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  • il y a 5 semaines
Ce lundi 31 août, Raphaël Thuin, directeur des stratégies de marchés de capitaux chez Tikehau Capital, et Alexandre Baradez, chef analyste chez IG France, étaient les invités de l'émission BFM Bourse présentée par Guillaume Sommerer. BFM Bourse est à voir ou écouter du lundi au vendredi sur BFM Business.

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Transcription
00:00BFM Bourse, le club de la bourse.
00:03Nos experts du club, ils viennent de nous rejoindre.
00:05Alexandre Baradez, chef analyste d'IG.
00:08Bonjour Alexandre, ravi de vous retrouver.
00:09Raphaël Thuin, bonjour Raphaël.
00:11Ravi aussi de vous retrouver, directeur des stratégies de marché de capitaux
00:14chez Tikeo Capital.
00:15C'est la dernière, la dernière séance du mois d'août,
00:18la dernière demi-heure du mois d'août sur les marchés.
00:20Il va nous manquer ou pas ce mois d'août ?
00:22Ça dépend où on se place.
00:24Si on est américain, il va nous manquer.
00:25Nasdaq a gagné 8% au mois d'août.
00:27Si on est allemand, il va nous manquer le mois d'août.
00:29On gagne 3% à Francfort depuis le début du mois.
00:32Si on est français, on perd 0,5% là depuis le début du mois d'août.
00:36Donc il y a une petite exception française qui se manifeste.
00:39Alexandre ?
00:39Oui, il y a un sujet qui est quand même commun à plusieurs marchés,
00:43il y a plusieurs pays dans le monde.
00:45C'est quand même un sujet obligataire.
00:46C'était le sujet qu'on se souvait quand même depuis le début de l'été
00:49et qui s'est renforcé tout au long de l'été.
00:51Avec des conséquences pas forcément encore très visibles
00:54à part un certain segment du marché à l'action.
00:56Mais on rappelle que le marché obligataire,
00:58c'est le plus gros marché au monde.
00:59De la partie corporelle et de la partie souveraine,
01:01c'est le plus gros marché au monde.
01:02Ça dépasse la taille des marchés à l'action mondiaux cumulés.
01:05Donc ce marché nous indique quoi ?
01:06Quand on regarde au Japon, quand on regarde aux Etats-Unis,
01:08quand on regarde en Europe,
01:09eh bien qu'on a des tensions sur les taux souverains
01:12et qui commencent à être un peu suivi par le marché à l'action.
01:16Ce mois-ci, vous allez avoir des hausses de taux très probables de la part de la Banque du Japon.
01:20Vous allez avoir une hausse de taux très probable de la part de la BCE.
01:23Et l'interrogation se pose pour la Fed.
01:26Et Kevin Worsh a eu un ton un peu plus faucon la semaine dernière,
01:31qui a fait un peu remonter les probabilités d'hausses de taux de 40 à 60%
01:35pour une hausse de taux à l'arrivée de septembre.
01:37Mais le marché obligataire ne semble pas encore,
01:40c'est mon sentiment, convaincu que ce que les banquiers s'entrouvent vont faire
01:44va pouvoir juguler l'inflation.
01:49Et il y a aussi en sous-jacent des questions sur la soutenabilité des dettes.
01:52Parce qu'on voit bien que ces taux, souvent, qui grappent un peu partout.
01:55Et on l'a vu sur les dernières adjudications du Trésor américain,
01:57c'est-à-dire les dernières levées de dettes sur les marchés mondiaux du Trésor américain,
02:01ça s'est fait à des coûts nettement supérieurs à ce qu'on a observé il y a plusieurs mois,
02:05conséquence directe de cette hausse de ce maintien d'inflation assez élevé,
02:08de ces taux qui restent élevés, ça a renchéri le coût de financement des États.
02:12Et on voit au sein de la zone euro, le taux 10 ans français qui s'écarte un peu plus
02:17du taux 10 ans allemand,
02:17c'est pas un très bon signe, le taux 10 ans français qui a la traîne de ces homologues européens.
02:23Donc il y a un sujet obligataire, c'est pas encore une panique obligataire,
02:26il n'y a pas une volatilité délirante sur ce marché,
02:28mais pour l'instant on ne voit pas encore le bout de cette tension qu'on a sur les taux.
02:31Et vous l'avez dit, le nouvel épisode de tension géopolitique de ce week-end entre les États-Unis et
02:36l'Iran,
02:36ça a créé une hausse du pétrole en ce début de semaine,
02:38et donc les taux forcément, qui traduisent ça en crainte d'inflation,
02:42les taux souverains se sont plus tendus aujourd'hui.
02:44Oui, Scott Bessin justement, secrétaire au Trésor américain, s'exprime aujourd'hui,
02:48et il explique sur le marché obligataire aussi qu'un certain nombre de directeurs de hedge funds
02:53veulent aller sur le marché plus vite que la musique.
02:55Voilà, et que le marché veut sur les taux parfois aller aussi plus vite que la musique, et forcer les
02:59choses.
02:59Oui, mais le marché obligataire, ce que Scott Bessin a fait, on l'a tous vu il y a quelques
03:02jours,
03:03cette volonté de limiter la hausse forte sur les taux longs,
03:06ce qu'on disait, ça a renchéri les coûts d'emprunt pour le Trésor américain,
03:09mais ça se fait par un petit peu de vase communiquant,
03:12c'est-à-dire on va aller chercher la liquidité sur le court terme pour acheter des maturités plus longues,
03:16mais ce qui fait que les taux montent, notamment aux États-Unis,
03:19c'est qu'on a toujours, et c'est ce que Kevin Walsh a dit vendredi,
03:22on n'a toujours pas le sentiment que l'inflation est de retour sur une trajectoire tonnable vers les 2%.
03:28Et c'est ça que le marché obligataire traduit.
03:30Donc je pense que Bessin peut bricoler autant qu'il veut sur les taux,
03:33il faut un changement structurel au niveau de l'inflation,
03:35il faut qu'on ait un changement de tendance observable sur l'inflation,
03:38et où l'on soit persuadé que cette fois-ci c'est la bonne, qu'on va aller vers les
03:412%.
03:42Et selon moi, il n'y a qu'à ce prix-là qu'on aura des taux longs américains qui
03:46vont se détendre.
03:47Et les hausses de taux de la Fed, que désormais le marché price,
03:49Barclays voit même cette année, d'ici la fin de l'année,
03:52deux hausses de taux désormais,
03:53même ça, ce ne serait pas suffisant du point de vue des marchés
03:56pour enrayer le cycle inflationniste.
03:58C'est ce que nous dit le marché en pricant toujours plus haut les taux américains.
