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  • il y a 2 mois
Amiral Didier Maleterre, vice-président conseiller défense d'Exail Technologies, était l'invité de Laure Closier dans Good Morning Business, ce mardi 23 juin. Ils ont abordé la menace des mines dans le détroit d'Ormuz, la proposition française d'y déployer une flotte de drones maritimes, ainsi que l'expertise d'Exail dans la sécurisation de ces voies stratégiques grâce à ses technologies de nouvelle génération, sur BFM Business. Retrouvez l'émission du lundi au vendredi et réécoutez la en podcast.

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Transcription
00:007h45 sur BFM Business et sur RMC Live. Notre invité ce matin c'est l'amiral Didier Malterre.
00:04Bonjour, vous êtes aussi vice-président conseiller défense d'Excel Technologies.
00:09On va bien sûr parler ensemble du Détroit d'Ormousse qui rouvre avec des bateaux qui passent à nouveau
00:14et cette question évidemment des mines. Vous travaillez vous sur cette question pour Excel Technologies
00:20depuis plusieurs mois. Est-ce qu'on a aujourd'hui une vision assez claire de si oui ou non le
00:25Détroit est miné ?
00:27Alors je vais répondre aussi et aussi clairement qu'on ne le sait pas et pour le savoir il faut
00:33y aller.
00:33Alors vous savez effectivement la bonne nouvelle c'est que le président Trump a décidé en quelque part
00:38de jeter l'éponge, d'arrêter et finalement c'est sans doute une bonne chose pour l'économie mondiale aussi
00:45parce que sinon on partait en récession. Maintenant les Iraniens ont décidé de mettre en place des frais de service
00:52on va appeler ça des droits de péage, un peu d'ailleurs comme les détroits turcs de Dardanelles et Bospors
00:57mais ça ça date quand même de la convention de Montreux.
01:01Et donc est-ce que les Iraniens vont autoriser la coalition européenne à venir pour s'assurer que le Détroit
01:08est libre de toute menace ou ils vont garder cette ambiguïté et faire valoir cette ambiguïté
01:15en mettant en place des frais de service, de sécurité alors qu'au début du conflit le Détroit était pleinement
01:21ouvert.
01:21Si on y va, la France propose de fournir deux drones de surface qui est construit notamment par l'entreprise
01:27française Excel,
01:28un sonar tracté, un robot sous-marin téléopéré.
01:32Avec ça on peut avoir une vision justement du Détroit, être ce qu'il y a sous la mer ou
01:37sur la mer
01:37parce que les mines peuvent être aussi au niveau de l'eau.
01:40Écoutez, effectivement, le président de la République l'a redit, il y a une coalition sous un directoire franco-britannique,
01:47une quarantaine de nations soutiennent cette initiative.
01:52Les moyens sont actuellement prépositionnés, pas dans le Détroit d'Hormuz mais sans doute un peu en camp en retrait,
02:00dans l'attente du feu vert iranien.
02:02Donc on a deux types de technologies.
02:04On a l'ancienne technologie, ce sont des chasseurs de mines, des bateaux avec des coques amagnétiques
02:09qui font 50 mètres de long avec un équipage à bord et qui ont un sonar pour s'assurer que
02:15les passages sont clairs.
02:17Et ils opèrent aussi un robot téléopéré qui est effectivement Excel, qui a été développé dans les années 70.
02:23Ça c'est l'ancienne génération de la lutte contre les mines qui est déjà très opérationnelle
02:28pour la protection des sous-marres nucléaires que j'ai eu la chance de commander à Brest.
02:31C'est cette capacité-là qui s'assure que les routes sont bien dégagées.
02:35Donc on déploie cette capacité outre-mer, outre-mer en l'occurrence en l'océan indien.
02:39Et puis on a l'arrivée effectivement des nouvelles technologies,
02:42pour lesquelles d'ailleurs Excel fait partie du leadership mondial.
02:47Et là, pratiquement tout est dronisé.
02:50C'est-à-dire que vous avez un bateau qui dispose des capacités dronisées,
02:55il reste en dehors de la zone de danger.
