- il y a 4 semaines
Retrouvez le Morning Meeting du jeudi 3 septembre dans l'émission Good Morning Market. Retrouvez l'émission du lundi au vendredi et réécoutez la en podcast.
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00:04BFM Business, 9h, 9h30, Good Morning Market, Etienne Braille.
00:11Et pour débuter cette émission, en plateau, Vincent Lequartier, responsable de l'allocation d'actifs chez WeSave.
00:15Bonjour Vincent.
00:16Bonjour Etienne.
00:16Merci de nous accompagner en compagnie de Christian Parizeau, conseiller économique pour Aurel BGC et président d'Altaïr Economics.
00:22Commençons peut-être par ce qui se passe sur l'échange, une nouvelle fois, décidément, du mouvement.
00:27Maintenant, Christian Parizeau, ce matin, on a un Yen qui prend plus de 1% face au dollar.
00:32Hier, on était proche de ce fameux seuil des 160.
00:35C'est un seuil important, notamment pour la Banque Centrale du Japon, mais pas que.
00:39On voit quand même des investisseurs qui anticipent de plus en plus une hausse d'auto du Japon.
00:43Ça se voit sur le Yen, mais également sur le 10 ans japonais, qui a franchi hier la barre symbolique
00:48des 3%.
00:49Oui, de toute façon, il y a une pression très forte américaine.
00:52C'est ce qu'on retient, une grande leçon du G20 Finance aux États-Unis.
00:56C'est que Bessent a mis une pression très forte sur les Japonais pour qu'ils montent leurs taux
01:01et pour véritablement éviter que le Yen se déprécie.
01:04Donc là, c'est toujours difficile de savoir ce qui est orchestré.
01:08Est-ce qu'il y a eu des interventions ou pas sur l'échange ?
01:10On le saura dans quelques semaines, mais là, aujourd'hui, on ne sait pas s'il y a une intervention
01:14qui l'en plaît.
01:15Ou alors si c'est le fait que le marché intègre enfin que la Banque Centrale japonaise doit monter ses
01:20taux.
01:20Elle devrait les monter durant ce mois de septembre.
01:23Donc c'est encore une autre Banque Centrale qui va monter ses taux durant ce mois de septembre,
01:27qui s'annonce quand même assez chargée en termes de hausse de taux entre la BCE et la Banque Centrale
01:31américaine.
01:32En 15 jours de temps, les trois se réunissent.
01:33Voilà, donc on va avoir sûrement ce message-là qui va être envoyé.
01:36Et puis en plus, alors plus court terme, ce matin, on a eu des statistiques,
01:40notamment des PMI composites japonais, qui montent une croissance japonaise toujours solide
01:46et dans le même temps, des tensions assez fortes sur les prix,
01:49avec une demande qui repart et des hausses de prix assez importantes.
01:52Donc tout ça alimente l'idée que quand même, on va avoir une Banque Centrale du Japon qui va monter
01:57ses taux.
01:57Alors après, ça met quand même une petite particularité un peu spéciale au Japon,
02:01qui ne peut faire que surréagir les taux longs japonais.
02:03C'est que d'un côté, on a un gouvernement qui fait un plan de relance,
02:06qui s'endette et qui veut relancer l'économie.
02:08Et de l'autre, on va avoir une Banque Centrale japonaise qui rend la politique monétaire moins incommodante,
02:14parce qu'on n'est pas encore dans une politique monétaire restrictive,
02:16on en est très loin au Japon, mais qui est en train de durcir la politique monétaire.
02:20Donc c'est un peu un mix qui n'est pas forcément très favorable à l'économie japonaise,
02:25mais ce mix répond à un élément essentiel qui est devenu maintenant très négatif pour l'économie japonaise,
02:30c'est la dépréciation du Yen.
02:31Un Yen trop faible, c'est de l'inflation importée, ça pèse sur le pouvoir d'achat des ménages,
02:36donc c'est contre-productif, et derrière il y a la pression américaine qui est là.
02:39Donc oui, on est bien sur une réappréciation du Yen qui est en train de s'observer,
02:43voulue, je dirais, forcée par les autorités monétaires,
02:46et qui a une certaine logique économique quand même,
02:48même si ça freine peut-être cette séquence de reprise au Japon.