04:01Moi je ne suis pas convaincu, je ne vais pas faire trop long, je vais séparer Raphaël,
04:04mais mon sentiment c'est que justement, je pense que le marché atteint un signal fort
04:06de la part d'une banque centrale.
04:08Et celui-là ne suffirait pas, les hausses de taux de la Fed, ça ne suffirait pas.
04:11– Si, je pense qu'il a fait de remonter 25 points, il faudrait 50 d'un coup, il faudrait
04:15quoi ?
04:15– On n'a pas non plus d'inflation sur les niveaux de ce qu'on avait post-Covid aux
04:18Etats-Unis,
04:18donc je pense que…
04:19– Il n'y a pas debout le prix salaire très marqué ?
04:20– Non, ce n'est pas le sentiment qu'on a, donc je pense que ça peut casser,
04:23mais c'est justement peut-être ça le signal que le marché obligataire attend,
04:25pour se dire ça y est, il y a enfin une prise en main du risque d'inflation,
04:28et tant qu'on n'a pas ce signal-là, le marché va effectivement tester les banques centrales.
04:32– Je voulais vous faire démarrer sur le cas français, mais très bien,
04:34on va en parler tout à l'heure, je m'en rattraperai, ne vous inquiétez pas.
04:37Raphaël, comment casser les craintes inflationnistes du marché ?
04:41Scott Besant, alors il a été fidèle à sa promesse, il n'a pas dit ce que la Fed allait
04:45faire,
04:45mais enfin son ton sur l'inflation était très très clair,
04:48on ne va pas se cacher derrière notre petit doigt, il a été faucon,
04:50et le marché anticipe désormais une hausse de taux dès le mois de septembre,
04:52dès la semaine prochaine, est-ce que ça suffira ?
04:55– Alors sur l'inflation, effectivement, aujourd'hui on voit des dynamiques d'inflation
04:59qui ne sont pas satisfaisantes, qui inquiètent les banquiers centraux,
05:02les banquiers centraux aussi bons au jeu d'en remettre une couche
05:06pour faire face à une problématique de crédibilité,
05:10on sait que ces banquiers centraux ont souffert en 2022 d'avoir été un peu en retard,
05:14ne pas avoir communiqué convenablement vis-à-vis des marchés,
05:17et dans ces conditions on sent la détermination de Kevin Walsh, entre autres.
05:22Quand on soulève le capot et qu'on regarde la réalité de l'inflation,
05:25alors oui elle est très au-dessus des objectifs de 2%,
05:28aux Etats-Unis en particulier, mais en Europe aussi,
05:31elle est aussi due au fait qu'on a un choc énergétique qui est important,
05:36quelle va être la durée de ce choc, on ne sait pas très bien,
05:39on est en train de se faire à l'idée que oui, probablement que le pétrole
05:42a des niveaux élevés, c'est probablement une possibilité sur la durée,
05:48et que ça va nourrir l'inflation long terme.
05:50En revanche, et ça c'est important, on n'a pas encore vu vraiment
05:54des faits de second tour, de boucle prix-salaire,
05:57des prix du service qui repartiraient très franchement à la hausse,
06:01et c'est vraiment là-dessus que les banquiers centraux vont se concentrer,
06:04dans quelle mesure pourrait-on avoir des effets de ruissellement
06:08à partir de l'énergie sur d'autres segments d'économie,
06:11qui là, dans ces cas-là, justifieraient une intervention beaucoup plus musclée.
06:16Donc pour répondre à votre question, effectivement aujourd'hui,
06:19peut-être que la politique n'est pas encore assez restrictive,
06:21une de hausse de taux d'intérêt semble justifiée,
06:25mais après il sera urgent d'attendre et de regarder
06:28comment cette inflation évolue en fonction de la donnée.
06:31Les prix du pétrole sont encore à la hausse, donc aujourd'hui,
06:33puisqu'Américains et Iraniens ont repris une phase la nuit dernière de bombardements,
06:37c'était la première série de bombardements en un mois.
06:41Oui, les cours montent, mais on aurait pu se dire,
06:43oui, mais en face il y a quand même le deal au Venezuela,
06:45les Américains qui vont faire main basse sur un quart du pétrole vénézuélien,
06:48ça pourrait justement permettre d'exploiter enfin davantage ce pétrole
06:51et d'amener beaucoup d'offres,
06:52donc voilà, tout ça pourrait finalement participer à rassurer le marché,
06:55limiter la hausse des cours du pétrole.
06:56Ce n'est pas vraiment le cas.
06:58Comment ça vous l'expliquez que ce deal important quand même
07:00annoncé entre Washington et le Venezuela
07:03ne soulage pas, n'aide pas davantage les cours du pétrole à ne pas progresser ?
07:06Alors vous regardez l'histoire avec la vue peut-être plus négative,
07:11ce qu'on peut constater quand même,
07:13c'est qu'il y a une forme de résilience du marché de l'énergie et du pétrole
07:16qui est impressionnante.
07:17On a une guerre au Moyen-Orient,
07:19le détroit d'Hormuz est fermé depuis six mois,
07:21on nous parlait il y a quelques mois d'un pétrole à 150-200 dollars
07:25et on oscille gentiment entre 80 et 90 dollars,
07:28donc finalement on peut quand même aussi se satisfaire du fait
07:30que le marché est peut-être mieux approvisionné que ce qu'on ne croit
07:34et ça a été d'ailleurs quelque chose qu'on a beaucoup entendu ces derniers jours.
07:38Il y a du pétrole qui sort du Moyen-Orient,
07:40qui sort du détroit d'Hormuz,
07:42il y a une forme de capacité d'adaptation des pays du Golfe aussi
07:46à la fermeture du détroit,
07:48en ouvrant d'autres oléoducs et d'autres capacités d'exportation.
07:53Et puis il y a du pétrole américain désormais aussi, etc.
07:55Pétrole américain aussi,
07:56et dans ces conditions il y a une vraie résilience de ce marché
08:00qui a impressionné.
08:01Alors après c'est vrai que la nouvelle du Venezuela
08:03a été accueillie avec une forme d'indifférence générale.
08:08Oui, complète.
08:08Ce qu'on lit entre les lignes, mais je ne suis pas un expert,
08:11c'est qu'effectivement on parle d'un deal très long terme,
08:14il va falloir des années pour mettre en ligne
08:16effectivement une gigantesque quantité de pétrole, certes,
08:21mais encore une fois dans un horizon très lointain,
08:23et un pétrole de mauvaise qualité,
08:25qui va demander beaucoup de capacité de raffinage.
08:28Donc finalement, oui, un facteur positif,
08:31mais plutôt long terme,
08:32et aujourd'hui qui n'intéresse que modérément le marché.
