- il y a 21 heures
Les débats de l'été avec Christophe Mazzola, Expert en Cybersécurité
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NewsTranscription
00:00Les débats de l'été, 10h-13h, Anthony Martin Smith.
00:04Et ça y est, il est là, à chaque fois ça me réjouit de vous voir.
00:07Et bah tant mieux, moi aussi ça me fait plaisir.
00:09Bonjour Anthony, bonjour à tous.
00:10Comment allez-vous ?
00:11Ça va très bien et vous ?
00:12Écoutez, ça va, je me disais qu'il fallait que vous démarriez plus tôt.
00:15Ça embellirait ma journée.
00:17Bah oui, c'est la petite surprise de midi, c'est bien pour la mi-journée.
00:20C'est ma petite cerise sur le gâteau.
00:22Bon, bah tant mieux.
00:23Notre face-à-face à partir de midi 40, Marc Toiti, économiste.
00:28Eh oui, l'économiste Marc Toiti qui annonce une rentrée catastrophique.
00:33Chômage qui augmente, faillite d'entreprises qui continuent de battre des records, haussent des taux d'intérêt.
00:38Il dresse un tableau alarmant de la situation économique de la France.
00:42On va décrypter tout ça avec lui, ce sera à midi 40.
00:46Et puis, notre service après-vente de la vie quotidienne.
00:51Clément Barguin, comme chaque jour à partir de midi,
00:54avec notre invité qui va nous parler de comment se prémunir de la fraude,
01:00comment on doit réagir.
01:02Bonjour.
01:03Bonjour Christophe Mazola.
01:05Bonjour, bonjour.
01:07Expert en cybersécurité.
01:11Exactement, parmi mes nombreuses activités.
01:14Merci d'être avec nous ce midi.
01:16C'est vrai, la situation est plus que préoccupante pour de nombreux Français.
01:23Comment vous analysez, comment vous pouvez expliquer tout ce qui s'est passé ces dernières semaines
01:27au niveau des piratages, des fuites d'Odonné ?
01:30Est-ce que vous pouvez nous dresser d'abord un petit tableau de ce qui est en train de se
01:35jouer en ce moment ?
01:37Ce n'est malheureusement pas une surprise, dans le sens où, depuis de nombreuses années maintenant,
01:42la France est connue pour cette dette technique.
01:45Les fuites de données s'accumulent jour après jour.
01:49Je pense que sur les dernières 24 heures, on a une dizaine, voire une vingtaine de nouvelles fuites de données
01:54qui ont été confirmées, dont la dernière confirmée il y a quelques minutes, quelques heures par Suez.
01:59Donc, c'est vraiment à tous les niveaux, que ce soit des organisations privées ou publiques,
02:03qui sont malheureusement concernées.
02:06Et il y a plein de raisons pour ça.
02:08On parle de dette technique, on parle aussi de dette de gouvernance,
02:11dans le sens où ce n'est pas forcément que l'aspect technique de la cybersécurité,
02:16mais aussi l'aspect humain qui pose problème.
02:20Notre débatteur, tout à l'heure en plateau, Georges Parastatis,
02:23disait que le Bercy, globalement, a mis 1,3 milliard d'euros,
02:29ces trois dernières années, justement, pour moderniser notre système.
02:33Mais on n'y est toujours pas.
02:36Oui, alors, c'est un peu à mettre au conditionnel.
02:40En tout cas, dans le sens, il y avait effectivement 1,3 milliard qui a été dépensé.
02:43Mais ces 1,3 milliard, c'est pour l'ensemble de l'informatique au sein de la DGFIP.
02:49Il y avait effectivement une feuille de route qui était de 2023 à 2027,
02:57en partie pour la réorganisation.
02:59Mais au final, seul 20% de cette somme a été allouée pour la maintenance
03:04et pour la mise à jour des systèmes existants.
03:09Donc, c'est une petite fraction, mais qui, malgré tout,
03:14je reste persuadé que ce n'est pas un problème de budget,
03:16mais un problème humain avant tout, parce que le personnel est là.
03:20Et peut-être des surcouches informatiques qui s'accumulent d'année en année.
03:24Et puis, si la base n'est pas stable, c'est comme une maison.
03:28Ça ne sert à rien de mettre un toit tout neuf.
03:32Oui, il y a ça.
03:33Et aussi, il y a quelque chose que j'ai remarqué
03:36avec toutes ces années d'expérience en entreprise
03:39ou en organisation, qu'elle soit privée ou publique.
03:41L'information est connue.
03:43La dette technique était connue.
03:45Les points d'entrée étaient connus également,
03:46parce que c'est le même point d'entrée qui a frappé
03:49pour la FICOBA en début d'année.
