Passer au playerPasser au contenu principal
  • il y a 4 semaines
Ce lundi 7 septembre, Igor De Maack, dirigeant associé de Vitalépargne et Xavier Patrolin, président d’Albatros Capital, étaient les invités de l'émission BFM Bourse présentée par Guillaume Sommerer. BFM Bourse est à voir ou écouter du lundi au vendredi sur BFM Business.

Catégorie

📺
TV
Transcription
00:01BFM Bourse, le club de la bourse.
00:04Le club est ouvert, tout le monde est en place, ça y est, ils sont arrivés, nos deux experts ce
00:07soir.
00:07Xavier Patrolin, le président d'Albatros Capital, bonsoir Xavier.
00:10Bonsoir.
00:11Et Igor Demac, qui vient de nous rejoindre aussi, bonsoir Igor.
00:14Bonsoir Guillaume.
00:14Dirigeant associé de Vital Epargne, notre CAC est en hausse de 0,3%,
00:18Wall Street est fermé aujourd'hui, c'est la fête du travail aux Etats-Unis.
00:20Le CAC est en hausse, mais le DAX à Francfort est en baisse.
00:23Alors, rien de méchant, mais quand même, il se distingue le DAX, il recule de 0,2%,
00:27et c'est vrai que le 10 ans allemand se tend un peu, pas beaucoup,
00:30mais un peu plus que les autres aujourd'hui en Europe.
00:32Le 10 ans allemand a 3,40 quasiment, on est à 3,39 en ce moment.
00:35La victoire de l'AFD dans ce land d'or allemand commence-t-elle à échauffer,
00:39échauder les marchés et si la dynamique de l'AFD, donc ce parti d'extrême droite allemand,
00:44se poursuivait, se confirmait dans les prochaines élections,
00:46est-ce que pour les marchés, ça deviendrait un problème de plus ?
00:49Igor ?
00:51Je crois que c'est un mouvement, la « droitisation » de l'Europe qui a démarré il y a
00:55longtemps,
00:56on en discutait avant, le premier pays à l'avoir connu, c'est peut-être l'Italie,
01:00en fait, qui est toujours à l'avant-garde, contrairement à ce qu'on peut penser
01:03de beaucoup de mouvements politiques avec Berlusconi,
01:06et puis ça s'est étendu dans d'autres pays en Europe, et puis de par le monde,
01:11et puis les investisseurs financiers.
01:12Berlusconi avait précédé Donald Trump, en fait.
01:14Oui, oui, mais tout comme le mouvement 5 étoiles a peut-être précédé LFI,
01:19donc c'est toujours un laboratoire, parce que c'est des gens qui ont un peu plus d'histoire que
01:22nous,
01:22déjà, politique.
01:23Et puis, les investisseurs financiers, en fait, ils s'étaient assez peu intéressés
01:28au fait que la Chine était un parti unique et pas une démocratie,
01:33et ils investissaient, ils achetaient des produits.
01:35Donc, moi, je ne crois pas tant que ça à l'influence de ce genre d'événements politiques.
01:41Après, si un parti politique arrive dans un pays clé et qui remet en cause
01:45le système capitaliste mondial, mais il n'est pas encore né,
01:49puisque même les communistes l'ont adopté, donc c'est ça qui importe les investisseurs.
01:53Après, il y a des tensions sur la dette en fonction des échéances,
01:56mais celui en général qui investit avec son bulletin de vote et sa carte électorale,
02:01et on l'a vu pour les deux élections de Trump, pour le Brexit, pour aussi des élections italiennes,
02:05se retrouve finalement assez perdant sur la longueur,
02:09parce que ce qui dirige les marchés financiers, c'est la création de valeurs,
02:13c'est les ruptures technologiques, évidemment, dans un contexte monétaire qui est sain,
02:18qui est stable, mais les banques centrales, les très grosses capitalisations boursières
02:21ont plus de pouvoir maintenant que certains partis politiques.
02:24Oui, et dans le DAX, les entreprises du DAX ne dépendent du marché allemand
02:28qu'à hauteur de 20%, donc de ce point de vue, le marché relativise.
02:32Il relativise aussi peut-être dans la mesure où donc ce lander,
02:34où l'AFD arrive en tête et devient majoritaire, ce lander a un profil assez particulier en Allemagne,
02:40c'est le lander le plus pauvre d'Allemagne, pas très peuplé,
02:43il ne représente que 3% du corps électoral allemand.
02:45Mais n'empêche, l'AFD remporte les élections dans ce lander,
02:48et on a un mouvement de fond, élection après élection,
02:50en faveur de plus en plus de l'AFD et de l'extrême droite allemande.
02:53Est-ce que pour les marchés, ça peut devenir un nouveau sujet ?
02:57Oui.
03:00Très clairement, puisque pour l'Allemagne, il y avait une forme de bipédie,
03:04d'artisme, il y avait la démocratie chrétienne et le SPD,
03:09ces deux sont en train de s'effondrer,
03:11enfin, en tout cas, de très fortement baisser, au profit de l'AFD.
03:15Aujourd'hui, s'il y avait des élections législatives en Allemagne,
03:19l'AFD serait très clairement, le premier parti serait en situation de tête.
03:25Est-ce qu'il serait capable de constituer un gouvernement,
03:27parce qu'il y a toujours des grandes coalitions en Allemagne ?
03:30La question se poserait, mais à aujourd'hui, l'AFD est probablement,
03:34le premier parti politique en Allemagne.
03:37Donc ça, c'est déjà, si ce n'est une révolution,
03:40pour un pays qui est chargé historiquement, c'est déjà pas rien.
03:45Non, ce que je trouve relativement inquiétant,
03:47c'est la concomitance des phénomènes,
03:50on l'a aussi en Espagne, on l'a en Italie,
03:52on l'a en France, on le verra au cours de cette année électorale.
03:57On a un phénomène quand même de profonde interrogation des populations européennes.
04:03Donc c'est un sentiment global de déclassement.
04:05Alors l'Allemagne, ce n'était pas le candidat naturel,
04:08mais on voit que depuis le conflit russo-ukrainien,
04:12la problématique énergétique,
04:13ce que tu faisais, je crois, en fin de semaine dernière,
04:17tu rappelais le plan d'ajustement chez Volkswagen,
04:21l'industrie allemande, qui est quand même un pilier central
04:25de l'économie et l'industrie automobile,
04:29de l'économie allemande,
04:31connaît des difficultés très grandes.
04:33Et ça, ça a forcément un corollaire social,
04:37et pas uniquement dans les lenders les plus pauvres.
04:40Donc non, je pense que c'est un signal très puissant.
