- il y a 12 heures
Marschall Truchot, du lundi au jeudi de 17h à 19h avec Olivier Truchot & Alain Marschall. Deux heures pour faire un tour complet de l’actualité en présence d’invités pour expliquer et débattre sur les grands sujets qui ont marqué la journée.
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TVTranscription
00:00On va revenir en France avec une affaire judiciaire, qui est une affaire politique.
00:04Ça dure depuis trois ans maintenant, le tout sous fond de drame.
00:07C'est le drame de Crépole, la mort de Thomas Perrotto.
00:10Trois avocats de la Défense, dans cette histoire de meurtre,
00:13demandent à récuser les juges d'instruction,
00:15ainsi que la niluité de circonstances aggravantes de racisme anti-blanc.
00:19Souvenez-vous, ça s'est passé lors d'une soirée, une fin de balle.
00:23Il y a des témoignages, une dizaine, une quinzaine,
00:25qui affirment que Thomas a été tué parce qu'il était blanc.
00:29Et il y a des témoignages qui disent « oui, on a entendu les insultes ».
00:31Les juges les ont enregistrés, le parquet n'en veut pas.
00:34La mère de Romand-Sourisère, d'où sont originaires une partie des agresseurs,
00:38réagissait ce matin sur BFM TV.
00:40Elle ne comprend pas ces demandes en nullité.
00:43J'ai particulièrement soutenu la position qui était celle des victimes.
00:48Aujourd'hui, une demande de récusation des juges d'instruction,
00:51c'est un nouvel affront qui est fait aux victimes.
00:55« Pourquoi ont-ils si peur que ce sujet soit traité ? »
00:59Ce sujet a été mentionné par nombre de victimes.
01:03Il doit être traité au même titre que d'autres.
01:05Et il ne saurait exister une légitimité de forme de racisme.
01:09Toutes les formes de racisme sont à condamner.
01:12On va déjà rappeler le contexte judiciaire.
01:15Je l'ai fait en deux mots avec vous, Paul Conge.
01:17Bonsoir, du service police-justice de BFM TV.
01:20Donc il y a ces témoignages qui sont recueillis par les juges.
01:24Le parquet n'en veut pas parce qu'il estime que ce n'est pas suffisamment étayé.
01:27Et maintenant, il y a ce que demandent les avocats de la défense.
01:29En deux mots, il y a eu un véritable revirement judiciaire dans ce dossier à la mi-juillet,
01:35alors que l'instruction était terminée.
01:36Les deux juges d'instruction décident d'élargir les chefs d'accusation dans l'affaire du meurtre de Thomas
01:41et de retenir la circonstance agrévante de racisme
01:44en raison notamment de possibles propos hostiles à la race blanche et à la nation française,
01:50requalification in extremis, qui se base quand même sur une quinzaine de témoignages.
01:54Et le parquet, en revanche, lui, avait fait une lecture différente.
01:56Il estimait que ses propos, selon lui, ont été très minoritaires,
02:01qu'il les avait évolués au fil du temps dans la bouche des témoins qui disaient de les avoir entendus
02:05et qu'on ne savait pas vraiment qui les aurait prononcés.
02:08Et ça, pour le parquet, ça ne permettait pas de retenir cette circonstance aggravante.
02:12Et donc, on a hier ces trois avocats de la défense
02:15qui décident de demander la récusation des deux juges d'instruction
02:18qui requalifient l'effet de cette façon-là
02:20parce qu'ils reprochent à ces juges surtout de retenir cette notion de racisme anti-blanc
02:24très tardivement, en plein été, après deux ans et huit mois d'enquête,
02:28alors qu'en fait, ces quinze témoignages qui font état de propos anti-blancs,
02:32ils sont au dossier depuis le tout début de l'enquête, depuis les premiers mois de l'enquête.
02:35Et les avocats soulignent qu'il n'y a pas eu d'investigation récente sur ce sujet
02:40et que les magistrats considéraient au mois de mai que l'instruction était terminée.
02:43Donc, ils s'étonnent de ce choix et ils demandent donc la récusation des juges.
02:46Bilel, Maître Bilel, Accard, avocat, est avec nous
02:49puisqu'il défend trois mises en examen dans l'affaire.
02:53Bonsoir, Maître Accard.
02:54Merci d'être en direct sur BFM TV.
02:56Vous demandez la récusation parce qu'ils vous gênent, ces témoignages,
02:59parce qu'ils peuvent faire basculer le dossier ?
