- il y a 2 mois
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PersonnesTranscription
00:00Sud Radio, les clés d'une vie, Jacques Pessis.
00:03Sud Radio, les clés d'une vie, celle de mon invité.
00:06Le réalisateur que vous êtes n'a jamais fait de cinéma au quotidien, bien au contraire.
00:10Vous le démontrez dans un livre de mémoire,
00:13où vous racontez comment vous avez quitté un HLM pour construire votre carrière.
00:18Bonjour Fabien Otaniente.
00:20Bonjour.
00:21Alors, on vous retrouve non pas avec un film cette fois-ci, mais avec un livre.
00:24Alors, on n'attend pas Fabien, chez Stock.
00:27On va l'évoquer, ça va être le fil conducteur de notre émission aujourd'hui,
00:30à travers des dates clés, puisque c'est le principe des clés d'une vie.
00:33Et j'ai trouvé plein d'éléments dans ce livre qui vont nous servir, et des dates.
00:37Par exemple, le 23 août 1972, c'est la date de sortie d'un film qui a marqué vos jeunes
00:42années.
00:46Elle cause pluie, elle flingue.
00:48Et ce film, vous avez assisté au tournage.
00:51Ben oui, parce que j'étais...
00:52Je vivais dans une banlieue est de Paris,
00:55où il y avait une grosse communauté portugaise.
00:57Moi, je vivais dans une cité HLM,
00:59et il y avait une voie ferrée qui passait vraiment très près.
01:03Et elle passait tellement près qu'on avait l'impression
01:05qu'on était une famille de gardes barrières.
01:07Et de l'autre côté...
01:09Vous avez déjà une locomotive.
01:10Oui.
01:11Et de l'autre côté, il y avait des bidonvilles.
01:13Et un jour...
01:15Bon, nous, c'était notre terrain de jeu, ces bidonvilles.
01:17On allait en vélo, on était en short, en chaussettes,
01:20et on avait nos vélos.
01:21On allait manger des prunes.
01:22C'était un terrain de jeu.
01:24Et puis, un jour, arrivent des camions,
01:26tout un barnum qui s'installe.
01:28Ils construisent une maison louisiane
01:30en deux temps, trois mouvements.
01:32Alors, ça nous intriguait.
01:33Moi, je suis resté de plus en plus voir ce qui se passait.
01:36Et sont apparus des comédiens
01:38qu'on admirait.
01:41Bernard Blier, Annie Gérardot,
01:43Maurice Birault, Jean Carmet,
01:44et bien d'autres.
01:46Alors là, le tournage...
01:48C'était le tournage, effectivement,
01:50un film de Elle, Cospule et le Flingue,
01:51un film de Michel Audiard.
01:53Et moi, j'allais de moins en moins à l'école
01:54et de plus en plus voir ce tournage.
01:56Et puis, un jour, il y a eu une scène
01:57où Jean Carmet tend au personnage de Jésus
02:01une chaussette qui était assez grise,
02:03assez sombre,
02:04et qu'elle ne se voyait pas.
02:05Donc, ça posait un problème à la script.
02:08Et du coup, Michel Audiard a repéré
02:10que j'avais des chaussettes rouges.
02:12Il vient vers moi.
02:12Et il s'adresse à moi en me disant
02:14« Gamin, on aurait besoin de tes chaussettes. »
02:18Et je lui ai donné mes chaussettes.
02:21Je lui ai donné ma chaussette, en tout cas.
02:24Moteur, action, clap.
02:26Et là, tout le monde se marre
02:28parce que ma chaussette était bien trop petite.
02:30Je faisais du 32.
02:32Donc, Michel Audiard est revenu vers moi.
02:34Il m'a dit « Gamin, la chaussette,
02:35tu ne fais pas l'affaire,
02:36mais tu pourras rester parmi nous. »
02:37Et je serai devenu la mascotte.
02:39Et dans la maison louisiane
02:41qui s'était construite très vite
02:43d'haricoles, jouée entre les prises.
02:45Et moi, j'étais à côté de lui.
02:47Donc, c'était ma première piqûre
02:48avec le cinéma.
02:50Oui, en fait, ce film ne devait pas s'appeler
02:51au départ « Elle cause plus, elle flingue ».
02:54Mais avant, ils avaient fait
02:55« Elle ne boit pas, elle ne fume pas,
02:56elle drague pas, mais elle cause ».
02:58Et donc, ils ont voulu reprendre le même principe.
03:00Mais le premier titre du film,
03:01c'était « Son business pour l'éternité ».
03:04Ah ! Je ne le savais pas.
03:05Un titre de travail.
03:06Alors, c'est vrai que depuis,
03:08il y a toujours un hommage à Michel Audiard
03:10dans vos films.
03:11Fabien Antoniente.
03:12Oui, parce que j'aime ce phrasé populaire
03:15qui est vraiment...
03:17qui est sa marque de fabrique,
03:18qui est sa signature.
03:20Et on a eu dans tous les films...
03:23Il y a eu des films qu'il a écrits,
03:25il y a eu des films qu'il a réalisés,
03:27qui étaient plus...
03:29qui étaient des vrais bazars, quoi.
03:31Oui, c'est vrai.
03:32Un peu n'importe quoi.
03:33Et j'avais du mal à comprendre
03:34de l'extérieur le tournage, d'ailleurs,
03:36de « Elle cause plus, elle flingue ».
03:37Mais quand je l'ai vu,
03:38ce n'était pas facile à comprendre,
03:40effectivement, le film.
03:41Je crois que même lui,
03:41il n'a pas toujours tout compris.
03:43Mais il avait envie de faire autre chose
03:45que des scénarios.
03:45Oui, oui.
03:45Et puis surtout,
03:46il avait une plume merveilleuse.
03:48Et quand il a commencé
03:49à passer dans un registre
03:51beaucoup plus dramatique,
03:52il avait écrit un livre, d'ailleurs,
03:55qui avait « Mes nuits sont plus belles que vos jours ».
04:00Oui, c'est ça.
04:00C'est ça.
04:01« Sur la mort de son fils ».
04:03Et c'était un livre extrêmement émouvant,
04:05où il se livrait un peu plus.
04:09Et d'ailleurs,
04:10il y avait déjà aussi cette écriture
04:13que j'ai beaucoup aimée,
04:14quand il a écrit un film comme « Garde à vue ».
04:16Exactement,
04:17qui était aussi un classique.
04:19Mais ce qui me fascine,
04:20c'est que Baudière,
04:21que j'ai bien connu,
04:21de son vivant,
04:22il était désespéré
04:23parce que tous les critiques le démolissaient.
04:25Et il m'a dit un jour,
04:26« Quand je serai mort,
04:27on me reconnaîtra ».
04:28C'est ce qui s'est passé.
04:30Parce que parfois,
04:31je me dis aussi,
04:31mais il se trouve qu'avec le livre,
04:36les gens...
04:37Je reçois de meilleures critiques
04:39que parfois sur mes films.
04:41Donc là, c'est assez unanime.
04:43Donc le livre marche bien.
04:44Et donc,
04:45c'est déjà une petite récompense
04:46de mon vivant.
04:47Alors, il se trouve que dans ce livre,
04:49vous évoquez votre père
04:50qui était un homme très rigoureux.
04:52D'abord, il était comptable
04:53chez Sud Aviation,
04:54la compagnie,
04:55entre autres,
04:55le Concorde et la Caravelle.
04:57Mais à la maison,
04:58c'était la rieur totale.
04:59Oui, il était très sévère.
05:01Il voulait,
05:02comme on disait à l'époque,
05:04qu'on ait une belle situation.
05:07Donc, il fallait travailler.
05:09Tout ce qui était distraction,
05:12ce n'était pas le bienvenu.
05:14Donc, il ne voulait pas
05:14que je fasse de foot.
05:17Pas de basket.
05:18Pas de basket.
05:20Enfin, c'est ma mère
05:21qui nous permettait
05:22en cachette
05:25de faire
05:26toutes ces activités.
05:28Et donc,
05:29en faisant ça,
05:30il a développé
05:32mon côté insolent
05:33et mon côté espiègle.
05:36Donc,
05:37c'est peut-être aussi
05:39grâce à lui
05:39et sa sévérité
05:41que je suis devenu
05:42ce que je suis devenu.
05:43En fait,
05:44votre père est pied noir
05:45et votre mère est bretonne.
05:46C'est un curieux mélange.
05:47Oui, mon père était un pied noir.
05:49Donc, évidemment,
05:50qui trimballait une mélancolie
05:52parce que
05:52quand on arrive
05:53d'un autre pays
05:55et qu'on arrive
05:55dans le banlieue parisienne,
05:57il trimballait vraiment
05:58cette mélancolie
05:59qui rejaillissait d'ailleurs
06:00les jours fériés,
06:02les dimanches
06:03où c'était vraiment triste.
06:05Et parfois,
06:06je me disais
06:06mais comment on va sortir de là ?
06:08Et c'est souvent par le rire
06:11que je m'en sortais.
06:12Donc, le rire m'a permis
06:14de sortir d'une certaine torpeur.
06:16Et ma mère
06:16était une bretonne
06:18d'île et vilaine
06:20tout en granit
06:21costaud
06:22et avec une devise
06:24ne jamais se plaindre.
06:25Elle avait été élue
06:26Miss Bretagne, je crois.
06:27Oui, Miss Bretagne.
06:28Elle a pu être Miss France.
