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  • il y a 17 heures
Envie de reprendre un peu d’info ? Ça tombe bien c’est le week-end et on peut encore plus prendre son temps. 120 minutes pour revenir sur les événements avec les acteurs de l'actualité.

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Transcription
00:00Vous connaissez sans doute tous la chanson, un pas en avant, deux pas en arrière.
00:03Alors là, en l'occurrence, ce serait plutôt l'inverse.
00:05Un pas en arrière sur le déremboursement des franchises médicales,
00:09mais peut-être deux pas en avant vers la désindexation des pensions du gouvernement.
00:14Va-t-il faire le grand saut ? On parle du public qui sont dans l'évoqué avec eux.
00:19Je vous laisse libérer les places et je vous laisse vous vous installer.
00:23On va, le temps que vous puissiez vous asseoir, regarder ce tweet de Sébastien Lecornu
00:28parce qu'il y a eu beaucoup de rumeurs sur un certain nombre de mesures autour de ce budget.
00:34Suppression de l'aide personnalisée au logement, gel du RSA, minimum vieillesse,
00:40hausse de l'impôt sur le revenu, remise en cause du crédit d'impôt pour les services à la personne.
00:44Tout cela, c'est faux, dit Sébastien Lecornu.
00:48Tout cela, il dément.
00:49Il y a une chose, Marie Chantret, qu'il ne dément pas, sans toutefois la confirmer,
00:56c'est cette possible désindexation des pensions de retraite et pas que pour les plus aisées.
01:01Oui, effectivement Hélène.
01:03Après le fait, la démarche de Sébastien Lecornu,
01:07de démentir des informations qui possiblement ont circulé
01:10et de fait de ne pas mentionner cette désindexation des retraites, pardonnez-moi,
01:15ne veut pas dire que cela va se produire.
01:18Mais très clairement et selon nos informations,
01:20cela fait partie des pistes aujourd'hui étudiées par le gouvernement et le Premier ministre lui-même
01:26pour tenter de trouver des économies et de boucler ce budget.
01:30Une désindexation qui permettrait, je parle sous votre contrôle,
01:34effectivement d'engroger un certain nombre de recettes pour ce budget aux finances publiques plus cabissales.
01:41Et ça, ce n'est rien de le dire.
01:43Maintenant, le Premier ministre le précise dans son tweet,
01:47rien n'est à ce stade arbitré.
01:49Tout est encore en discussion, notamment avec plusieurs ministères.
01:53Mais c'est vrai que c'est une forme de ballon d'essai et de préparation des esprits.
01:59La petite musique quand même.
02:00On l'entend depuis, on va dire, cette interview à Libération de Roland Lescure, le ministre des Finances.
02:11– Ce que je peux vous dire en tant que député, donc membre du Parti socialiste,
02:17c'est que le budget qui va arriver, comme le budget précédent,
02:22ont été des budgets où il y a eu une méthode qui était inédite.
02:27C'est la première fois où on pouvait travailler dans un esprit de dialogue, d'ouverture et de construction.
02:32Vous savez, quand on est arrivé suite à la dissolution dans nos commissions,
02:35moi je suis à la membre de la Commission des affaires étrangères,
02:39les rapports étaient sur notre bureau le jour même.
02:41C'est Bercy, les technocrates, je ne sais pas quel énarque,
02:44je n'ai rien contre ceux qui sont spécialistes, il faut des techniciens.
02:48Mais tout était décidé par des services.
02:51C'est fini ça, il faut discuter, dialoguer.
02:54Et la méthode de M. Lecornu, c'est bien de,
02:56non pas de dialoguer par ce qu'il y a nécessité pour sauver son gouvernement,
03:00mais de dialoguer pour essayer de trouver des solutions pour l'intérêt général.
03:03Je prends l'exemple des retraites, vous avez raison de le dire.
03:06Suspension de la réforme des retraites, nous, au Parti Socialiste,
03:10on a considéré qu'il était important de reporter cette question,
03:14de ne pas trancher jusqu'au moment des élections présidentielles.
03:17Après, il faut trouver des financements, vous avez raison de le dire aussi.
03:20Et c'est ce qu'on va voir, parce que quand même, on parle du budget,
03:23et on parle d'un projet de loi de finances qui doit être présenté en septembre.
03:28Alors, il y a toujours l'hypothèse d'une loi spéciale.
03:30On a vu vraisemblablement cataclysme si on devait adopter une loi spéciale.
