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  • il y a 27 minutes
Avec Philippe Crevel, Économiste et président du Cercle de l'Épargne



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##C_EST_DANS_LACTU_1-2026-08-22##

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News
Transcription
00:01Sud Radio, le grand matin week-end, 6h-10h, Jean-François Agui.
00:06Il est 8h17, elle est au cœur de la campagne présidentielle qui débute ce week-end avec les rentrées politiques
00:13de Jean-Luc Mélenchon et Raphaël Glucksmann.
00:15La dette publique pèse sur le budget de la France, que Sébastien Lecornu va devoir boucler le budget avant la
00:20fin de l'année.
00:21A quel moment cette dette devient-elle une contrainte politique majeure ? Qui doit payer pour la corriger ? Bonjour
00:27Philippe Crevel.
00:29Vous êtes économiste, président du Cercle de l'épargne, ravi de vous retrouver, cher Philippe Crevel.
00:35Que diriez-vous ? Est-ce que nous allons dans le mur ? Cette dette à vos yeux, Philippe Crevel,
00:41est-elle devenue incontrôlable ?
00:44Alors cette dette, 3 500 milliards d'euros, comme vous l'avez dit, elle est aujourd'hui, on va dire,
00:51élevée, mais il n'y a pas de problème majeur tant que l'État peut rembourser.
00:54Et il y a toujours des prêteurs qui, aujourd'hui, sont prêts à mettre de l'argent pour financer cette
01:03dette publique, à la condition néanmoins qu'ils soient mieux rémunérés.
01:07Et nous avons vu les taux d'emprunts augmenter progressivement.
01:12Maintenant, on est aux alentours de 4,1-4,2%.
01:16On était en taux négatif en 2020, mais c'était exceptionnel, c'était lié à la politique de la Banque
01:21Centrale Européenne.
01:24Nous retrouvons des taux que nous n'avions pas connus depuis, en fait, 2007-2008.
01:28Plus de 4%, c'est conséquent quand même, non ?
01:31C'est conséquent parce que derrière, il y a le service de la dette, c'est-à-dire l'enveloppe
01:36d'intérêts que, chaque année, l'État doit verser.
01:39Il était de 40 milliards d'euros, donc il y a 2-3 ans, aujourd'hui, 60 milliards, et il
01:44pourrait atteindre 100 milliards d'euros d'ici 2029.
01:48Et c'est là où ça fait mal.
01:49Ça veut dire que le premier poste budgétaire en France, ce ne sera pas la défense, ce ne sera pas
01:54l'éducation, ce sera le simple paiement des intérêts.
01:57Je ne parle pas du capital, parce que le capital, il n'est pas dans le budget.
02:01Et donc, c'est là où, évidemment, les marges de manœuvre budgétaires se réduisent d'année en année.
02:07Et donc, c'est là où il y a le problème.
02:09Et puis, c'est vrai que vous avez l'autre, il faut le souligner, si on continue au même rythme
02:13que ces dix dernières années,
02:15nous risquons, évidemment, la sortie de route avec des taux de plus en plus élevés qui mettraient l'État sous
02:23pression,
02:23avec un problème de sévabilité et on pourrait arriver à un blocage.
02:27Il est aujourd'hui impossible de dire quel est le niveau qui est insupportable.
02:33Au Japon, le montant de la dette publique, c'est 230% du PIB.
02:39En Italie, c'est 160% du PIB.
02:42Donc, on voit que ce n'est pas forcément un montant qui va déterminer ce qui est supportable ou pas
02:49supportable.
02:49C'est la confiance des investisseurs.
02:51Le jour où les investisseurs n'ont plus confiance, il y a un problème.
02:56Et la capacité, Philippe Crevel, de ce pays de repartir dans son activité économique,
03:00parce que peu importe, on va dire, si c'est vrai que nous sommes solvables toujours pour l'instant,
03:04mais si le pays ralentit, ça devient un problème.
03:09Alors, quels sont justement les critères importants ?