06:29Elle a été Miss Bretagne.
06:30Déjà, c'était pas mal.
06:32Mais elle a donné tout
06:34à ses enfants.
06:35C'est une maman
06:37avec un grand M
06:38qui nous a aimés
06:39avec un grand M.
06:43elle a peut-être
06:44mis son mouchoir
06:45sur certaines
06:46de ses ambitions
06:47pour élever
06:48ces quatre enfants
06:49assez turbulents
06:50que nous étions.
06:51Oui, mais en même temps,
06:52Fabien Antoniente,
06:52vous étiez un enfant
06:54assez solitaire.
06:55Oui.
06:56Oui, c'est vrai.
06:58Parce que j'étais souvent
07:00en train de rêver,
07:01de réfléchir,
07:02de penser.
07:04Alors, ce qui m'a permis
07:06de m'ouvrir aux autres,
07:08c'est un peu le football.
07:10Parce qu'on jouait,
07:11on était des enfants
07:12de toutes les couleurs,
07:13on se réunissait,
07:14on n'avait pas de jardin,
07:15donc notre jardin,
07:16c'était le stade du coin.
07:18Et c'est ce qui m'a permis
07:19l'ouverture aux autres.
07:20Et puis aussi,
07:22ce qui m'a permis l'ouverture,
07:24c'est ma maman,
07:25c'est la lecture.
07:28Elle nous a offert
07:29nos premiers livres.
07:31Je travaillais plutôt bien
07:32à l'école,
07:33donc j'avais des prix
07:34d'excellence.
07:35Pas les premiers prix,
07:38mais j'avais des bons prix.
07:39Et j'avais des prix
07:40de camaraderie aussi,
07:41donc la lecture m'a ouvert,
07:44m'a ouvert les yeux.
07:45Et puis le cinéma,
07:47le cinéma m'a donné,
07:51les séances de cinéma
07:52m'ont donné aussi
07:53une autre envie.
07:54Parce que comme ce père
07:55était sévère,
07:57qui était sérieux,
07:58un jour,
07:59je me rappelle
07:59de cette première impression
08:01au cinéma,
08:01on a été dans le cinéma
08:02de quartier
08:03où il y avait
08:04tout ce rituel
08:05quand on poussait
08:05les grosses portes en bois,
08:06les fauteuils rouges,
08:08les ouvreuses
08:09qui passaient
08:10en disant
08:10bonbon, esquimaux,
08:12chocolat glacé,
08:13toute cette ambiance.
08:14Et les premières parties.
08:16Puis le rideau rouge
08:18qui s'ouvrait
08:18pour le film.
08:20Et le film,
08:20c'était le corneau
08:21avec Louis de Funès
08:22et Bourville.
08:24Et là,
08:24tout le monde riait.
08:25Et surtout,
08:26mon père,
08:26qui ne riait pas souvent,
08:28riait.
08:28Donc je me suis dit,
08:29c'est vraiment ça
08:30que je veux faire.
08:31Et ce film,
08:32en plus,
08:32au départ,
08:33la star,
08:34c'était Bourville.
08:35De Funès est arrivé
08:36et devenu star
08:36grâce à ce film.
08:37D'ailleurs,
08:37il y a eu une petite bagarre
08:38entre eux
08:39via Gérard Roury
08:40sur le nombre de répliques
08:41chacun de son côté.
08:42Et ce film
08:43était inspiré
08:43d'une histoire vraie.
08:45Il y avait un présentateur
08:45de télévision,
08:46Jacques-Angèle Vain,
08:47qui présentait
08:47Paris Club,
08:48le premier talk show
08:49de la télévision.
08:50Il se retrouve
08:50à New York
08:51avec sa voiture.
08:52Il y a la drogue
08:52dans sa voiture.
08:53Il a passé 7 ans
08:54en prison.
08:56A la fois French Connection
08:57et Le Corneau
08:58sont nés de cette histoire
08:59de Jacques-Angèle Vain.
09:00Ah, c'est incroyable.
09:01C'est fou.
09:02Et ce film a lancé
09:03véritablement de Funès.
09:04Il y a eu aussi
09:05une chose qui vous a lancé
09:06car vous avez chanté,
09:07je crois,
09:08dans un concours.
09:09Vous avez chanté
09:10du Topaloff.
09:11J'ai bien mangé,
09:13j'ai bien bu,
09:13j'ai la peau du ventre
09:15bien tendue,
09:16merci petit Jésus.
09:18Et donc,
09:19c'était effectivement,
09:20j'avais participé
09:20à un concours de chant
09:23en fait,
09:23avant Noël,
09:24il y avait ces quinzaines
09:25commerciales
09:26où les commerçants
09:27se cotisaient
09:28pour animer la cité
09:30et je me revois
09:32être sur un podium
09:33à essayer de chanter.
09:35Donc, petit à petit,
09:36ce côté solitaire
09:39se brisait
09:40pour essayer
09:41de faire rire,
09:44d'être avec les autres.
09:47Et j'avais gagné
09:48un prix avec cette chanson.
09:50Mais la preuve,
09:51on n'y arrive pas tout de suite.
09:52Patrick Topaloff
09:52fait un concours
09:53pour Radio Monte Carlo
09:54avec Jean-Pierre Foucault.
09:55Il le gagne.
09:56Il gagne trois mois
09:57à la nuit
09:58sur Radio Monte Carlo.
09:59À la fin des trois mois,
10:00on lui dit
10:00vous n'êtes pas fait
10:01pour la radio dehors.
10:02On voit ce qui s'est passé ensuite.
10:04Ah, d'accord.
10:05Et puis,
10:06je crois que Noël,
10:06c'était festif.
10:07pour vous,
10:08le calendrier de l'Avent
10:09et Noël
10:09étaient très importants
10:10pour vous,
10:10Fabien Antoniente.
10:12Oui, oui, oui.
10:12Je fais partie
10:13de ces gens
10:14qui,
10:15dès le 1er décembre,
10:17quand arrivent
10:19tous les préparatifs
10:20de Noël,
10:21j'aime cette période-là.
10:22On va dire
10:23que je suis Noël au fil.
10:25Et donc,
10:26jusqu'au 24,
10:28la tente,
10:30on écrivait nos lettres
10:31au Père Noël.
10:32Enfin,
10:32on était dans
10:33cette espèce
10:34de joie de l'enfance.
10:37Et ce que je n'aimais pas,
10:38c'était
10:40quand Noël était passé,
10:41le lendemain,
10:42bon,
10:42on avait certes
10:43des cadeaux,
10:43tout ça,
10:44mais c'était
10:45moins bien que la tente.
10:47Et je me rappelle
10:48des coups de blouse
10:49quand arrivait
10:50le 25 décembre,
10:51et je l'ai toujours,
10:52à 17h,
10:54ma mère disait,
10:56c'est ce proverbe
10:57qui lui vient sûrement
10:58de Bretagne,
10:59après la fête,
11:00adieu le Saint.
11:01Voilà.
11:01Eh bien écoutez,
11:02en tout cas,
11:02il y a un beau cadeau
11:03à faire,
11:03celui de votre livre.
11:05On va en parler
11:05dans quelques instants
11:06à travers une autre date,
11:08le 30 mai 1968.
11:11A tout de suite
11:11sur Sud Radio
11:12avec Fabien Antoniente.
11:15Sud Radio,
11:16les clés d'une vie,
11:17Jacques Pessis.
11:18Sud Radio,
11:19les clés d'une vie,
11:20mon invité Fabien Antoniente
11:21pour ce livre
11:22Alors,
11:23on n'attend pas Fabien
11:24du HLM
11:25au box-office
11:26chez Stock.
11:26On en parle
11:27tout au long de l'émission,
11:28on en parlera plus longuement
11:29tout à l'heure.
11:30Et dans ce livre,
11:31j'ai repéré une date
11:32le 30 mai 1968.
11:34C'est une véritable bataille
11:36qui va durer 4 heures.
11:38Les grenades lacrymogènes
11:39dont on parlera longtemps
11:40exploraient...
11:40Un million de personnes
11:41sur les Champs-Elysées
11:41et un petit garçon
11:43qui s'appelle Fabien.
11:43Oui,
11:44c'est vrai.
11:45Car vous êtes là.
11:45Oui,
11:46parce qu'en fait,
11:46mon père était
11:49gaulliste,
11:49ici,
11:51et je n'ai jamais compris
11:53vraiment parce que,
11:53bon,
11:54lui,
11:54pied noir,
11:55qui s'était fait chasser
11:56d'Algérie,
11:58vénérait le grand.
12:00Il l'appelle grand.
12:01Le grand Charles.
12:03Et je me rappelle même,
12:04pendant les événements de 68,
12:06il avait installé...
12:08Alors là,
12:09pour moi,
12:09c'est encore un traumatisme.
12:10Il avait installé
12:11une grande croix de Lorraine
12:12qu'il avait peinte en blanc.
12:13Ça fait que mes copains
12:14croyaient que je faisais
12:15de la pub pour Vittel.
12:18et donc,
12:19il voulait manifester
12:20que lui,
12:20il n'était pas du tout
12:21pour ces événements
12:22et il y a eu
12:23une contre-manif.
12:25Et j'ai été avec mon papa
12:28cette contre-manif
12:29qui était
12:29un rassemblement
12:30de malades.
12:31Vous en souvenez,
12:32comment c'était ?
