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  • il y a 2 jours
Chaque week-end, Brigitte Boucher vous accompagne de 22h à 00h dans BFM Grand Soir.

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00:00On poursuit l'actualité sur BFM TV avec les regards qui se tournent ce soir à nouveau vers la petite
00:06enclave espagnole de Ceuta, située en Afrique du Nord, à côté du Maroc.
00:10Une manifestation a lieu ce soir pour élever la voix contre cette situation.
00:14Alors il y a quelques jours, 72 000 Marocains, on le rappelle, suite à une rumeur sur les réseaux sociaux,
00:19avaient traversé la frontière.
00:21Ils ont quasiment tous rejoint à présent le Maroc.
00:24Romain Chauvet, on vous retrouve, vous êtes notre correspondant à Madrid.
00:27Les habitants manifestent ce soir à Ceuta contre l'arrivée d'éventuels nouveaux migrants.
00:33Oui absolument, et cette manifestation a débuté il y a plusieurs dizaines de minutes, aux alentours de 20 heures.
00:39On nous dit qu'il y a déjà des centaines et des centaines de personnes sur place.
00:42Alors c'est une manifestation qui a été organisée par différents groupes religieux, soutenus par différents partis politiques, syndicats, associations
00:50de quartiers.
00:51Le but ce soir pour eux, ça va être de montrer leur unité, la résilience de Ceuta face à cette
00:57crise migratoire qui touche ce petit territoire espagnol depuis plus d'une semaine maintenant.
01:02Mais on nous dit qu'ils vont également exprimer ce soir des revendications, parce qu'on a déjà entendu au
01:06cours des derniers jours que plusieurs d'entre eux se sentaient abandonnés de la part des autorités.
01:11Donc ils vont demander ce soir plus de moyens, plus de ressources, un renfort sécuritaire dans le centre-ville de
01:17Ceuta, mais également à la frontière avec le Maroc.
01:20Donc une manifestation qui se veut pacifique, même si on a envoyé sur place, il y a un fort dispositif
01:25policier, oui, sur place,
01:26parce qu'il y a déjà eu des manifestations au cours des derniers jours où il y avait eu certaines
01:31tensions.
01:32Romain, les chiffres des migrants qui seraient rentrés au Maroc, ce chiffre-là est contesté par le président de Ceuta
01:40?
01:41Oui, parce que le gouvernement espagnol dit que ce sont 72 000 migrants qui seraient rentrés au cours de la
01:47semaine dernière en quelques heures seulement à Ceuta
01:50et que la majorité d'entre eux, 70 000 de ces 72 000, seraient déjà retournés au Maroc.
01:55Alors si vous faites le calcul, il en resterait aux alentours de 2 000 dans ce territoire de Ceuta.
02:00Mais hier, le gouvernement local à Ceuta dit qu'il a plutôt eu des informations qu'il y en aurait
02:05entre 8 000 et 11 000 toujours présents à Ceuta,
02:08dont plusieurs centaines de mineurs non accompagnés.
02:12Il y en a au moins 1 300 de ces mineurs-là qui se sont enregistrés auprès des autorités.
02:17Alors les autorités locales à Ceuta, les ONG qui disent qu'elles n'ont pas les ressources pour faire face
02:22à l'afflux de toutes ces personnes-là.
02:24Et ce sont des craintes qui sont de plus en plus vives parce qu'il y a toujours ces rumeurs
02:28qui circulent sur les réseaux sociaux
02:30et qui appellent à nouveau à traverser cette frontière du Maroc vers Ceuta la semaine prochaine vers le 15 août.
02:36Merci Romain Chauvet pour toutes ces précisions.
02:39Élise Phillips, effectivement, les réseaux sociaux jouent un rôle clé dans cette traversée de migrants.
02:45Exactement et effectivement, c'est une rumeur qui circule sur les réseaux sociaux, notamment Facebook et Libération qui mentionnent cette
02:54date du 15 août.
02:55Nos confoirs de Check News à Libération ont pu infiltrer certains groupes sur les réseaux sociaux
03:00et ont vu que la date du 15 août était évoquée comme date à laquelle potentiellement l'Espagne pourrait rouvrir
03:08sa frontière de manière temporaire entre 10h et 23h.
03:12C'est une information qui, bien évidemment, est fausse, mais elle est massivement relayée.
03:17Et donc, il y a cette question, est-ce que la semaine prochaine, dans quelques jours, on va avoir un
03:20nouvel afflux de migrants ?
03:22Les autorités espagnoles sont au courant que ces rumeurs circulent.
03:25Le gouvernement espagnol a fait un démenti, a dit que ces informations étaient fausses,
03:29mais il y a un faux communiqué du gouvernement espagnol qui circule aussi sur les réseaux sociaux.
03:34Donc, on voit effectivement que ces vagues migratoires, comme celles qu'on a vues fin juillet,
03:38sont alimentées par ces rumeurs sur les réseaux sociaux, WhatsApp, etc.
03:42Et d'ailleurs, la Commission européenne a discuté avec ces plateformes pour les inciter à lutter contre la désinformation.
03:48Merci, Alice Phillips.
03:50Patrick Martin-Jeunier, vous êtes avec nous, spécialiste des questions européennes et enseignant à Sciences Po.
03:55Ceuta, c'est l'Eldorado espagnol pour les Marocains ?
04:00Oui, bien sûr, parce que vous savez, il y a des milliers et des milliers de jeunes qui n'ont
04:04pas de perspective au Maroc.
04:06Le Maroc est un pays très dynamique.
04:07On investit beaucoup, considérablement, notamment dans les voies de chemin de fer, dans les industries, dans les ports.
04:12Mais malheureusement, les jeunes n'ont pas de perspective.
04:15Il y a le chômage, le salaire est très très bas.
04:18Il y a des grosses difficultés, notamment pour les jeunes, les jeunes mineurs.
04:22Donc effectivement, Ceuta, l'Europe, l'Espagne apparaissent en effet comme un Eldorado.
04:28Et ceux-là, ils y sont incités depuis longtemps pour fuir avec l'illusion qu'ils auront une vie meilleure
04:34à Ceuta.
04:34Et on s'aperçoit malheureusement que c'est extrêmement risqué.
04:37N'oublions pas non plus, cela n'a pas été évoqué, les différents gangs criminels qui incitent au passage, non
04:44seulement à Ceuta,
04:45mais aussi à traverser la Méditerranée pour avoir une vie meilleure.
04:49Et donc, c'est ça la difficulté aujourd'hui. Il faut renforcer la coopération policière entre l'Espagne et le
04:56Maroc,
04:56mais aussi traiter de façon urgente cette crise humanitaire.