03:11C'est évidemment la croissance économique.
03:13S'il n'y a pas de croissance, les investisseurs vont se dire,
03:16« Oh là là, il y a un problème, l'État ne pourra pas rembourser parce que les recettes n
03:19'augmenteront pas ».
03:20Et puis, un deuxième facteur important, c'est le taux d'épargne.
03:22Là, nous sommes plutôt bons.
03:24Nous avons un taux d'épargne parmi les plus élevés d'Europe, voire le plus élevé avec l'Allemagne.
03:28Et donc, ça veut dire que les Français prêtent beaucoup d'argent de l'État.
03:31Quand certains disent « Oh, on n'a qu'à prendre l'épargne pour payer la dette »,
03:34« Mais c'est déjà fait, l'épargne sert déjà à financer la dette publique française ».
03:40Et heureusement que les épargneurs sont là, parce qu'évidemment, il y aurait un problème
03:43si on n'avait pas beaucoup d'épargne.
03:46Il faut savoir quand même que 50% des emprunts qui sont émis à l'heure actuelle
03:50sont acquis par des étrangers, par des non-résidents.
03:54Donc, on dépend quand même fortement du regard des Allemands, des Américains, des Chinois sur la dette publique.
04:02– Une dernière chose, une dernière question, parce qu'il y aurait tant à dire.
04:06Je vous réinviterai, je vous promets, Philippe Crevel, parce que vous êtes passionnant sur le sujet.
04:10Dites-moi, une idée, là, il y a les candidats qui rentrent en piste,
04:13une idée pour soulager un peu le bousin, si vous me passez l'expression.
04:16Vous avez une idée, vous ? Comment est-ce qu'on pourrait peut-être soulager un peu cette dette ?
04:21Ou ralentir ?
04:22– Les idées, elles sont nombreuses.
04:25Le problème, c'est la volonté et le courage pour les mettre en place.
04:29Nous savons qu'il faut faire une réduction des dépenses publiques,
04:33mais à quelques mois de l'élection, aucun groupe parlementaire ne veut endosser la popularité des mesures.
04:39Les pistes sont multiples, ils ont été soulevés d'ailleurs par la Cour des comptes.
04:42Soit il faut s'attaquer aux aides aux entreprises, 200 milliards d'euros.
04:46Est-ce que c'est normal que les exonérations de charges sociales
04:48qui ont été instituées il y a 25 ans sur les 35 heures perdurent ?
04:52Peut-être pas, il y a des effets de rente.
04:55Est-ce que les niches fiscales, elles sont toutes justifiées ?
04:57Ça fait 25 000 rapports qui indiquent que les niches fiscales, en fait, c'est des effets d'aubaine, etc.
05:02Mais évidemment, comme on sait qu'il y a un chien-loup derrière chaque niche,
05:05on ne change pas les niches fiscales.
05:07Les structures des collectivités locales, l'empilement est très compliqué.
05:10On sait qu'il faut simplifier, qu'il faut peut-être un peu mieux encadrer
05:13la création d'emplois dans les collectivités locales.
05:16Mais pareil, c'est très sensible parce que ce sont les élus locaux, etc.
05:20Donc, il y a multiples pistes.
05:22Il faut simplement de la volonté et du courage pour, évidemment, taper dedans.
05:25Et faute de quoi, on joue avec les expédients.
05:28Indexation, pas indexation, au-dessus de 3 000 euros, en dessous de 3 000 euros.
05:32Et évidemment, ça ne fonctionne pas parce qu'on ne touche pas, évidemment,
05:36aux structures même de la dépense publique.
05:38Merci à vous, Philippe Crevel.
05:40C'est éclairant.
05:41Les pistes sont là.
05:42Économiste, président du Cercle de l'épargne.
05:45Il s'est installé en studio, Saint-Oéla, bonjour.
05:48Et c'est notre expert en risque numérique.
05:50Dans un instant, nous parlons de la cyberattaque contre la DGFIP.
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