12:35En fait,
12:36c'était tous ces gens
12:36qui voulaient dire
12:38non à 68.
12:39Exactement.
12:40Et moi,
12:40ils m'avaient entraîné...
12:42Vous étiez au milieu
12:42de cette foule
12:43parce qu'il y avait
12:43un million de personnes.
12:44Oui,
12:44c'était énorme.
12:45On y avait été en train.
12:47Nous,
12:47on vivait en banlieue parisienne
12:49donc,
12:49on vivait sur Marne.
12:50On prenait le train
12:50jusqu'à la guerre de l'Est
12:51puis ensuite le métro
12:52et on arrivait
12:54sur le lieu
12:55de la manifestation.
12:56Oui,
12:56surtout qu'elle s'est décidée
12:58officiellement le jour même.
12:59Oui.
12:59Mais en même temps,
13:00on sait aujourd'hui
13:01que Jacques Faucard
13:02qui était un des collaborateurs
13:03du général de Gaulle
13:04avait préparé
13:05cette éventualité
13:06quatre jours avant
13:06avec l'accord de De Gaulle
13:08en disant
13:08si c'est normal
13:09on fera une manif
13:10sur les Champs-Elysées.
13:11Et oui.
13:11Donc,
13:12c'est né bien avant.
13:13ça a été spontané
13:14mais préparé.
13:15Elle a été préparée,
13:16oui.
13:17Mon père collait des affiches
13:20pour...
13:21Je crois qu'on appelait ça
13:22l'UNR à l'époque.
13:23exactement.
13:24Parce qu'il y a encore
13:25un pont pas loin de chez moi
13:27où on voit
13:28oui à l'UNR
13:29et je revois
13:31les écritures
13:31des collègues
13:32de mon père
13:33qui peignaient la nuit
13:35leur soutien
13:36au général de Gaulle.
13:37D'ailleurs,
13:38vous avez hérité
13:38du livre de votre père
13:39Les mémoires du général de Gaulle.
13:41Oui,
13:41c'est ce que j'ai...
13:42Il y en a plusieurs.
13:43Oui.
13:44C'est les mémoires
13:45du général.
13:47Et puis,
13:48il y a aussi
13:49le 14 juillet
13:49qui était une tradition
13:50où vous arriviez
13:51toujours en retard.
13:53Ah oui.
13:53Alors,
13:53le 14 juillet...
13:54Parce que nous,
13:55on venait de banlieue.
13:56Oui.
13:57Et mon père,
13:57bon,
13:58avait son rythme à lui.
14:00Donc,
14:00on arrivait toujours en retard
14:01pour voir la parade.
14:04Moi,
14:04j'ai toujours aimé
14:05cette parade
14:06du 14 juillet.
14:07On voyait les militaires.
14:08Mais moi,
14:09ce qui me fascinait,
14:10c'était la garde républicaine.
14:12Parce qu'ils étaient à cheval,
14:13il y avait leur propre musique.
14:15Mais comme on était derrière,
14:16on avait des périscopes,
14:18comme dans les souverains
14:19qu'ils vendaient sur le...
14:21Qu'ils vendaient,
14:22c'était des périscopes en carton
14:25avec deux miroirs
14:25pour pouvoir voir.
14:27parce que sinon,
14:27on ne voyait rien.
14:28Et donc,
14:29c'était notre joie.
14:30On voyait la parade
14:32à travers les périscopes.
14:33Et notamment,
14:33cette garde républicaine
14:34qui était majestueuse,
14:36qui ouvrait le défilé.
14:38Et il y avait aussi...
14:39Mon père adorait
14:40parce que, bon,
14:41il y avait certaines personnes
14:43qui venaient peut-être
14:44d'Afrique du Nord
14:45et qui étaient
14:46dans la Légion étrangère.
14:47Et qui avaient aussi
14:49leurs propres pas
14:49et leurs propres rythmes.
14:51Ah ben,
14:52le rythme de la Légion étrangère,
14:53je l'ai connu,
14:53non pas comme légionnaire,
14:55mais en préparant
14:56un spectacle avec eux.
14:57Quand on arrive,
14:59c'est à vos assiettes,
15:01debout, assis,
15:02et on mange en rythme
15:03comme si on défilait.
15:05C'est étonnant.
15:07Tout est réglé
15:08à la seconde près.
15:09Et ils avaient
15:10un pas différent des autres.
15:11Ah oui, complètement.
15:12Et en même temps,
15:14ils viennent tous
15:15du monde entier
15:16et ils sont là,
15:18c'est leur vie.
15:19Ils avaient des tabliers
15:20pour les premiers
15:21qui défilait.
15:22Et c'était
15:24un défilé
15:25dans le défilé.
15:26Alors, il se trouve
15:27que vous aviez aussi,
15:28je crois,
15:28un périscope très particulier
15:29qui venait du journal
15:30PIF,
15:31Fabien Caninete.
15:32C'est vrai,
15:33parce que
15:34à cette époque-là,
15:35de temps en temps,
15:36il y avait des gadgets
15:37dans ces journaux
15:38et des gadgets
15:39qui nous étaient utiles,
15:40notamment pour le défilé.
15:42Le défilé,
15:42pour moi,
15:43c'est aussi une émotion.
15:44Il y avait une chanson
15:45de Boris Vian
15:45qui chantait
15:47« On n'est pas là
15:48pour se faire engueuler,
15:50on est là
15:50pour voir le défilé. »
15:52Et le défilé,
15:53il y a quelque chose
15:53de poétique,
15:54le défilé du 14 juillet,
15:56parce que c'était aussi
15:57une journée
15:58après le défilé.
16:00On flânait en Paris,
16:01je voyais des militaires
16:03en goguette
16:04qui draguaient les filles.
16:06Il y avait tout de suite
16:07l'atmosphère
16:07et on attendait
16:08le feu d'artifice
16:09du soir.
16:10Donc,
16:11c'était une journée
16:12un peu spéciale
16:14pour nous
16:14quand nous étions enfants,
16:15mais on suivait
16:16le rituel des parents.
16:18Et d'ailleurs,
16:19le défilé du 14 juillet,
16:20on le voit à la télévision
16:21aujourd'hui,
16:22mais ça date
16:22des années Giscard.
16:23Avant,
16:24c'était 4 minutes
16:25filmées dans le journal
16:26télévisé,
16:26jamais plus.
16:29Zitraud
16:29et Jean-Claude Narci
16:30ont commencé
16:31à le présenter
16:32beaucoup plus tard.
16:33Je parle de BD
16:34avec Pif,
16:35mais il y a aussi
16:35une chose,
16:36vous avez rencontré
16:37René Goscinny,
16:38Gottlieb et Bréthéché
16:39en un temps
16:40où ce n'était pas encore
16:41le journal pilote,
16:42mais le journal record.
16:43C'est vrai,
16:43c'est un journal,
16:45on va dire,
16:46familial,
16:47à tendance
16:48plutôt catholique.