04:42Et ça veut dire que, bah oui, l'Europe est confrontée
04:47à une interrogation profonde.
04:49Et donc si les dirigeants européens ne se réveillent pas
04:53face au modèle de développement,
04:55face au fond à la stagnation économique
04:57dans laquelle ils se trouvent,
04:59c'est ce que, au fond, c'est ce qui,
05:01c'est ce que, si on compare...
05:04Et stagner quand on...
05:05Tu parlais, Igor, de création de richesses.
05:07Et non, il n'y a pas création de richesses.
05:08Il y a une création de richesses peut-être pour les actionnaires.
05:10Oui, il y a une création de richesses
05:11pour ceux qui sont investis sur les marchés actions.
05:15Mais pour monsieur Tout-le-Monde,
05:16il n'y a pas création de richesses.
05:17La première création de richesses,
05:19c'est avoir un job,
05:20et un job qui est plutôt bien rémunéré.
05:22Mais ça, c'est en train de disparaître.
05:23C'est en train de disparaître en Europe.
05:25Et donc, en voyant Ursula von der Leyen
05:29passer, notamment au séminaire du MEDEF,
05:35il y avait un décalage profond
05:39entre la réalité économique
05:42et ce qui est en train de se passer
05:43aussi bien aux États-Unis
05:44ou ce qui est en train de se passer en Asie.
05:45Et donc, l'Europe est dans une phase de stagnation
05:49depuis une dizaine,
05:50depuis une quinzaine d'années.
05:51Au fond, l'épisode Lehman Brothers
05:53a laissé des stigmates terribles.
05:55La désindustrialisation française avait commencé avant.
05:57Elle s'est accélérée au moment de Lehman Brothers.
05:59Le conflit russo-ukrainien
06:01enclenche une désindustrialisation
06:04accélérée en Allemagne.
06:05Et là, je veux dire,
06:07ça, pour coup,
06:08c'est un signal extrêmement puissant.
06:09Donc, la réponse à des populations
06:12qui expriment, je veux dire,
06:16leur courroux,
06:17leur critique,
06:18c'est d'aller chercher
06:19les solutions alternatives.
06:21Elles n'ont pas d'autre choix.
06:23Et donc, les marchés d'action,
06:24les marchés financiers
06:25seraient bien inspirés
06:27de regarder cette prime de risque politique.
06:29Je ne suis pas sûr
06:30que le mouvement sur les Bund
06:31intègre ça.
06:32Le mouvement sur les Bund,
06:33actuellement,
06:34il intègre un grand mouvement
06:35sur le marché obligatoire.
06:37Il n'y a pas de prime de risque politique
06:38encore dans le Bund allemand.
06:39Il y en a peut-être une
06:39qui apparaît sur le 10 ans français,
06:41mais pas encore sur le 10 ans allemand.
06:42Exactement.
06:43D'accord.
06:44Sur le 10 ans français,
06:45il est très loin de la réalité.
06:48Oui.
06:4810 ans français,
06:49s'il intégrait vraiment
06:49la prime de risque politique,
06:50il devrait être plus haut que ça ?
06:52C'est le sentiment,
06:53au moins que j'ai,
06:53c'est...
06:55Évidemment,
06:56on est un peu lié avec l'Allemagne,
06:58mais on a expérimenté
06:59le problème
06:59des désindustrialisations
07:01bien avant eux.
07:03Eux, ils sont touchés
07:04sur leur plus grosse industrie,
07:05je pense que ça va mettre
07:07des années avant qu'ils puissent,
07:09et c'est même pas sûr
07:10qu'ils puissent faire concurrence
07:12aux Etats-Unis
07:12ou aux Chinois
07:13sur l'automobile.
07:15Oui.
07:15Et ils peuvent reconvertir
07:16dans la défense,
07:16c'est ce qu'ils font peu à peu,
07:17leur chaîne automobile.
07:18Alors après, évidemment,
07:19un parti d'extrême-loi
07:20qui arrive au pouvoir,
07:21l'industrie de défense allemande
07:23qui se renforce,
07:23c'est sûr qu'il se renforce.
07:24Ça nous rappelle quelque chose.
07:25Je pense que les voisins,
07:26bon, évidemment,
07:28on n'est pas du tout
07:28dans un contexte
07:29qui est similaire.
07:30Il faut quand même
07:31faire très attention
07:31aux comparaisons,
07:32surtout que les gens
07:32qui les font
07:33n'ont pas connu ces périodes.
07:35Donc, je pense qu'il y a un sujet,
07:37et on l'a bien vu en Islande,
07:38qui est un tout petit pays
07:39qui a refusé
07:40de continuer
07:42les discussions d'adhésion
07:44à l'Union européenne.
07:45Donc, ce discrédit
07:46de l'Europe politique,
07:47il est là.
07:48Il y a une Europe
07:49de l'épargne
07:50qui est gigantesque.
07:51D'ailleurs, c'est la seule chose
07:52qui intéresse nos concurrents.
07:54Ils ne veulent pas du tout
07:54nous envahir
07:55parce qu'ils veulent venir
07:56en vacances
07:57et capter notre épargne
07:58pour vendre leurs produits,
07:59leurs matières premières.
08:00Mais il y a une des cotes
08:01sur l'Europe politique
08:02qu'on voit sur les marchés
08:03boursiers depuis longtemps
08:04parce qu'il y a un écart
08:05de performance.
08:06Alors, c'est lié
08:07à une création de valeur
08:08qui est moins forte
08:09qu'aux États-Unis,
08:10à une croissance globale
08:11parce que,
08:12du point de vue microéconomique,
08:13la Chine, c'est peu clair.
08:14Mais voilà,
08:15c'est normal
08:16que nos marchés européens
08:17soient à la traîne
08:19boursièrement.
08:19Mais il y a encore
08:20des entreprises,
08:21évidemment.
08:21Heureusement, d'ailleurs.
08:22Oui, oui.
08:22Sinon, je ne sais pas
08:24comment on arrivera
08:24à faire nos 0,5 ou 100%.
08:26Mais ce qu'on se dit,
08:27c'est que cette montée
08:28de plus en plus,
08:29que ce soit à gauche
08:29ou à droite,
08:30des populismes,
08:31c'est un signe
08:31de fragmentation politique
08:32et donc,
08:33c'est une incapacité
08:34sans doute croissante
08:35pour les partis du centre,
08:37on va dire,
08:37traditionnels,
08:38d'oser de vraies réformes.
08:40C'est-à-dire qu'on risque
08:40de voir des partis
08:41de gouvernement,
08:42tant qu'ils restent encore
08:43au pouvoir,
08:44choisir des mesures
08:45de plus en plus court-termistes,
08:47électoralistes
08:47pour garder ce qu'ils ont
08:48encore d'électorat
08:49plutôt que des mesures
08:50courageuses visant à renforcer
08:51la croissance future.
