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  • il y a 10 mois
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Aujourd'hui, dans « Les 4V », Jean-Baptiste Marteau revient sur les questions qui font l’actualité avec Laurent Wauquiez, président du groupe Droite Républicaine et candidat à la présidence LR.

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Transcription
00:00Bonjour Laurent Wauquiez, et bienvenue dans les 4V, on va commencer par quelques mots sur Emmanuel Macron pendant 3h hier soir à la télévision.
00:08On retient notamment ces référendums multiples que le chef de l'État met sur la table, il souhaite les organiser dans les mois qui viennent,
00:14sur des sujets institutionnels, dit-il, ou encore des grandes réformes économiques. Est-ce que vous y croyez ?
00:19Moi, j'ai trouvé ça long, j'ai trouvé ça très interminable, j'ai trouvé ça assez vague, comme d'ailleurs vous l'avez relevé sur la question du travail,
00:29et surtout l'image que ça m'a donnée, c'est que j'ai trouvé que c'était surtout un macronisme finissant,
00:35et qu'entre le président hier, un Premier ministre que je trouve surtout très déterminé à rien faire,
00:41on a quand même l'impression que ce macronisme finissant est à bout de souffle.
00:44Pour vous, en deux ans, il ne peut plus rien faire ?
00:46C'est le sentiment que ça m'a donné hier, alors que notre pays a besoin d'un sursaut,
00:50alors qu'on voit bien qu'on a tellement de problèmes à aborder, et donc hier, moi ça m'a renforcé dans ma conviction,
00:55on a besoin de préparer un projet de rupture, les Français en attendent un projet de changement profond,
01:01et c'est là-dessus que je veux me concentrer.
01:02Parce que je pense que les solutions ne viendront pas de ce macronisme-là.
01:05Mais faire quelques référendums, trancher quelques sujets par référendum en donnant la parole aux Français,
01:09ça vous intéresse ou pas, le principe ?
01:11Oui, mais ce que j'attendais hier, c'est de savoir sur quoi.
01:14Je vais prendre un exemple très précis.
01:16Moi, je fais une proposition, et je demande au président de la République de la soumettre au référendum.
01:21Est-ce qu'on continue à accepter que les étrangers accèdent automatiquement à toutes les aides sociales dès qu'ils arrivent en France,
01:27ou est-ce qu'on demande, débat de ce matin, qu'ils aient travaillé un minimum d'années avant d'accéder à la solidarité nationale ?
01:32Il a répondu en disant qu'il n'y avait pas de sujet de question pour ce sujet sur le référendum, sur l'immigration.
01:37Oui, mais je trouve ça consternant de dire ça.
01:40C'est sans doute un des sujets les plus préoccupants pour les Français.
01:43C'est un des exemples de blocage.
01:45C'est-à-dire que les Français attendent qu'on régule l'immigration, on n'y arrive pas politiquement.
01:49Et donc c'est pour moi typique du sujet que je souhaite qu'il soit soumis à l'avis des Français par référendum.
01:55Et si la fin de vie, par exemple, il dit que c'est bloqué au Parlement, il faudra redonner la parole aux Français,
01:59c'est un moyen de contourner justement peut-être le blocage en ce moment à l'Assemblée ?
02:02Oui, ça peut être une solution, mais j'espère que le débat à l'Assemblée et au Sénat permettra de sortir une solution,
02:07surtout sur les soins palliatifs qui sont souvent oubliés dans ce débat.
02:10Alors que moi, chez moi, par exemple, dans mon département de Haute-Loire en Auvergne,
02:14je vois que c'est une des réalités très importantes aussi, les soins palliatifs.
02:16Une loi consacrée spécifiquement aux soins palliatifs tout de même, effectivement, qui est en débat.
02:20Laurent Wauquiez, dans quatre jours, le futur président du Parti des Républicains sera connu après une campagne très intense.
02:25On a le sentiment qu'elle aura vu, en tout cas du côté de Bruno Retailleau comme de votre côté,
02:29une certaine radicalisation de vos propos, de vos propositions de part et d'autre.
02:34Est-ce que c'est un sentiment que vous partagez ?
