- il y a 4 mois
Les clefs d'une vie de Cendrine Dominguez
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##LES_CLEFS_D_UNE_VIE-2026-04-23##
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PersonnesTranscription
00:00Sud Radio, les clés d'une vie, Jacques Pessis.
00:03Les clés d'une vie, celle de mon invité, la passionnée de sport que vous êtes,
00:08à multiplier les performances sur les plateaux de télévision.
00:11L'art de vivre a été votre moteur jusqu'au jour où le destin vous a contraint à découvrir l
00:16'art de survivre.
00:17Vous le racontez aujourd'hui dans un livre très émouvant.
00:20Bonjour Sandrine Domiguez.
00:21Bonjour Jacques. Vous me donnez déjà des frissons ?
00:24On va évoquer justement notre livre « Les premières fois sans toi » chez Fayard,
00:28qui est un récit très émouvant et qui est un récit qui dresse le portrait d'une vie
00:34que malheureusement beaucoup d'entre nous connaissent.
00:38Mais le principe des clés d'une vie est beaucoup plus joyeux.
00:41C'est d'évoquer votre parcours à travers des dates clés.
00:43Et la première que j'ai trouvée, c'est le 6 juillet 1992.
00:47Vos débuts à la télévision dans cette émission.
00:5340 degrés à l'ombre.
00:55En fait, c'est une émission qui a duré 10 ans.
00:57Elle était avec Vincent Perrault, qui avait débuté, lui, en interviewant Arletty à 17 ans.
01:02Et vous êtes arrivée dans cette émission en faisant les plages l'été, ce qui n'est pas désagréable.
01:08Oui, en ne sachant rien, ne connaissant rien, n'ayant aucun recul, comme on en a aujourd'hui grâce aux
01:15réseaux sociaux,
01:16de ce que c'est que l'image, l'écran, ce que génère le fait de faire de la télévision,
01:23d'être dans le poste, comme diraient certains ou certaines.
01:26Et donc, c'était une époque magnifique qui m'a permis de débuter et surtout de faire du direct.
01:32Oui, alors la première émission, c'était à Quiberon.
01:35Oui.
01:35Et vous évoquiez, je crois, le look d'un certain monsieur Bouillot, qui est kiné.
01:40Je ne me souviens pas du tout.
01:41Il a fait une démonstration de presse aux thérapies et vous la commentez avec lui.
01:45C'est possible.
01:46Je sais que je démarrais, on m'a demandé de faire de la télévision parce qu'on m'a dit,
01:52tu as une tête à faire de la télé.
01:53Je ne sais pas ce que ça veut dire, en fait.
01:56Et donc, voilà, j'ai démarré comme ça.
01:58Et Quiberon, en fait, c'était le lieu de la thalassothérapie grâce à Louis-Ombé,
02:02qui avait été le premier à faire ça.
02:03En fait, il avait eu un accident de vélo.
02:05Il s'est fait soigner par la thalasso.
02:07Et c'est comme ça qu'il a créé, en France, la thalassothérapie, le premier centre à Quiberon.
02:11Absolument, avec sa femme.
02:12Avec sa femme, Marie-Josée.
02:14Voilà, Marie-Josée, qui a tenu encore longtemps cette thalasso.
02:18Alors, vous êtes arrivée dans cette émission.
02:20Comment, effectivement ?
02:20Qui vous a proposé de faire de la télé ?
02:23Alors, j'étais mannequin à l'époque et je faisais pas mal de pubs télé.
02:27Et c'est un producteur qui faisait des pubs télé, Daniel Cochy,
02:33qui m'a dit...
02:34Qui était comédien aussi.
02:35Qui était absolument comédien aussi.
02:37Et qui était tout enfouré à Roland-Garros, dans la loge, à côté de celle qu'on avait,
02:41avec mon mari et avec Patrice.
02:43Et qui m'a dit, t'as vraiment un physique à faire de la télévision.
02:46Tu devrais faire de la télévision.
02:48Et c'est comme ça, vraiment, sur cette conversation que j'ai partagée avec lui, que j'ai démarrée.
02:53Et on vous a proposé de faire aller dans les plages.
02:56Absolument.
02:56Ce qui n'est pas désagréable.
02:57Avec Vincent Perrault.
02:58Et c'était une super émission parce que, un peu comme ce que j'aime d'ailleurs toujours encore,
03:03cette télé de direct, cette télé qui parle aux gens.
03:07Comme j'ai fêté les matins il y a peu de temps, je me suis retrouvée encore dans cette équipe
03:10un peu de ce qu'est la télévision.
03:12C'est-à-dire ce média entre les gens et nous.
03:15Alors, il se trouve que vous êtes née dans une région où il n'y a pas de plage.
03:18C'est à Troyes.
03:20Vous avez grandi à Saint-André-le-Vergé qui est, je dirais, la partie agricole de Troyes.
03:25Oui, absolument.
03:26Et mon grand-père était agriculteur.
03:28Et j'en étais très, très, très, très, très fière.
03:31Et j'ai grandi dans cette ville que je dois avouer au début, je n'ai pas très bien comprise.
03:37Je la trouvais noire.
03:38C'était une ville de bonnetterie.
03:40avec toute une partie des gens qui étaient de cette grande bourgeoisie troyenne, dont je ne faisais pas partie.
03:47Et puis, petit à petit, grâce au travail de François Baroin, notamment,
03:51qui est, je trouve, un maire remarquable pour cette ville,
03:54elle m'est devenue, elle m'est apparue dans toute sa beauté, son esthétique et sa grandeur.
04:00Parce que c'est une grande ville aujourd'hui.
04:01Et il y a Raphaël Mizrahi qui est originaire de Troyes,
04:05qui récolte tous les trois et sauve tous les chats de la région.
04:08Et Bernard Dimmé, le poète, qui est aussi né à Troyes,
04:11qui a commencé dans l'enseignement, mais il a enseigné un quart d'heure
04:13parce qu'il n'a pas pu faire plus.
04:15Il a été viré du lycée au bout d'un quart d'heure parce que ce n'était pas possible.
04:18Je ne connaissais pas cette anecdote.
04:19Alors, il se trouve qu'effectivement, votre grand-père,
04:21votre grand-père paternel, je crois que c'est Paul,
04:24il était pupille de la nation et analfabète.
04:27Oui, c'est beau, non ?
04:29C'est beau, je trouve qu'il était, pour moi, la poésie incarnée
04:35parce qu'ayant peu de la possibilité de lire et d'écrire,
04:40même s'il savait très bien compter, comme tous les paysans,
04:44il m'a appris ce qu'était la réalité de la poésie.
04:47C'est-à-dire regarder des fourmis se balader avec des morceaux de pain sur leur dos.
04:51Il m'a appris à cueillir les trèfles à quatre feuilles,
04:55à vivre cette vie intensément grâce à la nature.
04:59Je lui dois tout ce que je suis ancré dans cette nature.
05:03Il vous a transmis sa joie de vivre.
05:05Exactement.
05:06Cette immense joie de vivre, alors qu'il était pupille de la nation,
05:10et donc il avait très peu sur son parcours,
05:13il a été abandonné devant un endroit où on l'a recueilli,
05:17et tous les gens qui sont passés chez mes grands-parents et chez mon grand-père
05:21se souviennent encore de façon très vivante de ce qu'il était,
05:25de la personne qu'il était.
05:27Je crois qu'il m'a donné cette force extraordinaire d'être dans la vie malgré tout.
05:33Alors il se trouve que vos études, c'est un collège public des écoles primaires,
05:37il y en a justement à Saint-André-le-Vergé,
05:39il y en a une d'ailleurs qui porte le don d'Auguste Renoir,
05:42je ne sais pas si vous le savez,
05:43qui avait une maison à Essoie à côté,
05:47et cette maison est aujourd'hui dirigée par Sophie Renoir,
05:51son arrière-petite fille comédienne,
05:53où il y a tous les tableaux de Renoir.
05:56Magnifique, non je ne le savais pas.
05:57Il se trouve que vos études, le problème c'est qu'on vous prend pour une feignante
06:01alors que vous êtes dyslexique.
06:03Oui, ce qui est incroyable c'est que je vais l'apprendre très très très très tard,
06:07c'est-à-dire il y a à peu près huit mois.
06:11C'est un combat de toute ma vie.
06:13En réalité je ne sais pas m'orienter,
06:16j'ai beaucoup de difficultés,
06:17je ne connais toujours pas l'étape de multiplication,
06:20j'ai beaucoup de mal à apprendre, à retenir,
06:22et ça a été un combat dans ma vie,
06:26toute mon enfance, mon adolescence,
06:28et j'ai fait ce métier en ne sachant pas à quel point je l'étais,
06:32et je viens de terminer avec un comédien qui s'appelle Stéphane Degrotte,
06:37une série pour Canal+,
06:38qui a connu un très très beau succès pour Canal+,
06:41qui s'appelle Le lexique des dyslexiques,
06:43pas facile à dire,
06:45dans lequel j'explicite à hauteur d'enfant ce qu'est la dyslexie.
06:48Et ma maman m'a dit,
06:51mais toi aussi tu étais dyslexique.
06:53Je lui ai dit, mais maman,
06:54vous avez fait quoi de cette dyslexie ?
06:56Et elle a eu cette magique,
06:58elle a dit, j'ai attendu que ça passe.
07:00Et il y en a eu d'autres de célèbres,
07:02Gustave Flaubert a eu le même problème,
07:04il a commencé à écrire à huit ans,
07:05il a été renvoyé de l'école,
07:06et Albert Einstein aussi était dyslexique.
07:09C'est extraordinaire.
07:10Je ne suis pas devenue une scientifique par ailleurs,
07:12mais j'ai fait ce métier tout en l'étant,
07:13et en cachant cette dyslexie le plus que je le pouvais.
07:15Ce qui ne vous a pas empêché le bac,
07:17est entamé ensuite, Sandrine Dominguez,
07:20d'études d'art graphique, je crois.
07:21Oui, c'est ça.
07:22Pourquoi ?
07:22Mais je n'ai pas eu le bac.
07:23Vous n'avez pas eu le bac ?