16:48et nous avions été
16:51avec ma maman
16:52visiter
16:54les imprimeries
16:56du journal record
16:57et il y avait
16:58une journée particulière
16:59et je me souviens
17:01de ces dessinateurs
17:03qui m'avaient fait
17:04des dédicaces
17:05et avec des petits dessins,
17:07notamment
17:08Claire Bréthéché,
17:10René Goscinny
17:11qui avait un air
17:12très espiègle
17:13et ça aussi
17:15ça a participé
17:16à ma culture
17:17parce qu'il faut savoir
17:19on n'a pas eu
17:20la télé
17:20très tôt chez nous
17:22donc moi j'ai eu
17:23la radio
17:23et la radio
17:24déjà nous a fait
17:26imaginer la vie
17:27en XXL,
17:28en plus grand
17:30et puis il y avait
17:31la lecture
17:32et il y avait
17:32les bandes dessinées
17:34qui nous amenaient
17:35vers le rire
17:36donc on était
17:37quand même
17:38orientés
17:39vers une culture
17:41différente
17:41et je remercie mes parents
17:43de cette saignée
17:45pour pouvoir
17:47nous permettre
17:48d'avoir
17:48ces lectures
17:49parce que
17:50ces lectures
17:50elles nous ont
17:52c'était fort bien écrit
17:54vous savez
17:54tout ce qui était écrit
17:56par Goscinny
17:57c'était une belle plume
17:59Oui
17:59à l'époque
18:00c'était le visier
18:01is no good
18:01qui commençait
18:02et Gauthier
18:04ne faisait pas encore
18:05la rubrique à braque
18:06mais le professeur
18:07Frédéric Rosebif
18:08je ne sais pas
18:08si vous en souvenez
18:09et Bréthéché
18:10elle dessinait aussi
18:12quelques illustrations
18:14pour ce journal
18:16Oui
18:16et d'ailleurs
18:17vous le dessin
18:17tous vos films
18:19il y a une particularité
18:19vous dessinez
18:20tous vos plans de films
18:22avant des tournées
18:22Alors ce n'est pas
18:23des storyboards
18:24c'est des dessins
18:25qui veulent dire
18:27qui sont des symboles
18:29donc petit à petit
18:31j'ai d'ailleurs affiné
18:32la technique
18:33parce que je dessine
18:34avec mes postcards
18:34mais au départ
18:35c'est comme nous sommes
18:36plusieurs à écrire
18:37Philippe Guillard
18:38le co-scénariste
18:39Emmanuel Boz
18:40et Franck Dubosc
18:41je mettais
18:43sur des feuilles
18:45tout autour
18:45des quatre murs
18:47dans lesquels
18:47nous étions
18:48et je dessine
18:49pour pouvoir savoir
18:50où on en est
18:51dans l'histoire
18:51et pour qu'on soit
18:52tous en train
18:53de réfléchir
18:54s'il ne nous manque
18:55pas quelque chose
18:55avant
18:56s'il ne nous manque
18:56pas quelque chose
18:57après
18:57en fait
18:58c'est une sorte
18:59de travail collectif
19:00Exactement
19:01et vous avez l'oeil
19:02alors que vous auriez dû
19:02au départ
19:03travailler dans l'optique
19:04Oui
19:05j'avais fait des études
19:06pour
19:08évidemment mon père
19:09voulait qu'on ait
19:09une belle situation
19:10et donc j'ai fait
19:11tout ce que j'ai pu
19:12j'ai eu un diplôme
19:13d'optique
19:14instrument de précision
19:15et même dans la foulée
19:17j'ai travaillé
19:17au commissariat
19:18de l'énergie atomique
19:20séparation isotopique
19:21de l'uranium 233
19:22et 238
19:23ça n'a pas duré
19:24très longtemps
19:25mais j'ai fait
19:26le maximum
19:26et puis après
19:27j'ai dit à mon père
19:28non
19:29je ne vais pas aller là-dedans
19:30je ne suis pas fait pour ça
19:31il a pris ça comme une tragédie
19:32comme une ignominie
19:34parce que j'ai décidé
19:35d'emprunter un chemin
19:36beaucoup plus tortueux
19:38mais tel était mon choix
19:40Oui
19:41et le chemin tortueux
19:42c'était le perroquet des îles
19:43le premier film
19:44vous êtes à la fois
19:46producteur
19:46comédien
19:47avec Jean-Louis Gagé
19:48vous faites tout quoi
19:49Oui j'avais gagné un peu de sous
19:50avec le commissariat
19:51d'énergie atomique
19:52donc j'avais fait un peu
19:53on faisait tout
19:54et on a appris
19:55sur le tard
19:55c'est-à-dire qu'on apprenait
19:58on apprenait le son
19:59l'image
20:00je suis un autodidacte
20:02du cinéma
20:03Et vous êtes allé à Cannes
20:05mais non seulement
20:06pour présenter votre film
20:07mais surtout
20:08pour vous promener
20:08parce qu'à l'époque
20:09il n'y avait pas de problème
20:10d'accréditation
20:11Non
20:11et puis j'ai été rentré
20:12par une combine
20:13c'est-à-dire que
20:13j'avais eu des caméras
20:15avec des types
20:16qui portaient des fils
20:17donc moi je me suis mis
20:19parmi les types
20:20qui portaient des fils
20:21et je suis rentré
20:21dans le festival
20:23qui était le petit palais
20:24qui était l'ancien palais
20:25Oui l'ancien palais
20:26et je suis rentré comme ça
20:27pour voir ce qui se passait
20:29et ça ne posait aucun problème
20:30moi je me souviens
20:31du festival de Cannes
20:32où j'ai connu
20:33un faux journaliste
20:34qui avait une carte
20:35d'un journal
20:36qui n'existait pas
20:37et tous les ans
20:37il était invité à Cannes
20:39il était en smoking
20:39il passait 15 jours
20:41à voir tous les films
20:42et à être nourri gratuitement
20:43Mais il y avait beaucoup
20:44de types très inventifs
20:45pour rentrer dans le festival
20:46Exactement
20:47J'ai connu des types
20:49dont c'était le
20:50ils prenaient la tête
20:52pour rentrer
20:52parce que c'était les fêtes aussi
20:53pour rentrer dans les fêtes de Cannes
20:55Oui c'était l'époque
20:56où les Cannes étaient la fête
20:57on dormait sur la plage
20:58pendant quelques heures
20:59Ça m'est arrivé
20:59de dormir sur les plages
21:00et de prendre des coups de soleil
21:02le matin
21:02Voilà
21:03Vous remarquez
21:04que vous avez dormi sur les plages
21:05mais vous n'avez pas fini
21:06sur le sable
21:07et on va en parler
21:08à travers une autre date
21:10le 15 janvier 1992
21:12à tout de suite
21:13sur Sud Radio
21:14avec Fabien Antoniente
21:16Sud Radio
21:17Les Clés d'une vie
21:18Jacques Pessis
21:19Sud Radio
21:19Les Clés d'une vie
21:20en invité
21:21Fabien Antoniente
21:22alors on évoque
21:23votre livre
21:23On n'attend pas Fabien
21:25chez Stock
21:25Vos mémoires
21:26on va expliquer pourquoi
21:27tout à l'heure
21:27un livre passionnant
21:29et passionné
21:29parce que vous racontez
21:31votre parcours
21:31avec des hauts et des bas
21:33et j'ai trouvé une date
21:34le 15 janvier 1992
21:36c'est la sortie
21:37de votre premier long métrage
21:39à la vitesse
21:40d'un cheval au galop
21:41et un film
21:42que vous avez écrit
21:42justement au galop
21:43et qui évoque
21:44non pas les lipismes
21:46mais les maisons de retraite
21:47Oui
21:47c'est vrai
21:48c'est très curieux
21:48parce que c'était
21:49le premier film
21:50d'ailleurs pour la chaîne M6
21:51qui était
21:51La Petite Chête Jeune
21:52et ils avaient choisi
21:54ce film avec des retraités
21:56qui partaient en goguette
21:57dans une excursion annuelle
22:00au Mont-Saint-Michel
22:01et en fait
22:03l'un des pensionnaires
22:04de cette maison de retraite
22:05va voler le car
22:06ils vont se retrouver
22:07en pleine campagne
22:09du côté de la Normandie
22:10du côté de Morville
22:11qui portait bien son nom
22:12et ils vont pénétrer
22:14dans un mariage
22:15et là
22:15le choc générationnel
22:17va provoquer
22:18quelque chose
22:19un précipité
22:21chimique très fort
22:22puisque les jeunes
22:23vont retrouver
22:23les vieux vont retrouver
22:24leur jeunesse
22:24et les jeunes vont
22:25en prendre des vieux
22:25c'était un film
22:27sur la transmission
22:28voilà
22:29en même temps
22:30vous étiez en avance
22:30sur votre temps
22:31puisque Kev Adam
22:32ça fait maison de retraite
22:33et les vieux fourneaux
22:34vous étiez là
22:35ah oui c'était bien en avance
22:36exactement
22:37et je crois qu'il y a quelqu'un
22:38qui est pour beaucoup
22:39dans cette aventure
22:40il était alors au sommet
22:41de sa gloire
22:42c'est Smaïn
22:42oui oui parce que Smaïn
22:45avait produit
22:46et Soad Amidou aussi
22:48avait produit
22:49mes précédents courts métrages
22:50notamment Bobby
22:52le fameux Bobby
22:53et l'aspirateur
22:53qui m'avait permis
22:54d'avoir des prix
22:55et il y avait
22:56un des hauts
22:58pensionnaires
22:59d'M6
23:00qui avait dit
23:01c'est vraiment intéressant
23:02c'est très drôle
23:03comme film
23:04et ils sont devenus
23:05les partenaires
23:06de la vitesse
23:07de la cheval au galop
23:08où j'avais un casting
23:10qui venait de Bobby
23:11l'aspirateur
23:12avec Patrick Nimsit
23:13qui débutait
