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  • il y a 7 mois
Ce mardi 6 janvier, Ellen Kountz, professeure à l'Inseec, était l'invitée de Annalisa Cappellini dans Le monde qui bouge - L'Interview, de l'émission Good Morning Business, présentée par Laure Closier. Elles sont notamment revenues sur la stratégie de Donald Trump pour l'Amérique et sa position face à Nicolás Maduro. Retrouvez l'émission du lundi au vendredi et réécoutez la en podcast.

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Transcription
00:00Retour sur la stratégie de Donald Trump en Amérique, c'est son hémisphère, c'est ce qu'a tweeté hier soir le ministère des Affaires étrangères.
00:08Bonjour Elex Kouts, vous êtes professeur à l'INSEC, ça le mérite d'être clair quand même.
00:13Au moins Donald Trump, il annonce ce qui va se passer, c'est son hémisphère, l'ensemble des Etats-Unis.
00:18Donc on parle là du Groenland jusqu'en bas en fait, jusqu'à l'océan Antarctique.
00:23On va en discuter ensemble, vous allez nous dire quel impact sur la politique intérieure des Etats-Unis.
00:28Juste avant, je voudrais qu'on écoute quand même son conseiller Miller qui a donné une interview à CNN cette nuit.
00:34On écoute juste et après je vous demanderai votre avis. Merci.
00:37La question est, de quel droit le Danemark revendique-t-il le contrôle du Groenland ?
00:42Sur quoi se fonde sa revendication territoriale ?
00:45Qu'est-ce qui justifie que le Groenland soit une colonie du Danemark ?
00:48Les Etats-Unis sont la puissance de l'OTAN.
00:50Pour que nous puissions sécuriser la région arctique, protéger et défendre l'OTAN et les intérêts de l'OTAN,
00:55il est évident que le Groenland devrait faire partie des Etats-Unis.
00:58Stéphane Miller, il est conseiller à la sécurité intérieure des Etats-Unis.
01:02Il est très clair.
01:03Alors, l'effondrement moral des Etats-Unis préoccupe beaucoup les Américains.
01:11Si vous voulez, il y avait toute une plateforme qui était très claire lors de son élection et on s'éloigne.
01:17On est très loin d'America first.
01:18Ou encore d'Américain seul ou Américain seulement.
01:23C'est plutôt Donald Trump, sa personne, lui seul et seulement.
01:26Et je pense que ce qu'on déplore le plus là aux Etats-Unis, ça se voit dans les sondages récents,
01:32c'est qu'il aurait pu faire tout ça avec la valeur du congrès.
01:37Il aurait pu faire, il a des majorités qui lui permettent de mettre ça en place dans les règles de l'art.
01:43Mais ce qui est important pour lui, c'est de bafouer le droit, le droit international, notre constitution.
01:50Vous voyez, ce qui est important pour lui, c'est pour prendre cette posture d'un fort,
01:55de bafouer les lois du pays.
01:58Et c'est ça qui est très préoccupant pour nous.
02:00Ça préoccupe vraiment les Américains ?
02:01C'est-à-dire que ça ne bénéficie pas sur le plan de la politique intérieure ?
02:05Pas du tout. Vous savez, les Américains, dans l'ensemble, ne sont pas en quête des terres ailleurs.
02:14D'ailleurs, c'est carrément le contraire de ce qu'on a vu il y a tout juste un an avec Doge.
02:19Il fallait faire des économies, il fallait réduire la voilure, il fallait faire attention aux dépenses,
02:24qu'on s'occupe déjà de nous. Vous voyez ?
02:27Donc, il y a trop de choses dans le discours qui sont en contradiction.
02:31Et on a peu de temps pour bien digérer tout ce qui se passe.
02:35Ça se passe trop vite, avec peu de profondeur, vous voyez ?
02:39Donc, on n'est pas rassuré, là.
02:40Annalisa, Donald Trump avait promis, effectivement, de revenir aux Américains first.
02:46Puis, il parle désormais de la doctrine d'Honro,
02:48donc de la remise au goût du jour en version Donald Trump de la doctrine Monroe.
02:53Si on suit sa logique, ça voudrait dire que les États-Unis se recentrent sur l'hémisphère américain
02:58et qu'il laisse tomber tout le reste.
03:00Est-ce que vous pensez que c'est possible qu'il va se désengager de l'Ukraine, par exemple,
03:03qu'il va se désengager du dossier iranien ?
03:05Ça voudrait dire qu'il se recentre uniquement sur le dossier américain ?
03:08Alors, non. Je pense que ce n'est pas à ce point réfléchi, malheureusement.
03:13Et comme il ne fait pas ça main dans la main, avec des diplomates,
03:17avec un corps diplomatique qui l'a réduit à une peau de chagrin.
03:21Vous voyez, il n'a pas à cœur que ça se passe.
03:24On l'attend toujours pour clôturer, comme vous dites fort bien,
03:28des dossiers en cours à l'échelle internationale.
03:31Donc, même nos relations avec Amérique latine sont complexes, pas très à l'aise.
03:38Il y a peu de temps, il a gracié l'ex-président de Honduras,
03:43qui a été condamné en tant que narcotrafiquant.
03:47Si ça le préoccupe, on est confus.
03:50Il avait, à même le bureau Oval, l'actuel président d'El Salvador.