07:24Vous avez une information erronée.
07:27J'ai voulu faire des études d'art graphique
07:29parce que j'avais l'impression que
07:30ce que je voulais dire
07:32et la façon dont je voulais m'exprimer
07:34passerait par l'art et la culture.
07:37J'ai toujours été impressionnée par les tableaux,
07:40par ce que la peinture pouvait,
07:43sans la partie intellectuelle,
07:45mais juste dans l'émotionnel que ça pouvait renvoyer,
07:47la musique, le cinéma.
07:50J'ai toujours été attirée par ce monde
07:51et je me suis dit
07:52je vais faire les arts graphiques.
07:54Peut-être que ça va m'amener vers un monde
07:56qui est celui de l'art
07:57dans lequel on va mieux me comprendre.
08:00Mais je n'étais pas douée pour le dessin non plus.
08:02Et ça n'a pas duré longtemps ?
08:03Je crois que vous êtes devenue mannequin dans la foulée.
08:05Oui, j'avais un physique.
08:06Voilà.
08:07Mais il fallait encore devenir mannequin.
08:09C'était une époque
08:10où on vous repérait dans la rue encore.
08:11Oui, on vous repérait dans la rue
08:13et ça, c'était la période magique
08:16dans laquelle j'ai eu une période bénie
08:18parce que pas traversée par tout ce qu'on connaît aujourd'hui,
08:23l'hyper maigreur,
08:25le hashtag MeToo bien sûr,
08:27la complexité de ce métier.
08:29J'ai eu vraiment ensuite un joli chemin
08:31qui s'est ouvert à moi.
08:32Et puis le chemin s'est ouvert aussi
08:34avec la rencontre avec Patrice Dominguez
08:36qui venait de terminer sa carrière
08:38et qui était entraîneur à l'époque.
08:40Exactement, j'avais 23 ans
08:42et je démarrais, moi, vraiment.
08:44Et ça a été une rencontre magique.
08:46C'est devenu non seulement le papa de mes enfants
08:49mais véritablement un homme dans ma vie
08:52qui m'a ouvert tellement, tellement,
08:54tellement de chemin, tellement de route
08:55et je lui dois beaucoup.
08:57Et on a oublié aujourd'hui
08:59qu'il a été numéro un français à deux reprises,
09:01qu'il a été l'entraîneur d'Henri Lecomte,
09:03qu'il a été le championne de l'équipe de France.
09:06Oui, il a découvert Amélie Moresmo.
09:09Il a découvert Amélie Moresmo
09:10et tout ça à Roland-Garros
09:12dans un Roland-Garros
09:13qui commençait à être mondain
09:15parce qu'il y a eu un pré-Roland-Garros,
09:17je ne sais pas si vous le savez,
09:17bien sûr,
09:18où il y avait quelques personnalités
09:20mais ça s'arrêtait là.
09:21On pouvait même aller à Roland-Garros
09:23en traversant les grilles
09:24qui n'étaient pas fermées.
09:25Et c'est Juliette Mills,
09:26comédienne à l'époque,
09:27qui vivait à l'époque avec Jean-Paul Lotte
09:30et qui a ouvert les stars à Roland-Garros.
09:33Je ne savais pas que c'était cette comédienne,
09:36ce que je savais pour l'avoir vécu
09:38avec beaucoup de joie,
09:40c'est qu'on pouvait accéder à Roland-Garros
09:42en passant par les grillages.
09:44Et d'ailleurs,
09:44mes enfants qui étaient à Roland-Garros,
09:46mon fils il a appris à marcher à Roland-Garros,
09:49ils faisaient rentrer des bus entiers de copains
09:51par ces fameuses grilles.
09:52Et un jour,
09:53à tel point que le président de l'époque,
09:55qui était Christian Bim,
09:56avait convoqué Patrice,
09:58qui était à l'époque DTN,
09:59donc directeur technique nationale.
10:01« Écoute, on a un petit problème avec ton fils,
10:03la moitié du central est occupée par ses copains. »
10:08Parce que Léo avait réussi à faire rentrer
10:09par les grilles de Roland-Garros
10:10en refilant des badges et des billets.
10:13Aujourd'hui, ça n'existe plus,
10:14mais c'était merveilleux.
10:15Et puis, il a créé Patrice Dominguez,
10:17les tournois féminins.
10:18Absolument.
10:18Parce que ça, on l'a un peu oublié,
10:19il y en a partout aujourd'hui.
10:21Et il est à l'initiative.
10:22Il a tout de suite dit
10:24que c'était important
10:25et que les femmes avaient toute leur place
10:28au sein du tennis français.
10:30Et il était tout à fait à l'égalité
10:34entre les hommes et les femmes.
10:36Il n'avait pas pour lui
10:37un circuit féminin et un circuit masculin.
10:40Et même s'il y en a un dans les faits.
10:42Mais il a été tout de suite,
10:43et depuis le début,
10:44un grand fervent de tennis féminin.
10:46Et puis, Patrice Dominguez,
10:48Sandrine Dominguez,
10:49a été le premier commentateur
10:51du tennis à la télévision.
10:53Il y en a beaucoup aujourd'hui.
10:53Avec Jean-Paul Lotte.
10:54Avec Jean-Paul Lotte.
10:55Avec Jean-Paul Lotte.
10:56Aujourd'hui, Jean-Paul reste pour moi
10:58un des plus grands commentateurs du tennis.
11:00Et Patrice avait cette capacité
11:03de vous raconter le tennis
11:05comme personne, je trouve.
11:07Et il avait surtout,
11:09je vais vous raconter une histoire,
11:11il pouvait commenter un match
11:12sans l'avoir vu.
11:14Et ça m'est arrivé combien de fois avec lui.
11:16On était quelque part en vacances
11:18et c'était un tournoi.
11:19Et on lui disait,
11:20mais voilà, il a gagné 6-4, 6-2, 6-3.
11:23Et Patrice était capable,
11:24en ayant juste le score,
11:27de raconter l'histoire du match.
11:28Il avait juste besoin de 2-3 anecdotes.
11:31C'était un historien du tennis.
11:33C'était un homme très érudit
11:35qui était donc capable de rebondir tout le temps
11:37comme un chat,
11:38même s'il n'avait pas vu le match.
11:40Nous, on va rebondir avec une autre date importante
11:42de votre parcours,
11:43le 30 juin 1993.
11:46A tout de suite sur Sud Radio
11:47avec Sandrine Dominguez.
11:49Sud Radio,
11:50les clés d'une vie,
11:51Jacques Pessis.
11:52Sud Radio,
11:52les clés d'une vie,
11:53mon invité Sandrine Dominguez.
11:55Nous parlerons tout à l'heure
11:56de ce livre très émouvant,
11:58Les premières fois sans toi,
11:59chez Fayard.
12:00Et on en revient à votre parcours,
12:02on a évoqué vos débuts à la télévision,
12:03votre rencontre avec Patrice Dominguez
12:06et le 30 juin 1993 à 20h30,
12:09vous êtes à la télévision
12:11dans cette émission.
12:16Fort Boyard.
12:17Incroyable.
12:18Quatrième saison
12:19et vous êtes là.
12:20Oui, 10 ans.
12:21Ça va durer 10 ans.
12:23Extraordinaire.
12:23C'est pareil.
12:25En fait, je démarre,
12:27je fais 40 degrés à l'ombre,
12:28je suis mannequin
12:29et puis finalement,
12:29je fais pas mal de publicités
12:30et puis je fais Sportissimo.
12:33J'enchaîne comme ça,
12:35sans chercher au fond
12:37à faire plus que ça.
12:39Et puis un jour,
12:41Xavier Couture
12:41et Marie-France Brière,
12:43qui est quand même
12:43une grande dénicheuse de talent,
12:45qui a travaillé pendant des années
12:46à France Télé,
12:47m'appellent et me disent
12:49tu vas faire Fort Boyard.
12:50Je dis, ah oui,
12:51mais c'est quoi Fort Boyard ?
12:52Et il y avait juste
12:53Valérie Pascal et Sophie Davant
12:55qui avaient fait une saison.
12:56Oui.
12:56Et je dis, pourquoi pas ?
12:58En fait,
12:58j'ai plus souvent dit oui
12:59dans ma vie
13:00que non au début,
13:02comme ça,
13:02dans cette carrière
13:03parce que je me suis dit,
13:04au pire,
13:05je me serais trompée
13:06et au mieux,
13:07je vais m'amuser
13:08et je me suis tellement amusée.
13:09Voilà.
13:09En plus,
13:10Fort Boyard était né
13:11parce que Jacques-Antoine
13:12avait repéré ce fort
13:13et quand il avait voulu
13:14faire les travaux,
13:15on lui avait dit
13:16mais vous êtes fou,
13:16ça marchera jamais,
13:17c'est impossible
13:18et c'est ça
13:18ou alors je fais
13:19les prochaines émissions
13:20au sommet du Mont-Blanc.
13:22Et il a eu l'idée
13:23et l'astuce
13:24de donner le fort à la ville
13:26fait que tous les travaux
13:27aujourd'hui du Fort Boyard
13:28sont à la charge de la ville.
13:30Absolument.
13:30Alors,
13:31il se trouve que vous arrivez,
13:32presque,
13:33pas contraintes et forcées
13:33mais presque
13:34et que vous rencontrez
13:35Patrice Laffont
13:36qui va devenir
13:37votre complice
13:37pendant des années.
13:38Pendant 10 ans,
13:39enfin 8 ans.
13:40Patrice va partir
13:41juste avant moi
13:42et une petite anecdote
13:44pour Jacques-Antoine
13:45parce que c'était
13:45un très grand monsieur
13:46et il faut remettre
13:47à ce monsieur
13:48sa grandeur
13:49parce qu'il n'y a pas
13:49beaucoup d'inventeurs
13:50de jeux.
13:51Il a fait la tête
13:52et les jambes,
13:52il a fait aussi Interville,
13:53il va faire Fort Boyard,
13:55c'est quand même pas rien.
13:55Et le Schmilblick
13:56et quelques autres émissions.