05:00Et moi, je suis choqué de voir que Ceuta, les autorités de Ceuta n'ont pas suffisamment les moyens pour
05:06venir en aide
05:06à tous ces jeunes mineurs non accompagnés, dont a parlé votre correspondant, dont beaucoup ont subi des agressions sexuelles.
05:14Donc c'est très important. Il faudrait que l'Europe achemine des moyens,
05:18que le Premier ministre Pedro Sanchez aboutisse également et vienne avec d'autres moyens pour traiter cette crise humanitaire.
05:25Et d'ailleurs, dans son pays, on n'est pas très contents parce qu'on réclame du Premier ministre
05:29qu'il vienne s'expliquer devant le Congrès espagnol, donc le Parlement espagnol, sur cette crise.
05:35Donc oui, il y a une insuffisance de moyens.
05:38Mais je regrette que l'Europe n'ait pas non plus donné des moyens tels que des hôpitaux mobiles
05:43parce qu'il y a effectivement entre 1 500, 2 000, voire plus de jeunes marocains, marocaines qui sont là
05:49-bas,
05:49qui subissent des agressions sexuelles et qui, en même temps, sont malades,
05:53commencent à avoir des maladies qui sont liées à leur pauvreté, à la saleté.
05:57Et donc, il faut les soigner. Et ça, on les laisse à l'abandon.
06:00Je trouve ça particulièrement scandaleux.
06:02– Alors, en tout cas, cette crise à Ceuta, elle a provoqué une crise diplomatique entre l'Italie et l
06:07'Espagne
06:07qui, tour à tour, ont fermé leurs frontières, ont renforcé en tout cas les contrôles vis-à-vis des Italiens
06:12et des Espagnols.
06:13Une forme de suspension de l'accord de Schengen.
06:16Est-ce que c'est, pour les conditions qui existent aujourd'hui, est-ce que c'est acceptable ?
06:22– Non, cette décision de suspension, d'ailleurs, n'a pas lieu d'être
06:25parce que ce n'est pas à Mme Meloni en Italie de suspendre un traité international.
06:30Elle peut, en effet, selon le règlement d'application Schengen de 2016, renforcer les contrôles aux frontières.
06:36Il y a deux conditions. Il faut qu'il y ait une atteinte à la sécurité nationale, un risque pour
06:41l'ordre public.
06:42Écoutez, pas un seul migrant de Ceuta n'est arrivé en Italie.
06:46Et donc, il n'y avait pas de risque que ces migrants traversent.
06:50Et donc, il y a eu des... Effectivement, elle a pris cette décision pour des raisons purement politiques,
06:54voire politiciennes, pour montrer, notamment à la droite,
06:58parce qu'aujourd'hui, elle est menacée sur sa droite, pour montrer également, sans doute, à Donald Trump
07:02qu'elle était capable de maîtriser ses frontières.
07:04Mais n'oublions pas que Mme Meloni a pris un décret pour régulariser entre 450 et 500 000 migrants
07:12entre 2026 et 2028.
07:15Donc, c'est d'une grande hypocrisie.
07:17Il n'y avait pas de menace à l'ordre public.
07:19Donc, elle pouvait renforcer ses contrôles aux frontières.
07:22Mais elle n'a pas la possibilité, en effet, de suspendre Schengen,
07:26ce qui explique les mesures de rétorsion du Premier ministre espagnol, M. Pedro Sanchez.
07:31Le riguna, c'est ce qu'on reproche aussi à Pedro Sanchez,
07:33d'avoir régularisé 500 000 migrants irréguliers.
07:39Est-ce que c'est tout à fait... On peut mettre tout à fait sur le même plan
07:42les régularisations en Italie et en Espagne ?
07:46Il y a dans tous les cas, effectivement, un besoin économique qui se fait sentir.
07:51S'il y a eu cette régularisation en Italie et en Espagne,
07:54effectivement, c'était une demande économique.
07:56Après, la différence, me semble-t-il, c'est que je crois qu'en Espagne,
08:00c'était des gens qui étaient là quand même depuis un certain temps.
08:02Il fallait justifier une présence, je crois, depuis un certain temps en Espagne
08:04pour pouvoir demander ce visa-là.
08:07Après, il y a un rapport aussi un peu différent.
08:09En Espagne, on est beaucoup sur une immigration venant d'Amérique latine,
08:12notamment de pays, le Venezuela, etc.
08:14où il y a eu des millions de gens qui sont partis.
08:16Donc, on est sur des problématiques un petit peu différentes.
08:18Mais par contre, effectivement, il est possible que ces 100 000
08:23aient donné l'impression à une partie de la population au Maroc
08:26qu'il y avait une espèce d'appel d'air, qui n'avait pas de lieu d'être.
08:30Je rappellerai juste un chiffre.
08:32Dans un sondage, 50 % des jeunes marocains envisagent l'émigration.
08:36Donc, c'est effectivement, quoi qu'il arrive,
08:38il y aura toujours cette pression de gens qui voudront simplement un avenir meilleur.
08:42– Le débat politique, c'est avec vous, Laurence Saillet.
08:45Vous êtes ancienne députée européenne Les Républicains face à Jérôme Gage.
08:49Bonjour, vous êtes députée socialiste et apparentée de Lesson,
08:51candidat à la présidentielle de 2027.
08:53Laurence Saillet, est-ce qu'effectivement, c'est cette politique menée par Pedro Sanchez
08:58qui fait qu'aujourd'hui, on se dit qu'il y a peut-être des conditions meilleures
09:03qui pourraient arriver en Espagne ?
09:06– Alors moi, je pense que toute annonce de régularisation ne va pas dans le bon sens
09:10parce que ça encourage, évidemment, que ce soit chez Mme Mélanie ou M. Sanchez,
09:15ça encourage l'immigration, ça donne des signaux négatifs ou positifs,
09:20justement, pour les migrants.
09:21Mais depuis 2005, Ceuta et Melilla subissent des assauts migratoires.
09:26Et à chaque fois, à chaque drame, on dit qu'on va renforcer,
09:30mais c'est un vrai sujet de fond structurel, de par la position, justement, de ces enclaves.
09:36Et ce sujet-là, il est traîné d'année en année et beaucoup semblent le découvrir aujourd'hui.
09:41Alors que c'est très documenté.
09:44Moi, j'ai vécu en Espagne, j'ai fait de la politique en Espagne,
09:46j'ai travaillé sur la coopération franco-espagnole dans la lutte contre le terrorisme.
09:50Et les enclaves de Ceuta et Melilla sont des vrais sujets.
09:53Et l'on sait que ce n'est pas l'objectif d'aller à Ceuta.
09:57C'est un lieu de transit.