23:15avec Tiki Oliado
23:17avec Laurent Bégey
23:19Yves Afonso
23:21qui était un grand acteur aussi
23:22Eleanor Hirth
23:24René Faure
23:24une pléiade d'acteurs
23:28et moi c'était
23:29mon premier long
23:30et je me suis senti
23:31vraiment très à l'aise
23:33parce que
23:35j'avais remplacé
23:36Rémi Laurent
23:37sur un précédent film
23:38par hasard
23:39mais j'étais très à l'aise
23:41dans le rôle du metteur en scène
23:42parce que
23:42je choisissais les costumes
23:43je choisissais les décors
23:45les plans
23:46j'avais trouvé
23:47ma vocation
23:48et en même temps
23:49Smaïn
23:49vous avez cru en vous
23:51vous êtes un des premiers
23:52à avoir cru en vous
23:53Smaïn
23:53il a une particularité
23:55outre son talent
23:55il est incollable
23:57sur la télé
23:57des années 50
23:58il connait le nom
23:59de tous les comédiens
24:00de tous les animateurs
24:01vous pouvez l'interroger
24:02il est absolument imbattable
24:04il est imbattable
24:05c'est un dingue de télé
24:07et j'en connais
24:09une autre
24:10qui est incollable
24:11sur la télé
24:12c'est Mathilde Le Seigneur
24:13elle connait par coeur aussi
24:14par coeur aussi
24:15et les vieilles chansons aussi
24:16ah oui
24:17elle connait par coeur
24:17alors il se trouve
24:18qu'il y a quelqu'un aussi
24:19qui vous doit beaucoup
24:20c'est Thomas Gilou
24:21car Thomas Gilou
24:22la vérité si je ment
24:24finalement il est un peu
24:25votre disciple
24:26et il m'avait aidé
24:29sur les premiers films
24:33et on a eu une aventure
24:34avec Thomas Gilou
24:35parce qu'on a écrit
24:37un film qui ne s'est jamais fait
24:38en Bretagne
24:39qui s'appelle
24:40Le Coup du Bignou
24:42avec Jean Poiré
24:43qui faisait du berlant breton
24:46et on avait
24:47André Diaoui
24:48le grand producteur
24:49de cette époque
24:50avait eu une idée
24:51et il m'avait dit
24:52on va te mettre
24:53un conseiller technique
24:54pour pimper
24:56pour booster
24:57un peu l'humour
24:58et il nous avait envoyé
25:00chez Jean Poiré
25:00quelle joie
25:01de rencontrer
25:02ce personnage délicieux
25:03qui avec les yeux
25:04qui pétillait en permanence
25:08il sentait la connerie
25:10il s'amusait de tout
25:11et je me rappelle
25:12quand il faisait
25:13du berlant breton
25:14de voir parfois
25:15la tête de Caroline Seignier
25:16qui passait
25:17pour voir si tout allait bien
25:19parce que tellement on rigolait
25:21Jean Poiré a été
25:22un grand grand personnage
25:23une grande rencontre
25:24de ma vie
25:25un homme hélas
25:26tellement angoissé
25:27qu'il en est mort
25:28très jeune
25:29à 65 ans
25:29parce qu'il montait en scène
25:32il était angoissé
25:33il écrivait
25:33il était angoissé
25:34alors que c'était un génie
25:35comme Michel Serraud
25:36que vous évoquez dans ce livre
25:37à propos d'une anecdote
25:39avec Pierre Tchernia
25:40oui
25:40parce que j'ai
25:42comme mon nom
25:43Pierre
25:44Fabien Anténienté
25:45il y avait quelqu'un
25:47de ma famille
25:47Pierre Anténienté
25:48qui était toujours
25:50derrière Brassens
25:51oui
25:51qui était son secrétaire
25:53tout à fait
25:53Gibraltar
25:54et on l'appelait
25:55Gibraltar
25:55parce que c'était
25:56une sorte de rocher
25:57qui protégeait
25:58Georges Brassens
25:59il était inspecteur
26:00des finances au départ
26:01il avait connu
26:02Georges Brassens
26:03lorsqu'il avait fait
26:04le STO
26:05ils sont devenus
26:06très amis
26:06et donc
26:10ayant connaissance
26:12Pierre Tchernia
26:13connaissait
26:14Pierre Anténienté
26:15ça a fait un lien
26:16et il m'a donné
26:18un petit rôle
26:18dans Bonjour l'angoisse
26:20je joue un photographe
26:21avec
26:21un genre de plâtré
26:23et là
26:24j'ai fait la connaissance
26:25de Michel Serraud
26:26parce que là
26:26c'était mes
26:27c'était mes idoles
26:28moi j'avais
26:29Michel Serraud
26:30j'avais Jean Poiré
26:31j'avais Jean-Yann
26:32Jean-Yann
26:33c'était
26:34quelqu'un d'énorme
26:36je ne l'ai jamais
26:36vraiment rencontré
26:37mais j'adorais
26:38ce personnage
26:39et Jacques Martin
26:41aussi
26:42que j'ai beaucoup aimé
26:42quand j'étais jeune
26:43et que j'avais rencontré
26:44à la sortie
26:45d'un studio
26:45d'une radio
26:46et qu'il m'avait dit
26:47ça va gamin
26:48et j'étais fier
26:49parce qu'il m'avait parlé
26:50donc c'était
26:50des monstres pour moi
26:52mais Michel Serraud
26:53et Pierre Tchernia
26:54étaient très liés
26:55pour une raison
26:56c'est que le premier soir
26:57où Poiré et Serraud
26:58en 1953
26:59font un sketch
27:00au tabou
27:01qui était Rue Dauphine
27:02le cabaret des existentielistes
27:03et bien Tchernia
27:05était dans la salle
27:05et Tchernia a connu
27:07Poiré et Serraud
27:07le premier soir
27:08où ils ont fait
27:09un numéro ensemble
27:10ah
27:10c'est pour ça
27:11qu'il y a eu
27:12sa tité
27:13voilà
27:15et vous parlez
27:16d'angoissés
27:16mais
27:18Poiré était angoissé
27:19mais vous savez
27:19Franck Dubosc et moi
27:20on est des grands angoissés
27:21aussi
27:22oui
27:22parce que bon
27:23l'humour
27:24on n'est jamais sûr
27:25que ça marche
27:26c'est pas
27:28celui qui dit
27:29oui ça marche
27:29à tous les coups
27:30non
27:30on a toujours
27:31cette inquiétude
27:32de savoir
27:32si ça va faire rire
27:33si ça va réussir
27:35et parfois
27:36je dois dire
27:36je dois le confesser
27:38même
27:40l'angoisse
27:41est un moteur
27:41oui
27:42et en même temps
27:43il y a des moments
27:43d'angoisse
27:44où un jour
27:45vous avez failli
27:45arrêter le métier
27:46après un film
27:47qui s'appelait
27:47Tom est tout seul
27:48et vous étiez
27:48pratiquement tout seul
27:49dans la salle
27:50oui c'est vrai
27:51j'avais écrit
27:52Tom est tout seul
27:52il y a eu
27:53plusieurs désagréments
27:54sur ce film
27:55et il s'appelait
27:55Tom est tout seul
27:56c'était
27:56l'histoire d'un type
27:57qui brisait son couple
27:58et sa machine
27:59elle avait le même jour
28:00et qu'il soit
28:01se retrouvé
28:02dans une laverie
28:02avec
28:03donc c'était
28:04Florent Pagny
28:05qui était
28:05le personnage
28:06de Tom
28:07et il se retrouvait
28:08dans une laverie
28:09où le gourou
28:10était joué
28:11par Jean Rochefort
28:12le film
28:13était découpé
28:13en cinq parties
28:14pré-lavage
28:15lavage
28:16essorage
28:16séchage
28:17bref
28:18et puis un jour
28:21lors de la projectionniste
28:23m'avait enlevé
28:23tous ses panneaux
28:24donc le film
28:24ne voulait plus rien dire
28:26et puis quand le film
28:27est sorti finalement
28:29le fameux mercredi
28:30à 14h
28:31je vais à l'Odéon
28:33demander des nouvelles
28:34du film
28:34si tout se passait bien
28:35et la dame
28:37qui s'occupait du cinéma
28:38m'a dit
28:38pas vraiment jeune homme
28:40je crois que Tom est tout seul
28:41et donc
28:42ça ne veut pas démarrer
28:44en trombe pour moi
28:45non
28:45mais ça s'est arrangé
28:47notamment avec ce film
28:55moi je me souviens
28:56de ces soirées parisiennes
28:57où il y avait
28:58le côté jet set
29:00avec ces dames
29:01qui venaient habillées
29:02quand il y avait deux robes
29:03pareilles
29:04c'était un drame
29:05et ça vous a inspiré
29:06je crois que c'est votre mère
29:07au départ
29:07qui a eu l'idée de ce film
29:08qui vous a inspiré ce film
29:10c'est ma mère
29:10qui m'a inspiré ce film
29:11parce que figurez-vous
29:12qu'Alphonsine
29:14porte le délicieux prénom
29:16d'Alphonsine
29:17Alphonsine
29:20lisait
29:20ça devait l'évader
29:22point de vue image du monde
29:23et moi ça m'a toujours intrigué
29:25qu'elle lisse
29:25ce magazine
29:27où on parlait
29:29des malheurs
29:31ou les déjoies
29:32de la princesse Margaret
29:33du prince Henrik
29:34du Danemark
29:35on parlait de
29:36de tout le Gotha
29:38et donc
29:40je me suis dit
29:41ben tiens
29:41je vais faire un film
29:42où on va rentrer
29:44dans
29:44ce monde
29:46des princes
29:47et des princesses
29:48qu'on va appeler
29:48Jet Set
29:48et d'ailleurs
29:50il y a une dame
29:52qui est interprétée
29:53par une comédienne
29:54qui joue la maman
29:55de Samuel Lebihan
29:56qui a un kiosque
29:57et qui a des fiches
29:58sur tout le Gotha
29:59on aurait dit
30:00Alphonsine quoi
30:00c'était ma mère
30:01et elle connaissait tout
30:02et vous avez tourné
30:03au pavillon Le Doyen
30:04je crois à l'époque
