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  • il y a 2 jours
Cristian Mungiu, réalisateur de la Palme d'or du festival de Cannes, "Fjord", était l'invité d'Alexis Morel sur France Inter, alors que le film sort en salle mercredi en France.

Retrouvez « L'invité de 8h20 » sur France Inter et sur : https://www.radiofrance.fr/franceinter/podcasts/l-invite-de-8h20-le-grand-entretien

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Transcription
00:00Notre invité ce matin fait partie du cercle très fermé des réalisateurs doublement palmés au Féval de Cannes.
00:06Bonjour Christiane Nungiu, cinéaste roumain, sixième long métrage Fjord sort après-demain en France.
00:12Il vous a donc valu en mai dernier votre deuxième palme d'or après celle que vous aviez décrochée en
00:162007 pour quatre mois, semaine et deux jours.
00:19J'invite les auditeurs qui souhaitent échanger votre travail et sur vos films à nous appeler au 01 45 24
00:257000 et à écrire via l'appli Radio France.
00:27Alors avant de plonger ensemble dans ce film, dans ce fjord, je voulais d'abord vous demander quand on a
00:32deux palmes d'or, qu'on est re comme vous l'êtes par la critique,
00:35est-ce qu'on appréhende encore la sortie du film en salle ? On appréhende encore ce que va en
00:39penser le public ?
00:40Ah oui bien sûr, ça n'a rien à voir avec les palmes d'or. Tu espères toujours que le
00:47public va aimer le film.
00:48La palme d'or est vraiment une très bonne recommandation, peut-être la plus bonne ici en France et en
00:55général dans le monde.
00:56Mais ce qui compte beaucoup pour un réalisateur, c'est si le film marche pour le public.
01:01Moi je fais des films pour le public pour leur donner une histoire très forte, pour s'exprimer, pour comprendre
01:09quelque chose en plus sur leur vie à eux.
01:12Et c'est pour ça que le retour de la part du public c'est vraiment très important pour moi.
01:16C'est un peu comme si c'était la vraie vie du film qui commençait maintenant ?
01:19Oui absolument, absolument. On a eu quelques projections dans les festivals mais moi j'ai seulement ce période dans la
01:27vie du film pour avoir des retours de la part des spectateurs.
01:30C'est pour ça que j'accompagne toujours le film pour être là-bas pour ce série de bars qui
01:35commence maintenant.
01:36Le film commence ici en France aujourd'hui dans les salles et après ça on va enchaîner beaucoup beaucoup de
01:42territoires.
01:42Je vais continuer avec la Norvège qui est déjà très intéressante pour voir qu'elle...
01:47On va en reparler.
01:48Oui bien sûr.
01:49Parce qu'il y en aura des réactions, il y en aura du débat.
01:52Fjord c'est un film qui remue, qui dérange.
01:54C'est donc l'histoire d'une famille, père roumain, mère norvégienne, cinq enfants, famille très religieuse, évangéliste,
02:01qui vient donc s'installer dans un petit village norvégien.
02:03Alors au début tout se passe bien, à l'école, au travail, avec les voisins, jusqu'au jour où une
02:08enseignante découvre un bleu,
02:10une contusion sur le cou d'une des filles du couple.
02:13Et alors là ça déclenche tout un engrenage infernal, une procédure implacable des services de protection de l'enfance
02:18qui vont finir par retirer la garde des cinq enfants à leurs parents sur la base de maigres soupçons.
02:24Et là le village va complètement changer d'attitude à leur égard.
02:27A travers cette histoire, on va y revenir, mais vous pointez la polarisation qui gagnent les sociétés occidentales,
02:32notamment celles qui se proclament les plus tolérantes,
02:35ces sociétés qui sont gagnées par le choc de plus en plus violent entre progressistes et conservateurs.
02:40D'abord, pourquoi installer cette histoire en Norvège ? C'est tout sauf un hasard.
02:45Non, l'histoire est installée là-bas parce que ça part d'un fait divers qui se passait là-bas.
02:51Et la plupart des... Oui, c'est une histoire vraie.
02:54Et la plupart des cas que j'ai étudiés se passaient là-bas.
02:58Ce n'est pas seulement la Norvège, mais pour nous, le cliché qu'on associe,
03:03le cliché positif, disons, qu'on associe avec les pays du Nord
03:06est qu'ils sont les plus progressistes de l'Europe.