03:52Et au final, rien n'a changé en quelques mois.
03:57Et tout était connu.
03:58Ils n'ont rien fait.
03:59Et le problème que j'ai remarqué,
04:01c'est que souvent, les gens savent,
04:04mais ne veulent pas agir,
04:05parce qu'agir, c'est potentiellement être en échec.
04:08Et donc, c'est associer un non à un échec.
04:10Et donc, il y a aussi toute une question d'égo autour de ça.
04:14Choisir, c'est renoncer, comme on a l'habitude de le dire.
04:17Quand on a ces problèmes de fraude,
04:21nos données ont fuité,
04:23puisque c'est quand même l'objet de notre chronique.
04:27Déjà, premièrement, comment on s'en prémunit ?
04:29Comment on essaye de mettre le plus possible
04:32nos données à l'abri ?
04:33Alors là, dans le cas des impôts,
04:34c'est totalement impossible.
04:36Les impôts ont absolument tout sur nous.
04:38Mais comment on fait pour réagir
04:40quand on a ce genre d'informations ?
04:42Est-ce qu'on doit changer nos identifiants d'accès
04:45à la plateforme d'impôt Gouv ?
04:47Est-ce que...
04:48D'ailleurs, France Connect, pour la plupart du temps.
04:50Est-ce qu'on doit changer notre façon d'interagir
04:55avec les mails qu'on reçoit, etc. ?
04:57Comment on se prémunit ?
05:00Alors, déjà, même si vous n'êtes pas concerné
05:02par la fuite de la DGFIP,
05:04j'aime à dire qu'en 2026,
05:06il y a deux types de Français.
05:07Ceux dont les données ont fuité
05:08et ceux qui ne sont pas encore informés
05:10de la fuite de leurs données.
05:12Il y a près de 600 fuites de données
05:14depuis le début d'année.
05:15C'est près de plus des milliers
05:17depuis quelques années maintenant.
05:18Donc, il faut partir du principe
05:20que vos données ont fuité.
05:23Tout le monde, tous les Français
05:25sont concernés par ça.
05:26Il n'y a pas d'exception.
05:27Oui, il n'y a aucune exception.
05:29Parce qu'au final, on est dans une société
05:31qui est complètement numérisée.
05:32On a tous été concernés par ça.
05:36En tout cas, oui, à un moment donné,
05:38c'est quasi une certitude.
05:40parce que toutes les entreprises
05:41sont concernées.
05:42On est dans une numérisation
05:43de la société,
05:44comme vous l'avez mentionné
05:45un peu plus tôt lors du débat.
05:49C'est qu'on a numérisé la société,
05:51on a donné nos données
05:52à tout le monde,
05:53mais sans véritablement comprendre,
05:55en tout cas faire comprendre aux gens
05:57des potentiels risques autour de ça.
05:59Et donc, comment se prémunir des fraudes
06:01une fois que les données
06:02sont dans la nature
06:03comme c'est le cas aujourd'hui ?
06:04Il y a un concept que j'aime beaucoup
06:06et que je mentionne assez régulièrement
06:08en formation ou autre,
06:10c'est être poliment paranoïaque
06:11dans le sens où ne jamais croire
06:14ce que vous voyez
06:15quand vous ouvrez un e-mail
06:17ou quand vous recevez un appel
06:18sur votre téléphone
06:20qui prétend être un banquier
06:21parce qu'au final,
06:22avec le nombre de données
06:24qui sont dans la nature,
06:27on peut tout savoir de vous.
06:29Et quelqu'un qui va venir par téléphone
06:31vous parler de toutes vos informations personnelles,
06:36qu'elles soient médicales
06:37comme avec la fuite de données
06:38depuis confirmée ce matin également.
06:42Vous ne devez plus croire
06:43ce qu'on dit sur vous.
06:47Le meilleur moyen de se prémunir,
06:50c'est recontacter l'organisme
06:53qui essaie de vous contacter
06:54par un autre média,
06:55un autre médium.
06:56C'est-à-dire que si on vous contacte
06:58par téléphone,
06:58vous allez raccrocher
06:59et on va contacter
07:01le numéro de téléphone
07:02qui est directement
07:03sur leur site commercial.
07:05Et un vrai service
07:06ne sera jamais contre vous.
07:08J'ai le numéro
07:09de mon conseiller bancaire,
07:11je me fais appeler
07:12par un numéro
07:13qui peut-être même ressemble
07:15parce qu'il y a aussi ça,
07:16il y a l'usurpation
07:17des numéros de téléphone,
07:19il y a des logiciels
07:19qui le permettent
07:20visiblement de le faire.
07:22Exactement.
