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  • il y a 2 mois
Ce mardi 23 juin, Nour Bendimered, directeur des investissements chez iVESTA Family Office, s'est penché sur le changement radical apporté par Kevin Warsh dans la communication de la Fed, le mouvement haussier sur le dollar, et le coût économique du Brexit pour le Royaume-Uni, dans l'émission BFM Bourse présentée par Guillaume Sommerer. BFM Bourse est à voir ou écouter du lundi au vendredi sur BFM Busines

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Transcription
00:0015h45, Nour Bendy-Méren nous rejoint pour Ivesta Family Office. Bonjour Nour.
00:05Face au marché, vous allez rendre votre verdict.
00:08Ce moment qu'on va vivre et ce verdict que vous allez rendre, est-ce que vous l'assumez ?
00:11Alors j'estime et je l'assume que c'est un bâtiment du feu réussi pour Kevin Warche
00:16qui rassure les marchés et renforce la crédibilité de la Fed.
00:20Bon, d'accord. C'était il y a 6 jours et maintenant on a un peu de recul, c'est
00:24vrai.
00:256 jours après, vous dites que le nouveau président de la Fed a posé de bonnes bases,
00:28a bien démarré son mandat.
00:30Effectivement. Ce qui était intéressant dans cette réunion,
00:33ce n'est pas tant du côté du fond, parce que finalement sur le fond,
00:36il n'y avait aucune surprise.
00:38Comme attendu et comme largement anticipé pour les marchés,
00:41la Fed n'a pas augmenté ses taux.
00:43Les taux sont restés sur la fourchette 3,50, 3,75
00:46et c'était un vote à l'unanimité de tous les gouverneurs de la Fed.
00:50En revanche, la grande surprise, c'est du côté du ton et de la forme
00:53qui a été prise par Kevin Warche.
00:56Là-dessus, c'est un changement radical avec le ton et la posture
01:00qui était celle de Jérôme Powell lors des huit dernières années à la tête de la Fed.
01:04Jérôme Powell avait l'habitude de très largement préparer les marchés
01:08à son prochain mouvement,
01:10via une communication très généreuse lors de la réunion
01:14et surtout entre les différentes réunions,
01:16par l'intervention sur différents médias, etc.
01:19Du côté de Kevin Warche, c'est un changement radical,
01:22un exemple très simple, avant chaque réunion de politique monétaire,
01:26il y a un communiqué de presse qui est diffusé.
01:28Sous l'air Jérôme Powell, c'était à peu près une à deux pages.
01:31Pour Kevin Warche, c'est huit lignes.
01:33Huit lignes, c'est assez peu généreux en termes d'informations
01:37sur la vision de Kevin Warche sur l'économie américaine.
01:41Et c'est aussi très peu généreux sur les perspectives,
01:44les fameuses forward guidance.
01:46Donc on a très peu d'informations sur le sentiment que Kevin Warche,
01:51plutôt que le sentiment, l'analyse que Kevin Warche pose sur l'économie américaine.
01:55Le communiqué de la Fed aussi long qu'un tweet désormais,
01:57c'est pas très long.
01:59130 mots exactement.
02:00Donc c'est extrêmement court et surtout ça donne assez peu de visibilité
02:03sur les prochains mouvements de la Fed.
02:04En revanche, ce qui est extrêmement rassurant et ce qui a rassuré les marchés,
02:08et quand on parle des marchés, on parle évidemment des marchés obligataires,
02:11c'est que Kevin Warche a renforcé, a de nouveau confirmé sa volonté de lutter contre l'inflation,
02:17que c'était le mandat le plus important, parmi la dualité des mandats qu'a la Fed,
02:23c'était le mandat le plus important et que son mandat était de ramener l'inflation autour des 2%.
02:30C'est un pari gagné puisque finalement quand on regarde les marchés obligataires,
02:34on s'attendait en début d'année à six baisses de taux.
02:37Désormais, c'est quasiment deux hausses de taux anticipées par les marchés obligataires pour l'année 2026.