03:09Et en vrai, la législation pour défendre les droits des enfants
03:13sont les plus forts dans la Norvège, la Danemark, la Suède.
03:18Et on avait beaucoup, beaucoup de cas qui se passaient dans cette période-là.
03:22Et peu à peu, j'ai vu un sort de modèle.
03:25Et j'ai essayé de comprendre pourquoi ça arrive là-bas
03:29et pourquoi ça arrive toujours pour les enfants des migrants.
03:34Parce que là, ça arrive pour, disons, 90% des enfants qui sont enlevés
03:41sont les enfants des familles des migrants qui décident de continuer leur vie là-bas.
03:45Et les services norvégiens de protection de l'enfance ont été beaucoup critiqués ces dernières années.
03:51Il y a eu des enquêtes, notamment pour le fait de lancer des procédures un peu trop vite, un peu
03:56trop rapidement.
03:58Oui, on doit toujours dire qu'il fait ce qu'il croit que c'est bien pour les enfants.
04:02Ça, c'est clair.
04:03Mais les opinions sur l'avenir des enfants sont très différentes.
04:07Les opinions sur l'éducation de nos enfants sont différentes.
04:10Et pour moi, ce n'est pas un film sur la Norvège ou la Roumanie.
04:13C'est un film sur la société d'aujourd'hui qui est vraiment très polarisée.
04:17Et je pars de cette histoire pour parler de ces solutions qu'on doit trouver ensemble
04:22pour qu'on essaie de survivre ensemble, même si nous avons des opinions vraiment très très différentes.
04:28Voilà, parce que vous placez le spectateur entre deux camps, finalement.
04:31Chacun persuadé d'avoir raison.
04:33D'un côté, la famille très pieuse, attachée à une éducation stricte, une culture très traditionnelle.
04:38De l'autre, ces autorités norvégiennes qui sont convaincues aussi d'être dans leur bon droit,
04:42de retirer très vite les enfants, mais sans preuve réelle de violence.
04:46Qui critiquent aussi la place de la religion dans cette famille.
04:49C'est une société, alors dans le film, qui parle de leur culture contre nos lois.
04:55Vous avez vraiment voulu faire, vous le disiez, de cette histoire,
04:58le reflet de nos divisions, de nos fractures actuelles en Occident ?
05:02Oui, absolument. Et ça se passe un peu partout.
05:06Si nous sommes attentifs, on découvre ça dans la plupart des cultures, dans la culture occidentale.
05:13Et on doit chercher, on doit essayer de voir c'est quoi la solution.
05:18Parce que ce n'est pas possible que chaque fois, quand l'autre partie gagne,
05:22il essaie d'imposer ses valeurs à l'autre partie de la société.
05:27On doit trouver une façon de se rencontrer au milieu.
05:29Même si ce sont des valeurs très progressistes ?
05:32Oui, parce qu'à la fin, le film parle aussi que les valeurs progressistes sont bonnes.
05:39Mais si on exagère dans n'importe quelle direction,
05:44elles finissent par être aussi des valeurs extrémistes,
05:48même dans le progressisme.
05:50Et c'est bien d'avoir une sorte d'écart pour voir quelles sont les mesures qui sont bonnes pour
06:00la société
06:00et après quel niveau essayer d'imposer ces valeurs pour les gens qui ne les partagent pas du tout.
06:07Ça devient une sorte d'abus contre...
06:10Et de forcer les gens de se conformer.
06:14Ce n'est pas si bien.
06:16C'est bien d'essayer de les convaincre, pas de les forcer.
06:19Le progressisme peut être radical, comme peut l'être le conservatisme ?
06:24Je crois que oui.
06:25On peut voir ça très bien dans les Etats-Unis, et aussi les effets de ça.
06:29Je trouve qu'aujourd'hui, ce qui se passe dans les Etats-Unis,
06:32c'est l'effet d'exagération de la part des progressistes qui étaient au pouvoir pour beaucoup d'années là
06:38-bas.
06:38Vous avez dit, dans une interview, si en ce moment on a une explosion des mouvements d'extrême droite,
06:42c'est aussi peut-être parce qu'on a trop insisté sur des mesures de gauche
06:46et que la façon de les appliquer n'était peut-être pas la meilleure.
06:49Vous allez très loin.