08:52C'est ça, le risque ?
08:53Disons que la démocratie,
08:54par rapport à la dictature,
08:55c'est le pouvoir donné au peuple
08:57de changer de dirigeant.
08:58Oui.
09:00Et j'allais dire,
09:01peu importe les raisons,
09:02le cadre institutionnel,
09:04c'est ça,
09:04par une loi de majorité.
09:06Si on continue
09:07à avoir des stratagèmes
09:08pour empêcher les gens
09:09d'exercer leurs droits
09:11démocratiques,
09:12ça ne sert à rien
09:13de critiquer les Chinois,
09:14les Russes,
09:15certains autres régimes.
09:17Donc, de toute façon,
09:19si ces votes ont lieu,
09:21c'est bien parce que
09:22les gens sont mécontents.
09:23Vous avez parlé de Kourou,
09:25le déclassement,
09:27le fait d'être dilué
09:29dans un monde
09:30où certains plus défavorisés
09:32sont à côté.
09:33Mais je pense qu'un Pakistanais
09:35veut vivre au Pakistan,
09:36un Européen veut vivre en Europe
09:38et l'Europe souffre aussi.
09:39Quelque chose qu'on ne dit
09:40pas du tout assez,
09:42c'est qu'un Français
09:43restera Français,
09:44un Allemand restera
09:45et c'est très difficile
09:47de faire un homo europeus.
09:49Ce qui n'empêche pas
09:49un projet politique.
09:50Ça n'empêche pas du tout
09:52ce qui a été fait.
09:52Que le monde entier regarde
09:53avec pas mal de...
09:54La CK autour du charbon,
09:56de l'acier,
09:57l'euro,
09:57j'allais dire,
09:58Airbus,
09:59c'est des très bons projets.
10:00Donc, ça veut dire
10:01qu'on peut se mettre ensemble.
10:02En revanche,
10:02essayer d'agglomérer
10:04tous ces gens.
10:05Vous parlez du Lender,
10:06Est-Allemand,
10:07c'est-à-dire
10:08l'Allemagne de l'Est,
10:09c'est le laissé pour compte
10:11de l'Allemagne.
10:11Vous allez en Allemagne de l'Est,
10:12les gens sont 30 à 40%
10:14plus pauvres,
10:14le taux de chômage
10:15est plus élevé.
10:16Donc, il y a des vrais sujets.
10:18Et donc, il faut prendre en compte
10:19ces réalités
10:20et peut-être être un peu innovant
10:22sur ce qu'on veut faire de l'Europe.
10:25Pas des espèces de technostructures
10:27avec des montagnes d'argent
10:28déversées à droite, à gauche.
10:29Être beaucoup plus agile.
10:31Mais est-ce qu'on peut encore l'être
10:32face aux deux géants ?
10:33Ce n'est pas sûr.
10:34Oui, mais ce qui est frappant,
10:34c'est que les États-Unis,
10:35qui pour le coup,
10:36sont en pleine bourre économique,
10:37alors c'est sans doute
10:38grâce à l'intelligence artificielle
10:39essentiellement,
10:40grâce aux investissements
10:41des acteurs de l'IA
10:42dont on peut penser ce qu'on veut,
10:43mais ils ont une croissance économique
10:44qu'on leur envie, les Américains.
10:46Ça n'empêche pas,
10:46alors Donald Trump
10:47d'avoir été élu,
10:48et puis ça n'empêche pas,
10:49par exemple,
10:49sur le marché du travail,
10:50c'est le Wall Street Journal
10:51qui publie cette étude,
10:52de voir le taux d'emploi
10:54des non-diplômés
10:55atteindre un plus haut de 20 ans,
10:56le taux d'emploi
10:57des non-diplômés
10:58un plus haut de 20 ans,
10:58alors que le taux d'emploi
10:59des personnes plus diplômées,
11:01au contraire,
11:01est à un plus bas de 20 ans.
11:03C'est-à-dire qu'aujourd'hui,
11:03mieux vaut aux États-Unis
11:04ne pas avoir de diplôme
11:05pour trouver un job
11:07qu'avoir plusieurs années
11:08d'études derrière soi.
11:10Ça va mener où, ça ?
11:11Dans une économie
11:12qui, elle,
11:12est en pleine croissance,
11:14quand même, Xavier ?
11:16Oui, mais ça,
11:17c'est...
11:18L'élection de Donald Trump,
11:19la première comme la deuxième,
11:21c'était le symptôme
11:23d'une économie,
11:24d'une société américaine
11:25qui allait très mal.
11:26Je ne vais pas ici me faire
11:27l'exégèse du déclassement
11:31de la classe moyenne américaine.
11:33Il est à l'œuvre.
11:34Il est à l'œuvre depuis,
11:37j'allais dire,
11:38depuis Clinton,
11:38en tout cas depuis Obama.
11:41Et donc...
11:41Mais la différence,
11:42c'est que, désormais,
11:43les personnes non diplômées
11:44trouvent plus facilement un emploi,
11:45les personnes diplômées
11:46en trouvent moins.
11:47Oui, mais c'est des salaires de misère.
11:50C'est des gens qui vivent
11:51dans des camping-cars,
11:54c'est des millions de gens
11:55qui vivent dans des camping-cars.
11:56Non, c'est pas le Golden Age.
12:00Le Golden Age,
12:01c'est réservé aux millions...
12:04Enfin, c'est vraiment réservé
12:05à une toute petite élite.
12:07C'est rien du tout.
12:08Et encore,
12:08c'est sur la côte Est
12:10ou la côte Ouest.
12:11Quand on est dans le...
12:12Quand on est dans le...
12:15Mid-Ouest.
12:15Dans le Middle-Ouest.
12:17Là, c'est une autre paire de manches.
12:18Donc ce déclassement,
12:19il est à l'œuvre
12:19dans toutes les sociétés.
12:20Il y a un double phénomène.
12:22Il y a le déclassement
12:23pour des raisons économiques.
12:24Il y a le vieillissement démographique.
12:26Et c'est ça qui est terrible
12:27pour en revenir au sujet européen
12:30parce que l'Allemagne...
12:32L'Allemagne, c'est quoi ?
12:33C'est un pays...
12:34L'Allemagne, c'est une société
12:35qui perd 200 000...
12:38200 000 individus
12:40tous les ans.
12:40C'est-à-dire le solde naturel
12:43entre les naissances
12:44et les décès,
12:45c'est moins 200 000.
12:46200 000, c'est la ville de Bordeaux.
12:48La ville Bordeaux intra-amion.