03:02Alors, absolument pas.
03:03Nous, nous demandons la récusation des magistrats
03:05et ça a été expliqué assez justement par votre chroniqueur
03:07parce que nous considérons que la chronologie dans laquelle
03:10les magistrats instructeurs ont souhaité précipiter la fin de ce dossier,
03:13eh bien, elle était sujette à questionnement.
03:15Et en réalité, la seule démarche que nous avons, c'est de se demander
03:19pourquoi est-ce que, alors même que ces témoignages figurent dans le dossier
03:21depuis le début de l'instruction,
03:23vous avez deux magistrats instructeurs qui avaient rendu un premier avis de fin d'information.
03:26Ce que je veux dire par là, c'est que ces magistrats instructeurs,
03:28ils avaient considéré que le dossier était terminé.
03:30Eh bien, ça, c'était le 11 mai 2026.
03:33Or, vous avez une mise en examen supplétive au regard de cette circonstance aggravante
03:36qui arrive précisément le 17 juillet 2026,
03:39alors même que vous n'avez aucun élément d'instruction supplémentaire
03:42qui permette finalement d'abonder en ce sens.
03:45Et donc, la défense, elle fait simplement,
03:47elle exerce simplement ses droits en demandant à un magistrat indépendant,
03:52à savoir le premier président de la Cour d'appel,
03:53de se positionner sur la question de l'impartialité objective et subjective de ces magistrats.
03:58Oui, mais j'ai lu que si les qualifications,
04:00alors je pense sous votre contrôle et sous le contrôle de Paul Conge,
04:02mais si les qualifications racisme étaient retenues,
04:05ça pouvait aussi alourdir les peines en cas de procès et de condamnation.
04:09Vrai ou pas ?
04:10Évidemment, tout à fait.
04:11Ça fait passer la peine finalement de...
04:12Donc, il y a un enjeu pour vos clients ?
04:14Il y a un enjeu, mais ce n'est pas la seule boussole que nous avons.
04:17Nous avons simplement à cœur de faire respecter les droits de la défense
04:20et de faire en sorte que l'instruction, elle se passe dans des conditions satisfaisantes.
04:23Donc, effectivement, il y a un enjeu, ça, personne ne le dément.
04:26Mais en revanche, cette seule considération,
04:28elle ne suffit pas à cette démarche que nous avons engagée avec mes confrères.
04:32Oui, maître Hacker, ces témoignages, ils sont déjà au dossier.
04:35Alors, vous vous dites, vous parlez de calendrier.
04:37Mais s'il y a un procès, alors avec ces témoignages,
04:40s'ils ne tiennent pas, ils tomberont lors du procès.
04:43C'est là où j'ai du mal à vous suivre ?
04:47Simplement, si vous voulez, pour peut-être vous aiguiller un petit peu,
04:49ce qu'il faut quand même rappeler, c'est que l'instruction,
04:51elle doit se faire à charge et à décharge.
04:53Et or, en ne demandant pas effectivement cette récusation,
04:56la défense, finalement, elle se prive d'un recours
04:58qui est légalement prévu par les textes.
05:00Et de ce point de vue-là, cette privation n'a aucune raison d'être.
05:03Nous, nous avons des droits.
05:04C'est l'article 668 du Code de procédure pénale.
05:07Je vous rassure, la défense, elle n'a rien inventé.
05:09Elle demande simplement à ce qu'un magistrat,
05:11dont je le disais, le premier président de la Cour d'appel de Grenoble
05:14puisse se positionner sur la question de savoir
05:16s'il y a un motif de suspicion légitime vis-à-vis de ces magistrats instructeurs.
05:20Donc, effectivement, il y a un enjeu.
05:21Mais pour autant, nous, nous ne faisons qu'exercer les droits de la défense.
05:24Mais Maître Ricard, vous pensez juste simplement par cette explication,
05:28par la chronologie, le fait que ce soit tardif pour vous,
05:30ça suffit à dire que les magistrats instructeurs, du coup,
05:32auraient fait preuve d'impartialité ?
05:34Enfin, de partialité, du coup, qu'il manque d'impartialité ?
05:38Alors, pour être tout à fait clair, moi, je ne dis rien du tout.
05:40Je n'affirme rien de spécial.
