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  • il y a 7 mois
Chaque dimanche, Anne Seften et Mathieu Coache vous accompagnent de 14h à 16h dans BFM Week-end.

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00:00:00Quasiment 14h30, bienvenue dans le Midi BFM, l'après-midi BFM, bonjour Anne, bonjour à tous.
00:00:17A la une, ce risque d'avalanche fort dans les Alpes et les Pyrénées, vigilance maximum pour les randonneurs et les skieurs hors piste.
00:00:25Hier, trois personnes sont mortes dans deux avalanches en Savoie, reportage dès le début de ce journal.
00:00:30Le propriétaire corse du bar de Cran-Montana, Jacques Moretti, va-t-il rester en détention en Suisse ? Réponse dans les prochaines heures.
00:00:37Que risquent les époux Moretti ? On vous rappelle que Jessica, femme de Jacques, est elle pour le moment toujours en liberté.
00:00:43Nous irons retrouver Marie Roux à Sion devant le ministère public du canton du Valais.
00:00:47La révolte en Iran s'amplifie et la répression aussi.
00:00:51Une organisation humanitaire parle de 192 morts dans les manifestations avec des tirs à balles réelles dans la foule.
00:00:58Des options de frappes militaires sur le régime des Mollas ont été présentées à Donald Trump, selon le Wall Street Journal.
00:01:07Trois skieurs ont été tués hier en Savoie.
00:01:10Deux hommes qui n'étaient pas équipés de détecteurs de victimes d'avalanches, les DVA, ont été emportés par une coulée de neige à Val-d'Isère.
00:01:18Un autre a été emporté par une avalanche à Arèche-Beaufort. Prudence donc, si vous êtes amateur de hors-piste, le risque reste élevé dans les jours qui viennent.
00:01:27Faisons le point avec Mathéo Rivière.
00:01:32Ce week-end sur les pistes, attention, il y a danger.
00:01:36Météo France place une grande majorité des massifs français en alerte très élevée.
00:01:41Un risque d'avalanche de 4 sur 5.
00:01:43Le prévisionniste invite à la vigilance et rappelle qu'un drame peut vite arriver.
00:01:49Manteau neigeux instable, cela signifie qu'un seul skieur peut facilement déclencher des avalanches mobilisant des volumes de neige considérables.
00:01:57Mais alors comment expliquer une telle alerte ?
00:01:59Selon les spécialistes, les récentes conditions météorologiques favorisent les coulées de neige.
00:02:04Récent exemple, hier, dans trois stations différentes.
00:02:07On a eu de la neige très tôt dans l'hiver et puis après on a eu un mois de décembre qui a été très sec avec du froid.
00:02:14Donc vraiment des conditions particulières et là-dessus est venu s'empiler ces derniers jours.
00:02:19On est presque à un mètre de cumul ici avec beaucoup de vent.
00:02:23Donc ouais, c'est des conditions qui sont très particulières.
00:02:26Pour vous prémunir de tout danger, le meilleur conseil reste d'éviter le hors-piste.
00:02:30Mais si vous avez tout de même prévu d'explorer en dehors des sentiers, voici trois conseils à appliquer.
00:02:35Préparer les itinéraires, c'est-à-dire étudier sur les cartes quels sont les itinéraires qui sont fréquentables
00:02:41et qui contournent les pentes à plus de 30 degrés.
00:02:43Se renseigner sur les conditions qui sont dans ce secteur-là, c'est-à-dire est-ce qu'il y a des antécédents d'avalanche ?
00:02:49Est-ce qu'il y a des observables qui ont pu être notifiés ?
00:02:52Et puis surtout s'équiper.
00:02:53Le triptyque DVA, le détecteur de victimes d'avalanche, l'appel et la sonde sont les seuls outils
00:02:59qui vont permettre l'autosauvetage en cas de problème.
00:03:02En 2025, 21 personnes ont perdu la vie dans les montagnes françaises, emportées par une avalanche.
00:03:09Autre conséquence des intempéries, les galères pour 800 chauffeurs poids lourds bloqués sur l'A36 et la RN57.
00:03:17On est dans le doux.
00:03:18Les chutes de neige qu'ils rencontrent depuis hier ont contraint la préfecture à interdire la circulation des véhicules
00:03:26de plus de 3,5 tonnes jusqu'à demain.
00:03:30L'actualité en Suisse avec les co-gérants du Constellation à Cran-Montana face à la justice.
00:03:36Jacques Moretti a passé une deuxième nuit en prison.
00:03:39Son épouse, elle, reste libre.
00:03:41BFM TV vous révélait hier les auditions du couple et la série de défaillances
00:03:46qui ont conduit au terrible incendie du jour de l'an.
00:03:48On va retrouver tout de suite Marie Rouassi.
00:03:49On se trouve le siège du ministère public du canton du Valais.
00:03:52Marie, quelle est la suite de la procédure ?
00:03:54Et surtout, que risquent Jessica et Jacques Moretti ?
00:03:59Théoriquement, Jacques Moretti devrait être présenté sous les 48 heures suivant son incarcération
00:04:06devant le tribunal des mesures de contrainte.
00:04:08Mais à ce stade, il n'est pas certain qu'une audience ait bien lieu.
00:04:11Jacques Moretti qui a donc été placé en détention provisoire vendredi après-midi
00:04:15à l'issue d'une audition qui aura duré plus de 6 heures.
00:04:18Le ministère public estimant qu'il y avait un risque concret de fuite
00:04:22au regard de ses déclarations, de son parcours de vie
00:04:24et de sa situation en Suisse comme à l'étranger.
00:04:28Actuellement, le magistrat du tribunal des mesures de contrainte,
00:04:31c'est l'équivalent du juge de la liberté et de la détention en France,
00:04:34examine le dossier de Jacques Moretti et doit statuer sur son placement en détention
00:04:39ou sur la mise en place de mesures de substitution
00:04:41comme le port d'un bracelet électronique
00:04:43ou encore l'interdiction de quitter le territoire suisse.
00:04:47Selon nos informations, aucune audience n'est prévue à ce stade
00:04:51et elle ne pourrait ne pas avoir lieu si Jacques Moretti accepte le principe de sa détention.
00:04:57Si c'est le cas, cette détention pourra durer jusqu'à 3 mois
00:05:00à l'issue desquelles elle pourra être renouvelée
00:05:03si la justice suisse en fait la demande ou les avocats de Jacques Moretti.
00:05:08Ce que l'on peut vous dire en tout cas, c'est que si Jacques Moretti présente les garanties nécessaires à la justice suisse,
00:05:15il pourrait ressortir libre dans l'attente de son procès.
00:05:18Sa femme, Jessica Moretti, elle est ressortie libre vendredi après-midi après son audition
00:05:23car le ministère public a estimé que le risque de fuite était moindre dans son cas
00:05:28au regard de sa situation familiale, notamment avec ses deux enfants en bas âge.
00:05:32Tous les deux, Jessica et Jacques Moretti, sont mis en cause pour homicides, lésions corporelles et incendies par négligence.
00:05:40Ils encourtent une peine maximale jusqu'à 4 ans et demi de prison
00:05:44car en Suisse, les peines sont cumulables, contrairement à chez nous.
00:05:48Marie Roux en direct de Sion avec Wilhelm Gué dans le reste de l'actualité.
00:05:51La colère des agriculteurs qui ne retombent pas avec un blocage notamment
00:05:55qui se poursuit sur l'A63 près de Bayonne.
00:05:57Et on va retrouver justement sur place Marion Russel.
00:06:00Marion, racontez-nous ce qui se passe.
00:06:03Ce sont les ultras de l'A64 qui prennent part au mouvement sur l'A63
00:06:08et vous êtes justement avec une figure du mouvement.
00:06:14Oui, ici c'est un petit peu la convergence des luttes si vous me passez l'expression.
00:06:17On est ici donc sur l'A63, la sortie de Bayonne et ce blocage il est en place
00:06:21depuis maintenant quelques jours, depuis les premières heures de vendredi matin.
00:06:25Et aujourd'hui, ces ultras de l'A63 ont été rejoints par les ultras de l'A64
00:06:29qui eux bloquent du côté de Carbone, c'est près de Toulouse depuis plusieurs semaines maintenant.
00:06:34Et Jérôme Bayle qui est l'une des figures de ce mouvement.
00:06:37Vous êtes venu aujourd'hui soutenir vos collègues agriculteurs.
00:06:40Pourquoi c'était important ? Est-ce que c'est la convergence des luttes ?
00:06:44Oui, la convergence des luttes, je ne sais pas si on peut dire ça.
00:06:46En tout cas, c'est la même lutte puisque nous sommes tous agriculteurs.
00:06:50Nous sommes aussi liés maintenant par une charte de partenariat entre les ultras de l'A64, les ultras de l'A63
00:06:57et les ultras de la 51 en isère et les petits ultras qui vont naître un peu partout
00:07:01puisqu'il y a beaucoup de demandes.
00:07:03Donc voilà, on est là pour être solidaires, excusez-moi, pour fédérer
00:07:07et amener un peu de bombe au cœur à tous ces gens-là qui sont là depuis quelques jours
00:07:12et qui, je pense, vont repartir dans un marathon comme nous, on le fait nous depuis 30 jours.
00:07:17Alors justement, il y a l'A63, l'A64, vous évoquez d'autres blocages.
00:07:21Est-ce que ça peut tenir ? Là, ça s'inscrit dans la durée.
00:07:23Est-ce que vous êtes prêts à rester ?
00:07:25Oui, on est prêts à rester, on est déterminés.
00:07:28Nous, les annonces qu'il y a eu de la ministre de l'Agriculture,
00:07:31surtout celles de la ministre de l'Agriculture partent de bonnes intentions,
00:07:36mais par contre, celles de la ministre de l'Économie, un peu moins
00:07:40puisqu'elle met de suite toute la classe politique en porte-à-faux
00:07:44en disant que toutes les mesures qu'on propose seront validées,
00:07:48que si vous votez le budget, donc en fait, ils mettent le couteau sous la gorge
00:07:51à tous les députés français.
00:07:53Est-ce que c'est pour sauver leur tête ?
00:07:54Je crois bien que oui et en fait, demandes agricoles, on ne sert plus de monnaie d'échange
00:07:58parce que ça suffit, nous, on veut des mesures concrètes.
00:08:01S'ils avaient vraiment voulu faire des mesures concrètes
00:08:03sans mettre en jeu leurs têtes.
00:08:06Ils les auraient fait depuis le 30 jours qu'on bloque l'autoroute
00:08:10et qu'il y a des mouvements agricoles, voilà.
00:08:12Et là, j'apprends que la FNSA veut aller bloquer Paris mercredi.
00:08:16On verra si il y a deux points, deux mesures avec les autres classes syndicales
00:08:21ou simplement avec tous les agriculteurs.
00:08:22Merci beaucoup, Jérôme Baye, vous l'avez entendu.
00:08:24La détermination ici, elle demeure intacte.
00:08:26D'autres mouvements sont même prévus ici.
00:08:30Alors, les ultras de la 63 ont été reçus hier par le préfet
00:08:32sans réponse satisfaisante selon eux.
00:08:34Alors, il n'est pas question de lever le camp.
00:08:36Merci Marion Roussel avec Tanguy Tricouard sur la 63.
00:08:39Alors, les poids lourds bloqués dans le doux,
00:08:41les blocages d'agriculteurs, tout ça ne va pas ranger la pénurie d'oeufs.
00:08:46Anne, que vous avez peut-être d'ailleurs constaté dans vos supermarches.
00:08:48Cette question, que se passe-t-il avec vos oeufs en France ?
00:08:51On l'a certainement remarqué, on va en parler avec vous, Frédéric Boubille.
00:08:54Merci, vous êtes consultant commerce et consommation.
00:08:57Qu'est-ce qui explique cette pénurie ?
00:08:59Est-ce que c'est davantage un engouement nouveau des Français pour les oeufs ?
00:09:03Et on voit les chiffres.
00:09:03Et on voit les chiffres.
00:09:04300 millions d'oeufs de plus par an, nous dit le Comité national pour la promotion de l'oeuf.
00:09:10C'est complètement fou.
00:09:11Ou est-ce que c'est les mauvaises conditions climatiques qui expliquent cette pénurie ?
00:09:15Alors il y a un double effet en fait, c'est-à-dire qu'aujourd'hui, là, conjoncturellement,
00:09:18vous avez en fait des ruptures qui sont liées à la chaîne d'approvisionnement
00:09:22qui a été quelque peu chahutée par le grand froid.
00:09:25En fait, la chaîne d'approvisionnement pour les oeufs, c'est de l'horlogerie fine.
00:09:30C'est-à-dire qu'en fait, vous avez un grain de sable
00:09:32et vous avez une chaîne d'approvisionnement qui est complètement perturbée.
00:09:36Là, ce n'est pas un grain de sable, c'est plusieurs flocons de neige.
00:09:38Donc on se retrouve avec une chaîne qui est complètement disruptée
00:09:42pendant cette période de grand froid.
00:09:43Maintenant, il y a un problème conjoncturel qui est beaucoup plus important,
00:09:46qui est le déséquilibre entre l'offre et la demande.
00:09:49C'est-à-dire que 300 millions d'oeufs en plus,
00:09:50ça veut dire qu'il y a 7 milliards d'oeufs qui sont consommés en France.
00:09:53Donc 7 milliards, ça veut dire que vous avez 70 millions de Français, si je fais simple.
00:09:57240 oeufs par habitant et par an.
00:09:59Voilà. Donc c'est énorme.
00:10:01Et en fait, c'est pour ça que la chaîne d'approvisionnement, en fait,
00:10:03doit être très très bien huilée.
00:10:05C'est parce qu'en fait, il faut tout le temps rempoter les rayons.
00:10:07Vous arrivez à 6 heures, il n'y en a plus.
00:10:08On voit les rayons vides sur ces images BFMTV.
00:10:12Ok. Quel conseil vous donnez aux consommateurs ?
00:10:15Est-ce qu'il faut aller s'achalander directement chez le producteur, par exemple ?
00:10:19Comment on fait ?
00:10:20Alors c'est un peu compliqué de donner la réponse.
00:10:23D'abord, ça dépend des bassins.
00:10:24C'est-à-dire qu'il y a des endroits où vous avez des oeufs,
00:10:26des endroits où vous n'en avez pas.
00:10:27Donc en fait, plutôt venir quand les rayons sont remplis,
00:10:29donc plutôt le matin,
00:10:30parce qu'en fait, les rayons frais sont remplis tôt le matin.
00:10:32Donc venez le matin tôt, vous avez plus de chances d'en trouver.
00:10:35Après, vous constaterez des ruptures plus importantes sur certains produits plutôt que d'autres.
00:10:39Les produits notamment plein air, bio, sont plus sensibles aux ruptures
00:10:43parce que la demande est croissante
00:10:45et parce que la conversion des agriculteurs des oeufs plutôt en cage vers des oeufs de plein air
00:10:51prend du temps.
00:10:52Et ça prend plus de temps que la demande de consommation augmente.
00:10:56Mais moi, j'ai l'impression que sur les marchés,
00:10:57il y en a encore pas mal des oeufs, contrairement aux grandes surfaces.
00:11:00Est-ce qu'il y a un switch ?
00:11:02Est-ce qu'on date cet engouement pour les oeufs à une période particulière ?
00:11:05On a beaucoup parlé du Covid, la période du Covid, où la production, la consommation des Français avait augmenté.
00:11:10Alors en fait, il y a un effet qui est lié au fait que c'est la protéine la moins chère en fait, l'oeuf.
00:11:16Donc comme c'est la protéine la moins chère, quand il y a eu un contexte d'inflation importante
00:11:20ou quand on est dans des tensions de pouvoir d'achat, l'oeuf progresse.
00:11:24Et ça fait donc 4-5 ans, voire même plus, que la consommation augmente de 5 à 5-6% par an.
00:11:29Et c'est pour ça qu'aujourd'hui, on se retrouve à une consommation par habitant qui est passée peut-être de 80 à 100.
00:11:34Inédit, toi.
00:11:35Voilà, c'est inédit.
00:11:36Et une production qui, elle, est sous tension parce qu'il y a eu l'effet de la grippe aviaire.
00:11:41Alors justement, l'État a lancé un plan national pour plus de poules pondeuses.
00:11:46C'est très sérieux.
00:11:47C'est pris au sérieux par le gouvernement.
00:11:49Qu'est-ce que c'est exactement ?
00:11:50Alors en fait, oui, quand vous le dites comme ça, c'est amusant, mais c'est très sérieux.
00:11:54Non, non, mais on rivelle.
00:11:55Le vrai sujet, en fait, c'est de gérer une conversion vers, en fait, de la production en cage vers de la production en plein air.
00:12:05Et en fait, par définition, il y a moins d'une poule ponde moins d'oeuf quand elle est une poule de plein air
00:12:10que quand c'est une poule en cage qui est dans un modèle ultra productiviste.
00:12:13Mais dont on ne veut plus.