12:49Une ville de Bordeaux
12:49qui disparaît tous les ans en Allemagne.
12:51Même chose en Italie.
12:53D'accord ?
12:53Donc si tu fais une petite consolidation
12:55au niveau de l'Union européenne,
12:57ça fait un demi-million de personnes
12:58qui disparaissent tous les ans en Europe.
13:02Donc la stagnation, elle commence là.
13:05Tu as un problème migratoire
13:07parce qu'évidemment,
13:07quand tu as ce cycle démographique,
13:09tu mets de l'immigration en face.
13:12Mais si tu n'as pas une croissance
13:15économique puissante, redistributive...
13:17Je ne vais pas ici employer un terme marxiste pour autant,
13:19mais au sens redistributif,
13:21ça ne marche pas.
13:23Et si de surcroît,
13:23tu te prends un coût énergétique,
13:26parce qu'on n'a pas mesuré
13:26ce qui s'est passé au moment
13:27du conflit russo-ukrainien.
13:29Le conflit russo-ukrainien,
13:30c'est une révolution copernicienne.
13:32Est-ce que ça fait basculer ?
13:33Pour l'Allemagne,
13:34mais enfin, les prix du gaz
13:35ont bien baissé depuis,
13:35même s'ils remontent un peu.
13:37Ça s'est détendu sur les prix du gaz
13:38pour l'Europe.
13:39Ils sont quand même
13:40trois à quatre fois supérieurs
13:41à ce qu'ils sont aux Etats-Unis.
13:44Alors, pas partout en Asie,
13:45parce qu'en Asie,
13:46ils sont quand même relativement élevés.
13:47Mais les coûts énergétiques
13:48sont deux à trois fois supérieurs.
13:50Donc déjà, là, on a un problème
13:51et on ne l'a pas résolu.
13:52Et on n'arrive pas à restocker,
13:54puisqu'on est sur des plus bas de 15 ans
13:55en matière de réserve de gaz
13:56à deux mois de l'hiver,
13:57de trois mois de l'hiver.
13:58Donc, on est au cœur
13:59de ces contradictions.
14:01Donc, si tu veux,
14:02les dirigeants européens
14:03poursuivent un objectif...
14:05Moi, je suis souverainiste,
14:06je ne vais pas m'en cacher ici.
14:08Les dirigeants européens
14:09poursuivent un objectif
14:10qui est rentré perpendiculaire
14:15aux aspirations profondes
14:16d'une grande partie,
14:17alors pas peut-être encore majoritaire,
14:19des populations européennes.
14:20Mais c'est en train de le devenir.
14:22Donc, ou ils s'ajustent,
14:23ou ils ne s'ajustent pas.
14:24Ce n'est pas à l'Elysée
14:25qu'on décide des prix de l'essence,
14:26ou du baril de Brent,
14:29qui remonte d'ailleurs encore aujourd'hui.
14:30C'est un autre sujet,
14:31c'est qu'en fait,
14:32ce qu'on constate
14:34avec les conflits,
14:36c'est qu'on n'a plus du tout
14:37la main sur l'économie.
14:38Donc, quand on dit
14:39tel ou tel potentiel candidat présidentiel
14:43à un programme économique,
14:45on le voit après dix ans,
14:46malheureusement,
14:47de quelqu'un qui nous était présenté
14:48comme ultra-libéral.
14:50En fait, l'économie se passe
14:51en dehors de chez nous.
14:53Beaucoup.
14:53Les grandes, entre guillemets,
14:55masses qui influent sur notre vie,
14:57c'est-à-dire les coûts de l'énergie.
14:59La politique monétaire,
15:00c'est quand même très guidé par la Fed,
15:02parce que la BCE,
15:04elle protège la cagnotte
15:06gérée par les Allemands de l'euro,
15:07mais on est complètement influencé
15:09par les marchés de capitaux américains.
15:11Quand on voit les masses,
15:12regardez les capitations boursières
15:13d'Apple, d'Alphabet,
15:14c'est une à une fois et demie
15:17notre PIB, notre dette.
15:19Donc, on est complètement noyé
15:20par ces masses-là.
15:21Donc, c'est vrai que l'économie
15:23nous a échappé,
15:24à part, effectivement,
15:25donner des prestations,
15:27de l'argent,
15:28qu'on ponctionne soit sur le travail,
15:30soit sur l'épargne,
15:31soit sur les deux.
15:32Et donc, ça,
15:33c'est un système
15:33qui commence à être vraiment
15:36très fragilisé
15:37par l'intelligence artificielle
15:38et par les deux blocs,
15:40États-Unis, Asie, IA.
15:41À mon avis,
15:42pour revenir au sujet
15:43d'investisseurs,
15:45on ne peut pas construire
15:46des portefeuilles
15:46sans les États-Unis,
15:47sans l'Asie
15:48et sans la tech.
15:48Alors, la tech,
15:49après, il y a plein de façons
15:50de le faire.
15:51Il ne faut pas acheter les indices,
15:53il faut essayer
15:53d'aller vers des secteurs,
15:54mais là,
15:55c'est ce qui tire complètement
15:57l'histoire économique actuelle,
15:58enfin, me semble-t-il.
15:59– Oui, sauf que,
16:01oui, oui,
16:02c'est la question.
16:03On est au Carrefour
16:04d'énormément d'enjeux
16:05à la fois.
16:07Effectivement,
16:07on a un baril de pétrole.
16:08Alors, qui remonte,
16:08on est à 98 dollars,
16:09là, ce soir,
16:10sur le Brent.
16:10On est encore en haut.
16:11– Ça, c'est un impôt pour nous.
16:12– Oui.
16:13Et sur les 24 dernières heures,
16:14seuls 8 navires
16:15ont franchi le détroit d'Armose.
16:168 navires.
16:16Et donc,
16:17on rebascule vers les 100 dollars.
16:19– Donc, c'est un nouveau conflit
16:20qui est,
16:21entre guillemets,
16:22je finis juste,
16:23qui est très, très,
16:25entre guillemets,
16:26pénalisant pour l'Europe.
16:28Voilà.
16:28Et c'est comme le conflit ukrainien
16:30qui est très pénalisant
16:30pour l'Europe,
16:31pour les Ukrainiens,
16:32mais pour l'Europe aussi.
16:33– Xavier Brulle
16:34de vous interrompre.
16:35Xavier, allez-y, allez-y.
16:36– Non, non, mais,
16:37sur le prix du baril.
16:39– Oui.
16:39– Le prix du baril,
16:40moi, je crois que je l'ai dit
16:41une ou deux fois sur ce plateau,
16:42je ne l'ai jamais compris
16:44depuis le début
16:45des bombardements
16:47israélo-américains,
16:48mais enfin,
16:49principalement américains,
16:49en Iran.