05:41Je demande simplement à ce qu'on puisse poser cette question
05:44auprès de l'autorité compétente, à savoir le premier président
05:46de la Cour d'appel, et c'est lui qui tranchera.
05:48La défense, elle se pose des questions et elle pose ses questions.
05:51Elle n'affirme rien.
05:52Moi, aujourd'hui, je ne suis pas inconséquent,
05:54au point de venir vous dire qu'effectivement,
05:55ces magistrats sont impartiaux.
05:57Je considère qu'il existe une cause de suspicion légitime
05:59et je la fais valoir, c'est tout.
06:02Enfin, vous avez un doute, quand même.
06:04Exactement.
06:04J'ai un doute, mais pour autant, avoir un doute,
06:06ça ne suffit pas à affirmer de manière...
06:07Est-ce que vous pensez qu'ils sont orientés politiquement, ces juges ?
06:10Absolument pas.
06:11Alors non, là, vous allez...
06:12Non, mais je vous pose la question franchement.
06:14Oui, je vous réponds tout à fait franchement.
06:16Je ne le pense pas.
06:17Moi, simplement, ce que je me pose comme avocat indépendant,
06:20comme question, c'est celle de savoir pourquoi est-ce qu'à un moment déterminé,
06:23on a considéré que le dossier était en l'état, qu'il était terminé,
06:26et que ces témoignages, à ce moment-là, on les connaissait,
06:28et que quelques jours plus tard, quelques semaines plus tard,
06:31on change radicalement de position.
06:32Qu'est-ce qui s'est passé entre ces deux moments
06:34pour que vous ayez cette position radicalement opposée ?
06:38Et donc ça, c'est une question qui est légitime,
06:39et la défense, elle ne fait qu'exercer, encore une fois,
06:41les droits de la défense.
06:42Un dernier mot.
06:44Elles ont été prononcées, ces insultes anti-blancs, ou pas ?
06:48Alors, ce que je peux vous dire, c'est que dans le dossier...
06:50Est-ce que vous avez accès au dossier ?
06:52Oui, tout à fait.
06:52Ce que je peux vous dire, mais je crois que ça a été largement répété,
06:55c'est qu'il y a une infime minorité des témoins
06:57qui font état de propos à connotation raciale,
06:59et ce que le procureur de la République a mis en évidence en revanche,
07:02c'est que ces propos, ils sont minoritaires,
07:04ils sont parfois contradictoires sur le lieu,
07:07sur l'endroit où ils auraient été tenus,
07:08et qu'ils sont insuffisants à ce stade pour justifier,
07:11à mon sens, la circonstance aggravante de racisme.
07:13Je précise un dernier mot, et c'est important de le comprendre,
07:16c'est que la loi pénale, elle est d'interprétation stricte,
07:18c'est-à-dire que pour retenir cette circonstance aggravante,
07:21vous devez affirmer de manière absolument certaine
07:23que des propos ont été tenus.
07:25Or, au regard de ces éléments que je viens d'évoquer,
07:27on ne peut pas l'affirmer.
07:28Merci Maître Accard, avocat des trois mineurs
07:30mis en examen dans l'affaire de Crépole,
07:32merci de ces explications précises Paul Conge.
07:34Oui, simplement sur le nombre de témoignages
07:36qui font état de propos anti-blancs ou anti-français,
07:38il y a 16 témoins qui, dès les premiers jours de l'enquête,
07:42en ont rapporté, ce seraient des propos qui disent des choses de type
07:46« on est là pour tuer des blancs, on veut planter du blanc,
07:48on veut tuer du français, on voulait tuer des petits blancs ».
07:50C'est ce type de propos-là qui est répété dans la bouche
07:54de 16 témoins, dont 12 directs et 4 indirects.
07:58Bonsoir, M. Nicolique, merci d'être avec nous.
08:01Vous pensez qu'il y a une frilosité dans cette affaire,
08:04comme le dit Mme la maire de Romand-sur-Isère,
08:07du parquet, qu'on a peur de la vérité du racisme anti-blanc ou pas ?