02:35Vous avez durci, et l'un et l'autre, vos positions.
02:38Non, je ne pense pas. Je pense qu'à l'arrivée, il y a le choix au fond.
02:40Ce n'est pas un choix entre deux personnalités,
02:42c'est un choix entre deux visions de la droite et de son avenir.
02:45Il y a un premier choix qui est une droite qui, petit à petit, se fond dans le macronisme.
02:48Ça, c'est le chemin qui est en fait proposé par l'idée de dire que le chef de notre parti sera en même temps ministre
02:55dans un gouvernement de Macron et donc sous la tutelle du président de la République qu'on a vu hier.
02:59Pour vous, ce n'est pas compatible ?
03:01Moi, je pense que oui, parce que ça interdit la possibilité d'avoir une parole libre et indépendante.
03:06De l'autre, il y a le chemin que moi, je propose, qui est une droite libre, indépendante,
03:10qui ne doit rien à Emmanuel Macron, qui n'est pas sous la tutelle du président qu'on a vu hier
03:14et qui propose un projet de rupture.
03:16Je pense qu'en réalité, c'est ça les deux chemins qui sont sur la table.
03:19Parce que si le chef de notre parti est en même temps ministre,
03:23c'est-à-dire avec la solidarité gouvernementale, avec l'autorité du président,
03:27la droite ne pourra plus incarner la rupture.
03:29Et moi, ma conviction, c'est que notre avenir, c'est d'incarner un vrai changement.
03:32Les Français aspirent à ça. Et c'est ça ce que je veux comporter.
03:35Parmi vos propositions, que certains trouvent radicales, qui se sont peut-être durcies en tout cas,
03:39c'est celles qui concernent le RSA. Vous l'avez abordée il y a quelques jours.
03:42Vous voulez désormais que cette aide soit limitée à deux ans maximum.
03:46On fait quoi après pour les chômeurs de longue durée ?
03:48Une fois qu'ils ont passé deux ans, qu'ils n'ont pas retrouvé de travail, qu'ils n'ont plus rien ?
03:51Ma proposition, c'est quoi ?
03:53On garde le social pour ceux qui en ont vraiment besoin.
03:56On arrête l'assistanat pour ceux qui peuvent travailler.
03:59Et on revalorise le travail.
04:01Vous avez aujourd'hui 500 000 emplois en France qui sont non pourvus.
04:04Dans l'hôtellerie-restauration, dans le service à la personne, dans l'aide à domicile.
04:08Ce n'est pas radical de ramener les gens au travail.
04:10Mais ça devrait être ça, notre vraie conception du social.
04:13Et laisser les gens dans le piège de l'assistanat et dans le RSA à vie,
04:17ce n'est quand même pas un avenir.
04:17Il y a aussi des gens qui vous disent « je ne retrouve pas de travail »,
04:19y compris deux ans après deux ans de recherche.
04:21Vous savez qu'il y a un tiers de gens au RSA qui ont moins de 35 ans.
04:25Est-ce qu'on croit sincèrement que quand on a 25 ans,
04:27on ne peut pas prendre un de ces 500 000 emplois qui sont non pourvus ?
04:30Donc ma proposition, c'est qu'on garde le RSA et on le limite à deux ans
04:34pour les gens qui sont aptes à travailler.
04:36Ça a été fait en Italie et ça a ramené un tiers des gens en direction du travail.
04:40Donc pour vous, pour simplifier, quand on est au chômage depuis plus de deux ans,
04:43qu'on n'est pas handicapé, qu'on a 35 ans, c'est qu'on n'a pas envie de retravailler ?
04:47Non, ça veut dire qu'on peut retravailler.
04:49Et ça veut dire que notre préoccupation, ça ne doit pas être de verser les aides sociales,
04:52ça doit être de ramener en direction du travail.
04:54Vous savez, le social, pour moi, le vrai social, la vraie façon d'aider les gens,
04:59c'est de les ramener en direction du travail.
05:00Et puis, je voudrais rebondir sur le débat qu'on a eu.