08:34Oui, en plus pour ce pétrole très lourd,
08:36effectivement difficile à raffiner,
08:38il faudrait énormément d'investissements.
08:39Il faudrait que les Exxon, les Chevron, etc.
08:42effectivement choisissent d'y aller.
08:43Et pour y aller,
08:44compte tenu de l'ampleur des investissements nécessaires,
08:46il faut que le pétrole reste rentable.
08:47Autrement dit, est-ce qu'ils iraient
08:48si le pétrole redescendait à 40-50 dollars ?
08:51Est-ce qu'il vaut mieux pas justement pour espérer un jour,
08:52enfin espérer pour le marché mondial,
08:54voir ce pétrole vénézuélien venir abonder,
08:57abreuver l'économie mondiale ?
08:58Il ne faudrait pas espérer justement que d'ici là,
09:00le pétrole reste assez élevé sur les cours actuels
09:01pour que les investisseurs américains se disent
09:03« c'est rentable d'y aller ».
09:05Oui, c'est vrai qu'avant la guerre en Iran,
09:07le prix du WTI était redescendu dans la zone des 60,
09:10même quelques incursions sous les 60 dollars.
09:11C'est des niveaux limite d'essai de rentabilité
09:13pour les producteurs américains.
09:14Donc c'est sûr qu'ils sont plus confortables aujourd'hui
09:16avec du 80-90 que du 60 il y a quelques temps.
09:20Est-ce qu'on peut imaginer le pétrole vénézuélien
09:22véritablement être exploité si le pétrole repasse à 60 dollars ?
09:25La réponse est sans doute non,
09:26ce serait plus compliqué.
09:27Non, ce serait plus compliqué.
09:29Et il faut aussi garder du côté du consommateur américain
09:31parce que oui, les producteurs seraient contents
09:32effectivement d'avoir des 80-90,
09:34mais on voit qu'au niveau des consommateurs américains,
09:36la pompe ne le contenait pas
09:38et l'impact pour le consommateur américain est important.
09:41Donc c'est une équation quand même compliquée.
09:44Mais c'est vrai que je rejoins ce que Raphaël disait,
09:46c'est que pour l'instant, ces annonces
09:47n'ont pas fait bouger les cours du pétrole
09:49parce que le marché reste focalisé sur les éléments de court terme,
09:51sur la partie qui circule, la partie la plus liquide,
09:53alors que le pétrole vénézuélien va nécessiter
09:55des années d'investissement
09:56avant d'être pleinement exploité.
09:58Et alors, puisqu'on est dans la thématique de l'inflation,
10:00de la hausse des taux d'intérêt viendra aussi
10:02d'après JP Morgan, dans quelques mois à peine
10:04une crise alimentaire mondiale à grande échelle.
10:06D'ici un an, JP Morgan prévoit
10:08que l'inflation alimentaire globale
10:09à l'échelle du monde, on ne parle pas de 2-3 pays là,
10:12double presque, passant l'inflation alimentaire
10:14de 2,8% actuellement à 5%
10:16d'ici le début de l'année 2027.
10:19Le facteur direct, c'est l'engrais.
10:20Un tiers des engrais azotés de la planète
10:22transitent par Hormuz, que l'Iran maintient
10:24à peu près fermé depuis février.
10:26Et contrairement au pétrole, il n'existe pas de réserve stratégique
10:28d'engrais et rien à remettre sur le marché.
10:30Et donc, tout cela se verrait dans les prix alimentaires aussi.
10:32Donc là, on a peut-être une surcouche d'inflation à venir pour le coup.
10:34Oui, ça rejoint un peu
10:37ce qu'on dit de Kevin Walsh
10:38qui confrontait une inflation qui est quand même
10:40de multiple nature.
10:41C'est-à-dire qu'il n'y a pas seulement l'inflation, on va dire,
10:45habituelle. Il y a une demande
10:46qui peut être forte ou autre. Il y a une économie
10:48américaine qui est résiliente, donc une demande qui est bien présente
10:50dans les services qui est toujours assez dynamique.
10:51Donc ça, c'est la couche de base d'inflation, on va dire, mais qui elle-même
10:54n'était pas encore venue à 2%.
10:55C'est greffé là-dessus depuis le retour de Trump
10:58depuis 2 ans, des conflits
11:00commerciaux répétitifs, parfois
11:02qui montent en intensité, parfois qui retombent.
11:03Mais récemment, c'est un nouveau feu
11:05qui a été ouvert, un nouveau front qui a été ouvert avec le Canada.
11:07Donc c'est venu se greffer à ça. Plus la géopolitique
11:10qui amène aussi une couche d'inflation.
11:11Et plus, effectivement, peut-être les questions liées
11:13aux commodities ou à la partie agricole.
11:16Donc en fait, on voit que c'est une inflation qui est multiple.
11:17Et c'est ça que doit gérer la Fed aussi.
11:19Quand on parle de la problématique de la Fed, c'est ça
11:21qu'elle doit arriver à compiler en temps réel
11:23et à estimer une trajectoire.
11:25Et ce n'est pas une inflation, je veux dire, habituelle.
11:27Elle est la résultante de tous ces facteurs
11:28qui sont justement très difficiles à anticiper.
11:30Et on parle beaucoup de la Fed.
11:31La semaine prochaine, la BCE devrait aussi relever ses taux.
11:35Il y aura plus d'effets négatifs que positifs
11:37ou quand même plus d'effets positifs que négatifs
11:39à relever les taux ?
11:40Quand on voit les taux souverains...
11:42Parce qu'on n'a pas la croissance américaine ici en Europe.
11:43C'est ça qui est un peu problématique, je trouve.
11:45Parce que quand on voit les taux souverains en Europe...
11:47OK, la France, il y a un problème budgétaire,
11:48il y a l'élection en ligne de mire.
11:50Donc ça, ça crée un écartement des taux avec l'Allemagne.
11:52Mais vous avez l'Italie,
11:54alors qu'elle a eu un parcours économique plutôt satisfaisant
11:55ces dernières années,
11:56avec un déficit qui s'est réduit d'ailleurs à 3% du PIB.
11:59Donc ce que la France n'a pas encore réussi à faire, par exemple.
12:01Certes, un stock de dette historique plus élevé,
12:03mais une meilleure trajectoire ratio dette PIB
12:05depuis quelques temps maintenant.
12:07Eh bien, on a des taux pour l'Italie aussi
12:08qui repassent la zone des 4%.
12:10Donc on voit que...
12:11Regardez un graphique,
12:12alors j'en pose souvent sur les réseaux,
12:14regardez les taux européens à 10 ans avant la guerre en Iran
12:16et où ils sont maintenant.