08:11Il y a une décision qui est peut-être politique, c'est à craindre,
08:15parce qu'on regarde du nombre de témoins, 16, de la décision des juges d'instruction
08:22et de voir le parquet, vous savez, qui dépend du ministère de la Justice,
08:29décider au regard de ce que peuvent rapporter les 16 témoins,
08:32c'est-à-dire des propos comme « on est venu pour tuer des blancs,
08:36on va creuler des blancs », dire « il n'y a pas assez de témoins »
08:38et dire « il est trop difficile d'approprier les propos aux différentes personnes »
08:44alors que la Cour de cassation, en 2022, dans l'effet d'agression collective,
08:49comme ça a été le cas à Crépole,
08:53dit qu'il est possible de retenir une décision d'ensemble
08:58pour les individus qui sont venus de manière collective
09:00et non pas individualiser qui a dit quoi, par exemple,
09:05eh bien c'est une décision qui est du moins étrange.
09:08Et peut-être que cette décision, elle est dans un contexte
09:11où il y a une volonté de négation de propos qui sont…
09:14– Qui voudraient tout fesser.
09:15– Non, ce que je sous-entends, c'est peut-être que le parquet,
09:19le procureur, là, au regard des faits et des évidences
09:22– Il y a peur de la vérité.
09:23– Qui semblent nous parvenir au regard de ce qui ressort médiatiquement,
09:28ou il y a un de ces 16 témoins.
09:29Le sujet, c'est est-ce qu'il y a une volonté de dire
09:33que le racisme anti-blanc n'existe pas et donc on ne veut pas aller vers ça
09:36en évoquant des motifs qui ne semblent pas légitimes
09:40quand on regarde précisément quelles sont les raisons qui sont invoquées.
09:44Donc peut-être que la question peut se poser aussi.
09:46Vous savez que le ministre de la Justice, le garde des Sceaux,
09:49peut donner des instructions d'ordre général.
09:52Il ne peut pas se positionner sur des instructions individuelles.
09:54mais dire aujourd'hui que le racisme anti-blanc doit être pris en considération
09:59au regard du nombre de faits peut être, je pense,
10:02l'une des directions que doit prendre le ministère de la Justice.
10:05– Vous pensez qu'il y a instruction dans cette affaire ?
10:07– Si on prend, évidemment qu'on est en droit de s'interroger,
10:11il y a des individus qui viennent avec des couteaux
10:14qui disent on vient pour tuer des blancs, selon 16 témoins.
10:19Peut-être que d'autres, d'ailleurs ils disent qu'il n'y en avait pas assez le parquet,
10:21peut-être que d'autres sont plus éloignés et n'ont pas entendu.
10:24C'est aussi une des raisons qu'on peut peut-être expliquer
10:26sur ceux qui disent « je n'ai pas entendu ».
10:29Ils viennent, ils blessent au couteau une dizaine de personnes,
10:32c'est une agression collective.
10:34Quel est le motif quand eux-mêmes évoqueraient ce motif-là
10:37de « on est venu pour tuer des blancs ».
10:39– Abel Boyer ?
10:40– Alors, moi ce qui me gêne, déjà une pensée pour la famille de Thomas,
10:44qui doit être quand même dépité de voir à quel point
10:46on est en train de politiser la chose,
10:47et on confirme encore une fois qu'en France,
10:49on aime perdre du temps sur la forme pour avoir à mieux éviter
10:52de traiter le fond.
10:54Sur la question du racisme anti-blanc,
10:56c'est un petit peu le terme à la mode,
10:57je vais vous répondre de façon très globale.
10:58J'interviens beaucoup auprès des jeunes,
11:00et à chaque fois que je demande pour vous,
11:02est-ce que le racisme, il est uniquement dans un sens unique,
11:05100% des jeunes me répondent que le racisme peut aller dans tous les sens.
11:09Donc oui, une personne noire, arabe d'origine asiatique,
11:12peut être raciste d'une personne blanche,
11:14tout comme une personne blanche peut être raciste inversement,
11:16tout comme une personne noire peut être raciste d'une personne arabe,
11:19et vice-versa, c'est pas ça le problème.
11:20Par contre, paradoxalement, je réfute la terminologie de racisme anti-blanc.
11:24On lutte contre le racisme tout court.
11:26Parce que si on commence à sectoriser son racisme,
11:30ça donne des communications politiques comme quoi ?
11:32Comme francocide.
11:33Quand ça va être un noir ou un arabe qui tue un blanc,
11:35c'est un francocide.
11:36Quand ce sont deux Français noirs qui se tuent dans le cadre de Rix,
11:39ah là c'est le déferlement de l'invasion arabo-musulmane.
11:42Non, le racisme c'est le racisme.
11:44Par rapport à ce cas...
11:45Sauf s'il y a les paroles qui sont prononcées,
11:47s'il y a des témoignages.