02:52Les PMI cette nuit, ce sont des indicateurs qui interrogent,
02:57notamment les entreprises, les directeurs d'achat,
02:59pour savoir un petit peu comment ça se passe, au-delà des 50, donc en croissance.
03:03En fin de matinée, Vincent Lecartier, on aura des indicateurs,
03:06les mêmes, les PMI en Europe, cette fois.
03:09Pour l'instant, sur le point macro, ça tient.
03:12Bon, on peut peut-être parler de la France, mais ce sera un cas à part.
03:15Mais dans l'ensemble, on a plutôt des bonnes surprises d'un point de vue macroéconomique.
03:19Est-ce que ça ne fait pas un petit peu relativiser les tensions obligataires aujourd'hui ?
03:22Je pense que ça justifie effectivement les tensions obligataires.
03:25Dans la mesure où on est dans une situation où les États sont très dépensiers,
03:29où dans le même temps, le secteur privé, notamment avec l'intelligence artificielle,
03:34est dans un rythme de dépenses lui aussi extrêmement puissant.
03:38On est dans une situation où l'activité économique a beaucoup de mal à ralentir,
03:43même si vous avez des problématiques d'inflation par les matières premières
03:48ou des choses comme ça, c'est problématique.
03:50Pour le PIB, ce n'est pas vraiment un sujet.
03:56Et pour les actions, ce n'est pas un sujet.
03:57Par contre, effectivement, pour les marchés obligataires,
04:00vous devez intégrer le fait qu'il faut se battre pour lever des capitaux
04:05entre le secteur public et le secteur privé,
04:08qu'il y a un risque d'inflation et donc de remonter des taux d'intérêt par les banques centrales,
04:13que les banques centrales ont plutôt réduit la taille de leur bilan,
04:17ce qui veut dire que là aussi, il y a un peu moins de circulation monétaire
04:23disponible de capitaux pour les marchés obligataires.
04:26Donc pour moi, assez logiquement, effectivement,
04:30la tension qu'on a aujourd'hui sur les marchés obligataires,
04:33c'est plus un rééquilibrage naturel qu'une source d'inquiétude majeure pour les marchés.
04:38Ces derniers jours, le marché a tenté de se rassurer en se disant
04:41« Oui, certes, il y a des tensions obligataires, mais les bénéfices par action sont au rendez-vous ».
04:45Factuellement, c'est vrai, Vincent Lequartier,
04:48résultat globalement au-delà des attentes pour la partie américaine,
04:51même l'Eurostock 50 et 600, globalement, les résultats sont au-delà des attentes.
04:55Est-ce que cette croissance bénéficiaire va réussir à rassurer encore longtemps
05:00les investisseurs sur la partie obligataire ?
05:03Je pense que si vous êtes un investisseur,
05:05que vous êtes comme moi dans une perspective de long terme,
05:08que vous vous dites « De toute façon, les dépenses des États et les dépenses dans l'IA sont impératives,
05:14c'est nécessaire et vous n'avez pas le choix, vous devez les faire sur les prochaines années ».
05:20Vous vous dites « De toute façon, sur la partie action, je vais avoir un retour sur investissement ».
05:26Alors, je ne sais pas exactement quelle entreprise, quel secteur, quel rythme,
05:30mais je sais que cette espèce de mécanique puissante d'investissement,
05:34de toute façon, va se retrouver au niveau de certains secteurs et certaines entreprises.
05:38Donc, sur le niveau indiciel, je suis assez confortable à rester investi sur cet actif.
05:44Par contre, effectivement, il va falloir financer tout ça,
05:48à choisir si je dois faire la balance entre un investissement action avec un effet de levier fort
05:54ou un investissement prudent sur les obligations.
05:59Et investir sur la dette des États, où vous avez beaucoup de déperditions sur des dépenses courantes
06:06et non pas sur de l'investissement, est-ce que c'est un bon pari que d'investir sur de
06:12la dette des États ?