02:57Et on va déployer des drones de surface, donc c'est des bateaux de 12 mètres, sans équipage à bord,
03:02parce que l'enjeu c'est d'écarter l'humain de la zone de danger.
03:06Et ce vecteur, sans personne à bord, opère lui-même des drones sous-marins.
03:11Parce qu'on parle de drones aériens, beaucoup évidemment dans la guerre en Ukraine,
03:16mais également en Iran, il y a des drones marins et sous-marins.
03:19Oui, alors effectivement on a tendance à croire que les drones, c'est essentiellement dans le domaine aérien.
03:25On le voit, l'importance dans la guerre en Ukraine notamment.
03:30Mais on en trouve partout, on en trouve à terre, on le voit sur les lignes de front en Ukraine,
03:34et également sur les océans, et également sous les océans.
03:39Je prends comme exemple ce qui se passe actuellement dans le Pacifique,
03:42et on peut le documenter, Excel fournit également des centrales inertiales de navigation,
03:47parce que sous l'eau vous n'avez pas de GPS, donc pour vous localiser,
03:50vous avez besoin d'avoir une capacité inertiale de navigation.
03:53On les vend par centaines, donc ça veut dire que l'US Navy, la marine japonaise et d'autres pays
03:59s'équipent,
04:00mais massivement parce qu'en mer de Chine méridionale, l'ambition des Chinois,
04:04ils l'ont clairement décrété, c'est d'essayer de rechercher une sorte de transparence sous l'eau,
04:09pour savoir ce qui s'y passe, notamment pour faire face aux sous-marins nucléaires américains.
04:13Donc il y a ce combat naval, entre quelque sorte, ou cette bataille navale.
04:17– Mais qui n'a plus rien à voir avec ce qu'elle était auparavant,
04:19je ne sais pas, où il y avait quelques sous-marins,
04:21là on a une bataille de drones sous-marines.
04:23– C'est une bataille du renseignement.
04:25En fait, vous voyez, en termes de transparence tactique,
04:28on dit qu'à Terre, au jour d'aujourd'hui, on arrive à savoir à peu près ce qui se
04:31passe
04:31sur les lignes de front, 20 kilomètres de part et d'autre.
04:35Dans l'espace, c'est pareil, dans les airs,
04:37mais en fait, il reste deux endroits où c'est très difficile de savoir ce qui se passe,
04:39sous l'eau, et on le voit, Ormuz, c'est 60 mètres d'eau, c'est très peu d'eau,
04:44on n'arrive pas à savoir si les lignes sont au fond.
04:46Et également sous terre, vous voyez comment les Iraniens ont développé des souterrains,
04:50donc là, il reste encore ces deux espaces stratégiques
04:53où c'est très difficile de savoir exactement ce qui se passe.
04:56– Avec des enjeux stratégiques autour des câbles, autour d'Internet ?
04:59– Oui, exactement. En fait, on peut presque dire que le XXIe siècle,
05:04c'est vraiment le siècle de la maritimisation des enjeux stratégiques.
05:08On parle même de territorialisation des enjeux stratégiques.
05:11Regardez, en mer de Chine méridionale, les Chinois poldérisent des îles,
05:16c'est-à-dire des îles qui étaient inhabitées,
05:17ils les transforment en pistes pour leurs avions, avec des capteurs.
05:23Et donc ces enjeux-là font qu'il s'agit de protéger les détroits,
05:27il s'agit de protéger le transport maritime,
05:30il s'agit de protéger aussi les câbles sous-marins.
05:34Plus de 95% d'Internet, des échanges financiers,
05:37passent sous l'eau, 1% seulement par l'espace.
05:40Donc tout ça, quand ça a été développé, ce n'était pas protégé.
05:43Donc on a des vulnérabilités.
05:44On l'a vu en Baltique, j'avais la chance de faire partie de l'État-major,
05:47de l'OTAN à Northwood.
05:51Les actions qui ont été opérées, notamment par les Russes,
05:55maintenant on peut le dire, en draguant avec des encres,
05:58les câbles sous-marins, voilà.
05:59Il y a des enjeux maritimes énormes qui impactent le transport maritime,
06:03mais également le transport immatériel de l'Internet.
