Passer au playerPasser au contenu principal
  • il y a 21 heures
Chez les jeunes de moins de 18 ans, plus de six homicides sur dix impliquent une arme blanche. Pour Anne Coffinier, experte en éducation, «le rapport à donner la mort a changé», notamment à cause des supports numériques comme les jeux vidéos. 

Catégorie

🗞
News
Transcription
00:00Oui, c'est sûr. Je crois que c'est le rapport vraiment à donner la mort qui a changé.
00:03C'est-à-dire qu'avoir un couteau pour faire le mariole, se faire respecter, tenir à bonne distance, ce
00:08n'est pas nouveau.
00:09Mais après, les gens qui ne faisaient pas partie des sphères particulièrement criminelles,
00:14ils n'avaient évidemment pas l'idée de planter quelqu'un.
00:17Ils n'avaient pas l'idée de faire usage de manière létale de leur couteau.
00:20Et c'est ça qui a complètement changé.
00:21Et c'est là qu'on peut se dire que tout de même, il y a une difficulté qui est
00:25apparue avec l'usage important,
00:28non seulement des réseaux sociaux, enfin de tous les supports numériques.
00:30Pourquoi ? Parce que notre cerveau ne fait pas complètement la différence entre ce qui est imaginaire et ce qui
00:36est réel.
00:36C'est-à-dire qu'en fait, il y a une habitude qui se crée en regardant des gens qui
00:40sont plantés,
00:41des gens qui sont égorgés, des gens qui sont tués.
00:43Et il y a toutes sortes de jeux qui existent où vous pouvez tuer des personnages, des avatars, etc.
00:49où c'est filmé. Et puis, il y a bien sûr les films, il y a les jeux vidéo, il
00:52y a les réseaux sociaux et tout ça.
00:53Donc, votre cerveau, il a vu et enregistré des centaines et de centaines de scènes de gens égorgés, tués, plantés,
01:01etc.
01:02Ce qui fait que quand vous, vous avez un couteau en main, vous n'avez pas la même inhibition que
01:08ce que vous aviez traditionnellement.
01:09C'est comme si vous aviez vu X fois des gens se faire planter.
01:13Et ça, c'est vraiment quelque chose de tout à fait différent.
01:15Et il y a bien sûr la capacité actuelle qui est moindre de tenir sa frustration.
01:21Mais il y a aussi ce passage à l'acte beaucoup plus facile parce que le cerveau n'a pas
01:26l'inhibition classique qu'il avait auparavant.
01:28Et donc, le faire en virtuel ou le faire en réel, pour lui, c'est à peu près pareil.
01:33C'est à peu près 60% identique en termes d'émotion et de mémorisation générée.
01:39C'est d'ailleurs comme ça que fonctionnent toutes les techniques de visualisation qui sont utilisées dans les sports, dans
01:45l'armée, etc.
01:46pour s'entraîner à des situations.
01:48Parce que ça crée des traces dans le cerveau qui font qu'on est une sorte de pilote automatique.
01:52Et là, ça se retourne dans l'autre sens.
01:54C'est-à-dire qu'on a tellement vu de scènes comme ça que le cerveau dit « Ok, je
01:58connais, j'y vais ».
Commentaires

Recommandations