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00:08Bonsoir, merci de choisir Médian TV pour vous informer.
00:11Voici les titres de votre journal.
00:14Faciliter le renvoi des migrants près de deux mois après la crise de CETA,
00:18c'est l'objectif du gouvernement espagnol qui a approuvé aujourd'hui des projets de loi dans ce sens.
00:23On en parle, d'heures honnêtes.
00:26Les Etats-Unis n'obtiendront rien avec leur nouvelle pression d'économie contre l'Iran.
00:31Les mots du président iranien Massoud Péjechkian aujourd'hui répondront au plan de sanctions américains
00:37visant à asphyxier l'économie de son pays.
00:42Et puis il y a le haut représentant du conseil de paix pour Gaza, Nicolas Ladneuve,
00:47qui met en garde contre un point de non-retour en cas d'échec du plan de paix pour le
00:51territoire palestinien
00:53au plan actuellement dans l'impasse.
00:59Près deux mois après la crise de CETA,
01:01le gouvernement espagnol approuve des projets de loi pour faciliter le renvoi des migrants.
01:06Et dans ce dossier, la prise en charge des mineurs marocains s'impose
01:10comme une priorité tant pour Rabat que pour Madrid
01:13à l'approche d'échéance électorale.
01:16Noa Basia.
01:18Madrid présente les mesures destinées à faciliter le retour de milliers de migrants
01:23se trouvant à CETA.
01:24Après les faits survenus le mois dernier,
01:27le gouvernement espagnol appelle au rapatriement du plus grand nombre de personnes majeures et mineures.
01:33Les autorités espagnoles annoncent notamment le renforcement des capacités d'accueil
01:38et la mise en place d'une procédure spécifique pour traiter les dossiers encore en attente.
01:45Notre priorité est le retour des adultes et mineurs,
01:48mais je répète que cela doit se faire conformément aux droits internationaux,
01:52dans le respect des droits humains
01:54et également dans le respect de ceux qui relèvent fondamentalement du droit humanitaire.
02:00Les autorités espagnoles doivent identifier chaque personne
02:03afin de déterminer si elle a droit à l'asile
02:06ou dans le cas contraire, engager le protocole de rapatriement.
02:09Un processus très lent, dénoncé par les autorités locales de CETA.
02:14Derrière la gestion de cette crise se joue aussi un autre combat,
02:18celui des partis espagnols sur le terrain politique.
02:22Le parti populaire accuse le gouvernement Sanchez d'avoir tardé à réagir,
02:27tandis que Box défend une ligne encore plus dure sur l'immigration.
02:31Le sujet est devenu un enjeu de confrontation
02:34entre la gauche au pouvoir et une droite
02:37qui cherche à imposer ses réponses à la question migratoire.
02:42S'il y avait eu le moindre indice, ou plutôt la moindre attente,
02:46qu'une situation similaire à celle de 2021 puisse se reproduire,
02:50est-ce que quelqu'un croit que l'affaire n'aurait pas été portée
02:53au plus haut niveau des autorités
02:55afin de prendre des mesures extraordinaires
02:57pour empêcher toute complication supplémentaire ?
03:00En Espagne, la bataille politique prend une dimension particulière
03:04à l'approche des prochaines échéances électorales.
03:07L'immigration s'impose comme un sujet de plus en plus sensible
03:10dans le débat public espagnol,
03:12alors que pour le Maroc, l'urgence est avant toute humaine.
03:17Rabat appelle au retour des mineurs marocains
03:19afin qu'ils puissent retrouver leur famille et leur environnement habituel.
03:27Les Etats-Unis l'ont dit en début de semaine,
03:30ils veulent couper toutes les ressources économiques de l'Iran
03:33par un nouveau train de sanctions.
03:35Le président iraïen a réagi aujourd'hui pour Massoud Péjechkian.
03:38Washington n'obtiendra rien avec ces nouvelles pressions d'économie contre terre.
03:46Les Etats-Unis comptent donc bien asphyxier l'économie iranienne
03:50dans leur viseur, l'énergie.
03:53Pour en savoir un peu plus sur la stratégie américaine,
03:55suivons ce récit de Noah Bazir.
03:58Entre l'Iran et les Etats-Unis, le bras de fer se poursuit.
04:02Téhéran rejette les nouvelles pressions économiques de Washington.
04:06Le président iranien assure que ces sanctions n'auront aucun effet sur le pays,
04:11rappelant que l'Iran y est confronté depuis plusieurs décennies sans avoir cédé.
04:19Une fois que le pétrole et le gaz iranien seront sortis du marché mondial,
04:23d'autres pays seront contraints de chercher des fournisseurs alternatifs.
04:26Une fois que le pétrole et le gaz iranien seront sortis du marché mondial,
04:31d'autres pays seront contraints de chercher des fournisseurs alternatifs.
04:35S'ils n'y parviennent pas, les prix augmenteront
04:37et le coût sera supporté par les consommateurs partout dans le monde.
04:40Si l'Iran n'autorise pas le passage du pétrole ou du gaz liquéfié par les détroits d'Ormuz,
04:47les prix du gaz, du pétrole et des carburants de manière générale
04:49augmenteront également en Europe et dans d'autres régions du monde.
04:55De son côté, Washington poursuit sa politique de sanctions et de menaces
04:59pour accentuer la pression sur l'économie iranienne.
05:02Une stratégie que l'Iran dénonce tout en se disant près à reprendre les négociations.
05:13Bien sûr, l'économie connaît des difficultés
05:16et les Iraniens ont été confrontés à des réelles difficultés.
05:18Mais le pays reste l'un des principaux producteurs de pétrole et de gaz.
05:22Malgré les dommages subis par certaines installations pétrochimiques pendant des guerres,
05:27nous sommes capables de rétablir la production.
05:30Téhéran a récemment montré sa volonté de dialoguer.
05:32Les États-Unis devraient alors renoncer à leurs conditions déraisonnables
05:38et s'asseoir à la table des négociations pour de véritables discussions cette fois-ci.
05:45Entre sanctions américaines, blocage autour du détroit d'Ormuz
05:49et appel à la négociation,
05:51l'Iran reste donc au cœur d'un face-à-face tendu avec Washington.
05:55Une crise dont les répercussions dépassent largement les frontières iraniennes,
05:59tant les enjeux énergétiques et économiques sont importants.
06:04Et c'est dans ce contexte que les gardiens de la Révolution ont annoncé
06:07avoir conclu des accords avec Oman sur la gestion du détroit d'Ormuz.
06:11Des accords prévoyant notamment un partage des revenus liés à la navigation dans ce passage maritime.
06:18Hier à Téhéran, les ministres des Affaires étrangères Omane et Iraniens
06:21avaient discuté d'un accord cadre établissant un couloir temporaire de navigation
06:26dans le détroit d'Ormuz, le stratégique détroit qui est verrouillé par Téhéran
06:32depuis le début de la guerre.
06:36Gaza n'a plus les moyens de supporter une nouvelle catastrophe.
06:40Lémon, du haut représentant du conseil de paix pour Gaza,
06:43Nicolas Imletneuve devant le conseil de sécurité de l'ONU,
06:47a mis en garde aujourd'hui contre un point de non-retour.
06:50Un cas d'échec du plan de paix pour le territoire palestinien,
06:54au plan actuellement dans l'impasse.
06:56Les raisons, Israël a rejeté le texte exigeant
07:00un désarmement total et vérifiable du Hamas,
07:03un texte pourtant approuvé par le mouvement palestinien fin juillet.
07:09Après Londres l'année dernière, c'est au tour de Washington
07:12de désigner le groupe Palestine Action comme organisation terroriste.
07:17Les États-Unis l'accusent d'avoir apporté une aide substantielle
07:20à un acte de terrorisme ou en faveur de celui-ci.
07:24Washington a aussi rajouté sur sa liste noire
07:29OTCC et Van Inventati,
07:32un groupe italien d'extrême-gauche
07:34accusé notamment de mettre en place
07:36et de gérer l'infrastructure numérique
07:38de cellules antifa violentes
07:41et d'autres militants d'extrême-gauche à travers le monde.
07:47Malgré les mises en garde et condamnations
07:49d'une partie de la communauté internationale,
07:51Israël poursuit l'implantation de colonies
07:54en Cisjordanie occupée,
07:55une extension illégale au regard du droit international
07:59en droit déchiré par le Premier ministre israélien.
08:02Benjamin Netanyahou ne compte pas rester là,
08:05lui qui salue la création de près de 300 colonies
08:08et avant-postes agricoles en Cisjordanie occupée
08:10depuis l'arrivée de son gouvernement au pouvoir.
08:22La Libye ne sera pas seule sur la voie de sa réunification.
08:27Le pays pourra bien compter sur le soutien des États-Unis.
08:30C'est ce qu'a fait savoir le conseiller principal
08:32du président américain pour les affaires arabes
08:35et du Moyen-Orient, Massad Boulos,
08:37qui a réitéré le soutien ferme des États-Unis
08:39à l'accord budgétaire unifié
08:41en tant que moyen de renforcer la capacité
08:44de la Banque centrale à sauvegarder
08:46la stabilité financière de la Libye
08:48et à protéger le pouvoir d'achat des Libyens.
08:55Des feux qui ravagent tous sur leur passage.