02:42Et du côté des anticipations d'inflation,
02:45on s'attend désormais, enfin les marchés s'attendent à ce que l'inflation à horizon un an soit à
02:511,75%.
02:52C'est une baisse extrêmement forte qui montre que finalement,
02:55Kevin Warche, par la dureté de son ton,
02:58a réussi à casser les anticipations d'inflation et les ramener sous sa cible de 2%.
03:03C'est un pari totalement gagné sur la crédibilité.
03:06À ce stade, j'ai l'impression que vous criez victoire.
03:09Ça y est, c'est bon, on peut changer de président de la Fed, il a déjà fait ses preuves.
03:12Il démarre à peine.
03:14Il démarre à peine.
03:14Et il communique sur le fait qu'il ne communiquera plus.
03:16Donc on attend, entrons déjà dans cette phase-là, il communiquera moins.
03:21Je vois par exemple les marchés américains peut-être plus fébrile,
03:25alors la baisse du jour n'est pas forcément liée à Kevin Warche.
03:27Sa décision, sa communication, c'était il y a une semaine.
03:30Mais bon, des hausses de taux, est-ce qu'on est si sûr que ça passera peut-être une d
03:33'ici la fin de l'année ?
03:34C'est vrai, on verra en 2027 ce que nous réserve effectivement la réserve fédérale.
03:38Mais bon voilà, on sent qu'il y a beaucoup de doutes.
03:40Alors il y a un mouvement en revanche qui va dans votre sens, c'est le dollar.
03:42Le dollar remonte très fort.
03:43On est actuellement d'ailleurs l'euro face au dollar sous le dollar 14.
03:46À l'instant, l'euro ne vaut plus qu'un dollar 13,99.
03:48Il y a un mouvement sur le dollar là qui semble effectivement envoyer un signal, un message.
03:52Exactement, qui est simplement lié aux anticipations de remontée de taux du niveau de la Fed,
03:57notamment sur les taux courts.
03:58Donc là-dessus, quand on parle de victoire du côté de la Fed et de celle de la communication de
04:02Kevin Warche,
04:02on parle uniquement de la réaction du marché obligataire.
04:06Les marchés actions sont drivés effectivement par la politique monétaire,
04:09mais par aussi d'autres éléments.
04:11On voit notamment des prises de bénéfices hier soir dans la nuit sur les marchés coréens
04:16qui affectent l'ensemble des marchés, mais surtout, on a un événement qui s'est produit hier
04:22qu'on n'a pas observé depuis très longtemps.
04:25C'est un début de révision baissière de la croissance des bénéfices aux États-Unis
04:29sur le Nasdaq et sur le S&P.
04:31C'est très mince pour l'instant, mais c'est un nouveau phénomène
04:34qu'on n'avait plus observé depuis un peu plus d'un an,
04:36depuis le début du Liberation Day.
04:40C'est assez nouveau.
04:41À notre sens, ça explique quand même le début de fléchissement
04:45qu'on observe sur les marchés actions et notamment du côté des États-Unis
04:48qui ne sont pas uniquement liés au durcissement de thon du côté de la Fed,
04:53même si ça joue évidemment sur des marchés à forte croissance.
04:56La remontée de taux joue de façon très évidente,
04:59mais c'est surtout ce début d'inflexion de la croissance bénéficiaire
05:03qui est un nouveau phénomène qu'on n'avait vraiment pas observé
05:05depuis un peu plus d'un an finalement.
05:06Les analyses révisent un peu à la baisse les accords bénéficiaires.
05:09C'est ça, qui était relativement tendu,
05:12qui expliquait les valorisations qui étaient relativement élevées.
05:14Donc on avait un super cycle de croissance bénéficiaire
05:17du côté de la tech américaine,
05:19drivée par la tendance d'investissement de capex dans l'IA.
05:22Mais là, on a un début d'infléchissement.