00:12:15Dont on ne veut plus.
00:12:15Donc, il faut faire une transition.
00:12:17Mais la transition, ça prend du temps, ça coûte de l'argent.
00:12:19Donc, c'est ce projet-là, en fait, qui est en cours aujourd'hui et sur lequel le gouvernement va faire des annonces parce qu'il faut faire des annonces.
00:12:26Maintenant, l'effet, il prend plusieurs mois, plusieurs années, alors que le besoin en oeuf, en fait, il est pour demain matin quand vous avez votre tarte aux pommes à faire.
00:12:33Est-ce qu'avec le redoux qui arrive dans les prochains jours, on se dit qu'allez, quoi, dans 3-4 jours, il y aura davantage d'oeufs dans les supermarchés ou ça va prendre un peu plus de temps ?
00:12:40En fait, conjoncturellement, on va résoudre le problème du fait qu'on ne peut pas livrer les magasins.
00:12:47Mais structurellement, le déséquilibre offre-demande, il ne sera pas résorbé.
00:12:50Merci beaucoup, Frédéric Boublil. C'était très clair. Et pardon d'avoir rigolé des foules parce que c'est un problème très sérieux, effectivement.
00:12:58Il est 14h41 en Iran. La contestation ne s'essouffle pas. Bien au contraire, des vidéos publiées sur les réseaux sociaux ont montré la nuit dernière
00:13:06de grandes foules défilant dans plusieurs villes du pays, notamment la capitale Téhéran, mais également Machat, dans l'est du pays.
00:13:13C'est la ville natale du guide suprême à l'Iraménie.
00:13:16Et ce qui change depuis hier, c'est le ton du régime. Les gardiens de la révolution qualifient désormais les manifestants de terroristes.
00:13:22L'ONG Iran Human Rights fait état d'au moins 192 morts dans ces manifestations.
00:13:26L'une des figures de l'opposition les plus en vue en Iran, vous le savez, c'est Reza Pallavi, le fils de l'ancien chat d'Iran.
00:13:32Il est en exil aux Etats-Unis. Il exhorte les manifestants à descendre dans la rue, à prendre les centres-villes.
00:13:38Et il s'est à nouveau exprimé ce matin.
00:13:43Le monde entier soutient aujourd'hui votre révolution nationale et admire votre courage.
00:13:51Le président Trump, en tant que leader du monde libre, a notamment observé de près votre bravoure indescriptible et s'est déclaré prêt à vous aider.
00:14:05Ne quittez pas les rues. Mon cœur est avec vous. Je sais que je serai bientôt à vos côtés.
00:14:13Et on en parle avec nos deux invités. David Rigoulet-Rose, bonjour.
00:14:18Bonjour. Vous êtes chercheur à l'Institut français d'année stratégique, auteur de la République islamique d'Iran en crise systémique, pays que vous connaissez bien.
00:14:25Le général Jérôme Pellistrandi est avec nous, consultant défense BFM TV.
00:14:29David Rigoulet-Rose, dans toute manifestation, il y a une image symbolique.
00:14:32Et celle-ci en est une. Le drapeau avec le lion, symbole des années d'avant la révolution de 1979 et la création de la République islamique d'Iran.
00:14:39On va le voir ce drapeau. Comment vous analysez ces deux semaines de protestation ?
00:14:43On a parlé d'un mouvement inédit qui regroupait différentes couches de population, différents âges dans 31 provinces.
00:14:49Est-ce que le régime est en train de vaciller quand on voit ce qui se passe ces dernières heures,
00:14:53à savoir des images qui nous parviennent sur les réseaux sociaux et qui font état de tir à balle réelle ?
00:14:57Ah oui, d'ailleurs le nombre des victimes de tués et de blessés est très certainement sous-évalué.
00:15:04Puisque Internet est coupé, il n'y a aucune communication, toutes les sources d'informations sont coupées.
00:15:10Donc on reçoit par bribes, mais on sait que les hôpitaux sont débordés.
00:15:14Donc de toute façon, il y a de la part de l'armature sécuritaire du régime,
00:15:18c'est-à-dire essentiellement les gardiens de la révolution assistés par les bas-sieges,
00:15:22il y a une logique de répression qui a été engagée.
00:15:24Il y a eu des hésitations au début de la part de l'exécutif iranien,
00:15:29mais il s'est senti débordé.
00:15:31Et dans ce cas-là, quand il se sent menacé, effectivement, la répression,
00:15:35elle va être maximale parce que c'est probablement la première fois depuis 1979
00:15:39que le régime se sent autant menacé, à la fois de l'intérieur et de l'extérieur.
00:15:44Et donc c'est très inquiétant pour la suite des événements,
00:15:46parce qu'évidemment, on a l'espoir d'un horizon démocratique,
00:15:50mais c'est jamais une garantie assurée.
00:15:52Et la grande variable, ça va être le rôle des gardiens de la révolution
00:15:55qui ont beaucoup à perdre d'un effondrement brutal du régime.
00:15:59Et qui n'ont aucun intérêt à rejoindre, par exemple, les manifestants ?
00:16:01Absolument pas. L'armée régulière, c'est autre chose.
00:16:03Arteche, d'ailleurs, le prince Palawi, a fait appel justement à des défections
00:16:08qui pourraient être entendues par un certain nombre de militaires,
00:16:12mais ce n'est pas le cas des gardiens.
00:16:14Parce que les gardiens, c'est l'ossature idéologique du régime.
00:16:16Et les gardiens contrôlent une grande partie de l'économie.
00:16:18Donc ils savent que si ça s'effondre, ils ont tout à perdre.
00:16:21Et c'est pour ça que leur réaction va être extrêmement féroce.
00:16:24Alors justement, ce chiffre de 192 morts,
00:16:27qui pour l'instant est donné par une ONG,
00:16:29est-ce qu'il vous semble cohérent ?
00:16:32Ça a été recoupé, ça.
00:16:34Mais comme vous le disiez, il n'y a pas d'intermédiaire.
00:16:37Parce que très vraisemblablement, toutes les données ne sont pas collectées,
00:16:42y compris, surtout peut-être, dans les périphéries qui sont extrêmement sensibles,
00:16:46Kurdes, Baluch, où là, on sait qu'il y a des régiments,
00:16:49des gardiens de la Révolution, et pas seulement les Batsic,
00:16:51qui sont en action et qui tirent à l'arme lourde.
00:16:54Donc pour vous, c'est sous-estimé ?
00:16:57Ah oui, c'est clairement sous-estimé.
00:16:58Donc c'est ça qui est très inquiétant,
00:17:00parce qu'effectivement, on reçoit par brime des éléments
00:17:03qui sont de plus en plus inquiétants.
00:17:04Général Pellistrandi, des responsables américains ont déclaré au Wall Street Journal hier
00:17:08qu'ils avaient eu des discussions préliminaires
00:17:10concernant une action militaire contre le régime iranien.
00:17:13Ils disent qu'il n'y a aucun signe d'une attaque imminente,
00:17:15mais néanmoins, Trump y réfléchirait.
00:17:17Quelle peut-être la réponse américaine ?
00:17:18Est-ce que c'est frapper des cibles, comme la guerre des 12 jours,
00:17:21quand on était allé frapper des cibles nucléaires,
00:17:23ou est-ce que ça va se faire de façon, peut-être, manière action des beepers,
00:17:28comme ça avait été le cas au Liban, selon vous ?
00:17:30Alors, d'abord, il faut savoir que les États-Unis surveillent l'Iran
00:17:33depuis des décennies.
00:17:36Donc, en gros, chaque mètre carré de l'Iran
00:17:39est scruté par les moyens de renseignements américains,
00:17:42et n'oublions pas, bien sûr, également israéliens,
00:17:45qui ont de vrais réseaux localement.
00:17:50Alors, maintenant, effectivement,
00:17:53frapper comment ? Frapper qui ? Frapper quand ?
00:17:55Alors, au mois de juin de l'année dernière,
00:17:59il s'agissait de mettre à bas le programme nucléaire iranien.
00:18:04D'ailleurs, on a toujours des questions sur où sont passés
00:18:06les 480 kg d'uranium enrichi.
00:18:09Donc, là, il s'agirait plutôt de frapper,
00:18:14ben oui, les gardiens de la Révolution.
00:18:16Mais frapper les gardiens de la Révolution,
00:18:18c'est plusieurs dizaines de milliers de gardiens,
00:18:21enfin, de personnels.
00:18:23Donc, ce qui pourrait être envisageable,
00:18:25c'est, par exemple, frapper les installations militaires
00:18:28des gardiens de la Révolution.
00:18:31Les casernements, les postes de commandement
00:18:34des gardiens de la Révolution.
00:18:35Et, effectivement, il faut bien distinguer l'armée
00:18:38des gardiens de la Révolution.
00:18:40Et les gardiens de la Révolution sont beaucoup plus équipés,
00:18:43beaucoup plus, entre guillemets, performants
00:18:45que l'armée régulière.
00:18:48Maintenant, la question pour les militaires américains,
00:18:52c'est que s'il faut frapper, il faut frapper dur,
00:18:56il faut frapper rapidement,
00:18:57et surtout, ne pas envoyer de soldats.
00:19:00Il n'est pas question d'envoyer des soldats.
00:19:02On est sur le...
00:19:04Oui, Trump l'a dit, d'ailleurs, en part de la raison.
00:19:05Et on n'est pas dans la même logique
00:19:08que ce qui s'est fait la semaine dernière à Caracas.
00:19:11Il ne s'agit pas d'enlever le guide suprême
00:19:13qui, lui, doit être bien caché
00:19:15au fin fond des montagnes et qui est ultra protégé.
00:19:18Comment vous percevez cette menace américaine ?
00:19:21Il y a des hésitations,
00:19:23parce qu'il y a des options qui ont été présentées
00:19:25à Donald Trump.
00:19:27Il y a eu une conversation téléphonique
00:19:28entre Marco Rubio et le Premier ministre Benjamin Netanyahou,
00:19:31parce qu'évidemment, il y a le scénario d'une frappe.
00:19:34Mais comme le disait Général, quelle frappe ?
00:19:36C'est-à-dire qu'il y a aussi la menace de la réplique
00:19:38qui a été immédiate, d'ailleurs,
00:19:39de la part du président du Parlement iranien,
00:19:41en disant qu'il n'y aura aucune limite
00:19:42dans la réplique, justement, à une éventuelle attaque.
00:19:45Et c'est là où, justement, l'arbitrage est compliqué
00:19:48pour Donald Trump,
00:19:49parce qu'on n'est pas du tout dans la configuration
00:19:51du Venezuela, effectivement.
00:19:53L'Iran est un grand pays, immense géographiquement,
00:19:56de 90 millions d'habitants,
00:19:58où il y a un sentiment national très fort.
00:20:00Et le problème, il est là-dessus, en fait.
00:20:02C'est la variable du sentiment national
00:20:03que pourraient préempter les gardiens
00:20:05dès lors qu'il y aurait une agression,
00:20:07une ingérence extérieure.
00:20:09Et donc, l'arbitrage est très compliqué à doser.
00:20:11Pour soutenir la population dans ses aspirations.
00:20:15Et en même temps, ne pas provoquer un rejet,
00:20:17un ciment autour des autorités
00:20:19qui sont aujourd'hui contestées et détestées.
00:20:22Donc, et on sait que le président Donald Trump
00:20:25n'était pas partisan du changement de régime.
00:20:26Il l'avait dit dans la guerre des 12 jours.
00:20:28Il peut changer d'avis, le président.
00:20:29Oui, mais il hésite.
00:20:30Pourquoi ?
00:20:30Parce qu'il a le souvenir des guerres
00:20:32dans lesquelles les Américains s'étaient engagés.
00:20:33Il a le souvenir de l'Irak 2003,
00:20:36de ses conséquences tectoniques,
00:20:37en termes géopolitiques.
00:20:38Et là, c'est un autre niveau.
00:20:40L'Iran, c'est plus que l'Irak.
00:20:42Donc, les radiations géopolitiques seront immenses.
00:20:46David Rigolero, dernière question.
00:20:47Il y a une figure qu'on a vue, Reza Palavi,
00:20:48le fils du dernier chat d'Iran,
00:20:50qui est important, qui s'impose dans ses manifestations.
00:20:52À quel point ?
00:20:52Est-ce qu'il fait l'unanimité au sein de tous les manifestants ?
00:20:55Non, il ne fait pas du tout l'unanimité,
00:20:56pas même consensus.
00:20:57Oui, ça ne veut pas dire qu'il n'a pas une certaine aura.
00:21:01D'ailleurs, les slogans le montrent.
00:21:03Mais il est aujourd'hui l'incarnation d'un leadership par défaut,
00:21:09auquel peuvent se référer un certain nombre d'opposants,
00:21:13y compris républicains,
00:21:14mais sans pour autant valider l'option d'une restauration.
00:21:17Justement, c'est là où il ne faut pas surinterpréter non plus
00:21:19la figure du prince Palavi.
00:21:22Tout ça est passionnant.
00:21:23Merci à tous les deux.
00:21:25On se retrouve dans un instant, juste après la météo.
00:21:2715h53 sur BFM TV.
00:21:30L'actualité, c'est ce risque d'avalanche fort
00:21:32dans les Alpes et les Pyrénées,
00:21:33vigilance maximum pour les randonneurs et les skieurs hors-piste.
00:21:36Hier, trois personnes sont mortes dans deux avalanches en Savoie.
00:21:40Reportage dès le début de ce journal.
00:21:42L'actualité judiciaire, c'est cette question.
00:21:44Le propriétaire Corse du bar de Grand Montana,
00:21:47le Constellation, Jacques Moretti,
00:21:49va-t-il rester en détention en Suisse ?
00:21:51Réponse dans les toutes prochaines heures.
00:21:54Que risquent les époux Moretti ?
00:21:55On vous rappelle que la femme de Jacques, Jessica,
00:21:57et elle pour le moment toujours libre,
00:21:59on fera un point très complet en Suisse.
00:22:01La révolte en Iran qui s'amplifie,
00:22:03la répression aussi.
00:22:04Une organisation humanitaire parle de 192 morts
00:22:07dans les manifestations avec des tirs à balles réelles
00:22:09dans la foulée.
00:22:10Ce chiffre est probablement sous-estimé.
00:22:13Des options de frappe militaire sur le régime des Mollahs
00:22:15ont été présentées à Donald Trump
00:22:17selon plusieurs grands médias américains.
00:22:21On va donc reparler de ce risque d'avalanche
00:22:26qui est maximum, qui est très fort dans les Alpes
00:22:28et les Pyrénées.
00:22:30Vigilance pour les randonneurs et les skieurs
00:22:32qui font du hors-piste.
00:22:34Parce que sur les pistes, on est en sécurité.
00:22:36Il faut le rappeler, hier, trois personnes sont mortes
00:22:39dans deux avalanches en Savoie.
00:22:41Reportage tout à l'heure.
00:22:42Ce week-end sur les pistes, attention, il y a danger.
00:22:49Météo France place une grande majorité des massifs français
00:22:52en alerte très élevée.
00:22:54Un risque d'avalanche de 4 sur 5.
00:22:57Le prévisionniste invite à la vigilance
00:22:59et rappelle qu'un drame peut vite arriver.
00:23:02Manteau neigeux instable, cela signifie qu'un seul skieur
00:23:05peut facilement déclencher des avalanches
00:23:07mobilisant des volumes de neige considérables.
00:23:09Mais alors, comment expliquer une telle alerte ?
00:23:12Selon les spécialistes, les récentes conditions météorologiques
00:23:15favorisent les coulées de neige.
00:23:17Récent exemple, hier, dans trois stations différentes.
00:23:20On a eu de la neige très tôt dans l'hiver
00:23:22et puis après, on a eu un mois de décembre
00:23:25qui a été très sec avec du froid.
00:23:27Donc vraiment des conditions particulières.
00:23:29Et là-dessus, on est venu s'empiler ces derniers jours.
00:23:32On est presque à un mètre de cumul ici,
00:23:35avec beaucoup de vent.
00:23:37Donc, c'est des conditions qui sont très particulières.
00:23:39Pour vous prémunir de tout danger,
00:23:41le meilleur conseil reste d'éviter le hors-piste.
00:23:44Mais si vous avez tout de même prévu
00:23:45d'explorer en dehors des sentiers,
00:23:47voici trois conseils à appliquer.
00:23:49Préparer les itinéraires, c'est-à-dire étudier sur les cartes
00:23:52quels sont les itinéraires qui sont fréquentables
00:23:54et qui contournent les pentes à plus de 30 degrés.
00:23:57Se renseigner sur les conditions qui sont dans ce secteur-là,
00:24:00c'est-à-dire est-ce qu'il y a des antécédents d'avalanche,
00:24:02est-ce qu'il y a des observables qui ont pu être notifiés.
00:24:05Et puis, surtout, s'équiper.
00:24:06Le triptyque DVA, le détecteur de victimes d'avalanche,
00:24:10l'appel et la sonde sont les seuls outils
00:24:12qui vont permettre l'autosauvetage en cas de problème.