08:58Nous sommes en Algérie, toujours un proie
09:00à des incendies monstres.
09:01Sur 37 incendies en cours dans le pays,
09:045 touchent la hulaya de Djigel.
09:07C'est dans l'Est, justement, sur place.
09:09Les feux de forêt ont atteint des zones urbaines.
09:12Conséquence, plusieurs familles ont été évacuées
09:15selon la protection civile,
09:16qui n'a pas précisé le nombre de personnes évacuées.
09:22C'est un rêve, un rêve d'être ici
09:24et de pouvoir dire que je suis un joueur de City.
09:27J'ai encore beaucoup de progrès à faire
09:29et c'est sans aucun doute le meilleur endroit
09:32pour y parvenir.
09:33C'est officiellement qu'Ayoub Boadi quitte l'île
09:36pour Manchester City,
09:37qui a déboursé pas moins de 100 millions d'euros
09:41pour l'engager jusqu'en 2031.
09:43Un montant record,
09:44cela faisait deux saisons qu'il rayonnait à l'île
09:47et avec le Maroc à seulement 18 ans lors du Mondial 2026.
09:51Pour bon nombre de sueurs du LOSC,
09:53il était évident que l'astre Boadi était appelé à briller ailleurs.
10:01Et de suite, place à l'invité de Soir Info.
10:14Et ce soir, nous revenons encore sur cette demande du médiateur du Royaume
10:20qui appelle à ouvrir un large débat public
10:23sur la réforme de l'administration et de la fonction publique.
10:26On appelle, qui intervient à quelques semaines des élections législatives.
10:30Pourquoi cette réforme peine-t-elle à produire
10:33une transformation suffisamment viable ?
10:36Quel modèle d'administration le Maroc veut-il construire
10:39pour les prochaines années ?
10:40Pour en parler, nous avons le plaisir de recevoir Mohamed Abdi,
10:45expert en politique publique.
10:47Il est en direct de Rabat avec nous.
10:49Mohamed Abdi, bonsoir.
10:50Et merci d'avoir accepté notre invitation.
10:54Bonsoir à vous, merci.
10:57Alors, malgré les nombreuses réformes engagées
11:00depuis plusieurs années,
11:02on a comme l'impression que la réforme de l'administration marocaine
11:05reste, on va dire, un chantier inachevé.
11:08Pourquoi ? C'est la question qu'on se pose.
11:10Est-ce d'abord un problème de gouvernance,
11:13de coordination entre les administrations
11:15ou de résistance au changement ?
11:18C'est à la fois les trois.
11:21Des mauvaises politiques
11:23et puis des difficultés à convaincre tout le monde,
11:27à mobiliser tous les acteurs.
11:28L'ensemble, les remarques que vous avez mises en avant,
11:32le médiateur du Royaume les a soulignés.
11:34Le fait de demander un débat public,
11:37c'est déjà reconnaître qu'il y a des carences,
11:39qu'il y a des difficultés, voire même quelquefois blocages,
11:43par rapport au développement économique que connaît le Maroc.
11:46– Alors, le médiateur parle aussi d'une politique publique horizontale.
11:52Selon vous, pourquoi est-il si difficile de porter une réforme
11:56qui concerne pourtant l'ensemble de l'appareil de l'État ?
11:59– Oui, mais parce que, vous savez,
12:03beaucoup de pays ont connu le même problème.
12:06Mais on a résolu ce problème quand il y avait un volonté politique,
12:09quand on a su mobiliser l'ensemble des acteurs.
12:12Le corps intermédiaire, les syndicats, bien sûr,
12:14les acteurs, les acteurs de la société civile,
12:18mobilisaient l'ensemble pour un objectif,
12:20deux ou trois objectifs précis.
12:22Mais l'expérience menée ailleurs nous montre que c'est par la force de la loi
12:28que les choses changent.
12:29On ne peut pas changer les choses par des réformes,
12:32par l'immobilisation, par des petites mesurettes.
12:36Il va falloir acter la réforme de l'administration au Maroc
12:40par la force de la loi.
12:42– Par la force de la loi, une réforme de l'administration
12:45au service des citoyens, justement le citoyen face à l'administration…
12:50– Par exemple, une loi avec un rétro-planning,
12:53pas un plan sur cinq ans, six ans,
12:55parce que nous avons déjà connu ces histoires-là.
12:58Il faut un rétro-planning, il faut dire qu'on commence maintenant
13:01pour aboutir dans un an, deux ans, trois ans
13:03à une digitalisation totale de l'administration marocaine
13:06et des secteurs publics en général.
13:08Voilà un objectif précis.
13:10Il faut responsabiliser les responsables au sein de l'administration.
13:13Vous savez, là où ça marche, c'est quand on a pris la décision,
13:17par la loi, de responsabiliser les chefs de service.
13:20Parce que l'ensemble des acteurs doit compter.
13:22Il ne faut pas chercher une ou deux personnes à tous les étages,
13:25il y a des responsabilités.
13:26Et la loi peut changer les choses.
13:28Quand il y a une volonté politique,
13:30on peut mettre l'ensemble des acteurs
13:32et même demander à l'opinion publique d'être témoin
13:36au travers des actions précises pour que l'échange change.
13:39Aujourd'hui, c'est une urgence,
13:41parce que le niveau de développement économique
13:43est arrivé à un seuil,
13:44qu'aujourd'hui, l'ensemble de la société doit suivre
13:48et être capable de porter cette dynamique de développement économique.
13:53Et l'administration doit être en première ligne
13:56pour porter cette dynamique de développement économique.
13:59Aujourd'hui, dans les faits, au quotidien,
14:01on voit qu'il y a des blocages,
14:03des réponses qui n'arrivent pas.
14:05Des fois, on voit des réponses qui n'arrivent jamais.
14:08Justement, comment évaluer la réussite d'une réforme administrative ?
14:14Est-ce à travers les nouvelles lois dont vous venez de parler,
14:17les nouvelles plateformes,
14:18ou simplement à travers l'expérience du citoyen ?
14:21Quand le citoyen sent précisément
14:23que cette réforme est faite pour lui ?
14:28Il est bien évident que le thermomètre de tout,
14:31c'est le citoyen.
14:32C'est la satisfaction du citoyen.
14:33Quand le citoyen s'estime servi,
14:39parce que l'administration,
14:40quand on fait le choix d'aller au service public,
14:42c'est quand on fait le choix de servir le public.
14:46On ne va pas travailler dans les administrations
14:49comme on va travailler dans une entreprise.
14:51C'est un choix.
14:52Travailler pour l'intérêt général,
14:54travailler pour servir le citoyen,
14:55ça demande une exigence,
14:57ça demande une éthique,
14:58ça demande une pratique,
14:59mais surtout ça demande un cadre.
15:00Et un cadre porté par des lois,
15:03par des jurisprudences.
15:05Ailleurs, si on regarde ce qui se passe ailleurs,
15:07ça a marché quand la jurisprudence
15:09des tribunaux administratifs
15:11a clarifié la responsabilité de certains,
15:14de certains responsables,
15:15les chefs de services,
15:16les chefs de division,
15:17les directeurs,
15:18pour définir leurs responsabilités de chacun.
15:20Il n'est pas normal qu'aujourd'hui au Maroc,
15:22un citoyen fasse une demande par écrit,
15:26il n'obtienne jamais de réponse.
15:27Et c'est le cas de tout le monde.
15:28Et je constate que depuis très peu,
15:31on a lancé la réforme de la digitalisation
15:35de l'administration.
15:37Il y a des choses qui ont été...
15:38Nous aurons l'occasion d'y revenir,
15:43mais avant cela,
15:44restons sur ce point que vous évoquez,
15:47parce qu'il y a le médiateur
15:48qui a aussi insisté sur les délais,
15:51la qualité du service,
15:53la réponse aux réclamations,
15:54mais surtout la clarté des responsabilités
15:57dont vous venez de parler.
15:59Faut-il désormais évaluer les administrations
16:02comme, on va dire,
16:03on évalue une entreprise
16:04par des objectifs,
16:06des indicateurs et des résultats ?
16:09Mais exactement,
16:11d'autant plus qu'aujourd'hui,
16:12la technologie nous offre des outils
16:15pour évaluer le travail de chacun,
16:18de chaque fonctionnaire,
16:19de chaque personne qui travaille
16:21au sein de l'administration,
16:23on sait au jour le jour
16:24qu'est-ce qu'il fait,
16:25qu'est-ce qu'il doit faire
16:26et qu'est-ce qu'il a fait.
16:28Ces outils existent.
16:29Il y a des États
16:30qui les utilisent partout
16:32dans les administrations
16:34et on peut les installer partout.
16:36Mais pour les installer,
16:38il faut changer un certain ensemble de textes,
16:40il faut responsabiliser
16:41un certain ensemble de services,
16:43il faut changer les textes,
16:45et il faut être volontaire
16:46pour imposer l'efficacité
16:48et l'efficience
16:49dans la pratique administrative.
16:51Vous venez d'en parler,
16:52la digitalisation,
16:53c'est devenu en tout cas
16:54l'un des grands mots d'or
16:56de la réforme administrative,
16:57mais peut-on réellement
16:59aujourd'hui simplifier,
17:01digitaliser l'administration
17:02en numérisant des procédures
17:05qui sont elles-mêmes
17:07trop complexes ?