13:58Et il me disait toujours,
13:59il fumait la pipe,
14:00il avait sa pipe comme ça
14:01dans sa main,
14:02il tenait sa pipe tout le temps
14:03et il me disait
14:03mon petit,
14:05mon petit,
14:06vous,
14:07vous êtes joli
14:07mais le fort est plus fort.
14:09Je ne dis pas très bien,
14:10il m'a dit ne vous inquiétez pas
14:11mais le fort sera toujours
14:13plus fort que vous.
14:13Genre gardez-vous
14:14à votre place là,
14:16tranquille,
14:16parce que le fort
14:17il est plus fort que vous.
14:18Et il avait raison.
14:19Mais d'ailleurs
14:19quand il était en colère
14:20il pouvait casser une pipe
14:21directement.
14:22Ah oui,
14:22ça j'ai jamais vu faire.
14:23Ses collaborateurs
14:24ont connu ça
14:25sur un coup de colère
14:26parce que quelque chose
14:27ne marchait pas,
14:28on changeait directement
14:29il y en avait en rechange.
14:30Donc vous arrivez
14:31avec Patrice Laffont
14:31que vous connaissez à peine
14:32mais la complicité
14:34va être immédiate.
14:35Immédiate,
14:35même si Patrice Laffont
14:36avait son caractère
14:37et il m'a dit
14:39tu prends trop de place,
14:41tu prends trop de lumière
14:42parce que je suis arrivée
14:43et donc évidemment
14:45comme j'étais mariée
14:46avec Patrice
14:46tout d'un coup
14:47il y avait un couple médiatique
14:48donc les médias
14:48se sont beaucoup
14:49beaucoup intéressés à nous.
14:51J'ai fait beaucoup
14:52de couvertures de magazines.
14:53A l'époque,
14:54je ne sais pas,
14:55le samedi
14:56c'était toutes les couvertures
14:57c'était moi
14:58et Patrice Laffont
14:59était un peu l'oublié.
15:00Il m'avait dit
15:00attention,
15:01reste à ta place.
15:02Je lui ai dit
15:02mais c'est bien,
15:03je reste à ma place
15:03mais toi aussi à la tienne
15:04et on va bien s'entendre.
15:05Et là ça a été
15:06après 8 ans de bonheur.
15:07Et la première saison
15:08je crois qu'il y avait
15:09Gérard Rolz,
15:10il y avait Yves Duteil
15:11qui triomfait,
15:12il y avait Julien Lepers,
15:13c'était une époque
15:14où les candidats s'amusaient.
15:16Ah oui, oui.
15:16Et les épreuves
15:17changeaient tout le temps.
15:18Tout le temps
15:18et rien, rien, rien.
15:19On les voyait arriver
15:20et ils repartaient généralement
15:23en boitant
15:23ou en ayant une blessure,
15:26le bras en écharpe
15:26tout le temps
15:27pour Gérard Rolz
15:27qui se casse toujours
15:28quelque chose.
15:29C'était vraiment génial.
15:31Et je crois
15:31que votre caractéristique
15:32Sandrine Dominguez
15:33c'était de mettre
15:34les candidats à l'aise
15:36immédiatement.
15:36Oui, c'était ce qu'on me disait.
15:38C'est-à-dire que j'avais
15:39cette capacité
15:41à toujours emmener
15:42les candidats
15:43au mieux de ce qu'ils pouvaient être.
15:44Et j'avais beaucoup
15:45d'empathie aussi
15:46pour les personnages du fort.
15:48Et on me l'a même reproché
15:49à un moment donné.
15:50On me disait
15:50mais en fait
15:51tu mets toujours tes mains
15:52sur les épaules de Passepartout.
15:53Je dis mais je l'adore
15:54Passepartout en fait.
15:55Et donc j'ai eu tout de suite
15:56comme ça
15:56cette espèce de communion
15:58avec les téléspectateurs
15:59qui se sont dit
15:59mais en fait
15:59elle doit être sympa.
16:01Parce que j'avais cette complicité
16:02avec Passepartout
16:03avec Passe-temps
16:04avec la boule
16:04avec tout le monde quoi.
16:05Je crois même
16:06que vous aviez
16:06un petit carnet rouge
16:07pour prendre des notes.
16:08Oui.
16:10C'est vrai
16:11parce qu'en fait
16:11j'avais toujours un peu peur
16:12d'oublier quelque chose
16:15ou j'avais toujours
16:15ce petit carnet partout
16:16que je trimballais avec moi
16:17et qui m'a bien aidée.
16:19Et je crois que vous aviez
16:20une passion
16:21pour les hommes particuliers musclés.
16:23Ah, ça c'est...
16:24On a dit ça dans un article.
16:25Oui, oui.
16:26Parce que je te fais les muscles.
16:28Voilà, exactement.
16:28En fait, la télévision
16:29ça exacerbe.
16:30Et donc ça met
16:31un écran géant
16:32ou un miroir grossissant
16:34sur les choses.
16:35Donc je touchais toujours
16:36les bras des hommes musclés
16:37comme étant un trophée.
16:40Tout ça était un amusement
16:41mais la télévision
16:42encore une fois
16:43étant un miroir grossissant
16:44ça a fait après
16:45beaucoup, beaucoup
16:46couler d'encre.
16:47Il se trouve que je me suis
16:48un peu renseigné
16:48et l'homme le plus musclé
16:50du monde
16:50il s'appelle
16:50Marius Puzianowski
16:52il pèse 119 kilos
16:54et il a des muscles
16:55hors du commun.
16:56Non mais ça c'est trop.
16:57Alors il se trouve aussi
16:58que vos tenues sont impeccables
16:59là vous êtes dans une tenue
17:00rouge assortie à Sud Radio
17:02merci
17:02mais c'est vrai qu'à chaque fois
17:04et je crois que vous êtes
17:05la seule dans ce cas
17:06les couturiers se battaient
17:08pratiquement pour
17:08que vous soyez bien habillée
17:10dans Fort Boyard.
17:11Oui c'est vrai
17:12mais je trouvais que c'était
17:13rendre aussi hommage
17:15à la fois au jeu
17:16mais aux téléspectateurs
17:17et moi j'ai toujours aimé
17:18cette relation
17:19qu'on peut entretenir
17:21avec le vêtement
17:21quoi qu'on soit
17:23sans être sur
17:25overdress
17:25comme on dit
17:26mais en étant juste
17:27ben voilà
17:28je viens ici
17:29je viens vous voir
17:29j'ai envie de me faire plaisir
17:32dans le moment
17:33qu'on va passer ensemble.
17:34Et réciproquement
17:35alors il se trouve que
17:36en plus vous avez vécu
17:37l'ascension de Fort Boyard
17:38c'est à dire qu'à l'époque
17:40on connaissait un peu le jeu
17:41mais quand on voit aujourd'hui
17:43qu'à Fourat
17:4335% des revenus
17:45ce sont les produits
17:46de Fort Boyard
17:47c'était pas le cas à l'époque.
17:49On démarrait
17:50mais très vite
17:51on parle
17:52quand moi je faisais l'émission
17:54enfin quand nous faisions
17:55l'émission avec Patrice Laffont
17:56de 6-7 millions
17:58de téléspectateurs
17:59le samedi soir
17:59c'est énorme
18:00aujourd'hui
18:01pour faire 6-7-8 millions
18:03c'est des grands rendez-vous sportifs
18:06c'est peut-être
18:08une Starak
18:10mais ça n'existe plus
18:11en vrai.
18:12Alors vous avez
18:13refusé d'être candidate
18:15je crois à cause
18:16des serpents.
18:17Pendant 20 ans
18:17j'ai fait l'année dernière
18:19j'ai accepté l'année dernière
18:20à cause des serpents
18:21et puis parce que
18:22je connais tellement bien
18:23les dessous du fort
18:24que je me suis dit
18:25oh là là je vous connais
18:25vous allez me faire
18:26les pires épreuves
18:27pour me faire hurler
18:28pour me mettre en mini-jupe
18:29sur les cylindres
18:30je les connais tous
18:31donc j'ai refusé
18:32et puis j'y suis allée
18:33l'année dernière.
18:35Vous avez fait je crois
18:36la dernière émission
18:37avec Patrice.
18:37Oui
18:38qu'est-ce que je suis heureuse
18:39de l'avoir fait
18:40en fait ils m'ont rappelé
18:41une énième fois
18:42ils m'ont dit là
18:43tu ne peux pas nous dire non
18:44c'est les 25 ans de Fort Boyard
18:46vraiment on a envie
18:46que tu sois là
18:47donc là j'ai dit non
18:48je ne viendrai pas
18:49et puis le producteur m'a dit
18:51mais tu sais
18:51il y aura Patrice Lafon
18:52j'ai dit ah
18:52je vais réfléchir
18:53et je ne sais pas pourquoi
18:55mais je suis tellement heureuse
18:57de l'avoir vécu
18:57de l'avoir fait
18:59et j'ai dit
18:59alors si Patrice vient
19:00je viens
19:00mais vous êtes sûr qu'il vient
19:01parce que je le connais
19:02il peut dire non
19:03jusqu'à la dernière minute
19:04et il est venu
19:05on s'est retrouvé
19:05qu'est-ce qu'on a rigolé
19:06et en même temps
19:07vous avez passé 10 années
19:08vous n'imaginiez pas au départ
19:10Sandrine Dominguez
19:10que ça durerait 10 ans
19:11jamais
19:13non non jamais
19:13ça s'est reproduit chaque année
19:15en fait en vrai
19:16c'est un petit miracle
19:16à chaque fois ce métier
19:17donc je ne me suis jamais dit
19:19que j'étais la reine du fort
19:20que j'allais rester toute ma vie
19:21j'y suis restée 10 ans
19:23et au bout de 9 ans
19:24j'avais pris ma décision
19:26ce serait la dernière année
19:27et j'ai dit
19:27j'arrête
19:28et vous l'avez annoncé comme ça
19:30et tout le monde était triste
19:31parce qu'on n'imaginait pas
19:32Fort Boyard sans vous à l'époque
19:33c'est gentil
19:34mais le patron de France Télé
19:35à l'époque m'a dit
19:37qu'est-ce que tu veux ?