06:51Oui, les mesures sont bonnes en général, mais tu dois trouver le bon rythme
06:55pour vraiment voir ce que la société accepte dans un rythme naturel.
07:03Tu ne peux pas vraiment exagérer et tu ne peux pas essayer d'avoir toutes ces mesures
07:10d'une façon très formelle.
07:11Tu dois juger quand même des situations qui sont un peu spéciales
07:16parce qu'appliquer les lois juste comme ça, sans réfléchir qu'à la fin,
07:20on parle des gens, des enfants, des familles,
07:24peut-être qu'ils ne partagent pas les mêmes opinions avec nous,
07:27mais c'est bien d'investir plus dans l'éducation pour changer leur avis,
07:31et pas de les imposer des choses parce que ça ne nous amène pas trop loin.
07:35Alors je reviens à l'histoire.
07:36Face à cette violence supposée des parents, qu'on ne voit jamais à l'écran,
07:41ce film insiste sur une autre violence, donc celle des services sociaux,
07:43comme une machine qui écrase tout sur son passage.
07:46Il y a une scène très marquante, c'est celle où les agents de la protection de l'enfance
07:49viennent chercher les enfants.
07:51Ils l'annoncent à la mère dans le salon de la maison.
07:54Et derrière, il y a le drapeau norvégien à l'extérieur qui claque comme ça dans le vent.
07:59C'est le symbole de quoi ? C'est le symbole de toute la puissance aveugle d'un État
08:03qui vient s'écraser sur une famille ?
08:06Si vous voulez, mais moi je n'aime pas trop traduire le film.
08:10Ce n'est pas un hasard s'il y a le drapeau derrière.
08:12Non, ce n'est pas au hasard, mais en même temps c'est une petite histoire drôle
08:17comment on arrive à ça.
08:18Ce n'était pas prévu, je dois dire.
08:20Ce n'était pas prévu, mais tu dois toujours réagir comme réalisateur à ce qui se passe sur le plateau
08:25parce qu'il y a des, je ne peux pas dire des signes, mais il y a des choses qui
08:29se passent
08:30qui sont dans la faveur du film si tu essaies à les remarquer.
08:34Et nous, c'est le premier jour de tournage, on devait tourner quelque chose d'autre.
08:38On avait un orage énorme.
08:40Et alors j'ai changé.
08:41J'ai commencé avec la scène la plus difficile du film, mais je ne voyais pas le vent de l
08:46'intérieur.
08:46Et j'ai dit à mon accessoiriste, amène-moi quelque chose pour qu'on voit le vent.
08:51Et quoi ?
08:52Je dis, je ne sais pas, un drapeau, je ne sais pas.
08:54Et il a amené ce drapeau énorme de la part d'un voisin.
08:58Et ce n'est pas possible de vraiment manipuler ce drapeau avec du vent faux pour le tournage,
09:05pour avoir ce sort de rythme qu'on avait dans la scène.
09:08Mais nous avons commencé à voir que ça correspond.
09:10Et ça donnait un sort de mouvement qui correspondait pour nous à ce sort d'état intérieur de Renate,
09:19de la comédienne principale.
09:22Parce qu'elle essayait toujours de rester calme dans ces situations un peu difficiles.
09:28Alors qu'en elle, c'est la tempête potentielle.
09:31Si vous voulez, mais ce n'est pas bien de traduire des films comme ça.
09:35C'est pour ça qu'on fait des films.
09:36Alors justement, en termes d'interprétation, quand on regarde le film,
09:39on a quand même l'impression que la violence des services sociaux,
09:42qu'on voit, qu'on se prend, si je puis dire, en pleine face,
09:45elle est bien plus forte que celle des parents, qu'on ne voit pas,
09:47qui est de l'ordre du soupçon.
09:48Donc l'empathie du spectateur, elle va vers les parents instinctivement,
09:52comme si vous aviez finalement choisi votre camp.
09:56Je ne l'ai pas choisi comme ça.
09:58L'idée est que le film essaye de rester neutre et de te donner des informations.
10:04Mais c'est une autre façon de cinéma.
10:07Tu dois juger les informations que tu reçues dans le film
10:11et tirer les conclusions toi-même.
10:14Si on regarde le film et on regarde les faits,
10:16jusqu'à la fin du film, on commence à comprendre que nous avons assez de petits détails
10:23pour dire que peut-être que quelque chose de violent s'est passé dans ces familles.