17:09Oui, nous sommes en train de le faire.
17:11Il y a des choses
17:12qui ont été très complexes,
17:13on a réussi à les faire.
17:14Aujourd'hui, il y a des plateformes.
17:16Rojas, par exemple,
17:17c'est une plateforme qui fonctionne,
17:18même si les citoyens
17:21nous signalent souvent
17:22ici et là des imperfections
17:24et des choses
17:24qui ne fonctionnent pas.
17:25Il y a des plateformes,
17:26il y a des expériences
17:28qui marchent très très bien.
17:29L'essentiel,
17:30il faut généraliser ça.
17:31Il faut faire en sorte
17:32quand un citoyen
17:34a besoin d'un papier
17:35ou d'une attestation,
17:37ça se passe
17:38par un outil informatique.
17:43Moi, je pense
17:44qu'il y a toute une série
17:45de choses qu'il faut lister
17:46et qu'il faut imposer,
17:48je veux dire,
17:49un cadre pour essayer
17:50d'améliorer les choses
17:52et apporter une réponse
17:53immédiate aux citoyens.
17:54Aujourd'hui,
17:55la pratique
17:56de l'administration marocaine,
17:57elle n'est pas à la hauteur
17:59de la dynamique économique
18:00et sociale
18:01que connaît ce pays.
18:03Concernant toujours
18:04la digitalisation,
18:05est-ce que le risque
18:06n'est pas aussi
18:07de transformer
18:08la bureaucratie papier
18:09en simple bureaucratie numérique
18:11ou vous ne le pensez pas ?
18:13Oui, le risque,
18:14il est là.
18:15Il y a un débat
18:15sur cette question
18:16mais nous avons des expériences
18:17en Europe,
18:18au Moyen-Orient.
18:19Ça marche très très bien
18:20et ça donne énormément
18:21de résultats.
18:22Mais on rectifie les tirs,
18:24on va mettre
18:24des procédures en place,
18:27chemin faisant,
18:27on va regarder,
18:28on va évaluer,
18:29on va rectifier.
18:30C'est comme ça
18:30que ça se passe.
18:31Bien sûr qu'il faut
18:32éviter du passage
18:34à la bureaucratie humaine,
18:35à la bureaucratie numérique
18:37et informatique.
18:38Oui, c'est un risque
18:39mais ce risque,
18:40il a été dépassé.
18:41Il y a des expériences
18:41qui marchent très bien.
18:42Il va falloir les mettre
18:43en œuvre.
18:44Mais pour ce faire,
18:45il faut une réelle
18:46volonté politique
18:47et surtout,
18:48il faut l'engagement
18:48de tout le corps
18:49intermédiaire.
18:50C'est très important.
18:51Nous avons une tradition
18:53syndicale ici au Maroc.
18:54Il va falloir mobiliser
18:55l'ensemble de syndicats
18:56pour leur dire
18:57qu'il est temps.
18:58il est venu le temps
18:59de se mettre autour
19:00de table,
19:00mais vite,
19:01très vite,
19:02pour changer les choses.
19:04En tout cas,
19:04il y a le portail
19:05Idarati qui est là
19:07et les différents
19:07services numériques
19:08qui peuvent réduire
19:10les déplacements
19:11et les délais.
19:13Mais qu'est-ce qui manque
19:14pour que cette transformation
19:16numérique,
19:17Mohamed Abdi,
19:18change réellement
19:19le rapport
19:21entre le citoyen
19:23et l'administration ?
19:25Moi, je pense
19:26que l'essentiel
19:27qui manque
19:29c'est l'engagement
19:29de chacun d'eux,
19:31de chaque citoyen,
19:32là où il se trouve.
19:33L'ensemble des citoyens,
19:35ceux qui travaillent
19:36au sein de l'administration,
19:37mais ceux aussi
19:38qui sont à l'extérieur
19:39de l'administration.
19:40On doit s'engager tous.
19:42On a besoin
19:43de la mobilisation
19:44de l'ensemble
19:44des acteurs,
19:46une prise de conscience
19:47totale
19:47pour dire
19:48qu'il va falloir
19:49que notre administration
19:50change.
19:51Elle doit changer
19:52pour être capable
19:53de porter
19:54la dynamique économique
19:55que connaît le Maroc.
19:57Et c'est une urgence.
19:59C'est une urgence.
20:00Alors, il y a
20:01un autre grand chantier
20:02concernant
20:03cette réforme
20:03de l'administration,
20:04c'est la déconcentration,
20:06le transfert
20:07des compétences
20:07vers les régions.
20:10Est-ce qu'elle peut
20:11ce transfert,
20:12est-ce qu'il peut
20:13réellement améliorer
20:14l'efficacité
20:15de l'action publique
20:16si les moyens,
20:17les ressources humaines
20:18et les responsabilités
20:19ne suivent pas ?
20:22Oui, évidemment
20:23que la question
20:24de la décentralisation,
20:25elle est essentielle.
20:27Et le Maroc,
20:29il fait de la régionalisation
20:31avancée
20:33un acte politique
20:34majeur
20:35depuis déjà 2011,
20:37depuis 2015 exactement.
20:39Et qu'il y a
20:40aujourd'hui
20:40une expérience
20:41réelle et sérieuse
20:42au Maroc
20:43au niveau
20:43des territoires.
20:45Et les territoires
20:45sont le chef de file
20:47de développement économique.
20:48Les territoires
20:49aujourd'hui au Maroc,
20:50ils ont acquis
20:50des compétences,
20:51des expériences.
20:52mais aujourd'hui,
20:53on doit aller
20:54beaucoup plus loin
20:55et beaucoup plus vite
20:56et beaucoup plus fort
20:57pour être capable
20:59de...
21:00pour être à la hauteur
21:01et pour être capable
21:02de porter
21:03la dynamique économique.
21:04Je le répète
21:05parce que c'est
21:05si urgent
21:06et c'est essentiel.
21:07Bien sûr,
21:07nous avons besoin
21:08de ressources humaines.
21:10Bien sûr,
21:10nous avons besoin
21:11de former
21:13les ressources humaines
21:14pour porter
21:14cette politique
21:15territoriale
21:16et de régionalisation.
21:18Mohamed Abdi,
21:19il y a une autre question
21:20qui se pose.
21:21Peut-on réformer
21:23aujourd'hui l'administration
21:24sans réformer,
21:26sans changer profondément
21:28la gestion
21:28des ressources humaines,
21:30le recrutement,
21:31la formation,
21:31la mobilité,
21:32l'évaluation
21:33et surtout
21:34la progression
21:35de carrière ?
21:36Mais évidemment,
21:38c'est essentiel.
21:39C'est le cœur
21:39de la réforme.
21:40Il ne faut pas
21:41qu'on tourne
21:41autour du pot.
21:42Parce que je sais
21:43quand on pose
21:43cette question,
21:44on pose une question
21:45un peu délicatée
21:47et complexe
21:48parce qu'on doit
21:49se mettre
21:50avec les partenaires
21:51sociaux autour
21:51d'une table
21:52pour regarder tout ça.
21:53Il va falloir
21:54avoir du courage
21:54pour dépasser ça.
21:56Parce que ce que nous
21:56pensons être un acquis
21:58et un acquis
21:59définitif,
22:00il peut être aujourd'hui.
22:01Il est en train
22:02de devenir
22:02un élément
22:03de blocage.
22:04Il va falloir
22:04prendre conscience
22:05pour aller vite
22:06et ensemble.
22:07C'est pourquoi
22:07j'ai parlé
22:08de la nécessité
22:09de l'engagement
22:10et de l'engagement
22:12de tous.
22:13C'est très important.
22:13Il faut poser
22:14la question des carrières,
22:15l'évolution des carrières.
22:16Il faut poser
22:17la question des concours
22:18et de l'accès
22:19à la fonction publique.
22:20Je vais même plus loin.
22:21Il faut poser
22:22la question
22:23et revoir
22:23la question des concours
22:25et la manière
22:26dont on fait
22:27les concours aujourd'hui
22:28pour justement
22:30ouvrir l'administration
22:31à ceux
22:32et à celles
22:32qui ont la capacité
22:34de servir
22:34l'intérêt général.
22:36Vous savez,
22:37ailleurs,
22:37on ne rentre pas
22:38à l'administration.
22:38Il y a des concours,
22:39souvent des concours
22:41très très durs
22:42qui demandent
22:42un certain ensemble
22:43des compétences
22:44et au-delà
22:45de la compétence,
22:46il demande
22:47une compétence générale.
22:48À un moment donné,
22:49dans certains pays,
22:50quand on rentre
22:51dans la fonction publique,
22:52on peut servir
22:52le ministère de la Santé
22:53une année
22:54et en cas de besoin,
22:56on peut aller
22:56au ministère de l'Intérieur
22:57et puis trois ans après,
22:59il y a certains pays,
23:00notamment en Europe du Nord,
23:01qui ont initié
23:02ce genre de pratiques
23:03parce qu'il faut
23:04la maîtrise
23:04de la dépense publique,
23:05parce qu'il faut
23:06la maîtrise
23:06de l'évolution
23:07de carrières.
23:08Tout ça,
23:09ça coûte de l'argent,
23:10ça a un coût.