19:38pourquoi tu veux arrêter ?
19:39qu'est-ce que tu veux ?
19:40tu veux d'autres primes ?
19:40je lui ai dit
19:40non non je ne veux pas
19:41je veux faire mon métier
19:43tel que moi j'ai décidé de le faire
19:45et il a eu cette phrase
19:46il m'a dit
19:46tu ne seras plus rien à la télévision
19:48si tu arrêtes
19:49je lui ai dit
19:49écoute rendez-vous au tas de sable
19:51je pense que si
19:51je vais continuer
19:52je pense qu'il n'est pas le premier
19:54à dire des bêtises à la télévision
19:56d'un côté directeur
19:57alors il se trouve aussi
19:58que votre caractéristique
20:03oui j'ai toujours été
20:05en tout cas sportive
20:07un peu athlétique
20:08de temps en temps
20:08sur certains sujets
20:10par exemple sur la montagne
20:12notamment la randonnée
20:13où je me débrouille pas mal
20:15mais c'est vrai
20:17je courais vite
20:18j'avais cette capacité
20:20à grimper les étages
20:21sans que ce soit un problème pour moi
20:22et d'ailleurs à la télévision
20:24vous l'avez montré
20:24il y a eu Sportissimo
20:25mais il y a eu aussi
20:26Un pour tous
20:27qui était un jeu quotidien
20:29qui était une nouvelle version
20:30de la tête des jambes
20:31de Pierre Belmar
20:32avec Christian Morin
20:33à mes côtés
20:33ou dans ma grande dyslexie
20:35pour moi
20:36c'était impossible
20:37de compter
20:37les minutes
20:38les secondes
20:39les millième de seconde
20:41je me confondais
20:42je me faisais hurler dessus
20:44dans l'oreillette
20:45par les producteurs
20:46qui me disaient
20:46en fait tu comprends rien
20:47je dis mais non
20:47je ne comprends rien en fait
20:48on a un peu oublié
20:49cette émission
20:50qui était quotidienne
20:51qui était en public
20:51il y avait un candidat
20:53avec Christian Morin
20:54pour les épreuves culturelles
20:55et l'épreuve sportive
20:56c'était vous
20:56absolument
20:57et c'était une super émission
20:59c'était un sacré challenge
21:00tous les jours
21:01parce qu'à l'époque je faisais
21:02la radio
21:03je faisais la télévision
21:04en quotidienne
21:05et je faisais Fort Boyard
21:06et en fait
21:07la tête des jambes
21:08est née de façon très particulière
21:10c'est-à-dire qu'André Giloy
21:11qui est un homme de Londres
21:13qui est inventeur de la radio
21:14avait créé un jeu de loi
21:16à la télévision
21:16la première est en direct
21:18ça dure trois heures
21:18ils n'ont même pas fait
21:19la moitié du damier
21:21et donc on demande à Belmar
21:23de sauver le coup
21:23et il invente Télématch
21:24où il y aura la tête des jambes
21:26avec Jean-Paul Roulan
21:27qui jouera votre rôle
21:28avant la lettre
21:29absolument
21:29il était mieux que moi
21:30Jean-Paul Roulan quand même
21:31et il vit toujours
21:31il a 99 ans
21:33et il continue à vivre tranquillement
21:34et il marche tous les jours
21:35et il écrit un livre
21:36ah bah vous voyez
21:37je vais vivre comme Jean-Paul Roulan
21:39alors
21:39finalement la télévision
21:41vous avez appris
21:42votre métier sur le terrain
21:43oui j'ai appris en marchant
21:44c'est-à-dire ?
21:45c'est-à-dire que
21:46encore une fois
21:47comme je l'ai fait un peu
21:48comme ça au gré des rencontres
21:50sans programme en vrai
21:53j'ai appris
21:54j'ai appris
21:54j'ai écouté
21:55j'ai regardé
21:56je me suis laissé
21:58conseiller aussi
21:59Patrice
21:59le papa de mes enfants
22:01il faisait déjà de la télévision
22:02donc il m'avait déjà dit
22:04beaucoup de choses
22:05il m'a dit
22:06tu sais
22:06ce qui est important
22:07c'est que
22:08tu vas avoir
22:09autour de toi
22:09une équipe
22:10c'est l'équipe en entier
22:11qui va faire ce métier
22:13avec toi
22:13donc
22:14n'oublie personne
22:15sur le chemin
22:16tu verras
22:17tu les retrouveras
22:17donc j'ai appris
22:19comme ça au fur et à mesure
22:20jusqu'au jour
22:20où je suis devenue productrice
22:22et là
22:22ça a été autre chose
22:23voilà et justement
22:24il y a une date importante
22:25dans votre parcours
22:25le 6 octobre 1996
22:28à tout de suite
22:29sur Sud Radio
22:29avec Sandrine Dominguez
22:31Sud Radio
22:32les clés d'une vie
22:33Jacques Pessis
22:34Sud Radio
22:35les clés d'une vie
22:35mon invité
22:36Sandrine Dominguez
22:37nous parlerons tout à l'heure
22:39de
22:39les premières fois sans toi
22:40un récit
22:41ô combien émouvant
22:42qui est chez Fayard
22:43on en revient à votre parcours
22:44on a évoqué vos débuts
22:45à la télévision
22:46vos années dans Fort Boyard
22:47et puis ensuite
22:48il s'est passé d'autres choses
22:50et le 6 octobre 1916
22:52c'est la première
22:53de cette émission
22:58et là encore
22:59vous innovez
23:00Sandrine Dominguez
23:01Teva Déco
23:02la première émission
23:03de télévision
23:04consacrée
23:04à la décoration
23:05et à la maison
23:06alors passer de Fort Boyard
23:08à Teva Déco
23:08il y a quand même
23:10quelque chose d'étonnant
23:11oui
23:11en même temps
23:12ça reste de la télévision
23:13donc c'est parler
23:15aux téléspectateurs
23:16et ce que m'avait appris
23:17Fort Boyard
23:18et que j'ai gardé
23:19ancré
23:19en faisant Teva Déco
23:21c'est que Fort Boyard
23:22c'est un jeu
23:22qui parlait à tous
23:23à tout le monde
23:24dans la famille
23:25on peut regarder ce jeu
23:26tous ensemble
23:26et quand j'ai commencé
23:27Teva Déco
23:28je me suis dit
23:28je dois parler à tout le monde
23:29parce que je voyais bien
23:30qu'il n'y avait rien
23:31il y avait un vide total
23:32et complet
23:33dans l'univers des médias
23:33donc je me suis dit
23:34comment parler de décoration
23:35à tout le monde
23:36et pourquoi la décoration ?
23:38ça a toujours été ancré en moi
23:39dans ma famille
23:41ma mère
23:41mes grands-mères
23:43ont toujours aimé ça
23:45aimé cuisiner
23:46recevoir
23:47s'occuper de la maison
23:48ça a toujours été
23:49c'est vraiment ancré en moi
23:51et donc
23:51je voulais parler de la décoration
23:53mais plus encore
23:54ce qui m'intéressait
23:54c'était de parler de l'intérieur
23:55de chez les gens
23:57et pour comprendre
23:58qui ils étaient
23:59comment ils vivaient
24:00j'ai toujours eu
24:01cette
24:02ce petit
24:03cette envie
24:04d'aller
24:05de rentrer chez eux
24:06et là encore
24:06c'était une première
24:07à la télévision
24:08personne en France
24:09n'avait fait démission
24:10sur la décoration
24:10personne
24:11curieusement
24:12alors que
24:13la richesse qu'on a en France
24:14avec notre art de vivre
24:16qui est quand même
24:16ce qu'on nous envie le plus
24:17dans le monde entier
24:18alors il se trouve que
24:20en plus
24:21vous êtes sur une chaîne naissance
24:22car Teva arrive
24:23c'est une nouvelle chaîne
24:24vous êtes une pionnière
24:25de cette forme de télévision
24:26qu'on connait aujourd'hui
24:27ouais c'était un pari
24:28mais j'ai voulu le faire
24:30parce que l'équipe
24:31autour de Teva
24:32donc c'est-à-dire
24:32le groupe M6 à l'époque
24:34était
24:34je trouve
24:35très professionnelle
24:36et ils lançaient
24:37Paris 1ère
24:38et Teva
24:39qui sont les deux chaînes
24:40les premières à arriver
24:41dans le groupe
24:42qui étaient les fameuses
24:43chaînes du câble
24:44et donc tout le monde
24:45me disait
24:45mais t'es folle
24:46pourquoi tu quittes France Télé
24:47j'ai dit non mais je vais faire
24:48mon petit bonhomme de chemin
24:49j'ai quand même continué
24:50pendant un moment
24:51et Fort Boyard
24:52et Teva
24:53ce qui m'a permis
24:54de démarrer
24:54et de faire venir
24:56beaucoup de gens
24:56qui me regardaient
24:57dans Fort Boyard
24:58vers Teva Déco
25:00et puis c'est une chaîne
25:01destinée aux femmes
25:02ce qui n'était pas courant
25:03à la télévision
25:03il y avait le magazine féminin
25:05entre 1952
25:07et 1970
25:07qui était uniquement
25:08un magazine de cuisine
25:09et de conseils
25:11de couture
25:11et d'ailleurs
25:12Léon Zitraud
25:12n'y participait
25:13sans être générique
25:15parce qu'il disait
25:16je suis obligé de le faire
25:17parce que je suis un pionnier
25:18de la télé
25:18mais je ne peux pas être
25:19au générique
25:19du magazine féminin
25:20et c'est vrai que là
25:21vous innovez encore
25:22avec en plus une équipe
25:24il fallait recruter une équipe
25:26absolument
25:26et puis surtout
25:27il fallait trouver
25:29le sens
25:30c'est-à-dire trouver
25:31comment on allait parler
25:32à la télévision
25:33de la décoration
25:34sans mettre personne de côté
25:35c'est vraiment important
25:36alors j'ai eu cette signature
25:37assez vite
25:38qui disait
25:39on ne peut pas changer le monde
25:41mais on peut toujours
25:41changer le décor
25:42et ça
25:43ça m'a guidé
25:44ça m'a aidé
25:45je me suis dit
25:45alors c'est ça
25:46je ne peux pas changer
25:47on ne peut pas changer
25:47le monde dans lequel on vit
25:48on ne peut pas changer
25:49le monde de la maison
25:50de l'architecture
25:51mais peut-être qu'on peut
25:52faire quelque chose
25:53avec le décor
25:53et je voulais parler
25:54déjà à l'époque
25:55de l'intériorité
25:56c'était à l'intérieur des gens
25:58qu'il allait falloir chercher
25:59comment ils aimaient vivre
26:01quelles étaient les couleurs