06:13Donc, la dette des entreprises, pour moi, c'est un investissement logique,
06:16mais c'est encore plus logique, si vous avez un peu de perspective, d'aller sur les actions.
06:21En tout cas, aujourd'hui, on est le premier juillet du mois,
06:23l'Agence France Trésor va ébettre de la dette à long terme entre 11,5 et 13,5 milliards d
06:28'euros.
06:28Ce sera dans un peu moins de deux heures.
06:30Ce sera intéressant de voir s'il y a de la demande sur les niveaux actuels.
06:34Christian Parizeau, comment vous analysez aujourd'hui ces tensions obligataires ?
06:37Ça vous effraie ou vous essayez un petit peu de vous rassurer ?
06:40Ça marque peut-être un point de rupture.
06:42Alors, on sait qu'il y a une tendance qui s'est quand même vraiment inversée sur les taux.
06:45On était sur des décennies de baisse de taux longs, et là, on voit que les taux remontent,
06:49et ça traduit peut-être des changements de l'environnement.
06:52Pourquoi ? Parce que, d'une part, cette hausse des taux ne correspond pas à une envolée des anticipations d
06:57'inflation.
06:58Et ça, c'est un point important.
06:59Ce n'est pas une réaction conjoncturelle, ce n'est pas les prix du pétrole.
07:02Alors, je sais que c'est corrélé aux prix du pétrole à court terme,
07:04mais si on regarde les points morts d'inflation, c'est-à-dire que ce qu'anticipe le marché obligataire
07:08sur l'inflation,
07:09aux États-Unis, on est à 2-3, ça n'a pas flambé comme en 2022.
07:12En 2022, on avait les anticipations d'inflation augmentées.
07:15Donc, ça veut dire qu'on est sur une remontée des taux longs qui traduit plusieurs choses.
07:18D'une part, une remontée du taux réel, essentiellement.
07:21Donc, ça veut dire quoi ?
07:22Ça veut dire qu'on intègre un risque sur les budgets des États,
07:25qui n'étaient peut-être moins bien intégrés.
07:27Pourquoi ? Parce que ça s'auto-alimente.
07:29Ce qu'il faut bien comprendre, c'est que si le coût de l'argent est plus élevé,
07:32parce qu'il y a des émissions du secteur privé, parce qu'on finance l'IA, etc.,
07:36si l'argent est plus cher, ça veut dire que les États vont devoir emprunter plus cher,
07:40et donc, finalement, combler les déficits, ça sera encore plus difficile.
07:45Et donc, vous augmentez le risque État.
07:46Donc, pour moi, il y a la perception derrière cette correction
07:49de véritablement un risque souverain qui commence à être repricé
07:53par rapport à cette remontée des taux réels.
07:55Et ça traduit clairement qu'on change de monde,
07:58c'est-à-dire qu'on passe d'un monde où on avait un excès d'épargne
08:00à un monde où on manque d'épargne.
08:02Ça peut paraître étonnant.
08:03Donc, maintenant, il y a un coût de l'argent.
08:05C'est lié à des phénomènes monétaires, ça a été dit,
08:08lié au bilan des banques centrales qui ne sont plus en expansion,
08:11mais c'est lié au fait aussi qu'on a ces investissements autour de l'IA.
08:14C'est en partie autour de cette demande d'investissement
08:18qui est peut-être moins conjoncturelle,
08:20parce qu'elle correspond à un besoin structurel,
08:22qui fait qu'on a des taux réels qui montent.
08:24Et donc, je pense qu'il faut voir aussi dans ces ajustements
08:26qui sont toujours très concentrés dans le temps sur le marché obligataire,
08:29peut-être un changement de monde.
08:30Et on est peut-être véritablement sur un repricing,
08:33sur l'aspect véritablement taux réel.
08:36Et ça, c'est un point important,
08:37parce que ça ne serait qu'un phénomène inflation-pris du pétrole.
08:40On pourrait dire que c'est conjoncturel.
08:41Là, on est peut-être sur quelque chose de beaucoup plus structurel,
08:44ce qui veut dire que ça jouera forcément dans l'arbitrage
08:46et dans l'équilibre entre le poids des obligations dans mon portefeuille
08:49et le poids des actions,
08:50puisqu'on est peut-être sur un vrai changement à ce niveau-là.