23:10Il faut regarder l'ensemble
23:12et faire une politique
23:13gagnant-gagnant,
23:14mais au service
23:15de l'efficacité
23:15et de l'efficience
23:16du service public
23:18et de comment servir
23:19le public.
23:20Comment servir le public ?
23:22En parlant d'efficacité,
23:23Mohamed Abdié,
23:24est-ce qu'il ne faudrait pas
23:24aussi, on va dire,
23:27récompenser davantage
23:28la performance
23:29et la capacité
23:30à résoudre les problèmes
23:32plutôt que le simple
23:33respect des procédures ?
23:37Oui, c'est vrai.
23:38Le choix
23:39de la compétence
23:40est essentiel.
23:41Et malheureusement,
23:42ici et là,
23:43on regarde
23:44qu'on ne privilégie
23:46pas les compétences.
23:47Dans ce pays,
23:48il y a des compétences
23:49et des fois,
23:50on fait des erreurs
23:51de casting.
23:52Quand on regarde
23:53un certain ensemble
23:54de secteurs,
23:55quand on regarde
23:56un certain ensemble
23:56d'administrations
23:58et de services publics,
23:59il y a un problème
24:00de casting.
24:01Il y a des hommes
24:01et des femmes
24:02qui sont capables
24:03de porter,
24:04de même de challenger,
24:05de relever le défi,
24:06mais souvent,
24:07on ne les trouve pas
24:08dans les postes
24:09de responsabilité.
24:10Et je parle
24:11sur le plan
24:12des ressources humaines
24:13souvent de les femmes.
24:14Les femmes qui,
24:15souvent,
24:16ont des compétences
24:17réelles et sérieuses
24:18et qui sont capables
24:18et on le voit
24:19dans certains secteurs
24:20où les femmes
24:21se distinguent
24:22par leur manière
24:23de gérer,
24:24d'agir
24:25et de mettre en place
24:27une politique de gouvernance.
24:29Et donc,
24:29il va falloir s'ouvrir
24:30et à mon avis,
24:32un élément
24:32qui va nous aider
24:33à dépasser
24:34les difficultés
24:35dans lesquels
24:36on se trouve
24:36actuellement,
24:37c'est la parité,
24:39de chercher les femmes.
24:41Et dans les lieux
24:42de décision,
24:43au sein de l'administration,
24:45il faut aller
24:45vers la parité.
24:47En allant chercher
24:48des compétences féminines,
24:49on va trouver des cadres,
24:50on va trouver des ressources
24:52qui seront à même
24:53de nous aider
24:54à dépasser
24:55les obstacles
24:56et à s'ouvrir
24:57vers des perspectives
24:58qui nous permettront
25:00de porter
25:00la dynamique économique
25:01que connaît le Royaume.
25:02Et si on parvient
25:03aujourd'hui
25:04à tout cela,
25:05il y a aussi
25:05une question
25:06qui revient,
25:06c'est comment demander
25:08davantage
25:08de performance
25:10aux fonctionnaires,
25:11qu'ils soient
25:12hommes ou femmes,
25:13sans leur donner
25:14davantage
25:15d'autonomie
25:16et de responsabilité.
25:17Est-ce que c'est possible
25:18aujourd'hui ?
25:19Oui, bien sûr,
25:20c'est possible
25:21parce qu'aujourd'hui,
25:21on a les outils
25:22pour le faire.
25:23On fiche des objectifs
25:24simples au niveau
25:25du secteur de la santé,
25:27comment recevoir
25:28les gens,
25:29au niveau
25:29de comment soigner
25:30les gens,
25:30au niveau
25:31de l'administration centrale
25:32quand on a affaire
25:35à des gens,
25:36comment accueillir
25:37le citoyen ?
25:38Le citoyen,
25:39quand il vient
25:40dans une administration,
25:41il doit se sentir
25:42qu'il est dans
25:43une administration
25:44qui va le servir,
25:45qui va lui faciliter
25:46la tâche.
25:47Et tout.
25:49Et on trouve ça même
25:51si on veut regarder
25:52de très près.
25:53Depuis qu'on a commencé
25:55à demander
25:56la réforme
25:57de l'administration,
25:59cette demande
25:59de servir les citoyens,
26:01elle était
26:01dans tous les rapports.
26:03Et surtout,
26:04elle a été
26:04et elle est
26:05dans tous les discours
26:06de sa majesté.
26:07Pour aller plus loin,
26:08pour aller plus vite,
26:10pour asseoir
26:10cette dynamique
26:11de développement économique,
26:13nous avons besoin
26:13d'une administration
26:14qui est capable
26:15de faire ce travail-là.
26:17Et au sein
26:18de toute administration,
26:21il y a des hommes
26:21et des femmes.
26:22Et on a l'obligation
26:24d'être à la hauteur
26:25de cette mission
26:25pour servir les citoyens.
26:27Mohamed Abdi,
26:28vous l'avez dit,
26:29on demande à l'administration
26:30d'être plus rapide
26:32et plus innovante
26:33tout en multipliant
26:34les mécanismes
26:35de contrôle.
26:37Comment trouver
26:38aujourd'hui
26:39le bon équilibre
26:40entre contrôle,
26:42responsabilité
26:43et liberté
26:44de prise de décision ?
26:47Oui, mais nous avons
26:49les outils,
26:49nous avons l'expérience,
26:51l'administration marocaine,
26:52en tous les cas,
26:53l'inspection générale
26:54de l'administration marocaine,
26:55elle connaît tout ça
26:56par cœur.
26:57Il faut les mettre
26:57en œuvre,
26:58il faut les asseoir,
26:59il faut les installer
27:00comme une pratique,
27:01comme une culture,
27:02il faut changer
27:03de mindset,
27:04comme on dit,
27:04il faut changer
27:05de façon d'agir
27:07et on peut aller
27:08beaucoup plus loin.
27:09Sans copier
27:11des expériences,
27:12il faut qu'on est capable
27:14de mettre en place
27:15un système
27:18qui correspond
27:19à la culture
27:20et aux habitudes
27:21des Marocains
27:22pour aller plus loin.
27:24Nous avons
27:24les pratiques de contrôle,
27:26ça existe,
27:27on sait comment les faire,
27:28il faut juste
27:28les mettre en œuvre
27:29et pour les mettre en œuvre,
27:30il faut les inscrire
27:32dans la loi,
27:33c'est par la force
27:33de la loi
27:34qu'on change les choses,
27:35pas par les recommandations.
27:37Pas par les recommandations,
27:39il y a aussi
27:41cette question
27:41qui revient à Mme Dhabli,
27:43c'est
27:43comment éviter
27:44qu'un fonctionnaire
27:46ne préfère systématiquement
27:49ne rien décider
27:50mais plutôt
27:51que de prendre
27:52le risque
27:53de se tromper,
27:54comment ?
27:56On se trompe toujours
27:58mais vous savez
27:59quand on est fonctionnaire
28:00il y a des procédures,
28:01il y a un cadre d'action
28:02et moi j'entends ici
28:04et là,
28:05moi toute ma vie
28:06je l'ai passé
28:06dans la fonction publique
28:08et dans la haute fonction publique.
28:09Une grande partie
28:11de cette expérience
28:12à l'étranger.
28:13Je connais
28:14les difficultés
28:15des métiers
28:15mais je connais aussi
28:16les avantages
28:17et le privilège
28:18de faire ce métier
28:19quand on sert
28:20le citoyen.
28:21On peut agir
28:23parce qu'on a l'expérience
28:24et quand on prend
28:27des décisions
28:29pour servir
28:29l'intérêt général
28:31et l'intérêt
28:32du citoyen,
28:33on ne risque
28:33jamais rien.
28:34On ne risque jamais rien
28:36parce que
28:36quand on est responsable
28:38dans une administration
28:40et quand il y a
28:41la bonne foi,
28:42il y a la manière
28:43de servir
28:43l'application
28:44des procédures.
28:45Bien sûr que tout ça
28:46doit être encadré
28:48quand on travaille
28:49dans une administration.
28:51On a des outils,
28:53on a une direction,
28:55on a un cadre,
28:56on a des textes de loi
28:57qui encadrent
28:59notre travail
28:59et notre action.
29:01Quand on tente
29:02d'agir
29:04pour le citoyen,
29:06on ne risque rien.
29:07C'est ce que vous avez dit.
29:08Alors là,
29:10on est à quelques semaines
29:11des élections législatives
29:12Mohamed Abdi.
29:13Faut-il faire de la réforme
29:14de l'administration
29:15un véritable enjeu électoral
29:17et surtout,
29:18quelles seraient selon vous
29:19les trois réformes
29:21que le prochain gouvernement
29:22devrait engager en priorité ?
29:25Moi, je pense
29:26que la réforme
29:27de l'administration
29:27est essentielle
29:28et elle est urgente.
29:30Elle est urgente
29:31pour les raisons
29:32que j'ai avancées
29:33parce que nous avons besoin
29:35d'une administration
29:35qui porte,
29:36qui accompagne
29:37la dynamique économique
29:38et sociale
29:39parce que le Maroc,
29:40il est en train
29:41de changer d'échelle.
29:43Il a dépassé
29:43un certain ensemble
29:44d'un seul
29:45et on a besoin
29:46d'une administration
29:47qui est capable
29:49d'accompagner
29:49cette dynamique.
