pas à par essence
21:40quelqu'un
21:41qui est forcément doué
21:43pour bien passer à la télé.
21:44Et puis,
21:45il vaut les aider
21:45quand même énormément.
21:46La première émission
21:47de télévision
21:48consacrée à la littérature,
21:50c'était « Lecture pour tous ».
21:51Et Pierre Desgroupe
21:52et Pierre Lumet
21:52ont un jour un problème
21:54parce que Jules Romain
21:55qui est venu,
21:55il pensait que
21:56« Lecture pour tous »,
21:57il fallait lire ses livres.
21:58Il était venu
21:59avec une pile de livres
22:00à lire à l'antenne.
22:01Ça n'a pas été simple
22:02à lui faire comprendre
22:03que ce n'était pas ça.
22:04Mais en revanche,
22:05Bernard Pivot,
22:05lui, ce jour-là,
22:06pour Poisson d'amour,
22:07a lu un extrait
22:08de votre livre,
22:09Didier Van Kovellart,
22:10ce qui n'est pas si fréquent.
22:11Oui.
22:12Je n'en rappelle plus lequel.
22:14Mais c'est assez...
22:15Là aussi,
22:16quand on a écrit un livre
22:17et qu'on est lu
22:18par Bernard Pivot,
22:19c'est un moment d'émotion.
22:20Oui,
22:22surtout,
22:23vous regardiez
22:23votre exemplaire,
22:24exemplaire de votre bouquin,
22:26hérissé de post-it,
22:27de fiche.
22:29Il travaillait de manière
22:30comme ça,
22:30Pivot.
22:31Et c'était très impressionnant.
22:34Il ouvrait un endroit
22:35comme si c'était par hasard.
22:36Il avait tiré le truc
22:37et il vous lançait
22:38et ça tombait pile.
22:40Oui, c'était...
22:41Et il évoque aussi
22:43votre style
22:43et c'est vrai que ce style
22:44que vous avez trouvé,
22:45Didier Van Kovellart,
22:46ça a mis des années de travail,
22:48de feuilles remplies,
22:49de ratures,
22:50de tas de choses.
22:52Rien n'est plus difficile
22:53que la fluidité,
22:54la simplicité.
22:56Il faut beaucoup,
22:57beaucoup travailler,
22:57beaucoup dégraisser,
22:59beaucoup fluidifier
23:02pour arriver à dire
23:04les choses les plus complexes
23:05de la manière
23:05la plus simple possible,
23:08la plus claire.
23:08Le style,
23:10ce n'est pas de la chantilly
23:10qu'on rajoute après coup
23:12sur un plat.
23:13C'est la manière même
23:15non seulement
23:16d'accommoder le plat
23:17mais déjà
23:18d'aller choisir
23:19les ingrédients
23:20dans telle ou telle
23:22boîte à outils stylistiques
23:24et de faire son marché
23:26avec les mots,
23:27de les assembler,
23:28de leur faire
23:28prendre leur saveur propre
23:31sans les noyer
23:32sous la sauce.
23:33Tout ce travail
23:34d'artisanat
23:35qui va de pair
23:37pour moi depuis toujours
23:38avec l'inspiration
23:40et l'imagination.
23:41Oui,
23:41mais l'un de vos secrets
23:42d'écriture,
23:43c'est la recherche permanente
23:45du mot juste.
23:46Oui,
23:47c'est-à-dire celui
23:48qui va me créer
23:49moi-même
23:49une émotion.
23:51C'est-à-dire
23:51lorsque je me relis
23:52et je me relis
23:52à haute voix
23:53comme Flaubert
23:55faisait son gueuloir
23:56pour avoir
23:57le retour son
23:58sur les phrases,
23:59voir le tempo,
24:01les accélérations,
24:02les bémols,
24:04les temps suspendus,
24:06voir si ça fonctionne,
24:07voir aussi
24:08si l'image
24:09jaillit
24:09des sonorités.
24:11Parce que je n'aime pas
24:11les descriptions gratuites,
24:13j'aime donner à voir
24:14et souvent en décrivant
24:15le moins possible,
24:17mais
24:17en demandant
24:21aux mots
24:21par leur sonorité,
24:23leur architecture,
24:24leurs allitérations
24:24d'installer
24:27le décor
24:28et d'installer
24:28les couleurs
24:29et l'ambiance.