07:23Je raccroche
07:25et je rappelle le numéro
07:26avec lequel j'ai l'habitude
07:28de converser
07:29pour m'assurer
07:30que c'était bien
07:31cette personne-là
07:32qui m'appelait.
07:34Exactement, oui.
07:35C'est le meilleur moyen
07:36de se prémunir des arnaques.
07:38Et ça, c'est la première étape,
07:40on va dire.
07:40La deuxième étape,
07:42si savoir suffisait,
07:43il y aurait des arnaques.
07:44Deux secondes.
07:45Je veux vraiment
07:45que ça, ce soit bien clair
07:47et qu'on imprime
07:49dans l'esprit
07:49de celles et de ceux
07:50qui nous écoutent.
07:52quand on a un numéro
07:53de téléphone
07:53qui est celui
07:54de notre banque
07:54ou même un service
07:56de confiance,
07:58par définition,
07:59on ne fait pas confiance.
08:00C'est ça le principe
08:02de précaution
08:02qu'il faut avoir.
08:04Et donc,
08:04si on nous demande
08:05des données,
08:06des informations sensibles,
08:08on raccroche
08:09et on rappelle
08:10et on demande
08:11est-ce que c'est bien vous
08:12que j'ai eu au téléphone
08:13à l'instant ?
08:15Oui, exactement.
08:16C'est aussi simple que ça
08:17parce que malheureusement,
08:18les données sont dans la nature,
08:19on ne peut plus
08:20les récupérer.
08:21Et on va devoir vivre
08:22avec ça pendant des années
08:24parce qu'une fois
08:24qu'elles sont dans la nature,
08:26prenons l'exemple
08:27de la fuite de données
08:28par rapport à la DGFIP,
08:29on pourrait très bien
08:30vous recontacter
08:31dans trois ans
08:32et dire
08:32il y a un problème
08:33avec votre déclaration
08:34d'impôt de 2025,
08:37il y a un rappel
08:38à effectuer,
08:39un paiement à effectuer.
08:40C'est dans trois ans,
08:41dans trois ans,
08:42tout le monde aura oublié
08:43ce qui s'est passé
08:43avec la DGFIP.
08:45et donc,
08:46c'est vraiment
08:46cette paranoïa simple
08:49on va dire
08:49à avoir constamment
08:50dans les années à venir.
08:51Il y a ce SMS là,
08:53maman,
08:53j'ai perdu ma carte bancaire.
08:55Même ma mère a été victime
08:56de ce truc là
08:56où je l'aurais contacté
08:59pour lui dire
08:59que j'avais un problème
09:00de carte bancaire.
09:01Est-ce qu'elle peut
09:01me dépanner ?
09:02Je ne sais pas quoi.
09:03Ça,
09:04pareil,
09:05j'ai perdu mon téléphone,
09:06maman,
09:07je la contacte
09:08avec un SMS
09:09d'un autre numéro.
09:09Là,
09:10on essaye d'appeler
09:11le numéro
09:11qui nous contacte
09:13ou on appelle
09:14surtout la personne
09:15d'origine
09:17avec le numéro
09:18avec l'habitude
09:19de la joindre.
09:21Exactement,
09:21j'ai une histoire
09:22comme ça,
09:22mon dentiste
09:23s'est fait avoir,
09:24s'est fait soutirer
09:242000 euros
09:25par un message comme ça
09:26et son erreur
09:28ça a été de répondre
09:29oui c'est ton fils
09:30et au lieu de dire
09:31mais quel fils
09:32il a donné le prénom
09:33des deux enfants
09:34et manque de bol,
09:35il a choisi
09:35l'enfant
09:37qui avait
09:38pour habitude
09:38de perdre son téléphone
09:39et donc il a envoyé
09:41un virement de 2000 euros
09:41alors qu'il fallait
09:42simplement contacter
09:43le numéro de son fils
09:44pour savoir
09:46que c'était
09:46une manipulation
09:49assez sommaire
09:49au final.
09:51Et au niveau
09:52des données,
09:52c'est ça qui m'intéresse,
09:53on parle de données
09:54au sens large
09:56mais aussi
09:56qu'est-ce qui intéresse
09:57les hackers,
09:58les pirates,
09:59quelles sont les données
10:00les plus sensibles
10:01et derrière
10:02comment elles sont
10:04réutilisées ?
10:05Alors,
10:06il faut savoir
10:07que la plupart du temps
10:08les hackers
10:09vont faire du hacking
10:11par opportunité.
10:13C'était un débat
10:14également
10:15qui était mentionné
10:15un peu précédemment.