29:50C'est urgent.
29:52Il va falloir
29:52faire de la réforme
29:54administrative
29:55la matrice
29:56principale
29:57de l'action
29:58du prochain gouvernement.
30:00La priorité
30:01des priorités
30:01pour vous,
30:02c'est la réforme
30:02de l'administration.
30:03Mohamed Abdi,
30:04merci.
30:04Merci pour toutes
30:05ces précisions.
30:06Merci d'avoir répondu
30:07à nos questions.
30:09Merci, monsieur.
30:10Merci à vous.
30:12À présent,
30:13place à l'essentiel
30:14de l'actualité économique
30:15avec Ababa Karkounkar.
30:28Au Maroc,
30:30le partenariat économique
30:31avec l'Inde
30:31franchit une nouvelle étape.
30:32Réunis lundi à Rabat,
30:34la commission mixte
30:35marocco-indienne
30:35a identifié
30:37un potentiel important
30:38de développement
30:38des exportations marocaines
30:40vers le marché indien.
30:41Ce potentiel supplémentaire
30:43est estimé
30:43à 2,6 milliards de dollars.
30:45L'objectif fait notamment
30:47de diversifier
30:48les débouchés
30:48des entreprises marocaines
30:50et de renforcer
30:51leur présence
30:51sur l'un des marchés
30:52les plus importants
30:53et les plus dynamiques
30:54au monde.
30:55Pour Ababa et New Delhi,
30:56le défi est désormais
30:57de transformer ce potentiel
30:59en échange
30:59commerciaux concret.
31:00Le Maroc dispose déjà
31:02d'une relation économique
31:03avec l'Inde,
31:04notamment dans les phosphates,
31:05les engrais,
31:06les produits chimiques
31:07et certains produits
31:08industriels.
31:09Mais le potentiel identifié
31:10concerne aussi
31:11de nouveaux secteurs.
31:13Cette volonté
31:13de diversification intervient
31:15alors que le Royaume
31:15cherche à multiplier
31:16ses partenariats commerciaux,
31:18à renforcer
31:19ses exportations
31:20et à mieux s'intégrer
31:21aux grandes chaînes
31:22de valeur internationale.
31:23Un marché
31:24de plus d'un milliard
31:25d'habitants
31:26représente donc
31:27une opportunité stratégique
31:28pour les entreprises marocaines.
31:29Autre transformation majeure,
31:32celle du secteur portuaire,
31:33l'Agence nationale des ports,
31:34l'ANP,
31:35est désormais
31:36officiellement
31:36devenue
31:37port du Maroc
31:37SA.
31:38La loi
31:38qui transforme
31:39l'établissement public
31:40en société anonyme
31:41est entrée en vigueur.
31:43Cette réforme
31:43intervient
31:44dans un secteur
31:44stratégique
31:45pour l'économie marocaine.
31:46Les ports
31:47constituent en effet
31:48l'une des principales
31:49portes d'entrée
31:49et de sortie
31:50du commerce extérieur
31:51du Royaume.
31:52Automobiles,
31:53énergie,
31:53agriculture,
31:54produits industriels
31:55ou encore
31:55commerce avec l'Afrique,
31:56une grande partie
31:58de l'activité économique
31:59dépend de la performance
32:00de ces infrastructures.
32:01Le changement
32:02de statut
32:02vise donc
32:03à accompagner
32:04l'évolution
32:04du modèle portuaire
32:05marocain
32:06et à renforcer
32:07sa capacité
32:08à fonctionner
32:09comme une véritable
32:09plateforme logistique
32:10internationale.
32:11Avec Tangemede
32:12mais aussi
32:13les autres ports
32:14du Royaume,
32:14le Maroc cherche
32:15à consolider
32:16sa position
32:17de trait d'union
32:17entre l'Europe,
32:19l'Afrique
32:19et les marchés
32:20internationaux.
32:21A fin juillet,
32:22le budget consacré
32:23à la compensation
32:24est déjà largement consommé.
32:25Les charges de compensation
32:27ont atteint
32:2812,9 milliards
32:29de dirhams
32:29soit 93,4%
32:31du budget
32:32prévu
32:32pour l'ensemble
32:33de l'année 2026.
32:34Le chiffre est important
32:35car il intervient
32:36alors que l'État
32:37doit continuer
32:38à financer
32:38plusieurs priorités
32:39entre protection sociale,
32:41salaire,
32:42investissement public
32:43et grand projet
32:44d'infrastructure.
32:45Cette situation
32:46pose donc
32:47la question
32:47de l'évolution
32:48de la facture
32:49de compensation
32:50d'ici la fin de l'année.
32:51Le mécanisme
32:52reste particulièrement
32:52sensible
32:53aux prises internationaux
32:54de certains produits
32:55et notamment
32:56au cours de l'énergie
32:57pour le gouvernement.
32:58L'enjeu sera
32:59préserver le pouvoir
33:00d'achat
33:01tout en maintenant
33:02une trajectoire budgétaire
33:03maîtrisée.
33:04Le dossier sera également
33:05à suivre
33:05dans le cadre
33:06de la préparation
33:07du projet
33:07de loi de finances
33:082027.
33:09Direction maintenant
33:10l'Afrique centrale,
33:11le Congo
33:12et le TIA
33:12cherchent à attirer
33:13davantage
33:14les investisseurs
33:15sur le marché financier
33:16de la CEMAC.
33:17Les deux pays
33:18renforcent leur offre
33:19de titres
33:19à la fin du mois d'août.
33:20Les coupons proposés
33:22peuvent atteindre
33:226,20%
33:23pour certaines obligations
33:25du trésor assimilable.
33:26Pour les États,
33:27l'objectif est de mobiliser
33:29des ressources
33:29pour financer leurs besoins
33:31de trésorerie
33:31et leur investissement.
33:33Pour les investisseurs,
33:34ces taux constituent
33:35évidemment
33:35un élément d'attractivité,
33:37mais cette concurrence
33:38entre États
33:39traduit aussi une réalité.
33:40Les besoins de financement
33:42restent importants
33:43dans la sous-région.
33:44Le marché financier régional
33:45devient ainsi
33:46un outil
33:47de plus en plus important
33:48pour financer
33:49les économies
33:50de la CEMAC
33:50avec une question centrale
33:52parvenir à mobiliser
33:53suffisamment de capitaux
33:55tout en maîtrisant
33:56le coût de l'endettement.
33:57Toujours en Afrique centrale,
33:58les perspectives financières
34:00de la zone
34:00évoluent également.
34:01Les réserves de change
34:02de la BEAS
34:03devraient atteindre
34:04près de 7,962 milliards
34:07de francs CFA
34:07à la fin de 2026.
34:10Cela représenterait
34:11environ 14 milliards de dollars
34:12avec une couverture
34:14de près de 4,7 mois
34:15d'importation.
34:16La zone CEMAC
34:17pourrait également ramener
34:18son déficit budgétaire régional
34:20à environ 1% du PIB
34:22contre 2,6% en 2025.
34:24La croissance de la région
34:25est, elle,
34:26attendue à 3,2%
34:28avec une contribution
34:29importante
34:30du secteur non pétrolier.
34:32Ces indicateurs
34:33montrent une amélioration
34:34progressive
34:34des équilibres extérieurs
34:36et budgétaires
34:37de la région.
34:37Mais il reste étroitement
34:39lié à l'évolution
34:39des cours du pétrole,
34:41aux importations
34:42et aux services
34:43de la dette.
34:44Autre enjeu majeur
34:45sur le continent,
34:46l'alimentation.
34:47L'Afrique devrait importer
34:48environ 20 millions
34:49de tonnes de riz
34:50au cours de la campagne
34:512026-2027.
34:53Le chiffre illustre
34:54la dépendance persistante
34:55de plusieurs économies
34:56africaines
34:57aux marchés internationaux
34:58pour leur alimentation.
35:00La situation reste toutefois
35:01très différente
35:02selon les régions.
35:03L'Afrique du Nord
35:04bénéficie d'une production
35:05relativement plus importante,
35:07tandis que plusieurs pays
35:08d'Afrique subsaharienne
35:09restent fortement dépendantes
35:10des importations.
35:11Cette situation représente
35:13à la fois un défi
35:14et une opportunité.
35:15Le défi, c'est de limiter
35:16l'exposition aux fluctuations
35:18des prises internationaux.
35:20L'opportunité, c'est de développer
35:21davantage la production locale,
35:23les infrastructures agricoles,
35:24l'irrigation,
35:25le stockage
35:26et surtout la transformation.
35:28Pour le continent,
35:29la question alimentaire
35:30devient donc progressivement
35:31une question industrielle
35:33et stratégique.
35:34Au Burkina Faso,
35:35justement,
35:36l'énergie reste au centre
35:37des préoccupations économiques
35:38entre juillet et août.
35:40Plusieurs centrales thermiques
35:41ont été mises en service
35:42renforçant les capacités
35:44de production électrique
35:45du pays.
35:46Cette évolution nourrit
35:47l'espoir d'une amélioration
35:48de l'approvisionnement
35:49pour les entreprises.
35:50L'enjeu est considérable.
35:51Une alimentation électrique
35:53plus régulière
35:54permet de sécuriser
35:55la production,
35:56de réduire les interruptions
35:58d'activités
35:58et de soutenir
35:59les investissements
36:00dans plusieurs pays africains.