24:30Donc ça,
24:31ça demande évidemment
24:32une justesse,
24:32mais comme un musicien
24:33travaille
24:33avec des accords différents,
24:36mais toujours
24:36en cherchant la justesse.
24:37Mais ce n'est pas
24:38si fréquent.
24:39Lorsque Jean-Louis Curtis
24:40à l'Académie française
24:41célèbre en 1994
24:43le 300e anniversaire
24:44du dictionnaire,
24:46il dit
24:46que la langue française
24:47est menacée
24:48parce qu'on ne trouve
24:48plus le mot juste
24:49et il emploie ce mot.
24:50C'est vrai que la langue française,
24:52il faut faire attention,
24:53vous la défendez aussi
24:54à votre façon.
24:56Oui, parce que
24:56je lui dois
24:57tant d'émotions,
25:00tant de plaisir,
25:01tant de partage,
25:04mais mes histoires d'amour,
25:06y compris les premières,
25:07celles que je relate
25:08dans
25:08L'impasse des rêves,
25:10sont totalement liées
25:12à la langue française,
25:14à son maniement,
25:15à ce qu'elle révèle.
25:17C'est un inconnu
25:17que vous lisez.
25:18de vous ou pas d'ailleurs,
25:21ce qui va être révélé
25:21à votre insu
25:22à travers vos choix stylistiques
25:25et puis
25:26le bonheur d'écriture,
25:28cette expression
25:29qui est tellement juste
25:30mais qui n'arrive pas,
25:32ça ne vous tombe pas
25:32évidemment tout cuit
25:34et heureusement,
25:36parfois il faut
25:37des heures,
25:40des jours de combat
25:41sur une phrase
25:42pour arriver à ce qu'enfin
25:43elle sonne
25:44comme elle doit sonner.
25:46Juste,
25:46vrai,
25:47beau.
25:47Et en même temps,
25:48ça demande beaucoup de travail
25:49et ça demande d'éviter
25:50ce qu'on appelle
25:50la pollution sonore.
25:52Ça,
25:52vous ne supportez pas ?
25:54Oui,
25:55c'est de la distraction.
25:57Et vous parlez au silence
25:59à votre façon
25:59et quand on voit
26:00votre bibliographie
26:01à la fin de chacun
26:02de vos romans,
26:04on remarque
26:05qu'il y a des cycles,
26:06ce qui n'est pas si fréquent.
26:07Vous avez découpé
26:08auprès des 50 livres
26:09que vous avez publiés
26:09en cycles.
26:10En fait,
26:11c'est un critique
26:13qui a classé le problème
26:15mais il y en a eu deux
26:17d'ailleurs
26:18qui ont eu à peu près
26:18la même idée
26:19au même moment
26:20et c'était
26:21critique belge
26:24et puis
26:26il y a un critique français
26:29qui,
26:30d'un coup,
26:30on dit
26:31il y a à la fois
26:32les raisons d'amour,
26:34livrant d'amour
26:35avec la...
26:35Ce qui est
26:36vraiment,
26:38comme on dit,
26:38raison d'état,
26:39c'est la raison d'amour
26:40qui peut vous faire faire
26:41n'importe quoi
26:42ou une chose absolument
26:43géniale
26:44d'exaltation de soi
26:46ou de sacrifice total.
26:48Il y a
26:49les seconds départs
26:50qui est aussi
26:51quelque chose
26:52qui est au cœur
26:54de beaucoup de mes livres
26:55et puis
26:56les regards invisibles
26:58c'est-à-dire
26:58tous
26:58la manière dont
27:00nous pouvons regarder
27:01l'invisible
27:02ou dont l'invisible
27:02nous regarde
27:03dans tous les
27:04signes
27:05qui nous arrivent,
27:07tout ce qui peut se passer
27:08dans la conscience
27:09d'un animal
27:10ou d'un arbre
27:12qui n'ont pas
27:13évidemment la chance
27:14ou la malédiction
27:16d'avoir un vocabulaire
27:17qui leur permet
27:18de s'exprimer
27:19mais qui en même temps
27:20limite
27:21parfois
27:22leur champ d'expression.