10:17On ne va pas forcément
10:18viser telle institution
10:19parce que c'est telle institution
10:21mais simplement
10:21parce qu'il y a
10:21une opportunité
10:22et cette opportunité
10:24au niveau de l'État
10:25elle était connue
10:25si on voit
10:26la feuille de route
10:27numérique
10:28du Premier ministre
10:29qui a été communiqué
10:30au mois d'avril,
10:31on savait que
10:31l'entièreté
10:32des ministères
10:33était complètement
10:34à la rue
10:34en termes de sécurité
10:36informatique
10:37au vu
10:37de ce qui était demandé.
10:40C'est principalement
10:41par opportunité
10:42et donc
10:42ce que vont faire
10:43les hackers
10:43avec les données
10:43c'est principalement
10:44les revendre
10:45parce que ça peut
10:46avoir une valeur.
10:48A priori,
10:48les données
10:49de la DGFIP
10:49ont déjà été revendues
10:50à plusieurs personnes
10:53pour un montant
10:54qui reste encore
10:54à confirmer
10:55et donc
10:56c'est de l'achat-revente
10:57et l'idée
10:57c'est
10:59après par la suite
11:00faire des attaques
11:01de masse
11:01et donc
11:02essayer d'arriver
11:03à ce qu'on appelle
11:03du phishing
11:04en anglais
11:04ou de l'ingénierie sociale
11:06c'est qu'on va pêcher
11:07comme on va à la pêche
11:08et essayer d'avoir
11:09quelqu'un
11:09qui va mordre
11:10à l'hameçon
11:11pour potentiellement
11:13payer
11:13une demande
11:16de paiement
11:16ou récupérer
11:17des accès
11:19supplémentaires
11:19des mots de passe
11:20et autres
11:20pour pouvoir
11:21avoir plus d'informations
11:22sur vous
11:22et potentiellement
11:23voler des comptes
11:25Netflix
11:25ou Disney
11:26ou autre par exemple.
11:27Christophe Mazola
11:28si je me fais pirater
11:29est-ce qu'il existe
11:30des assurances
11:31auxquelles je peux
11:32avoir recours
11:33éventuellement
11:33pour me rembourser
11:34du préjudice subi ?
11:37Alors
11:37première chose
11:38si vous vous faites pirater
11:40contactez la police
11:41premièrement
11:42ça c'est
11:43la première chose à faire
11:44la deuxième
11:45vous avez également
11:45un service du gouvernement
11:47qui est
11:47cybermalveillance.gouv.fr
11:50qui va permettre
11:51justement
11:52de
11:55ok
11:56oui
11:57je crois que
11:57je vous ai perdu
11:58non
11:58non
11:58vous êtes toujours là
11:59ok
12:01donc il va justement
12:02vous permettre
12:03d'avoir une assistance
12:04technique
12:05et administrative
12:06sur ce sujet là
12:07maintenant
12:08la banque
12:10est censée
12:11vous protéger
12:11si jamais
12:13vous êtes piraté
12:14que vos comptes
12:14puissent être vider
12:15vous faites des paiements
12:16frauduleux
12:17il y a Stéphane
12:17justement
12:18qui demande
12:18sur X
12:19est-ce que
12:20je peux demander
12:21à ma banque
12:22de me rembourser
12:23les sommes
12:23qui ont été prélevées
12:24sur ma carte bancaire
12:25si jamais
12:25j'ai été victime
12:26de fraude
12:26la réponse est oui
12:27non
12:28alors
12:29oui
12:29oui oui oui
12:32je pense même
12:33que c'est une obligation
12:34légale
12:34mais je connais
12:35très peu de cas
12:36où la banque
12:36a refusé
12:37je connais un cas
12:38actuellement
12:38où la banque
12:39avait refusé
12:40de rembourser
12:40quelqu'un
12:41mais qui
12:42cette personne
12:43était malheureusement
12:43trop sujette
12:44aux arnaques
12:45et après 5 ou 6
12:46arnaques
12:46en espace de 2 ans
12:47la banque a décidé
12:48de la blacklistée
12:49de l'assurance
12:51merci beaucoup
12:52Christophe Pazola
12:53je rappelle
12:53vous êtes expert
12:54en cybersécurité
12:55merci pour ces éclaircissements
12:56dans notre service
12:57après-vente
12:57de la vie quotidienne
12:59Clément Barguin
13:00dans quelques instants
13:02déjà notre radio libre
13:03avec vous
13:040826 300 300
13:05mais surtout
13:06notre face-à-face
13:06à midi 40
13:07et oui
13:08notre face-à-face
13:08on va s'intéresser
13:09à la rentrée économique
13:11qui s'annonce
13:12catastrophique
13:13selon Marc Toati
13:14économiste
13:15on va décrypter
13:17parler de tout ça
13:18avec lui
13:18ce sera à 12h40
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