12:17Donc on voit les effets très très liés à la guerre en Iran.
12:20Et moi, ce qui m'embête un peu,
12:21c'est que la hausse de taux, effectivement, à la BCE,
12:23ne peut pas trop avoir de discours différents
12:25parce qu'effectivement, l'inflation a quand même rebondi
12:26ces derniers temps.
12:27Mais je rappelle que l'inflation,
12:28regardez un graphique d'inflation,
12:30l'inflation globale en zone euro,
12:32les trois mois qui ont précédé le début de la guerre en Iran,
12:34vous avez une inflation qui était soit à 2%,
12:36soit en dessous de 2%.
12:37Donc on voit bien que le rebond de l'inflation en zone euro
12:39est principalement lié aux questions géopolitiques.
12:42Donc on ne peut pas lutter contre une hausse du pétrole
12:44par des hausses de taux
12:45à moins de ralentir une croissance, de ralentir une demande.
12:48Et je ne pense pas, et je n'espère pas
12:49que ce soit le calcul de la BCE,
12:51mais faire des hausses de taux pour juger l'inflation
12:53qui arrive principalement par l'énergie en Europe,
12:56ça soulève quand même des questions.
12:57Oui, mais les raisons de l'inflation
12:58sont les mêmes qu'aux Etats-Unis quelque part.
13:00Et vous disiez, c'est normal que la Fed relève ce taux.
13:01En revanche, la BCE, ce n'est pas normal.
13:03Parce que ce que vous disiez tout à l'heure,
13:04la couche de croissance aux Etats-Unis de base
13:06est quand même plus importante que la part économique,
13:08quand même plus dynamique.
13:09Donc leur problématique est différente aux Etats-Unis.
13:10Raphaël, on se projette dans 10 jours,
13:12la BCE a relevé ses taux de 25 points de base supplémentaires.
13:15Nouvelle hausse de taux.
13:16Est-ce que la croissance européenne sera d'autant plus plombée ?
13:18Alors, c'est un risque, effectivement.
13:20Peut-être pas à l'horizon de 25 points de base.
13:22Si le message consiste à dire
13:24qu'on est à peu près revenu à un niveau d'équilibre,
13:27mais qu'a priori,
13:29sauf effet de ruissellement
13:30sur d'autres segments de l'inflation,
13:32la BCE en a terminé,
13:34ça, ça sera un soulagement.
13:36Ça pourra justifier une forme de rebond
13:37sur les actifs financiers, mais aussi sur l'économie.
13:40Avoir une forme de visibilité aussi
13:42sur les taux d'intérêt, c'est important.
13:43Et c'est vrai qu'on en a manqué en Europe,
13:45et pas que.
13:47Si, par ailleurs,
13:49l'attitude de la BCE est beaucoup plus prudente,
13:52qui consiste à dire que ça y est,
13:53elle commence à voir des signes d'effet de second tour,
13:56que le risque existe,
13:57que l'inflation puisse être rampante
14:00à la suite des hausses de prix de l'énergie.
14:02Alors là, on est dans un cadre totalement différent,
14:04où on combinerait une croissance très molle en Europe
14:07et des risques inflationnistes importants.
14:09Et ça, ça serait une très mauvaise nouvelle,
14:11mais a priori, on n'en est pas encore là.
14:12Demain, on aura un indicateur important,
14:14justement, l'inflation zone euro du mois d'août.
14:16Elle sera publiée demain matin,
14:17cette inflation zone euro du mois d'août.
14:18Et puis aux États-Unis,
14:19des statistiques sur l'emploi cette semaine.
14:21Et notamment, ça, ce sera le point d'or vendredi,
14:23le rapport sur l'emploi américain.
14:25Côté entreprises,
14:26Broadcom publiera ses résultats.
14:28Cette semaine, ce sera mercredi.
14:29Donc toujours la tech en force.
14:30Il y aura aussi dans la tech d'elle,
14:32dès demain,
14:33Snowflake également,
14:34mercredi.
14:35On est à 17 minutes de la clôture.
14:37On est ensemble dans la dernière ligne droite
14:38de cette chance.
14:40Et le cas recule d'un peu plus de 0,5%.
14:41Alors, Airbus et Lanterne Rouge
14:43à moins de 2,6%.
14:44Airbus qui poursuit son recentrage sur l'Europe.
14:46Puisque d'après le FT,
14:47Airbus va céder ses activités spatiales
14:49aux États-Unis.
14:50Moins de 6%.
14:51Airbus, Safran aussi recule de 2,5%.
14:53Le Grand, la semaine dernière,
14:54avait cartonné.
14:55Aujourd'hui, c'est l'inverse.
14:56Petite prise de bénéfice,
14:57moins 1,9%.
14:58Et puis à la hausse,
14:59toujours le secteur automobile.
15:00Ça fait quelques séances
15:01que Renault se porte très très bien.
15:02Plus 1,3% encore en ce moment.
15:04Stellantis, plus 1,6%.
15:05Et puis Soitec.
15:06Le patron de Soitec
15:07qui se dit très optimiste
15:09sur le potentiel de la photonique
15:10qui va surprendre,
15:11battre le consensus des marchés.
15:13Soitec gagne en ce moment 7%.
15:15115,90€.
15:16On en reparlera tout à l'heure
15:17après la clôture
15:18avec Eric Lewin
15:19qui fera sa rentrée.
15:21Est-ce que la France
15:25fait l'objet de passe-droits
15:26auprès des agences de notation désormais
15:27et Fitch a maintenu
15:28la note de la France vendredi.
15:30Même la perspective
15:31est maintenue à stable
15:32alors que notre croissance
15:33est inférieure aux attentes,
15:34ne contiendra pas
15:34les objectifs de baisse des déficits,
15:36que le budget qui sera voté cet automne
15:37sera sans doute extrêmement médiocre
15:39compte tenu de la campagne présidentielle
15:41qui démarre.
15:42Fitch maintient quand même
15:43la perspective à stable.
15:45Est-ce que la France
15:46fait l'objet de passe-droits
15:46de la part des agences de notation
15:47là désormais ?
15:48On peut se poser la question.
15:50Effectivement,
15:51il y a une forme de semi-surprise
15:52de voir qu'il n'y a pas eu
15:53un discours plus agressif que ça
15:54vis-à-vis de la situation
15:55de la France.
15:56Et d'ailleurs,
15:56pour aller dans votre sens,
15:57quand on regarde
15:57la valeur faciale,
15:58les taux italiens
16:00et les taux d'emprunt français,
16:01les taux italiens
16:02sont plus avantageux
16:04alors que la note de l'Italie
16:05est plus basse.
16:06Donc il y a une forme
16:06de complexité là
16:09qui est difficile à résoudre.