27:25Mais ce qui est
27:26justement étonnant
27:27avec vous
27:27c'est que
27:27le rationnel que vous êtes
27:29adore l'irrationnel
27:30et ça vous avez fait
27:31des livres
27:32sur l'invisible,
27:33sur l'impossible
27:34et que c'est quelque chose
27:35qui fait beaucoup parler
27:37les publics
27:38y aller pour
27:38et y aller contre.
27:39Et les zombies
27:40vous passionnent ?
27:40Les zombies en général
27:41les enfants
27:42les utilisent
27:43dans les jeux vidéo
27:44aujourd'hui
27:44mais vous
27:45bien avant
27:46vous vous êtes passionné
27:47en fait le zombie
27:48est une figure
27:49du folklore haïtien
27:50qui désigne
27:50un homme
27:52en état de mort artificielle
27:53amnésique
27:54et sans volonté.
27:55Oui, non
27:55je ne suis pas du tout
27:56un zombie au fil
27:58j'ai traité ce sujet
28:01un jour
28:02parce que
28:02j'ai raconté
28:03la fabrication artificielle
28:04d'un zombie
28:04comment on arrive
28:06justement
28:06ou ailleurs
28:09à chosifier
28:10un être humain
28:11il y a d'autres techniques
28:12aujourd'hui
28:13de lavage de cerveau
28:14qui sont tout aussi efficaces
28:16que ces pratiques ancestrales
28:18mais non
28:19ce qui me fascine
28:21c'est
28:22c'est quand la science
28:23prouve
28:24la transmission
28:25de pensée
28:26les soins
28:28à distance
28:29le caractère
28:32inexplicable
28:33de certaines guérisons
28:34lorsque la science
28:36prouve le miracle
28:37et ça arrive
28:38tellement de fois
28:39que j'ai dû écrire
28:40plusieurs livres dessus
28:41c'est ce moment
28:42qui m'intéresse
28:43et puis la bascule
28:44entre ces esprits
28:45souvent
28:46très méfiants
28:48très sceptiques
28:49et pour de bonnes raisons
28:51tout à coup
28:53bascule
28:53ou en tout cas
28:54évolue
28:55vers la compréhension
28:56de choses
28:57provisoirement
28:57inexpliquées
28:58et c'est ça
29:00il faut un minimum
29:01d'humilité
29:02pour
29:03accepter
29:05d'être dépassé
29:06par des choses
29:07qui ne sont pas là
29:07pour nous humilier
29:08mais pour nous aider
29:08à grandir
29:09et côté humilité
29:10aussi
29:11quand vous avez eu
29:11le Goncourt
29:12et vous l'avez eu
29:13en 95
29:14on vous a proposé
29:15toutes sortes de choses
29:16y compris
29:16porter des vêtements
29:17de marque
29:18faire de la publicité
29:20vous avez tout refusé
29:21le plus extraordinaire
29:23c'est qu'on m'a proposé
29:25d'être le parrain
29:26d'un nouveau tranquillisant
29:27sur quoi j'ai répondu
29:29que ma vocation
29:29de romancier
29:30ne me semblait pas
29:32compatible
29:33avec le fait
29:33d'assommer les gens
29:35ou de les détourner
29:36de réalité
29:37parfois cruelle
29:39en tout cas
29:39pas
29:39un moyen chimique
29:42donc
29:43on m'a proposé
29:44aussi
29:45d'un saucisson
29:46d'une marque
29:46de vêtements
29:47oui mais bon
29:49beaucoup de Goncourt
29:50se retrouvent
29:51dans la même situation
29:52c'est le seul moment
29:53où un écrivain
29:53devient une proie
29:55pour le monde publicitaire
29:56enfin une proie
29:57au sens
29:57un appât
29:59un appât
29:59pour la clientèle
30:01en fait
30:02vous avez aussi
30:04refusé de porter
30:04des vêtements
30:05ce qui vous a empêché
30:06plus tard
30:06de vous ramasser
30:07une veste
30:07si j'ose dire
30:08ça c'est le passé
30:09puis le passé
30:10on va le réévoquer
30:11à travers la date
30:11de la sortie du livre
30:12le 11 septembre 2025
