00:02Dans ce centre d'appel du Samu Lyonnais, c'est l'effervescence.
00:09Ces derniers jours, le téléphone ne cesse de sonner.
00:13Près de 2200 appels enregistrés hier.
00:16C'est 15% de plus qu'en temps normal.
00:19Comme ici, avec cette femme inquiète pour son mari âgé, accablé par la chaleur.
00:26Depuis combien de temps il n'arrive plus à bouger ?
00:29Ok, est-ce qu'il est réveillable tout de même ?
00:33Essayez de me le passer.
00:34S'il me parle déjà, c'est rassurant.
00:38J'attends, pas de soucis madame, je vous en prie.
00:41Hervé Rigaud est assistant de régulation médicale.
00:45C'est lui qui recueille les premières informations des patients en détresse.
00:51Il a des antécédents médicaux, quels qu'ils soient ?
00:57D'accord, ok. Il fait très chaud chez vous ?
01:00Avant d'orienter les appels vers les médecins référents.
01:04Patrick, c'est Hervé. J'envoie les pompiers pour un monsieur de 85 ans, difficilement stimulable.
01:09Depuis ce matin, avec des antécédents.
01:10J'ai gardé son épouse au téléphone, si tu veux lui parler.
01:15Merci.
01:17Est-ce que vous avez souvent des coups de fil liés à la chaleur ?
01:20Alors ça peut, notamment là en ce moment pas mal.
01:23Effectivement, l'être humain n'est pas fait pour être aussi longtemps exposé à la chaleur.
01:28Ici, un appel sur dix est en lien avec les fortes chaleurs.
01:33Le plus souvent, c'est des malaises liés à une exposition à la température.
01:39Ensuite, on a, et c'est la problématique en fait, c'est des décompensations de patients fragiles, déjà fragiles,
01:46qui sont porteurs de pathologies chroniques et qui progressivement vont se déstabiliser.
01:51La problématique de la chaleur, c'est qu'en fait, l'effet de la chaleur est cumulatif.
01:56Donc sur les organismes fragiles, on s'attend quand même à des dégradations, des décompensations dans les 4-5 jours,
02:03c'est assez classique.
02:05À ce stade, les hôpitaux du Rhône ne sont pas encore engorgés.
02:09Les services d'urgence constatent tout de même une hausse de la fréquentation de près de 20%.
02:17À 500 kilomètres de là, dans le Val-d'Oise, régulièrement, Catherine Le Gall vérifie cet écran.
02:25On a une surveillance qui se passe dans les urgences.
02:29Cette chef de service scrute attentivement les dernières données, tous les appels passés.
02:35Des chiffres qui ne sont pas rassurants.
02:39Et vous voyez, malaise syncope en number one des motifs d'appel.
02:42Donc ça, c'est la chaleur.
02:43Donc ça se voit très carrément sur le SAMU.
02:46Bon, la région est dans le rouge en termes d'appels, vous voyez, avec une augmentation de plus 1%
02:51des sorties SMUR,
02:52de 28% des dossiers de régulation médicale, et plus 52% des appels entrants.
02:59Ça, c'est sûr, les 3 derniers jours.
03:01Les urgences d'Argenteuil pourraient-elles être saturées d'ici ce week-end ?
03:06Un risque qui n'est pas à exclure, d'autant que l'hôpital manque de lits.
03:10Alors, en attendant de migrer vers ces bâtiments flambant neufs, il faut s'adapter et dompter la chaleur insoutenable.
03:19Comme les bâtiments sont anciens, ils ne sont pas isolés aux normes actuelles, et du coup, ils retiennent la chaleur.
03:26Notamment là, on n'a pas de volet, donc les infirmières ont mis des couvertures de survie pour se protéger
03:32du rayonnement extérieur qui chauffe la pièce.
03:35Forcément, ces conditions extrêmes rappellent des souvenirs.
03:39La canicule de 2003.
03:41Un épisode au cours duquel 15 000 personnes étaient mortes de chaud.
03:4623 ans plus tard, la docteure Le Gall est persuadée que la leçon a été retenue.
03:53Maintenant, on peut surveiller de près, jour après jour, il y a des observatoires qui s'occupent de ça dans
03:58toutes les régions.
03:59Et donc, on peut agir en conséquence, on peut aller jusqu'à des déprogrammations dans l'hôpital si nécessaire, des
04:06déclenchements de plans blancs.
04:07Enfin, donc, on n'est pas du tout comme en 2003.
04:11Ce jeudi, le gouvernement a justement activé le plan Orsan 3, le niveau le plus élevé de mobilisation sanitaire, afin
04:20de renforcer les capacités médicales.
04:25Il y a des malades qui sont venus pour malaise, chute, coup de chaleur, là ou pas ?
04:30Catherine Le Gall fait quotidiennement le point avec ses équipes sur les patients à prendre en charge.
04:35Ce jour-là, le cas d'une femme de 82 ans.
04:3982 ans, malaise, fièvre, bon, c'est des malades qui commencent à avoir des difficultés à contrôler leur température.
04:44Du coup, ils sont abattus, épuisés, un épuisement physique.
04:48Des symptômes, ceux d'un gros coup de chaud, classique en cette période de canicule.
04:55Immédiatement, elle se rend donc dans la chambre où a été admise cet octogénaire.
05:01Voilà, madame Ribéraud.
05:03Voilà, ok.
05:03Vous voulez que je vous redresse un petit peu ?
05:07Bon, madame Ribéraud, elle vient parce qu'elle est épuisée depuis hier soir, elle se sentait déjà très fatiguée, elle
05:10n'a pas mangé ?
05:12C'est terrible, la fatigue qui en ressent à l'intérieur.
05:16Donc là, elle décrit un tableau d'épuisement à la chaleur.
05:20Elle n'est pas encore en hyperthermie, maligne, mais là, il faut agir, il faut qu'on la réhydrate, qu
05:26'on fasse baisser la température, elle en a un peu,
05:28et puis qu'elle retrouve un petit peu de tonus en faisant baisser la température de son environnement.
05:36Depuis le début de ce nouvel épisode de forte chaleur, 60% des admissions concernent les 75 ans et plus,
05:43selon Santé publique France.
05:45Sous-titrage Société Radio-Canada
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