10:28Pour moi, le débat commence quand nous ne sommes pas vraiment sûrs que quelque chose s'est passé.
10:34Quand nous avons de violences dans la famille, le cas est clair.
10:37On doit agir, on doit résoudre ça, c'est clair.
10:41Mais dans ces limites ou dans ces cas qui sont à peu limites,
10:45oui, ce n'est pas clair ce qu'on doit faire.
10:47Et en plus, c'est quelque chose d'autre.
10:49Chaque fois que le spectateur découvre les personnages principaux dans un film,
10:57il y a une sorte de sympathie associée avec eux qui vient toujours.
11:03Même si tu veux rester complètement neutre, c'est naturel.
11:08Mais c'est naturel aussi parce qu'on s'associe toujours avec les comédiens connus
11:12et avec les rôles principaux dans le film.
11:14Mais ce n'est pas à moi, ça.
11:15Si vous avez beaucoup plus de sympathie pour Sébastien Stann et Renat,
11:21c'est le problème.
11:22Oui, c'est...
11:23Moi, j'essaie d'avoir ce genre de réponse neutre jusqu'à la fin.
11:29Mais puisque vous doutez dans ce film de la façon dont on a appliqué les valeurs progressistes
11:36et qu'il est question forcément d'interprétation de la part des spectateurs,
11:39est-ce que vous ne craignez pas que ce film, forcément,
11:41il soit instrumentalisé par l'un des camps, par justement ces mouvements conservateurs ?
11:45Ou d'extrême droite ?
11:46Absolument, c'est possible.
11:48Mais c'est un risque que j'ai dû prendre.
11:51Chacun de mes films était polémique.
11:53Et chacun de mes films était mal utilisé par un champ ou l'autre.
11:58Je commençais par quatre mois, trois semaines et deux jours.
12:00C'est aussi un film qui ne s'exprime pas d'une façon claire sur l'avortement.
12:05Mais bien sûr qu'il a été instrumentalisé par les deux camps.
12:08Et c'est le cas ici aussi.
12:11Mais en même temps, je me suis dit que c'est beaucoup plus important que quelqu'un a le courage
12:16d'amener ce sort de situation, ce sort de cas dans le débat public.
12:21C'est ça qu'un film de cinéma doit faire.
12:23Et c'est ça qu'un réalisateur doit faire.
12:25Il doit prendre un peu de risque pour essayer d'avoir ce sort de polémique, ce sort de débat.
12:31J'ai pris ce risque parce que je crois que c'est beaucoup plus dangereux d'aller dans
12:36cette direction où nous avons des sujets sur lesquels on ne parle pas.
12:41C'est interdit de parler.
12:42Des sujets tabous.
12:43Des sujets tabous.
12:44Et je crois que nous avons suffisamment dans la société d'aujourd'hui.
12:47Alors on a une question sur l'application Radio France d'un auditeur de Gézé Kael qui
12:51nous dit « Si les valeurs de l'autre sont violentes, je dois essayer de le convaincre, mais
12:55pas l'empêcher de battre ses enfants, je trouve ce point de vue dangereux. »
12:59Oui, absolument, mais…
13:01Ce n'est pas ce que vous voulez dans ce film ?
13:03Non.
13:04Ce que je veux dire dans ce film est qu'avant d'être sûr que nos valeurs sont les plus
13:09bonnes, on doit toujours douter et on doit toujours écouter l'autre.
13:13Il est arrivé à ce moment-là à la fin d'un sort d'éducation qui était aussi donné
13:18par nos sociétés à nous.
13:20Si quelque chose n'a pas bien marché, on doit arriver en arrière et changer quelque
13:25chose dans l'éducation.
13:26Si on essaie de changer seulement leur façon d'agir tout à la fin, ça ne change pas
13:31les choses profondément.
13:32Si on veut voir une modification, un changement dans la société à venir.
13:37Parce que si on continue à dire aux gens « Ce n'est pas bien comme vous pensez », on
13:43va avoir des surprises chaque fois quand ils votent.
13:45C'est important de s'engager dans ce sort de conversation pour comprendre pourquoi,
13:51qu'est-ce qu'ils expriment.
13:52Nous avons des grands chiffres, des grands nombres.
13:55Vous avez ici aussi en France un nombre énorme de gens qui votent pour l'extrême droite.
14:00On doit comprendre pourquoi, qu'est-ce qui s'est passé et qu'ils ont arrivé à ce
14:04niveau-là.
