00:0015h45, Nour Bendy-Méren nous rejoint pour Ivesta Family Office. Bonjour Nour.
00:05Face au marché, vous allez rendre votre verdict.
00:08Ce moment qu'on va vivre et ce verdict que vous allez rendre, est-ce que vous l'assumez ?
00:11Alors j'estime et je l'assume que c'est un bâtiment du feu réussi pour Kevin Warche
00:16qui rassure les marchés et renforce la crédibilité de la Fed.
00:20Bon, d'accord. C'était il y a 6 jours et maintenant on a un peu de recul, c'est
00:24vrai.
00:256 jours après, vous dites que le nouveau président de la Fed a posé de bonnes bases,
00:28a bien démarré son mandat.
00:30Effectivement. Ce qui était intéressant dans cette réunion,
00:33ce n'est pas tant du côté du fond, parce que finalement sur le fond,
00:36il n'y avait aucune surprise.
00:38Comme attendu et comme largement anticipé pour les marchés,
00:41la Fed n'a pas augmenté ses taux.
00:43Les taux sont restés sur la fourchette 3,50, 3,75
00:46et c'était un vote à l'unanimité de tous les gouverneurs de la Fed.
00:50En revanche, la grande surprise, c'est du côté du ton et de la forme
00:53qui a été prise par Kevin Warche.
00:56Là-dessus, c'est un changement radical avec le ton et la posture
01:00qui était celle de Jérôme Powell lors des huit dernières années à la tête de la Fed.
01:04Jérôme Powell avait l'habitude de très largement préparer les marchés
01:08à son prochain mouvement,
01:10via une communication très généreuse lors de la réunion
01:14et surtout entre les différentes réunions,
01:16par l'intervention sur différents médias, etc.
01:19Du côté de Kevin Warche, c'est un changement radical,
01:22un exemple très simple, avant chaque réunion de politique monétaire,
01:26il y a un communiqué de presse qui est diffusé.
01:28Sous l'air Jérôme Powell, c'était à peu près une à deux pages.
01:31Pour Kevin Warche, c'est huit lignes.
01:33Huit lignes, c'est assez peu généreux en termes d'informations
01:37sur la vision de Kevin Warche sur l'économie américaine.
01:41Et c'est aussi très peu généreux sur les perspectives,
01:44les fameuses forward guidance.
01:46Donc on a très peu d'informations sur le sentiment que Kevin Warche,
01:51plutôt que le sentiment, l'analyse que Kevin Warche pose sur l'économie américaine.
01:55Le communiqué de la Fed aussi long qu'un tweet désormais,
01:57c'est pas très long.
01:59130 mots exactement.
02:00Donc c'est extrêmement court et surtout ça donne assez peu de visibilité
02:03sur les prochains mouvements de la Fed.
02:04En revanche, ce qui est extrêmement rassurant et ce qui a rassuré les marchés,
02:08et quand on parle des marchés, on parle évidemment des marchés obligataires,
02:11c'est que Kevin Warche a renforcé, a de nouveau confirmé sa volonté de lutter contre l'inflation,
02:17que c'était le mandat le plus important, parmi la dualité des mandats qu'a la Fed,
02:23c'était le mandat le plus important et que son mandat était de ramener l'inflation autour des 2%.
02:30C'est un pari gagné puisque finalement quand on regarde les marchés obligataires,
02:34on s'attendait en début d'année à six baisses de taux.
02:37Désormais, c'est quasiment deux hausses de taux anticipées par les marchés obligataires pour l'année 2026.
02:42Et du côté des anticipations d'inflation,
02:45on s'attend désormais, enfin les marchés s'attendent à ce que l'inflation à horizon un an soit à
02:511,75%.
02:52C'est une baisse extrêmement forte qui montre que finalement,
02:55Kevin Warche, par la dureté de son ton,
02:58a réussi à casser les anticipations d'inflation et les ramener sous sa cible de 2%.
03:03C'est un pari totalement gagné sur la crédibilité.
03:06À ce stade, j'ai l'impression que vous criez victoire.
03:09Ça y est, c'est bon, on peut changer de président de la Fed, il a déjà fait ses preuves.
03:12Il démarre à peine.
03:14Il démarre à peine.
03:14Et il communique sur le fait qu'il ne communiquera plus.
03:16Donc on attend, entrons déjà dans cette phase-là, il communiquera moins.
03:21Je vois par exemple les marchés américains peut-être plus fébrile,
03:25alors la baisse du jour n'est pas forcément liée à Kevin Warche.
03:27Sa décision, sa communication, c'était il y a une semaine.
03:30Mais bon, des hausses de taux, est-ce qu'on est si sûr que ça passera peut-être une d
03:33'ici la fin de l'année ?
03:34C'est vrai, on verra en 2027 ce que nous réserve effectivement la réserve fédérale.
03:38Mais bon voilà, on sent qu'il y a beaucoup de doutes.
03:40Alors il y a un mouvement en revanche qui va dans votre sens, c'est le dollar.
03:42Le dollar remonte très fort.
03:43On est actuellement d'ailleurs l'euro face au dollar sous le dollar 14.