08:52Et quels sont les gagnants, typiquement, en termes de secteur ?
08:55On le voit, depuis 2-3 ans, le secteur bancaire se porte bien
08:58et il profite de ce contexte de taux.
09:01À l'inverse, on voit dans l'immobilier, c'est plus compliqué.
09:03Mais comme toujours, il y aura des effets de bord
09:06et parfois des gagnants et des perdants.
09:08Forcément.
09:09Alors, à court terme, c'est forcément un secteur cyclique qui souffre le plus.
09:12Tous les secteurs sensibles aux taux d'intérêt, la construction,
09:14les secteurs qui sont dépendants des taux d'intérêt,
09:17qui sont pénalisés par la hausse des taux d'intérêt,
09:20sont naturellement particulièrement affectés.
09:23Mais c'est positif pour le secteur financier, forcément.
09:27C'est positif pour l'épargnant.
09:29Donc, ça jouera forcément pour tout ce qui est gestion bancaire.
09:34Ça peut être aussi quand même un élément positif,
09:37pas à court terme, mais à moyen terme, pour les valeurs de croissance,
09:39qu'on le veuille ou non.
09:40Parce que je sais que les valeurs de croissance réagissent mal à la remontée des taux,
09:43mais une entreprise aujourd'hui qui a un retour sur l'investissement élevé
09:47sera beaucoup moins sensible à cette remontée des taux
09:49qu'une entreprise qui est faiblement rentable, qui doit s'endetter quand même.
09:52Donc, ça peut avoir des impacts quand même assez importants en termes de choix d'allocation.
09:57Donc, attention aux réactions de court terme des marchés,
09:59mais à moyen long terme, ça joue quand même.
10:03Ça montre aussi qu'on a une croissance qui va rester plutôt forte,
10:05que les marchés obligataires nous disent que la croissance va rester forte.
10:08Donc, ce n'est pas forcément qu'un message négatif pour les marchés actions.
10:11Donc, il faut relativiser.
10:13Il y a la réaction de court terme parce que le problème des marchés obligataires,
10:16c'est que ça réagit toujours très concentré dans le temps.
10:18Donc, on a ce mouvement qui est violent.
10:20Donc, tout de suite, ça déstabilise un peu les marchés.
10:22Mais après, une fois que c'est stabilisé le marché obligataire,
10:25on regarde les fondamentaux.
10:26Et derrière, ça veut dire aussi que le marché obligataire price des fondamentaux
10:29qui ne sont pas si négatifs que ça sur la croissance.
10:31Dans le segment technologique, hier, Broadcom a publié ses résultats.
10:34Il y avait DEL, mais aussi HP.
10:36Dans l'ensemble, ces résultats sont une nouvelle fois au-delà des attentes,
10:39des résultats tirés par une très forte demande.
10:42Et pour ça, on retourne sur notre sujet, Vincent Lecartier,
10:45il faut des capitaux.
10:46Pour l'instant, vous avez des entreprises qui arrivent à trouver ces capitaux.
10:49Mais jusqu'à quand ?
10:50C'est tout le problème de la circularité.
10:52En fait, aujourd'hui, on est dans un grand basculement de transferts de richesses
10:57entre certaines entreprises vers d'autres, entre certains secteurs vers d'autres.
11:01Donc, les hyperscalers sont aujourd'hui en train de voir leur trésorerie s'effondrer.
11:07Ils doivent s'endetter de plus en plus.
11:09et ils transfèrent de la richesse et du free cash vers les sociétés de semi-conducteurs,
11:17de production d'énergie, etc.
11:19Donc, on a, en apparence, sur les indices, rien ne se passe,
11:23puisqu'en fait, c'est simplement un transfert de richesses de l'un vers l'autre,
11:26un transfert de cash de l'un vers l'autre.
11:27Mais en réalité, au niveau des arbitrages de positionnement sectoriel
11:32ou de positionnement sur les valeurs,
11:34il y a effectivement un énorme travail de nettoyage à faire,
11:38de prise de position à faire.