30:14à tout de suite
30:15sur Sud Radio
30:15avec Didier Vancovelart
30:17Sud Radio
30:18les clés d'une vie
30:19Jacques Pessis
30:20Sud Radio
30:21les clés d'une vie
30:22mon invité
30:22Didier Vancovelart
30:24on a évoqué
30:25votre passé
30:25et on y revient
30:26curieusement
30:27à partir de la date
30:28du 11 septembre 2025
30:30celle de la sortie
30:31de ce nouveau roman
30:32L'impasse des rêves
30:33où vous évoquez
30:34une histoire authentique
30:35qui remonte
30:36avant la parution
30:38de votre premier livre
30:3920 ans et des poussières
30:40en fait
30:40c'est une histoire
30:41au départ
30:42de manuscrits
30:44envoyés par hasard
30:45à un auteur
30:46et pas à l'autre
30:46par erreur
30:47et par erreur
30:48par erreur
30:48c'est une
30:49c'est vrai ça
30:49oui
30:50le point de départ
30:52c'est ça
30:52c'est une époque
30:53où je bombarde
30:55tous les éditeurs
30:56avec mes manuscrits
30:58et puis
30:59ils reviennent
31:00souvent
31:01avec le même genre
31:03de lettres type
31:03nous avons eu
31:05avec intérêt
31:06malheureusement
31:07votre texte
31:08n'entre pas
31:08dans notre ligne éditoriale
31:10c'est vraiment la formule
31:11qui revenait très souvent
31:12mais à chaque fois
31:12on n'est pas découragé
31:13à la fin
31:14non mais j'étais toujours
31:15sur un nouveau livre
31:16donc voilà
31:17je me disais
31:18bon ça cela marche pas
31:19mais le prochain
31:19et là
31:20je reçois
31:22une enveloppe
31:22habituelle
31:23de retour
31:25sauf que la lettre
31:27la lettre type habituelle
31:29commence par
31:29chère madame
31:30et elle est adressée
31:32et elle accompagne
31:34le manuscrit retourné
31:35Anaïs Forge
31:36et le roman s'appelle
31:38je te tuerai dimanche prochain
31:39alors je me dis
31:41bon
31:41erreur d'enveloppe
31:43en toute logique
31:44si je reçois
31:45le manuscrit
31:46refusé
31:47donc
31:47de cette
31:49femme
31:50elle a dû recevoir
31:51le mien
31:51et je me mets à lire
31:53et
31:54dès les premières pages
31:55je tombe amoureux
31:56je tombe amoureux
31:57de qui ?
31:58de l'héroïne
31:59de
32:00la romancière
32:02de l'alchimie
32:03entre les deux
32:04de
32:05de la manière
32:06à une époque
32:07où évidemment
32:08les deux passions
32:08de ma vie
32:09la création littéraire
32:12et la recherche
32:13de l'âme sœur
32:13se soldent
32:14par des échecs
32:15là tout à coup
32:16ok
32:18c'est encore
32:18un manuscrit
32:19refusé
32:19mais là
32:20je me dis
32:20c'est ma jumelle
32:22quoi
32:23et ça
32:23c'est authentique
32:24ça vous est arrivé
32:25le problème
32:30c'est que
32:30il y a une adresse
32:32mais il n'y a pas
32:32de téléphone
32:33moi sur mon manuscrit
32:35j'avais mon téléphone
32:37et c'est l'époque
32:39où on est en
32:401981
32:41il y a les répondeurs
32:42téléphoniques
32:43et un jour
32:44il y a un message
32:45mais il n'y a pas
32:46le numéro dessus
32:47et puis
32:47il y a un message
32:48raccroché
32:48et là je me dis
32:50si c'est elle
32:50qui appelle
32:51très peu de gens
32:52me téléphoner
32:53je me dis
32:55si elle a lu
32:58mon manuscrit
32:59si elle a
32:59je ne sais pas
33:00peut-être éprouvé
33:00les mêmes choses
33:01que moi
33:02elle n'ose pas appeler
33:04je ne vais pas
33:04moi renvoyer son roman
33:05par la poste
33:06et je décide
33:07d'aller sur place
33:08je prends ma vieille
33:09coccinelle
33:09et je me rends