36:02Développer l'électricité
36:03ne relève donc au plus
36:04seulement de la politique énergétique.
36:06C'est désormais
36:06une condition essentielle
36:08à l'industrialisation.
36:09Et puis,
36:10un regard sur l'économie mondiale.
36:11Les investisseurs
36:12surveillent de très près
36:13la hausse du coût
36:14de la dette publique.
36:15Le taux d'emprunt
36:16des grandes économies
36:17ont fortement progressé
36:18ces dernières semaines.
36:19En France,
36:20le taux à 10 ans
36:21atteint environ 4,10%,
36:23un niveau qui n'avait plus
36:24été observé depuis 2008.
36:26En Allemagne,
36:27référence de la zone euro,
36:28le taux dépasse désormais
36:303,20%.
36:31Aux Etats-Unis,
36:32le rendement des bonds
36:33du trésor à 10 ans
36:34dépasse 4,70%,
36:35tandis que le taux
36:36américain à 30 ans
36:38atteint environ 5,30%.
36:40Pourquoi cette remontée ?
36:42Principalement parce que
36:43les Etats-Unis sont
36:44de plus en plus endettés
36:45et doivent emprunter
36:46davantage,
36:46mais ils se retrouvent
36:47aussi en concurrence
36:48avec les grandes entreprises
36:49technologiques,
36:50notamment celles qui
36:51investissent massivement
36:52dans l'intelligence artificielle
36:54et ont elles aussi
36:55besoin de capitaux.
36:56Pour les économies mondiales,
36:57cette situation
36:58a une conséquence directe.
36:59lorsque le coût
37:00de l'argent augmente,
37:01le financement
37:02des infrastructures,
37:03des entreprises
37:04et des ménages
37:04devient plus cher
37:05et la question des taux
37:06est donc appelée
37:07à rester au cœur
37:08de l'actualité économique
37:09mondiale.
37:12C'est le moment
37:13de retrouver
37:14Mariam Ramlouchi
37:15dans l'invité culture.
37:16Elle reçoit ce soir
37:17l'artiste plasticienne
37:19c'est Loi Jden.
37:29Mesdames et messieurs,
37:30bonjour et bienvenue
37:31dans l'invité culture.
37:33Mon invité aujourd'hui
37:34est une passeuse
37:35de mémoire,
37:36magicienne du fragment,
37:38artiste plasticienne
37:39et sculptrice Loi.
37:41Jden rassemble
37:43et réinvente
37:44sous ses mains
37:45ce que l'on croyait perdu
37:46devient assemblage,
37:47sculpture, personnage.
37:50Elle travaille le verre
37:52avec une délicatesse rare.
37:54Elle nous rappelle
37:55que dans nos propres brisures
37:57réside souvent
37:57une force insoupçonnée.
38:00En tout cas,
38:01au-delà de la matière,
38:02c'est l'humain
38:03qui l'explore
38:03et on va justement
38:04en parler de cet art,
38:05de ce travail.
38:06Avec vous,
38:07Slewa Jden,
38:08c'était un plaisir
38:08de vous avoir avec moi
38:09aujourd'hui.
38:10Merci d'avoir accepté
38:11cette invitation.
38:12Merci Mariam Ramlouchi
38:13de m'avoir invitée
38:14sur votre plateau.
38:16Alors,
38:16on va parler un petit peu
38:17de vos œuvres,
38:19souvent des objets,
38:20en tout cas,
38:21des objets oubliés,
38:23on va dire,
38:25des fragments,
38:26vous travaillez avec le verre,
38:28la porcelaine,
38:29l'argenterie,
38:30en tout cas,
38:31plusieurs matériaux possibles.
38:34Comment, d'abord,
38:35choisissez-vous
38:36les pièces
38:36sur lesquelles
38:37vous allez travailler ?
38:38Alors, en fait,
38:40je ne choisis pas
38:41les pièces
38:41sur lesquelles
38:42je vais travailler.
38:42C'est elles qui vous choisissent.
38:43Elles me choisissent.
38:44En fait,
38:44j'ai toujours été
38:46passionnée d'objets.
38:48J'ai toujours été
38:48passionnée
38:49par les formes,
38:52comme vous dites,
38:53oubliées,
38:53par les objets
38:56abandonnés,
38:56par les matières
38:59qui portent
38:59la trace du temps.
39:00Donc,
39:01j'ai toujours été
39:01très passionnée
39:03par la brocante
39:04et mes voyages.
39:05C'est ma première destination.
39:07Mon premier réflexe,
39:08c'est d'aller dans les brocantes,
39:09chiner,
39:09chercher des objets
39:11qui vont me raconter
39:11une histoire.
39:12et donc,
39:13tout au long de ma vie,
39:14j'ai accumulé
39:14un tas d'objets
39:15qui racontent
39:16des tas d'histoires.
39:17Et aujourd'hui,
39:17j'ai commencé
39:19à les assembler
39:20en 2008.
39:22Ça a été une démarche
39:24complètement inattendue,
39:25même de ma part.
39:25C'est-à-dire que
39:26spontanée.
39:28Il n'y a pas eu
39:28de déclic ?
39:29En fait,
39:30pas du tout.
39:31J'ai toujours eu
39:33cette capacité
39:34à regarder
39:35les choses autrement,
39:36à regarder
39:36les choses à l'envers.
39:38et puis aussi
39:39cette capacité
39:41à regarder
39:41un personnage partout.
39:43Par exemple,
39:43dans le marbre,
39:44je vais tout de suite
39:44voir un oeil
39:46qui me regarde.
39:46Dans les nuages,
39:47je vais être passionnée
39:48par ce que me racontent
39:49mes nuages
39:49quand il y a des visages
39:51qui traversent le ciel.
39:53Et donc,
39:54voilà,
39:54un jour,
39:55tout ça,
39:56ça a pris un sens.
39:58Et face à des objets
39:59que j'ai regardés autrement,
40:01eh bien,
40:01j'ai créé une figurine.
40:03C'est-à-dire que
40:03les objets
40:04que moi,
40:04je regarde,
40:05vous,
40:05par exemple,
40:06dans une tasse de café,
40:07vous verrez
40:08une tasse de café,
40:09moi,
40:09je verrai une expression.
40:11Dans une assiette,
40:12vous verrez une assiette,
40:13moi,
40:13je verrai un chapeau.
40:14Dans un coquillage,
40:15je verrai une expression.
40:17Dans un vase,
40:18je vais voir une présence.
40:19C'est une capacité
40:21à lire un petit peu
40:23le monde
40:24qui nous entoure
40:25finalement,
40:25mais différemment.
40:26Complètement différemment.
40:28Et donc,
40:28c'est cette lecture
40:29qui a fait que
40:30j'ai inversé des objets,
40:31créé des objets
40:32à partir d'objets
40:34de recyclage.
40:35Donc,
40:35ma démarche artistique,
40:36c'est sculpture,
40:37peinture,
40:39assemblage
40:39et art de la récupération.
40:41Et ça crée
40:42des personnages.
40:42Et ça crée
40:43des personnages.
40:44Des personnages marrants.
40:44Des personnages originaux,
40:47drôles.
40:48Un petit peu
40:49à votre image,
40:49peut-être.
40:50Un peu,
40:51un petit peu.
40:51Certainement.
40:52Certainement.
40:53En tout cas,
40:53le verre,
40:54on le sait,
40:55occupe une place
40:55assez importante
40:56dans vos travaux.
40:58Pourquoi le choix
40:59de ce matériau
41:00particulier
41:01qui est fragile,
41:02finalement ?
41:03Alors,
41:03le verre,
41:04inconsciemment,
41:05je ne sais pas pourquoi,
41:06j'ai toujours adoré
41:07les objets en verre.
41:09Au début,
41:10quand j'étais enfant,
41:11c'était les petites
41:13figurines Swarovski.
41:14Vous saviez
41:14qu'on trouvait,
41:16donc c'était le verre.
41:17Ensuite,
41:18j'ai été à Venise
41:19et puis j'ai découvert
41:19le verre de Venise,
41:21les verres soufflés,
41:22etc.
41:22Donc,
41:22j'ai toujours été passionnée.
41:24Et donc,
41:25mon budget
41:26passait dans les achats
41:27d'objets en verre.
41:28parce que d'abord,
41:29il y a cette beauté,
41:30il y a cette translucide,
41:31c'est fragile,
41:32en même temps très fort.
41:34Et le verre,
41:35il peut se briser,
41:36on peut le reconstruire.
41:37C'est-à-dire,
41:37j'ai toujours eu
41:38cette capacité
41:39à,
41:40quand un objet
41:41se cassait,
41:42d'en faire autre chose,
41:43de le recoller
41:44à ma manière,
41:45de le réparer.
41:46Et donc,
41:46ça nous rappelle aussi
41:47notre fragilité.
41:48malgré les petites fissures,
41:50finalement.
41:50Malgré les fissures,
41:51j'en fais,
41:51vous savez,
41:52des objets,
41:53comme celui-ci,
41:55il y a des fissures
41:56à l'intérieur
41:57et vous ne les verrez pas.
41:59Et ça donne encore
42:00quelque chose
42:00de beaucoup plus beau.