03:36Alors, c'est ce que dit le rapport qui a été commandé
03:39et que brandit le gouvernement en disant, non, il nous faut un budget.
03:42Et puis, ce budget et l'état de ces finances publiques,
03:46c'est aussi ce que trouveront ceux qui arriveront à l'Élysée
03:50après le départ d'Emmanuel Macron.
03:51Donc, c'est un sujet fondamental.
03:54Et cette piste, cette piste des retraites, beaucoup l'ont évoquée,
03:59tout le monde a toujours reculé.
04:00Est-ce que, compte tenu de la somme qu'il faut économiser,
04:07est-ce qu'il ne faut pas ouvrir ce débat ?
04:11Des millions de Français sont mobilisés pour dire,
04:15attention, on ne veut pas cette réforme des retraites.
04:20Nous, le but, ce n'était pas de le prendre à la gorge en disant,
04:22voilà, on censure si vous ne faites pas ça.
04:24C'est de trouver un budget qui serait sage et raisonnable.
04:28Pas pour laisser un héritage à ceux qui vont arriver,
04:31mais pour stabiliser le pays, le temps des élections.
04:34Pourquoi ?
04:35Parce que ce qui est important pour les Françaises et les Français,
04:39c'est d'éviter des dissolutions qui coûtent cher.
04:42On est à quelques mois des élections présidentielles.
04:44Les débats vont arriver.
04:47Donc, certains utilisent des slogans,
04:49des formules un peu spectaculaires sur l'immigration,
04:51sur peut-être que M. Édouard Philippe, lui, a une solution.
04:55Il est contre comment revenir pour 62 ans pour les Françaises et les Français.
05:00Bon, qu'il l'assume.
05:01Mais c'est bien, c'est bien que la démocratie fonctionne.
05:03Il ne faut pas avoir d'idées à arrêter.
05:05Il faut être autour de la table.
05:07Moi, j'ai peut-être une chose à rajouter.
05:08J'ai été maire, j'ai gagné l'élection municipale pour le quatrième mandat.
05:11Alors, vous savez, quand on est maire d'une ville de 30 000 habitants,
05:14j'ai décidé de ne pas augmenter les impôts.
05:17C'était une situation qui n'était pas facile.
05:18Il y a des choix budgétaires à faire.
05:20Les choix budgétaires, c'est des techniciens, des élus et des habitants.
05:25Et on travaille ensemble pour se dire les choses réellement.
05:27Il y a des dépenses, il y a des recettes.
05:29Ce n'est pas si sorcier que ça en paraît.
05:32Il faut après trancher.
05:33Évidemment, il y a des trous dans le budget.
05:36Il faut aller chercher des moyens.
05:38Regardez les pays comme la Norvège, la Suède ou autres.
05:41Ils n'ont pas hésité à taxer les carburants et à capitaliser.
05:45Et à dire, voilà, on va aider nos concitoyens pour qu'ils puissent partir en crise plus tôt.
05:49Vous avez employé le mot « raisonnable ».
05:51Oui.
05:52Est-ce qu'on en est là ?
05:53Est-ce qu'on peut toujours se dire qu'il faut prendre des mesures raisonnables
05:56et stabiliser un budget quand on voit les chiffres,
05:58quand on voit la dette qui s'affole,
06:01le remboursement de la dette qui fait que, de toute façon,
06:03quand bien même on ne dépenserait rien,
06:06on continuerait à gréver ce déficit ?
06:10Est-ce qu'on n'est pas au-delà de se dire que même quelques mois d'un budget raisonnable,
06:15est-ce que c'est tenable ?
06:18D'abord, ça fait plusieurs années que le budget, l'équilibre budgétaire nous échappe.
06:23Le dernier équilibre budgétaire, c'était en 1978.
06:26Mais là, le problème, c'est qu'on a une dette qui est en train de nous échapper.
06:29En part de PIB, elle est à peu près de 118 points aujourd'hui
06:33et 4 collègues ont été missionnés par le gouvernement pour se projeter à 5 ans
06:37et elle risque d'être à 130 points de PIB en 2030.
06:42Alors, il y a la réalité politique, mais il y a une réalité économique.
06:45C'est-à-dire que si on ne prend pas des mesures,
06:48non pas pour inverser la trajectoire,
06:50c'est-à-dire faire baisser la dette,
06:52mais essayer de la maintenir, il faut 125 milliards sur les 6 prochaines années.