16:51Et le blocage
16:52du détroit d'Armose.
16:53On t'aurait dit ça
16:54il y a un an.
16:55On aurait fait
16:56cette émission
16:57il y a un an.
16:58On fait un exercice de style.
17:00Dans quelques mois,
17:01le détroit d'Armose
17:02va être bloqué.
17:03Le prix du baril
17:04sera à combien ?
17:05– On l'imaginait
17:06à 150 ou 200 dollars.
17:07– À combien a-t-il été ?
17:08– On est à deux fois moins.
17:09– Voilà.
17:10Donc, il y a quelque chose
17:11qui ne colle pas.
17:12Alors, ça ne colle pas.
17:14– Si, c'est qu'il y a
17:14de la production américaine
17:15désormais de pétrole,
17:16quand même.
17:17Les Américains sont indépendants.
17:17– Non, c'est surtout
17:18qu'on a activé…
17:18– Non, c'est surtout
17:19qu'on a activé…
17:19– Il y a du remontage aussi.
17:21– Il y a des réserves chinoises.
17:23– Voilà, c'est ça.
17:23On a activé des stocks
17:24dits stratégiques ou autres.
17:25Et puis, les Chinois
17:26sont sortis du jeu.
17:27Ils sont restés…
17:28Mais ça, ça ne peut pas
17:29tenir très longtemps.
17:30– Oui, ce n'est pas infini.
17:31– Ce n'est pas infini.
17:32Donc, le prix politique
17:38du baril,
17:38il est forcément supérieur
17:40à 100 dollars.
17:40Forcément.
17:41C'est, je ne sais pas,
17:42mais en tout cas,
17:43forcément supérieur.
17:44Donc, moi,
17:44je n'ai jamais compris.
17:46Je n'ai jamais compris.
17:47– Oui, après, tu es…
17:48– Mais c'est une bonne nouvelle.
17:49On s'en réjouit.
17:50Tant mieux si le pétrole
17:51est plus bas
17:51que ce qu'on aurait pu imaginer.
17:52Voilà.
17:53Même si ça va pousser
17:54la BCE à relever ses taux
17:55une nouvelle fois jeudi,
17:56probablement,
17:57de façon justifiée.
17:58– C'est une situation transitoire
17:59puisque là,
18:00on ne voit pas…
18:01On voit probablement
18:02ce qui est en train
18:02de se passer
18:03entre l'Empire Perse
18:07et l'oncle Sam.
18:08C'est une guerre froide,
18:14une guerre d'usure
18:14parce que les Iraniens
18:15vont tout faire.
18:16Ils ne veulent surtout pas
18:18concéder le moindre accord
18:19avec cette administration.
18:20S'il signe un accord,
18:21s'il y a une évolution
18:22diplomatique de moyen terme,
18:24elle se fera
18:24avec une nouvelle administration,
18:26au moins une administration
18:27qui tient ses engagements politiques
18:28et qui tient le droit
18:29comme une référence.
18:31– Et dans ce contexte
18:32qu'on décrit,
18:32la BCE va relever ses taux
18:33à nouveau,
18:34sans doute, jeudi.
18:35Alors, je sais que vous allez me dire
18:36« Ah, mais ça ne sert à rien
18:37de relever les taux.
18:38Relever les taux
18:38n'empêchera pas
18:39les cours du pétrole
18:39de monter. »
18:40– Oui, mais face à l'inflation,
18:41elle doit tenir sa...
18:43préserver sa crédibilité.
18:44C'est son job
18:44et son mandat.
18:45Du coup, est-ce que vous la comprenez
18:46quand même,
18:47cette hausse de taux à venir,
18:47Igor ?
18:47– Il y a un relèvement de taux
18:49et il y a l'erreur monétaire.
18:52Avec un gros doigt,
18:53on monte les taux trop forts.
18:54Donc là, on casse tout
18:55parce qu'effectivement,
18:57on va créer de la récession.
18:59Mais vu qu'on est dans
19:00un environnement mondial inflationniste,
19:02je crois que l'inflation mondiale
19:03a dû prendre 0,6
19:04depuis quelques mois,
19:06qu'aux États-Unis,
19:07ce n'est pas la zone euro,
19:09mais c'est quand même très important.
19:10On est à 3,7.
19:11Ça fait plus de 60 mois
19:12qu'on est au-dessus
19:13de l'objectif de 2%
19:14et qu'en fait,
19:15les chocs inflationnistes
19:16se chevauchent
19:17et puis il y en a un
19:17qu'on n'arrive pas trop à expliquer
19:19mais qui se produit,
19:20c'est l'intelligence artificielle
19:21qu'aujourd'hui,
19:22alors que ça devait être
19:23une rupture technologique
19:24et comme toute rupture technologique,
19:25ça fait baisser les coûts.
19:27Pour l'instant,
19:27ça ne fait que les augmenter
19:28sur les mémoires,
19:29sur les PC,
19:30sur les mêmes terrains
19:31qu'il n'y a que
19:31les data centers.
19:33Donc, je pense qu'elle n'a
19:34pas beaucoup de choix
19:35qu'au moins montrer
19:37qu'elle le prend en compte.
19:38Après, on ne peut pas monter
19:40trop vite les taux.
19:41Vous voyez, la France
19:42est à 117%
19:45de ratio de dette sur PIB.
19:46On a des situations,
19:48même si en France,
19:49il y a beaucoup
19:49d'épargne privée,
19:50mais les secteurs
19:51des petites entreprises,
19:52elles ne peuvent pas supporter
19:53un coût de la dette
19:54trop important trop vite.
19:56Donc, l'inflation,
19:58c'est vrai que
19:59c'est très dangereux
20:00s'il n'y a pas de croissance.
20:01Et donc,
20:02c'est la réponse.
20:03C'est-à-dire que
20:03chez nous,
20:03il n'y a pas de croissance.
20:04Aux États-Unis,
20:05on n'est pas en stagflation.
20:06Chez nous,
20:08on frise la stagflation.
20:09Et la stagflation,
20:11c'est l'annonce
20:11d'une déflation séculaire.
20:14Ah, ça faisait longtemps.
20:16Il y a la cloche,
20:16c'est Chris.
20:18Chris, le réalisateur
20:19de BFM Bourse,
20:19qui nous écoute,
20:20qui vous écoute,
20:21messieurs,
20:21et vous interroge
20:22depuis la régie.
20:23Chris, on t'écoute.
20:26Messieurs les cloveurs,
20:27bonsoir.
20:28Dites-nous,
20:28pour la fin de l'année,
20:29qu'est-ce qui va vraiment
20:30faire bouger les marchés ?