11:40Alors, le grand danger, il est quand même qu'au final,
11:43aujourd'hui, les donneurs d'ordre que sont les hyperscalers,
11:47s'ils sont à cours de trésorerie,
11:49si le coût de la dette devient extrêmement élevé,
11:52à un moment, ils vont devoir réfléchir de plus en plus
11:55à la faisabilité des investissements.
11:58Et c'est pour ça, probablement, que les sociétés comme Nvidia, etc.,
12:02sont en train de financer de plus en plus ces sociétés dans leur développement.
12:07Donc, il y a une circularité, il y a un lien de plus en plus étroit
12:10entre ces sociétés qu'il va falloir regarder vraiment de très près
12:15parce que dès lors que le message des hyperscalers sera de dire
12:20« on n'a plus les moyens »,
12:21là, il va y avoir des répercussions majeures sur les sociétés
12:26qui, aujourd'hui, bénéficient de ces capitaux.
12:28Et il y aura du long short qui va se déboucler
12:30de façon très importante sur les marchés.
12:32Chez WeSave, aujourd'hui, votre allocation,
12:34vous la faites à partir d'ETF, de produits indiciels.
12:37Donc, on n'est pas dans une logique de stock picking.
12:39Néanmoins, il y a des indices qui sont plus ou moins exposés
12:41à ces segments.
12:42Est-ce qu'aujourd'hui, vous avez un petit peu changé la donne
12:45à ce niveau ou vous gardez vos positions ?
12:47Non, pour le moment, on garde nos positions.
12:49C'est-à-dire qu'on est convaincus qu'il faut rester très agressif
12:52sur la partie action.
12:54C'est un cycle majeur qui est en place.
12:57La partie obligataire, il faut s'en méfier.
12:59En tout cas, la partie souveraine.
13:01La partie entreprise, dans la mesure où beaucoup de sociétés
13:05ont des rentrées de cash flow qui sont confortables,
13:09le risque de solvabilité est faible.
13:11Donc, on est plutôt à l'aise là-dessus.
13:13La grande question, en fait, dans les allocations,
13:15je pense que c'est la même que l'année dernière,
13:17c'est les devises.
13:18Donc, on boucle un petit peu avec la question du yen tout à l'heure
13:21et la question aussi du dollar,
13:22de savoir s'il y a une volonté délibérée
13:25de laisser filer le dollar pour redonner de la compétitivité au pays,
13:28en se disant, de toute façon, on est relativement autonome,
13:32l'essentiel de l'économie tourne en circuit fermé
13:35et on peut se permettre du coup d'avoir un dollar qui baisse
13:38ou est-ce qu'au contraire, pour attirer les capitaux internationaux
13:41et financer les dérapages budgétaires,
13:43il va falloir continuer d'avoir un dollar fort.
13:45Donc, je pense qu'il y a un gros débat sur la partie devise
13:48et je pense que c'est la plus grande des difficultés à l'heure actuelle
13:50dans les allocations d'actifs.
13:51Très clairement.
13:52Christian Parizeau, vous êtes conseiller économique pour OLBGC,
13:56président d'Altair Economics.
13:57Vous leur dites quoi aujourd'hui à vos clients sur la partie technologique ?
14:00Parce qu'aujourd'hui, tout le monde se pose des questions.
14:02Est-ce qu'il faut prendre ses profits ou pas ?
14:03On voit que ça s'est retourné d'une façon importante
14:06sur le segment des semi-conducteurs.
14:07Au mois de juin, tout peut aller très vite.
14:08Oui, moi je pense qu'on est, le gros problème aujourd'hui,
14:11c'est qu'on est sur des niveaux de valorisation
14:12qui, on voit, qui sont au maximum.
14:14On est sur une usure de cette thématique, clairement.
14:17Mais on n'est pas sur un retournement.
14:18Pourquoi on n'est pas sur un retournement ?
14:19Parce que le newsfo reste très positif.
14:22Regardez Bradcom, plus 56% de ventes de semi-conducteurs
14:26en un trimestre, d'un trimestre à l'autre.
14:2856% de croissance.