30:05tout à fait
30:05alors il y a une histoire
30:06je ne sais pas si vous le savez
30:07le pavillon Le Doyen
30:08dans les années 30-50
30:10les couverts étaient en vermeil
30:11et les maîtres d'hôtel
30:13et les serveurs
30:13faisaient attention
30:14pour que personne
30:15n'emporte un couvert en vermeil
30:18tous les soirs
30:18il y avait presque
30:19une fouille à la sortie
30:20parce que ça coûtait
30:21une fortune
30:22il se trouve que ce film
30:23a été un vrai succès
30:24c'était un de vos premiers
30:25grands succès
30:26Fabien Oteniente
30:27ça a été au delà
30:28d'un succès
30:28c'était un phénomène
30:29parce que je me rappelle
30:30de la couverture de Figaro Magazine
30:32avec la princesse
30:34la princesse Hermine
30:35de Clermont-Tonnerre
30:36avec un cigare
30:37et il y avait
30:38le phénomène Jet Set
30:39c'est à dire
30:40qu'il y a eu des bars
30:40qui se sont appelés Jet Set
30:42des coiffeurs
30:42qui se sont appelés Jet Set
30:44des boîtes de nuit
30:45qui se sont appelés Jet Set
30:46ça a été un phénomène
30:47ça a été au delà
30:48d'un succès
30:49ça m'a un peu
30:50même dépassé
30:51oui parce qu'au départ
30:52vous ne connaissiez même pas
30:53le mot Jet Set
30:53non je ne savais pas
30:54c'était un copain
30:55de Roman Polanski
30:57qui revenait d'Ockstatt
30:58et qui m'a dit
30:58j'avais toute la Jet Set
30:59pardon c'est quoi
31:01et puis j'ai trouvé
31:04que ça claquait
31:04ça sonnait bien
31:05donc j'ai décidé
31:07de l'appeler comme ça
31:07et puis il y a quelqu'un
31:08qui a marqué votre parcours
31:09c'est Jean-Claude Briali
31:10ah oui
31:12Jean-Claude Briali
31:13merveilleuse
31:14Jean-Claude Briali
31:15qui avait
31:17qui était un homme élégant
31:20exquis
31:21qui racontait tellement bien
31:23les histoires
31:23sur les comédiens
31:25et les comédiennes
31:25surtout
31:27qui m'avait invité
31:29d'ailleurs
31:29à écrire
31:29là-bas
31:30chez lui
31:30à Montion
31:31qui m'appelait
31:32quand il avait
31:33un restaurant
31:33dans l'île Saint-Louis
31:34qui s'appelait
31:35l'orangerie
31:36il m'appelait
31:36il me disait
31:37viens voir
31:37ça va te faire
31:38des connaissances
31:38il était bienveillant
31:40avec moi
31:40et généreux
31:41et généreux
31:41et donc
31:42il me racontait
31:43des histoires
31:44de comédiennes
31:45mais à dormir debout
31:46il les racontait
31:47tellement bien
31:48que c'était
31:48c'était un délice
31:49d'ailleurs
31:49j'en raconte
31:50quelques-unes
31:50qui proviennent de
31:52il y en a une
31:52avec Elvire Popesco
31:57Elvire Popesco
31:58faisait des tournées
31:59dans toute la France
32:00et je crois
32:01qu'à Montréal
32:01il devait faire
32:02une tournée
32:02jusqu'en Suisse
32:03il passe la frontière
32:05et
32:06elle avait eu
32:08la coquetterie
32:09de mettre une photo
32:10d'elle plus jeune
32:10sur son passeport
32:11et donc
32:12le douanier
32:14regarde la photo
32:15du passeport
32:16et puis il regarde
32:17Elvire Popesco
32:18puis il regarde
32:18la photo du passeport
32:19puis il regarde
32:20Elvire Popesco
32:21elle le coupe tout de suite
32:22et dit
32:23et oui les voyages
32:24ça fatigue
32:24et il y en a une autre
32:25qui racontait aussi
32:26Marie Belle
32:27comédienne
32:28on ne savait pas son âge
32:29donc un jour
32:30il est en tournée
32:30avec elle
32:31dans un hôtel
32:31et on remplit l'affiche
32:32donc elle remplit sa fiche
32:33il regarde
32:34en disant
32:35je vais enfin savoir
32:36sa date de naissance
32:37donc elle écrit
32:38nom Belle
32:39prénom Marie
32:40né oui
32:41et il n'a jamais su
32:43la date de Marie Belle
32:47les comédiennes
32:48ont la coquetterie
32:49de ne jamais dévoiler
32:50l'orage
32:51et tant mieux
32:51tant mieux
32:52mais lui il racontait
32:53avec une espiéglorie
32:54avec une délicatesse
32:56il me faisait hurler de rire
32:58alors il se trouve aussi
32:59qu'il y a un autre film
33:00qui vous a marqué
33:01et ce film
33:02on peut l'évoquer
33:02par une chanson
33:03dans un éclair
33:04au matin clair
33:06tous les gros bras
33:07s'observaient
33:08pas d'accord
33:09c'est alors
33:09qu'il a résolu
33:10car le tour de France
33:12aussi
33:12le tour de France
33:13c'est un souvenir d'enfance
33:14et ensuite vous avez consacré
33:16un documentaire
33:17à Laurent Fignon
33:18c'est même un film
33:20sur Laurent Fignon
33:20qui a été joué
33:21par Samuel Le Bien
33:23il s'appelle
33:24La dernière échappée
33:25c'était là
33:27son dernier tour de France
33:28quand il était commentateur
33:31et donc on voyait
33:33un peu toute sa carrière
33:34mais moi j'aime le tour de France
33:36j'aime le tour de France
33:37parce que
33:38dans ces moments là
33:40les gens sont ensemble
33:42j'adore les français
33:43quand ils sont ensemble
33:44quand ils fêtent un événement
33:47que ce soit
33:48pour une coupe du monde de football
33:50pour les jeux olympiques
33:51comme c'était
33:53il n'y a pas si longtemps
33:55et pour le tour de France
33:56parce que là
33:56je vois des visages joyeux
33:58je vois des visages
33:58qui expriment une joie
34:01je vois aussi une population
34:02qu'on ne voit pas toujours
34:04d'habitude
34:04et ça crée
34:07alors d'abord
34:07c'est le seul sport
34:09où on passe
34:11devant votre porte
34:13c'est pas courant
34:15et puis
34:18on retrouve son enfance
34:20parce qu'il y a la parade
34:21avant
34:21avec la caravane publicitaire
34:25où on ramène des goodies
34:26qui parfois ne savent rien
34:28mais on a passé une bonne journée
34:29et puis on parle
34:30comme dans les campings
34:31à son voisin
34:32c'est à dire
34:33qu'on ne connait pas
34:34le type
34:35avec qui on est
34:37j'ai vu des images fantastiques
34:38j'ai tourné moi
34:39au bord du tour de France
34:41et je crois
34:42qu'il y a même
34:43l'image la plus forte
34:44que j'ai vue
34:46on dirait
34:47un dessin de 100p
34:48c'est un type
34:49qui regarde
34:50qui est dans son camping-car
34:52qui fait dos
34:53à la route
34:54et qui regarde
34:55le tour de France
34:56à la télévision
34:57et le tour de France
34:58qui passe dans son dos
34:59c'est extraordinaire
35:01et bien justement
35:03le tour de France
35:04nous amène à un cycle
35:05le cycle de votre vie
35:06qu'on va évoquer
35:06à travers la date
35:07de la sortie du livre
35:08le 6 mai 2026
35:09à tout de suite
35:10sur Sud Radio
35:11avec Fabien Otoniente
35:13Sud Radio
35:14les clés d'une vie
35:15Jacques Pessis
35:16Sud Radio
35:16les clés d'une vie
35:17mon invité
35:18Fabien Otoniente
35:19donc depuis le début
35:20de l'émission
35:20on évoque votre parcours
35:22à travers des dates clés
35:23et où est-ce trouvé
35:24ces dates dans ce livre
35:25Alors on n'attend pas
35:27Fabien chez Stock
35:28d'abord pourquoi
35:29ce titre là
35:30on n'attend pas Fabien ?
35:31parce qu'en fait
35:32la phrase de Camping
35:35mythique
35:36prononcée par Franck Dubosc
35:37alors on n'attend pas Patrick
35:39avec plusieurs cas
35:40parce que si
35:41on le dit
35:42avec un cas
35:42ça ne marche pas
35:44mais on n'attend pas Patrick
35:45et puis il faut
35:45le mouvement de tête
35:47alors on n'attend pas Patrick
35:48et donc
35:50comme on ne me connait pas forcément
35:52donc j'ai dit
35:53on va l'appeler
35:54alors on n'attend pas Fabien
35:56mais la catch line
35:57raconte aussi
35:58quelque chose d'autre
35:59c'est du HLM
35:59au box office
36:00souvent vous savez
36:02Jacques on me prend
36:03pour un
36:04avec mes films de vacances
36:06Camping
36:06surtout la trilogie
36:07on me prend pour
36:08un copain de vacances
36:09et là
36:10j'espère que ce sera
36:11le livre de vacances
36:12de tout le monde
36:12le livre effectivement
36:14est né
36:14et je crois qu'il y a
36:15une chanson
36:16qui a décidé
36:16la sortie de ce livre
36:18le jour où moi
36:20j'en pourrais plus
36:24il y en aura l'eau
36:26du jeune plus fou
36:27cette chanson est née
36:29lorsqu'il était fatigué
36:30de bonétariat
36:31il avait renversé
36:32sa grosse caisse
36:33sur le premier rang
36:34de l'Olympia
36:35soi-disant
36:35c'était une fausse manœuvre
36:37on n'en est pas sûr
36:38il en avait marre
36:39il avait marre
36:40de ce métier
36:41et il a fait ordinaire
36:42et pourquoi cette chanson
36:43a-t-elle déclenchée
36:44chez vous
36:44l'envie de faire ce livre ?