14:04C'est un regard assez inquiet que vous posez sur l'avenir du vivre ensemble.
14:08C'est fini de vivre ensemble en Europe ?
14:11On ne peut pas dire que c'est fini, mais on doit quand même trouver une façon de
14:14vraiment vivre ensemble.
14:16Parce que maintenant, les sociétés sont complètement fracturées.
14:18Ça, c'est ne pas vivre ensemble.
14:20On vit sur les deux parties de ces rivières qui nous partagent complètement.
14:25On ne communique pas du tout.
14:27On considère que les autres sont complètement bêtes.
14:29Ils ne partagent pas, ils ne sont pas intelligents.
14:33Et nous n'avons pas du tout d'empathie pour eux.
14:37On doit essayer de changer ça parce que ça nous amène dans un droit très violent.
14:42C'est le dernier processus avant de se dire qu'on peut quand même les éliminer.
14:48Et ça arrive chaque fois dans les pays où nous avons une guerre entre deux parties.
14:53C'est les éléments finales avant de passer à un autre niveau de violence qui est physique.
14:58Alors, il y a quand même des touches d'optimisme dans le film.
15:01Et moi, je trouve que l'optimisme, il vient des enfants.
15:03Parce que pendant que le monde adulte se déchire, les enfants, alors ceux de la famille
15:07et ceux des voisins, ils vont nouer des liens, ils vont aller vers l'autre.
15:12Ils vont essayer de comprendre aussi un peu de la culture de l'autre, plus traditionnelle,
15:16plus progressiste.
15:17Il faudrait peut-être faire davantage confiance aux enfants, alors, finalement.
15:20Oui, mais c'est trop simple de passer ces responsabilités à nos enfants.
15:27Nous sommes toujours les adultes qui décident.
15:30Avant qu'on fasse ça, on doit préparer un milieu pour leur passer un monde un peu plus calme
15:35que ce variant des mondes qu'on essaie de passer dans ce moment.
15:39Bien sûr, c'est un stéréotype positif que l'optimisme vient toujours avec les enfants.
15:44Mais on doit rester attentif parce que les enfants ont un grand avantage.
15:48Ils n'utilisent pas les mêmes stéréotypes que nous, déjà.
15:51Ils sont un peu plus ouvertes.
15:52Ils sont avant la fin d'une occasion qui était dans la vie.
15:57Mais quand même, les efforts doivent toujours être faits par les parents.
16:01Parce que nous, ils donnent un sort de modèle.
16:03Alors, pour changer leur modèle, on doit commencer à changer la nôtre
16:07pour leur donner un bon exemple.
16:09Un mot quand même de vos comédies.
16:11Parce que ce n'est pas votre habitude, mais là, vous avez choisi des stars mondiales.
16:15C'est une question de Louisa sur l'application Radio France.
16:17Pourquoi avoir dit Rénateur Heinzveu et Sébastien Stan comme acteurs principaux ?
16:22Absolument.
16:22Très bonne question.
16:23Pour commencer, ils n'étaient pas si stars qu'ils sont aujourd'hui quand je les choisissais.
16:28Ils étaient avant leur année extraordinaire qu'ils avaient il y a un an, avec leurs films.
16:34Et c'est simple, avec Sébastien, on a essayé, parce qu'il est d'origine romaine,
16:39on a essayé de faire un film ensemble depuis dix ans.
16:42Pour le film, je lui ai appelé parce que pour une fois, il pouvait parler plus anglais que des romans.
16:47Alors, il se sentait confortable.
16:49Et pour être vraiment très honnête, ça, c'était un film beaucoup plus cher que le film peut faire en
16:55général.
16:56C'était tourné à Norvège.
16:57La Norvège est un pays assez cher.
16:59Sans avoir Sébastien dans le film, je ne pouvais pas mettre ensemble le budget de film.
17:04Les stars amènent le budget.
17:05Ah oui, absolument.
17:06C'est la même chose avec Renate.
17:08Et si tu arrives là-bas, bien sûr, tu veux les comédiens qui sont bien connus là-bas.
17:12Je commençais par parler avec elle.
17:14Je ne lui ai pas donné le rôle principal.
17:17Nous avons lit pour les deux rôles principaux.
17:19Elle a préféré ce rôle-là.