06:06Mais vous disiez qu'Excel vendait par centaines justement
06:09cette technologie à l'US Navy.
06:11Ils n'ont pas, eux, cette technologie ?
06:13C'est-à-dire que là-dessus, on est meilleur ?
06:14Et nous, l'Excel est vraiment, et je le dis en toute humilité,
06:17je viens juste de rejoindre l'entreprise, j'en suis partiellement fier,
06:19l'Excel fait partie des leaders mondiaux,
06:23et en Europe, sans doute le leader mondial pour les centrales inertielles,
06:27en particulier pour les systèmes dronisés sous-marins.
06:31C'est toute une expérience qui commence dès les années 70,
06:34donc on a quand même 50 ans d'autorité opérationnelle,
06:36j'aurais tendance à dire, et toute cette connaissance,
06:39les ingénieurs qui développent des centrales à fibre optique,
06:43la fibre optique elle-même développée à l'Agnon,
06:46donc tout ça, ça appartient à Excel,
06:47donc on dit que c'est Itar Free,
06:50c'est-à-dire qu'on n'a pas de dépendance aux Américains,
06:51et c'est de la R&D autofinancée,
06:54donc voilà, ce qui donne une certaine force,
06:55avec une qualité de précision plus ou moins importante,
06:58par exemple, on équipe intégralement la Royal Navy britannique,
07:02avec des centrales inertielles de navigation d'Excel,
07:06qui montrent vraiment tout le savoir-faire de l'entreprise.
07:08On voit évidemment le succès d'Excel,
07:09les contrats qui pleuvent,
07:11parce que le carrément de commande est particulièrement rempli,
07:13mais il y a tout un tissu de PME, de TI en France qui parfois galère,
07:18notamment parce que la commande publique ne suit pas toujours,
07:20on a besoin de financement,
07:22c'est quoi votre regard sur l'ensemble de la filière ?
07:25C'est effectivement un environnement qui n'est pas simple,
07:30à tel point que l'entreprise Excel a fait quand même son chiffre d'affaires
07:33essentiellement à l'export, plus de 80% c'est de l'export.
07:37Dans le domaine de la défense, que je m'occupe tout particulièrement,
07:39les choses évoluent, notamment en matière de dronisation navale,
07:44on s'aperçoit que la France a la chance d'avoir 11 millions de kilomètres carrés
07:49en zone économique exclusive.
07:51Cette zone maritime est immense, 11 millions de kilomètres carrés,
07:54il faut des moyens, la marine française que je connais bien,
07:58elle a actuellement une quinzaine de frégates,
08:00c'est totalement insuffisant.
08:01Donc pour combler, il faut un mix capacitaire entre les legacy plateformes,
08:06les anciennes plateformes et des drones
08:08qui vont vous permettre de faire des veilles permanentes.
08:11On a une coopération actuellement avec la marine
08:15qui couvre l'ensemble de la Méditerranée, donc à Toulon,
08:18avec des drones qui vont surveiller des opérations illicites,
08:22de la pêche illégale, des opérations contre le narcops.
08:27Vous voyez, donc tout ça va permettre de muscler un petit peu la marine.
08:30On peut combler, ce que vous me dites, ce n'est pas assez 15 frégates,
08:32on peut combler avec les drones où il faudra de toute manière de nouvelles...
08:36Le budget, il est ce qu'il est, quand bien même, il a été augmenté de l'ordre du double.
08:41Quand on regarde un peu l'ambition qui a été fixée,
08:44notamment par le président Trump au travers de l'OTAN, c'est 100 milliards.
08:46On n'y est pas encore, on est à 60 milliards.
08:48Donc pour combler cette capacité-là, une frégate, vous savez, ça coûte 900 millions d'euros.
08:53Une frégate française, type Frem, 900 millions, avec un coût de 300 000 euros par jour.
08:58Donc ça coûte cher.
08:59Donc si on veut une capacité de veille permanente, on appelle ça Payment ISA,
09:05Intelligence Surveillance Reconnaissance.
09:07Le drone apporte cette plus-value avec des prix nettement plus faibles.
09:11Merci beaucoup Amérald d'être venu ce matin sur le plateau de BFM Business.
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