06:56C'est-à-dire à peu près une vingtaine de milliards par an.
06:58Ça, c'est la chose.
06:59En fait, on est un peu comme dans la situation du réchauffement climatique,
07:02c'est qu'il faut déjà qu'on arrête les émissions,
07:04pas pour la faire baisser, mais pour au moins rester à ce niveau-là
07:06et pas aggraver encore la situation.
07:08Il faut déjà qu'on adapte, parce qu'il faut raisonner en termes de soldes sur les budgets,
07:11mais l'équilibre budgétaire pour essayer de maîtriser l'évolution de cette dette-là.
07:17Donc, il faut qu'on trouve en 2027, si on veut être à 5% de PIB,
07:21puisque c'est l'engagement européen de descendre en dessous des 3% de PIB.
07:28Je suis désolé, si tout ça peut être un petit peu abscond.
07:30En fait, ce sont les contraintes qui sont posées par l'Union européenne.
07:32Il faut qu'on descende en dessous de 5, c'est-à-dire qu'on baisse de 1 point de
07:37PIB,
07:37c'est-à-dire 30 milliards d'euros, exactement 28 milliards.
07:40Donc, il faut trouver 28 milliards.
07:41Maintenant, comment fait-on ?
07:42On parle beaucoup des dépenses sociales,
07:44Mais il faut savoir que plus de 80% du déficit depuis des années
07:49est généré non pas par le modèle social, mais par l'État.
07:53C'est quelques 150 milliards, il y a 80% par l'État.
07:56Donc, on met beaucoup l'accent sur les dépenses sociales,
07:59mais en fait, ce n'est pas là où vous avez le plus fort des équilibres.
08:02Mais c'est là où vous avez des hausses de dépenses importantes.
08:0412 milliards sur les retraites.
08:05Donc, c'est assez tentant de dire sur ces 12 milliards,
08:08la moitié, c'est du volume, c'est-à-dire des nouveaux retraités.
08:11Ça, vous ne pourrez pas le changer.
08:12Et l'autre moitié, c'est l'indexation.
08:15C'est-à-dire la hausse de la valeur, là, des 2%, c'est 6 milliards.
08:18Donc, il est assez tentant de dire,
08:19si je ne revalorise pas comme la Sécurité sociale,
08:23normalement, s'y engager,
08:24puisque c'est dans le cas de la Sécurité sociale,
08:25je peux faire 6 milliards d'économies.
08:27Mais attention aux conséquences économiques
08:29sur le plan de la consommation.
08:31Je rappelle que la pension moyenne, c'est 1550 euros.
08:34Et là, surtout, on parle,
08:37puisqu'on s'est posé la question du seuil,
08:39si on devait entamer cette désindexation.
08:43On parlait des ménages, des retraités aisés,
08:47ce n'est jamais très bien défini.
08:483 000, 4 000 euros.
08:503 000 euros, vous en avez 8% qui viennent pour 3 000 euros.
08:52Il y a une hypothèse qui est plutôt à 2 000 euros aujourd'hui.
08:54Oui, alors, c'est un des chiffres qui a circulé,
08:56que Bercy ne confirme pas.
08:58Ni Matignon.
08:59Ni Matignon, d'ailleurs.
09:00Bien sûr.
09:02Qui est un chiffre qui circule pour l'instant.
09:04C'est pour ça que je le soumets à votre sagacité et à vos informations.
09:07On sent bien qu'on est à l'heure des ballons d'essai.
09:10Sébastien Lecornu, il sait que sur ce sujet-là,
09:12il faut faire très attention.
09:13À la fois, il est persuadé,
09:15notamment à travers les expressions de Roland Lescure,
09:19qu'il y a une nécessité d'équité,
09:21de dire qu'il y a un effort de redressement des comptes publics à faire,
09:23et il ne faut pas que ce soit que les actifs qui payent.
09:27Et de l'autre côté,
09:29il sait combien ce sujet de la contribution des retraités
09:32est incandescent politiquement.
09:34Rappelez-vous, l'an dernier, il y a bientôt un an,
09:37François Bayrou avait eu cette fameuse déclaration
09:39sur les boomers qui devaient contribuer davantage.
09:42Ça avait fait un tollé politique immédiat.
09:45Donc, il sait que c'est un thème très difficile,
09:47avec en plus une partie de l'électorat,
09:50une partie de la population qui se mobilise beaucoup électoralement.