00:24:15En 2025, 21 personnes ont perdu la vie
00:24:18dans les montagnes françaises,
00:24:20emportées par une avalanche.
00:24:23Autre conséquence des intempéries,
00:24:24les galères pour 800 chauffeurs poids lourds
00:24:26bloqués toujours sur la 36 et la RN57.
00:24:30On est dans le doux.
00:24:31Ces chutes de neige,
00:24:31elles ont contraint la préfecture
00:24:33à interdire la circulation des véhicules
00:24:35de plus de 3 tonnes et demie,
00:24:36et ce, jusqu'à demain.
00:24:38L'éco-gérant du Constellation à Cran-Montana
00:24:41face à la justice suisse.
00:24:42Jacques Moretti a passé une deuxième nuit en prison.
00:24:45Son épouse, elle, reste libre.
00:24:47On fera un point très complet, bien évidemment.
00:24:50Vous le savez, cet après-midi,
00:24:51avec Marie Roux du côté de la Suisse.
00:24:52Mais revenons tout d'abord sur nos révélations hier,
00:24:55sur cette audition des époux Moretti
00:24:58avec Mathis Menu.
00:25:00Les auditions du couple se déroulent
00:25:07seulement quelques heures après l'incendie.
00:25:10Ce soir-là, le 31 décembre,
00:25:12Jacques Moretti travaille dans un autre établissement.
00:25:15Jessica Moretti arrive donc seule aux Constellations
00:25:17vers 22h30.
00:25:19À minuit, il y avait très peu de monde.
00:25:21Je disais justement à Sienne
00:25:22qu'il fallait faire rentrer du monde
00:25:23pour que l'ambiance prenne.
00:25:24La soirée prend un tournant tragique
00:25:26lorsque des serveuses, visage masqué,
00:25:29et portée par des collègues,
00:25:30amène à des tables des bouteilles
00:25:32munies de feu de Bengale.
00:25:34Tout à coup, j'ai senti un mouvement de foule.
00:25:36J'ai vu de la lumière orange vers l'angle du bar.
00:25:38J'ai tout de suite hurlé.
00:25:39Tout le monde sort.
00:25:40Et j'ai tout de suite pensé à faire appel aux pompiers.
00:25:42Il est alors une heure et demie du matin.
00:25:44Dehors, la gérante appelle les secours,
00:25:46puis son mari, qui débarque dans la foulée.
00:25:48Il raconte qu'il veut prêter main forte
00:25:50et essayer d'aider les gens.
00:25:52Il essaie lui aussi de rentrer
00:25:53par l'entrée principale.
00:25:54Ce n'est pas possible avec la fumée, les gens.
00:25:56Il fait le tour et il retrouve cette porte de service.
00:25:58Elle est fermée.
00:25:59Fermée de l'intérieur, verrouillée avec un loquet.
00:26:01Il va la forcer avec l'aide de deux personnes.
00:26:03Et derrière cette sortie de secours,
00:26:05il y avait cinq personnes inanimées,
00:26:07dont Sian.
00:26:08Interrogé sur la sécurité du bar,
00:26:10Jacques Moretti assure la présence
00:26:11de deux issues de secours et d'extincteurs,
00:26:13mais pas de système d'arrosage.
00:26:16Le service du feu a effectué
00:26:17deux ou trois contrôles incendies
00:26:18en dix ans d'exploitation,
00:26:20sans jamais exiger de demande de réaménagement
00:26:22ou de modification des lieux.
00:26:24Le propriétaire confirme que ses employés
00:26:26ne sont pas formés à la gestion d'incendies.
00:26:28Quant à la présence de mineurs,
00:26:30il n'exclut pas un manque de vigilance.
00:26:32On fait le maximum,
00:26:33mais entre les fausses cartes
00:26:34et les éventuelles choses
00:26:35dont je ne suis pas au courant,
00:26:37il n'est pas impossible
00:26:37qu'il y ait eu dysfonctionnement.
00:26:39Mise en examen,
00:26:39le couple s'affiche dévasté.
00:26:41Jacques Moretti a depuis été placé en détention.
00:26:44Jessica Moretti reste en liberté
00:26:46avec des contraintes.
00:26:48En Iran, la contestation ne s'essouffle pas.
00:26:50Bien au contraire,
00:26:52quinzième jour du mouvement de protestation
00:26:55avec des vidéos publiées sur les réseaux sociaux
00:26:57qui nous ont montré la nuit dernière
00:26:58de grandes foules défilant dans plusieurs villes du pays,
00:27:01notamment la capitale,
00:27:02Téhéran, mais aussi Machad.
00:27:03C'est dans l'est du pays
00:27:04et c'est la ville natale du guide suprême,
00:27:06Ali Raménaï.
00:27:07Ce qui change depuis hier,
00:27:08c'est le ton du régime.
00:27:10Les gardiens de la révolution
00:27:11qualifient désormais les manifestants de terroristes.
00:27:14L'ONG Human Rights fait état de 192 morts,
00:27:18au moins dans des manifestations
00:27:20et ce chiffre pourrait être largement sous-estimé.
00:27:24Mathiste Menu.
00:27:26Des feux d'artifice dans le ciel,
00:27:28ici symbole de protestation.
00:27:33Dans les rues,
00:27:34l'appel du fils de l'ancien chat a été entendu.
00:27:37La mobilisation continue.
00:27:38Malgré la coupure d'Internet imposée depuis vendredi par l'État,
00:27:45des images circulent encore sur les réseaux sociaux.
00:27:48La colère ne faiblit pas,
00:27:50en dépit de la répression brutale qui s'intensifie.
00:27:55Et le mouvement dépasse désormais les frontières.
00:27:58À Londres,
00:27:59près de 300 personnes se sont rassemblées
00:28:00devant l'ambassade d'Iran.
00:28:02Pancarte à la main,
00:28:03il est inscrit,
00:28:04ma saison préférée,
00:28:05c'est la chute de la République islamique.
00:28:06D'autres osent escalader le bâtiment
00:28:09pour remplacer le drapeau du régime actuel
00:28:11par celui de l'ancien régime monarchique.
00:28:14Aux États-Unis aussi,
00:28:16Donald Trump affiche son soutien sur son réseau social.
00:28:19L'Iran aspire à la liberté,
00:28:20peut-être comme jamais auparavant.
00:28:22Les États-Unis se tiennent prêts à aider.
00:28:24Un message repris par un sénateur républicain
00:28:26détournant le slogan présidentiel
00:28:28« Make America Great Again »
00:28:30en « Make Iran Great Again ».
00:28:32Comme d'habitude, monsieur le président,
00:28:34vous avez tout à fait raison.
00:28:35« Liberté maintenant,
00:28:37liberté pour toujours,
00:28:38pour le peuple iranien
00:28:39qui souffre depuis si longtemps,
00:28:42mort au régime de l'ayatollah.
00:28:43Make Iran Great Again ».
00:28:45Selon des ONG,
00:28:46plus d'une dizaine de personnes
00:28:48ont perdu la vie
00:28:49depuis le début des manifestations.
00:28:50Il est 15h sur BFM TV dans 3 jours,
00:28:55le 14 janvier.
00:28:56Cela fera exactement 40 ans
00:28:58que Daniel Balavoine
00:28:59mourait tragiquement dans un accident d'hélicoptère
00:29:02alors qu'il participait au Paris-Dakar.
00:29:05L'annonce de sa disparition brutale
00:29:07avait été vécue comme une déflagration.
00:29:09Et à cette époque,
00:29:10Daniel Balavoine est un jeune interprète
00:29:12extrêmement populaire.
00:29:14Cette popularité,
00:29:15il la doit d'abord à sa voix unique
00:29:16mais aussi à ses textes engagés.
00:29:18Ce qui séduit aussi,
00:29:19c'est la personnalité
00:29:20et les valeurs du chanteur.
00:29:21Absolument.
00:29:22On va regarder ce reportage,
00:29:24ce document BFM TV
00:29:26qui va revenir sur cette carrière hors du commun.
00:29:29C'est un document signé
00:29:30avec Ève van der Stegen.
00:29:35Daniel Balavoine.
00:29:36L'histoire d'un homme
00:29:37qui rêvait de faire de la politique
00:29:39pour aider les autres
00:29:40et qui va devenir
00:29:41l'un des plus grands chanteurs
00:29:42de sa génération.
00:29:44Je me présente,
00:29:46je m'appelle Henri.
00:29:47Pour moi, Daniel Balavoine,
00:29:48c'est d'abord une voix.
00:29:49Avec une capacité surtout
00:29:50de monter très haut.
00:29:51Moi, il me transverse chaque fois.
00:29:56Auteur, compositeur,
00:29:57interprète de talent.
00:29:58C'est l'histoire d'un artiste
00:30:01à la carrière fulgurante.
00:30:03Une comète révélée
00:30:04à la fin des années 70
00:30:05qui en presque 10 ans
00:30:07et 8 albums
00:30:08va enchaîner les tubes,
00:30:09vendre plus de 6 millions et demi
00:30:10de disques
00:30:11et remplir les salles de concert
00:30:12les plus prestigieuses.
00:30:16La scène,
00:30:17c'était son assemblée nationale.
00:30:19Un homme qui ne trichait pas,
00:30:20timide mais indigné,
00:30:21drôle mais en colère.
00:30:23Il y avait un côté anard
00:30:24un peu chez nous
00:30:24qui fait qu'on préfère
00:30:25le désordre à l'injustice.
00:30:27Il a toujours été révolté
00:30:28Il avait une grande gueule,
00:30:29c'est tout.
00:30:30Sur les plateaux télé,
00:30:31il est incisif,
00:30:32percutant,
00:30:32insolent.
00:30:34Daniel Balavoine
00:30:34était explosif.
00:30:36Quand ça montait
00:30:36chez Daniel,
00:30:37ça montait.
00:30:38C'était quelqu'un
00:30:39qui rentrait dans la caméra.
00:30:40Je vais pas faire
00:30:40m'en aller tout de suite.
00:30:41Si j'avais su
00:30:42que je n'aurais pu rien dire,
00:30:42j'aurais dormi beaucoup plus tard.
00:30:44Ce qu'il a dit à Mitterrand
00:30:45lors de l'émission de télé,
00:30:46c'est inouï.
00:30:47Personne n'aurait jamais
00:30:48osé se comporter comme ça.
00:30:50Et c'était pas du tout
00:30:51prévu que ça se passe comme ça.
00:30:52Alors je voudrais dire
00:30:53devant tout le monde
00:30:53que j'emmerde
00:30:54les anciens combattants.
00:30:55Il est allé trop loin
00:30:56ce jour-là.
00:30:57Le chanteur engagé communiste
00:30:58ne dérange que les gens de droite.
00:30:59Et le chanteur engagé de droite
00:31:00ne dérange que les gens de gauche.
00:31:02Moi, je dérange un peu
00:31:02tout le monde.
00:31:03Militant du cœur,
00:31:04il luttait contre le racisme
00:31:06ou contre la faim
00:31:06dans le monde.
00:31:07C'était un garçon
00:31:08incroyablement engagé.
00:31:10Il était ouvert à l'humanité.
00:31:12Il était ouvert au monde, Daniel.
00:31:14Cette générosité,
00:31:15celui qui voulait sauver l'amour,
00:31:17va la payer très cher.
00:31:18Daniel me dit,
00:31:19Thierry m'a dit
00:31:19que je pouvais monter avec lui.
00:31:20Est-ce que tu es d'accord ?
00:31:22Je lui dis, bien sûr.
00:31:23Moi, je n'ai pas besoin d'y aller.
00:31:24J'entends une phrase,
00:31:24le pire est arrivé.
00:31:26Qu'est-ce qui se passe ?
00:31:27L'hélico s'est craché,
00:31:28ils sont tous morts.
00:31:29Enfin, on pleure tous.
00:31:30Que s'est-il réellement passé
00:31:32le soir du 14 janvier 1986 ?
00:31:34C'était urgent.
00:31:35Sinon, il n'aurait jamais redécollé.
00:31:37Pourquoi Daniel Balavoine
00:31:38se trouvait-il
00:31:39à bord de cet hélicoptère ?
00:31:41Qui pilotait réellement l'appareil ?
00:31:43Très vite,
00:31:43les polémiques voient le jour.
00:31:44J'imagine même pas une seconde
00:31:46Thierry Sabine vouloir piloter
00:31:47alors qu'il fait nuit,
00:31:49que François-Xavier
00:31:49était un vrai pilote.
00:31:51Comment expliquer
00:31:52que sa disparition
00:31:53ait fait naître
00:31:53les théories complotistes
00:31:54les plus folles
00:31:55jusqu'à croire
00:31:56qu'une requête
00:31:56ait pu viser l'appareil ?
00:31:59Ça se verrait
00:31:59dès les premiers résultats
00:32:01de l'enquête
00:32:02parce qu'une requête,
00:32:03ça laisse des traces.
00:32:03On aurait voulu
00:32:04faire taire Daniel,
00:32:05par exemple.
00:32:05Enfin, mais le faire taire,
00:32:06pourquoi ?
00:32:07Les gens pensaient
00:32:08que c'était un attentat
00:32:09qui s'apprêtait
00:32:10à révéler des secrets.
00:32:12Alors,
00:32:13s'agit-il d'un accident
00:32:14ou d'un attentat
00:32:15comme certains ont voulu
00:32:16le croire ?
00:32:17Il y a un mystère
00:32:17autour de son accident
00:32:18et le mystère
00:32:19crée la légende.
00:32:21Daniel Balavoine,
00:32:22enquête sur le destin
00:32:23d'un artiste engagé
00:32:24qui va disparaître
00:32:25en pleine gloire,
00:32:27pris dans le crash
00:32:27d'un vaisseau de verre
00:32:28en plein désert.
00:32:3415 janvier 1986,
00:32:37sur les chaînes
00:32:37de télévision française
00:32:38et les radios,
00:32:39partout la même
00:32:40information dramatique
00:32:41qui ouvre le journal.
00:32:42Le Paris-Dakar
00:32:44en deuil,
00:32:45Thierry Sabine,
00:32:46Daniel Balavoine
00:32:47et trois autres personnes
00:32:48sont mortes
00:32:49dans un accident
00:32:49d'hélicoptère.
00:32:50Pour les journalistes
00:32:51stars de l'époque
00:32:52comme Yves Morouzi,
00:32:53difficile de retenir
00:32:54son émotion
00:32:55à l'annonce
00:32:55de cette tragédie.
00:32:56Daniel Balavoine
00:32:57est mort
00:32:58alors qu'il croyait
00:32:59à l'aventure,
00:33:00tout simplement
00:33:00parce que cet hélicoptère
00:33:02portait secours aux autres.
00:33:03Pour des millions
00:33:04de Français,
00:33:05c'est la consternation.
00:33:06Yves Bigot,
00:33:07journaliste radio à l'époque
00:33:08et proche de l'artiste,
00:33:10s'en souvient encore
00:33:10parfaitement.
00:33:11J'étais à Europe 1
00:33:12quand j'ai appris
00:33:13la mort de Daniel Balavoine.
00:33:15C'est la sidération.
00:33:16On se voyait tout le temps,
00:33:17on était avec lui
00:33:18encore quelques jours auparavant.
00:33:20Il avait plein de projets,
00:33:21il était en plein succès.
00:33:23Il n'avait jamais eu
00:33:23autant de succès
00:33:24qu'à ce moment-là.
00:33:27À seulement 33 ans,
00:33:29en moins de 10 ans de carrière
00:33:30et avec plusieurs tubes
00:33:31à son actif,
00:33:32l'artiste en pleine gloire
00:33:33vient d'être fauché
00:33:34par le destin.
00:33:36Une semaine avant
00:33:37son accident,
00:33:38l'Aziza,
00:33:39la chanson dédiée
00:33:39à sa femme,
00:33:40qui a obtenu
00:33:40le prix SOS Racisme,
00:33:42est en passe
00:33:43de devenir numéro 1
00:33:44au top 50.
00:33:44Il a eu 8 ans de carrière
00:33:54exceptionnelle,
00:33:55mais il était là
00:33:55tout le temps,
00:33:56tout le temps
00:33:56à la télévision.
00:33:57Et tout d'un coup,
00:33:58tout s'arrête.
00:33:59Daniel Balavoine est mort.
00:34:00Traumatisme.
00:34:02À l'origine de ce drame,
00:34:03un crash d'hélicoptère
00:34:04en pleine nuit au Mali.
00:34:06Alors que Balavoine
00:34:07était sur le célèbre raid
00:34:08pour une mission humanitaire,
00:34:10l'appareil s'écrase
00:34:11à seulement quelques kilomètres
00:34:12de l'organisation du tour.
00:34:13Pour beaucoup,
00:34:15l'annonce de la disparition
00:34:16tragique du chanteur
00:34:17à Gration.
00:34:19Pour sa famille avant tout,
00:34:20et l'un de ses grands frères,
00:34:22Guy Balavoine.