05:24Pour l'instant, ça reste relativement élevé, mais c'est très nouveau.
05:29Et cette question, la tech, la concentration aussi,
05:32parce que vous disiez, il y a un signal coréen ce matin,
05:35lundi Kospi, mais la plupart des marchés coréens
05:37qui se sont cassés la figure,
05:39parce que ces marchés dépendent énormément de la tech également.
05:41Il y a une grande concentration.
05:42Est-ce que c'est un signal à ce qui s'est passé ce matin en Asie
05:44aussi pour Wall Street ?
05:45Parce que Wall Street dépend de la tech,
05:47à plus de 35% du S&P, de la CAPI,
05:49c'est des valeurs tech désormais.
05:51Est-ce que ce qui s'est passé ce matin est un signal aussi,
05:54peut-être avant-coureur,
05:55en tout cas un avertissement pour le marché américain ?
05:57C'est même plus de 35%,
05:58c'est 35% si on regarde le secteur technologique,
06:00mais si on réintègre les valeurs qui sont des valeurs technologiques,
06:03mais qui ne sont pas officiellement dans le secteur technologique,
06:06comme Amazon ou Apple,
06:07qui sont dans les secteurs consommation,
06:09on est à quasiment 50% de valeurs tech et assimilées dans le S&P 500.
06:13C'est une très forte concentration,
06:15à notre sens, ce n'est pas un risque en absolu,
06:17par contre, c'est un changement de nature de risque.
06:19Quand on a investi sur le S&P 500,
06:21on n'a investi pas uniquement sur l'ensemble de l'économie américaine,
06:25ce n'est plus du tout un risque systémique,
06:27ce n'est plus un risque de marché qu'on prend,
06:29c'est un risque très concentré sur la technologie.
06:31Donc c'est vrai que c'est un changement de nature de risque
06:33qu'il faut avoir en tête lorsqu'on veut s'exposer sur les marchés américains.
06:36Et naturellement, si on va avoir une exposition
06:38sur toute la croissance de l'économie américaine,
06:41il faut diversifier son exposition en allant sur d'autres segments,
06:44comme les small et mid-cap,
06:45qui sont plus corrélés au marché américain
06:48et à la croissance plutôt cyclique,
06:49plus domestique des marchés américains.
06:52Russell 2000, donc petites et moyennes valeurs.
06:532000 et 2500, tout à fait.
06:55Et en Europe, pendant ce temps,
06:57parce que le pétrole baisse toujours,
06:58on est à 77 dollars pour le baril de Brent,
07:00les marchés européens en profitent à moitié,
07:02on va dire, de cette baisse des cours du pétrole.
07:04Est-ce que vous voyez un potentiel se reconstituer ici ?
07:06On a eu des indices PMI quand même encourageants ce matin,
07:08un peu plus haut de trois mois.
07:10Effectivement, encourageants,
07:10avec une légère inflexion du côté des services.
07:14Ce n'est pas encore fantastique.
07:16On reste sous la barre des 50,
07:17donc ça reste en zone de contraction,
07:18même si l'inflexion est quand même positive.
07:21Ce qu'on aime en Europe,
07:22c'est surtout les small et mid-cap,
07:23donc les petites et moyennes valeurs,
07:25qui sont plus domestiques
07:25et surtout qui sont plus industrielles.
07:27Du côté des large caps,
07:28on a beaucoup de valeurs de consommation,
07:30et notamment, quand on regarde le luxe,
07:32de consommation liée aux pays émergents.
07:35Les données qui ont été publiées en début de semaine
07:38sur la Chine, sur la consommation chinoise,
07:39sont assez mauvaises.
07:41Donc on a toujours une tendance relativement négative
07:43du côté de la consommation chinoise
07:45qui pèse quand même sur les large caps européennes.
07:48En revanche,
07:49du côté de l'industrie européenne,
07:51on a des belles valeurs.
07:52Des belles valeurs d'industrialisation très cycliques,
07:55mais aussi des valeurs plutôt orientées
07:57sur la thématique de l'électrification.