26:02qui dominaient leur vie
26:03et donc les aider
26:04à se révéler
26:05parce qu'ils étaient
26:06réellement eux
26:07et pas parce qu'on allait
26:08leur proposer
26:09dans les magasins
26:10et il fallait trouver
26:11en plus
26:12des chroniqueuses
26:13qui connaissaient
26:14ces univers
26:14oui recruter
26:17c'est là que je me suis lancée
26:18aussi comme productrice
26:19donc avec l'inquiétude
26:20de gérer un budget
26:21de gérer
26:22la relation avec une chaîne
26:24des livraisons
26:25des PAD
26:25donc là j'ai vraiment
26:27pris le métier en main
26:28et je suis devenue productrice
26:30avec vraiment
26:32un apprentissage
26:33au quotidien
26:34mais assez vite
26:35j'ai compris
26:35comment ça fonctionnait
26:36j'ai pris beaucoup de plaisir
26:37à faire ce métier
26:38et puis vous êtes entrée
26:39dans une petite famille
26:40ce qui n'était pas le cas
26:41où la télévision nationale
26:43c'est quand même
26:43une grosse machine
26:44oui
26:45et puis les chaînes du câble
26:46c'est-à-dire qu'à l'époque
26:47c'était Nicolas de Taverneau
26:49c'était Thomas Valentin
26:50c'était des grands patrons
26:51c'était impressionnant
26:52et donc ils me félicitaient tout le temps
26:54parce que les audiences
26:54étaient au rendez-vous
26:55ça c'est magique
26:56comme vous
26:56quand on fait notre métier
26:58ce qu'on aime
26:58c'est que les téléspectateurs
27:00ou les auditeurs
27:02reçoivent
27:03accueillent ce que vous voulez
27:04leur proposer
27:04et donc tout de suite
27:06les audiences ont été en rendez-vous
27:07et c'est devenu la chaîne
27:09la plus importante
27:09sur le service
27:11pour les femmes
27:11et on a eu un succès magnifique
27:14pendant 25 ans
27:15ce qui n'était pas évident
27:16parce que certains disaient
27:17la décoration
27:17ça ne marchera jamais
27:18à la télévision
27:18on me disait surtout
27:19c'est un truc de gonzesse
27:20oui bien sûr
27:22mais pas que
27:23je savais qu'il y avait
27:24des hommes aussi
27:25qui aimaient s'occuper
27:26de l'intérieur de leur maison
27:27il y avait beaucoup d'architectes
27:28beaucoup de décorateurs
27:29beaucoup de décoratrices
27:30donc j'ai comme ça
27:31emmené beaucoup de gens
27:32dans mon sillon
27:33alors il se trouve
27:33que le premier journal
27:34qui parle de décoration
27:36je me suis un peu renseigné
27:37c'est en 1897
27:39ça s'appelait
27:40Art et Décoration
27:41et c'était Émile Lévy
27:42qui dirigeait
27:44la librairie centrale
27:45des Beaux-Arts
27:45qui a créé ce magazine
27:46sans imaginer
27:47qu'un jour
27:48ça se développerait
27:48à la télévision
27:49et Art et Décoration
27:50existe encore
27:51exactement
27:52et puis il y a eu
27:53ensuite un décor
27:55parallèlement
27:55qui était encore autre chose
27:57c'est à dire que
27:58on connait
27:59le changement de décor
28:00dans la guerre
28:00des restaurants de Toffchef
28:01où on change
28:02un restaurant
28:02en 48 heures
28:03là aussi
28:03c'est une idée complémentaire
28:04oui mais c'est venu de
28:05pardon mais franchement
28:06je pense que c'est venu de nous
28:07c'est à dire que
28:08je pars aux Etats-Unis
28:11là il y a beaucoup
28:12d'émissions de décoration
28:13et d'art de vivre
28:14aux Etats-Unis
28:14je vois une émission
28:15qui s'appelait
28:16Changing Room
28:16c'est à dire
28:17changer de pièce
28:18je me dis
28:19c'est vachement bien
28:20ce petit truc là
28:21mais sauf qu'aux Etats-Unis
28:22on passe
28:23d'un voisin à un autre
28:24c'est votre voisin
28:25imaginez
28:27où vous habitez
28:28qui vient chez vous
28:29et qui change le décor
28:29et boule le décor du voisin
28:30je vais dire ça en France
28:31ça va pas marcher
28:32et donc j'ai inventé
28:33on change le décor
28:34sur cette idée
28:35et je l'ai adapté
28:37en France
28:37et c'est devenu
28:38le succès qu'on connait
28:39avec Valérie Damido
28:40l'émission que j'ai produite
28:41qui s'appelait
28:42Déco
28:43et la mienne
28:43qui est devenue
28:44cette signature
28:45on change le décor
28:46et vous avez eu un prix
28:47le prix de la femme préférée
28:49du câble et du satellite
28:50en 2000
28:51et c'était un prix
28:52qui est encore innovant
28:54oui
28:54qu'on attendait toutes
28:55ou tous
28:56parce qu'on avait envie
28:57c'est toujours pareil
28:58je trouve que
28:59quand on fait ce métier
29:00et qu'on reçoit
29:01quelque chose
29:02qui vous met
29:04à un moment
29:05à vous dire
29:06ce que tu as fait
29:07on le reconnait
29:07c'est merveilleux
29:08alors justement
29:09vous avez été productrice
29:11et productrice
29:12pionnière
29:12car vous êtes dans
29:13l'univers de la maison
29:14et de l'environnement
29:15ce qui n'est pas courant
29:16à l'époque
29:17aujourd'hui c'est banal
29:18mais là aussi
29:19vous avez innové
29:20dans aussi
29:22tout ce qui était
29:23l'écologie
29:24dans la maison
29:25tout ce qu'on pouvait faire
29:26j'ai écrit des livres
29:28c'est vrai que
29:29je ne me suis pas
29:31endormie
29:31sur ce métier
29:32en me disant
29:33bon bah c'est bien
29:33je fais ça
29:34et j'ai toujours eu
29:35envie ou besoin
29:36de réinventer ce métier
29:38et d'aller au plus proche
29:39de ce qu'étaient mes convictions
29:41dans l'art de vivre
29:42et dans l'art d'habiter
29:43surtout
29:43et dans ce que vous appelez
29:44la décoration domestique
29:45oui absolument
29:47ce que j'appelle
29:47la décoration domestique
29:49ou l'art d'habiter
29:50c'est deux mots
29:51qui sont importants pour moi
29:52alors finalement
29:53vous avez trouvé
29:54une niche discrète
29:55mais efficace
29:56parce que vous n'avez
29:56pas eu de gros moyens
29:58au départ
29:58mais vous avez réussi
29:59à capter
30:00un public fidèle
30:02oui mais je suis persuadée
30:05qu'on peut avoir du talent
30:08pour faire les choses
30:09mais ce qui prime
30:09c'est la passion
30:10ça vient au-dessus
30:11et Patrice
30:13il disait toujours
30:13le talent sans le travail
30:15c'est une mauvaise manie
30:16mais le talent sans le travail
30:18et sans la passion
30:18c'est une très très mauvaise manie
30:20et donc je me suis attachée
30:23à poursuivre ce chemin
30:25qui me rendait heureuse
30:26et dans lequel j'avais le sentiment
30:28de rendre heureux
30:29des tas de gens
30:30téléspectateurs
30:30et mes équipes
30:31et Bré elle disait
30:33le talent c'est 5%
30:34et ça n'existe pas vraiment
30:36ce qui compte
30:37c'est le travail derrière
30:37absolument
30:38alors les 20 ans
30:39ont été quand même fêtés
30:40au château de Versailles
30:41ce qui était un événement
30:43Sandrine Dominiez
30:43oui alors c'est génial
30:45parce que j'ai rencontré
30:47la nouvelle ministre
30:47de la culture
30:48il y a 15 jours
30:49Catherine Pégard
30:50Catherine Pégard
30:51qui est une femme
30:51tout à fait exceptionnelle
30:53qui dirigeait
30:53Versailles à l'époque
30:54et qui m'a dit
30:55je me souviens très bien
30:56c'était la première fois
30:58qu'elle disait
30:58oui à une émission
30:59de télévision
31:00qui n'était pas
31:01un grand média
31:02genre France Télé
31:04etc
31:04et elle m'a dit
31:06j'avais beaucoup aimé
31:06votre parti pris
31:07qui était de dire
31:08nous n'avons rien inventé
31:09allons à Versailles
31:10pour le vérifier
31:11le décorateur de Versailles
31:12c'était quand même
31:14Le Brun
31:15bien sûr
31:16le nôtre pour les jardins
31:17et puis Le Brun
31:18a été engagé au départ
31:19comme valet de chambre
31:20par Louis XIV
31:21et il est devenu
31:22peintre et décorateur
31:23grand décorateur de Versailles
31:24et puis il y a une autre émission
31:26qui a beaucoup marqué
31:27votre parcours
31:27une des premières émissions
31:28sur le troc
31:29ah oui
31:30troc moi tout
31:31troc moi tout
31:31et ça aussi c'est étonnant
31:32parce qu'un jour
31:33je crois que vous avez
31:34vous même fait du troc
31:35j'ai troqué la voiture
31:36de Patrice
31:37contre la voiture
31:38d'un couple
31:38qui venait d'arriver
31:40et il avait une petite
31:42mini-hostine
31:43et je suis rentrée à la maison
31:46je lui dis
31:46j'ai troqué ta voiture
31:47il m'a dit
31:47pardon
31:48tu t'en servais pas trop
31:50donc je l'ai troqué
31:50contre une Fiat 500
31:52bleu pétrole
31:53il m'en a plus eu
31:54mais là aussi
31:55faire une émission
31:56sur le troc
31:57c'était tout à fait
31:57innovateur
31:58oui ça c'est Tim Newman
31:59qui était toujours
32:00un grand producteur
32:01qui avait eu cette vision
32:03et qui m'avait dit
32:04un jour
32:04viens je t'embarque avec moi
32:06on va faire une émission
32:06sur le troc
32:07c'était génial d'ailleurs
32:08et puis alors
32:09toutes vos émissions
32:09vous êtes présentes
32:11parce que
32:11l'humeur de Sandrine
32:13les ateliers de Sandrine
32:14la maison de Sandrine
32:15à chaque fois
32:15c'est quelque chose
32:16de très personnel
32:17que vous avez développé
32:17les bocaux de Sandrine
32:18oui c'est vrai
32:20ce Sandrine CEN
32:23qui s'orthographie
32:24donc différemment
32:25et donc c'est vrai
32:26qu'on a joué beaucoup
32:27sur ce prénom
32:27qui est devenu une signature
32:30pourquoi Sandrine
32:30avec un C d'ailleurs ?