20:32Plutôt la tech
20:33ou plutôt les taux ?
20:35Les taux.
20:36Les taux ou la tech ?
20:37Les taux.
20:37Les taux.
20:39Les taux ou les taux ?
20:40C'est trop facile.
20:40Pourquoi les taux
20:41plutôt que la tech ?
20:42Ça fait des années
20:42qu'on dit les taux
20:43et c'est la tech
20:43qui fait la loi.
20:44Pourquoi cette fois
20:45ce serait les taux ?
20:46Xavier.
20:50Parce qu'on se rapproche
20:53en taux nominal,
20:54que ce soit aux Etats-Unis,
20:56alors je prends le taux
20:56de référence,
20:57c'est le 10 ans,
20:59c'est la même chose au Japon,
21:01les taux nominaux
21:02sont très proches,
21:04voire supérieurs
21:05au taux de croissance
21:07nominal des économies.
21:09Ça, c'est une situation
21:10qui est très particulière
21:11qu'on n'a pas connue
21:12depuis plus d'une décennie.
21:14Puisque le propre
21:15de la période
21:16qui précède,
21:17c'est d'avoir des taux
21:17réels négatifs,
21:18très faibles.
21:19Mais c'est un raisonnement
21:21économique,
21:22ce n'est pas un raisonnement
21:22de marché.
21:22Sur les marchés,
21:23la tech fait monter
21:24les capis,
21:26il n'y a pas de souci,
21:27la tech est là.
21:28Donc les marchés
21:29peuvent monter grâce à la tech
21:30même si les taux
21:31restent élevés ?
21:32Non, parce qu'on est
21:33en train de voir...
21:34Jusqu'ici, ça a marché.
21:35Oui, bien sûr,
21:36je ne dis pas le cycle.
21:38Effectivement,
21:39il y a deux cycles
21:39qui s'opposent.
21:40Il y a deux cycles
21:41qui s'opposent.
21:41Il y a le cycle
21:43industriel
21:44et le cycle financier.
21:46D'ailleurs,
21:46les deux s'auto-entretiennent
21:48d'une certaine façon.
21:49J'observe quand même
21:50que du point de vue
21:50de la dette privée,
21:51aux États-Unis,
21:52on ferme à nouveau
21:53des fonds.
21:54C'est-à-dire qu'il y a des fonds,
21:56la décollecte s'accélère
21:57et on empêche
22:00cette décollecte
22:00de s'accélérer.
22:01Donc ça veut dire
22:02qu'il y a quand même
22:03du risque
22:03qui est en train d'apparaître.
22:05Donc le coût de financement
22:07est en train de gripper,
22:09est en train de prendre
22:09et le fait
22:09qu'il y ait
22:10des grandes introductions,
22:11notamment la prochaine
22:13d'Entropique,
22:13l'objectif d'Entropique
22:14en s'introduisant,
22:16c'est injecter
22:17des fonds propres
22:17et surtout déléverager
22:18sa structure.
22:21Je pense qu'ils réussiront.
22:23Après,
22:23est-ce qu'ils arriveront ?
22:24D'ailleurs,
22:24on l'a vu aussi
22:25avec SpaceX.
22:26SpaceX,
22:27à peine avait-il fait
22:28une augmentation de capital
22:29qu'immédiatement,
22:30il y a eu une émission
22:31obligataire
22:31à Mauscosno
22:32qui a suivi.
22:33On a vu
22:33qu'il y a un plan
22:34d'investissement
22:35très important.
22:36Donc moi,
22:36j'ai tendance à penser
22:37que le cycle
22:37de financement,
22:39donc les taux d'intérêt,
22:40le niveau des taux nominaux,
22:42va rattraper
22:43la patrouille.
22:44Pour l'instant,
22:45les marchés
22:45ont effectivement
22:46enjambé
22:47tous les aléas,
22:47l'inflation,
22:48le risque géopolitique,
22:51par l'IA,
22:52mais que ce phénomène
22:54est en train
22:54de décélérer.
22:56Alors,
22:56est-ce que c'est avant
22:57la fin de l'année
22:57ou est-ce que c'est après ?
22:58Ça, effectivement,
22:59je...
22:59Igor,
22:59est-ce que les taux
23:00vont reprendre le manche ?
23:01Moi,
23:02j'ai répondu
23:02les talks,
23:03qui est une contraction
23:04de taux et tech,
23:05mais en fait,
23:05les marchés,
23:06c'est une histoire
23:06de flux.
23:07Et je rebondis
23:08sur ce que dit Xavier,
23:09c'est que plus il y a
23:10de flux vers la tech,
23:11que ça soit sur les IPO
23:12ou sur les grosses émissions,
23:14moins il y en a
23:15sur le souverain,
23:15plus les taux vont augmenter
23:17sur le souverain.
23:17Donc en fait,
23:18c'est des vases communiquants.
23:19Il ne faut jamais...
23:21Ça reste une histoire
23:22de flux,
23:23les marchés.
23:24Ça reste une histoire
23:24fluide.
23:25Si on essaie
23:26de remplir une bouteille
23:26d'eau d'un litre
23:27avec un litre cinq,
23:28ça ne va pas marcher.
23:29C'est pareil pour les marchés.
23:30Et donc,
23:31on voit bien
23:32qu'il y a énormément
23:33d'argent qui se dévère
23:34sur le marché actions
23:35sur un secteur
23:36et sur le marché obligataire
23:37sur ce secteur.
23:38Si vous avez
23:39une perspective
23:40de rendement
23:40assez attractif
23:42sur un secteur,
23:43quel que soit
23:43votre support d'investissement,
23:45vous n'allez peut-être
23:45pas prêter votre argent
23:46au prochain gouvernement français.
23:48Ok,
23:49je comprends,
23:49mais on peut toujours
23:50continuer d'investir
23:50dans la tech.
23:51Je vois ce soir
23:51qui progresse le plus.
23:52ST Microelectronics
23:53gagne 4%
23:54avec le nouvel OpenAI,
23:55le nouveau modèle
23:56d'intelligence artificielle
23:57GPT-6 Astra,
23:59le plus intelligent au monde.
24:01Il est difficile
24:01d'être en dehors
24:02de la tech.
24:02Après,
24:03les pondérations,
24:04moi j'aime bien
24:04faire des indices
24:06équipondérés
24:06ou des sous-secteurs
24:07la cybersécurité.
24:09Après,
24:09aujourd'hui,
24:10c'est impossible
24:10d'être en dehors
24:11de ces...
24:11Le patron d'NVIDIA,
24:13Jensen Myung,
24:13nous dit ce week-end
24:14l'IA général est arrivé.
24:16L'IA général est arrivé.