16:11Et effectivement,
16:12on peut imaginer
16:12que dans les mois qui viennent,
16:14la situation,
16:15en tout cas,
16:16ne va pas s'améliorer,
16:17va rester très floue,
16:18va être anxiogène.
16:19Tout ça justifierait
16:20potentiellement effectivement
16:21une révision au moins
16:22des perspectives,
16:23ce qui n'a pas été le cas.
16:24Après,
16:25quand on dézoome
16:26au-delà des discours
16:27très anxiogènes
16:28qu'on entend,
16:29on voit déjà
16:30qu'en 2026,
16:31les choses se sont globalement
16:32un peu stabilisées
16:34en France.
16:34Ça a été beaucoup
16:35moins problématique
16:36cette année
16:36en termes de budget
16:37que 2025 ne l'a été.
16:39En tout cas,
16:40il y a eu une stabilité politique
16:41et une forme
16:42de stabilisation
16:43du déficit aussi.
16:44On était partis,
16:45souvenez-vous,
16:46sur un début d'année
16:47où on s'attendait
16:47à peut-être atteindre
16:486% de déficit.
16:49On n'y sera pas
16:50et Dieu merci.
16:51Ça,
16:52c'est une première chose.
16:52Et puis,
16:53deuxième chose,
16:54politiquement,
16:54alors là,
16:55c'est très difficile
16:55de se projeter,
16:56mais il y a quand même
16:57une forme de consensus
16:58au Parlement
16:59pour une baisse
17:00des déficits.
17:01Il y a des scénarios extrêmes.
17:02On sait qu'en fonction
17:04des résultats des élections,
17:05on pourrait avoir
17:06des déceptions,
17:06mais globalement,
17:07lorsqu'on regarde
17:08l'état des forces
17:09en présence,
17:11il y a des désaccords.
17:12On n'est pas d'accord
17:13sur comment y arriver,
17:14mais globalement,
17:15on est tous plus ou moins d'accord.
17:16C'est vrai qu'une majorité,
17:17pas la totalité,
17:17mais cette fois,
17:18une majorité de candidats
17:19à la présidentielle
17:20partagent le diagnostic.
17:21Ça n'a pas toujours été le cas.
17:22Là, il y a toujours des exceptions,
17:23Jean-Luc Mélenchon,
17:24mais globalement,
17:25quand même,
17:25on a trois quarts des candidats
17:26qui partagent le même diagnostic
17:27sur l'état des finances françaises
17:28malgré tout.
17:29Absolument,
17:30et d'ailleurs,
17:31très récemment,
17:32ils ont été interviewés
17:33dans le cadre du MEDEF,
17:34tous ces candidats
17:35sur leur politique économique,
17:36et à quelques exceptions près,
17:38le consensus a fait état
17:40d'une volonté forte.
17:41Même à gauche,
17:41on entend parler
17:42d'une dose de capitalisation
17:43pour les retraites.
17:44Même à gauche,
17:44même cette idée
17:45commence à infuser
17:46de plus en plus
17:46de façon transversale.
17:47C'est vrai,
17:48on n'a pas de dire
17:49attention quand même
17:50parce que les candidats
17:51nous sortent leur boîte
17:52à mauvaises idées,
17:53effacer, brûler la dette,
17:54ça c'est Jean-Luc Mélenchon.
17:55Mais on voit beaucoup de candidats,
17:57mais y compris à gauche aussi,
17:59désormais adopter des postures
18:00qu'apparemment,
18:01ils n'auraient jamais osé adopter,
18:02notamment sur la retraite
18:03par capitalisation
18:04et l'état des finances publiques,
18:05Alexandre.
18:05Oui, parce qu'il y a aussi
18:06pas mal de rapports économiques
18:07qui ont été publiés
18:08par des règles de code
18:09ou d'autres par exemple
18:09qui montrent la situation réelle
18:11et ces gens-là
18:12sont déjà objectifs.
18:13Donc quand ils ne présentent
18:13aux politiques des rapports
18:15qui montrent que la réalité
18:16c'est celle-ci,
18:16qu'on peut la nier,
18:18elle est bien celle-ci,
18:20eh bien il y a une forme
18:20peut-être de réalité politique
18:22qui commence à s'imposer
18:23un peu transpartie.
18:26Et ça, tant mieux,
18:27tant mieux.
18:28Mais c'est vrai que je dirais
18:29que Fitch, effectivement,
18:30est-ce qu'il faut regarder
18:31les agences en ce moment,
18:32il faut les écouter toujours,
18:33évidemment,
18:33mais le baromètre,
18:34comme souvent,
18:35c'est le marché.
18:36Et ce que nous dit le marché,
18:37notamment,
18:37c'est le marché obligataire
18:38qui reste la boussole,
18:39on a un écart
18:40entre le 10 ans français
18:41et le 10 ans allemand
18:42qui remontait ces dernières semaines
18:43entre 80 et 90 points de base.
18:45Donc pour les gens qui écoutent,
18:46ça veut dire 0,8 à 0,9% d'écart
18:48entre le taux à 10 ans de la France
18:49et le taux à 10 ans de l'Allemagne.
18:51Dit comme ça,
18:51ce n'est pas énorme,
18:52mais la dernière fois
18:52qu'on était dans ces zones-là,
18:53c'était quelques mois
18:54après la dissolution
18:55de l'Assemblée nationale en 2024.
18:57Alors qu'avant,
18:58cette dissolution,
18:58on était plutôt à 50 ou 40 points de base.
19:00Donc si Fitch est peut-être
19:01un peu complaisant
19:01ou laisse le bénéfice du doute,
19:02c'est moins le cas
19:03des marchés aujourd'hui.
19:03Le marché obligataire,
19:04lui, il dit non.
19:05Le 30 ans français
19:06sur un peu haut de 2008
19:06aujourd'hui d'ailleurs.
19:07Oui, exactement.
19:08Et donc le risque
19:09un peu de la période actuelle,
19:10effectivement,
19:11ce que disait Raphaël,
19:11c'est qu'il y a quand même
19:12un long tunnel avant l'élection
19:14et on ne voit pas
19:14dans cette phase-là
19:15comment les choses
19:16pourraient drastiquement s'améliorer.
19:17Est-ce que le marché
19:18va vouloir tester un peu
19:18les 100 points de base ?
19:20Ça, c'est un peu le trigger.
19:21C'est la zone de déclenchement.
19:22Le 100 points de base,
19:23c'est la zone rouge
19:31Je peux me souvenir
19:31qu'à la dernière fois
19:32qu'on a un épisode comme ça
19:33sur les écarts de taux
19:35entre la France et l'Allemagne,
19:36le CAC 40 en avait souffert.