09:59Certes, il y a un contrôle pour sortir de Ceuta,
10:02mais il y a des transits illégaux qui se font par les ferries, dans les camions.
10:06Et ce n'est qu'un point de passage.
10:08L'objectif de tous ces dizaines de milliers de migrants,
10:12ce n'est pas de s'arrêter à Ceuta.
10:14C'est quoi ? C'est la France ?
10:15C'est l'Europe.
10:16C'est l'Europe, l'Espagne, puis l'Europe.
10:18Et oui, il y a, contrairement, c'est les deux seuls endroits dans l'espace Schengen
10:22où il y a des contrôles à la sortie pour aller, justement.
10:25Mais ces contrôles, déjà, ne sont pas toujours opérationnels.
10:29Et il y a énormément de transit, malgré tout.
10:31Et ça fait des années que ça dure.
10:33Donc quand on nous dit, ne vous inquiétez pas, ils vont arriver à Ceuta,
10:36ils repartent, ou alors ils vont rester sur place.
10:38C'est faux.
10:39Croyez bien que l'objectif de ces jeunes gens, ce n'est pas d'aller à Ceuta.
10:43C'est d'aller sur le continent européen, par l'Espagne, puis dans les autres pays de Schengen.
10:48Jean Gage, c'est votre avis aussi ?
10:51D'abord, moi, je veux dire que je trouve indécent le comportement d'un certain nombre de responsables politiques européens
10:57et singulièrement en France, à droite ou dans l'extrême droite,
11:01qui immédiatement ont cherché à expliquer ce qui s'était passé à Ceuta
11:06par la décision de Pedro Sanchez de régularisation.
11:10Et en effet, vous l'avez précisé, pour l'essentiel et pour la quasi-totalité de migrants installés
11:18depuis plus de trois années sur le territoire espagnol
11:21et venant pour la quasi-totalité de l'Amérique du Sud, des Uruguayens, des Colombiens, des Vénézuéliens,
11:28et ce faisant en réponse à une demande du tissu économique
11:33et notamment des entrepreneurs, des employeurs, des chefs d'entreprises espagnoles
11:39qui y voyaient un double avantage, avoir une main-d'œuvre légale
11:44pour pouvoir des postes dans des secteurs où, compte tenu de la démographie espagnole,
11:49il y a des métiers en tension dans les secteurs du tourisme, dans le secteur de la restauration,
11:53dans l'agriculture, dans la construction.
11:57Et d'ailleurs, Madame Mélanie, elle est confrontée à la même situation.
12:00La petite précision qu'on peut apporter pour que tout le monde comprenne bien,
12:03en effet, M. Pedro Sanchez, lui, il a fait une régularisation
12:06pour des gens qui étaient déjà présents sur le territoire.
12:10Donc, en gros, on peut dire que c'est une régularisation de sans-papier.
12:12Et qui est aussi un levier de la croissance économique en Espagne
12:17parce que ces personnes régularisées cotisent au système de sécurité sociale,
12:22consomment et participent de la dynamique que l'Espagne connaît.
12:28Chez Mme Mélanie, c'est différent.
12:29Chez Mme Mélanie...
12:30Je pourrais peut-être être régularisée.
12:32Oui, mais l'idée, c'est plus d'aller en Espagne qu'en Italie.
12:34L'explication indécente et l'espèce d'alalie qui est tombée sur Pedro Sanchez
12:38en disant que ce qui se passe à Ceuta, c'est la conséquence de cette mesure.
12:41D'abord, c'était faux factuellement, puisque la mesure de régularisation,
12:44elle s'arrêtait au 30 juin.
12:46Donc, il n'y a pas de possibilité.
12:47Et que le discours de l'appel d'air ne fonctionne pas.
12:50Pardon de le dire.
12:51Ceuta, ça a été très bien dit par votre correspondant à Madrid
12:56ou dans les débats qui ont précédé,
12:58il n'y a pas une personne qui est passée ces derniers jours
13:03qui a foulé le sol.
13:07Mais vous croyez qu'ils allaient rester à Ceuta ?
13:10Vous savez, non, je ne suis pas dupe.
13:12Il y a l'espérance.
13:14Ceuta, c'est tout petit, c'est 85 000 habitants.
13:16Donc, l'idée de penser que c'est un Eldorado
13:19qui permet de rentrer dans l'Europe, c'est faux.
13:21Pedro Sanchez, et avec l'appui de l'Union européenne...
13:24Laurent Saillet, il pense qu'effectivement, l'idée, c'est d'aller dans l'Union européenne
13:27et de gagner d'autres pays.
13:29Si la question est de savoir, est-ce que des millions de personnes
13:32vivant sur le continent africain, et notamment dans les pays du Maghreb,
13:36rêvent de fouler le sol européen ?
13:38Évidemment que c'est le cas.
13:40Est-ce que c'est open bar ?
13:42Ce n'est pas le cas.
13:43Les contrôles qui sont effectués,
13:45les moyens que Pedro Sanchez a mobilisés
13:47font que cela ne sont pas vus.
13:49Donc, l'espèce d'exagération, d'instrumentalisation,
13:53l'utilisation du terme de submersion...
13:55Les images, évidemment, sont impressionnantes,
13:56mais parce que des gens ont pensé que ces gens-là
13:58allaient rentrer immédiatement en Europe.
14:00Et moi, je veux quand même, parce que depuis tout à l'heure,
14:02on parle de toute cette situation,
14:04tous les jours, il y a des personnes qui tentent de franchir
14:06la Méditerranée avec des milliers de morts.
14:08Ce qui s'est passé ces derniers jours, c'est au moins 141 morts.
14:10Et ça, on ne peut pas regarder ailleurs et se dire
14:13que c'est un dégât collatéral de cette aspiration
14:16d'une partie des gens à venir sur le territoire européen.
14:21Vous pouvez pleurer ces morts,
14:23mais ceux qui créent ces morts,
14:25ce sont les gens qui leur donnent l'illusion
14:27qu'ils vont pouvoir aller sur le continent européen
14:30et qu'ils vont pouvoir vivre mieux.
14:31Mais personne, personne.
14:32Hormis les filières de passeurs qui entretiennent cette illusion,
14:35il n'y a pas d'appel d'air qui est fait pour dire
14:39que vous allez pouvoir venir sur le territoire européen.
14:41L'espoir d'être régularisé, ça n'en est pas un ?
14:42L'espoir de pouvoir être régularisé si on est sur le sol espagnol ?
14:45Mais pas quand la règle est ainsi formulée.
14:47Trois années d'installation sur le territoire,
14:50une priorité donnée aux personnes hispanisantes
14:53qui parlent espagnol.