09:53Donc, il essaye de trouver un équilibre entre ces deux impératifs.
09:57Marie, il essaie de ne pas dégoupiller une bombe politique.
10:01Sébastien Lecornu, ce qu'il veut, c'est éviter la censure ?
10:03C'est éviter la censure, en tout cas qu'un budget soit voté.
10:07Et ça, de ce point de vue-là, il a été extrêmement clair.
10:10À l'occasion de ses diverses interviews et prises de parole assez rares.
10:15Mais au début de l'été, en effet, il a dit,
10:18et il a même été finalement assez, j'ai envie de dire direct,
10:23à l'égard des candidats à la présidentielle,
10:25de finalement ne pas se mêler de la tambouille du budget
10:29et de ce qui va se passer dans le chaudron de l'Assemblée à la rentrée prochaine.
10:33Espérant, espérant, et en effet, que, eh bien, vous en parliez,
10:36la loi spéciale ne soit pas appliquée
10:39parce que, eh bien, les conséquences sur nos finances publiques
10:42seraient dévastatrices.
10:44Parce qu'il faut l'avoir en tête, la loi spéciale,
10:48à l'occasion des budgets précédents, on l'a connue.
10:51Mais la loi spéciale, elle a duré un petit mois, un mois et demi.
10:54Là, dans le contexte d'une campagne pour la présidentielle,
10:58le Parlement va, tout simplement, fermer ses portes à la fin du mois de février.
11:03C'est la règle, c'est la Constitution, pour que la campagne s'engage.
11:07Et de fait, la loi spéciale, là, en 2027,
11:10si elle devait être le scénario adopté,
11:13eh bien, durerait bien plus longtemps que les années précédentes.
11:16Après, encore une fois, cette jauge des 2000 euros,
11:19il est important ce soir de le dire,
11:20n'est ni confirmée par Betsy, ni confirmée par Matignon.
11:24Ce qui est sûr, c'est qu'en revanche,
11:26la question de la désindexation de certaines pensions de retraite
11:29est sur la table,
11:32et un sujet politique, sans doute,
11:34qui va prendre l'an et monter dans les prochaines semaines.
11:38Il a déjà, ça a déjà commencé,
11:41depuis quelques jours, vous citiez la loi spéciale,
11:43quelques expressions pour la qualifier
11:46une catastrophe économique pour le pays,
11:49une autoroute vers l'explosion des déficits,
11:50une grave mise en danger du pays.
11:52Donc, on en revient à ces mesures nécessaires.
11:54Et on va parler d'une proposition de votre camp,
11:56une partie de capitalisation.
11:58Ça, c'est une autre idée qui revient,
11:59qui a été proposée par Philippe Brun,
12:01mais quand même quelques chiffres pour cette désindexation.
12:05C'est synonyme de baisse de pouvoir d'achat,
12:06évidemment, pour les retraités qui seraient concernés.
12:09Alors, on ne va pas parler de 2000 euros,
12:11on va commencer à 3000, 4000.
12:13C'était les hypothèses de départ.
12:14Mais on est autour de 400 à 500 euros
12:16de pouvoir d'achat annuel
12:19pour ceux qui seraient concernés
12:21si c'était mis en place et à ses seuils.
12:24Juste un point sur les budgets sociaux.
12:28Je pense que ce qui manque,
12:29vous avez parfaitement raison,
12:30la loi spéciale voudrait dire
12:31qu'en fait, on ne fait pas les efforts nécessaires
12:33et que donc, on oublie les engagements européens.
12:35C'est-à-dire que là,
12:36ce qui poserait vraiment un problème.
12:38Mais il y a beaucoup de tactiques.
12:40On voit bien qu'il y a des ballons d'essai.
12:41Donc, sur le plan politique,
12:42tout ça est assez bien rodé.
12:43Mais il manque une ligne politique.
12:45Si, par exemple,
12:46est-ce qu'on veut faire un effort
12:48sur le budget social
12:49avec, par exemple, une année blanche ?
12:51C'est-à-dire de dire
12:52qu'on ne revalorise pas l'ensemble des années.
12:54Ce qui, au moins, a l'intérêt,
12:55je ne dis pas qu'il faut le faire,
12:56mais qui est au moins à l'intérêt
12:57d'avoir une forme de cohérence.