36:47ça a été un des clics
36:48pour faire ce livre
36:50mais
36:52je me suis retrouvé
36:53dans un appartement
36:55notre appartement familial
36:57dont je parlais au début
36:59proche de cette voie ferrée
37:00à faire des cartons
37:02parce que ma maman
37:03devait le quitter
37:04pour aller à l'EHPAD
37:05parce qu'elle chutait
37:07elle avait un problème physique
37:09qui faisait qu'elle ne pouvait pas rester
37:10parce que c'était
37:11un 4 étages sans ascenseur
37:13donc on s'est retrouvé
37:14avec tout
37:15nos frères et sœurs
37:17à se séparer
37:18les objets
37:18de notre enfance
37:20des objets du quotidien
37:22ma mère avait archivé
37:23tous
37:23tous
37:24tous
37:24mes films
37:25le moindre article
37:26dans Télé 7 jours
37:27elle avait tout archivé
37:29des affiches aussi
37:30des affiches
37:31mais il lui fallait
37:32son lot d'affiches
37:32sinon la promo
37:33ne pouvait pas marcher
37:34c'était sa devise
37:35et donc
37:36et là je tombe
37:37sur des pochettes de disques
37:39et puis
37:39cette pochette
37:41du disque
37:42de Robert Charlebois
37:43où il y avait la chanson ordinaire
37:45et je trouvais qu'ordinaire
37:46c'est quelque chose
37:47c'est des mots
37:48qui me correspondent
37:49je suis un gars
37:50ben ordinaire
37:51parfois j'ai plus le goût
37:52de rien faire
37:53je suis bien du pote
37:53je pourrais de la bière
37:54je fais de la musique
37:55avec le gros Pierre
37:56c'est les premiers
37:59termes de la chanson
38:00de Robert Charlebois
38:01mais oui
38:02je suis quelqu'un d'ordinaire
38:03et je voulais raconter
38:04une histoire extraordinaire
38:06parce qu'effectivement
38:07vous avez eu un parcours
38:08tout à fait extraordinaire
38:09qui a démarré dans les HLM
38:10et puis l'humour est venu
38:12d'abord il y a une radio
38:13qui vous a engagé
38:14pour une émission
38:15qui s'appelait
38:15Il paraît que les fraises déboient
38:17c'est un titre très original
38:19déjà
38:20ces radios
38:21vous savez
38:21c'était après
38:23en 1981
38:24Mitterrand avait fait émerger
38:25les radios libres
38:26et moi
38:27j'ai travaillé pour une radio
38:28qui s'appelait
38:29Radio Bibop
38:30et c'était à Jouinville-le-Pont
38:31et c'est vrai
38:32que j'avais une émission
38:34qui s'appelait
38:34Et il paraît que les fraises déboient
38:36et on racontait
38:37tout un tas de conneries
38:39de sottises
38:39et plus c'était bête
38:41et plus on racontait ça
38:42donc c'était une période
38:44où on s'amusait beaucoup
38:46mais je m'amuse toujours aussi
38:48tout autant
38:49mais j'ai toujours
38:50comme une devise
38:52c'est
38:54vous savez
38:54il y a deux types de personnes
38:56il y a ceux qui s'amusent
38:58à penser
39:00et il y en a d'autres
39:02qui pensent à s'amuser
39:03moi je fais partie
39:04de la deuxième catégorie
39:05c'est une meilleure catégorie
39:06et effectivement
39:07ça n'a pas toujours été simple
39:08pour vous
39:08vous croyez que c'est dans votre livre
39:10que vous avez été
39:12vitrine au Galerie Lafayette
39:13en pyjama
39:14c'est un truc très particulier
39:16il fallait gagner
39:17un peu sa vie
39:18et il fallait surtout
39:19obtenir des heures
39:20pour avoir les ascédiques
39:22donc il faut 500
39:24507 heures
39:24507 heures
39:25et moi
39:26je n'avais pas toutes mes heures
39:27et j'avais un copain
39:28qui m'avait dit
39:28tiens si tu veux
39:30là on peut faire
39:31deux fois huit heures
39:32c'est à dire
39:33ils avaient fait une animation
39:35au Galerie Lafayette
39:36pour une literie
39:37et on était
39:38en pyjama
39:39un peu rétro
39:40vous savez
39:41avec le bonnet de nuit
39:43et tout
39:43dans une vitrine
39:44et les gens nous voyaient dormir
39:46vous vous étiez payés
39:48pour dormir
39:48encore
39:49et ça créait une animation
39:51il y avait du monde
39:52et alors
39:53donc on faisait les mariolles
39:54on rigolait
39:55c'était
39:55c'était
39:56c'est fantastique
39:58j'en ris encore
39:59j'ai fait aussi
40:00Albardier
40:01oui
40:01pour un grand spectacle
40:04qui tournait à Bercy
40:05c'était Aïda
40:07donc là
40:08avec le matériel
40:09de Albard
40:10le casque
40:11tout était lourd
40:12il fallait monter
40:12ces grands escaliers
40:14sur les airs d'Aïda
40:15et plus tard
40:18Jean Rochefort
40:18m'a raconté
40:19une anecdote
40:20sur ces années de galère
40:22parce qu'on en a tous
40:24on a mangé tous
40:25un peu de vache enragée
40:26mais c'est
40:27disons que c'était
40:28assez agréable
40:29nous
40:29comme je dis souvent
40:31avec ma famille
40:32on était écolo
40:33bien avant
40:34bien avant l'heure
40:35parce qu'on mangeait
40:36de la viande
40:36une fois par semaine
40:37mais c'est surtout
40:38parce qu'on était pauvre
40:39mais voilà
40:40donc pour revenir
40:42aux années de galère
40:44Rochefort m'avait dit
40:45qu'ils étaient
40:46sur le film
40:47Ali Baba
40:47dans des panières
40:49sur une carriole
40:51avec Galabru
40:54et ils étaient
40:55dans les panières
40:56et on ne les voyait pas
40:57et Galabru lui dit
40:59à travers la panière
41:01il est long
41:02le chemin
41:02et le chemin
41:04c'est vrai qu'il est long
41:06aussi pour y arriver
41:07et Galabru racontait
41:08cette histoire
41:09et une autre aussi
41:10il est à Saint-Tropez
41:11pour tourner un film
41:12un petit rôle aussi
41:13de rien du tout
41:14et puis il voit
41:15dans le courrier
41:16une lettre
41:17adressée à une star
41:18il dit
41:19je vais voler la lettre
41:19à la réception
41:20et je vais voir
41:21ce que c'est
41:21qu'un courrier
41:22pour une star
41:22donc il arrive
41:23il prend de l'eau chaude
41:25il arrive à ouvrir
41:26l'enveloppe
41:26sans qu'elle soit abîmée
41:28et il regarde le courrier
41:29c'était la note du gaz
41:33et Galabru
41:33il a compris
41:34ce qu'était une benesse
41:35à ce moment là
41:36alors il se trouve aussi
41:37que dans vos films
41:39vous avez la réputation
41:40d'être très précis
41:41très directif
41:42de ne jamais lâcher
41:44un comédien
41:44alors je crois
41:44qu'Annie Cordy
41:45vous l'a reproché
41:46parce qu'elle a dit
41:47vous êtes comme mon mari
41:49et tu peux le dire
41:50autrement Annie
41:52oh qu'est-ce qu'il est chiant
41:53celui-là
41:54on dirait mon mari
41:55son mari d'ailleurs
41:56qui a été très important
41:57Bruno pour elle
41:58qu'elle appelait papa
41:59car il avait une entreprise
42:01de bâtiment
42:02il va au Lido
42:02un soir des années 50
42:03il invite un client
42:04et il voit sur scène
42:05cette jeune femme
42:06qui était meneuse de revue
42:07et c'est comme ça
42:08qu'il a épousé
42:09et fait la carrière
42:10d'Annie Cordy
42:10oh ah oui
42:11oui c'est vrai
42:12mais elle le disait
42:14avec beaucoup d'humour
42:14parce que c'est vrai
42:15que je voulais
42:17qu'il y ait
42:17en fait quand on écrit
42:19les films
42:20il y a une certaine musique
42:21et donc je voulais
42:24qu'on respecte
42:24la musique
42:27originelle
42:27et donc finalement
42:29elle est arrivée
42:30parce que d'abord
42:31c'est une grande comédienne
42:32et puis
42:33elle avait toujours
42:34aussi
42:35elle avait l'oeil rieur
42:36elle aussi
42:37en permanence
42:38elle savait tout faire
42:39et puis il y a un personnage
42:40méconnu
42:41que vous évoquez
42:42dans ce livre
42:42mais qui a toujours été
42:43très présent
42:44dans vos films
42:45Fabien Antoniente
42:46c'est Emmanuel Bouz
42:47qui est une sorte
42:48d'hippie avant la lettre
42:49ah oui
42:50alors lui
42:50c'est un personnage
42:52c'est
42:53d'abord
42:53je l'ai rencontré
42:55comment vous expliquez
42:56il y avait
42:57c'était des poètes cosmiques
42:59il avait fait
43:00quelques albums
43:01un peu underground
43:04notamment un album
43:05qui s'appelle
43:05dans quel état
43:06j'ai re
43:09et c'est un type
43:12qui a une vision
43:13de la vie
43:15très très très positive
43:17c'est-à-dire
43:18quelqu'un qui ne voit
43:19jamais le négatif
43:20et je l'ai entraîné
43:22dans mon sillage
43:25il s'est présenté à moi
43:26je suis Manu
43:27l'homme qui mue
43:28très bien
43:28et il avait des lunettes
43:31sur le front
43:31il en avait plusieurs
