00:00On l'écoute.
00:04Bonjour à toutes et à tous, je suis heureux par l'intermédiaire de la presse de m'adresser une nouvelle fois aux Françaises et aux Français avec quelques mots spontanés au moment où j'ai remis la démission du gouvernement.
00:19Être Premier ministre est une tâche difficile, sans doute encore un peu plus difficile en ce moment, mais on ne peut pas être Premier ministre lorsque les conditions ne sont pas remplies.
00:28Depuis trois semaines pourtant, j'ai bâti, tenté de bâtir les conditions pour lesquelles nous pourrions faire adopter un budget pour la France, pour l'État, mais aussi pour la sécurité sociale
00:41et répondre à quelques urgences importantes qui ne peuvent pas attendre 2027, l'élection présidentielle.
00:47Je ne veux pas toutes les citer, mais on le sait, sécurité du quotidien, les questions liées au pouvoir d'achat et au travail, la Nouvelle-Calédonie, les armées dans un contexte international difficile.
00:58étant autre sujet. Depuis trois semaines, ma parole a été rare et j'ai tenté de construire un cheminement avec les partenaires sociaux, force patronale, force représentant les syndicats salariés,
01:13notamment sur des sujets qui ont pu faire l'objet de blocages depuis maintenant de nombreuses semaines, voire pour certains sujets.
01:20Je pense au travail, aux retraités, pardonnez-moi, pénibilité aux femmes, aux carrières longues, des sujets qui sont parfois bloqués depuis plus de 20 ans
01:28et sur lesquels nous étions en train d'avancer sur des solutions concrètes, sur l'assurance chômage, sur le financement de notre sécurité sociale
01:37et permettre au fond des deux manifestations qui s'étaient tenues dans le pays tout au long de ce mois de septembre d'être capables de refaire vivre le paritarisme et la démocratie sociale.
01:48Ce temps, je l'ai aussi consacré avec les formations politiques du socle commun pour bâtir une feuille de route, mais aussi évidemment de l'opposition,
01:55puisque c'est elle qui décide en grande partie du sort et de l'avenir non seulement du gouvernement, mais aussi du pays à travers l'adoption ou non d'un budget.
02:04Ces consultations officielles, parfois plus discrètes, nous ont permis d'avancer sur un certain nombre de sujets.
02:13Je l'avais dit vendredi matin, dans le secret du bureau, les langues se délient et les lignes rouges deviennent oranges et parfois vertes,
02:22avec parfois évidemment quelques lignes qui bougent sur l'assurance chômage, sur la question de la justice fiscale
02:31ou encore sur la question des retraites, avec néanmoins toujours ce sentiment que la ligne se recule à chaque fois que nous avancions.
02:39Mais de cela aussi, j'y reviendrai dans un instant.
02:43Et puis j'en suis arrivé à la conclusion vendredi dernier qu'au fond, le Parlement devait toujours avoir le dernier mot,
02:50que l'article 49 à ligne A3 de la Constitution était un moyen de contraindre sa majorité,
02:54dans l'esprit du constituant, notamment de Michel Debré et du général de Gaulle,
03:00et que cela ne servait à rien de donner l'impression que les débats n'iraient pas jusqu'au bout.
03:06En ce lundi matin, les conditions n'étaient plus remplies pour que je puisse exercer ces fonctions de Premier ministre
03:14et permettre au gouvernement d'aller devant l'Assemblée nationale demain.
03:18Pour trois raisons.
03:20La première, c'est que précisément ces formations politiques ont fait mine parfois de ne pas voir
03:25le changement, la rupture profonde que représentait le fait de ne pas se servir de l'article 49 à ligne A3 de la Constitution.
03:34C'est-à-dire qu'au fond, il n'y avait plus de prétexte pour une censure préalable.
03:38En tout cas, il n'y avait plus de prétexte pour faire que les parlementaires refusent de faire leur métier de parlementaire,
03:45c'est-à-dire de discuter la loi, de l'amender, et le cas échéant, de voter ou non un texte.