13:01Alors, ça serait bien qu'on puisse dire
13:02qu'on fait un gros effort une année,
13:03mais ça sert à quelque chose,
13:04pas simplement pour une année,
13:05parce que le problème,
13:06c'est qu'il faudrait remettre ça
13:06l'année prochaine si on ne réforme pas.
13:08Ou alors, on fait un gros effort sur l'État.
13:11Mais là, on est en train d'essayer
13:12de toucher un peu à de multiples leviers
13:15sans qu'il y ait de cohérence globale
13:17et sans qu'il y ait de ligne politique.
13:18C'est là que je veux bien
13:19qu'il faille éviter la censure
13:22ou la loi spéciale,
13:23mais à mon avis,
13:24ce n'est pas une très bonne approche.
13:26Alors, une cohérence politique ?
13:27Alors, déjà, une première chose
13:29qui est fondamentale,
13:31il ne faut pas éviter la censure à tout prix.
13:33C'est-à-dire que si vraiment
13:36on met en difficulté des populations
13:38et on les assomme,
13:40donc il ne faut pas que le compromis
13:42devienne la compromission.
13:43Le chiffon rouge socialiste de la censure.
13:45Non, mais on n'est pas là pour faire du chantage.
13:48On est là pour dialoguer, discuter,
13:50retirer un petit peu nos étiquettes
13:52et voir comment on peut travailler ensemble.
13:53Les élections législatives,
13:54moi, j'ai été élu avec un électorat
13:57qui n'était pas celui du Parti socialiste uniquement.
14:00Et des gens de droite ont dit
14:01on est capable de travailler ensemble.
14:03On vote à gauche
14:04et des gens de gauche ont voté à droite.
14:06C'est ça, la nouveauté.
14:07Donc, il faut mettre, à mon avis,
14:09ces méthodes,
14:09et je pense qu'elles peuvent fonctionner.
14:11Certains veulent taxer le capital.
14:13D'autres veulent taxer les salariés.
14:14Mais on peut faire comprendre
14:16à des personnes qu'elles doivent contribuer
14:18si on leur explique
14:19et si on met tout le monde autour de la table.
14:20Des patrons, des salariés, des élus, etc.
14:24Et on regarde ce qu'on peut faire
14:26de manière, encore une fois,
14:28équilibrée,
14:28mais sans trancher de manière définitive
14:32parce qu'il y a des élections présidentielles.
14:33C'est ça être raisonnable.
14:35Alors, justement,
14:36puisque vous prononcez à nouveau ce mot raisonnable
14:38dans les couloirs,
14:39vraisemblablement,
14:40des ministères Bercy et Matignon,
14:42au contraire,
14:43on est plutôt à dire
14:44non, non, mais il ne faut surtout pas
14:44la jouer petit bras.
14:45Donc, vous allez sans doute avoir du mal
14:47à trouver le compromis.
14:48Oui, enfin, les couloirs,
14:50je ne sais pas si ça concerne
14:51ceux qui se baladent dans les couloirs,
14:52mais vous parliez tout à l'heure
14:53de Philippe Brun au Parti Socialiste.
14:55C'est un ami.
14:56Je l'ai accueilli à Vendœuvre
14:56où j'ai été maire.
14:58Et je peux vous dire une chose,
14:59son idée peut être intéressante.
15:01Au Parti Socialiste,
15:02nous, on parle de répartition
15:03parce que c'est un héritage
15:04du Conseil de la Résistance,
15:05de l'après-guerre.
15:06L'après-guerre,
15:07la France était endettée
15:08et a réussi.
15:09Pourquoi ?
15:10Elle a nationalisé
15:10le secteur de l'EDF,
15:12la sécurité sociale.
15:13Il fallait protéger les Français.
15:15Donc, on est capable
15:16de trouver des moyens,
15:17mais sans faire peur
15:18aux uns ou aux autres.
15:19Il faut qu'une économie fonctionne aussi.
15:20Il ne faut pas être dogmatique.
15:22Marie Chantré
15:22et Adrien Brachet,
15:24ce n'est pas une équation
15:26politique impossible
15:27quand on est
15:30à la fin du mois d'août
15:31et à quelques mois
15:32d'une élection présidentielle.
15:34Équation impossible,
15:35en tout cas très délicate.
15:37Juste un mot,
15:38parce que pas jouer petit bras,
15:40c'est en effet
15:40ce que disent
15:43certains soutiens,
15:44si on peut encore
15:45les appeler comme ça,
15:46du Premier ministre.