00:34:23Je veux dire,
00:34:24c'est le plus gros choc
00:34:24de ma vie.
00:34:26Moi, c'était mon ami,
00:34:28c'était mon petit frère,
00:34:30c'était...
00:34:30C'est dur.
00:34:3236 ans après,
00:34:33ça...
00:34:34Dans le monde du showbiz aussi,
00:34:38comme pour les artistes
00:34:39Michel Berger
00:34:40et Jean-Jacques Goldman,
00:34:40ses amis les plus proches,
00:34:42c'est une onde de choc.
00:34:43Évidemment,
00:34:44je suis horriblement triste
00:34:45parce que Daniel,
00:34:47je crois que c'était
00:34:47mon meilleur ami,
00:34:48il n'y a pas d'autre mot.
00:34:49L'histoire la plus importante
00:34:52de sa vie,
00:34:52je crois,
00:34:53elle était malheureusement
00:34:54à vivre encore.
00:34:54C'est-à-dire,
00:34:55c'est un type qui avait
00:34:55des projets extrêmement ambitieux.
00:34:58Comme pour les millions
00:34:58de fans à cette époque
00:34:59en France,
00:35:00Daniel Balavoine
00:35:01est le chanteur le plus populaire,
00:35:03le plus aimé
00:35:03de la jeunesse française.
00:35:05Quelques jours
00:35:05après son décès,
00:35:07ils sont des milliers
00:35:07à se recueillir
00:35:08au funérarium du Mont-Valérien
00:35:10à Surenne
00:35:10pour lui témoigner
00:35:11leur profonde affection.
00:35:13On retrouvait tout en lui,
00:35:14que ce soit dans la chanson
00:35:15ou dans les paroles,
00:35:16quand on l'interviewait,
00:35:17bon ben c'était un tout.
00:35:19C'était un tout.
00:35:20J'aimais bien ses poings serrés.
00:35:22Plus que la perte
00:35:23d'une icône,
00:35:24ces jeunes bouleversés
00:35:25ont l'impression
00:35:26d'avoir perdu
00:35:27l'un des leurs.
00:35:28Je pense que ça a été
00:35:28comme un grand frère pour moi,
00:35:30que j'ai beaucoup écouté.
00:35:31Et quand il est décédé,
00:35:33j'avais vraiment
00:35:34un deuil énorme
00:35:35comme si je perdais
00:35:36quelqu'un de ma famille.
00:35:46À Biarritz,
00:35:47le 20 janvier,
00:35:48lors de ses funérailles,
00:35:50face aux caméras
00:35:50des journalistes,
00:35:52le cortège de la famille
00:35:53s'avance sans discontinuer
00:35:54dans l'église Sainte-Génie.
00:35:56Quelques célébrités aussi.
00:35:58Ses amis France Gall,
00:35:59Jean-Jacques Goldman,
00:36:00Michel Berger,
00:36:02son frère de cœur,
00:36:03Yves Simon.
00:36:04Mais surtout,
00:36:05une foule immense.
00:36:07Plus de 3000 anonymes
00:36:08venus rendre
00:36:09un dernier hommage
00:36:09à celui qu'ils aimaient tant.
00:36:14Ça dit beaucoup
00:36:14sur le rapport
00:36:15qu'avait Daniel
00:36:16avec la population.
00:36:17Beaucoup de gens
00:36:18ont voulu l'accompagner
00:36:19jusqu'au bout.
00:36:20Sa disparition
00:36:20a été ressentie
00:36:21vraiment personnellement
00:36:22par beaucoup de gens
00:36:23qui ont eu l'impression
00:36:24qu'il n'y aurait plus
00:36:26quelqu'un comme lui
00:36:26qui était capable
00:36:27de dire les choses
00:36:28comme eux auraient aimé
00:36:29les dire.
00:36:30Voilà.
00:36:30Celui qui refusait
00:36:31d'être un héros
00:36:32laisse derrière lui
00:36:33toute une génération
00:36:34en deuil.
00:36:36Mais que s'est-il passé
00:36:37la nuit de sa disparition ?
00:36:39Une semaine après l'accident
00:36:40vont naître les polémiques
00:36:41sur la responsabilité
00:36:43du pilote d'abord.
00:36:45Qui était réellement
00:36:46aux commandes
00:36:46de l'appareil ?
00:36:47titre de l'actualité ?
00:36:48La polémique sur l'accident
00:36:50du Paris-Dakar.
00:36:51Le père du pilote
00:36:52François-Xavier Bagnou
00:36:53donne sa version
00:36:54de l'accident.
00:36:56S'agit-il donc
00:36:56d'une erreur humaine ?
00:36:58D'une défaillance technique ?
00:37:00Les responsabilités
00:37:01sont-elles à chercher ailleurs ?
00:37:03En France,
00:37:04les rumeurs les plus folles
00:37:05commencent à courir.
00:37:06Qu'est-ce que vous répondez
00:37:07au fait qu'une requête
00:37:08ait pu atteindre l'hélico ?
00:37:10Alors ça, je crois que là,
00:37:12on est dans la fabulation complète.
00:37:15Il faut dire les choses
00:37:15telles qu'elles sont,
00:37:16c'est qu'il y a beaucoup de gens
00:37:17qui pensent que c'était
00:37:18un assassinat.
00:37:19Moi, je n'y crois pas
00:37:19une seconde.
00:37:20Et quel serait le mobile ?
00:37:22Ils disent que c'est parce
00:37:23qu'ils s'apprêtaient
00:37:24à révéler des secrets
00:37:26qu'ils auraient entreaperçus
00:37:28quelque part entre Niamey
00:37:30et Bamako.
00:37:31Comme pour tous les gens
00:37:31qui disparaissent brutalement,
00:37:33il y a toujours des théories
00:37:34de ce type.
00:37:35Ces rumeurs,
00:37:36toujours d'actualité,
00:37:38sont-elles liées au fait
00:37:38que les conclusions
00:37:39de l'enquête
00:37:40menées par les constructeurs
00:37:41de l'hélicoptère
00:37:42et un expert de l'aviation civile
00:37:43n'auraient jamais été rendues publiques
00:37:45ou cela tient-il
00:37:47à la personnalité du chanteur ?
00:37:50Au début de l'année 1986,
00:37:52lorsqu'il disparaît,
00:37:54Daniel Balavoine
00:37:55incarne déjà le porte-parole
00:37:56de toute une partie
00:37:57de la jeunesse.
00:38:01Aimé pour ses tubes,
00:38:02l'artiste l'est aussi
00:38:03pour sa personnalité.
00:38:05Drôle, critique, provocateur,
00:38:07c'est un homme libre.
00:38:10Le public français
00:38:12ressentait chez Daniel Balavoine
00:38:14son authenticité
00:38:15et sa profonde sincérité,
00:38:18son engagement
00:38:19dans ce qu'il chantait.
00:38:20On est dans une période
00:38:21où la génération
00:38:23Balavoine,
00:38:24c'est-à-dire les gens
00:38:25des années 50,
00:38:26ils ont envie de prendre la parole,
00:38:28ils ont envie
00:38:29que le monde leur appartienne
00:38:29un peu plus.
00:38:30Cette opportunité
00:38:31de dénoncer la réalité
00:38:32de la jeunesse française,
00:38:34Balavoine va la trouver
00:38:35à une heure de grande écoute
00:38:36sur le journal télévisé
00:38:38d'Antenne 2
00:38:38le 19 mars 1980,
00:38:41face à celui
00:38:41qui n'est encore
00:38:42que le premier secrétaire
00:38:43du Parti Socialiste,
00:38:44François Mitterrand.
00:38:45J'aurai le temps
00:38:46une minute de m'énerver,
00:38:47juste de m'énerver
00:38:48et de paraître
00:38:48pour un petit merdeux
00:38:49et un petit jeune
00:38:50de m'énerver sous la pagaille partout.
00:38:51Ces images,
00:38:52nous les connaissons tous.
00:38:53Mais ce soir,
00:38:54grâce aux témoignages
00:38:55de Jacques Attali,
00:38:56ancien directeur de cabinet
00:38:58de François Mitterrand
00:38:59et du journaliste
00:39:00d'Antenne 2
00:39:00Claude Sérillon,
00:39:01chroniqueur sur le plateau,
00:39:03nous allons vous révéler
00:39:04les coulisses
00:39:04de cette séquence d'anthologie
00:39:06de la télévision française.
00:39:08Dans l'opposition
00:39:09depuis 23 ans,
00:39:10Mitterrand prépare
00:39:11son long retour vers le pouvoir.
00:39:13Avec 46% dans les sondages,
00:39:15le futur candidat
00:39:16à la présidentielle
00:39:16est encore très mal placé.
00:39:18Il va falloir changer la donne.
00:39:20Ce débat,
00:39:21c'est Jacques Attali
00:39:22qui l'organise.
00:39:23J'étais très proche
00:39:24de Coluche,
00:39:26Michel Berger
00:39:27et France Gall.
00:39:28C'était un petit groupe
00:39:29d'amis intimes.
00:39:30Et c'est eux
00:39:31qui m'ont parlé
00:39:32de Daniel Balavoine
00:39:33en me disant
00:39:34qu'il ferait ça très bien.
00:39:35Donc j'ai rencontré Daniel
00:39:36que j'ai trouvé
00:39:36à la fois très sympathique
00:39:37et très désireux de le faire.
00:39:41Je me souviens
00:39:41quand il m'a appelé
00:39:42il m'a dit
00:39:42« Tu te rends compte ? »
00:39:43Je lui ai dit
00:39:43« T'as envie d'y aller ? »
00:39:44« Oui, je l'ai trouvé. »
00:39:45« Tant pis. »
00:39:45« Vas-y. »
00:39:46« Mais oui, il avait la trouille,
00:39:47bien sûr. »
00:39:48Parce qu'à l'époque,
00:39:49il avait quel âge ?
00:39:50Je ne sais plus.
00:39:51À seulement 28 ans,
00:39:52pour l'équipe
00:39:53de François Mitterrand,
00:39:54Balavoine incarne
00:39:55à la perfection
00:39:55une certaine partie
00:39:57de la jeunesse.
00:39:58Au début des années 80,
00:39:59dans un univers télévisuel
00:40:00très cloisonné,
00:40:02ce type de débat
00:40:02est inédit.
00:40:03On mélangeait
00:40:04des invités,
00:40:06je dirais,
00:40:07politiques ou économiques
00:40:08avec des vedettes.
00:40:10Un ancien PDG
00:40:11de la 2
00:40:11parlait de la dramaturgie
00:40:12de l'information.
00:40:13Et c'était un peu ça
00:40:14aussi qu'on faisait.
00:40:15« Ce qu'on attend,
00:40:16c'est tout ce qui pouvait
00:40:17mettre François Mitterrand
00:40:18en situation
00:40:19d'apparaître comme
00:40:20celui qui écoute
00:40:21les jeunes.
00:40:23Et donc,
00:40:24voilà,
00:40:24je dis à Daniel,
00:40:25fais ce que tu veux,
00:40:26tu poses des questions.
00:40:28Et ce n'était pas du tout
00:40:29prévu que ça se passe
00:40:29comme ça.
00:40:31« Alors,
00:40:31je ne voudrais pas
00:40:31que notre entretien
00:40:32s'achève là. »
00:40:33« Il est 13h27 déjà,
00:40:35monsieur Mitterrand.
00:40:36Nous allons jusqu'à 13h34
00:40:37et nous avons encore
00:40:38à parler. »
00:40:38Patrick Lecoq,
00:40:39journaliste,
00:40:40tente d'interrompre Mitterrand.
00:40:41« Mitterrand,
00:40:42Mitterrand,
00:40:43posait une sorte de distance.
00:40:44Le journal se déroule,
00:40:46chacun fait sa rubrique,
00:40:47y compris moi. »
00:40:49Balavoine commence
00:40:49à s'impatienter.
00:40:51« Il faut le temps passer.
00:40:51Le journal se termine
00:40:52cinq minutes après,
00:40:53mais il y a encore
00:40:53la page sport. »
00:40:54« Rien que ça.
00:40:57Il n'était pas content
00:40:57d'être venu
00:40:58pour faire valoir
00:40:59aux potiches. »
00:41:00« Je voyais
00:41:00qu'il commençait
00:41:01à mouillir.
00:41:02Et puis tout d'un coup,
00:41:03dans le ronron
00:41:04de ce journal,
00:41:06où Mitterrand parlait,
00:41:07prenait son temps,
00:41:08on n'osait pas
00:41:08trop l'interrompre,
00:41:09tout d'un coup,
00:41:10il éclate. »
00:41:10« Je ne peux rien dire
00:41:11avant la fin de l'émission.
00:41:12Je ne parle pas pour vous,
00:41:12M. Mitterrand,
00:41:13parce que moi,
00:41:13j'avais pris plein de notes
00:41:14en venant dans votre information.
00:41:16Non, je n'aurais pas le temps.
00:41:17Je le sais déjà
00:41:17que je n'ai pas le temps.
00:41:18J'ai juste le temps
00:41:19de me mettre en colère.
00:41:20Est-ce que vous voulez
00:41:20commencer maintenant ?
00:41:20Non, c'est le système
00:41:21de l'information française
00:41:22qui fait comme ça.
00:41:23J'aurais le temps
00:41:23une minute de m'énerver,
00:41:25juste de m'énerver,
00:41:26de paraître pour un petit merdeux,
00:41:27un petit jeune de plus
00:41:27qui fout la pagaille partout.
00:41:29Je préfère m'en aller tout de suite.
00:41:30Si j'avais su
00:41:30que je n'aurais pu rien dire,
00:41:31j'aurais dormi beaucoup plus tard.
00:41:33Je vous remercie.
00:41:33Mitterrand souhaitait
00:41:33votre présence.
00:41:35J'ai vu ça en direct.
00:41:37J'étais médusé.
00:41:38Médusé.
00:41:39Et je pense que la France entière
00:41:40était médusée.
00:41:41J'étais sidéré
00:41:42de ce que ça représentait
00:41:44comme, justement,
00:41:45comme transgression.
00:41:48Rappelé par Mitterrand,
00:41:50Balavoine revient finalement
00:41:51sur le plateau.
00:41:52Georges Marchais,
00:41:53on s'en fout de Georges Marchais,
00:41:54il faut le savoir, ça.
00:41:55De ce qu'il faisait
00:41:55pendant la guerre,
00:41:56ça nous est complètement égal.
00:41:57Le mot intéressé,
00:41:58c'est de savoir à qui
00:41:59les travailleurs immigrés
00:42:00payent les loyers
00:42:01qui payent.
00:42:02On a vu tout à l'heure
00:42:02des gens qui disaient
00:42:04on paye 700 francs par mois.
00:42:05Moi, j'oserais savoir
00:42:05qui encaisse de l'argent
00:42:06pour louer des poubelles pareilles.
00:42:09Balavoine va même
00:42:10jusqu'à donner un avertissement
00:42:11au candidat du PS.
00:42:12C'est que la jeunesse
00:42:14se désespère.
00:42:15Elle est profondément désespérée
00:42:17parce qu'elle n'a plus d'appui.
00:42:18Elle ne croit plus
00:42:19en la politique française.
00:42:20Et moi, je pense qu'elle a
00:42:20en règle générale,
00:42:22en résumant un peu,
00:42:23bien raison.
00:42:24Ce que je peux vous dire,
00:42:24c'est que le désespoir
00:42:25est mobilisateur
00:42:26et que lorsqu'il devient
00:42:27mobilisateur,
00:42:28il est dangereux
00:42:29et que ça entraîne
00:42:29le terrorisme,
00:42:30la bande abadère
00:42:31et des choses comme ça.
00:42:32Il va carboniser Mitterrand
00:42:33mais puis ça dure,
00:42:34ça dure, ça s'arrête jamais.
00:42:35Et c'est dans le JT.
00:42:37C'est pas dans un talk show.
00:42:38Il n'est pas chez Ardisson,
00:42:39il n'est pas chez Ruquier.
00:42:40Non, c'est dans un JT.
00:42:42Mais c'est qu'à l'époque,
00:42:43il n'y avait pas
00:42:43les réseaux sociaux,
00:42:44il n'y avait pas
00:42:44les émissions à buzz,
00:42:45on n'est pas en 2022 quoi.
00:42:47Maintenant, ça paraît
00:42:47d'une banalité affligeante.
00:42:49Mais pour nous,
00:42:49c'était un moment de télévision
00:42:50qu'on n'avait jamais vues.
00:42:51Dans un paysage médiatique
00:42:53verrouillé et bien pensant,
00:42:55Balavoine fait exploser
00:42:56les codes télévisuelles
00:42:57de l'époque.
00:42:58L'information de manière générale
00:42:59était quand même
00:43:00assez solennelle
00:43:01et révérencieuse
00:43:02à l'égard des pouvoirs.
00:43:05Et c'est une des premières fois
00:43:06où quelqu'un de jeune
00:43:07casse le discours.