11:47Oui, mais c'est le racisme.
11:49On parle du racisme.
11:50Je n'ai pas besoin de dire un racisme anti-blanc
11:52qui est en plus une expression qui a été mise en exerbe
11:55par un pan de la classe politique
11:58pour, comment dire, valoriser le fait de regarder ça existe
12:01et mieux étouffer les discriminations qui peuvent exister au quotidien.
12:04Si ces termes ont été tenus...
12:06Donc ce serait un crime raciste.
12:07Ce n'est pas un crime raciste anti-blanc, c'est juste un crime raciste.
12:09Mais si ces termes ont été tenus,
12:11effectivement que la circonstance aggravante doit être prise en compte.
12:14Mais on a un problème aussi avec une partie de notre jeunesse.
12:16se traiter de salle noire, salle blanche, salle arabe, salle asiatique,
12:20ça se fait beaucoup.
12:21Et aussi, il se trouve que dans la confusion des témoignages,
12:24il se trouve aussi, peut-être, je n'ai pas accès au dossier,
12:27qu'il y aurait un des jeunes à qui on aurait tiré les cheveux
12:30en le traitant de Chiquita.
12:31Ce qu'il veut dire ?
12:32En tout cas, c'est quelque chose qui est assez insultant.
12:35Chiquita, ça fait un nom un peu de singe ou autre.
12:37Moi, je n'ai pas accès au dossier.
12:38On est toujours dans la confusion des témoignages.
12:41Oui, mais en tout cas, c'était...
12:42Non, non, c'était par rapport à une chanson,
12:43parce qu'il y avait la chanson en même temps,
12:44et donc le terme avait été repris.
12:46Il faut être quand même précis et pas...
12:47Oui, d'accord, mais on aurait tiré les cheveux à quelqu'un.
12:49Je suis assez d'accord avec vous, M. Boïmé.
12:51C'est une chanson de Joule.
12:52C'est une chanson de Joule, exactement.
12:55Le problème, c'est que, justement,
12:57il y a cette forme de racisme qui est niée par certains.
12:59Moi, je suis d'accord avec vous.
13:00Je pense qu'il faut combattre, évidemment,
13:02toute forme de racisme,
13:03et on ne devrait pas créer un racisme différent.
13:05Mais aujourd'hui, on a cette volonté,
13:08de la part, malheureusement,
13:09de beaucoup de représentants politiques,
13:10d'obsession de la racialisation de la société.
13:12Vous le disiez avec des jeunes qui s'insultent,
13:14comme ça, dans les quartiers notamment,
13:15en ramenant l'identité à la couleur de peau,
13:17en racialisant l'identité des individus.
13:20Et moi, ce qui m'inquiète, effectivement,
13:22c'est quand je vois, par exemple,
13:24des élus de la France insoumise,
13:25comme Éric Coquerel,
13:26qui dit que dans le 93,
13:28les élus doivent avoir la même couleur de peau
13:29que les habitants.
13:30C'est une racialisation de la démocratie.
13:32Quand on entend parler de réunions non mixtes...
13:34Non, non, je ne veux pas déborder.
13:36Je veux dire qu'il est très dangereux, globalement,
13:38de racialiser la société,
13:39parce que ce n'est pas le modèle français.
13:41Je comprends ce que vous voulez dire.
13:42Et je finis.
13:43Quand on parle de raciser,
13:44c'est ce qui est devenu une habitude,
13:45aujourd'hui, par certains,
13:46qui prétendent combattre le racisme
13:48et qui déterminent l'identité des individus,
13:50justement, en la racialisant,
13:52en parlant de raciser et de non raciser.
13:54Pour moi, la couleur de peau,
13:55ça doit être comme la couleur des yeux,
13:56une caractéristique physique.
13:58Et ça ne doit pas intervenir
13:59en déterminant l'identité,
14:01surtout quand c'est pour dire ça à l'avant,
14:02comme c'est le cas là.
14:03Et ensuite, quand il y a des violences
14:05qui découlent, justement,
14:06de cette différence de racialisation d'identité.
14:08Alors, première chose,
14:09moi, je ne suis pas fan du terme raciser,
14:11mais je ne vais pas en vouloir
14:12à la personne qui l'utilise.
14:14Voilà.
14:14Moi, ce n'est pas ma sensibilité.