15:47Mais le risque politique
15:49aujourd'hui
15:49de toucher
15:50aux retraités
15:52et aux retraités
15:52plus précisément
15:53les moins modestes,
15:54politiquement,
15:55il est lequel, Hélène ?
15:56Sociologiquement,
15:58les retraités
15:58sont les personnes
15:59qui se déplacent
16:00le plus dans les urnes.
16:02Plus de 13 millions
16:03d'électeurs potentiels.
16:05Alors,
16:05il faut, je pense,
16:07en déduire
16:08les retraités
16:09sous les 3 000
16:10ou les 2 000 euros
16:11si la jauge
16:12devait baisser.
16:13Mais,
16:14vous pourriez fâcher
16:15tout un électorat
16:17aujourd'hui
16:17très mobilisé
16:18politiquement.
16:19Je parle de
16:20toute étiquette
16:22confondue.
16:23Mais,
16:23politiquement,
16:24des partis,
16:25des patrons de partis,
16:27des candidats
16:28à la présidentielle
16:29qui tamponneraient
16:30ce type de mesures,
16:32ça pourrait fâcher
16:33toute une partie
16:34de l'électorat
16:35retraité aujourd'hui
16:36très très précieux
16:36pour les candidats.
16:37Et est-ce que
16:37notre survie économique
16:39ne passe pas
16:40par cette décision
16:42qui est de se dire
16:42tant pis,
16:43si je dois sauver
16:44l'équilibre économique
16:46du pays,
16:46je suis prêt
16:48à sacrifier
16:49des millions de voix.
16:50C'est là aussi
16:51peut-être que
16:52Sébastien Lecornu...
16:53Et je vous fais réagir
16:54dans un instant
16:55parce qu'Alexandère Nicolisse
16:56vient de nous rejoindre
16:57sur ce plateau.
16:58Merci à vous d'être avec nous.
16:59Je donne la parole
17:00et c'est à vous.
17:01C'est là aussi
17:01qu'on verra jusqu'à où
17:02Sébastien Lecornu peut aller
17:03puisqu'on a parlé
17:05du Parti Socialiste,
17:06on a parlé de la gauche,
17:07mais en effet
17:07une question centrale
17:08c'est aussi
17:09comment son camp,
17:10son propre camp
17:10va se comporter
17:12vis-à-vis de lui.
17:13Son propre camp
17:13est lancé
17:14dans la campagne présidentielle
17:15Édouard Philippe,
17:16Gabriel Attal
17:17et ils ne feront pas
17:18de cadeau
17:18à Sébastien Lecornu
17:19lui-même.
17:20Rappelons-le,
17:21au moment où François Bayrou
17:22avait présenté son budget
17:23pareil l'an dernier,
17:25Édouard Philippe
17:25avait émis
17:26de sérieuses réserves.
17:28Donc Sébastien Lecornu
17:29ne peut pas s'attendre
17:30à un blanc-seing
17:31de son camp.
17:32Son camp a très mal vécu
17:33le dernier budget
17:34avec notamment
17:35la fameuse suspension
17:36de la réforme des retraites
17:37donc il va aussi
17:38devoir donner des gages
17:39à son camp
17:40et ça c'est une difficulté
17:41supplémentaire dans l'équation.
17:42Et j'imagine que vous non plus
17:43vous ne ferez pas de cadeau.
17:44J'ai lu cette expression
17:46un budget de sauvegarde républicaine
17:49ça fait penser un peu
17:50à gouvernement
17:51d'union nationale
17:52c'est pas du tout
17:53votre état d'esprit.
17:54Non mais ils se moquent de nous
17:55parce qu'ils font croire
17:56qu'ils maîtrisent les choses
17:58qu'eux savent
17:59et ils savent
17:59ce qui pourrait nous permettre
18:01d'avoir une sauvegarde
18:02de sauver le budget
18:04pour les futures années.
18:05Je rappelle qu'ils se sont plantés
18:06à chaque fois
18:06ils ne sont même pas
18:07capables d'évaluer
18:08la politique
18:09qu'ils vont mettre en place
18:10d'un point de vue budgétaire.
18:11En 2023
18:12les macronistes nous disent
18:14en 2024
18:15on va être à 4,4%
18:16de déficit
18:17puis ensuite
18:18ils nous disent
18:18ah non finalement
18:18ça va être 5,1%
18:19on se rappelle de Gabriel Attal
18:20puis c'est 5,8%
18:21de déficit
18:22c'est juste 40 milliards
18:24d'écart.