14:55Justement, madame, racontez tout à l'heure
14:56la manière dont sont propagées les fake news.
14:59Vous vous doutez bien qu'ils n'ont pas la véritable information.
15:02Mais moi, je n'en veux pas particulièrement
15:05aux gouvernants espagnols.
15:07Je vous dis que c'est depuis 2005 que cette situation, elle existe.
15:10Donc, ce n'est pas lui en particulier.
15:11Mais d'ailleurs, elle n'est pas propre à l'Espagne.
15:13Quand madame Mélanie a été confrontée à Lampedusa
15:17avec un afflux...
15:18C'est juste pour dire, voyez que deux gouvernements
15:21de couleurs politiques très différentes
15:23ont confronté les mêmes situations.
15:24On a plus besoin de solidarité européenne
15:27que de chercher à secouiller la tête.
15:31Je suis d'accord avec vous.
15:32C'est la solidarité européenne
15:33qui permettra de lutter contre ça.
15:36Simplement, ce que je ne veux pas,
15:37c'est laisser penser qu'il y a une instrumentalisation
15:40des images et qu'on doit être offusqué.
15:42Quand on a entendu M. Bardella ou Mme Le Pen,
15:45et je sais que vous ne partagez pas leur position,
15:48il y avait justement cette idée de dire,
15:49et d'ailleurs ce qu'a fait Mme Mélanie,
15:51de dire qu'il faut suspendre Schengen.
15:52Au contraire, Schengen, c'est ce qui permet
15:54de pouvoir réguler.
15:56C'est la solution.
15:56Je pense que la vérité est au milieu.
15:59Premièrement, on ne devrait pas pouvoir,
16:01parce que malgré tout, je maintiens
16:02que ça provoque des appels à la migration,
16:05on ne devrait pas pouvoir annoncer
16:07des séquences massives de régularisation,
16:09que ce soit en Italie ou en Espagne,
16:11à partir du moment où on est dans un lieu commun
16:14qui s'appelle l'espace Schengen.
16:15Et ça, je pense que c'est quelque chose à réfléchir,
16:18d'empêcher les pays de prendre des décisions unilatérales,
16:21de régularisation massive.
16:22Mais ça s'appelle la souveraineté des Etats.
16:25Et deuxièmement, monsieur, si vous me permettez,
16:27là où je vous rejoins,
16:29c'est que la solution, elle est européenne.
16:30Vouloir exclure des pays de l'espace Schengen,
16:32ça n'a aucun sens.
16:34Sinon, arrêtons l'Europe.
16:35Soyons notre petite France tout seul et très faible.
16:38Enfin, je veux dire, c'est complètement ridicule.
16:39Mais les gens qui disent ça, vous savez,
16:41ils ne travaillent même pas à leur dossier.
16:42Parce que s'ils réfléchissent un petit peu plus
16:44à tout ce que ça induit derrière
16:47au niveau de la vie européenne,
16:49je pense que, moi, la seule chose
16:51que j'ai envie de vous dire ce soir,
16:52c'est qu'il faut arrêter de penser
16:54que cette crise, elle est là,
16:56elle arrive là et que ça va s'arrêter.
16:57Non, ça fait des années que ça dure,
16:59ça fait des années que c'est un vrai sujet en Espagne
17:01et qu'il faut vraiment maintenant trouver les moyens.
17:04Et qu'en plus de tout ça,
17:05effectivement, il faut expliquer aux migrants
17:07que l'Europe et la France
17:09n'ont plus les moyens d'assumer
17:11si vous voulez leur arrivée.
17:13Regardez, 50% des Marocains veulent venir.
17:16Mais il faut avoir un signal fort.
17:19Et en disant qu'on va régulariser les gens...
17:20Alors c'est quoi ce signal fort ?
17:21Le signal fort, c'est de dire que
17:23ce qui a été fait là,
17:25vous arrivez, vous repartez.
17:26Vous repartez.
17:27Immédiatement.
17:28Et le problème des mineurs,
17:29c'est un très grave problème
17:30parce que déjà,
17:31l'évaluation de l'âge,
17:32qui est un peu plus organisée en Espagne
17:34qu'en France,
17:34ils sont un peu plus pointus sur le sujet.
17:36Mais quand vous avez des jeunes
17:38de 16, 18, 20 ans,
17:40vous savez, les tests osseux,
17:41ça a deux ans de...
17:42Donc vous avez tous ces jeunes
17:44qui sont là
17:44et qui, eux, par contre,
17:46vont rester sur le continent.
17:47Vont rester dans l'espace.
17:48Mais ce que dit Laurence Saillet
17:51et ce que disent aussi
17:52Edouard Philippe et Gabriel Attal,
17:54c'est de dire effectivement
17:55qu'on ne peut pas décider seul
17:57de régularisation aussi massive
17:58dans un État.
18:00Est-ce qu'il faut, là,
18:01adapter les règles européennes ?
18:02Alors là,
18:03ça veut dire que
18:04les questions de politique migratoire
18:06deviendraient dans chacun des États
18:08des compétences, justement,
18:10qui ne seraient plus souveraines
18:11décidées par chacun des États
18:12et seraient une compétence communautaire.
18:14Je ne suis pas convaincu
18:15que ce soit la bonne manière
18:16d'appréhender les choses.
18:17En France,
18:18qu'on le dit,
18:19qu'on le crie sur les toits ou pas,
18:21il y a chaque année,
18:22ça s'appelle des admissions
18:23exceptionnelles au séjour,
18:25c'est donc des régularisations
18:26de personnes
18:27qui attestent d'une intégration
18:29par l'emploi,
18:30par la formation
18:31sur le territoire national
18:33et il y a 40 à 50 000 personnes
18:35qui, chaque année,
18:36sont régularisées
18:37et vous savez,
18:38nous les connaissons tous.
18:39Ce sont des personnes
18:40qui font la plonge
18:42dans les restaurants
18:42dans lesquels nous allons
18:44de temps en temps,
18:45sont sur les chantiers
18:46et parfois y compris
18:47sur des chantiers publics
18:48et que donc,
18:49mieux vaut régulariser des gens
18:50que ces employeurs,
18:52encore je le redis,
18:53du bâtiment,
18:53de l'agriculture.
18:54Et qu'est-ce que vous faites
18:54de tous ceux
18:55qui ne travaillent pas ?
18:57Je vais vous dire les choses.
18:59Qui sont là
18:59de manière irrégulière,
19:00qui dorment dans des tentes,
19:02qui dorment dans les rues,
19:03qui n'ont rien.
19:04Est-ce que vous voulez
19:05qu'ils restent sur le territoire ?
19:06Je vais vous dire.