42:02Tout à fait.
42:03Et assez original aussi.
42:05Je dois l'avouer.
42:06En tout cas,
42:07beaucoup de vos sculptures,
42:07de vos figurines
42:09présentent deux visages,
42:10deux facettes,
42:11en tout cas pour
42:12une précédente exposition.
42:13Pourquoi ce choix
42:15de double visage,
42:18double facette ?
42:18Le choix de double visage ?
42:20Eh bien,
42:21c'est-à-dire que
42:22quand j'ai commencé
42:22ma première œuvre,
42:23la première fois,
42:25j'ai fini
42:26et je me suis dit
42:27non,
42:27ce n'est pas fini.
42:28Je retourne l'œuvre,
42:30je me dis,
42:31je regarde,
42:32c'est-à-dire dans ce que je vois
42:33quand je retournais l'œuvre,
42:35c'était une autre expression
42:36qui m'est venue.
42:37La même œuvre ?
42:38La même œuvre,
42:39j'ai retourné,
42:39j'ai trouvé une autre expression.
42:40Et donc forcément,
42:41je me suis mis à assembler
42:42des objets
42:43qui vont me donner
42:44cette expression.
42:45Et donc,
42:45je vais assembler
42:46différents objets
42:47qui vont me donner,
42:47qui vont rappeler,
42:48qui vont aller
42:49avec cette expression.
42:51Et donc,
42:51ça fait que dans mes œuvres,
42:52il y a plusieurs facettes.
42:53Il n'y a pas qu'une
42:54parce que parfois,
42:54on a des œuvres,
42:55bon,
42:55celle-ci,
42:56vous savez que celle-ci,
42:57elle est complètement fracassée.
42:59Ça ne se voit pas à l'image,
43:00en tout cas.
43:01Elle est complètement fracassée.
43:02Vous voyez le travail
43:03d'Orphée Avery
43:04qu'il y a eu
43:04par rapport à ces petites perles
43:06que j'ai collées,
43:06etc.,
43:06pour cacher
43:07parce qu'elle avait
43:08une expression tellement belle
43:09que je n'avais pas envie
43:10de la jeter.
43:12Je n'avais pas envie
43:13les objets.
43:14Et donc,
43:15voilà,
43:16mais pourquoi recto verso ?
43:18C'est comme ça.
43:19Et en fait,
43:21il y a parfois
43:21dans des œuvres,
43:22dans celles que j'expose
43:23en tout cas aujourd'hui
43:24à la galerie,
43:25là,
43:25il y en a une,
43:26c'est cinq.
43:27Il y a cinq,
43:28un,
43:29deux,
43:30trois,
43:30quatre,
43:31cinq,
43:31cinq facettes.
43:32On les voit de côté,
43:33on les voit de face
43:34parce que quand j'ai retourné,
43:36ça donne un visage différent.
43:37Il y a une lecture,
43:38il y a un regard,
43:38il me manquait des regards,
43:40j'ai juste mis les yeux
43:41pour que ça donne
43:42une figurine.
43:43Incroyable.
43:43En tout cas,
43:44est-ce qu'il y a toujours
43:44une réflexion entre l'ombre,
43:46la lumière aussi ?
43:48Quand vous assemblez un objet,
43:49est-ce que vous y pensez
43:50à la lumière ?
43:51Alors,
43:52ombre et lumière,
43:53ombre et lumière,
43:54en fait,
43:54c'est juste une métaphore.
43:56C'est-à-dire que,
43:57bien sûr,
43:58dans le verre,
43:59il y a de l'ombre,
43:59il y a de la lumière
44:00qui surgit
44:00dès qu'on change
44:04l'objet de position,
44:06mais il y a aussi
44:07ce côté ombre
44:08qu'on a nous,
44:09qu'on ne veut pas voir,
44:10et puis cette lumière
44:11qu'on aime montrer.
44:12Et donc,
44:14nous,
44:14en tant qu'être humain,
44:15on a ce côté lumière
44:18qu'on veut montrer,
44:19c'est un masque.
44:20Il y a le côté caché,
44:21secret,
44:22qu'on ne veut pas montrer,
44:23puis il y a le côté
44:23qu'on ignore complètement,
44:24et c'est ça,
44:25le côté ombre.
44:25C'est lequel que vous essayez
44:27de révéler
44:28dans vos figurines
44:29d'habitude ?
44:29C'est celui qui est caché ?
44:31Il y a les deux,
44:32il y a les deux,
44:32il y a les deux.
44:33D'ailleurs,
44:33quand il y en a deux,
44:34c'est qu'il y en a un
44:35qui est parfois,
44:37on voit un visage
44:38qui est rayonnant,
44:39puis derrière,
44:39il y a un visage
44:40qui est triste.
44:41Ce côté ombre aussi
44:43qu'on ne veut pas voir,
44:44qu'on ignore.
44:44C'est une dualité
44:45qui peut exister
44:46en chacun de nous,
44:47finalement.
44:48Complètement.
44:49En tout cas,
44:49assembler des morceaux brisés
44:51pour créer une figure entière,
44:54c'est un acte quand même fort,
44:56presque un acte de résistance,
44:58peut-être,
44:58je ne sais pas
44:59si le terme est approprié
45:01ou s'il est un petit peu
45:01trop fort.
45:03Est-ce que vous voyez
45:04dans votre travail de création
45:07une espèce de métamorphose
45:09de la résilience
45:10et de la reconstruction aussi,
45:12peut-être vers la reconstruction ?
45:14Alors,
45:15ce qui me passionne aussi,
45:17c'est vraiment
45:17de travailler des objets
45:19cassés, fracassés.
45:20D'accord ?
45:21Et de leur donner
45:21une seconde vie.
45:22Ça, ça me donne
45:24une joie inouïe.
45:25Vous faites le parallèle
45:26avec la reconstruction
45:27et la réparation humaine ?
45:28Voilà.
45:29C'est-à-dire que,
45:29et puis quand je compare
45:30avec nous-mêmes,
45:31c'est-à-dire qu'une épreuve,
45:32on peut se sentir fracassé.
45:33Mais en fait,
45:34une épreuve,
45:35ça nous aide à grandir,
45:36à nous reconstruire
45:37et être encore plus forts.
45:38Et c'est là
45:39que la résilience intervient
45:40et la résistance
45:41dont vous parlez.
45:43En tout cas,
45:43vous dites souvent
45:44que vous avez commencé
45:45ce travail
45:46en vous amusant beaucoup.
45:48Comment faites-vous
45:49pour préserver
45:50un petit peu
45:51cette spontanéité
45:53dans la démarche,
45:54ce regard un petit peu
45:56innocent d'enfant,
45:57si on veut,
45:58qui découvre le monde
45:59comme s'il le découvrait
46:01pour la première fois ?
46:02Alors,
46:03au final,
46:04mon objectif,
46:05quand je fabrique un objectif,
46:07voilà,
46:07celui-là,
46:08par exemple,
46:08il a cinq faces.
46:09Cinq faces.
46:10Voilà,
46:10cinq faces.
46:11Il y a recto verso,
46:13encore recto verso,
46:14non, recto verso
46:15et les deux faces
46:18de côté,
46:19vous voyez ?
46:20C'est aussi des faces
46:21très amusantes.
46:23Alors,
46:23comment je fais
46:23pour garder ce côté enfant ?
46:26Justement,
46:27c'est lorsque je suis
46:28dans mon état du mot enfant
46:29que j'aime produire.
46:31Parce que quand je suis
46:32dans cet état du mot,
46:33je suis libre de produire
46:34comme j'ai envie de produire.
46:35Je n'ai pas de frein.
46:36Et c'est ce qui me permet
46:37justement d'avoir
46:38cette liberté
46:38d'imaginer
46:40et puis de me laisser aller
46:41à faire des choses
46:42parfois qui choquent.
46:43Mais bon,
46:45ça choque celui
46:45qui a envie d'être choqué.
46:46La lecture peut être différente
46:48en fonction de la personne
46:51qui observe,
46:52on va dire,
46:53et du background
46:54de chacun également.
46:56Et justement,
46:57par rapport à ce que vous dites,
46:58chacun fait une lecture.
46:59Par exemple,
47:00par rapport à une même œuvre,
47:01on va avoir des gens
47:01qui vont vous dire
47:02« Oh, mais elle est méchante ! »
47:04Et l'autre,
47:04il va dire
47:05« Oh, mais elle est marrante ! »
47:06Et puis « Oh, mais elle a l'air triste ! »
47:08Et enfin, chacun lit
47:09ce qu'il a envie de lire
47:10et chacun projette
47:11son émotion
47:12ou sa zone d'ombre
47:13justement
47:13sur cet objet
47:15parce que parfois
47:15une personne,
47:16elle a des choses
47:17qu'elle ne peut pas voir en elle
47:18et puis, toc,
47:19l'objet la ramène
47:20à ce qu'elle ne peut pas voir.
47:21Et donc,
47:22c'est aussi intéressant
47:23d'avoir ces différentes lectures
47:25qui font que chaque être
47:27est différent et unique.
47:29Est-ce que c'est une manière
47:30aussi de vous ouvrir
47:31un petit peu vers le monde
47:32ou de partager
47:33une petite parcelle de vous
47:35dans chacune de ces œuvres ?