19:37Il avait sous-performé.
19:38Alors, c'est assez inhabituel.
19:40Normalement, les actions
19:40mènent un peu leur vie
19:41parce qu'on des groupes français
19:42mais internationaux
19:43qui exportent un peu partout.
19:45La dernière fois,
19:46vu que c'est des sujets
19:46de fiscalité
19:47qui s'est imposé dans le débat
19:48et ça va être le cas
19:49encore cette fois-ci,
19:50vous avez beau être
19:50un total ou autre,
19:51vous allez être aussi concerné
19:53par les débats politiques
19:54qui auront lieu
19:54et notamment sur la fiscalité.
19:56Et c'est là
19:56qu'on peut voir le CAC
19:57finalement un peu rattrapé
19:59par ces questions politiques
20:00et par ces questions
20:01qu'on voit sur le marché obligatoire.
20:02Et donc, on en revient là
20:03à ma toute première question
20:04que vous avez soigneusement
20:04évité et contourné tout à l'heure.
20:06Non, non, mais à l'exemple.
20:07Effectivement, le CAC
20:07depuis le début du mois d'août
20:08sous-performe.
20:09Il recule un petit peu
20:10moins 0,3, moins 0,4% en août
20:12alors que le DAX,
20:13même avec la baisse du jour,
20:14le DAX gagne 2% au mois d'août.
20:15Le Nasdaq aux Etats-Unis
20:17gagne 8%.
20:17Enfin bref, ça a été un bon mois d'août
20:19sauf pour le CAC 40.
20:19Est-ce que pour la suite,
20:21vous estimez qu'il va falloir
20:22alléger davantage
20:23le marché français du coup
20:24compte tenu de ce qu'on est
20:25en train de se dire ?
20:25Enfin alléger...
20:27Ou la sous-performance
20:28est déjà dans les cours ?
20:28Oui, je pense qu'il y a
20:29une sous-performance
20:29quand même dans les cours
20:30et puis il y a aussi
20:30quelques composantes.
20:31On sait que le luxe par exemple
20:32souffre toujours un peu
20:32de la situation en Asie
20:33qui a une croissance
20:34qui n'est pas extraordinaire en Chine.
20:35Il y a des stats
20:35de production industrielle
20:37qui ne sont pas extraordinaires.
20:37Donc il y a aussi
20:38des composantes sectorielles
20:39qui font qu'on performe
20:40un peu moins bien
20:41mais je pense quand même
20:42qu'il y a une petite partie...
20:43Regardez par exemple
20:44à Nibex en Espagne
20:45ou à Miboritalie.
20:46Ils ont quand même mieux tenu
20:47que le CAC 40 ces derniers jours.
20:48Donc je pense que le sujet politique
20:50et le sujet taux français
20:52a créé un petit peu
20:53de sous-performance
20:54par rapport aux autres indices
20:55actions en France.
20:56Oui, est-ce que ça va durer ?
20:57Si le spread se tend...
20:58Pour moi, je pense que oui.
20:59Si on a un spread
21:00qui se tend encore
21:01et c'est un risque,
21:02oui, il y a tout à fait un risque
21:03que le CAC aille un peu plus bas.
21:04Donc attention aussi
21:05au secteur bancaire.
21:05On l'a vu, je crois
21:06que c'était sur la séance de jeudi
21:07où d'un coup le CAC 40
21:08a sous-performé
21:09avec une tension obligataire
21:10sur la France.
21:10Le secteur bancaire
21:11est ce jour-là
21:11le secteur qui a le plus souffert.
21:13Est-ce que ce sont autant
21:14de signes annonciateurs
21:15de l'automne qui arrivent
21:15en bourse d'après vous ?
21:16Oui, il y a du stress
21:17sur la France.
21:18Ça se voit évidemment
21:18sur la sous-performance.
21:19C'est intéressant
21:20parce qu'effectivement
21:20les valeurs du CAC 40
21:22ne sont pas très impactées
21:24par les taux souverains.
21:25Elles émettent très peu de dettes.
21:27Elles n'ont pas l'État
21:28d'ailleurs comme contrepartie majeure.
21:30Ces grands groupes français,
21:32ces grands groupes exportateurs
21:37vrai sujet de contagion
21:39pour ces entreprises du CAC 40
21:40vis-à-vis du risque politique,
21:41c'est si cette taxe
21:43qui devait être exceptionnelle
21:45sur les grands groupes
21:46était amenée à être reconduite
21:47et ça on le saura bientôt,
21:49bien avant la perspective
21:50des élections,
21:51pour le budget de l'année prochaine.
21:54Là, auquel cas,
21:54il faudrait voir les perspectives
21:56de bénéfices par action à la baisse.
21:58C'était un exercice
21:59qu'on avait fait, souvenez-vous,
22:00l'année dernière,
22:01en pensant, en espérant
22:02qu'elle était exceptionnelle,
22:03cette taxe.
22:04Il semblerait qu'elle ne le soit
22:05pas totalement.
22:06Ça, c'est peut-être
22:07un petit facteur à suivre.
22:08Est-ce qu'un soulagement
22:09pourrait venir
22:10si cette taxe était
22:11soit pas reconduite,
22:13soit moins importante
22:13qu'attendue ?
22:14En tout cas,
22:15ça, c'est un vrai facteur de marché
22:16pour le CAC dans les semaines qui viennent.
22:17Oui, oui, avec en plus
22:18de plus en plus de concurrence
22:19sur le marché obligataire,
22:20les Allemands
22:21qui émettent de plus en plus de dettes,
22:22les acteurs privés américains.
22:23C'est Olivier de Béranger,
22:25vendredi,
22:25qui nous donnait cette information.
22:27Les États-Unis, cette année,
22:28sont les premiers émetteurs
22:29de dettes d'entreprises en euros.
22:31Avant, c'était la France,
22:32figurez-vous,
22:33c'est la France qui avait,
22:34avec ces multinationales,
22:35qui occupaient la première place
22:36des émissions d'entreprises en euros.
22:3720% des émissions d'entreprises en euros
22:39auparavant
22:40venaient d'entreprises françaises.
22:42Là, cette année,
22:42depuis le début de l'année,
22:4322% viennent d'entreprises américaines
22:46sur la dette en euros.
22:47Fou !
22:47Alors évidemment,
22:48c'est les acteurs de l'IA,
22:49c'est la tech.
22:50Oui, c'est non intéressant,
22:51mais pour rester sur le secteur bancaire,
22:53c'est de la concurrence.
22:53On a oublié d'où vient la...
22:55Enfin, d'où on vient
22:56sur le secteur bancaire en Europe,
22:57boursièrement en parlant.
22:58Pendant des années,
22:59ça a été...