43:33ça lui donnait
43:34un côté très d'antélo
43:35et il connaissait
43:36tous les poètes underground
43:37par cœur
43:38il récitait
43:38des poètes underground
43:39et je l'ai emmené
43:40avec moi
43:41dans un repérage
43:42à Bratislava
43:43on ne s'est plus jamais quitté
43:44c'est un espèce
43:45d'oiseau de nuit
43:46qui s'est posé
43:47sur mon épaule
43:49et qui avait
43:50une connaissance
43:51de la vie
43:53et des êtres humains
43:54immenses
43:55et aussi
43:56je l'emmenais avec moi
43:57en repérage
43:58c'est ainsi que j'ai découvert
43:59le Havre
44:00qui a été bombardé
44:02pendant la guerre
44:02et qui a été reconstruit
44:03par l'architecte Perret
44:04il y avait ces grandes avenues
44:05on a filmé pour Disco
44:07ces grandes avenues
44:08ça donnait un côté
44:10assez
44:11un peu ricain
44:12à notre affaire
44:13j'ai su un jour
44:15qui était vraiment Manu
44:16parce qu'il était connu
44:17de tous les musiciens de Paris
44:18et un jour
44:19on va à la brasserie
44:19Libre
44:21et je rentre
44:23avec lui
44:23et j'entends derrière moi
44:25« Bose, Bose, Bose, Bose »
44:28et je me retourne
44:29c'était Claude Nogaro
44:30il était pote
44:32avec tout le monde
44:32il était tout le monde
44:33et son grand jeu
44:35c'était au Parc des Princes
44:36il montait en haut de la tribune
44:37et il jetait
44:38un avion en papier
44:39pendant le match
44:40et ça atterrit
44:41sur la pelouse
44:41et il était très content
44:42c'était l'époque
44:43du président
44:44Jean-Boréli
44:45Francis Boréli
44:46Francis Boréli
44:47et donc il faisait
44:48des concours d'avion
44:49en papier
44:49avec les programmes
44:50et le but du jeu
44:52c'était de le faire atterrir
44:54sur le rond central
44:57et il y est arrivé
44:58plusieurs fois
44:58donc c'était la star
44:59du Parc des Princes
45:00et puis il y a une autre star
45:02qui vous le voit beaucoup
45:02à travers ce film
45:09car camping c'est vous
45:11et camping
45:11je crois que
45:12c'est né d'une rencontre
45:14avec Franck Dubosc
45:14chez Régine
45:16chez Régine
45:17à Deauville
45:17et Franck Dubosc
45:20sous le casino
45:21un soir
45:23on s'est rencontrés
45:24et il avait vu
45:26Jet Set
45:27et il voulait
45:28faire un film
45:29il avait noirci
45:30ses cahiers orange
45:32de 30 ans de camping
45:34c'est pas rien
45:35il avait plein d'anecdotes
45:37il voulait faire camping
45:39à hauteur d'homme
45:40c'est à dire
45:41montrer des français
45:43moyens
45:44et leurs vacances
45:46et moi
45:47j'avais envie aussi
45:48de faire ce film
45:49parce que je voulais
45:50auparavant
45:51j'avais fait
45:52Jet Set 2
45:53et je voulais que
45:54les Jet Setters
45:55se déjetisent
45:56dans un camping
45:57donc ça ne savait pas
45:58plus se faire
45:58donc j'avais remballé
45:59mon camping
46:00et là
46:01on s'est rencontrés
46:02et ça a été une fusion
46:05comme un homme
46:07et une femme
46:07qui deviennent amoureux
46:09de travail
46:10on voyait le même film
46:14ça a été d'une fluidité totale
46:16c'est un compagnon de travail
46:18hors pair
46:19c'est un travailleur
46:23invraisemblable
46:23et c'est aussi un grand angoissé
46:26c'est à dire
46:27il va toujours chercher
46:29toujours le mieux
46:30le mieux
46:30le mieux
46:31il fait que tous les deux
46:33ça a été
46:34la vraie rencontre
46:36amicale
46:36on ne se fréquente pas tant que ça
46:38avec Franck
46:38c'est un peu comme les Beatles
46:41ils ne se fréquentaient pas tant que ça
46:42mais quand on travaille ensemble
46:44on est là pour le meilleur
46:45et disons qu'on est un peu
46:47les Beatles
46:48à nous deux
46:49alors ce qui est extraordinaire
46:50c'est qu'à l'époque
46:51le patron de Gaumont
46:53Jérôme Sedou
46:53ne veut pas entendre parler de ce film
46:55les campeurs ne s'intéressent pas
46:56et puis les chiffres
46:57ont été exceptionnels
46:58plus de 230 000 entrées
47:00le premier soir
47:00ce qui est exceptionnel
47:01vous êtes le premier surpris
47:02ah oui
47:03même chez Paté
47:05à l'époque
47:05ça commence à devenir embarrassant
47:07c'était quelque chose
47:10d'invraisemblable
47:10et d'ailleurs
47:12on l'avait vu un peu
47:13en tournée
47:16de Provence
47:16parce qu'on fait toujours
47:17des tournées
47:18avant de sortir un film
47:19c'est comme des spectacles
47:21un peu collants rôdes
47:22avant de les sortir à Paris
47:24on faisait des tournées
47:25et on voyait qu'ils ouvraient
47:26trois salles
47:27quatre salles
47:27cinq salles
47:28et le premier jour
47:29ça a explosé
47:30effectivement
47:31et on a connu un succès
47:33qui
47:34alors ce qui est très
47:36fou
47:37avec Camping
47:38c'est que maintenant
47:39il est repris
47:40par les nouvelles générations
47:41et donc
47:42il se transmet
47:43il se transmet
47:44et c'est ce qu'on peut dire
47:46sans être prétentieux
47:48c'est un film
47:49qui est devenu culte
47:50complètement
47:51et on vous demande
47:52sans arrêt
47:53un Camping 4
47:54alors qu'il y a eu
47:55trois campings
47:56oui sans arrêt
47:57ou que j'aille
47:58pas longtemps
47:58j'étais dans un enterrement
48:00et j'entends dans la foule
48:02à quand Camping 4
48:03bon c'était pas le moment
48:05pour répondre
48:05oh ben
48:06je pense que
48:08je pense qu'on va lui trouver
48:09une autre
48:10on va trouver un camping
48:11une autre vie
48:12en même temps
48:14vous avez touché
48:15à des sujets populaires
48:16les critiques
48:17vous en ont voulu
48:18mais finalement
48:19les critiques
48:19vous les aimez bien
48:20même si vous aimez pas toujours
48:21oui oui
48:22je trouve que les critiques
48:23sont utiles
48:24bon je prends
48:25j'ai une certaine volupté
48:26à être pris
48:27pour un imbécile
48:27je comprends pas pourquoi
48:29il s'acharne sur moi
48:31alors que moi
48:31j'ai l'impression
48:32de faire quelque chose
48:34de périssable
48:35mais je les aime bien
48:36quand même
48:37mais quand on lit
48:38votre livre
48:38Fabien Antoninité
48:39on est fasciné
48:40par le parcours
48:41que vous avez fait
48:42parce que
48:42personne ne peut imaginer
48:44qu'en sortant
48:44des HLM de banlieue
48:45vous seriez un jour
48:47avec un film
48:48qui a fait
48:48trois films
48:49qui ont fait
48:4912 millions d'entrées
48:50oui oui
48:52même plus
48:53parce que vous savez
48:54avec les DVD
48:55les gens les ont revus
48:56et puis là
48:57ils repassent en télé
48:58les repassent lundi prochain
49:00ce film
49:03non
49:03on ne pouvait pas
49:04et on ne savait même pas
49:06que les phrases
49:07de Camping
49:08seraient reprises
49:09dans le domaine public
49:10vous savez
49:11un type qui veut
49:11qui veut s'éclater
49:13un soir
49:14il dit
49:14ce soir
49:14ça va être du grand Mendès
49:16et ça
49:17on ne savait pas
49:17que ça allait être pris
49:18comme ça
49:18mais c'est la magie
49:20c'est la magie de la vie
49:21et ça s'appelle
49:22un succès populaire
49:23voilà
49:23et l'avenir maintenant
49:24l'avenir
49:25j'écris une série
49:27pour France Télévisions
49:29qui va être autour
49:29des randonnées
49:30parce que là
49:31vu le pouvoir d'achat
49:32des gens
49:33c'est un loisir
49:34qui devient de plus en plus
49:36populaire
49:36et j'écris aussi
49:39un film
49:39qui va se passer
49:40dans le monde du surf
49:41chez moi
49:42là-bas
49:43au Pays Basque
49:44et puis
49:44dernière chose
49:45et là
49:46vous êtes un des premiers
49:47à le savoir
49:47mais cette histoire
49:49a tellement plu
49:49qu'il y en a
49:50qui m'ont demandé
49:51d'en faire un film
49:52voilà
49:52cette histoire
49:53en attendant le film
49:54je recommande à celles
49:55et ceux qui nous écoutent
49:56parce qu'on reprendra
49:56plein de choses
49:57sur vous
49:57et sur le monde du cinéma
49:59alors on n'attend pas Fabien
50:01si on l'attend
50:02dans ce livre
50:02chez Stock
50:03merci de l'avoir écrit
50:04et puis à bientôt
50:05pour d'autres aventures
50:06merci mon cher Jacques
50:07à bientôt
50:07merci Fabien
50:08les clés d'une vie
50:09c'est terminé
50:10pour aujourd'hui
50:11on se retrouve bientôt
50:11restez fidèles
50:12à l'écoute de Sud Radio
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