05:03Si on économise dessus, si on limite l'assistanat et qu'on limite les abus,
05:07ça veut dire qu'on va pouvoir baisser les charges sociales sur ceux qui travaillent
05:10et donc revaloriser le salaire, sans avoir à passer par une augmentation de TVA.
05:15Et donc, je veux aussi, parce qu'on ne parle jamais de ces personnes,
05:19moi je pense à l'infirmière libérale qui paye 60% de charges.
05:21Je pense à celui qui a un salaire brut de 3 000 euros
05:24et qui finit avec 2 200 euros une fois qu'on a enlevé les charges et l'impôt sur le revenu.
05:28Et donc, ma préoccupation, c'est aussi cette France qui travaille,
05:31qui paye des impôts et qui se dit qu'elle les paye pour que d'autres touchent les aides sociales
05:35alors qu'ils n'en ont pas forcément besoin et qu'ils pourraient travailler.
05:38Laurent Wauquiez, quelle droite voulez-vous effectivement
05:39et dans quelle perspective d'alliance vis-à-vis de 2027 ?
05:42Ça, c'est aussi important.
05:44Le problème, vous dites, il faut un candidat LR à la prochaine présidentielle.
05:47Et quand on regarde aujourd'hui les sondages,
05:48n'importe quel candidat LR seul ne passe pas à la barre du deuxième tour,
05:52fait moins de 10%.
05:52Comment vous pouvez dire aujourd'hui,
05:55on va gagner tout seul sans s'allier avec d'autres parties, du centre notamment ?
05:59Je n'ai jamais dit tout seul.
06:01J'ai dit qu'il fallait qu'on se rassemble.
06:02Ça, c'est essentiel.
06:03Et qu'on voulait un candidat LR spécifiquement ?
06:05Bien sûr.
06:05Et maintenant, là aussi, il y a deux chemins.
06:08Le premier chemin, c'est au fond une droite qui s'efface dans le macronisme.
06:11Ma crainte, c'est que ce chemin-là, c'est celui auquel nous amène
06:14un chef de parti qui est en même temps membre d'un gouvernement macroniste.
06:17Bruno Retailleau dit qu'il n'y aura pas d'accord d'appareil avec d'autres parties.
06:20Il a fait une lettre pour le préciser.
06:22Et vous avez d'ailleurs vu que ça a commencé,
06:24puisque dans les Yvelines, les soutiens de Bruno Retailleau ont commencé à discuter
06:27avec Yael Brun-Pivet, qui est issu du socialisme,
06:30pour se répartir la tâche et aller aux élections municipales ensemble.
06:33Et donc, ça pour moi, c'est la mort de la droite.
06:36Et je ne veux pas ça.
06:37Moi, mon projet, c'est un rassemblement de la droite.
06:40Je souhaite qu'on rassemble la droite.
06:42Ça veut dire quoi, la droite ?
06:43Je vais y venir.
06:45Qu'on la rassemble autour d'un projet.
06:47Ce projet repose sur deux priorités.
06:49La première, on revalorise le travail et pas l'assistanat.
06:52Le deuxième, on remet de la sécurité et de l'ordre dans notre pays.
06:55Ces deux priorités qui caractérisent pour moi la vision de la droite.
06:58Et autour de ça, il faut fédérer des personnalités.
07:02Des personnalités et des Français qui partagent ces valeurs,
07:04quel qu'était leur vote, par le passé, autour d'un projet.
07:07Je vais citer des exemples.
07:09Comme ça, ça permet de le rendre concret.
07:11Gérald Darmanin, pour moi, qui fait un excellent travail comme garde des Sceaux.
07:14Quelqu'un comme Sarah Knafo, qui est quelqu'un qui a de l'énergie,
07:18qui, sur les sujets de dépenses publiques, a eu le courage de secouer les choses.
07:22Vous le savez, moi, j'ai géré ma...
07:22Donc, jusqu'à l'extrême droite.
07:24Sarah Knafo est aujourd'hui numéro 2 du parti reconquête d'Éric Zemmour.
07:27Mais enfin, pardon, vous avez oublié qu'à l'époque, Nicolas Sarkozy
07:30avait rassemblé de Jean-Louis Borloo jusqu'à Christine Boutin.