22:59On achetait les banques
23:00que pour le dividende,
23:01c'était de la value,
23:02presque dit value,
23:03pas loin.
23:04Et depuis trois ans,
23:05j'ai regardé depuis le creux de 2022,
23:07qui était lié à la guerre en Ukraine ou autre,
23:09le secteur boursier en Europe bancaire,
23:11secteur bancaire,
23:12donc l'Eurostock 600 banques,
23:13c'est 260% de hausse.
23:15Donc, ça a été...
23:16Il a surperformé ce secteur,
23:18tous les autres secteurs en Europe,
23:20en 2025,
23:21en 2024 également,
23:22et cette année,
23:23il est encore un bon 20 points
23:24en year to date.
23:25Donc, c'est quand même
23:25une sacrée perf.
23:26Donc, à un moment donné,
23:27et effectivement,
23:28il y a parfois un peu d'alibi aussi
23:29pour prendre un peu les gains,
23:30là, typiquement,
23:31on aura une période
23:31où si on cherche quelques arguments
23:33pour alléger un peu,
23:33on peut,
23:34mais je ne pense pas
23:34qu'on soit sur un sommet en revanche
23:35qui ressemble à ce qu'on a vu,
23:36par exemple,
23:37en 2006-2007,
23:38avant les subprimes ou autres,
23:39il n'y a aucune de ces caractéristiques-là
23:41en termes de solidité de bilan,
23:42de diversité.
23:43Voilà, donc...
23:43Elles sont hyper solides,
23:44les banques, là.
23:44D'ailleurs,
23:45si je le dis,
23:46les banques françaises,
23:46par exemple,
23:47restent extrêmement solides
23:48malgré ce qu'on est en train de décrire.
23:49Quels sont les secteurs prometteurs,
23:51du coup, là,
23:51qu'est-ce que vous sentez
23:52devoir être privilégié
23:52dans les portefeuilles,
23:53Alexandre ?
23:54À très court terme,
23:55il y a toujours des secteurs
23:56dont on parlait,
23:57qui me semblent toujours bons,
23:58c'est tout ce qui est ressources de base,
23:59tout ce qui est...
24:00Petro, le gaz,
24:01pas forcément,
24:01mais le basic ressource en Europe,
24:03donc tout ce qui est lié,
24:03je pense,
24:04on va dire,
24:04première agricole,
24:05les métaux ou autres,
24:06ça me semble toujours assez...
24:07Tout ce qui prend l'inflation.
24:08Ça, mais après,
24:09oui, voilà,
24:10ça, mais après,
24:10il y a aussi des secteurs,
24:11les télécoms,
24:11par exemple,
24:12je suis toujours assez optimiste
24:12sur les télécoms,
24:13les banques,
24:14ça peut consulter un petit peu,
24:15mais je reste optimiste dessus.
24:16Dividendes.
24:24beaucoup plus global,
24:25c'est-à-dire que si le marché doit corriger,
24:27il me semble que ça n'aura pas
24:27d'un secteur en particulier.
24:29Si les taux continuent de grimper,
24:30c'est vraiment toute la partie action
24:32qui peut en souffrir,
24:33donc pour moi,
24:33c'est plus les interactions
24:35entre ce qu'on a sur l'obligataire
24:36et l'ensemble des marchés d'action
24:37qui font regarder plus
24:38que certains secteurs,
24:39en particulier en ce moment.
24:40Raphaël,
24:41vous privilégiez quoi
24:41pour la rentrée, là ?
24:43Alors,
24:43on aime bien l'Europe,
24:44toujours.
24:45L'Europe,
24:45elle performe plutôt bien,
24:47en particulier
24:47en fonction du contenu du contexte,
24:49et l'Europe,
24:50elle permet de se diversifier
24:51vis-à-vis de l'IA.
24:52Ça,
24:52c'est un premier facteur intéressant.
24:54On a vu une rotation
24:56plus récemment sur le marché,
24:58un élargissement du leadership,
24:59de performance
25:00qui bénéficie à l'Europe,
25:02qui est plus cyclique,
25:03plus industrielle,
25:04et aller chercher des noms,
25:06effectivement,
25:06industriels,
25:07des grands champions européens
25:09dans cet univers,
25:10c'est intéressant.
25:11Et puis,
25:12on citera aussi les banques.
25:13Alors,
25:13on est un petit peu plus prudent
25:15sur les banques françaises
25:15à court terme,
25:16malgré tout,
25:17parce que ça va être
25:17le premier facteur de contagion
25:19si on a des soubresauts,
25:21politiques,
25:22en fonction des sondages,
25:23etc.,
25:23dans les mois qui viennent.
25:24Mais globalement,
25:25le secteur bancaire,
25:25même après 260%,
25:27nous semble attractif.
25:28Donc voilà,
25:28on aime bien l'Europe en ce moment.
25:30Et est-ce que vous sortez l'été
25:31plutôt rassuré sur la tech
25:33après leur publication,
25:34celle encore d'NVIDIA
25:35la semaine dernière,
25:35on aura Broadcom cette semaine,
25:36entre autres.
25:37Est-ce que vous en sortez,
25:37plutôt plus rassuré
25:39qu'avant l'été,
25:40l'état de la tech ?
25:41On va dire que la tech
25:42a bien passé l'été,
25:43malgré un mois de juillet
25:45qui a été très compliqué.
25:46Les derniers jours
25:47ont eu plusieurs bonnes nouvelles
25:48en plus pour l'investisseur tech.
25:50On a eu évidemment
25:51NVIDIA,
25:51on a tous beaucoup parlé.
25:53On a eu aussi Salesforce
25:55qui a été une surprise.
25:56Le fait que,
25:57malgré le fait
25:57qu'elle soit très impactée
25:59par l'arrivée de l'IA,
26:00on est en train de voir
26:01une forme de business model
26:03pour ces entreprises
26:04de logiciels
26:05autour de l'IA
26:06qui bénéficieraient de l'IA
26:07et qui seraient capables
26:08de renchérir ces services
26:10grâce à l'IA.
26:11Ça, c'est une nouveauté.
26:11Et Salesforce est encore en hausse
26:12aujourd'hui d'ailleurs.
26:13En plus, un et demi,
26:13ça n'arrête pas.
26:14Donc ça,
26:14ça a été aussi
26:15de très bonnes nouvelles
26:16pour le secteur
26:16et même dans le logiciel
26:18autour des logiciels
26:18de sécurité.
26:19Là aussi,
26:20la table s'est un peu tournée.
26:22On a vu les logiciels
26:23de sécurité bénéficier
26:24de l'IA
26:25du fait de la capacité
26:26de ces langages
26:27et de certaines
26:29de ces entreprises d'IA
26:30à disrupter
26:31vis-à-vis du piratage
26:33informatique.