19:07Sur ce plateau,
19:07il y a quelques jours,
19:08j'ai poussé
19:09un petit coup de gueule
19:10en disant que là
19:11où je voyais
19:12des responsables politiques
19:13de droite et d'extrême droite
19:15venir immédiatement
19:16se ruer sur le sujet,
19:18je leur ai dit
19:18que ce ne sera pas
19:19la bonne manière
19:19d'appréhender
19:20la question de l'immigration.
19:21Elle va être
19:21dans les enjeux électoraux.
19:23C'est un sujet
19:24sur lequel il faut
19:25que les Français
19:25puissent se prononcer.
19:26Le débat, il est assez clair,
19:27c'est l'immigration choisie.
19:28Est-ce que vous êtes d'accord
19:29avec ça ?
19:29Moi, je revendique
19:31le concept
19:31d'une immigration planifiée.
19:34C'est-à-dire que
19:34nous sommes en capacité...
19:39Planifier l'immigration,
19:41c'est de dire
19:41que pour réussir
19:42l'intégration
19:42qui est en aval
19:44absolument indispensable,
19:46il faut qu'on planifie,
19:47on régule,
19:48on organise.
19:49On régule pour protéger
19:50les secteurs économiques
19:51concernés,
19:53pour protéger
19:53les personnes
19:54elles-mêmes
19:55qui sont dans l'immigration.
19:56Je ne suis pas
19:58pour l'ouverture
20:01des frontières,
20:01mais je ne suis pas
20:02pour entretenir
20:03le leur de l'immigration zéro.
20:05Nous continuerons
20:06à avoir des besoins
20:07d'immigration.
20:08Et pour répondre
20:08à votre question,
20:09que font-ils ?
20:10Moi,
20:11plutôt que la préférence nationale
20:12que déploie l'extrême droite,
20:14je déploie le concept
20:15de préférence travail.
20:16C'est la droite,
20:16c'est l'extrême droite.
20:17Je ne parle pas de vous,
20:18évidemment.
20:19Plutôt que la préférence nationale
20:20qui dit
20:21personne,
20:22je déploie le concept
20:23de préférence travail.
20:24C'est-à-dire que
20:24nous planifions l'immigration
20:26à partir des besoins
20:27qui sont ceux
20:28des secteurs
20:29qui sont en tension.
20:30On sanctuarise évidemment
20:31l'asile
20:32ou le regroupement familial.
20:35C'est de considérer
20:36qu'il y a des métiers
20:37qui devraient absolument
20:38être faits par des immigrés.
20:39Vous voyez,
20:39cette vision-là,
20:40elle n'est absolument
20:41pas humaniste.
20:42Parce que quand on dit
20:43qu'il faut régulariser des gens
20:44pour le travail
20:45que des Français
20:46ne veulent pas faire,
20:46ce n'est pas normal.
20:47Quelle considération
20:48avez-vous pour les immigrés ?
20:49Vous considérez
20:50qu'ils peuvent avoir
20:51les pires jobs
20:52parce qu'ils devraient
20:53l'accepter.
20:53Donc vous voyez,
20:54le concept même,
20:55et c'est là
20:55ce qui nous différencie énormément,
20:57c'est que moi,
20:58je considère qu'aujourd'hui,
20:59il y a 8,3%
21:00de chômage en France.
21:01Il y a énormément
21:02de Français
21:03et d'étrangers
21:04qui sont déjà
21:04sur le territoire
21:05et qui ne travaillent pas.
21:07D'accord ?
21:07Donc déjà,
21:08permettons aux Français
21:09et à ceux qui sont
21:10sur le territoire
21:11de travailler.
21:11Tous ceux qui sont rentrés
21:12illégalement,
21:13ils doivent ressortir
21:14car si vous donnez le signal,
21:16vous pouvez rentrer illégalement.
21:17Ne vous inquiétez pas,
21:18vous allez trouver un travail
21:19et on va bien voir
21:20comment ça va se passer.
21:21Les gens vont prendre
21:22au départ un contrat
21:23et puis une fois
21:23qu'ils seront régularisés,
21:25ils ne vont pas repartir.
21:26Une fois que vous êtes
21:27sur le territoire,
21:27vous ne repartez plus.
21:29Vous voyez bien
21:30que le Maroc,
21:31les OQTF,
21:31on ne retourne pas
21:32à l'Algérie.
21:33Donc il faut trouver
21:34le moyen déjà
21:35de bloquer les entrées.
21:36Il y a eu assez d'entrées.
21:38Il n'est pas une question
21:39de faire venir
21:40des gens supplémentaires
21:41et en plus
21:42de continuer
21:43et d'essayer.
21:44C'est illusoire
21:45de dire bloquer les entrées
21:46vu l'ampleur
21:47des frontières terrestres
21:48ou même maritimes.
21:49mais heureusement
21:49qu'on a encore
21:50quelques illusions en politique
21:51sinon on devrait
21:51tous arrêter.
21:52Et par ailleurs,
21:53ceux qui sont
21:54en situation irrégulière
21:56et qui sont dans des pays
21:57avec lesquels
21:58nous sommes en discussion
21:59pour reprendre
22:00leurs OQTF,
22:01il faut mener,
22:02ça je l'ai toujours dit
22:03à la droite,
22:03quand il disait
22:04nous au pouvoir
22:04ne vous inquiétez pas
22:05on va virer
22:05tous les OQTF.
22:06Ce n'est pas comme ça
22:07que ça se passe.
22:08Vous n'allez pas mettre
22:08les gens dans l'avion
22:09et les jeter dans l'air.
22:10Voyez ce que je veux dire.
22:11Et donc il faut absolument
22:12mettre la pression
22:13sur ces pays.
22:14Il faut que les pays
22:15acceptent d'en donner.
22:15Mais ça, ce dialogue-là,
22:17il faut qu'il soit repris
22:18avec l'Algérie
22:19parce que dans le rapport
22:21de force,
22:21on n'est pas gagnant,
22:22je vais vous dire,
22:23tous ceux qui ont voulu
22:23faire un rapport de force,
22:24ce sont des sources
22:25de renseignements
22:26pour le terrorisme,
22:27l'Algérie et le Maroc.
22:28C'est très important.
22:29À chaque fois qu'on est
22:30en conflit avec eux,
22:31on a des problèmes sécuritaires.
22:33Donc l'Algérie et le Maroc,
22:34nous devons travailler
22:35et œuvrer
22:36pour qu'ils reprennent
22:37leurs OQTF.
22:38Par la diplomatie,
22:39par la négociation ?
22:40Il n'y a pas de choix.
22:41La question m'a été posée
22:42de qu'est-ce que c'est
22:43que cette immigration planifiée ?