33:11dans cette petite ville
33:12de Haute-Savoie
33:13et là
33:16d'abord
33:17l'adresse marquée
33:19n'est pas la sienne
33:20c'est l'adresse où
33:20c'est adressé
33:23le courrier
33:23mais on m'indique
33:25la vraie maison
33:25et j'arrive
33:26dans
33:27le lieu
33:28le décor
33:29du roman
33:30et
33:31elle ouvre la porte
33:33et elle est
33:33j'ai l'impression
33:35que c'est l'héroïne
33:35de son livre
33:36qui m'ouvre la porte
33:36et en plus
33:38je reconnais
33:38chaque élément
33:39du décor
33:39et
33:41pire que ça
33:42il y a une voix d'homme
33:43qui retentit
33:43et
33:44c'est son mari
33:46et
33:46il y a des enfants
33:47à l'étage
33:47et c'est ses jumelles
33:48ça aussi est autobiographique
33:50et donc je me retrouvais là
33:51vu la suite du roman
33:53tout ce qui est
33:54tous les
33:55les secrets
33:56les mystères
33:57la violence sous-jacente
33:59derrière une façade
34:01absolument idyllique
34:03et moi qui arrive là-dedans
34:04avec tout ce que je sais
34:06ce que j'ai cru être
34:07une pure invention
34:08du
34:09fantasme
34:10de
34:10romancière
34:12et là je me rends compte
34:14moi
34:15avec tout
34:15ce sous-texte
34:17et pire
34:17et toutes ces scènes
34:18préécrites
34:19ses rapports avec son mari
34:20et tout
34:20il se passe ce moment
34:23absolument incroyable
34:24et en plus
34:24parce qu'elle a éprouvé
34:27pour moi
34:27à travers mon manuscrit
34:29ressemble assez
34:30à ce que j'ai éprouvé
34:31mais il y a
34:32cette vie
34:33réelle
34:34dont elle parle
34:35et qu'elle décortique
34:36et dont je suis
34:42à la fois
34:43je suis le seul
34:45dépositaire
34:47du grand secret
34:47qui baigne ce livre
34:48c'est-à-dire
34:48un projet de meurtre
34:50est-ce que c'est
34:51un exorcisme littéraire
34:54ou est-ce que c'est
34:54quelque chose
34:55qui risque d'arriver
34:55alors on va pas en dire plus
34:57les personnes
34:58qui ont déjà lu le livre
34:59me disent surtout
34:59n'en parle pas
35:00ne dit rien dessus
35:02justement
35:02le point de départ
35:03c'est justement
35:04une histoire authentique
35:05et après
35:05vous avez imaginé
35:06ce qui s'est passé
35:07ou est-ce qu'il y a des rapports
35:08justement
35:09une chose
35:09qu'ils ont lu
35:11comme vous
35:13je pense d'ailleurs
35:14vous aurez tendance
35:16à me le dire
35:16pour épargner
35:17les autres lecteurs
35:18épargner leur
35:19leur suspense
35:20et leur plaisir
35:22et leurs émotions
35:23ne me dites pas
35:27ce qui est vrai
35:27et ce qui est inventé
35:28c'est à chacun de choisir
35:29et c'est vrai
35:30c'est un livre
35:31où je expose énormément
35:33et où j'expose énormément
35:35avec leur consentement
35:36ces personnes
35:37qui ont
35:38selon la formule
35:40consacré
35:40existant
35:42ou ayant existé
35:43et puis après
35:44il y a tout le travail
35:45du romancier
35:46la vérité du romancier
35:48n'a rien à voir
35:49avec l'exactitude
35:49des faits
35:51il faut parfois
35:51tordre le cou
35:53aux faux semblants
35:54de la réalité
35:54pour que la fiction
35:57devienne révélatrice
35:59elle qui s'est construite
36:00à partir
36:01d'instincts
36:02de contre-pieds
36:04de non-dits
36:05qui ont amené
36:07à des déductions
36:08derrière
36:09une façade
36:10illusoire
36:12tronquée
36:13donc
36:15voilà
36:16il y a tout ça
36:17dans ce roman
36:18et puis
36:18qui pose une question
36:20qui je pense
36:21concerne tout le monde