47:37– Forcément,
47:37dans chacune de ces œuvres,
47:38il y a une parcelle de moi.
47:40Ça, c'est sûr.
47:42Et d'ailleurs,
47:43même dans, on va dire,
47:46les moments où je les produis,
47:49on voit dans la lecture,
47:51si on retrace mes œuvres,
47:52on voit que, bon,
47:53il y a eu des moments
47:54où je les ai produits
47:55au moment douloureux pour moi.
47:56Et donc, moi,
47:57au moment où je les vois marrantes,
48:00elles retracent
48:01ce ressenti de souffrance,
48:03on le voit à travers l'œuvre.
48:05et je ne m'en rends pas compte.
48:07– Mais on vous a déjà fait la remarque ?
48:09C'est-à-dire qu'on a déjà ressenti
48:11cette émotion ?
48:12– Oui.
48:13– Cet état d'esprit
48:14dans lequel vous étiez
48:14au moment où vous étiez
48:15en train de travailler ?
48:16Oui, en tant qu'observateur.
48:18– Oui, en tant que personne
48:19qui me connaît.
48:20Oui, on me dit,
48:21tu vois, là,
48:24ton œuvre est très triste.
48:25Alors que moi,
48:27je considère qu'une œuvre
48:28n'est finie
48:29que quand elle me fait rire.
48:30– Mais justement,
48:31j'allais y venir.
48:32Quelqu'un s'occupe
48:33l'humour et la dérision ?
48:35Parce qu'effectivement,
48:36on sent que vous vous amusez beaucoup.
48:39En fait, on le sent.
48:41Donc, quelle place
48:42occupe l'humour
48:42un petit peu
48:43dans vos travaux ?
48:45– Alors déjà,
48:46l'humour,
48:46elle occupe une grande place
48:47dans ma vie, déjà.
48:48Donc, c'est très important
48:49pour moi, l'humour.
48:50Je ne peux pas vivre
48:51sans humour.
48:51Je ne peux pas vivre
48:54sans blagues,
48:55sans histoires.
48:56j'ai vécu, en fait,
48:58dans un univers,
48:58déjà, petite, enfant,
49:00chez ma grand-mère,
49:00où il y avait beaucoup d'humour.
49:02D'ailleurs, ces personnages,
49:03je leur donne tous un nom
49:04de ces personnes
49:05que j'ai vécues chez ma grand-mère.
49:06Ils ont tous un nom marocain,
49:08très marocain.
49:12toutes ces personnes
49:13que j'ai rencontrées
49:14dans ma vie,
49:15qui étaient très personnages,
49:17très drôles dans ma vie.
49:19Et donc,
49:20j'ai baigné dans l'humour.
49:21Et donc, forcément,
49:22j'ai envie de transmettre ça.
49:24J'ai envie que,
49:25quand on voit cette œuvre,
49:26déjà,
49:27qu'elle me fasse marrer.
49:29Mais pourtant,
49:29elle ne fait pas souvent marrer.
49:30Mais bon,
49:31moi, c'est...
49:32Voilà.
49:32Une œuvre comme ça,
49:33moi, je l'appelle...
49:35Il y a le Fermèche,
49:37il y a l'Usted,
49:38parce que, bon,
49:38là, c'est des lettres qui sont...
49:40Vous avez vu,
49:41il y a le O,
49:42il y a le I,
49:43il y a le...
49:43Et donc, je les appelle
49:45en fonction de ce que j'y mets.
49:47Et les noms sont très importants
49:49aussi pour moi.
49:50Donc, quand je donne un nom
49:51à une œuvre,
49:51c'est important pour moi
49:53parce que j'y retrouve, moi.
49:55Donc, on l'a compris,
49:57vous avez...
49:58Vous êtes très spontanée
49:59dans votre démarche,
50:00toujours dans cette démarche artistique.
50:02Est-ce qu'il y a quand même
50:04des objets,
50:05en particulier,
50:06qui, eux,
50:06suscitent réflexion
50:08au moment de la création ?
50:10Comment ça se passe ?
50:12Est-ce que c'est vraiment
50:12au feeling,
50:13à l'émotion,
50:14ou c'est une idée
50:16qui mijote pendant quelques jours,
50:17un objet que vous avez
50:18peut-être collecté,
50:20comme vous le disiez tout à l'heure,
50:21dans une brocante
50:21et que vous imaginez
50:24pendant des jours
50:24avant de le créer ?
50:26Comment ça se passe ?
50:28Racontez-nous un petit peu
50:29ce processus.
50:30Comme vous dites,
50:30mon travail commence d'abord
50:31par la rencontre
50:32avec un objet.
50:33C'est un objet,
50:35je le regarde différemment,
50:36je dialogue avec lui,
50:37et puis à partir de là,
50:38tous ces objets
50:39que j'ai accumulés
50:40dans ma brocante,
50:41que je dispose devant moi,
50:44et en fonction
50:45de cet objet,
50:47de ce qu'il y a devant moi,
50:48et des couleurs qu'il a,
50:49etc.,
50:49je vais essayer de prendre
50:51tous ces objets
50:52qui vont me donner
50:53cette expression
50:54que lui m'a offert
50:56dans mon premier regard.
50:57et c'est à partir de là
50:59que je commence à assembler.
51:00Donc, il n'y a pas
51:01d'écriture
51:02où je dessine l'objet
51:03où j'y pense
51:05pendant des mois.
51:07Donc, c'est ce premier rapport,
51:09finalement,
51:11le premier contact
51:12avec l'objet
51:14qui définit une œuvre
51:15d'une certaine manière.
51:16Tout à fait.
51:17Puisque quand vous la construisez,
51:19vous essayez de retrouver
51:20cette première image
51:22qui vous est apparue.
51:23Voilà, cette présence.
51:24comme ça.
51:25Et puis, bien sûr,
51:27j'ai des objets,
51:28mais il y en a toujours
51:29un qui m'attire,
51:30mais j'ai envie
51:31de le faire tout de suite.
51:32J'ai envie de...
51:33Tout de suite, il me parle.
51:34Tout de suite,
51:34il y a cette connexion
51:35qui se fait
51:36et je ne dors plus.
51:37C'est-à-dire,
51:38je le prends,
51:39je me réveille le matin
51:40et je vais tracer
51:41jusqu'à ce que l'œuvre
51:42soit finie
51:43à 5h du matin.
51:44Et ce n'est pas facile
51:46parce que c'est beaucoup
51:47de collage,
51:47beaucoup d'attente,
51:48beaucoup de...
51:49pour ne pas que...
51:50Voilà, c'est fragile.
51:52Oui, le vert,
51:54principalement le vert,
51:55effectivement,
51:56fragile mais fort,
51:57comme vous l'avez dit.
51:59Si on devait conclure
51:59un petit peu
52:00sur les projets
52:00sur lesquels vous travaillez
52:01actuellement,
52:02projets futurs peut-être
52:03que vous aimeriez annoncer
52:05au public ?
52:06Alors, pour l'instant,
52:07je n'ai pas de projets futurs.
52:09Je suis juste en train
52:10de cogiter encore
52:12par rapport à mon...
52:14C'est-à-dire que j'ai envie
52:15de grandir un peu
52:16par rapport à ce travail.
52:18J'ai envie de...
52:19J'ai en tête
52:20des offres un peu plus grandes.
52:22Des oeuvres
52:23avec lesquelles j'ai envie
52:24de partager avec un autre artiste,
52:25avec lesquelles j'avais déjà
52:26fait une quatre mains
52:27lors de ma première expo.
52:29Je lui en ai parlé,
52:30je lui ai dit
52:30que j'irai le voir.
52:31Et voilà,
52:32donc j'ai ma petite idée
52:34pour faire quelque chose
52:35d'un peu plus grandiose.
52:36Vous avez parlé tout à l'heure
52:37de mélanger peut-être
52:38les matières
52:39en introduire de nouvelles.
52:41Voilà.
52:42Introduire de nouvelles,
52:43mélanger...
52:43Et mélanger surtout
52:44les écritures.
52:46D'accord.
52:46C'est-à-dire que cet artiste-là,
52:48j'ai beaucoup de respect
52:48est pour lui.
52:49On a fabriqué
52:51trois oeuvres ensemble
52:53lors de ma première expo
52:55et elles sont uniques,
52:57incroyables.
52:58Et là,
52:58j'ai envie de revenir vers ça
53:00et je vous en parlerai
53:02le moment voulu.
53:02On a hâte en tout cas
53:03de découvrir tout ça.
53:05Merci à vous.
53:05Merci beaucoup.
53:06Et je voulais aussi dire,
53:08je voulais aussi à travers
53:09cette émission,
53:09remercier Abla Ababou quand même
53:11pour qui j'ai beaucoup
53:12de reconnaissance,
53:13qui a été la première
53:14à encourager mon travail
53:15à m'exposer en solo
53:16en 2010 déjà.
53:18Et donc voilà.
53:19Merci, merci à vous.
53:20Je vous remercie.
53:21C'est la fin de l'Invité Culture
53:22pour aujourd'hui.
53:23Très bonne journée.
53:28Et voilà qui referme
53:30cette première tranche
53:30de Soir Info.
53:31Merci de l'avoir suivie
53:32dans quelques instants.
53:33Nouveaux points sur l'actualité.