24:17Il y a tellement de data
24:18désormais dans l'IA
24:19que l'IA,
24:19alors sans prendre le dessus
24:20sur l'humain,
24:20mais l'IA serait capable
24:22de prendre des décisions
24:23majeures,
24:24profondes et structurelles
24:24de façon autonome,
24:26sans souci,
24:26avec la même maturité
24:27qu'un homme.
24:28Voilà,
24:29il faut continuer.
24:30L'IA,
24:33aussi souverainiste
24:33que vous soyez,
24:34Xavier,
24:35vous l'avez expliqué
24:35tout à l'heure,
24:36mais ça,
24:36on l'avait deviné.
24:38On peut se dire
24:38que c'est une révolution
24:39dans laquelle il va falloir
24:40continuer d'investir ?
24:41Oui,
24:41non,
24:41mais moi je ne remets pas
24:42en cause,
24:43je remets en cause
24:44le comportement grégaire
24:49de l'ensemble
24:49des acteurs.
24:50quand on est dans
24:51une partie de poker
24:52et que tout le monde
24:53est obligé de jouer
24:53la même partie,
24:56c'est qu'il y a
24:56un loup quelque part.
24:58Donc tous ces investissements,
25:00ce que je crains,
25:00c'est qu'ils connaissent
25:01des amortissements
25:01assez rapides
25:02et qu'il va y avoir
25:06du sang sur les murs.
25:08Donc oui,
25:09il y a des avancées,
25:10ça va sans doute
25:11très vite,
25:12il y a des gens
25:13qui sont,
25:13tout le monde
25:14cherche à prendre
25:15une position
25:16et si possible
25:17la position de premier.
25:21mais les valorisations
25:22commencent à devenir
25:24probablement tendues,
25:25on va le voir
25:25avec Anthropique.
25:26Franchement,
25:27oui,
25:27certaines valeurs,
25:28oui,
25:28mais Nvidia,
25:29ce n'est pas tendu,
25:30on est à quoi,
25:3115,
25:3117 de valo ?
25:33Bien sûr,
25:33mais après,
25:35il faut regarder
25:35les agrégats
25:36que tu mets en face.
25:36C'est-à-dire,
25:37quand tu reprends
25:37l'évolution du chiffre
25:38d'affaires,
25:39tu prends une marge
25:40opérationnelle
25:41qui passe en espace
25:42d'une décennie,
25:42qui passe de 20%
25:44à 70%,
25:45le caractère soutenable
25:49et réversif
25:50peut être interrogé.
25:51Il y a une marée haute,
25:52il y a une marée basse.
25:53Je ne suis pas sûr
25:54que le Nvidia
25:55de moyen terme
25:56ait toujours une marge
25:57de 70%.
25:58Certains disent même
25:59qu'Nvidia est la banque centrale
26:01de l'intelligence artificielle
26:01désormais.
26:02C'est une bonne image
26:03ou pas,
26:03la banque centrale
26:04de l'intelligence artificielle ?
26:04Il y a les fameuses
26:05financements circulaires
26:06qui posent...
26:06Quand les vendeurs de pelles
26:08sont obligés
26:09de financer le mineur
26:11pour qu'ils lui achètent
26:12des pelles,
26:13c'est qu'il y a un souci,
26:14peut-être,
26:14il y a peut-être un souci
26:15quelque part.
26:16Mais ce qui est intéressant,
26:17c'est que ça tourne désormais
26:18dans l'IA,
26:18effectivement,
26:18parce que vous disiez
26:19qu'il va y avoir sans doute
26:20un moment du sang sur les murs.
26:21En fait,
26:29regarde concrètement
26:29qui utilise l'IA.
26:31Il y a maintenant 25%
26:32des sociétés aux Etats-Unis
26:34qui l'utilisent.
26:35La vitesse d'adoption
26:38de chaque GPT,
26:40c'est hallucinant.
26:41C'est un truc
26:41qui a 4 ans,
26:424-5 ans.
26:43On a mis des années
26:44à utiliser des PC.
26:45Au début,
26:46les Macintosh,
26:47les trucs...
26:48Je crois que là,
26:50ça nous pose quand même
26:51une question,
26:51c'est la robotisation
26:52de l'activité humaine,
26:54c'est le remplacement
26:55des êtres humains
26:56qui sont qualifiés
26:57par le système
26:57comme inutile
26:58ou moins performant.
26:59Jusqu'où ça va ?
27:00À quel niveau de valorisation ?
27:01Ça, c'est la vraie question.
27:02Et c'est une bonne question.
27:03C'est pour ça que je dis
27:05qu'on ne peut pas le faire
27:05de manière indéterminée,
27:08indicielle.
27:09Il faut quand même
27:09avoir des filets de sécurité,
27:12des cordes de rappel
27:12de valo.
27:13Et ça permet aussi,
27:14d'ailleurs,
27:15d'aller sur des secteurs
27:16qui en profitent
27:16et qui, eux,
27:18sont des secteurs
27:19à actifs réels.
27:20Oui.
27:21Alors,
27:21le grand,
27:22je t'ai dit,
27:22l'électrique,
27:22par exemple,
27:23pour électrifier
27:23les data centers.
27:24Les premières,
27:25c'est quelque chose
27:26qui est aujourd'hui
27:27à mon avis
27:28complètement clé
27:29parce qu'il n'y en a pas
27:30des ressources.
27:32Il y a encore
27:32des zones d'exploration.
27:34Moi, je pense que
27:35c'est un macro-thème.
27:36Matière première.
27:37Oui.
27:38En dehors du pétrole
27:39qui est un de mes sujets
27:40préférés.
27:41Oui.
27:41Xavier ?
27:43Pour OpenAI,
27:45il ne faut jamais oublier
27:45que pour 1 dollar
27:46de chiffre d'affaires,
27:47il y a 2,5 dollars
27:48de pertes.
27:50Oui, oui.
27:50Bien sûr.
27:51On n'est jamais l'oublié.
27:52Bien sûr.
27:53La baisse des prix
27:54des tokens aussi
27:55parce que pour que l'IA
27:56rende toutes ses promesses,
27:57il va falloir
27:58qu'elles continuent
27:58de se démocratiser,
27:59que les entreprises
28:00l'adoptent en masse,
28:01en flèche,
28:02de façon verticale.
28:03Là, on est sur une baisse
28:04des prix des tokens.
28:05Ça compte pour rendre
28:06cette intelligence artificielle
28:07moins chère
28:07et plus accessible.
28:08Depuis 2 mois,
28:09les prix des tokens
28:09reculent, figurez-vous,
28:11parce que les modèles
28:12open source
28:12représentent désormais
28:1370% des tokens
28:14consommés dans l'IA.