36:22est-ce que
36:25la culpabilité
36:27est
36:27le terreau
36:29d'un grand amour
36:30d'une grande passion
36:31ou est-ce qu'elle en est
36:32le frein
36:33ou est-ce qu'elle en est
36:34l'obstacle
36:35est-ce que parfois
36:36on va tout faire
36:38pour oublier
36:38quelque chose
36:39ou bien qui vous fait trop mal
36:41ou bien le sentiment
36:42qu'on a d'avoir fait mal
36:43dans les deux sens du terme
36:45d'avoir
36:45mal fait quelque chose
36:47et d'avoir fait du mal
36:48donc
36:49voilà
36:50le moment était venu
36:52de coucher sur le papier
36:54toutes ces
36:55toutes ces émotions
36:58qu'on retrouve
36:59dans beaucoup de mes livres
37:00tous ces questionnements
37:01et
37:02voilà
37:02ce roman est un retour aux sources
37:04parce que vous n'en aviez jamais parlé
37:06et vous dites que vous avez écrit ce livre
37:07parce que vous en avez obtenu
37:09l'autorisation
37:10d'Igne Vongole
37:11c'est plus que l'autorisation
37:12c'est
37:13bon
37:13c'était la phrase
37:15que
37:15que me dit
37:16qui s'appelle
37:18Anaïs
37:19dans le roman
37:20notre histoire est à toi
37:24invente
37:25ce qui te paraîtra
37:26le plus vrai
37:27c'est
37:29le cahier des charges
37:30que
37:30que j'ai suivi
37:32oui
37:32et qui en même temps
37:34traduit
37:37ma
37:37ma sincérité
37:38mon envie
37:39d'aller
37:39plus loin
37:40que
37:41que les événements réels
37:43ou les
37:43les prolongements
37:46que je leur ai donnés
37:47et
37:48voilà
37:49cette histoire
37:50est très importante
37:51dans votre carrière
37:52de romancier
37:52c'est presque la source
37:54de Nidine Vongole
37:55c'est ce point de rencontre
37:56entre mes deux passions
37:57la passion de l'écriture
37:59et puis la passion amoureuse
38:01qui vous lie
38:02à une âme sœur
38:03donc ce moment
38:04charnière
38:05ce moment bascule
38:06
38:08tout ce que j'ai travaillé
38:09dans la
38:10dans la solitude
38:11tout ce que j'ai
38:11j'ai espéré
38:13de
38:13dans les liens amoureux
38:16que je voulais créer
38:16tout ça
38:17la vie me l'apporte
38:18mais la vie me l'apporte
38:20parce que
38:21je l'ai préécrit
38:22et
38:23et pour elle
38:24c'est la même chose
38:25sauf qu'elle
38:25son roman
38:27euh
38:28bon
38:29là je vais m'arrêter
38:30d'en parler
38:30parce que là
38:31ce qu'elle
38:32en fait ce qu'elle met
38:34dans son roman
38:35va tellement influencer
38:37la réalité
38:37ou des personnes
38:38de la réalité
38:39que à cause
38:42de mon intrusion
38:42dans sa vie réelle
38:44porteur de toutes
38:45ces désinformations
38:45contenues dans son roman
38:47euh
38:48évidemment
38:48ça va
38:49ça va créer
38:50euh
38:51ça va créer
38:53un séisme
38:54un séisme
38:55les problèmes
38:56des drames
38:56des grands bonheurs
38:57et
38:58et une renaissance
39:00il y a
39:00car
39:02toutes ces parties
39:05de destruction
39:06euh
39:07va aller de pair
39:09avec une reconstruction
39:10vous ne pensiez pas
39:12un jour publier ce roman
39:13vous ne pensiez pas
39:13l'écrire
39:14dit Ivan Covelart
39:15j'en ai
39:16euh
39:16j'en ai écrit
39:19l'essence
39:19dans certains autres
39:20de mes livres
39:21dans ce
39:22ce rapport
39:23entre
39:23euh
39:24entre cette femme
39:27qui donne les clés
39:27de sa réalité
39:29sous couvert
39:29d'une
39:30une fiction
39:30entre ces
39:31ces deux hommes
39:34autour d'elle
39:34qui se
39:35se disputent
39:38son
39:39son