32:32ah je vais vous dire un secret
32:33dit à personne
32:33pas à personne
32:34en fait c'est pareil
32:35ma maman m'a fait cet aveu
32:36il y a peu de temps
32:38mon nom de jeune fille
32:40c'est Cazerie
32:40et donc Sandrine
32:42avec un C
32:43et Cazerie
32:44ça faisait cc
32:45parce que ma maman
32:46rêvait pour moi
32:47d'un destin
32:48comme bébé
32:50Brigitte Bardot
32:50incroyable
32:51ou Claudia Cardinal
32:52voilà
32:53voilà à quoi ça tient
32:54exactement
32:55alors il se trouve que
32:56donc vous êtes devenue
32:56productrice
32:57et vous avez commencé
32:59à faire des fictions
32:59oui
33:00ça c'était autre chose
33:01c'est encore un autre métier
33:02oui
33:02complètement différent
33:03et puis je me suis mise
33:05surtout à produire
33:06d'autres gens
33:07et ça j'ai beaucoup aimé
33:08produire
33:10alors beaucoup d'hommes
33:12bizarrement
33:13je sais pas pourquoi
33:13mais comme Eric Brunet
33:17après Cyril Eldin
33:19j'ai vraiment
33:20j'ai accompagné
33:21des gens aussi
33:22dans ce métier
33:23pour leur trouver
33:24le meilleur format
33:25le plus adapté
33:26à leur environnement
33:28et ça m'a beaucoup plu
33:30j'ai trouvé ça extra
33:31et des fictions
33:32il y a peu de temps
33:33avec Stéphane de Grotte
33:34et là pour la première fois
33:35je vais être réalisatrice
33:36aussi d'un film
33:37et en même temps
33:38il y a
33:39dans les secrets du quai d'Orsay
33:40oui
33:41vous imaginez pas
33:42dans ce documentaire
33:43oui mais ça reste dans
33:43l'art de vivre
33:44oui
33:44ça reste vraiment quelque chose
33:46c'était Dominique de Villepin
33:47à l'époque
33:47c'était d'ailleurs incroyable
33:48parce que le cadreur
33:50avait un truc
33:52il était tellement impressionné
33:53par Dominique de Villepin
33:54qu'il a fait son cadre
33:55mais en gros plan
33:56très gros plan
33:57et il a oublié
33:58de dézoomer
33:59donc j'ai un film
34:00qui fait 52 minutes
34:01avec Dominique de Villepin
34:02en très très gros plan
34:04et alors quand je reçois
34:05les images
34:05je dis au cadreur
34:06je dis mais c'est pas possible
34:07t'as pas oublié de dézoomer
34:08il m'a dit si
34:08j'étais si impressionnée
34:10et Dominique de Villepin
34:11charmant
34:12ministre à l'époque
34:13des affaires étrangères
34:14me dit mais
34:15dites moi
34:16c'est normal
34:17que je sois en gros plan
34:18tout le temps
34:18oui oui bien sûr
34:19on aime beaucoup
34:20votre expression
34:21et c'était complètement faux
34:22il avait juste oublié
34:23de dézoomer
34:24donc j'ai eu quelques petits ratés
34:26quand même
34:26enfin ça a quand même marché
34:28alors il se trouve aussi
34:28que vous avez fait de la radio
34:29et sur Sud Radio
34:31pas le Sud Radio d'aujourd'hui
34:32celui d'avant
34:33oui
34:33c'est arrivé comment ça ?
34:35c'est pareil
34:36c'est Pierre Fabre à l'époque
34:37qui rachète
34:38qui possède Sud Radio
34:39qui possède Sud Radio
34:40et c'est une rencontre
34:43comme ça
34:45comme tout ce qui m'est arrivé
34:46dans la vie
34:48et il me dit
34:48mais tu ne voudrais pas
34:49faire de la radio
34:50il cherchait à l'époque
34:51je pense une personnalité
34:53un nom
34:54aussi pour Sud Radio
34:56j'étais connue
34:56donc Badaboum
34:57je me retrouve dans Sud Radio
34:58c'est des années
35:01merveilleuses
35:01ça s'appelait
35:02Avec ou Sans Sucre
35:03oui
35:03et il y avait aussi
35:04Samedi Passion
35:05oui
35:06Avec ou Sans Sucre
35:07c'était vraiment l'idée
35:08de recevoir
35:09donc c'était 14h 15h
35:10donc je recevais un invité
35:12tous les jours
35:12un peu
35:13je l'espère
35:14avec le talent
35:15que vous avez
35:16à faire parler
35:17vos invités
35:17et ça a été merveilleux
35:19j'ai reçu un nombre
35:20d'invités improbables
35:21d'Ormesson
35:22des acteurs
35:23des chanteurs
35:24etc etc
35:25et je passais une heure
35:27avec mes invités
35:28c'était vraiment extra
35:30c'était un très joli moment
35:31et je lisais les livres
35:33je suppose comme vous l'avez fait
35:35on faisait notre métier
35:37on lisait les livres
35:37on faisait pas semblant
35:38on s'imprégnait
35:39et donc tous les invités
35:41partaient de là
35:42tout est mu
35:43qu'on ait fait notre métier
35:45et j'adorais ça
35:46nous on adore vous recevoir
35:48et puis on espère
35:48que vous partirez heureuse
35:49après qu'on ait évoqué
35:51la date du 8 avril 2026
35:52à tout de suite sur Sud Radio
35:54avec Sandrine Dominguez
35:55Sud Radio
35:56les clés d'une vie
35:57Jacques Pessis
35:58Sud Radio
35:59les clés d'une vie
36:00mon invité Sandrine Dominguez
36:01on a évoqué
36:02les temps heureux
36:03de la télévision
36:04les temps heureux
36:05de votre bonheur
36:06avec Patrice Dominguez
36:07et puis
36:07le 8 avril 2026
36:09est sorti un livre
36:10très émouvant
36:11les premières fois
36:12sans toi
36:13chez Fayard
36:13il faut savoir
36:14que Patrice Dominguez
36:15nous a quitté trop tôt
36:16en 2015
36:18et ce jour-là
36:19vous êtes devenue veuve
36:20et vous racontez
36:22ces années
36:23parce que vous aviez
36:24presque besoin
36:24de les raconter
36:25dans ce livre
36:26oui c'était une évidence
36:28assez vite d'ailleurs
36:29deux ans
36:30deux ans après
36:31le décès de Patrice
36:32j'avais envie
36:33je trouvais
36:34étrange
36:35très honnêtement
36:36qu'on fasse
36:37peu cas
36:38du deuil
36:39c'est tout le monde là
36:40ce deuil
36:41et finalement on ne le raconte jamais
36:41bien sûr
36:42que ce soit le deuil
36:43d'un ami
36:44d'un proche
36:44d'un animal
36:45d'une voisine
36:48il y a ce moment
36:49de deuil
36:49dans nos vies
36:49qui vient très très très vite
36:51quand même
36:51et quand on est enfant
36:53moi je me souviens
36:53on m'a dit
36:54ton grand-père est mort
36:55enfin d'ailleurs
36:55on ne me l'a pas dit
36:56on m'a dit
36:56il est parti au ciel
36:57donc je disais
36:58mais c'est quand même étrange
36:59qu'on fasse peu cas du deuil
37:01et j'ai voulu
37:03d'abord
37:03écrire sur le deuil
37:04et puis finalement
37:05j'ai écrit sur
37:07la mort et la vie
37:08qui se tiennent par la main
37:09et la joie et le chagrin
37:11qui cohabitent
37:11je crois que j'ai tenté ça
37:12alors ça commence
37:13le 15 avril 2015
37:15et c'est la fin
37:16de 28 ans de bonheur
37:17et vous étiez préparé
37:19parce que
37:19Patrice était malade
37:20et le médecin
37:21vous l'avez expliqué
37:22oui
37:22quand on me dit
37:23prépare toi
37:24il va mourir
37:25je réponds au médecin
37:26je ne comprends pas
37:26comment on se prépare
37:28moi je me prépare
37:29pour aller danser
37:29je me prépare
37:30pour venir vous rejoindre ici
37:31mais je ne sais pas
37:33comment on se prépare
37:33face à la mort
37:34de l'homme qu'on aime
37:35et il m'a répondu
37:36je n'en sais rien
37:37alors à quoi ça sert au fond
37:39de me dire ça
37:40et je ne savais pas
37:41je le dis dans le livre
37:42je crois
37:43qu'il allait falloir
37:44que je me prépare
37:45à survivre
37:46c'est ça la vérité
37:47à survivre
37:48avec des démarches
37:50très particulières
37:51au début
37:51des démarches
37:52qu'on fait presque
37:53mécaniquement
37:53des démarches administratives
37:55que j'ai détestées
37:56je crois que c'est
37:57ce que j'ai détesté
37:58le plus
37:59aller à la mairie
38:00pour qu'on note
38:01sur mon livret de famille
38:02que Patrice était mort
38:03que j'étais veuve
38:05j'ai tout détesté
38:07j'ai détesté
38:08prouver que Patrice
38:09était mort à un postier
38:10un jour
38:10qui ne voulait pas
38:11me donner son courrier
38:12je me dis
38:12je peux prendre le courrier
38:14mon mari est mort
38:14il me dit
38:15je ne peux pas vous le donner
38:17en fait monsieur
38:17je ne comprends pas
38:18il faut que vous alliez
38:19à la poche
38:19je suis devant vous
38:20donnez-le moi
38:21prouvez-moi qu'il est mort
38:22alors là
38:22devant la bêtise
38:24on ne peut rien faire
38:26ça m'a rendu folle
38:28et un moment
38:29que vous racontez
38:29Sandrine Dominguez
38:30qui est assez étonnant
38:31c'est le moment
38:32où vous propose
38:33deux places
38:33dans le caveau
38:35ah ouais
38:35ça c'était dingue