00:43:09Et moi,
00:43:09je n'ai pas été surprise
00:43:10qu'il arrive à sortir,
00:43:12boum,
00:43:13à partir du moment
00:43:13où il était habité
00:43:15par la puissance
00:43:16de ses convictions,
00:43:16il ne pouvait que
00:43:17les partager et les dire.
00:43:19pour que tout soit dit.
00:43:20Le face-à-face avec Mitterrand,
00:43:22pour nous,
00:43:22promotionnellement,
00:43:23c'était formidable.
00:43:24Sauf que quand on a vu
00:43:25l'émission
00:43:25et qu'on a vu
00:43:27comment ça s'était passé,
00:43:28on s'est dit
00:43:29« Allez, ça y est,
00:43:30c'est terminé,
00:43:30boire l'avoine
00:43:31et retourne dans l'anonymat. »
00:43:34François Mitterrand,
00:43:34alors qu'il s'attendait
00:43:35à avoir quelqu'un
00:43:36qui lui serve la soupe,
00:43:37qui passe les plats,
00:43:38qui lui permette de prier,
00:43:39il a très très bien prié.
00:43:40Il n'a pas considéré
00:43:41que c'était un piège
00:43:42ni de ma part,
00:43:42évidemment,
00:43:43ni de la part de personne.
00:43:44Et au fond,
00:43:49il s'est catapulté
00:43:50par les journalistes
00:43:51porte-parole
00:43:51de la jeunesse française.
00:43:53Et oui,
00:43:54d'une certaine façon,
00:43:55il était,
00:43:55car j'étais encore jeune
00:43:56à l'époque,
00:43:56notre porte-parole,
00:43:58ou en tous les cas,
00:43:59il disait ce que nous pensions
00:44:00et c'est lui qui le disait
00:44:01le plus fort en France
00:44:03à cette époque-là.
00:44:04Cette époque,
00:44:05c'est celle de la fin
00:44:06des années 70.
00:44:07Dans le septennat
00:44:08de Valéry Giscard d'Estaing,
00:44:10le second choc pétrolier
00:44:11met un terme
00:44:12à la légèreté
00:44:12des Trente Glorieuses
00:44:13et aux années de plein emploi.
00:44:15La crise économique s'aggrave,
00:44:17l'inflation est à la hausse.
00:44:19Sur un million et demi
00:44:19de chômeurs,
00:44:21530 000 Français
00:44:22de moins de 25 ans
00:44:23n'ont pas de travail.
00:44:24La retraite à 60 ans !
00:44:26Ils travaillent !
00:44:27Vous les jeunes !
00:44:28La retraite à 60 ans !
00:44:29Désabusés,
00:44:30une partie de la jeunesse
00:44:31se désengage.
00:44:32Celle qui rigole
00:44:33des aspirations de 68
00:44:34et ne croit plus vraiment
00:44:36en l'avenir
00:44:37va se reconnaître
00:44:38dans cet artiste
00:44:39qui crie son désarroi.
00:44:40Je suis cassé
00:44:41avant de partir
00:44:42Je ne vais pas passer
00:44:44je ne vais pas la lire
00:44:46D'une certaine manière
00:44:48il a été là
00:44:50avec les bonnes paroles
00:44:52au bon moment
00:44:52au bon endroit
00:44:53pour dire
00:44:54attendez votre système médiatique
00:44:55votre système politique
00:44:56il va falloir qu'il ouvre
00:44:58les yeux et les oreilles
00:44:59sur autre chose.
00:45:00Désormais,
00:45:00Daniel Balavoine
00:45:01l'indigné
00:45:02multiplie les plateaux télé
00:45:04et devient ce qu'on appelle
00:45:05un bon client.
00:45:06Je suis très content
00:45:06qu'il m'attende
00:45:07cela dit je suis très flatté
00:45:08mais je trouve qu'il y a
00:45:08des événements plus graves
00:45:09en France en ce moment
00:45:10que d'écouter Balavoine à la télé.
00:45:11Je dis les choses
00:45:12que j'ai envie de dire
00:45:12avec le moins possible
00:45:14de concession
00:45:14c'est à dire pratiquement aucune.
00:45:15Quelle est la pensée du jour
00:45:16pour Daniel Balavoine ?
00:45:19Sur les plateaux télé
00:45:20il se révèle de plus en plus critique
00:45:22irrévérencieux
00:45:23alors que mai 81
00:45:25célèbre la victoire de la gauche
00:45:26l'artiste qui vient de voter
00:45:28pour la première fois de sa vie
00:45:29est déçu par les premiers mois
00:45:31d'investiture de François Mitterrand.
00:45:33Les équipes étaient prêtes
00:45:34on s'est aperçu
00:45:35que les équipes ne sont pas prêtes
00:45:36que les réformes ne sont pas prêtes
00:45:37que sur la sécurité sociale
00:45:39tous les financiers
00:45:41je parle pas de Fabius
00:45:41parce que lui c'est même pas un financier
00:45:43c'est un charlot
00:45:43bon
00:45:43dire qu'ils sont nus
00:45:46Laurent Fabius le ministre du budget
00:45:46le ministre du budget
00:45:48oui
00:45:48oui Daniel Balavoine
00:45:49les français l'aimaient beaucoup
00:45:50parce que c'était une grande gueule
00:45:52en plus c'était des années
00:45:53c'était les années Coluche aussi
00:45:54où Coluche était aussi adoré
00:45:56pour cette même raison
00:45:58pour sa grande gueule
00:45:59pour sa parole libre
00:45:59merci
00:46:01enflare
00:46:01c'était un des premiers à avoir compris
00:46:04je pense qu'il pouvait déclencher des choses
00:46:06en faisant autre chose que de la chanson
00:46:09qu'il pouvait utiliser certains problèmes de la jeunesse française
00:46:13d'une part pour faire parler de lui
00:46:14c'est sûr
00:46:15mais aussi pour dénoncer des situations
00:46:17c'était une grande gueule
00:46:18c'était une bonne et une belle grande gueule
00:46:21retour en 83 sur TF1
00:46:24à une heure de grande écoute
00:46:26cette fois-ci
00:46:27c'est sur le plateau de l'émission 7 sur 7
00:46:29face à Jean-Louis Burga
00:46:30que Daniel Balavoine
00:46:32va à nouveau faire parler de lui
00:46:33comme à son habitude
00:46:35l'artiste est invité ce jour-là
00:46:37pour commenter l'actualité
00:46:38mais cette fois-ci
00:46:39il vient d'être frappé
00:46:41de plein fouet par l'information
00:46:42à deux minutes d'intervalle
00:46:44le quartier général
00:46:45des marines américains à Beyrouth
00:46:47et un poste de commandement
00:46:49du premier régiment
00:46:50de chasseurs parachutistes français
00:46:52de la force multinationale
00:46:54ont été victimes
00:46:55d'un double attentat
00:46:57à l'explosif
00:46:58et son frère militaire
00:46:59est là-bas
00:47:00le bilan est extrêmement lourd
00:47:01plus d'une centaine de morts
00:47:02on avait été avertis très tôt
00:47:04d'abord
00:47:05les informations
00:47:06et on savait que Yves était là-bas
00:47:08mais où était-il ?
00:47:09on ne savait pas si notre frère était mort
00:47:11une heure avant le début de l'émission
00:47:13la famille apprend enfin
00:47:14que Yves est encore en vie
00:47:15c'est le soulagement
00:47:17mais Daniel Balavoine
00:47:18reste sous le coup de l'émotion
00:47:20et il est arrivé
00:47:21effectivement
00:47:22tendu par cette actualité
00:47:24d'abord il faut tout de suite
00:47:25nous préciser
00:47:25que vous êtes concerné directement
00:47:26par ce qui
00:47:27oui oui
00:47:27je ne veux pas faire pleurer
00:47:28dans les chaumières
00:47:29alors que le journaliste
00:47:30l'interroge sur l'attentat
00:47:31qui a eu lieu au Liban
00:47:32le chanteur à fleurs de peau
00:47:33se livre en direct
00:47:35à une diatribe pacifiste
00:47:36qui ne va pas être au goût
00:47:37de tout le monde
00:47:38on entend souvent dire
00:47:39les adultes
00:47:39oui ça se voit
00:47:40que vous n'avez pas connu la guerre
00:47:41il vous faudrait une bonne guerre
00:47:42moi je leur dis maintenant
00:47:42bien en face
00:47:43on l'a la guerre
00:47:44puisque mon frère est au Liban
00:47:45et ma mère à 7h du matin
00:47:46a su qu'il y avait des soldats
00:47:47là-bas qui étaient morts
00:47:48et jusqu'à midi
00:47:50elle s'est mordu tous les sangs
00:47:51pour savoir si mon frère
00:47:52était dans le tas ou pas
00:47:53alors je voudrais dire
00:47:54devant tout le monde
00:47:54que j'emmerde les anciens combattants
00:47:56que j'en ai rien à foutre
00:47:57de tout ça
00:47:57qu'on a autre chose à foutre
00:47:59que de s'occuper des anciennes guerres
00:48:00qu'on n'a plus le temps
00:48:00de manifester pour ça
00:48:01c'est vrai que c'était
00:48:02c'était violent de dire ça
00:48:04on sortait tout de même
00:48:05de périodes
00:48:06où il y avait vraiment
00:48:07des anciens combattants
00:48:08qui arrivaient d'Algérie
00:48:09qui étaient encore présents
00:48:10puis il y avait des anciens combattants
00:48:11des deux dernières guerres
00:48:14qui étaient encore vivants
00:48:15il est allé trop loin ce jour-là
00:48:17mais c'est sous l'effet
00:48:18de la colère
00:48:19de la peine
00:48:20malgré tout
00:48:21ce dérapage va lui coûter très cher
00:48:23il n'a jamais regretté de l'avoir dit
00:48:25par contre il a très vite mesuré
00:48:26que ça allait faire des dégâts
00:48:28pour sa vie
00:48:28ce coup de sang
00:48:31ne passe pas du tout
00:48:31auprès des anciens combattants
00:48:33une semaine plus tard
00:48:35alors que le chanteur
00:48:36est invité en direct
00:48:37chez Michel Drucker
00:48:38les vétérans
00:48:39tentent de bloquer l'émission
00:48:40et c'est là
00:48:42qu'il a
00:48:43diplomatiquement
00:48:45revenu
00:48:46un petit peu
00:48:47sur ce qu'il a dit directement
00:48:49mais aussi
00:48:50qu'il a dit
00:48:50que voilà
00:48:51des gens qui honneurent la guerre
00:48:53c'est pas pour lui
00:48:54ce que j'ai dit ce jour-là
00:48:56était exclusivement
00:48:57et très clairement
00:48:57adressé
00:48:58à ceux qui souhaitent
00:49:00à la jeunesse actuelle
00:49:01comme ils disent
00:49:02une bonne guerre
00:49:03pour qu'elle l'apprenne à vivre
00:49:05alors si ceux-là
00:49:07ont pris ses propos pour eux
00:49:08je leur dis encore ce soir
00:49:10ils ont eu bien raison
00:49:10cela dit pour les autres
00:49:12quand je dis les autres
00:49:13je parle des déportés
00:49:14ou des gens
00:49:16qui se sont battus
00:49:17qui ont résisté
00:49:18pour leur liberté
00:49:19voire pour la nôtre d'ailleurs
00:49:20alors si ce jour-là
00:49:21ma manière de
00:49:23de m'exprimer
00:49:24a fait qu'ils se sont sentis
00:49:25visés par mes propos
00:49:26ça je le regrette
00:49:27pour certains
00:49:28ces excuses en demi-teinte
00:49:30ne suffisent pas
00:49:31plusieurs dates de sa tournée
00:49:32sont annulées
00:49:33lors de son passage
00:49:34à Marseille
00:49:35les anciens paras
00:49:36menacent à nouveau
00:49:37d'interrompre le concert
00:49:38avec des positions
00:49:41de plus en plus tranchées
00:49:42Balavoine devient aussi
00:49:44de plus en plus clivant
00:49:45mon engagement
00:49:46il est comme ça
00:49:47il est naturel
00:49:48c'est-à-dire que le chanteur
00:49:49engagé communiste
00:49:50ne dérange que les gens de droite
00:49:51et le chanteur engagé de droite
00:49:52ne dérange que les gens de gauche
00:49:54moi je dérange un peu tout le monde
00:49:55cet engagement
00:49:56son besoin de lutter
00:49:58contre les injustices
00:49:59le chanteur le cultive
00:50:00depuis son plus jeune âge
00:50:01au départ
00:50:03rien ne le prédestinait
00:50:04à devenir une star
00:50:05nous sommes en 68
00:50:07Balavoine est adolescent
00:50:09la révolte des étudiants gronde
00:50:11comme beaucoup de jeunes
00:50:12il descend dans la rue
00:50:14et s'enivre du combat politique
00:50:15à cette époque
00:50:17il envisage même
00:50:18de devenir député
00:50:19moi je voulais faire des études
00:50:20j'avais déjà presque fixé
00:50:22de faire le droit
00:50:23à sciences politiques
00:50:24et des trucs comme ça
00:50:24mais ça m'est passé
00:50:27je me suis soigné après
00:50:27parce que j'ai été déçu
00:50:29en voyant arriver
00:50:29les soi-disant révolutionnaires
00:50:31qui venaient me tenir
00:50:31finalement le même genre
00:50:32de discours
00:50:33que les hommes politiques
00:50:34de l'époque
00:50:34ça m'a complètement démobilisé
00:50:36et puis il a découvert
00:50:37Bob Dylan
00:50:38et d'un seul coup
00:50:38il a compris
00:50:39qu'il y avait quelque chose
00:50:40de bien plus fort
00:50:41que de faire de la politique
00:50:43c'était de faire du rock
00:50:45c'est décidé
00:50:48ces messages
00:50:49ne seront pas ceux
00:50:50qu'il fera passer
00:50:51avec des discours
00:50:51du haut d'une tribune
00:50:52mais sur scène
00:50:54via ses chansons
00:50:55il n'était pas sur scène
00:50:56pour être admiré
00:50:57ils ont foutu de ça
00:50:59il était sur scène
00:51:00pour dire
00:51:00ce qui le préoccupait
00:51:03et tenter avec les autres
00:51:04de faire en sorte
00:51:05que ça change
00:51:06avec son visage de poupon
00:51:08son physique rondouillard
00:51:09Balavoine est loin
00:51:10de correspondre
00:51:11aux sex symboles
00:51:12de l'époque
00:51:12comme Johnny Hallyday
00:51:13ou Mike Brandt
00:51:15quant à sa voix étrange
00:51:16elle divise
00:51:17on avait trois octaves
00:51:19avec Daniel
00:51:20trois octaves
00:51:20je veux dire
00:51:21ça commence à être costaud
00:51:22ça fait
00:51:23et on montait
00:51:28encore au dessus
00:51:29ça impressionnait
00:51:30mais une rencontre
00:51:32déterminante
00:51:33va tout changer
00:51:34Patrick Juvet
00:51:35l'une des vedettes
00:51:36de l'époque
00:51:37bélâtre romantique
00:51:38à la crinière dorée
00:51:39enfermé dans son image
00:51:41de tombeur
00:51:41Juvet est avant tout
00:51:43un musicien hors pair
00:51:44ce qui les réunit
00:51:45avec Balavoine
00:51:46c'est leur voix
00:51:47l'icône du futur
00:51:52Tube I Love America
00:51:53emploie les frères
00:51:54Balavoine comme choristes
00:51:55cette collaboration
00:51:57démarre de façon explosive
00:51:58il commence la répétition
00:52:00Juvet est devant le micro
00:52:02et tout d'un coup
00:52:02il y a un gars
00:52:03qui hurle derrière
00:52:04et qui dit
00:52:04mais qu'est-ce que c'est
00:52:05que ce bordel
00:52:06vous y arriverez jamais
00:52:08c'est nul
00:52:09et tout
00:52:09alors Juvet se retourne
00:52:11alors Balavoine
00:52:12s'avance
00:52:13et explique
00:52:14à Juvet
00:52:15voilà il faut faire ça
00:52:16les danseuses
00:52:17doivent en faire ça
00:52:17montrer à tel moment
00:52:18les chœurs doivent faire ça
00:52:19l'éclairage ça
00:52:21tout ce qu'il disait
00:52:22était génial
00:52:23et Juvet fait
00:52:24bon ben écoutez
00:52:25on va faire exactement
00:52:25ce que vous voulez
00:52:26et le soir le gala
00:52:27est un énorme succès
00:52:29de cette collaboration
00:52:30n'est une réelle amitié
00:52:32Juvet
00:52:33Juvet très admiratif
00:52:34de la voix de la voix
00:52:35va lui donner
00:52:35va lui donner sa chance
00:52:36en lui faisant jouer un titre
00:52:38sur son album
00:52:38Chrysalide
00:52:39quelqu'un d'inconnu
00:52:40qui chante sur le disque
00:52:41déjà d'une vedette
00:52:42alors ça c'est inhabituel
00:52:44en écoutant le disque
00:52:46une personne le remarque
00:52:47c'est Léo Missir
00:52:48le bras droit d'Eddie Barclay
00:52:50l'une des figures
00:52:51les plus importantes
00:52:52du showbiz à cette époque
00:52:53Léo Missir
00:52:56lui a dit
00:52:56mais vous voulez quoi
00:52:57pour signer avec nous
00:52:58il réfléchit
00:52:59et il lui dit
00:53:00écoutez moi
00:53:00je veux trois albums garantis
00:53:02je veux choisir mes musiciens
00:53:03choisir mes chansons
00:53:04choisir mon studio
00:53:05je veux être maître de tout
00:53:06alors à l'époque
00:53:07un gars inconnu
00:53:08qui vous disait ça
00:53:09vous le foutiez à la porte
00:53:11allez savoir pourquoi