28:15Donc, les choses
28:16sont en train peut-être
28:17de trouver,
28:17d'aller vers une forme
28:18d'équilibre.
28:19Ce sera à continuer
28:19les suivent, bien sûr.
28:21Du coup, on investit comment ?
28:22Vous avez chacun,
28:23allez, 20 secondes,
28:24non, 30 secondes.
28:25On est généreux,
28:2610 secondes de plus.
28:2630 secondes, donc,
28:27pour nous dire
28:28dans quoi il faut investir
28:28pour la suite.
28:29Xavier ?
28:30Moi, je suis un garçon
28:32un peu contrariant.
28:34Contrariant, ça veut dire
28:35que je méfie
28:35des comportements grégaires.
28:38Oui.
28:38Ça ne veut pas dire
28:39que les comportements grégaires
28:40n'est pas...
28:41C'est-à-dire qu'ils ont
28:42systématiquement tort.
28:43Ils peuvent avoir
28:44souvent raison.
28:46Là, honnêtement,
28:48je développerai quand même
28:49des logiques
28:51un peu contrariantes.
28:52C'est-à-dire,
28:52je regarderai
28:53la partie de la cote
28:54qui est délaissée
28:57parce que je pense
28:58qu'il n'y a aucune obligation
29:00d'être investi
29:01dans la tech.
29:02Aucune.
29:03La seule obligation
29:04qu'on ait,
29:05c'est que sur le moyen terme,
29:07on dégage une rentabilité
29:09qui soit
29:10au moins égale
29:11à celle du marché
29:11si ce n'est supérieur.
29:12Aujourd'hui,
29:13c'est difficile de le faire
29:14si on n'est pas investi
29:15sur la tech.
29:15On m'a dit à peu près
29:16la même chose
29:17au moment de la bulle techno.
29:19Tu parles à un garçon
29:20qui avait émancipé
29:21l'intégralité des fonds
29:22qu'il gérait
29:23de tout ce qui était
29:24technologie de l'époque.
29:25Ça lui a coûté très cher
29:26au sens politique du terme
29:27et les fonds que j'ai gérés
29:28s'en sont bien tirés.
29:30Donc aujourd'hui,
29:31vous choisissez quoi
29:31tout sauf la tech ?
29:32C'est-à-dire...
29:33Oui, j'ai tendance
29:35à me...
29:36Oui, j'ai tendance
29:36à m'en méfier.
29:37Alors par contre,
29:39contradiction,
29:40Anthropique,
29:41je regarde Anthropique,
29:42l'introduction d'Anthropique
29:44parce que là,
29:45pour le coup,
29:45les résultats,
29:47la performance commerciale
29:49d'Anthropique
29:50comparée à celle
29:51d'OpenEye par exemple
29:52est vraiment
29:53très différenciante.
29:54Donc là,
29:54on a un acteur
29:55qui est en train
29:57d'avancer.
29:58Après,
29:58il faut regarder
29:59la valorisation.
30:00Mais quand on a
30:01des valeurs d'entreprise
30:02sur chiffre d'affaires
30:03qui sont des multiples
30:05de 30, 40, 50,
30:07j'avoue que j'ai
30:08un petit problème.
30:09Et vous, Igor ?
30:10Je ne suis pas contrariant
30:12mais je suis contrarié.
30:13Donc,
30:15je n'ai pas effectivement
30:16une surpondération
30:17aux valeurs technologiques
30:18parce que je trouve
30:19qu'il faut avoir
30:20comme un filet de pêche
30:21quand on pêche le Macron,
30:22on a une ligne qui traîne
30:23pour attraper un peu de perf.
30:25Mais là où je rejoins
30:26Xavier,
30:26c'est qu'il y a des secteurs
30:27comme l'agroalimentaire,
30:28comme la santé
30:28qui sont très,
30:29très en retard.
30:30Mais vraiment,
30:31c'est vertigineux
30:33où là,
30:33on n'a pas vraiment
30:34de mal à investir
30:35et à se poser
30:37pendant quelques années dessus.
30:39J'aime beaucoup
30:39les pays émergents,
30:40que ce soit action ou dette,
30:41parce que le ratio
30:42de dette sur PIB
30:43des pays émergents,
30:44c'est 80%.
30:45Les pays développés,
30:46c'est 110%.
30:46Et que quand vous investissez
30:48en Amérique latine,
30:49vous êtes loin du conflit iranien,
30:51loin du conflit ukrainien
30:52et vous avez dans ces pays-là
30:53ce qui fait un peu
30:54la beauté d'un pays
30:57en croissance,
30:58c'est-à-dire
30:58une base démographique
31:00qui croît,
31:00des bases industrielles
31:02et des matières premières.
31:03Et en fait,
31:04c'est ça qui constitue
31:06le creusot
31:07d'un développement
31:08et d'une classe moyenne
31:09qui sort de la pauvreté,
31:11notamment en Amérique latine.
31:12Et leurs devises
31:13sont souvent liées
31:14à l'évolution des matières premières.
31:15On a beaucoup de devises
31:15sud-américaines en France.
31:16qui est un petit peu
31:17en retard
31:18par rapport
31:19à d'autres pays en Asie.
31:21L'Asie restant pour moi
31:22le centre névralgique
31:23de tout ce qui va se passer
31:24dans les prochaines années.
31:25Xavier nous disait un instant
31:26tout sauf la tech
31:27de façon un peu provocatrice.
31:29Je ne suis pas tout à fait
31:30le même signe.
31:31Vous diriez tout sauf l'Europe
31:32ou pas ?
31:33Non, pas du tout.
31:33Parce que l'Europe,
31:34vous savez,
31:35les entreprises françaises
31:36ne sont pas du tout françaises.
31:38TotalEnergie ne fait pas
31:40je crois à mon avis
31:4110 à 15 %
31:42de son résultat opérationnel
31:43en France.
31:43Donc voilà.
31:44Non, non,
31:44l'Europe,
31:44il y a des très belles entreprises.
31:45Heureusement,
31:46c'est ce qui nous accroche
31:46au capitalisme mondial.
31:47Merci beaucoup
31:48à tous les deux
31:49de nous avoir accompagnés.
31:50Igor Demac,
31:50Vitalé Pagnes
31:51et Xavier Patrolin
31:52pour Albatros Capital.
31:53Oui, on doit enjamber
31:54la data room
31:54parce qu'on a été bavard.
31:55Oui, je sais Xavier.
31:58Vous avez été bavard.
31:59Oui, je sais bien.
32:00Mais c'est passionnant.
32:01On a voulu le laisser.
32:02C'est très intéressant.
32:03Merci à tous les deux.

Recommandations