38:36c'est-à-dire que
38:37la personne de la mairie
38:38me dit
38:39mais en fait
38:39au fond
38:40tu vas l'enterrer
38:41alors puis en plus
38:42je connaissais tout le monde
38:42parce que c'est un petit village
38:43de Haute-Savoie
38:44tu vas l'enterrer Patrice
38:45mais toi
38:45tu veux qu'on garde une place
38:47là je suis restée
38:49bête en fait
38:50je dis bah
38:51je ne sais pas
38:52je me souviens de lui avoir dit
38:53ça coûte plus cher
38:54ça coûte moins cher
38:55je ne sais même pas
38:55de quoi répondre
38:57elle me dit
38:57non mais comme ça
38:58tu seras prête
38:59ah bah je me dis
39:00bah ça alors
39:01je ne pensais pas
39:02qu'un jour
39:02on me dirait ça
39:03je serais prête
39:04et finalement
39:05j'ai trouvé que
39:06quand j'ai vu cette place
39:08quand on a mis
39:09le cercueil de Patrice
39:11je me dis
39:11bah en fait
39:12on sera dessus dessous
39:13c'est pas si mal
39:13et il se trouve en plus
39:15que vous êtes à la montagne
39:16parce que vous êtes installée
39:17à la montagne
39:18depuis quelques années
39:19où la mort
39:20fait partie du quotidien
39:21oui
39:22bah la mort
39:23elle rôde
39:23elle rôde des compars
39:25elle rôde
39:26dès qu'il y a des avalanches
39:27elle rôde
39:28elle rôde tout le temps
39:30donc là-bas
39:31on enterre les morts
39:32à pied
39:33et avec un corbillard
39:34traîné par un cheval
39:35de trait
39:36et donc on traverse
39:37le village
39:38et ça je l'avais déjà vu
39:39à plusieurs reprises
39:40parce que malheureusement
39:41on avait déjà enterré
39:42des gens que je connaissais
39:43et je n'étais pas prête
39:45à ça
39:45mais au fond
39:46ça m'a fait
39:47quelque chose de bien
39:49presque
39:49de prendre ce temps-là
39:51et de ne pas être
39:52dans une ville
39:53cohabitant avec des gens
39:55qui couraient
39:56pour aller prendre le métro
39:57et ce temps-là
39:58à pied
39:58à la fois c'est un temps
40:00qui m'a paru une éternité
40:02et en même temps
40:02je sais
40:03que c'est un temps
40:04qui m'a permis
40:05de commencer
40:05à faire un travail
40:07qui s'appelle le deuil
40:08et puis dans ce livre
40:09vous évoquez une chanson
40:11de Léo Ferré
40:12sur ses échasses
40:15de béton
40:17la mort
40:19une chanson de Jean-Roger Cossimon
40:21j'en ai des frissons
40:23cette chanson
40:24il l'a connue
40:25Cossimon
40:26au Lapin Agile
40:27ils étaient là
40:27un soir tous les deux
40:28ils ne se sont plus jamais quittés
40:29et c'est vrai que cette chanson
40:30vous touche particulièrement
40:31oui parce que
40:32cette chanson
40:33elle dit
40:35la mort et l'amour
40:36c'est une question
40:37de voyelles
40:37ou de consonnes
40:39la mort
40:39c'est toutes les consonnes
40:42et l'amour
40:43c'est toutes des voyelles
40:45petites consonnes
40:46mais essentiellement
40:47des voyelles
40:48et donc
40:49c'est vraiment
40:50cette relativité
40:51cette relation
40:52entre l'amour et la mort
40:53que j'aime dans cette chanson
40:54qui est d'abord une poésie
40:56et qui est devenue une chanson
40:57chantée par Léo Ferré
40:58et ça
40:59ça m'a mais bouleversée
41:00toujours
41:01ça m'a toujours
41:02dit quelque chose
41:03de très très fort
41:04fais attention
41:05parce que la mort
41:06elle n'est jamais très loin
41:07et l'amour
41:07il n'est toujours pas loin
41:08donc il y a toujours
41:09cette dualité
41:10qui rend un peu schizophrène
41:12parfois d'ailleurs
41:12et puis vous racontez
41:13l'enterrement
41:14et on se rend compte
41:15finalement grâce à vous
41:16qu'à l'inverse
41:17de ce que pensent certains
41:18on ne va pas à une dernière
41:19comme à une première
41:22oui
41:22parce qu'aujourd'hui
41:24j'ai le sentiment
41:24que les gens vont tous
41:26alors bien plus là
41:27tout le monde meurt en ce moment
41:28je ne sais pas ce qui se passe
41:29mais
41:29c'est la saison
41:30mais on est encore la foule
41:32et qu'on va tous là
41:34en ce moment
41:34et je ne vois que
41:35des têtes connues
41:36et c'est comme si
41:38on allait au défilé
41:39des derniers moments
41:40de la mort des gens
41:41je trouve ça très bizarre
41:43je me suis dit
41:43c'est étrange
41:44cette façon qu'on a maintenant
41:46d'aller aux enterrements
41:47comme si c'était
41:48un défilé de mode
41:49et puis alors
41:49vous évoquez la maison
41:50que vous aviez construite
41:51avec Patrice
41:52et se retrouver
41:53et c'est le cas effectivement
41:54de toutes les veuves
41:55ou tous les bœufs
41:56dans une maison
41:57où on a tous ses souvenirs
41:58et quand on est seul
41:59oui
42:00cette première fois
42:01ce lendemain
42:04j'ai construit cette maison
42:06avec Patrice
42:06de A à Z
42:07je la connais par cœur
42:09dans ses moindres recoins
42:10j'ai même joué
42:11à la courte paille
42:12des ouvertures de fenêtres
42:13avec Patrice
42:15et pourtant
42:15ce jour-là
42:16je ne la connais plus
42:17je me perds
42:18dans la maison
42:19et en fait
42:21c'est moi
42:22qui suis perdue
42:22évidemment
42:23mais heureusement
42:25au fil du temps
42:26cette maison
42:26m'a réconciliée
42:27avec la vie
42:28et avec notre vie
42:29elle est aujourd'hui
42:30le point central
42:31qui cristallise
42:33notre histoire de famille
42:34et en même temps
42:35ce qui va vous sauver
42:36Sandrine Dominguez
42:37ce sont les marches
42:38les randonnées
42:39dans la montagne
42:39oui
42:40je ne sais rien faire d'autre
42:41je trouve que
42:43pour moi en tout cas
42:45la marche
42:45la randonnée
42:46c'est le mouvement
42:47et être dans la vie
42:49c'est être en mouvement
42:50et or la mort
42:52vous impose
42:53un temps d'arrêt
42:54et donc
42:55je voulais me remettre
42:56dans ce mouvement
42:57de vie
42:57pour me remettre
42:58en lien avec la nature
43:00qui est si importante
43:01pour moi
43:01et que ce
43:03qui m'était imposé
43:05c'est à dire
43:05ce temps d'arrêt
43:06je voulais le vivre
43:07vraiment
43:07mais je voulais aussi
43:08que le mouvement reprenne
43:10et le mouvement
43:11ce sont des promenades
43:11autour du Mont Blanc
43:12et il y a un phénomène
43:13très particulier
43:14c'est à dire qu'en début
43:15de saison estivale
43:16la neige a une teinte rosée
43:18je ne sais pas si vous savez
43:19en fait pourquoi
43:20en fait
43:21cette coloration
43:22est provoquée par une algue
43:23qui se réveille au printemps
43:24quand les températures augmentent
43:26et que la neige fond
43:27je ne savais pas
43:27c'est joli
43:28les scientifiques l'ont trouvé
43:28c'est tellement joli
43:29c'est formidable
43:30ah oui
43:30alors il y a aussi
43:31les moments forts
43:32que vous évoquez dans ce livre
43:34les moments joyeux
43:35notamment une foire au vin
43:36dans le Pas-de-Calais
43:39oui parce qu'en fait
43:39Patrice il m'emmenait toujours
43:42à la foire au vin
43:43c'était vraiment son truc
43:45à Carrefour en général
43:46et donc il y avait toujours du monde
43:47et j'étais très connue
43:48et lui aussi
43:49donc il y avait un attroupement
43:50de gens autour de nous
43:51pour savoir ce qu'on achetait
43:52et ce qu'on n'achetait pas
43:52et c'était vraiment
43:55en fait il m'a appris
43:56le goût du vin
43:56avant lui je n'avais jamais
43:57bu de vin
43:57il m'a appris ce goût du vin
43:59et chaque fois que j'ouvrais
44:01une bouteille de vin
44:02après son décès
44:03je me disais
44:03mais mon dieu
44:04je voudrais tellement me souvenir
44:05de tout ce qu'il m'a dit
44:06et alors juste
44:07je dégustais ce vin
44:08en me remémorant
44:10quelques paroles
44:11mais en étant toujours
44:12dans l'instant présent
44:12grâce à ça
44:13et ce livre s'appelle
44:14Les Premières Fois Sans Toi
44:15or Les Premières Fois Sans Toi
44:17Sans Lui
44:18vous les avez racontés
44:19avec les anniversaires
44:20les Noëls
44:20vous en faites une liste
44:21très précise
44:22et c'est le cas
44:24de beaucoup de gens
44:24d'ailleurs
44:24qui se remémorent
44:26les bons moments
44:27oui je trouve que c'est important
44:28la première année
44:30après le décès
44:31de noter
44:32toutes ces premières fois
44:33parce qu'elle sait
44:34la dernière fois
44:34que ce serait
44:35la première fois
44:36la première fois