00:53:12le directeur artistique
00:53:14dit ben écoutez
00:53:15je suis d'accord
00:53:15on regarde
00:53:16on écoute
00:53:17on voit
00:53:17et
00:53:18on espère avoir
00:53:20le nez nécessaire
00:53:21et l'instinct nécessaire
00:53:22pour avoir découvert
00:53:23découvert le talent
00:53:24il croyait dur
00:53:25comme un fer
00:53:26et après
00:53:26il n'a plus lâché du tout
00:53:28le 29 mai 1977
00:53:30son premier passage
00:53:31télévisé en solo
00:53:32pour interpréter
00:53:33sa chanson
00:53:33Lady Marlène
00:53:34va lui donner raison
00:53:35Lady Marlène
00:53:40toi tu t'endors
00:53:43de l'autre côté
00:53:46Lady Marlène
00:53:51ce n'est pas encore
00:53:59ce n'est pas encore
00:53:59le Daniel Balavoine
00:53:59qu'on connaît
00:54:00fougueux
00:54:01et déchaîné sur scène
00:54:02mais sa prestation
00:54:03marque les esprits
00:54:04et je vois un gars
00:54:07qui ressemble à rien
00:54:09pas spécialement
00:54:10très beau
00:54:11des cheveux hirsut
00:54:12mal habillé
00:54:13je me dis
00:54:13qu'est-ce que c'est que ça
00:54:14et puis de tout à coup
00:54:14il ouvre la bouche
00:54:16et là
00:54:17frisson
00:54:18derrière l'écran de télé
00:54:24François Elkier
00:54:25n'est pas le seul
00:54:25à être impressionné
00:54:26deux stars de l'époque
00:54:28sont aussi particulièrement
00:54:29frappées par cette voix
00:54:30exceptionnelle
00:54:31leur nom
00:54:32France Gall
00:54:33et Michel Berger
00:54:34l'artiste
00:54:35qui vient d'écrire
00:54:36avec l'auteur québécois
00:54:37Luc Plamondon
00:54:37leur prochain opéra rock
00:54:38Starmania
00:54:39cherche encore
00:54:40l'un de ses rôles principaux
00:54:41c'est France Gall
00:54:44qui a dit à Michel
00:54:44tu cherches un Johnny Roquefort
00:54:46tu l'as là
00:54:47c'est lui
00:54:48Daniel me dit
00:54:49Michel Berger
00:54:50m'a téléphoné
00:54:51et il m'a dit
00:54:51je fais une comédie musicale
00:54:54pour dans deux ans
00:54:55je vous recontacterai
00:54:56et il a été de parole
00:54:58je m'appelle
00:54:59Johnny Roquefort
00:55:01je suis né dans la bande
00:55:04au lieu nord
00:55:05j'ai grandi sur les comptoirs
00:55:07j'ai pas choisi
00:55:09d'être un honneur
00:55:11Daniel Balavoine
00:55:13incarne le chef
00:55:14d'une bande de voyous
00:55:14de la banlieue nord
00:55:15ce rôle
00:55:16le révèle définitivement
00:55:18comme un artiste de scène
00:55:19Starmania pour moi
00:55:24c'est ce qui a permis
00:55:25à l'oiseau
00:55:26Daniel Balavoine
00:55:27de s'envoler
00:55:27des tubes intemporels
00:55:29qui participent
00:55:30dès le départ
00:55:30au succès du double album
00:55:32à sa sortie
00:55:33en octobre 1978
00:55:34quand le spectacle
00:55:44débute un an plus tard
00:55:45au palais des sports
00:55:46c'est désormais
00:55:48une star
00:55:48qui rentre en scène
00:55:49en parallèle
00:55:53Daniel Balavoine
00:55:54a sorti le morceau
00:55:55celui qui a tout changé
00:55:56ce dernier titre
00:55:58raconte l'histoire
00:55:58d'un artiste déchu
00:56:00sur trois notes
00:56:01de Mélotron
00:56:02l'un des premiers
00:56:03s'en pleure
00:56:03Balavoine se présente
00:56:05d'une façon
00:56:05un peu étrange
00:56:06il ne s'appelle
00:56:07plus Daniel
00:56:081978 c'est réellement
00:56:21un tournant
00:56:21c'était vraiment
00:56:22le début de la gloire
00:56:23le chanteur
00:56:23en quelques semaines
00:56:25l'album se vend
00:56:25à plus de 800 000 exemplaires
00:56:27après dix ans de galère
00:56:29pour Balavoine
00:56:30c'est enfin la consécration
00:56:31le succès du chanteur
00:56:33en même temps
00:56:34que son succès
00:56:35avec Starmania
00:56:36puisque les deux se passent
00:56:37en même temps
00:56:38ça l'établit
00:56:39il va pouvoir
00:56:40enfin se donner
00:56:41les moyens
00:56:42de ses ambitions
00:56:43comme travailler
00:56:44avec les plus grands musiciens
00:56:45de son époque
00:56:46Andy Scott
00:56:47le célèbre ingénieur
00:56:48du son anglais
00:56:49ou Joe Hammer
00:56:50le batteur de renom américain
00:56:52premier contact
00:56:53avec Balavoine
00:56:55c'était un disque
00:56:56d'Alan Bashung
00:56:57en 1977
00:57:00Daniel faisait
00:57:01des chœurs
00:57:02c'est là
00:57:02j'ai rencontré
00:57:03le papillon
00:57:04Balavoine
00:57:05va pouvoir
00:57:06étendre ses ailes
00:57:07et voler
00:57:07à partir de là
00:57:08et il va pouvoir
00:57:09revendiquer
00:57:10ses idées
00:57:11à la fois
00:57:11ses idées musicales
00:57:12politiques
00:57:13philosophiques
00:57:14le chanteur
00:57:15est définitivement
00:57:16en marche
00:57:16incroyablement
00:57:17c'est qu'une même
00:57:18rien ne va pouvoir
00:57:20l'arrêter
00:57:21et la jeunesse française
00:57:22va le suivre
00:57:23alors je dis
00:57:25oh oh oh
00:57:27je t'en donne le chat
00:57:29aujourd'hui
00:57:32si le succès
00:57:33de ses chansons
00:57:33ne se dément pas
00:57:34c'est avant tout
00:57:35pour la beauté
00:57:36et la modernité
00:57:36de ses mélodies
00:57:37mais pas seulement
00:57:38pour le journaliste
00:57:40Claude Sérillon
00:57:40qui a interviewé
00:57:41plusieurs fois
00:57:42le chanteur
00:57:43ses paroles engagées
00:57:44sont toujours d'actualité
00:57:45c'est la grande valeur
00:57:46de ce qu'il a laissé
00:57:48je ne suis pas un héros
00:57:49le fait que
00:57:51c'est pas parce qu'il est chanteur
00:57:52c'est pas parce qu'il est connu
00:57:53comme ça
00:57:54qu'il doit être considéré
00:57:54comme un héros
00:57:55regardez aujourd'hui
00:57:56j'ai l'impression
00:57:57quelquefois
00:57:58que le journaliste
00:57:59qui interroge l'artiste
00:58:00il est plus important
00:58:00que l'artiste
00:58:01il a parlé de choses
00:58:02qui traversent les générations
00:58:04mon fils ma bataille
00:58:05ça traverse les générations
00:58:07plus que de faire passer un message
00:58:33le chanteur cherche avant tout
00:58:34à traduire une émotion
00:58:35je fais des textes engagés
00:58:37pour des sentiments
00:58:38souvent divergents
00:58:39parfois même paradoxaux
00:58:40c'est-à-dire contradictoires
00:58:41et ça me fait pas de soucis
00:58:42touchée par l'émotion
00:58:44que dégagent ces chansons
00:58:45la jeunesse se reconnaît aussi
00:58:47dans les engagements de l'artiste
00:58:49en 1985
00:58:50en prise avec les dangers
00:58:52qui guettent la société française
00:58:53de l'époque
00:58:54Daniel Balavoine s'inquiète
00:58:56de la montée du parti
00:58:57d'extrême droite
00:58:57de Jean-Marie Le Pen
00:58:58sur le point d'entrée
00:59:00à l'Assemblée nationale
00:59:01son indignation
00:59:03il va la partager
00:59:04en octobre de la même année
00:59:06dans l'une de ses chansons
00:59:07d'amour les plus célèbres
00:59:08un hymne à la diversité
00:59:10l'Aziza
00:59:11l'Aziza c'est la chanson
00:59:15qu'il écrit donc
00:59:17pour sa nouvelle compagne
00:59:19Corinne Barcessa
00:59:20juive marocaine
00:59:21donc oui l'Aziza
00:59:22évidemment à ce moment-là
00:59:24c'est devenu un hymne
00:59:26et c'est une des chansons
00:59:27les plus emblématiques
00:59:28des années 80
00:59:29pour combattre les idées xénophobes
00:59:46et antisémites
00:59:47Balavoine veut éveiller les consciences
00:59:49invité par Philippe Gildas
00:59:50en novembre 85
00:59:51sur Canal+,
00:59:52c'est ce qu'il va tenter de faire
00:59:54avec un téléspectateur
00:59:55vous allez vous asseoir
00:59:56je voudrais poser une question
00:59:58à monsieur Balavoine
00:59:59quel pense-t-il du racisme en France
01:00:01et les arabes
01:00:02bon moi personnellement
01:00:03j'en ai marre
01:00:04je vais vous dire quelque chose
01:00:05il faut savoir qu'à l'époque
01:00:06où c'était l'euphorie économique
01:00:08dans les pays européens
01:00:09y compris en France
01:00:10ça arrangeait bien
01:00:11les exploiteurs de main d'oeuvre
01:00:13de faire rentrer
01:00:14de la main d'oeuvre moins chère
01:00:16et le chômage
01:00:17qui a lieu aujourd'hui
01:00:18et tous les problèmes
01:00:19qui ont lieu aujourd'hui
01:00:19ne sont pas dus
01:00:20à la présence des maghrébins
01:00:21ou des noirs
01:00:23ou des jaunes
01:00:23ou de tout ce que vous voulez
01:00:24en France mais est dû à des enfoirés
01:00:26qui portent souvent le nom
01:00:27c'est vrai de patronat
01:00:28ou de gens d'extrême droite
01:00:29qui ont exploité les races
01:00:31dans cette lutte
01:00:32ce qui reste le plus important
01:00:34pour lui
01:00:34c'est avant tout
01:00:35de rassembler
01:00:36moi je suis un peu agacé
01:00:37par tous les gens
01:00:38qui disent depuis un an
01:00:38je suis contre le racisme
01:00:39je suis contre le pen
01:00:40je suis que tout le monde
01:00:41est contre quelque chose
01:00:42qui est pas bien
01:00:42et la ziza c'est l'inverse
01:00:43c'est dire moi je suis pour les arabes
01:00:45un engagement
01:00:45qui ne s'arrête pas
01:00:46aux portes des plateaux
01:00:47de télévision
01:00:48militant pour l'association
01:00:49SOS Racisme
01:00:50le chanteur s'implique
01:00:51personnellement sur le terrain
01:00:53il était à touche pas à mon pote
01:00:54en citoyen tout à fait banal
01:00:56il allait coller les affiches
01:00:58comme tout le monde
01:00:59il n'était là que pour exprimer
01:01:01ce dont il était indigné
01:01:03ce dont il était heureux
01:01:04ce qu'il souhaitait faire
01:01:05de moins pire ou de mieux
01:01:07c'était ça
01:01:08sa vie
01:01:09cette indignation face aux injustices
01:01:13il la partage avec la star
01:01:14de la subversion de l'époque
01:01:16son ami Coluche
01:01:17le chanteur participe
01:01:20à la campagne de lancement
01:01:21des Restos du Chœur
01:01:22il en devient le parrain
01:01:24tu tournes ?
01:01:25ça a très bien marché
01:01:26alors voilà ce qu'on a fait
01:01:27ce jour là
01:01:28sur Europe 1
01:01:29Coluche a réuni
01:01:30toutes les associations caritatives
01:01:32qui luttent contre la faim
01:01:33et plusieurs artistes
01:01:35pour lever des fonds
01:01:35pour l'association
01:01:36bon je défile des briques
01:01:38ça va une des briques
01:01:40voilà
01:01:42s'il faut donner 10 balles
01:01:47il faut donner 10 balles
01:01:48c'est pas important
01:01:49il a l'impression aux gens
01:01:51qu'ils donnent pas beaucoup
01:01:51qu'ils donnent rien
01:01:52celui qui donne 10 balles
01:01:54il donne beaucoup
01:01:54celui qui donne 5 francs
01:01:55il donne la moitié leur pas
01:01:56c'est déjà pas normal
01:01:57non non c'est pas un histoire
01:01:59raté raté déconné pas
01:02:00merci
01:02:02à Michel Colucy
01:02:03d'avoir eu cette idée
01:02:05de toute façon
01:02:05c'est pas la première bonne
01:02:06qu'il a
01:02:07et c'est pas la dernière
01:02:08sûrement
01:02:08autant il y a des lanceurs d'alerte
01:02:11il y a des éveilleurs
01:02:12et c'est souvent des artistes
01:02:13qui jouent le rôle comme ça
01:02:14Colucy l'a fait
01:02:15sur le ton comique
01:02:16alors que Daniel
01:02:18l'a toujours fait
01:02:19avec ses convictions
01:02:20à l'emporte-pioce
01:02:22quelquefois
01:02:22et son terrain d'action
01:02:24ne va pas se limiter
01:02:25à la France
01:02:25avec l'échec
01:02:27des grandes idéologies
01:02:28politiques du 20ème siècle
01:02:29les années 80
01:02:30voient le développement
01:02:31de l'humanitaire
01:02:32et les ONG
01:02:34se multiplient
01:02:34un humanitaire
01:02:36parfois spectacle
01:02:37qui met en place
01:02:38des actions d'urgence
01:02:39comme le concert
01:02:40du live-ed
01:02:40à Wembley
01:02:41qui réunit
01:02:42la famille royale
01:02:43et les plus grandes stars
01:02:44du rock
01:02:44pour sauver l'Ethiopie
01:02:46de la famine
01:02:46les années 80
01:02:47c'est band-aid
01:02:49c'est live-aid
01:02:50c'est les concerts
01:02:51pour la libération
01:02:51de Nelson Mandela
01:02:53CSOS Racisme
01:02:55vous voyez
01:02:55c'est toute cette ambiance
01:02:57inspiré par le modèle
01:02:58anglo-saxon
01:02:59du chanteur Bob Geldof
01:03:00le créateur du live-ed
01:03:01Daniel Balavoine
01:03:03Michel Berger
01:03:04et France Gall
01:03:05décident de poursuivre
01:03:06cette action humanitaire
01:03:07en France
01:03:08l'association
01:03:09qui s'adresse
01:03:09avant tout aux jeunes
01:03:10s'appellera
01:03:11Action École
01:03:12en remplissant ces sacs
01:03:13Action École
01:03:14vous pouvez sauver
01:03:16des vies en Afrique
01:03:17en Afrique
01:03:18il y a des millions d'enfants
01:03:20qui souffrent
01:03:21de malnutrition
01:03:22ou qui vont peut-être
01:03:23mourir cette année
01:03:23pour collecter de l'argent
01:03:25et envoyer de la nourriture
01:03:26dans les pays souffrant
01:03:27de la famine
01:03:28et la sécheresse
01:03:28l'association
01:03:29de chanteurs sans frontières
01:03:30organise le 13 octobre
01:03:321985
01:03:33un immense concert
01:03:35à la Courneuve
01:03:35les chanteurs sans frontières
01:03:42sont un peu déçus
01:03:44leur concert
01:03:45pour l'Ethiopie
01:03:45cet après-midi
01:03:46à la Courneuve
01:03:47n'a pas attiré
01:03:48autant de public
01:03:49qu'il l'espérait
01:03:5020 à 25 000 personnes
01:03:51tout au plus
01:03:52alors qu'on en attendait
01:03:54150 000
01:03:55Balavoine
01:03:58compte bien
01:03:58poursuivre son action
01:03:59le déclic
01:04:01de son engagement
01:04:01humanitaire
01:04:02c'est en Afrique
01:04:03qu'il naît
01:04:04nous sommes en 83
01:04:06cette année là
01:04:07Daniel Balavoine
01:04:08passionné d'auto
01:04:09a décidé de participer
01:04:10pour la première fois
01:04:11à la course du Paris-Dakar
01:04:13mal préparé
01:04:14il abandonne
01:04:15mais c'est une course
01:04:16qu'il faut essayer
01:04:16de faire intelligemment
01:04:17c'est à dire
01:04:18en oubliant
01:04:19d'arriver le premier
01:04:20mais beaucoup pensaient
01:04:21à arriver jusqu'au bout
01:04:22mais cela lui permet
01:04:23de découvrir
01:04:24une autre réalité
01:04:25de l'Afrique
01:04:25il traverse l'Afrique
01:04:27et il voit la misère
01:04:29ça l'avait choqué
01:04:30et donc il s'est engagé
01:04:31engagé
01:04:32mais pas en disant
01:04:33je suis un chanteur engagé
01:04:35non
01:04:35c'était sentimental
01:04:37de cet électrochoc
01:04:39naît l'un de ses albums
01:04:40les plus engagés
01:04:41loin des yeux
01:04:42de l'Occident
01:04:43celui qui se fait
01:04:50le chantre
01:04:51des causes humanitaires
01:04:52est vivement critiqué
01:04:53pour sa participation
01:04:54à la course
01:04:55pour une partie
01:04:56de la presse de gauche
01:04:57le rallye
01:04:57n'est qu'une foire
01:04:58au sponsor
01:04:58le théâtre d'accidents mortels
01:05:00touchant le plus souvent
01:05:01les populations locales
01:05:03l'Afrique affamée
01:05:04devenant un terrain
01:05:04de jeu indécent
01:05:05pour des pilotes européens
01:05:06en mal d'aventure
01:05:07la première fois
01:05:09que tu as participé
01:05:09à ce rallye
01:05:10tu l'as fait comme ça
01:05:11sur un pari
01:05:11un coup de tête
01:05:12pour t'amuser
01:05:13pour faire de la pub
01:05:14ou c'était vraiment une...