03:46À l'instant, l'euro ne vaut plus qu'un dollar 13,99.
03:48Il y a un mouvement sur le dollar là qui semble effectivement envoyer un signal, un message.
03:52Exactement, qui est simplement lié aux anticipations de remontée de taux du niveau de la Fed,
03:57notamment sur les taux courts.
03:58Donc là-dessus, quand on parle de victoire du côté de la Fed et de celle de la communication de
04:02Kevin Warche,
04:02on parle uniquement de la réaction du marché obligataire.
04:06Les marchés actions sont drivés effectivement par la politique monétaire,
04:09mais par aussi d'autres éléments.
04:11On voit notamment des prises de bénéfices hier soir dans la nuit sur les marchés coréens
04:16qui affectent l'ensemble des marchés, mais surtout, on a un événement qui s'est produit hier
04:22qu'on n'a pas observé depuis très longtemps.
04:25C'est un début de révision baissière de la croissance des bénéfices aux États-Unis
04:29sur le Nasdaq et sur le S&P.
04:31C'est très mince pour l'instant, mais c'est un nouveau phénomène
04:34qu'on n'avait plus observé depuis un peu plus d'un an,
04:36depuis le début du Liberation Day.
04:40C'est assez nouveau.
04:41À notre sens, ça explique quand même le début de fléchissement
04:45qu'on observe sur les marchés actions et notamment du côté des États-Unis
04:48qui ne sont pas uniquement liés au durcissement de thon du côté de la Fed,
04:53même si ça joue évidemment sur des marchés à forte croissance.
04:56La remontée de taux joue de façon très évidente,
04:59mais c'est surtout ce début d'inflexion de la croissance bénéficiaire
05:03qui est un nouveau phénomène qu'on n'avait vraiment pas observé
05:05depuis un peu plus d'un an finalement.
05:06Les analyses révisent un peu à la baisse les accords bénéficiaires.
05:09C'est ça, qui était relativement tendu,
05:12qui expliquait les valorisations qui étaient relativement élevées.
05:14Donc on avait un super cycle de croissance bénéficiaire
05:17du côté de la tech américaine,
05:19drivée par la tendance d'investissement de capex dans l'IA.
05:22Mais là, on a un début d'infléchissement.
05:24Pour l'instant, ça reste relativement élevé, mais c'est très nouveau.
05:29Et cette question, la tech, la concentration aussi,
05:32parce que vous disiez, il y a un signal coréen ce matin,
05:35lundi Kospi, mais la plupart des marchés coréens
05:37qui se sont cassés la figure,
05:39parce que ces marchés dépendent énormément de la tech également.
05:41Il y a une grande concentration.
05:42Est-ce que c'est un signal à ce qui s'est passé ce matin en Asie
05:44aussi pour Wall Street ?
05:45Parce que Wall Street dépend de la tech,
05:47à plus de 35% du S&P, de la CAPI,
05:49c'est des valeurs tech désormais.
05:51Est-ce que ce qui s'est passé ce matin est un signal aussi,
05:54peut-être avant-coureur,
05:55en tout cas un avertissement pour le marché américain ?
05:57C'est même plus de 35%,
05:58c'est 35% si on regarde le secteur technologique,
06:00mais si on réintègre les valeurs qui sont des valeurs technologiques,
06:03mais qui ne sont pas officiellement dans le secteur technologique,
06:06comme Amazon ou Apple,
06:07qui sont dans les secteurs consommation,
06:09on est à quasiment 50% de valeurs tech et assimilées dans le S&P 500.
06:13C'est une très forte concentration,
06:15à notre sens, ce n'est pas un risque en absolu,
06:17par contre, c'est un changement de nature de risque.
06:19Quand on a investi sur le S&P 500,
06:21on n'a investi pas uniquement sur l'ensemble de l'économie américaine,
06:25ce n'est plus du tout un risque systémique,
06:27ce n'est plus un risque de marché qu'on prend,
06:29c'est un risque très concentré sur la technologie.
06:31Donc c'est vrai que c'est un changement de nature de risque
06:33qu'il faut avoir en tête lorsqu'on veut s'exposer sur les marchés américains.
06:36Et naturellement, si on va avoir une exposition
06:38sur toute la croissance de l'économie américaine,
06:41il faut diversifier son exposition en allant sur d'autres segments,
06:44comme les small et mid-cap,
06:45qui sont plus corrélés au marché américain
06:48et à la croissance plutôt cyclique,
06:49plus domestique des marchés américains.
06:52Russell 2000, donc petites et moyennes valeurs.
06:532000 et 2500, tout à fait.
06:55Et en Europe, pendant ce temps,
06:57parce que le pétrole baisse toujours,
06:58on est à 77 dollars pour le baril de Brent,
07:00les marchés européens en profitent à moitié,
07:02on va dire, de cette baisse des cours du pétrole.
07:04Est-ce que vous voyez un potentiel se reconstituer ici ?
07:06On a eu des indices PMI quand même encourageants ce matin,
07:08un peu plus haut de trois mois.