14:16Deuxièmement, quand Éric Coquerel
14:17dit que certains élus
14:19doivent ressembler à la population,
14:21c'est juste une question d'identification.
14:23Je suis désolé,
14:24les femmes, lorsqu'elles étaient
14:25peu visibles dans les médias,
14:27peut-être qu'elles se plaignaient.
14:28Lorsque les femmes ont été
14:30plus visibles,
14:30quand elles étaient peu visibles,
14:31maintenant, elles sont plus visibles.
14:32ça a fortifié des personnes
14:34et de voir des gens
14:35arabes, noirs, d'origine asiatique, blanches,
14:37peu importe,
14:38qui viennent d'un milieu social difficile
14:39accéder à des postes,
14:41ça devrait être un facteur de motivation
14:43de se dire que,
14:44peu importe d'où vous venez,
14:45par la méritocratie républicaine,
14:47vous pouvez y arriver.
14:47Moi, je ne parle pas du discours politique.
14:49Je ne suis pas là pour citer LFM.
14:50Par la méritocratie républicaine,
14:51M. Bouy.
14:52Oui, mais bien entendu,
14:52je finis, je vous ai laissé finir.
14:54Et troisièmement, je répète,
14:55ce que je n'aime pas
14:56avec la terminologie
14:57de racisme anti-blanc,
14:59c'est que c'est devenu
15:00un terme politique
15:01porté tendard,
15:02notamment porté par les partis
15:03d'extrême droite,
15:04pour dire, regardez,
15:05ça existe,
15:06et pour étouffer d'autres réalités.
15:07Aujourd'hui, le racisme anti-blanc,
15:09bien qu'il puisse avoir
15:10des conséquences,
15:12comme on l'a vu là,
15:13c'est du racisme tout court.
15:15Et dans le racisme,
15:16on est dans l'intersectionnalité.
15:18Qu'une personne subisse la chose,
15:21qu'elle soit noire, blanche, arabe,
15:22d'origine asiatique,
15:23c'est du racisme.
15:24Donc la terminologie
15:25de racisme anti-blanc
15:26qui est en train de devenir
15:27une marque en réalité.
15:29Une arme politique ?
15:29Exactement.
15:30Dans un pays comme la France
15:31qui est ultra majoritairement blanc,
15:33certains partis érichent cette terminologie.
15:35Si, parce qu'il faut voir
15:36les conséquences sur le terrain.
15:38Je ne parle pas de vous personnellement.
15:39Il y a des conséquences sur le terrain
15:41avec des manifestations entre Français
15:43qui se divisent justement.
15:45Vous avez des Français blancs
15:46qui disent,
15:46ouf, enfin,
15:47on dit que ça existe
15:48et vous avez des Français noirs,
15:49arabes, d'origine asiatique
15:50qui disent,
15:51ouais, mais moi,
15:51on veut faire oublier
15:52ce que je veux au quotidien.
15:53Or, les politiques,
15:54or, les politiques dignes de ce nom,
15:56ce qu'ils doivent faire,
15:56c'est unir.
15:57On est là pour lutter
15:58contre le racisme
15:59et les discriminations
16:00qui soient anti-blancs,
16:02anti-...
16:02Oui, mais vous avez beaucoup de gens
16:04qui disent aujourd'hui,
16:05et c'est une réponse à ça,
16:06qui disent,
16:07quand c'est contre des personnes blanches,
16:08ça ne peut pas être du racisme.
16:10Par exemple,
16:11est-ce que quand Delphine Ernotte,
16:12quand elle dirige
16:13le service public...
16:14Ça existe parce que c'est du racisme,
16:16il n'y a pas besoin
16:17de rajouter anti-blancs.
16:18Mais c'est ce que dit Abel Bouilly.
16:19Quand on s'en prend à des Blancs,
16:20que ce soit sur du racisme d'insulte,
16:22que ce soit sur des violences,
16:24ou quand c'est par exemple
16:25sur des emplois,
16:27même parfois au plus haut niveau.
16:28On avait vu Emmanuel Macron
16:29qui avait dit que Jean-Louis Borloo
16:30ne pouvait pas s'occuper,
16:31je crois, de l'ANRU
16:32parce que c'était un mâle blanc.
16:33Vous voyez,
16:34donc on se souvient
16:35Delphine Ernotte
16:36qui disait
16:36qu'il y avait trop de mâles blancs,
16:39de vieux mâles blancs
16:40depuis 50 ans.