39:40son regard
39:41son
39:42son amour
39:44son
39:44et puis
39:45un troisième
39:46qui arrive là
39:47au milieu
39:48voilà
39:52disons que là
39:52je suis
39:52en partant de moi
39:54au départ
39:55et
39:55en montrant comment
39:56tout n'est début
39:58parce que
39:58ma publication
39:59elle est liée
40:00à cette rencontre
40:01ça a été
40:01un porte-bonheur
40:03qui après
40:03est devenu
40:04peut-être
40:08pour eux
40:08un porte-souffrance
40:10mais
40:10c'est
40:13totalement
40:15imbriqué
40:15totalement lié
40:16et
40:17et voilà
40:19et dans ce livre
40:20vous évoquez aussi
40:21la publication
40:22de le premier roman
40:23des vingt ans et des poussières
40:24qui là aussi
40:25a été un moment de bonheur
40:26lorsque vous avez reçu
40:27un coup de fil
40:27de l'éditeur Jean-Marc Roberts
40:29oui parce que
40:31au retour de la rencontre
40:34avec Anaïs
40:35en Haute-Savoie
40:36dans la boîte aux lettres
40:38m'attend
40:39un télégramme
40:40alors à l'époque
40:41un télégramme
40:42c'était quand même
40:43lié à
40:44souvent
40:45à des mauvaises nouvelles
40:45quoi
40:46décès de quelqu'un
40:47ou une
40:48et j'ouvre ça
40:50et
40:50je tombe sur
40:52un télégramme
40:53j'en suis à la moitié
40:56je trouve ça très bien
40:59ne le donner à personne d'autre
41:00signé Jean-Marc Roberts
41:01édition du Seuil
41:02et le lendemain
41:04j'ai un coup de fil
41:05de Jean-Marc Roberts
41:06qui me donne rendez-vous
41:07dans son bureau
41:08et quand j'arrive
41:09le contrat est là
41:09ce moment complètement magique
41:11de la publication
41:12de vingt ans et des poussières
41:14est lié
41:15pour moi
41:16totalement
41:17à la rencontre
41:18avec cette romancière
41:19qui
41:20elle
41:20avait été refusée
41:21comme moi
41:22et je me dis
41:22mais peut-être
41:23je vais aussi
41:23pouvoir la faire publier
41:24alors que
41:25surtout pas que ce livre
41:26terrible
41:28dans lequel elle donne
41:28tous ses secrets
41:29ses tentations
41:30soit
41:31soit
41:32soit connue
41:34donc
41:34il y a ce mélange
41:37de
41:37de ce conte de fait
41:39que je me retrouve
41:40en train de vivre
41:41et de ce
41:41et de ce drame
41:42sous-jacent
41:43qui va se nouer
41:44en partie
41:45à cause de moi
41:46dans le même temps
41:46alors vous avez été couvert
41:47de prix
41:48notamment le Goncourt
41:49mais le premier prix
41:50vous l'évoquez
41:50justement dans ce livre
41:51c'est le prix
41:51Chino Del Duca
41:52on a oublié
41:53Chino Del Duca
41:53mais c'est quand même
41:54quelqu'un
41:54qui a inventé
41:55le roman photo
41:56en France
41:56après l'avoir inventé
41:57en Italie
41:58qui a créé un journal
41:59qui s'appelle
41:59Paris Jour
42:00dans lequel le jeune
42:01chroniqueur parisien
42:02était Jacques Chancel
42:03oui et puis
42:04la fondation Del Duca
42:07donc
42:07grand mécène
42:09et puis
42:09donner un prix
42:11pour l'ensemble
42:12de son oeuvre
42:12et
42:13bourse pour un jeune auteur
42:15et c'est donc
42:16mon premier prix
42:16qui m'a été remis
42:18par Maurice Schumann
42:19qui était directeur
42:21du jury littéraire
42:23et Maurice Schumann
42:25la voix de la France Libre
42:26à Londres
42:27sur Radio Londres
42:27et ce grand homme
42:30avec cette voix magnifique
42:31qui au salon du livre
42:32de Nice
42:32c'était là
42:33que se donnait le prix
42:34dans ma ville natale
42:35par hasard
42:36c'était à l'époque