01:05:15comme je dis toujours
01:05:16si c'est pour se faire de la pub
01:05:17c'est plus facile
01:05:18de montrer son cul
01:05:18sur la place de la Concorde
01:05:19que de traverser le désert
01:05:20c'est beaucoup moins inconfortable
01:05:22donc ça prend 30 secondes
01:05:23de baisser son froc
01:05:24et ça prend 20 jours
01:05:25de faire le pari Dakar
01:05:26avec de la poussière
01:05:26du sable
01:05:27de la chaleur
01:05:27de l'inconfort
01:05:28peu importe les critiques
01:05:30Balavoine désinvolte
01:05:32suit sa route
01:05:32avec l'idée naissante
01:05:34d'aider les populations
01:05:35c'est-à-dire de partir
01:05:37avec au moins
01:05:38chaque concurrent
01:05:39on pourrait partir
01:05:40avec quelque chose
01:05:41ça a l'air anodin
01:05:41comme ça
01:05:42on pourrait partir
01:05:42avec des boîtes
01:05:43de médicaments
01:05:43ou des choses
01:05:44et les amener là-bas
01:05:45au moins sur le territoire
01:05:46ça serait un voyage gratuit
01:05:47pour des médicaments
01:05:48ou de l'éventuel nourriture
01:05:49en 1985
01:05:51avec son ami
01:05:52le journaliste
01:05:53Jean-Luc Roy
01:05:53le chanteur
01:05:54s'apprête à participer
01:05:55pour la deuxième fois
01:05:56à la course du Paris-Dakar
01:05:58moi je m'appelle
01:05:59Balavoine
01:05:59je suis navigateur
01:06:01et pilote
01:06:03et lui ?
01:06:03et moi je m'appelle
01:06:04Jean-Luc Roy
01:06:05je suis pilote
01:06:06et navigateur
01:06:06j'ai toute confiance en lui
01:06:07il tourne pas mal
01:06:09on a regardé
01:06:10la voiture de près
01:06:10je sais qu'il conduit très bien
01:06:12il a l'habitude
01:06:12de conduire des voitures rapides
01:06:13très rapides
01:06:14même peut-être trop rapides
01:06:15mais en fait
01:06:16ça marche avec des pièces
01:06:17et en fait
01:06:17j'ai une totale confiance en lui
01:06:19d'ailleurs Balavoine
01:06:20vous avez confiance
01:06:21j'en lui crois
01:06:22pas du tout moi par contre
01:06:23dès qu'il y avait un petit fil
01:06:24à tirer
01:06:25pour tourner une situation
01:06:26en dérision
01:06:27ou la rendre drôle
01:06:28il le faisait
01:06:29on peut faire des choses
01:06:30sérieusement
01:06:31tout en rigolant
01:06:32donc c'est exactement
01:06:33ce qu'on s'est appliqué à faire
01:06:34quels espoirs
01:06:35d'arriver d'abord
01:06:37et d'arriver bien classé ensuite
01:06:40et donc quand on y est
01:06:41retourné en 1985
01:06:42c'est vrai que sur la route
01:06:43par exemple
01:06:43on avait souvent
01:06:44parfois des femmes
01:06:45ou des enfants
01:06:46qui nous demandaient à boire
01:06:47ils souffraient en gros
01:06:48du manque d'eau
01:06:49pas seulement pour boire
01:06:50mais pour irriguer des périmètres
01:06:52et si on arrivait à exploiter
01:06:53le fleuve Niger
01:06:54de manière pérenne
01:06:55et de manière efficace
01:06:56et bien on aurait de quoi
01:06:57nourrir toute l'Afrique de l'Ouest
01:06:58Jean-Luc Roy et Daniel Balavoine
01:07:00finissent seulement 30ème
01:07:02mais l'idée d'installer des pompes hydrauliques
01:07:04est née dans l'esprit du chanteur
01:07:06et dans celui de Thierry Sabine
01:07:07l'organisateur du rallye
01:07:09indissociable de la course
01:07:10pour les pilotes
01:07:11comme pour les journalistes
01:07:12c'est une figure emblématique
01:07:14leur boussole dans le désert
01:07:16Patrick Chen
01:07:17jeune journaliste
01:07:18qui couvre la course
01:07:18pour la première fois en 1986
01:07:20est marqué par le personnage
01:07:22Thierry Sabine c'est un guide
01:07:23qui a risque naturel
01:07:25ahurissant
01:07:26la combinaison blanche
01:07:27le chèche
01:07:28ça donne tout de suite de l'allure
01:07:29le guide, le petit prince
01:07:30et je pense qu'il y a 80% des gens
01:07:32qui viennent pour suivre
01:07:33Thierry Sabine
01:07:34dans le désert
01:07:35c'est un phénomène
01:07:37assez incroyable humainement
01:07:38c'est rare des gens comme ça
01:07:39c'était notre
01:07:40notre messie
01:07:41c'est lui qui avait
01:07:42établi le roadbook
01:07:43donc c'est lui qui nous
01:07:44faisait un briefing le matin
01:07:45et nous disait
01:07:46attention à ci
01:07:47attention à ça
01:07:47là cet endroit c'est délicat
01:07:49donc les difficultés restent entières
01:07:51ça rassurez-vous là-dessus
01:07:53on vous a pas
01:07:53morcelé la difficulté
01:07:55et ensuite avec son hélico
01:07:57il était au-dessus de l'épreuve
01:07:59et ça lui permettait
01:08:00justement de voir
01:08:00quand certains s'égaraient trop
01:08:02il les ramenait naturellement
01:08:03dans le droit chemin
01:08:04ça lui permettait
01:08:04d'intervenir sur les accidents
01:08:06malheureusement
01:08:07il y en avait beaucoup
01:08:07c'était notre gardien
01:08:09en fait
01:08:09c'était notre protecteur
01:08:10aussi adulé que Haï
01:08:12par ses détracteurs
01:08:12qui ne voient en lui
01:08:13qu'un personnage autoritaire
01:08:14et calculateur
01:08:15Thierry Sabine
01:08:16est une figure controversée
01:08:18lui qui connaît très bien
01:08:20le terrain
01:08:20et les populations locales
01:08:22apparaît malgré tout
01:08:23comme un atout majeur
01:08:24pour la réussite
01:08:25de l'action Paris-Dakar
01:08:26Paris du coeur
01:08:27l'idée de Paris-Dakar
01:08:28Paris du coeur
01:08:29c'était de pouvoir faire
01:08:30un projet
01:08:31qui serve directement
01:08:32les populations
01:08:33un projet qu'on puisse suivre
01:08:35sur plusieurs années
01:08:36et pouvoir donner
01:08:38aux populations
01:08:38des outils
01:08:39pour qu'ils puissent
01:08:40s'en sortir eux-mêmes
01:08:41pour livrer
01:08:42200 pompes d'irrigation
01:08:43au Sénégal
01:08:44au Niger
01:08:45et au Mali
01:08:45la mission humanitaire
01:08:47compte s'appuyer
01:08:48sur la logistique
01:08:49de la course
01:08:49un an plus tard
01:08:51le 6 janvier 1986
01:08:53Balavoine rejoint
01:08:54l'équipe du rallye
01:08:56cette fois-ci
01:08:56ce n'est pas
01:08:57en tant que pilote
01:08:58en fait il était venu
01:08:59sur le rallye
01:09:00Paris-Dakar
01:09:01pour pouvoir vérifier
01:09:03avec ses propres yeux
01:09:04que le matériel
01:09:05allait vraiment
01:09:05aux populations
01:09:06tous les gens
01:09:07dans un moment
01:09:09de leur vie
01:09:09ont envie
01:09:10de faire quelque chose
01:09:11et je crois
01:09:12que c'est quand on a envie
01:09:13qu'il faut les faire
01:09:13parce que
01:09:14peut-être que dans un an
01:09:15ou dans deux ans
01:09:16je n'aurais plus envie
01:09:16pour diverses raisons
01:09:17je ne sais pas
01:09:18parce que je
01:09:18devant l'impuissance
01:09:20parce que c'est une goutte d'eau
01:09:21dans le désert
01:09:22ce jour-là
01:09:22l'installation
01:09:23de la première pompe
01:09:24à Agadez
01:09:24est un succès
01:09:25mais la suite de la mission
01:09:26ne va pas se passer
01:09:27comme prévu
01:09:28cette année-là
01:09:29le trajet de la 8e édition
01:09:31de la course
01:09:31est extrêmement difficile
01:09:33sur plus de 15 000 km
01:09:35en 18 étapes
01:09:36les participants
01:09:36partent de France
01:09:37pour traverser
01:09:38l'Algérie
01:09:39le Niger
01:09:40le Mali
01:09:40la Guinée
01:09:41la Mauritanie
01:09:41et le Sénégal
01:09:42Thierry chaque année
01:09:44essayait de hausser
01:09:45un petit peu
01:09:46la difficulté
01:09:46souvent des étapes
01:09:48de 500, 600, 700 km
01:09:49c'est énorme
01:09:50et donc la présence
01:09:51du vent de sable
01:09:52notamment dans le Ténéré
01:09:53encore une fois
01:09:53venait brouiller les pistes
01:09:55ces mauvaises conditions
01:09:56climatiques
01:09:57ont bien failli
01:09:58emporter quelques jours
01:09:59auparavant
01:09:59le pilote de l'hélicoptère
01:10:01d'Antenne 2
01:10:01et les trois journalistes
01:10:03trop nombreux à bord
01:10:04beaucoup d'émotion
01:10:04pendant un temps
01:10:05puisqu'on a appris
01:10:05que l'hélicoptère
01:10:08qui transportait
01:10:08l'équipe d'Antenne 2
01:10:09s'était craché
01:10:10heureusement
01:10:11nos amis
01:10:12vont bien
01:10:13Jean-Louis
01:10:14c'était votre tour
01:10:14d'être dans l'hélico
01:10:15aujourd'hui
01:10:15pour une grosse frayeur
01:10:17oui c'est vrai
01:10:17une grosse frayeur
01:10:18mais vous inquiétez pas
01:10:19tout va bien
01:10:20tout va très bien
01:10:20le pilote
01:10:21n'est pas du tout confirmé
01:10:22mais tout le monde
01:10:23s'en sort bien
01:10:23miracle absolu
01:10:25désormais
01:10:26il ne reste qu'un hélicoptère
01:10:27pour couvrir la course
01:10:29et secourir les participants
01:10:30victimes d'accidents graves
01:10:32Balavoine
01:10:33devra attendre encore un peu
01:10:34avant d'effectuer
01:10:35son premier vol
01:10:36avec son ami
01:10:36le 14 janvier 86
01:10:38il est 4h du matin
01:10:40quand débute la 14ème étape
01:10:42de la course au Mali
01:10:43un trajet compliqué
01:10:44sur presque 850 kilomètres
01:10:46entre Niamey et Gourmar Arous
01:10:48avec un point d'étape à Gao
01:10:49et donc Thierry
01:10:50cette année là
01:10:51et a décidé
01:10:52pour la première fois
01:10:53dans le Dakar
01:10:54de scinder l'étape en deux
01:10:55pour justement
01:10:56compter les concurrents
01:10:57qui vont être capables
01:10:57de sortir de cette demi-étape
01:10:58avant de les lâcher
01:10:59après vers Gourmar Arous
01:11:00ce jour-là justement
01:11:02lorsque les participants
01:11:03se réveillent
01:11:04un vent de sable violent
01:11:05s'est levé
01:11:06en marge de la course
01:11:07pour Balavoine
01:11:08et l'équipe des Paris du Coeur
01:11:09c'est aussi une contrainte
01:11:11il y a tellement
01:11:12de difficultés de navigation
01:11:13le matin
01:11:14et il y a beaucoup
01:11:14de repères visuels
01:11:15ils vont d'un village
01:11:16à un village
01:11:17d'un puits
01:11:17à un puits
01:11:18etc
01:11:18sans repères visuels
01:11:19impossible de s'orienter
01:11:21or un rendez-vous
01:11:22particulièrement important
01:11:24attend la mission humanitaire
01:11:25donc le 14 janvier au matin
01:11:27il y avait une réunion
01:11:28qui était très importante
01:11:29qui concernait
01:11:29l'implantation
01:11:30des pompes à eau
01:11:31pour la région de Gao
01:11:32une réunion
01:11:33avec le gouverneur
01:11:35qui était un militaire
01:11:36et toutes les autorités
01:11:38locales et villageoises
01:11:40c'est la plus grosse opération
01:11:42de Paris-Dakar
01:11:42Paris du Coeur
01:11:43une trentaine de villages
01:11:45doivent recevoir
01:11:46les pompes hydrauliques
01:11:47le long du fleuve Niger
01:11:48Daniel était un peu anxieux
01:11:50de savoir
01:11:51comment allait être
01:11:52géré le matériel
01:11:53dès le matin
01:11:54on a pris l'avion
01:11:55on avait été
01:11:56très chahutés
01:11:58dans les avions
01:11:59ça bougeait
01:12:00en fin de matinée
01:12:01ils arrivent à Gao
01:12:02on est tombé
01:12:03sur un gouverneur
01:12:04qui nous a confirmé
01:12:06la manière
01:12:06dont allaient être
01:12:08exploités
01:12:08les pompes à eau
01:12:09par les villageois
01:12:10uniquement
01:12:11le chanteur est soulagé
01:12:13la mission s'est bien déroulée
01:12:14et la veille
01:12:15il a aussi reçu
01:12:16de bonnes nouvelles
01:12:17depuis Paris
01:12:18il était content
01:12:18de nous annoncer
01:12:19que la ZISA
01:12:19était disque d'or
01:12:20qu'il avait
01:12:21beaucoup de demandes
01:12:22des médias
01:12:23pour qu'il fasse
01:12:24des télés
01:12:24l'après-midi
01:12:26l'ambiance est détendue
01:12:27un match de foot
01:12:28est organisé à Gao
01:12:29par les autorités
01:12:30Thierry Sabine
01:12:31qui sait soigner
01:12:32ses relations
01:12:33et qui est très admiré
01:12:34par les populations locales
01:12:36a été invité
01:12:36pour donner le coup d'envoi
01:12:37l'organisateur du Dakar
01:12:39rejoint Balavoine
01:12:41qui est heureux
01:12:42de pouvoir lui annoncer
01:12:43le succès du rendez-vous
01:12:44et donc en repartant
01:12:45du stade
01:12:46pour aller à l'aéroport
01:12:47dans le taxi
01:12:48Thierry dit à Daniel
01:12:49bah écoute
01:12:50si ça te branche
01:12:51j'ai une place
01:12:53dans mon hélicoptère
01:12:54je t'avais promis
01:12:56de faire un tour
01:12:57et Daniel dit
01:12:58bah écoute
01:12:59oui en plus
01:13:00si je peux rentrer
01:13:01plus tôt sur Paris
01:13:02ça peut m'arranger
01:13:04avec le succès
01:13:05de la ZISA
01:13:05Balavoine est attendu
01:13:07pour la promotion
01:13:07de son disque
01:13:08Jean-Luc Roy
01:13:09qui doit monter
01:13:10dans l'hélicoptère
01:13:10au départ
01:13:11lui cède sa place
01:13:12je retrouve Daniel
01:13:13qui me dit
01:13:14bon bah Thierry m'a dit
01:13:15que je pouvais monter
01:13:15avec lui
01:13:16est-ce que t'es d'accord
01:13:17et tout
01:13:17mais je lui dis bien sûr
01:13:18il te l'a proposé
01:13:19moi j'ai pas besoin
01:13:20d'y aller
01:13:20il est plus de 17h
01:13:22à l'intérieur
01:13:23de l'hélicoptère
01:13:23qui attend Thierry Sabine
01:13:24le pilote
01:13:25François-Xavier Bagnou
01:13:27s'impatiente