17:21J'ai cru mieux dans ce sort de contre-emploi parce qu'elle est une fille, une femme très progressiste,
17:28très libérale.
17:29Mais elle était curieuse de comprendre le point de vue de l'autre.
17:32Et c'est comme ça que nous avons avancé ensemble dans ce sort d'aventure qui s'est bien terminé.
17:38Et aussi avec eux, dans un autre niveau de reconnaissance publique.
17:44Sébastien Stein joue dans des Marvel, donc c'est assez éloigné de votre univers généralement.
17:48Oui, mais il a fait aussi des films qui montrent qu'il a un grand talent pour des films dramatiques
17:54aussi.
17:55Et j'ai aimé à lui donner cette chance-là.
17:57Vous parliez de la Norvège.
17:58Est-ce que vous allez être plus particulièrement attentif à la réception du film en Norvège ?
18:03Parce que le pays ne s'en sort pas très bien dans votre film.
18:06Oui, mais à la fin, ce n'est pas bien de généraliser.
18:09Je ne parle pas d'un pays qui ne sort pas bien.
18:11J'ai beaucoup de respect pour la Norvège.
18:13C'est un pays très civilisé, avec des gens très tolérants.
18:19À la fin, c'est important de dire que j'ai pu faire ce film en Norvège avec un financement
18:24norvégien.
18:25Je ne pouvais pas faire un film sur la dictature en Belarus, par exemple, avec un financement en Belarus.
18:31C'est bien de comprendre.
18:31Même en Roumanie, je ne pouvais pas faire un film sur les problèmes que nous avons, nous,
18:37avec les gens qui partagent cette éducation traditionnelle.
18:41Les gens sont très violents.
18:42Et à la fin, c'est ça que je dis toujours, l'idée n'est pas de réaffirmer que ce
18:47n'est pas bien d'être très conservatoire,
18:49parce que ça, je crois qu'on connaît déjà.
18:52L'idée est de comprendre, à l'envers, que ce n'est pas bien de dormir avec ces idées que
18:59nous sommes déjà de la bonne côté des choses.
19:02C'est bien de rester vigilantes.
19:04Et c'est pour ça que j'attends beaucoup de ce tournoi en Norvège, parce qu'on va avoir des
19:08entretiens et des débats,
19:09aussi avec le Barnevenet, cette agence pour la...
19:13Service de protection de l'enfance.
19:14Oui.
19:14Pour moi, c'est important de commencer un débat.
19:17Et c'est ça aussi le rôle du film, de lancer cette en sorte de déclencheur dans des débats qui
19:25est beaucoup plus grands que le film.
19:27Alors, pour la suite, quelle sera la troisième palme d'or de Christiane Mounjou ?
19:31Est-ce qu'on peut en savoir plus sur le prochain projet ?
19:34Vous avez un projet tous les 4-5 ans, en général.
19:36Oui, mais c'est déjà trop que j'ai eu de palme.
19:40Jamais 203.
19:41Oui, mais bon, je n'attendais jamais que je puisse avoir une palme.
19:45Mais l'idée est que ce qui est important dans ce moment est de trouver une autre histoire rélévante pour
19:52moi.
19:52Et ça, c'est en sorte des soupçons et des doutes que j'ai après chaque film.
19:57C'est beaucoup plus important.
19:58Mais pour continuer, j'ai choisi de finalement tourner un film qui était préparé pour déjà des années.
20:07Je ne sais pas si les gens se souviennent, mais moi, je commençais par faire des comédies.
20:11Et aussi, j'étais à Cannes avec une comédie, un épisode avec plusieurs réalisateurs qui s'appelaient Les contes de
20:18l'âge d'or.
20:19Des petits épisodes drôles qui se passaient dans la période communiste.
20:24Et maintenant, je fais Les contes de l'âge d'or numéro 3.
20:27D'accord.
20:28Et ça se passe dans la plupart des pays de l'Europe de l'Est, où on avait aussi des
20:34blagues.
20:34Et nous avons tourné deux épisodes maintenant, l'épisode polonais et l'épisode bulgaire.
20:38Et on va continuer jusqu'à la fin de l'année avec deux autres épisodes.
20:42Voilà pour le programme.
20:42En attendant, il y a donc Fjord qui sort après-demain en salle en France.
20:47Et c'est un film France Inter.
20:49Merci beaucoup Christiane Mungio et bonne journée.
20:51Merci.
20:51Merci.
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