07:10Effectivement, encourageants,
07:10avec une légère inflexion du côté des services.
07:14Ce n'est pas encore fantastique.
07:16On reste sous la barre des 50,
07:17donc ça reste en zone de contraction,
07:18même si l'inflexion est quand même positive.
07:21Ce qu'on aime en Europe,
07:22c'est surtout les small et mid-cap,
07:23donc les petites et moyennes valeurs,
07:25qui sont plus domestiques
07:25et surtout qui sont plus industrielles.
07:27Du côté des large caps,
07:28on a beaucoup de valeurs de consommation,
07:30et notamment, quand on regarde le luxe,
07:32de consommation liée aux pays émergents.
07:35Les données qui ont été publiées en début de semaine
07:38sur la Chine, sur la consommation chinoise,
07:39sont assez mauvaises.
07:41Donc on a toujours une tendance relativement négative
07:43du côté de la consommation chinoise
07:45qui pèse quand même sur les large caps européennes.
07:48En revanche,
07:49du côté de l'industrie européenne,
07:51on a des belles valeurs.
07:52Des belles valeurs d'industrialisation très cycliques,
07:55mais aussi des valeurs plutôt orientées
07:57sur la thématique de l'électrification.
08:01Et donc, d'une certaine manière,
08:02tout ce qui est lié au data center,
08:04à l'intelligence artificielle,
08:05on a aussi quelques valeurs,
08:06comme Nexans, par exemple,
08:07qui profite de cette belle tendance.
08:09Donc, en Europe, ce qu'on aime,
08:11c'est l'industrie
08:11et tout ce qui est lié plutôt au hardware
08:14qui permet d'accompagner cette tendance dans l'IA.
08:18Oui, l'Europe qui recule aujourd'hui moins qu'Wall Street,
08:21c'est vrai, le S&P perd 1%,
08:22alors que le CAC 40 ne perd que 0,5.
08:24L'Eurostock 50, lui perd,
08:25comme Wall Street, 1%,
08:26moins 1 sur l'indice des 50 plus grosses valeurs européennes.
08:29À Paris, notez que STM,
08:30qui a tant progressé depuis le début de l'année,
08:32repère 7% dans le sillage des valeurs coréennes
08:34dont on parlait.
08:35À l'inverse, la tech mal aimée,
08:36elle, rebondie aujourd'hui.
08:37On voit Capgemini dans ce système,
08:38au contraire, progresser.
08:40Capgemini est même plus forte hausse du CAC
08:41après avoir perdu cette année 40% depuis le 1er janvier.
08:44Aujourd'hui, Capgemini tente un petit rebond.
08:47Joyeux anniversaire.
08:48Enfin, je ne sais pas s'ils le vivent vraiment comme ça,
08:50les Britanniques.
08:51Ça fait aujourd'hui 10 ans, jour pour jour,
08:53jour pour jour, 10 ans,
08:54qu'ils ont voté le Brexit.
08:56Bon, économiquement, joyeux anniversaire
08:58ou pas ce Brexit ?
08:59C'est un anniversaire qui n'est pas forcément très glorieux.
09:02Deux stats très intéressantes.
09:04Quand on regarde du côté des ménages anglais,
09:07britanniques,
09:08on n'a que 30% des ménages britanniques
09:10qui sont satisfaits de cette solution,
09:12de la sortie de l'Union européenne.
09:15Et d'un point de vue plus fondamental,
09:17d'après des études de Blumer
09:18et de certains instituts britanniques,
09:21on estime que la croissance du PIB par tête
09:24aurait été 8% supérieure
09:26si la Grande-Bretagne n'était pas sortie
09:29de l'Union européenne.
09:30Donc en fait, a posteriori,
09:31ça a été plutôt un mauvais choix économique
09:34et les ménages anglais
09:36sont plutôt mécontents
09:37de cette situation à posteriori.
09:39Donc pour les 10 ans,
09:41finalement, le bilan n'est pas forcément très glorieux.
09:43Et Keir Starmer a annoncé hier sa démission.
09:45Il sera remplacé à partir du mois de juillet.
09:48On aura donc eu en 10 ans,
09:507 ans, l'âge du Brexit,
09:527 premiers ministres au Royaume-Uni.
09:53C'est un rythme d'instabilité politique
09:55et un intensité dans l'instabilité
09:57jamais vu en deux siècles.
09:59Triste.
09:59Alors que c'était un modèle de stabilité politique,
10:01c'est en train de devenir une forme d'Italie
10:02de l'autre côté de la banque.
10:03Alors que l'Italie, au contraire,
10:04elle est en train de devenir plus stable.
10:06Oui, en France, on n'est pas forcément
10:09un bon exemple là-dessus.
10:10Mais effectivement,
10:11c'était plutôt un bon exemple historiquement,
10:14cette région-là.
10:15Et malheureusement, aujourd'hui,
10:16c'est plutôt une forme de déstabilisation, effectivement.
10:19Merci, Nour, d'être passé nous voir.
10:20Nour, Berndi Meret,
10:21pour Ivesta Family Office.
10:22Bon retour.
10:23C'est cool.
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