22:45Et je réponds
22:46sur deux sujets
22:47que vous avez levés.
22:48Le premier,
22:49c'est de dire
22:49qu'on ne recourt pas
22:51à de l'immigration
22:52dans des secteurs en tension
22:53tant que ceux-ci
22:54n'ont pas amélioré
22:56les conditions de travail
22:57et notamment
22:57les conditions salariales
22:59pour justement éviter
23:00l'écueil de dire
23:00en gros,
23:01on fait venir des immigrés
23:02pour prendre les boulots
23:04que les Français
23:05ne veulent pas.
23:06C'était ce que,
23:08remontons,
23:09Jean Jaurès
23:10dans un discours célèbre
23:11en 1888
23:12avait défendu
23:13cette idée
23:13d'un socialisme douanier
23:14qui consiste
23:15à ce que précisément
23:16il n'y a pas une pression
23:17à la baisse des salaires
23:18avec une main-d'œuvre étrangère.
23:20Donc la planification,
23:21c'est de dire
23:22aux secteurs en tension concernés,
23:23l'hôtellerie,
23:25la restauration,
23:26le bâtiment,
23:26l'agriculture
23:27ou les services
23:28que j'ai déjà mentionnés,
23:29si vous indiquez
23:31que vous avez des besoins
23:31de main-d'œuvre
23:32et notamment étrangères,
23:33au préalable,
23:34il faut d'abord
23:35que vous ayez
23:37rehausser
23:37les niveaux salariaux
23:39ou de conditions de travail
23:40pour voir
23:40si ces secteurs
23:41demeurent en tension
23:42une fois que
23:43les conditions
23:45ont été améliorées.
23:46Puis la deuxième chose,
23:47je pense qu'il faut être
23:47aussi un peu inventif,
23:49l'idée de permettre
23:50à des étrangers
23:52de venir
23:53et repartir
23:54dans un cadre
23:55saisonnier,
23:56ça existe déjà
23:57pour les saisonniers,
23:57mais l'étendre,
23:59avoir un contrat,
24:01un titre de séjour
24:02qui permet
24:03de faire
24:03des allers-retours,
24:04d'être 3 ou 4 mois
24:05sur le territoire national
24:06et de repartir.
24:07Pourquoi les gens
24:08ne repartent pas ?
24:08Vous êtes naïf,
24:09M.Kerge.
24:09Vous le voyez bien
24:10qu'ils ne repartent pas ?
24:12Tout ça est très documenté.
24:14Allez voir à Paris
24:15tous ceux qui dorment
24:16dans les tantes
24:17qui planent de repartir.
24:18Les gens ne repartent pas
24:19parce qu'ils ont la crainte
24:20de ne pas pouvoir revenir.
24:21Si vous délivrez
24:22un titre de séjour,
24:23de saisonnier,
24:25si vous délivrez un titre...
24:26Vous savez,
24:26l'immigration,
24:27c'est jamais quelque chose
24:28qui se fait avec enthousiasme.
24:29On rompt avec sa famille,
24:30on rompt avec son pays,
24:31on rompt avec sa culture.
24:32D'ailleurs, vous voyez,
24:32la majorité partie,
24:33c'est des hommes.
24:33Ils ne les dérangent pas
24:35de laisser leurs femmes
24:35au Marocle.
24:36Justement,
24:37l'idée qui permettrait de dire
24:39je viens pour gagner ma vie
24:41et pour pouvoir soutenir
24:43ma famille au pays
24:44et retenir...
24:45Ils n'ont pas besoin
24:46de travailler.
24:46Attendez,
24:47évidemment,
24:48mais regardez,
24:49on parlait de l'Espagne
24:51et de l'Italie
24:52ou de la France.
24:53Notre situation démographique,
24:55qu'on le veuille ou non,
24:56et on peut parler
24:56des enjeux démographiques
24:57et de la nécessité
24:58d'avoir une natalité
24:59qui s'améliore,
25:00mais on ne pourra pas
25:01entretenir,
25:02comme vous le faites
25:03incidemment,
25:03l'illusion d'une immigration zéro.
25:05Voilà.
25:06L'histoire de ce pays,
25:07l'histoire de ce continent
25:08est un pays
25:09et un continent
25:10qui se construisent
25:10à partir de l'immigration.
25:12L'idée de quota,
25:12est-ce que ça rentre ?
25:13Jérôme Gage,
25:14est-ce que l'idée de quota,
25:15ça rentre dans votre immigration
25:16planifiée ?
25:17Quand je parle de planification,
25:18quand je parle de mobiliser
25:19nos ambassades
25:20dans les pays d'origine
25:21pour pouvoir justement
25:22répondre à des besoins
25:23territoriaux
25:24ou de secteurs,
25:26et derrière ça,
25:27moi je pense à une chose,
25:28je pense parce que...
25:30On va aller recruter
25:31avec nos ambassades.
25:32Ah ben non,
25:32je vous laisse se dérouler,
25:33mais sans contradiction.
25:34Je termine.
25:35Oui, mais vous savez,
25:35comme le font le Canada
25:36ou les États-Unis
25:37qui sont capables,
25:38à partir de leurs ambassades
25:40d'origine,
25:41de pouvoir construire
25:43des filières de recrutement.
25:45Vous ne m'avez pas dit
25:46ce que vous allez faire
25:47aujourd'hui
25:48de tous les migrants
25:48qui sont sur le territoire français,
25:50qui sont en situation irrégulière,
25:52qui n'ont absolument pas
25:53ni envie,
25:54ni la capacité
25:55de travailler pour certains.
25:56Aujourd'hui,
25:57ils sont là.
25:57Je ne partage pas cette idée
25:59parce que vous savez,
25:59s'ils ne travaillent pas,
26:01ces travailleurs irréguliers,
26:02s'ils ne travaillent pas,
26:03ils n'ont pas de moyens
26:04de subsistance dans notre pays.
26:05Donc il ne faut pas dire
26:06qu'ils sont là.
26:06Vous présentez ou quoi ?
26:07Comment ?
26:08Vous présentez ou quoi ?
26:22Mais je pense que...
26:23Encore une fois,
26:24je ne suis pas dans l'angélisme.
26:25Je ne suis pas un sans-frontérise,
26:26je ne suis pas pour ouvrir les frontières.
26:27Donc chez vous,
26:28il n'y a aucun...
26:28Ils ne reçoivent rien.
26:29Mais je veux mouiller des filles
26:31de m'expliquer
26:32ce qu'un travail...
26:34Hormis l'aide médicale d'État
26:35et de l'hébergement d'urgence
26:37dans des situations exceptionnelles...
26:38D'urgence ?
26:39Ce n'est pas d'urgence, monsieur.