16:41Donc catégoriser les gens
16:42et les choisir
16:43selon leur couleur de peau.
16:45Et je me souviens
16:45de Libération
16:46qui disait
16:46pourquoi le Tour de France
16:47est-il si blanc ?
16:48Il comptait les cyclistes
16:49selon la couleur de peau.
16:52Tout ça, évidemment,
16:53c'est du racisme global.
16:55Mais sauf que certains vont dire
16:57non, vous ne pouvez pas dire
16:58que c'est du racisme
16:58parce que ça touche les blancs.
16:59Et donc certains ont réponse,
17:00d'autres ont dit
17:01mais si,
17:02il existe aussi
17:03un racisme anti-blanc.
17:04Mais moi,
17:04je suis d'accord avec vous.
17:05Il devrait y avoir
17:05des condamnations très claires,
17:07d'ailleurs la loi le permet,
17:08pour le racisme global.
17:09Si vous me permettez de finir,
17:10il ne doit pas y avoir
17:11de différenciation.
17:12Delphine Ernot,
17:12ce n'est pas la même chose
17:13que ce qui s'est passé pour Thomas.
17:14C'est-à-dire qu'il y a une différence.
17:17En tant que politique,
17:18vous devez être visionnaire
17:19et chercher à résorber
17:20les fractures du pays.
17:21Bien sûr.
17:22Il y a un problème,
17:22effectivement,
17:23de représentativité aussi
17:25dans le milieu
17:25politico-économico-médiatique.
17:27Ça, c'est une réalité
17:28que vous ne pouvez pas nier
17:29avec des personnes
17:30qui ont l'impression
17:31peut-être à tort,
17:32peut-être à raison.
17:33Il faut en débattre
17:34que lorsqu'elles ne sont pas blanches,
17:35elles ont moins de chances
17:36de réussir.
17:37Et je le répète,
17:38peut-être à tort,
17:38peut-être à raison.
17:39Et il faut aller dessus.
17:40Comment est-ce qu'on fait
17:41sens commun et projet commun ?
17:43C'est un discours dangereux, monsieur.
17:44Parce que dans ce cas,
17:44on va dire qu'il n'y a pas
17:46assez de blancs
17:46en équipe de France de foot.
17:47Vous savez, moi,
17:48je ne vous coupe jamais la parole.
17:49Vous me coupez à chaque fois.
17:50Donc, on ne va pas
17:50commencer à s'invectiver.
17:51Vous ne pouvez pas dire
17:53que les discriminations
17:54n'existent pas.
17:55Et moi, je ne tombe pas
17:56dans le discours victimaire.
17:57Si on commence à compter
17:58par tous, c'est dangereux.
17:59Mais non, mais je suis désolé.
18:00On ne peut pas nier la réalité.
18:01Alors, Abel Bouilly
18:02et Alessandard Nicolique,
18:04si vous permettez,
18:06parce que là,
18:07ce débat que l'on a,
18:08on voit bien
18:08que depuis le drame de Clépaule,
18:12la mort de Thomas,
18:12il revient régulièrement
18:14tant que l'instruction
18:15n'est pas finie,
18:15que le procès n'a pas eu lieu.
18:17Et en plus, là,
18:18on arrive sur une campagne présidentielle.
18:21Donc, ce racisme anti-blanc,
18:23tous les politiques
18:24sur l'affaire de Thomas
18:25sont positionnés
18:26depuis plus de deux ans maintenant,
18:28Bruno Jeudy.
18:28Ça pourrit un peu le débat, d'ailleurs.
18:29Oui, alors,
18:30tous les politiques,
18:31c'est surtout deux camps politiques
18:33qui se sont positionnés.
18:34D'un côté,
18:34les partis issus
18:35de l'extrême droite
18:36et de l'autre côté,
18:37les filles,
18:38les partis d'extrême gauche
18:39qui se sont positionnés.
18:40Et on a eu,
18:41notamment,
18:42à travers Éric Zemmour,
18:44des formulations,
18:45des expressions
18:45qui ont valu condamnation
18:47pour l'ancien candidat
18:48à la présidentielle.
18:50Lui, c'était surtout,
18:51il avait exprimé
18:52qu'en gros,
18:52il y avait d'un côté,
18:53il y avait les deux Frances.