18:24le corps nu
18:25l'année dernière
18:26nous dit
18:27en 2026
18:28on va être à 4,7%
18:29de déficit
18:30là on entend plutôt
18:315,1%
18:325,2%
18:33de déficit
18:33pour 2026
18:34là aussi
18:35c'est juste 15 milliards
18:36d'écart
18:36donc au final
18:37ils ne savent pas
18:38réellement
18:39quel va être
18:39l'impact de leur politique
18:41donc ils font de la com'
18:42je vous entendais madame
18:44vous disiez
18:45que d'un point de vue électoral
18:46ça représenterait
18:48un danger peut-être
18:49de taper sur les retraités
18:50c'est surtout une injustice
18:50on ne fait pas les choses
18:51par électoralisme
18:53geler les pensions de retraite
18:55de retraités
18:56qui ont travaillé
18:56cotisé
18:57durant leur vie
18:58si ça ne suit pas l'inflation
18:59c'est une baisse de salaire
19:00et c'est une rupture
19:02je ne dis pas l'inverse
19:03encore une fois
19:04c'est une rupture
19:05avec la promesse d'Etat
19:07le contrat social d'Etat
19:09qu'il pouvait y avoir
19:09avec des gens
19:10qui ont travaillé
19:11qui devaient bénéficier
19:12d'une retraite
19:13mais vous ne faites pas
19:13le distinguo
19:14entre des retraités
19:15aujourd'hui
19:16aux retraites
19:17extrêmement modestes
19:18et ceux qui aujourd'hui
19:20par le travail de leur vie
19:22mais ont une retraite
19:23un peu plus aisée
19:246 milliards d'économies
19:25c'est les retraités
19:26c'est si c'est l'ensemble
19:28si on touche à l'ensemble
19:30des retraités
19:31on entend 2 milliards
19:323 milliards
19:32ça voudrait dire quoi
19:32c'est la moitié des retraités
19:34qui pourraient être concernés
19:35le flou qui entoure
19:38cette évocation de mesures
19:41montre à quel point
19:42ils n'ont absolument aucune vision
19:44voire ils sont totalement incompétents
19:46et peut-être même
19:47que c'est que de la com
19:47encore une fois
19:48c'est-à-dire qu'ils n'ont
19:48aucune vision concrète
19:50et quand je disais
19:50que c'est injuste
19:51on voit et nous on plaide
19:52évidemment pour ça
19:53depuis des années
19:54je ne veux pas être caricatural
19:55mais vous savez
19:56on le dit
19:57est-ce qu'il est normal
19:58de toucher à des retraités
19:59qui ont travaillé
20:00cotisé en France
20:01qui vont peut-être
20:02donner ça à leurs enfants
20:03à leurs petits-enfants
20:04qui peuvent peut-être
20:05payer leur maison de retraite
20:06avec leur retraite
20:08est-ce qu'il est juste
20:10de faire payer
20:10ces retraités
20:11par exemple
20:12et ne pas vouloir
20:13toucher aux 41 milliards
20:15du coût
20:16que peut représenter
20:16l'immigration en France
20:17ne pas toucher
20:18ce chiffre de 41 milliards
20:20vous savez qu'il est contesté
20:21je vais vous dire
20:22ce qui n'est pas contestable
20:24c'est qu'aujourd'hui
20:25le droit d'asile coûte
20:26selon l'étude du Sénat
20:27près de 2 milliards
20:28d'euros en France
20:29l'AME coûte entre
20:311,2 et 1,5 milliards
20:33par an
20:34les conseils départementaux
20:35paient 2 milliards
20:36pour les mineurs isolés
20:37qui pour la plupart
20:38ne sont pas mineurs
20:39et ça c'est un sujet tabou
20:40on préfère taper
20:41sur les retraités
20:42plutôt que sur
20:44des évidences
20:45en termes de coûts
20:46et ça c'est injuste
20:47évidemment
20:48alors malheureusement
20:49vous êtes arrivé
20:49à la toute fin de ce débat
20:50et je ne vais pas pouvoir
20:52vous relancer
20:53ni les uns ni les autres
20:54il n'est de toute façon
20:55pas terminé
20:56on l'a dit
20:57un rendez-vous
20:58le 30 septembre
20:59pour la présentation
20:59de cette loi de finances
21:00et d'ici là
21:01il y aura
21:02de très nombreuses discussions
21:03merci à vous
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