08:01Et donc, d'une certaine manière,
08:02tout ce qui est lié au data center,
08:04à l'intelligence artificielle,
08:05on a aussi quelques valeurs,
08:06comme Nexans, par exemple,
08:07qui profite de cette belle tendance.
08:09Donc, en Europe, ce qu'on aime,
08:11c'est l'industrie
08:11et tout ce qui est lié plutôt au hardware
08:14qui permet d'accompagner cette tendance dans l'IA.
08:18Oui, l'Europe qui recule aujourd'hui moins qu'Wall Street,
08:21c'est vrai, le S&P perd 1%,
08:22alors que le CAC 40 ne perd que 0,5.
08:24L'Eurostock 50, lui perd,
08:25comme Wall Street, 1%,
08:26moins 1 sur l'indice des 50 plus grosses valeurs européennes.
08:29À Paris, notez que STM,
08:30qui a tant progressé depuis le début de l'année,
08:32repère 7% dans le sillage des valeurs coréennes
08:34dont on parlait.
08:35À l'inverse, la tech mal aimée,
08:36elle, rebondie aujourd'hui.
08:37On voit Capgemini dans ce système,
08:38au contraire, progresser.
08:40Capgemini est même plus forte hausse du CAC
08:41après avoir perdu cette année 40% depuis le 1er janvier.
08:44Aujourd'hui, Capgemini tente un petit rebond.
08:47Joyeux anniversaire.
08:48Enfin, je ne sais pas s'ils le vivent vraiment comme ça,
08:50les Britanniques.
08:51Ça fait aujourd'hui 10 ans, jour pour jour,
08:53jour pour jour, 10 ans,
08:54qu'ils ont voté le Brexit.
08:56Bon, économiquement, joyeux anniversaire
08:58ou pas ce Brexit ?
08:59C'est un anniversaire qui n'est pas forcément très glorieux.
09:02Deux stats très intéressantes.
09:04Quand on regarde du côté des ménages anglais,
09:07britanniques,
09:08on n'a que 30% des ménages britanniques
09:10qui sont satisfaits de cette solution,
09:12de la sortie de l'Union européenne.
09:15Et d'un point de vue plus fondamental,
09:17d'après des études de Blumer
09:18et de certains instituts britanniques,
09:21on estime que la croissance du PIB par tête
09:24aurait été 8% supérieure
09:26si la Grande-Bretagne n'était pas sortie
09:29de l'Union européenne.
09:30Donc en fait, a posteriori,
09:31ça a été plutôt un mauvais choix économique
09:34et les ménages anglais
09:36sont plutôt mécontents
09:37de cette situation à posteriori.
09:39Donc pour les 10 ans,
09:41finalement, le bilan n'est pas forcément très glorieux.
09:43Et Keir Starmer a annoncé hier sa démission.
09:45Il sera remplacé à partir du mois de juillet.
09:48On aura donc eu en 10 ans,
09:507 ans, l'âge du Brexit,
09:527 premiers ministres au Royaume-Uni.
09:53C'est un rythme d'instabilité politique
09:55et un intensité dans l'instabilité
09:57jamais vu en deux siècles.
09:59Triste.
09:59Alors que c'était un modèle de stabilité politique,
10:01c'est en train de devenir une forme d'Italie
10:02de l'autre côté de la banque.
10:03Alors que l'Italie, au contraire,
10:04elle est en train de devenir plus stable.
10:06Oui, en France, on n'est pas forcément
10:09un bon exemple là-dessus.
10:10Mais effectivement,
10:11c'était plutôt un bon exemple historiquement,
10:14cette région-là.
10:15Et malheureusement, aujourd'hui,
10:16c'est plutôt une forme de déstabilisation, effectivement.
10:19Merci, Nour, d'être passé nous voir.
10:20Nour, Berndi Meret,
10:21pour Ivesta Family Office.
10:22Bon retour.
10:23C'est cool.
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