26:40Combien de temps
26:41il reste à l'hôtel ?
26:42Mais il ne reste à l'hôtel
26:43que des personnes avec des enfants,
26:45madame.
26:45Ou dans les centres...
26:45Il ne reste dans les hôtels
26:47que des personnes avec des enfants
26:48et c'est la raison pour laquelle
26:49vous avez des tentes
26:49et ces spectacles dramatiques
26:51qu'on voit sous le métro à Paris
26:52ou dans des bidonvilles
26:53qui se sont reconstituées.
26:54Ceux qui sont dans les centres
26:55de rétention administrative.
26:57Mais vous parlez de personnes
26:58qui sont sous OQTF.
26:59Oui, d'accord.
27:00Ceux qui sont dans les centres...
27:00Je vais répondre à votre question.
27:01Attendez, attendez,
27:02elle n'a pas fini sa question.
27:03Elle n'a pas fini sa question.
27:04Je sais ce que vous pensez.
27:05J'essaie juste
27:06de vous faire aller
27:07au bout de votre pensée
27:08pour vous montrer
27:09qu'en fait,
27:10il vous manque quelque chose
27:11dans votre raisonnement.
27:11Il vous manque
27:12l'état actuel de la France.
27:14Il vous manque de savoir
27:15ce qu'on va faire
27:16de tous ces OQTF
27:17qui sont sur le territoire français
27:19et qu'on n'arrive pas à sortir.
27:20Vous croyez que ça ne coûte rien,
27:22l'immigration ?
27:22Vous croyez que quand
27:23un Français sur trois
27:24n'arrive pas à se soigner,
27:25hésite à aller chez le médecin ?
27:27Il trouve normal
27:28que quand vous êtes
27:29en situation irrégulière,
27:30vous puissiez avoir accès
27:31à des soins qu'ils n'ont pas ?
27:32Vous croyez que vous ne faites pas
27:33monter le Rassemblement national
27:35national avec justement
27:36votre idéologie
27:37complètement déconnectée.
27:38Vous ne les voyez pas
27:39les gens dans la rue ?
27:40Elle n'est tellement pas déconnectée.
27:41Vous savez,
27:41vous avez confiance
27:42dans le corps médical.
27:43Quand vous avez la totalité
27:44du corps médical
27:45qui vous dit...
27:46Ce n'est pas la totalité.
27:46Ah si, je peux vous assurer.
27:47Quand vous avez la totalité
27:48du corps médical
27:49qui dit qu'au nom
27:50de la santé publique,
27:51si vous n'avez pas l'aide...
27:52Là, vous parlez de l'AME,
27:53l'aide médicale d'État.
27:54Alors, vous dégrattez
27:55la santé publique
27:56de tout le monde.
27:57Mais que disent les mêmes
27:59pour les Français
27:59qui ne peuvent pas se soigner ?
28:01Je vous le dis.
28:05Là, vous êtes précisément
28:06dans cette opposition.
28:08Les étrangers
28:08contre les Français.
28:09Vous savez quoi ?
28:10Moi, je suis pour améliorer
28:11la sécurité sociale
28:12pour tout le monde
28:12et pas pour dire
28:13que c'est les quelques centaines
28:15de millions d'euros d'économie
28:16qu'on va faire sur l'AME
28:17qui vont améliorer
28:18les déserts médicaux
28:19ou l'accès aux soins.
28:20Ça, c'est de la démagogie.
28:21Pardon de le dire.
28:22Non, ce n'est pas de la démagogie.
28:23C'est une réalité.
28:24C'est l'ERN
28:25qui a comme seul argument
28:26de dire...
28:26L'immigration a un coût.
28:28Parce que vous,
28:29vous êtes déconnectés.
28:31Les Français,
28:32on en a marre
28:32de votre théorie
28:33où on devrait...
28:34Donc, vous voulez reconduire
28:35à la frontière
28:35toutes les personnes
28:37dans la situation irrégulière
28:37sur le territoire national.
28:38Vous savez que c'est
28:39matériellement infaisable.
28:42Vous voulez en faire venir plus ?
28:44Non, je veux justement
28:46une immigration planifiée
28:47qui fait qu'on aura
28:49une immigration
28:49qui répond aux situations
28:51et qui répond aux besoins.
28:51cette immigration irrégulière,
28:53comment elle repart chez elle ?
28:54Est-ce qu'il faut négocier ?
28:56Évidemment qu'il faut négocier
28:58avec les pays.
28:59Mais je vais vous dire une chose
29:00sur les OQTF.
29:01Concentrons-nous d'abord
29:03sur ceux des étrangers
29:05sous OQTF
29:06qui présentent des troubles
29:07à l'ordre public.
29:07Là, je n'ai pas d'état d'âme
29:09sur ce sujet-là.
29:10C'est eux en priorité.
29:11Mais par contre,
29:12délivrer comme on l'a fait
29:13pour faire du chiffre
29:13des OQTF
29:14dont on sait
29:15qu'elles ne sont pas exécutables
29:16et qui donnent l'impression
29:17que de dire
29:17on a donc 120 000 OQTF
29:19qui sont prononcés
29:20et on arrive à faire...
29:21On ne devrait rien faire.
29:21Quelqu'un d'illégal,
29:22on ne devrait pas lui dire
29:22qu'il était le territoire.
29:23Mais je vous dis
29:25que pour les raisons
29:26que vous avez indiquées,
29:31le réenvoi forcé
29:33est impossible à faire
29:35quand il n'est pas négocié.
29:36Il faut continuer à pousser
29:38pour qu'il devienne
29:39de plus en plus possible.
29:40C'est à ce que tu poses
29:40de la négociation
29:40avec les pays d'origine.
29:42Donc n'en faites pas faire plus,
29:43monsieur.
29:44Faites déjà travailler
29:44ceux qui sont là.
29:45Puisque vous voulez
29:46sur les métiers en tension,
29:47il y a bien des immigrés
29:48qui sont aujourd'hui...
29:50Vous savez,
29:50dans cette présidentielle,
29:52moi, je vais avoir
29:52un discours de vérité.
29:53Et si des gens vous disent...
29:54Je n'ai pas l'impression.
29:55Mais si, au contraire...
29:55Mais votre vérité
29:56n'est pas la réalité du pays.
29:57Vous savez quoi ?
29:57Ce n'est pas électoraliste
29:58que je dis.
29:59Je sais que tout à l'heure,
30:00je vais me faire déchirer
30:00sur les réseaux sociaux
30:01en disant
30:01qu'il est complètement irréaliste.
30:06Il y aura
30:07et il continuera
30:07à y avoir de l'immigration
30:09sur le territoire national.