26:34On a beaucoup
26:34de ces entreprises
26:35de logiciels de sécurité
26:36qui bénéficient de ça.
26:38Donc là encore,
26:39plusieurs bonnes nouvelles
26:39sur la tech.
26:41Alors, il y a encore
26:41beaucoup d'incertitudes.
26:42Les valorisations sont exigeantes,
26:44des problématiques
26:45de marge,
26:46de coût
26:46autour de la mémoire
26:47en particulier.
26:48Tout ça va rester avec nous
26:49mais on a envie de dire
26:50que la trajectoire long terme
26:51sur l'IA reste positive
26:53et donc on reste investi.
26:54Alexandre,
26:55cette fois,
26:56oui,
26:57cette fois c'est la bonne.
26:58Vous êtes rassuré
26:58sur la tech
26:59ou décidément pas ?
27:00Non,
27:00ce qui est intéressant
27:02de constater,
27:02c'est que par exemple
27:03des indices
27:03qui avaient très largement
27:04sectoriels,
27:05comme le SOX par exemple
27:06qui regroupe tous les gros
27:07du secteur des semi-conducteurs,
27:09il a corrigé
27:10un peu plus de 20%.
27:11Il a un peu rebondi
27:11ces dernières semaines
27:12et c'est un petit peu retassé.
27:13mais malgré,
27:15et ça je trouve ça
27:15plutôt sain du coup,
27:16mais il y a eu une correction
27:17qui s'est opérée
27:18en fait sur le secteur
27:18des semi-conducteurs en bourse
27:19alors même que les croissances
27:21bénéficiaires,
27:22on a vu pour l'ensemble
27:23du SP500,
27:23on est sur quasiment 50%
27:25au T2 par rapport
27:26à l'année dernière
27:26donc ce qui est absolument
27:27Il leur arrive,
27:27ce qui est arrivé
27:28ces deux dernières années
27:28aux hyperscalers.
27:29Malgré les super perles,
27:30désormais ils corrigent.
27:31Donc on a une phase
27:32de correction qui a commencé
27:32sur les Max 7,
27:33c'est très consolidant
27:34depuis plusieurs mois
27:35donc là aussi
27:35c'est plutôt pas mal
27:36c'est-à-dire qu'on évite
27:36les surchauffes
27:38et ça va commencer
27:39à dégonfler plus violemment
27:40par contre sur la Corée
27:41donc moi je suis assez à l'aise
27:42de voir justement
27:43malgré de très bons résultats
27:44des investisseurs
27:45qui actuellement
27:47sont un peu attentistes,
27:48regardent,
27:49ils ont déjà bien performé
27:49pendant des trimestres,
27:50des semestres à la hausse
27:52sur les semi-conducteurs
27:52et on a eu une phase
27:53de correction
27:53et je me pose la question
27:55est-ce que cette phase
27:55est réellement terminée ?
27:56Voilà, c'est ça
27:57parce que si,
27:57encore une fois je reviens
27:58à cette question des taux
27:58mais si vous avez
27:59un segment obligataire
28:00des taux
28:00qui se tendent encore
28:01on voit que ces groupes
28:03et ce secteur tech
28:04a beaucoup plus recours
28:06au financement
28:06notamment pour développer l'IA
28:08ces derniers trimestres
28:09et du coup ça veut dire
28:10qu'ils sont plus sensibles
28:11aux conditions de financement
28:12même les très gros
28:13parce qu'ils ont des benchmarks
28:14par rapport aux taux souverains
28:15ou autres
28:16sont plus sensibles à ça
28:17donc il me semble que
28:18c'est bien de voir ce secteur
28:20faire une pause
28:21et je ne suis pas convaincu
28:22qu'il fallait tout de suite
28:22payer le dip
28:23sur les semi-conducteurs
28:24et un petit 15-20%
28:25de correction
28:26sur les derniers mois
28:26je ne suis pas convaincu
28:27qu'on ait réellement
28:28tout vu en termes
28:30un peu d'assainissement
28:32des effets de levier
28:33de la surexposition
28:34du monothème etc
28:35ce qu'on est en Corée du Sud
28:36c'est un extrême
28:37très violent
28:37mais pour moi
28:39on n'a pas encore ça
28:39aux Etats-Unis
28:39le deleveraging
28:41un peu sur certains ETF
28:41ou autres
28:42certains produits financiers
28:43qui ont été très achetés
28:44par le retail américain
28:45on n'a pas encore eu
28:46cette phase de dégonflement
28:47selon moi
28:48en tout cas
28:48aux Etats-Unis
28:49avec toujours des goulots
28:50d'étranglement
28:50c'est Skyny
28:51qui est en fin de semaine dernière
28:52qui a encore rallongé
28:53ses estimations
28:54de pénurie
28:56Pimco de son côté
28:56alerte sur l'augmentation
28:57trop importante
28:58est trop rapide
28:59de la dette liée à l'IA
28:59c'est ce que vous disiez
29:00oui mais
29:01les acteurs de l'IA
29:02vont souffrir
29:03si les taux continuent de monter
29:04parce qu'ils s'endettent
29:04de plus en plus
29:05donc à des taux
29:05de plus en plus élevés
29:06c'est vrai
29:06mais du coup
29:06les rendements obligataires
29:07vont devenir concurrentiels
29:09face aux actions
29:09donc peut-être
29:10de plus en plus
29:10d'acheteurs d'obligations
29:11justement de ces acteurs
29:12de la tech
29:13au détriment des actions
29:14on peut aussi imaginer ça
29:15plus d'acheteurs obligataires
29:17que dans le marché actions
29:18désormais
29:18à un moment donné
29:19ceux qui ont beaucoup
29:20performé sur le marché actions
29:20vont se dire
29:21sur l'obligateur
29:21il y a quand même
29:22des rendements
29:22particulièrement attractifs
29:23et si on constate
29:24effectivement
29:25si on fait l'estimation
29:25que l'inflation américaine
29:26va retomber dans quelques mois
29:28c'est pas idiot
29:28d'aller chercher un peu
29:30d'obligations
29:32en 20 secondes
29:33vous avez le choix
29:33entre une obligation
29:34et une action
29:35d'un hyperscaler
29:36vous choisissez quoi
29:36l'obligation désormais
29:37ou l'action ?
29:39d'un hyperscaler
29:40spécifiquement
29:40d'un hyperscaler
29:42ça sera l'action
29:42ce sera encore l'action
29:43l'action
29:44d'accord
29:44le crédit vous cap
29:45sur la potentielle de hausse
29:47là où l'action
29:47vous l'offre
29:48à long terme

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