03:56Ça a fait tilter quand même le corps de presse.
03:59Mais vous voyez, avec son méga-prison, le Cicote.
04:03Donc, il y a trop de choses.
04:05Ça ne suit pas une logique, où le peuple américain peut dire.
04:08C'est la suite logique.
04:10On comprend bien.
04:11Et je pense que pour les magas, ça doit être confusant, tout de même.
04:18Mais vous entendez cette confusion ?
04:20Parce que là, il n'y a pas de manifestation dans les rues pour dire stop à Donald Trump.
04:24On n'entend pas, nous, beaucoup, les démocrates s'exprimer.
04:28On n'entend pas, nous, ici, d'Europe, une caste politique s'enflammer et dire que c'est scandaleux.
04:36Alors, je suis d'accord avec vous.
04:39Je pense que le Parti démocrate, dans son ensemble, avait du mal à répondre depuis un an à Donald Trump.
04:46Parce que c'est sans des choses que tu n'as jamais vu.
04:48Ça n'a pas empêché quelques victoires électoraux d'ici et là.
04:53Tant mieux.
04:53Mais, par exemple, dans un récent sondage de Reuters, Reuters et Ipsos, il n'y a que 33% d'Américains qui sont d'accord avec des frappes sur Venezuela.
05:04Et ils n'ont même pas pu être sondés encore sur la capture de Maduro.
05:09Vous voyez, donc, c'est beaucoup de choses très, très vite et trop vite.
05:13Dans son discours de samedi, juste après la capture de Maduro, il parle beaucoup des villes américaines, Donald Trump.
05:20Et il explique à quel point Maduro est responsable de la criminalité intérieure.
05:24Il met le narcotrafic, il cite des villes précisément où on a l'impression presque que tous les problèmes de la société américaine viennent de Maduro.
05:31Est-ce que ça, pour les midtermes, c'est efficace, cette stratégie-là ?
05:34Alors, vous savez, on ne peut qu'observer et constater un certain déclin cognitif chez Donald Trump dans sa manière de prise de parole, dans la suite logique de ses idées.
05:49Il suffit de comparer ses discours du premier mandat.
05:53Il y a un réel déclin, là, physique, à autre.
05:56Donc, les dires de Donald Trump, vous voyez, sont de moins en moins crédibles.
06:04C'est terrible.
06:05Vous dites ça, il est sur le déclin cognitif.
06:07Il est sur un déclin cognitif, mais il est entouré des personnes, comme M. Miller, qu'on vient de voir, qui ont à cœur d'imposer des idées.
06:14Je pense que, vous savez, à ce qui se passe là, c'est vraiment une situation rêvée pour Marco Rubio, par exemple, qui est chef de la diplomatie.
06:22Qui déploie sa stratégie, on l'a vu, en Amérique latine, tout était écrit, Annalisa.
06:27Effectivement, c'était la stratégie de Marco Rubio.
06:30D'ailleurs, il y a un sujet par rapport à Marco Rubio.
06:32Lui, il est fils d'immigré cubain.
06:34On sait qu'aux États-Unis, il y a une immense population d'origine latino et qu'elle est souvent déterminante.
06:40Donc, est-ce que là aussi, Donald Trump s'adresse quelque part à son électorat latino ?
06:44Quelle est la perception de cet électorat ?
06:46Alors, je pense que cet électorat est très éclaté, très divisé.
06:50Ce n'est pas un ensemble.
06:52venant de plusieurs pays, de plusieurs langues, de plusieurs traditions.
06:57Donc, ce n'est pas un bloc de votants.
07:00Et je pense que, même au sein même de Maga, ça s'est bien compris.
07:04Et encore dans les contradictions, vous citez des villes où Donald Trump souhaite déployer davantage de forces de l'ordre.
07:10Force de l'ordre militarisé, qui est donc l'ICE.
07:15Ces raids de l'ICE s'attaquent plus particulièrement à ces populations-là.
07:20Donc, il n'est pas dit que des personnes d'origine d'Amérique latine sont à ce point en accord avec la politique de Donald Trump.
07:29Je reviens juste sur le déclin cognitif de Donald Trump.
07:33Ce qui veut dire que pour vous, quand il dit clairement qu'il faut 20 jours avant qu'il se décide sur le Groenland,
07:38ou qu'il parle de l'Iran ou de Cuba, il ne faut pas l'écouter ?
07:43On ne peut que l'écouter.
07:45On ne peut que l'écouter.
07:46C'est tout de même le président des États-Unis.
07:48Mais quand je dis la suite logique des idées,
07:52la capacité à répondre de manière cohérente avec le corps presse.
07:58Vous voyez, peut-être des choses se perdent dans les traductions ou que sais-je,
08:02mais c'est vrai que même sur le plan purement physique, purement cognitif,
08:08est-ce qu'on arrive à réellement suivre ?
08:10Et puis, vous savez, il dit une vingtaine de jours, mais il y a 20 jours,
08:13il y avait une dizaine de dossiers qui sont laissés comme ça.
08:18Donc, faire le suivi, engager ses équipes derrière, c'est devenu une chose très difficile.
08:26Ils sont moins dans une administration qu'eux-mêmes dans un régime.
08:30Merci beaucoup d'être venue ce matin.
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