18:54Il a théorisé les deux Frances,
18:55la France de Thomas
18:56et la France de Chahid,
18:58Chahid qui est l'un des meurtriers
18:59présumés,
19:00je parle sous le contrôle de Paul,
19:02et qui lui a valu condamnation.
19:05Donc, on voit que cette affaire,
19:06elle a effectivement,
19:07elle a pris des proportions
19:08très importantes.
19:09Il faut dire que c'est aussi
19:10une affaire
19:11qui a beaucoup choqué l'opinion
19:13dans un village
19:14de Crépoles,
19:17une descente dans un bal,
19:18vous avez rappelé les faits
19:21et des propos racistes incontestables.
19:24On verra ce que décidera la justice.
19:27Il y aura l'audience.
19:28Il y a des accusations,
19:29vous voyez,
19:29de la part de la maire
19:30de Romain-Surizère,
19:31madame Thoraval,
19:32qui dit que le parquet est frileux,
19:34le parquet ne veut pas,
19:35on est dans le déni.
19:36Vous voyez,
19:37donc on voit bien
19:37qu'on instrumentalise aussi.
19:38Depuis le début,
19:39il y a un soupçon,
19:40c'est-à-dire qu'on pense
19:41que la justice ne va pas aller
19:42au bout de cette affaire
19:43et on voit bien
19:43que la justice,
19:44quand même,
19:44elle investigue,
19:45ça prend du temps
19:46et de toute façon,
19:47à la fin,
19:47comme dans tous les procès d'assises,
19:49il y aura une audience
19:49et on réentendra
19:50tous les protagonistes
19:52de l'affaire.
19:52Donc, d'une manière
19:54ou d'une autre,
19:54la justice passera
19:55et évidemment...
19:57Cet achat peut ressurgir
19:58dans la campagne ?
19:59Tous les avocats,
19:59on a entendu l'avocat
20:00de la défense.
20:03D'un des accusés.
20:03Évidemment,
20:04ce n'est pas tout à fait
20:04la même chose
20:04d'être envoyé au tribunal
20:06avec en plus
20:08un effet aggravant
20:09de racisme.
20:11Ça, c'est certain.
20:12Donc, l'avocat
20:13fait son boulot d'avocat.
20:15Donc, oui,
20:15cette affaire,
20:16elle a beaucoup pesé.
20:17Elle a beaucoup pesé
20:18aussi dans la perception...
20:20Elle va être utilisée
20:21pendant la campagne électorale ?
20:23Alors, je ne sais pas
20:23si elle sera utilisée
20:24pendant la campagne,
20:24mais il y a eu des affaires
20:26ces dernières années
20:26qui ont pesé.
20:27On voit, celle-ci,
20:28elle a pesé
20:28parce qu'elle incarne
20:30cette France
20:31de la ruralité
20:32qui se trouve confrontée
20:34à de l'immigration récente.
20:37Là, en l'occurrence,
20:38c'est Romand-sur-Isère
20:39avec une cité.
20:40De l'autre côté,
20:40village de Crépole,
20:42ambiance un peu rugby.
20:43Donc, elle est symbolique
20:44de France qui,
20:45comme le disait Gérard Collomb,
20:46sont plus côte à côte
20:47mais face à face.
20:48Donc, c'est ça
20:49qui a fait
20:50que cette affaire
20:50a pris une tournure
20:52très politique.
20:54Sans doute
20:54qu'elle reviendra
20:55d'une manière
20:55ou d'une autre
20:56dans la campagne.
20:57Est-ce qu'elle sera centrale ?
20:58Non, parce que le procès
21:00en assise
21:00est plutôt
21:01pour l'automne
21:022027.
21:03Donc, ça arrivera
21:04au moins,
21:05sans doute pas avant.
21:06Donc, ça arrivera
21:06bien après
21:09la présidentielle.
21:10Mais pendant,
21:11j'allais dire,
21:12ce dernier mandat,
21:14il y a
21:14deux, trois
21:15grands
21:16faits divers
21:17qui vont peser
21:19sur la campagne.
21:19De la même manière
21:20que l'affaire Liana,
21:21elle pesera sans doute
21:21aussi sur la campagne
21:22de ce qu'elle représente
21:23en symbolique,
21:24notamment avec
21:26une justice
21:27qui manifestement
21:29a failli
21:29dans l'enquête.
21:31Merci.
21:31C'est traduit
21:33par l'affaire
21:34de la mort
21:36de Liana
21:38assassinée.
21:39Merci, messieurs.
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