07:34Il n'a pas été à l'extrême droite.
07:36Mais Sarah Knafo, ça n'est pas l'extrême droite.
07:38C'est-à-dire, l'objectif, c'est de remettre des gens ensemble.
07:41Si on commence avec des oucas et des jugements moraux, on ne s'en sortira jamais.
07:45Je vais aggraver mon compte.
07:46Je pense même qu'il faut qu'on s'adresse à des Français qui ont voté RN,
07:50qui ont été déçus par la droite,
07:52et une droite qui, pour eux, avait trop de paroles et pas assez d'actes,
07:55et qu'il faut qu'on convainque de revenir vers nous.
07:57C'est ça, cette droite que je veux rassembler.
07:59Le rassemblement de la droite.
08:01Mais pour vous, pas Édouard Philippe ?
08:03Pardon, Édouard Philippe, il vient de votre famille.
08:04Il est de centre droit.
08:06Ce n'est pas un gauchiste ?
08:07Non, mais vous avez...
08:09On ne peut pas travailler qu'Édouard Philippe, selon vous ?
08:10Ce n'est pas ça.
08:11Mais vous avez vu le projet d'Édouard Philippe.
08:13Qu'est-ce qu'il propose ?
08:14Il propose d'aller de Anne Hidalgo jusqu'aux Républicains.
08:17Ça s'appelle le macronisme sans Macron.
08:20Édouard Philippe, aux élections législatives,
08:21il a appelé à voter pour le Parti communiste.
08:24C'est lui qui a fait les 80 km heure,
08:26qui a fermé Fessenheim, la centrale nucléaire,
08:28qui a capitulé à Notre-Dame-de-Lande,
08:30qui a augmenté la CSG sur les retraités.
08:32Quand il était Premier ministre,
08:34le déficit a explosé.
08:35C'est la première fois où il a été aussi grave.
08:37Moi, ce n'est pas mes convictions.
08:39Et donc, vous m'interrogez.
08:41Oui, il y a deux chemins.
08:42Il y a un chemin qui est un peu de gauche,
08:44un peu de centre, un peu de droite,
08:45beaucoup de rien du tout.
08:46Et le rassemblement de la droite.
08:47Vous avez compris que moi, c'est le deuxième.
08:49Deux questions rapidement pour finir.
08:50Laurent Wauquiez.
08:50Qu'est-ce que vous ferez lundi matin ?
08:52Lundi matin, je serai président des Républicains.
08:54Et la première chose que je ferai,
08:58président, pour qu'on fasse ce duo que je l'ai proposé,
09:00je suis le seul à l'avoir fait.
09:02Pas un duel, mais un duo.
09:03Pour additionner, pas diviser.
09:05Si jamais vous perdez,
09:05c'est peut-être aussi une option possible.
09:07Il n'y aura pas de contestation ?
09:08Vous accueillez Bruno Rotaillot comme président des LR ?
09:11Je ne perdrai pas.
09:13On a compris.
09:14Dernière question sur Bétarame.
09:15Le Premier ministre a auditionné tout à l'heure
09:16à l'Assemblée nationale devant la commission d'enquête parlementaire.
09:19S'il s'avère, pendant cette audition,
09:20ou après qu'on voit que François Bayrou a menti un moment,
09:22on n'a pas dit toute la vérité,
09:24selon vous, il doit démissionner ?
09:28Je suis dur avec ce Premier ministre
09:29parce que je trouve qu'il ne fait rien en ce moment.
09:32Et je ne veux pas instrumentaliser cette affaire.
09:34C'est un drame, c'est une tragédie.
09:35Il y a des familles qui ont été touchées.
09:37Moi, je suis parent.
09:38Notre préoccupation à tous,
09:40c'est comment est-ce qu'on protège nos enfants
09:41face à ces prédateurs.
09:43Et je trouve indigne le comportement de la France insoumise
09:45de chercher à le récupérer politiquement.
09:47Donc je ne me livrerai pas à ce genre de choses.
09:50Laurent Wauquiez, candidat à la présidence de LR,
09:51était l'invité des 4h.
09:52Merci à vous.
09:52Merci.
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