42:39avant qu'existe
42:40le salon du livre de Paris
42:41c'était la ville
42:42qui avait inventé
42:42le salon du livre
42:43et Maurice Schumann
42:46avec cette voix
42:47de Radio Londres
42:49me fait un discours
42:51au théâtre de Verdure
42:52de Nice
42:52au passé simple
42:54et à côté de lui
42:55j'ai l'impression
42:56d'être mort
42:57et
42:58qu'on fait mon éloge funèbre
43:00au moment
43:00de la pose
43:01d'une plaque commémorative
43:02dans ma maison natale
43:04moi qui adore
43:05ces décalages
43:06dans la vie
43:07et puis ce moment
43:10correspond
43:11au retour d'Anaïs
43:13dans ma vie
43:14une fois que le livre
43:14est publié
43:15et à tout ce qui va
43:16se passer entre nous
43:17donc quand je vous disais
43:18que tout est
43:18tricoté
43:19cette passion littéraire
43:21qui enfin envoie
43:22le jour
43:23et me permet
43:24de vivre
43:25et d'en vivre
43:27et d'être
43:28le produit
43:30de mes livres
43:31ce que je suis
43:31avant tout
43:34parce que
43:35d'abord
43:36ce que j'estime
43:37être le meilleur
43:37de moi
43:38se trouve dans mes livres
43:39le plus travaillé
43:40en tout cas
43:40le plus sincère
43:41aussi
43:41et
43:42et puis
43:44j'en suis
43:46le produit
43:47de la même manière
43:50qu'Anaïs
43:50a été
43:51pour le meilleur
43:53et pour le pire
43:53le produit
43:54de son roman
43:55à elle
43:56même s'il n'a pas
43:58été édité
43:58et en même temps
43:59cette histoire
44:00que vous racontez
44:01chacun d'entre nous
44:02pourrait la vivre
44:02ou peut-être
44:03la vécu
44:03d'une autre façon
44:04avec quelqu'un d'autre
44:04oui bien sûr
44:05c'est
44:06ces premiers amours
44:08ces amours impossibles
44:09ces amours
44:10qui déclenchent
44:12qui
44:12qui exaltent
44:14et qui en même temps
44:16peuvent
44:18détruire
44:19peuvent
44:20rendre aussi
44:21la suite
44:22difficile
44:25parce que
44:25quand la barre
44:27était aussi
44:27haute
44:27que tout
44:28a été
44:29exalté
44:29satisfait
44:30magnifié
44:32il est dur
44:34de revenir
44:34sur terre
44:35dans des relations
44:36plus
44:37traditionnelles
44:39plus basiques
44:40et en même temps
44:41on ne peut pas
44:42s'enfermer
44:43dans un impossible
44:45joué au passé
44:47mais
44:47la première phrase
44:48du livre
44:49c'est
44:49quand le passé
44:51nous rattrape
44:52c'est parfois
44:52pour redonner
44:53un sens
44:54au présent
44:54et
44:55ces moments
44:56du passé
44:57qui sont
44:57des trésors
44:58mais ils sont
44:58des trésors
44:59douloureux
45:01parfois
45:02bouleversants
45:03remuants
45:04déstabilisants
45:05sont toujours là
45:07oui pour vous
45:08pour vous redonner
45:10du sens
45:11pour vous remettre
45:11au coeur
45:13de vos priorités
45:14de vos fidélités
45:15de vos émotions
45:17ce livre s'appelle
45:18l'impasse des rêves
45:19mais surtout
45:19ne faisons pas
45:20l'impasse
45:20de ne pas le lire
45:21parce que c'est
45:21justement un rêve
45:22c'est chez
45:23Albin Michel
45:24merci d'avoir écrit
45:24parce que
45:25je pense qu'effectivement
45:26toutes et tous
45:27on se reconnaîtra
45:28dans cette histoire
45:28qu'il ne faut surtout
45:29pas dévoiler
45:30non
45:30merci
45:31et à bientôt
45:33le clé d'une vie
45:34c'est terminé
45:34pour aujourd'hui
45:35on se retrouve bientôt
45:36restez fidèles
45:37à l'écoute
45:37de Sud Radio
45:37pour aujourd'hui
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