14:30Trois fois, multiplié par trois,
14:31les ventes de processeurs pour l'IA dédiées à l'IA sur un an.
14:35Donc, on n'a pas pour l'instant de retournement.
14:37Les seuls risques que l'on a aujourd'hui autour de l'IA,
14:39c'est un problème d'offre, d'organisation de l'offre.
14:42Parce qu'aujourd'hui, le gros problème qu'ont tous ces acteurs,
14:44ce n'est pas la croissance, ce n'est pas les carnets de commandes,
14:46c'est de transformer ces carnets de commandes en chiffre d'affaires.
14:50Et là où on va avoir un risque de mauvaise surprise autour de l'IA,
14:53à mon avis, c'est plus, ça ne viendra pas de la demande,
14:56ça viendra du fait qu'on a des ruptures d'approvisionnement,
14:59on n'arrive pas à augmenter les cadences,
15:00et donc on n'arrive pas à maintenir ces taux de croissance.
15:04Donc, il ne faut pas délaisser cette thématique,
15:08mais il ne faut plus augmenter la pondération,
15:10il faut vraiment diversifier,
15:11et peut-être même commencer à réduire un peu la pondération,
15:14mais pas vendre.
15:15Parce qu'on n'a pas un retournement,
15:17mais on est aujourd'hui sur quelque chose de plus prudent,
15:19mais pas à cause de la demande,
15:20mais à cause de l'offre,
15:21et de la capacité de l'offre à répondre à la demande.
15:24Et aujourd'hui, la situation des pénuries va augmenter,
15:26et ça va être une vraie contrainte.
15:28Donc, à ce niveau de valorisation,
15:29aujourd'hui, je pense qu'on n'a plus rien à gagner à y rentrer.
15:32Donc, c'est peut-être le moment de commencer à réduire un peu,
15:35mais pas totalement délaisser cette thématique encore.
15:37Et déplacer ses poches vers quelles poches, alors ?
15:39On voit que l'Europe sous-performe un petit peu,
15:41notamment le CAC 40, c'est à part,
15:43mais on a quand même des segments qui déçoivent.
15:46Alors, aujourd'hui, au niveau macro,
15:48on a quand même quelque chose qui se passe,
15:49c'est qu'on a quand même des indicateurs européens
15:51qui commencent à se redresser, à s'améliorer.
15:53Il faut reconnaître que l'Europe connaît une bonne résilience
15:57face à ces différents chocs,
15:58et je pense que, justement, la thématique européenne est assez intéressante.
16:02Et il ne faut pas hésiter à revenir sur des secteurs
16:05qui ont été assez massacrés.
16:06Je pense à des secteurs comme le luxe,
16:09à des secteurs, si on ne veut pas prendre de risques,
16:11comme la santé, qui restent toujours des secteurs assez défensifs
16:13en cas de retournement.
16:15Donc, il faut diversifier.
16:16Autant on était sur une longue période
16:18dans laquelle il fallait concentrer tous ces paris sur les technologies,
16:21je pense que maintenant, l'heure est à la diversification,
16:23et on a quand même une fenêtre conjoncturelle
16:25qui s'améliore un petit peu en Europe,
16:26qui peut nous permettre de faciliter cette diversification.
16:29Le mot de la fin, Vincent Lequartier, sur les secteurs, vous partagez ?
16:31Je rejoins entièrement ce que vient de dire Christian.
16:34Nous, dans nos allocations, on augmente au fur et à mesure
16:36l'exposition sur les ETF équipondérés.
16:40Autrement dit, volontairement, on dilue de plus en plus
16:43le risque spécifique des sociétés,
16:45en se disant que l'IA va se diffuser de plus en plus
16:48à tous les secteurs et à toutes les sociétés,
16:50et que du coup, l'équipondération est un atout dans l'allocation.
16:54Merci à tous les deux de nous avoir accompagnés ce matin
16:56et de nous avoir partagé vos convictions.
16:58Vincent Lequartier, responsable de l'allocation d'actifs de WeSave,
17:01et Christian Parizeau, conseiller économique pour Aurel BGC
17:03et président d'Altaïr Economics.