03:53Et cette rupture, je le dis, elle a été soulignée par un certain nombre d'observateurs, d'acteurs de la vie politique,
03:58certains opposants d'ailleurs qui le demandaient historiquement,
04:01mais elle n'a pas permis ce choc de se dire, on peut faire différemment et on peut construire les choses différemment.
04:09La deuxième des choses, c'est que les partis politiques continuent d'adopter une posture
04:17comme s'ils avaient tous la majorité absolue à l'Assemblée Nationale.
04:22Et au fond, je me suis retrouvé dans une situation dans laquelle j'étais prêt à des compromis,
04:26mais chaque parti politique veut que l'autre parti politique adopte l'intégralité de son programme.
04:32C'est vrai des formations parfois du socle commun, c'est vrai aussi des oppositions.
04:36Or, nous l'avons dit, pas de coalition large, c'est un choix qui a été fait par les différentes formations politiques de l'opposition,
04:42de ne pas venir avec le socle commun au gouvernement, mais de permettre les débats et d'organiser ensuite les compromis,
04:48sachant que les compromis ne sont pas la compromission.
04:50Mais pour cela, évidemment, il faut changer d'état d'esprit et ne pas vouloir appliquer l'intégralité de son projet et de son programme.
04:58La troisième des choses, c'est que la composition du gouvernement au sein du socle commun n'a pas été fluide.
05:06Et a donné lieu au réveil de quelques appétits partisans, parfois non sans lien, c'est d'ailleurs très légitime,
05:12avec la future élection présidentielle.
05:15Je le dis, ou je le redis, si ce moment est le moment le plus parlementaire de la Vème République,
05:24en aucun cas il faut revoir vivre ici les mauvais moments de la Vème République.
05:30Et que donc, par définition, la construction d'un gouvernement se fait en fonction de la Constitution,
05:35sur proposition du Premier ministre, nommé par le Président de la République.
05:40Le dernier message que je veux dire aux Français, c'est qu'au fond,
05:45et c'est un message véritablement d'espoir et d'optimisme, de caractère, je ne le suis pas toujours,
05:50mais il suffirait de peu pour que ça fonctionne.
05:54J'avais dit ici même, on va y arriver, et je veux le redire,
05:57dans le secret des échanges que j'ai pu avoir, il suffirait de peu pour que l'on puisse y arriver.
06:01Et en étant plus désintéressé, pour beaucoup, en sachant aussi faire preuve d'humilité,
06:09peut-être aussi un peu parfois d'effacement de certains égaux,
06:13et je me suis employé, en tout cas je l'espère, à le faire.
06:16Ensuite, toujours avoir le sens de l'intérêt général, et du fond.
06:21Ce qui compte, c'est ce qu'on va faire.
06:23En ayant l'humilité de considérer que certaines choses peuvent être faites avant 2027,
06:26d'autres choses seront faites ensuite, pendant le débat de l'élection présidentielle.
06:31Et au fond, il y a beaucoup de lignes rouges, dans la bouche de beaucoup,
06:36en tout cas de certains, pas de tous, pas de tous.
06:39Il y a rarement des lignes vertes.
06:41Or, le principe même de bâtir un compromis entre les formations politiques,
06:45c'est d'être capable justement de conjuguer des lignes vertes,
06:47et de tenir compte d'un certain nombre de lignes rouges.
06:51Mais on ne peut pas être dans les deux extrêmes,
06:53et certaines formations politiques de l'opposition l'ont compris,
06:57et je tiens à les remercier.
06:58Désormais, il faut que l'on puisse avancer,
07:01en tout cas que celles et ceux qui veulent trouver un chemin pour le pays puissent avancer.
07:06Et le dernier point, et je le dis avec respect,
07:10moi qui suis un militant,
07:12qui au fond gravit les marches de la méritocratie républicaine,
07:17grâce à l'élection, comme maire, comme président de département,
07:20comme sénateur, je suis un militant,
07:22et j'ai du respect pour celles et ceux qui s'engagent,
07:25mais il faut toujours préférer son pays à son parti,
07:29et il faut savoir écouter ses militants,
07:30mais toujours penser aux Françaises et aux Français.
07:34Merci à toutes et à tous. Je vous remercie.
07:35Merci.
07:36Merci.
07:37Merci.
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