44:37sans lui
44:37et donc ça pour moi
44:38c'était important
44:39et je savais
44:41que j'en ferais quelque chose
44:42je savais pas quoi
44:43mais je savais
44:43que j'en ferais quelque chose
44:44et ben voilà
44:45c'est ce petit livre
44:46qui est né
44:46un livre avec des signes
44:48et ces signes
44:49passent par une chanson
44:52welcome to the hotel california
44:59en fait le titre original
45:01c'est mexican reggae
45:02et cette chanson évoque
45:04l'addiction à la drogue
45:05quand on tombe dedans
45:06on ne peut plus en sortir
45:07ça n'a rien à voir
45:08ça n'a rien à voir avec le sujet
45:10et cette chanson
45:11vous a marqué
45:11énormément
45:12d'abord parce que
45:13c'est une chanson
45:13qu'on écoutait beaucoup
45:14avec Patrice
45:15quand je l'ai rencontrée
45:16qu'il m'a fait découvrir lui
45:18et ensuite
45:19c'est une chanson
45:19qui revenait toujours
45:20dans notre vie
45:21comme ça
45:21dans des moments
45:22hyper forts
45:24et quand Patrice
45:25est décédée
45:26cette chanson
45:27elle est toujours revenue
45:28à des moments
45:28très précis
45:29dans des moments
45:31inopportuns
45:31dans des moments
45:32où on ne s'y attendait pas
45:33dans des moments
45:35qui n'avaient rien à voir
45:37avec ce que j'étais
45:37en train de vivre
45:38et la plupart du temps
45:39avec mes enfants
45:40avec ma fille notamment
45:41et comme si c'était un signe
45:43alors je l'ai pris comme ça
45:44je ne sais pas
45:45si on appelle les signes
45:46ou si c'est les signes
45:47qui vous rappellent
45:48à la vie
45:50avec le défunt
45:50mais en tout cas
45:51c'est toujours arrivé
45:52dans des moments
45:53incroyables
45:54et puis il y a un signe aussi
45:55et ce signe
45:56est presque le premier
45:57message d'espoir
45:58dans votre deuil
45:59c'est un livre
46:01Toute personne
46:02qui tombe à des ailes
46:02Ah oui
46:03Ingeborg
46:05C'est extraordinaire
46:06je déménage
46:07et j'en pouvais plus
46:09j'avais dealé
46:10avec les déménageurs
46:12que les meubles
46:13je m'en occupais
46:13mais j'avais des tonnes
46:14de livres
46:15parce qu'avec Patrice
46:16on adorait lire
46:16et on avait des livres
46:18sur l'art
46:18des livres sur le tennis
46:19des livres sur...
46:20Bref
46:20et le dernier livre
46:22c'est celui-là
46:23Toute personne
46:24qui tombe à des ailes
46:25c'est le titre du livre
46:27et j'ai regardé
46:28comme ça le ciel
46:29et je me suis dit
46:29je ne tomberai pas
46:30je vais mettre des ailes
46:31dans mon dos
46:31je ne tomberai pas
46:32alors que j'étais
46:33tout le temps
46:34en train de tomber
46:35en fait
46:35parce que c'est ça
46:36la vérité
46:37c'est qu'on va bien
46:38puis on tombe
46:38puis on va bien
46:39puis on tombe
46:39on est tout le temps
46:40dans cette dualité
46:40en fait
46:41et je suis allée faire
46:43une course en montagne
46:44et j'ai demandé
46:45qu'ils m'emmenaient
46:45de pouvoir descendre
46:47en parapente
46:48et on a fait ça
46:48et je me suis dit
46:49ok bah
46:50je ne tomberai pas
46:51et en même temps
46:52vous avez fait un autre
46:53voyage important
46:54à Jérusalem
46:55sur le mur des Lamentations
46:56extraordinaire
46:57extraordinaire
46:58ça ça m'a bouleversée
46:59parce que
47:00idem je fais ce voyage
47:01avec ma fille
47:02on part
47:03on visite
47:03on va mettre
47:04des petits mots
47:05dans le mur
47:06je connaissais
47:07bien sûr
47:08un petit peu
47:08mais là je suis
47:10emportée
47:10on est emportée
47:11par cette ville
47:11on est emportée
47:13par ces religions
47:14qui cohabitent
47:15on est emportée
47:15par les odeurs
47:17par tout ce qui se passe
47:18et puis tout d'un coup
47:19on revient à l'hôtel
47:20et là il y a un homme
47:23avec une guitare électrique
47:25habillé dans la tenue
47:27traditionnelle
47:28qui entame
47:30la chanson de Eagles
47:31hôtel californien
47:32avec sa guitare électrique
47:33là avec ma fille
47:34on s'est regardé
47:35et on s'est mis à pleurer
47:36évidemment
47:37parce que
47:38Jérusalem
47:38la foi qui est la mienne
47:40puisque je suis habité
47:41par cette foi
47:42ça a combiné
47:43beaucoup d'émotions
47:44et puis vous avez gardé
47:45tout au long de ce deuil
47:46et c'est presque
47:47un message d'espoir
47:49le souvenir
47:49de votre grand-mère
47:50qui disait
47:51regarde vers le ciel
47:52c'est mon grand-père
47:53qui disait
47:53regarde vers le ciel
47:54il me disait
47:55en fait
47:55les arbres ont des racines
47:56profondes
47:57pour pouvoir aller
47:58vers le ciel
47:59et il me disait toujours
48:00reste enraciné
48:01quoi qu'il arrive
48:02regarde les arbres
48:03quand ils peuvent fléchir
48:05ils peuvent
48:05de temps en temps
48:06avec une grosse tempête
48:08énorme peut-être
48:09tomber
48:09mais ils repoussent
48:10il me met des racines
48:11dans la terre
48:12c'était un terrien
48:13un paysan
48:13donc il m'a appris ça
48:15et un jour
48:16vous avez décidé
48:16de remonter
48:17de remonter la pente
48:18et de repartir
48:18vers une nouvelle vie
48:19oui je crois
48:20que j'ai jamais
48:20abandonné cette idée
48:21mais peut-être
48:22cette idée
48:22m'a abandonné
48:23de temps en temps
48:24moi j'ai toujours eu ça
48:25mais parfois
48:27c'est dur
48:27c'est réellement dur
48:29c'est une épreuve
48:30ça s'appelle comme ça
48:30d'ailleurs
48:31et j'ai pas voulu
48:34me laisser emporter
48:35par cette épreuve
48:36j'ai piqué encore
48:38mes racines
48:38plus profondément
48:39pour pouvoir monter
48:40vers le ciel
48:40et le bonheur
48:41est revenu
48:42finalement
48:42c'est la fin du livre
48:43oui c'est ça
48:44un jour vous avez annoncé
48:45vos amis
48:45que vous étiez mariés
48:47oui
48:47je les ai invités
48:48même
48:48et un jour
48:49j'ai dit oui
48:50un jour j'ai dit oui
48:51à la vie
48:52à nouveau
48:52et ça c'est
48:55dire oui
48:56dans ces moments là
48:57c'est la magie
48:58de la vie
48:58et c'est pour ça
48:59que ce livre
49:00Sandrine Dominguez
49:00est universel
49:01parce qu'on a tous
49:02et toutes
49:03ce genre de problème
49:04et il faut toujours
49:06dire oui à la vie
49:07il ne faut pas survivre
49:08il faut vivre
49:08oui exactement
49:09et ça c'est une leçon
49:10que vous tirez
49:11oui
49:12j'ai commencé par survivre
49:13et puis j'ai dit oui
49:14et je me suis mise à vivre
49:15je pense que c'est ça
49:16l'enchaînement
49:18qui s'est déroulé
49:19et aujourd'hui
49:20non seulement vous vivez
49:21mais vous avez des petits enfants
49:22ce qui est un autre bonheur
49:23trois petites filles
49:24là aussi
49:25c'est la continuité
49:25la transmission
49:26oui c'est merveilleux
49:27même si
49:28je le dis
49:29je le redis
49:29je n'ai pas voulu
49:31que mes petites filles
49:31portent ce chagrin
49:32parce que
49:32je ne savais pas
49:33on ne sait pas parfois
49:34on vit des années entières
49:36après
49:37et puis on porte au chagrin
49:38d'une grand-mère
49:39qui a été
49:39ou d'un grand-père
49:40j'ai voulu leur montrer
49:41que la vie
49:42elle était devant
49:43elle était là
49:43maintenant ensemble
49:44et l'avenir maintenant ?
49:46l'avenir
49:47je réalise mon premier film
49:48en tant que réalisatrice
49:50pour Canal+,
49:50donc ça c'est merveilleux
49:52c'est la continuité
49:53de l'écriture
49:53et puis l'avenir
49:54c'est mon quotidien
49:55ce petit livre
49:56qui vient de sortir
49:56comme un petit objet
49:58auquel je tiens énormément
49:59c'est ça
49:59oui et auquel je pense
50:01beaucoup de ceux
50:01qui nous écoutent
50:02tiendront
50:03parce que c'est un message
50:04universel d'espoir
50:06dans les moments tragiques
50:07mais ceux de la vie
50:07que nous traversons
50:08ça s'appelle
50:09les premières fois
50:10sans toi
50:10chez Fayard
50:11et bien je souhaite
50:12que je ne sois pas
50:13le premier
50:13ni le dernier
50:14à en parler
50:15parce que ça le mérite
50:16merci beaucoup
50:17merci Jacques
50:17merci Sandrine Dominguès
50:19l'écriture d'une vie
50:19c'est terminé pour aujourd'hui
50:20on se retrouve bientôt
50:21restez fidèles
50:22à l'écoute de Sud Radio
50:23adieu
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