01:13:27Gourmand Rarousse
01:13:29est à 250 km de Gao
01:13:31et les conditions météo
01:13:32sont exécrables
01:13:33et arrivant sur place
01:13:36il a fallu se dépêcher
01:13:37le pilote était prêt
01:13:40prêt à partir
01:13:40et donc c'est
01:13:41François-Xavier Bagnou
01:13:42qui lui dit
01:13:43il faut qu'on y aille
01:13:43parce que la visibilité
01:13:45est en train de tomber
01:13:45juste au moment
01:13:46de se dire au revoir
01:13:47c'est vrai qu'avec Daniel
01:13:49on s'est pris un peu
01:13:50dans les bras
01:13:50comme ça
01:13:51et puis il m'a dit
01:13:52bon allez
01:13:52tu vas livrer les pompes
01:13:54
01:13:54on se revoit à Paris
01:13:56et à ce moment-là
01:13:57Thierry m'avait une grande table
01:13:58dans le lot
01:13:58quand il me disait
01:13:59bon allez
01:13:59tu vas les livrer
01:14:01il faut les livrer
01:14:02ces pompes
01:14:02il monte dans l'hélico
01:14:03et moi je referme
01:14:05la porte de l'hélico
01:14:05puis l'hélico est parti
01:14:07comme ça
01:14:07et ça s'est fait
01:14:09très rapidement
01:14:10quand l'hélicoptère décolle
01:14:12il est 17h15
01:14:13à son bord
01:14:15il y a aussi
01:14:15le technicien radio
01:14:16de RTL
01:14:17Jean-Paul Le Fur
01:14:18un ultime passager
01:14:20monte quelques kilomètres
01:14:21plus loin
01:14:22c'est Nathalie Audan
01:14:23jeune journaliste
01:14:24de 25 ans
01:14:25au journal du dimanche
01:14:2615 janvier au matin
01:14:29lorsque le journaliste
01:14:30Patrick Chen
01:14:31démarre sa journée de travail
01:14:32il est loin de se douter
01:14:34du drame
01:14:34qui s'est déroulé
01:14:35dans la nuit
01:14:36je trouve qu'il y a
01:14:37une atmosphère bizarre
01:14:38j'entends une phrase
01:14:39le pire est arrivé
01:14:39je dis qu'est-ce qu'il se passe
01:14:41je lui ai un gérard
01:14:42je lui ai dit
01:14:42qu'est-ce que ça veut dire
01:14:43le pire est arrivé
01:14:44et là aussi
01:14:45un peu de professionnalisme
01:14:46c'est-à-dire que
01:14:46alors qu'il y a
01:14:47un bachaut total
01:14:48et qu'ils ne veulent pas
01:14:50diffuser la nouvelle
01:14:51il sait que je bosse
01:14:52et il me met dans la confidence
01:14:54et il me dit
01:14:54voilà c'est un drame
01:14:55l'hélico est tombé
01:14:57je dis l'hélico est tombé
01:14:58mais il y a des blessés
01:14:58ils sont tous mort
01:14:59tous
01:15:00ça paraît totalement réglissant
01:15:02la disparition de ses amis
01:15:05Jean-Luc Roy
01:15:06la prend en plein vol
01:15:07alors qu'il rejoint
01:15:08l'organisation du Dakar
01:15:09à Bamako
01:15:10dans notre avion
01:15:11il y a un confrère
01:15:12de Radio France Internationale
01:15:13qui s'appelle Bruno Pfléguer
01:15:14qui a une petite radio
01:15:15et qui peut capter
01:15:16et ça aussi
01:15:17je me rappellerai
01:15:18toute ma vie évidemment
01:15:18et à un moment il dit
01:15:19l'hélico s'est craché
01:15:20ils sont tous morts
01:15:21donc on est en plein vol
01:15:22et là on lui dit
01:15:23mais qu'est-ce que tu racontes
01:15:25qu'est-ce que c'est que ça
01:15:26et puis bon bah malheureusement
01:15:27c'est quasiment en boucle
01:15:29toutes les dix minutes
01:15:30on répète que
01:15:31donc là
01:15:32c'est peu dire
01:15:34qu'on est atterré
01:15:34enfin on pleure tous
01:15:38et puis
01:15:39c'est voilà
01:15:43c'était apocalyptique
01:15:45on est tous
01:15:46à pas sourdis
01:15:47traumatisés
01:15:48Jean-Luc Roy
01:15:49ça a été terrible
01:15:50pour lui d'avoir laissé sa place
01:15:51oui ça a été très dur
01:15:53surtout je me suis toujours demandé
01:15:54pourquoi c'était pas moi
01:15:55sur le rallye
01:15:57c'est la consternation
01:15:58le silence qui règne
01:16:00entre les participants
01:16:01en dit long
01:16:02l'hélicoptère
01:16:05s'est complètement volatilisé
01:16:07les cinq occupantes
01:16:09sont mortes sur le coup
01:16:10en France
01:16:11la nouvelle fait l'effet
01:16:12d'une déflagration
01:16:13dans le désert
01:16:14les derniers mots de Sabine
01:16:16résonnent tristement
01:16:17un dacar qui grandit
01:16:19qui grandit vers l'exceptionnel
01:16:21le drame lui
01:16:22n'étant malheureusement
01:16:23pas exceptionnel
01:16:24et il faut s'essayer
01:16:25de se passer du drame
01:16:26après le temps du recueillement
01:16:28très vite vient celui
01:16:29de l'enquête
01:16:29et de ses questionnements
01:16:31avec François-Xavier Bagnou
01:16:33un pilote d'hélicoptère
01:16:34expérimenté
01:16:35et aguerri
01:16:35à la conduite
01:16:36dans le désert
01:16:37et Thierry Sabine
01:16:38à son bord
01:16:38qui connaît parfaitement
01:16:39le terrain
01:16:40comment expliquer
01:16:41que l'engin
01:16:42se soit craché
01:16:43où sont les responsabilités
01:16:45c'est ce que va chercher
01:16:46à savoir
01:16:47la famille du jeune pilote
01:16:48monsieur Bagnou
01:16:50qui est lui-même
01:16:51un spécialiste
01:16:52des hélicoptères
01:16:52affirme
01:16:53ce n'est pas mon fils
01:16:54qui pilotait l'hélicoptère
01:16:55c'est Thierry Sabine
01:16:57lui-même
01:16:57je ne comprends pas
01:17:00comment
01:17:01quelqu'un
01:17:02qui est non-pilote
01:17:02qui a l'intention
01:17:04de transporter
01:17:04finalement des personnes
01:17:06se permet
01:17:07de prendre la place
01:17:08du commandant
01:17:09de mettre en marche
01:17:10et puis de dire
01:17:11si tu viens pas avec moi
01:17:13je pars tout seul
01:17:14c'est ce qu'a dit
01:17:15Thierry Sabine
01:17:15à votre fils
01:17:16c'est ce qu'on m'a rapporté
01:17:17de source certaine
01:17:19dès le départ
01:17:19pour beaucoup
01:17:20cette thèse
01:17:21paraît infondée
01:17:21cette polémique
01:17:23qui est un peu gênante
01:17:24vu d'ici
01:17:25vous avez une idée définitive
01:17:26sur la question
01:17:26écoutez je crois
01:17:28qu'on s'engage
01:17:29sur un procès
01:17:30complètement faux
01:17:31une polémique
01:17:32complètement erronée
01:17:33on comprend tous
01:17:34la douleur
01:17:35actuellement
01:17:35du père de François-Xavier
01:17:36bon moi je vole
01:17:38avec Thierry
01:17:38depuis 8 ans
01:17:39en avion
01:17:40en hélicoptère
01:17:41en Afrique
01:17:41en France
01:17:42il faut bien savoir
01:17:44que Thierry
01:17:45était complètement
01:17:46incapable
01:17:46et il le savait bien
01:17:47lui-même
01:17:48de piloter
01:17:49un avion
01:17:49ou un hélicoptère
01:17:50de nuit
01:17:51ce qui alimente
01:17:51la polémique
01:17:52c'est la relation
01:17:53entre l'organisateur
01:17:54du tour
01:17:55et le jeune pilote
01:17:56comme le souligne
01:17:57Michel Bozy
01:17:57l'un des derniers témoins
01:17:59à avoir vu
01:17:59l'équipage vivant
01:18:00à ce niveau là
01:18:01il y avait
01:18:01paraît-il des tensions
01:18:02entre Thierry Sabine
01:18:03et François-Xavier
01:18:03au niveau de la sécurité
01:18:05oui c'était évident
01:18:05François-Xavier
01:18:06qui était un pilote
01:18:07très prudent
01:18:08trouver les initiatives
01:18:09de Sabine
01:18:10en pilotage
01:18:11complètement aberrantes
01:18:12vu l'environnement
01:18:13piloter un hélico
01:18:14sur le désert
01:18:14pendant 21 jours
01:18:15à raison de 6 à 10 heures
01:18:16par jour
01:18:17demande quand même
01:18:18une maturité
01:18:19au point de vue technique
01:18:20au point de vue pilotage
01:18:21que n'avait pas
01:18:22Thierry Sabine
01:18:23pour évacuer tout de suite
01:18:24un sujet
01:18:25Thierry apprenait également
01:18:26à piloter l'hélico
01:18:27mais c'est insensé
01:18:29de penser que ce soit
01:18:30Thierry qui ait pu prendre
01:18:30les commandes de l'hélico
01:18:31il n'était pas fou
01:18:32du tout
01:18:32et il savait
01:18:33qu'il n'avait pas
01:18:34les compétences
01:18:35aujourd'hui
01:18:36aucune preuve matérielle
01:18:37aucun témoignage
01:18:38ne confirme que Thierry Sabine
01:18:39était aux manettes
01:18:40de l'appareil
01:18:41au moment de l'accident
01:18:42ni que François-Xavier Bagnou
01:18:43ait commis
01:18:44une erreur de pilotage
01:18:45quant à une possible
01:18:47défaillance technique
01:18:48elle a été exclue
01:18:49par les experts
01:18:49des constructeurs
01:18:50apparemment
01:18:51les turbines
01:18:52fonctionnaient normalement
01:18:53il n'y a rien eu
01:18:53qui accréditerait
01:18:55la thèse
01:18:55d'une panne mécanique
01:18:56ou de quoi que ce soit
01:18:57d'autre
01:18:57il n'y a rien
01:18:58aucune information judiciaire
01:19:01n'aurait été ouverte
01:19:02ce qui a permis
01:19:03de reconstituer
01:19:04les circonstances
01:19:05de l'accident
01:19:05repose uniquement
01:19:06sur les témoignages
01:19:07des participants
01:19:08et l'enquête des journalistes
01:19:10retour le 14 janvier
01:19:12au soir
01:19:12le vent de sable
01:19:13qui s'est levé
01:19:14brouille de plus en plus
01:19:15la visibilité
01:19:16à 18h30
01:19:18l'hélicoptère
01:19:19se pose à Gaussi
01:19:20pour le départ
01:19:21de la seconde étape
01:19:22chronométrée
01:19:22mais il faut repartir
01:19:24très vite
01:19:24la nuit est en train
01:19:26de tomber
01:19:26alors que l'hélicoptère
01:19:28n'est qu'à 22 km
01:19:29de l'arrivée
01:19:30son pilote
01:19:31François-Xavier Bagnou
01:19:32décide d'atterrir
01:19:34car l'engin n'est pas
01:19:35équipé pour un vol de nuit
01:19:36Thierry Sabine
01:19:38demande l'intervention
01:19:39d'une voiture
01:19:39pour les ramener
01:19:40au bivouac
01:19:41alors comment expliquer
01:19:43que l'hélicoptère
01:19:44est redécollé ?
01:19:45moi je pense
01:19:46personnellement
01:19:46c'est que Thierry
01:19:47en a eu marre d'attendre
01:19:48parce qu'il s'est passé
01:19:49pas mal de temps
01:19:5030-45 minutes
01:19:51donc il a dit
01:19:53bon ben on y va
01:19:54après tout
01:19:54on suit une voiture
01:19:55ce qu'il a déjà fait
01:19:56je le répète
01:19:57à plusieurs reprises
01:19:58la deuxième
01:19:58c'est qu'une des personnes
01:19:59se soit blessée
01:20:00ou été mordue
01:20:01ou piquée
01:20:02par un scorpion
01:20:03il y en a
01:20:04par un serpent
01:20:04en tout cas
01:20:05il y a une raison
01:20:06impérative
01:20:06pour redécoller
01:20:07tout de suite
01:20:08seule certitude
01:20:09aujourd'hui
01:20:10le témoignage
01:20:11des occupants
01:20:11du CAC 4
01:20:12qui guide l'hélicoptère
01:20:13dans la nuit
01:20:14grâce à ses feux arrière
01:20:15donc l'hélico
01:20:16est très très proche
01:20:17et malheureusement
01:20:18à un moment
01:20:18il doit faire un écart
01:20:20par la gauche
01:20:20parce que la piste
01:20:21tourne à gauche
01:20:21et qu'il y a une plaque
01:20:22de fèche-fèche
01:20:23de sable très mou
01:20:24et l'hélico
01:20:25se trouve de fait
01:20:25projeté devant
01:20:26et lorsqu'il tourne
01:20:28sur la gauche
01:20:28il voit l'hélico
01:20:29les dépasser
01:20:30par la droite
01:20:30en fait
01:20:31ils le voient
01:20:32puisqu'il est au ras du sol
01:20:33et puis d'un seul coup
01:20:34ils entendent un bruit
01:20:34qui fait
01:20:35comme ça exactement
01:20:36donc ils font un détour
01:20:38avec le Mitsubishi
01:20:38et là malheureusement
01:20:40dans les phares
01:20:40de la voiture
01:20:41ils constatent
01:20:42le drame
01:20:43qui vient de se produire
01:20:44bon malheureusement
01:20:45il n'y a plus rien à faire
01:20:46à ce jour
01:20:47les raisons pour lesquelles
01:20:49l'appareil a redécollé
01:20:50restent encore un mystère
01:20:51à seulement 33 ans
01:20:54l'étoile balavoine
01:20:55s'apprêtait à entamer
01:20:56une carrière internationale
01:20:57et il s'éteint
01:20:59tragiquement dans le désert
01:21:00il faisait tout
01:21:01à toute vitesse
01:21:02on aurait dit
01:21:02qu'il avait senti
01:21:04que sa vie
01:21:04allait être courte
01:21:05touché par cette tragédie
01:21:07sa famille et ses fans
01:21:09vont poursuivre
01:21:09son engagement en Afrique
01:21:11grâce à l'association
01:21:12qui portera son nom
01:21:13est-ce qu'inconsciemment
01:21:15j'ai voulu faire en sorte
01:21:16qu'il soit vivant longtemps
01:21:18peut-être
01:21:19je ne sais pas
01:21:20en tout cas
01:21:21je ne suis pas la seule
01:21:22à être heureuse
01:21:24à l'entendre
01:21:27à l'entendre
01:21:2936 ans plus tard
01:21:31Sauver l'amour
01:21:32son dernier album
01:21:33reste encore
01:21:34l'un des plus vendus
01:21:35en France
01:21:36quant à ses engagements
01:21:37ils sont plus que jamais
01:21:39d'actualité
01:21:40qu'est-ce qui a changé
01:21:41par rapport
01:21:42de ses coups de gueule
01:21:43et tout ce qui se passe
01:21:44actuellement
01:21:44question pour vous
01:21:45Daniel
01:21:46c'est une pierre précieuse
01:21:48qu'on nous a dérobé
01:21:49quand il est parti
01:21:51avant les siens
01:21:52mes naufrages
01:21:54au petit matin
01:21:56ont mis
01:21:57mes jours
01:21:58dans la nuit
01:21:59j'étais
01:22:01j'étais
01:22:01sans manque
01:22:03de lui
01:22:03moi
01:22:05j'étais
01:22:07ce dont
01:22:08on
01:22:11un
01:22:12j'étais
01:22:13j'étais
01:22:14j'étais
01:22:14j'étais
01:22:15j'étais
01:22:16j'étais
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