30:11Et tous ceux
30:12qui entretiennent l'idée
30:13qu'il y aura une immigration zéro,
30:15c'est des vendeurs de chimères.
30:16Il n'y aura pas
30:17d'immigration zéro
30:18parce que nous sommes un pays
30:19qui est attaché
30:20au droit d'asile.
30:20Vous voulez revenir
30:21sur le droit d'asile ?
30:22Il continuera.
30:23Nous sommes un pays...
30:24Il est dévoyé.
30:24Il est dévoyé
30:25parce que vous savez
30:25comment c'est la procédure.
30:27Alors vous voyez
30:27si tout est dévoyé.
30:28Vous allez dire que
30:28les étudiants...
30:30Sauf erreur de ma part,
30:31vous n'êtes pas
30:32pour l'immigration zéro.
30:33Vous êtes pour l'immigration zéro,
30:34Laurent Sayer ?
30:35C'est comme s'il parlait
30:36au Rassemblement national.
30:37Je ne suis pas...
30:37Je sais que vous n'êtes pas...
30:38Sauf que quand vous empruntez
30:39les mêmes thèmes
30:40que le Rassemblement national
30:40de dire que l'asile
30:42s'est dévoyé,
30:42les étudiants,
30:43c'est pas la bonne manière
30:45d'appréhender les choses.
30:45Alors je vais vous répondre
30:46que ce ne sont pas
30:46les thèmes du Rassemblement national.
30:48J'ai toujours défendu
30:49pardon mais on peut parler
30:50d'immigration sans être
30:51du Rassemblement national.
30:52Mais c'est ce que je fais.
30:53Vous savez même moi
30:54dans ma famille
30:54quand je parle d'immigration choisie,
30:56je sais qu'on ne va pas
30:56le défendre.
30:59Non, non, je suis courtois.
31:01Ce que je veux dire par là
31:02c'est qu'à force de dire
31:04que quand on parle d'immigration
31:05on court derrière
31:06le Rassemblement national,
31:07la droite a su se taire
31:09à certains moments
31:10et du coup
31:10les gens ont voté
31:11Rassemblement national.
31:12Moi je n'ai jamais eu peur.
31:14J'étais porte-parole
31:14des Républicains en 2017
31:15avec Laurent Wauquiez
31:16on était très clair
31:17sur l'immigration.
31:18Le discours que j'ai aujourd'hui
31:19je l'avais déjà avant
31:19et je ne cours derrière personne.
31:21Si vous ne répondez pas
31:22aux Français
31:22sur des sujets difficiles
31:24qu'ils vivent au quotidien
31:25parce qu'ils en ont marre
31:26de cette immigration incontrôlée
31:28alors que si vous continuez
31:29à leur dire qu'en plus
31:30on va régulariser des gens
31:31je peux vous dire
31:32vous leur ouvrez la porte
31:33au Rassemblement national.
31:34C'est vous qui êtes
31:35un marche-pied pour le Rassemblement national
31:37parce que vous me dites
31:38et c'est ça qui m'inquiète
31:40vous me dites
31:40que vous dites la vérité
31:41mais c'est ça
31:42le plus inquiétant
31:43je préférais que vous mentiez
31:44à la rigueur
31:44parce que si votre vision
31:45de la France
31:46c'est celle-là
31:47mais mettez des lunettes
31:48triple foyer
31:49allez vous balader
31:51allez voir
31:52et allez
31:53pourquoi le Rassemblement national
31:54est à 37% ?
31:55Quand je vous dis
31:56que je dis la vérité
31:57je pense que celui
31:58qui s'adresse aux Français
31:59en disant
32:00je suis capable de vous garantir
32:01qu'il y aura
32:02une immigration zéro
32:03celui-là il sait
32:04qu'il ment aux Français
32:05pour les raisons
32:05que je vous ai indiquées
32:06il y aura des étudiants
32:07il y aura
32:08de l'asile
32:10il y aura de l'immigration économique
32:12vous savez
32:12moi je suis élu
32:13du plateau de Saclay
32:13et sur le plateau de Saclay
32:15on a de l'immigration
32:16qui vient de l'année entière
32:16là où on peut vous mettre
32:17d'accord tous les deux
32:17c'est sur le renvoi
32:18des personnes en situation
32:19irrégulière
32:20qui n'existe pas suffisamment
32:22là vous êtes d'accord
32:23tous les deux
32:23je ne suis pas dans l'angélisme
32:25voilà
32:25et ma famille politique
32:26la gauche
32:27elle a parfois crevé
32:29d'une forme d'angélisme
32:30dans la manière
32:30avec un discours
32:31uniquement moral
32:32sur la question
32:33de l'immigration
32:34pour moi c'est une politique publique
32:35qui doit être traitée
32:36évaluée
32:37contrôlée
32:38comme les autres
32:39et simplement
32:39on ne peut pas
32:40se payer de mots
32:41en considérant
32:42qu'on va pouvoir
32:43d'un côté
32:44vous savez
32:44il y a deux bornes extrêmes
32:45il y a ceux qui disent
32:45les frontières c'est mal
32:47que les gens viennent
32:47et on pourra les accueillir
32:48non je ne pense pas
32:50et il y a
32:52ceux qui pensent
32:53qu'on peut faire
32:53l'immigration zéro
32:54et ça c'est par leur
32:55Monsieur Gage
32:55le problème c'est que
32:56dès qu'on parle d'immigration
32:58avec un discours
32:59qui est ferme comme le mien
33:00vous m'assimilez
33:01justement
33:02Rassemblement National
33:02en disant que j'utilise
33:03leur mot
33:04oui moi j'oppose
33:06les immigrants
33:06les migrants réguliers
33:08et les migrants irréguliers
33:09oui je suis peinée
33:10de savoir
33:11que des gens
33:11ne peuvent pas se soigner
33:12et qu'on soigne
33:13des gens qui eux
33:14sont en situation irrégulière
33:16et pour autant
33:16je ne suis pas
33:17le Rassemblement National
33:18donc souffrez
33:19qu'on puisse avoir
33:20un discours ferme
33:21sur l'immigration
33:22et on va s'arrêter là
33:23je l'entends
33:24mais je vous dis juste
33:24que c'est pas parce que
33:25vous supprimerez l'AME
33:26qu'il n'y aura pas
33:26d'immigration irrégulière
33:27réduire aux urgences
33:28mais vous aurez
33:29une catastrophe sanitaire
33:31Jérôme Gage
33:32en tant que candidat
33:33vous mettrez ce débat
33:34en tout cas dans la présidentielle
33:35et Laurent Seyer
33:36vous viendrez défendre
33:37à nouveau les positions
33:38de la droite
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