00:00Bonjour Olivier Loube. Bonjour Alexandre.
00:02Merci d'être avec nous en studio.
00:03Vous avez peut-être entendu notre reportage à 7h
00:05des votants, des votants à Toulouse qui nous disaient
00:08« ça ne m'intéresse pas du tout,
00:10c'est une tendance majoritaire
00:12aujourd'hui à 6 jours du vote ».
00:13C'est en tout cas une tendance originale, si je puis dire.
00:16Pas majoritaire.
00:17Oui, mais originale par rapport à ce qu'est l'histoire des municipales.
00:20Habituellement, l'élection municipale
00:22c'est celle pour laquelle les électeurs se mobilisent le plus
00:24parce qu'il y a une proximité des pouvoirs.
00:26Et donc le fait que l'abstention puisse
00:28continuer à progresser ou être plus forte
00:30que jamais cette fois-ci, sera quand même
00:32une surprise, malgré tout, à l'échelle historique
00:34puisque je suis là aussi pour parler
00:36d'histoire. Donc, est-ce que ce sera
00:38confirmé ? C'est assez probable
00:40si on voit le fait qu'il y a aussi
00:42un problème dans les débats.
00:44On en parle à l'échelle nationale,
00:46il y a de la difficulté, peut-être l'éprouvez-vous
00:48ici, en Occitanie,
00:51à faire venir des candidats
00:52sur les plateaux, et ça
00:54n'augure pas de bonnes choses
00:56pour ce qui est de l'engagement. Pourquoi d'ailleurs ?
00:58Selon vous ?
00:59Alors, je pense qu'il y a une forme de crainte
01:02dans l'élection et que l'idée
01:04progresse dans les milieux politiques
01:06qu'au fond, ne pas
01:08débattre est se donner
01:10une meilleure chance. C'est évidemment pas du tout
01:12un bon signe pour la vie de la cité.
01:14Elle vient d'où cette crainte
01:16de la part des candidats et des candidats
01:18à cette élection ?
01:19De l'épuisement peut-être de certaines formes. Alors, très
01:22anciennes, les débats contradictoires, publics,
01:24ça, c'est quelque chose qui a disparu depuis longtemps.
01:26La télévision ou la radio avait un peu pris
01:28la suite en termes de
01:30débats dans la cité, mais
01:32les éléments récents,
01:34on a vu des présidents, lorsqu'ils
01:36se représentent, ne pas participer
01:37à des débats. Enfin, l'exemple vient un peu d'en haut.
01:40Les primaires aussi ont probablement
01:42épuisé l'idée que se faisaient
01:44les candidats politiques
01:46de la valeur pour eux-mêmes
01:47de ce type de débat. Donc, on préfère
01:50aussi, peut-être, non pas
01:52débattre, mais fonctionner en silo
01:54dans les réseaux sociaux. Peut-être reste ça.
01:56Franchement, ce n'est pas un très bon signe
01:58et peut-être cela a-t-il un effet fort
02:00sur la volonté
02:02de ne pas y aller, justement. Parce que c'est une volonté
02:04aussi. Vous parliez de l'abstention,
02:06elle était record il y a six ans, mais c'était
02:08une élection municipale particulière.
02:10On était en pleine pandémie de Covid.
02:12On est sur quelle tendance
02:14aujourd'hui ? Celle de 2014 ? On serait sur
02:16un votant sur deux, un peu plus d'un votant sur deux ?
02:18Il faut l'espérer. On a
02:19évidemment des éléments de sondage pour les grandes villes.
02:22On en a beaucoup, beaucoup moins, vous le savez mieux
02:24que d'autres ici, pour ce qui est
02:26du tissu profond, du tissu
02:28rural ou périurbain
02:30dans la région et dans toutes les régions.
02:32Donc, ça sera une inconnue, une des inconnues.
02:34Oui, quand même, le Covid était exceptionnel.
02:36Donc, on peut légitimement
02:38se dire qu'il y aura une remontée
02:40par rapport à 2020. Au niveau de 2014,
02:42ça, c'est le grand enjeu. Et donc, des surprises ?
02:44Ça veut dire donc des surprises, notamment en Occitanie ?
02:46Absolument, parce que dès lors qu'il y a
02:48une baisse du vote, on se trouve assez fréquemment
02:52dans l'épaisseur du trait, comme disent les statisticiens.
02:54Et il est compliqué de dire qu'il va émerger
02:56d'une liste à 9,50 vers une liste à 11,5.
03:00Ça, c'est compliqué quand l'abstention...
03:02On rappelle que c'est 10, pour se qualifier au second tour.
03:0410% des votes.
03:04Pardon, merci de le préciser.
03:07Ce qui, habituellement aussi,
03:09favorise
03:10l'expression des votes de conviction.
03:12C'est-à-dire que, lorsque l'abstention
03:14progresse, ça signifie que ceux qui vont
03:16voter sont les plus convaincus.
03:18Et là, il y a des surprises du côté, par exemple,
03:20des groupes les plus radicaux
03:22dans l'échiguier, par rapport à l'échiguier politique.
03:25Éclairez-nous, notamment à Toulouse,
03:26où le maire sortant d'hiver droite, Jean-Luc Moudin,
03:28se représente.
03:30Est-ce qu'il peut être battu
03:33cette année ?
03:34Oui, bien sûr, il peut être battu.
03:36Il va être battu.
03:37Ah, là, vous transformez
03:39l'historien en...
03:40Je vous repose la question.
03:41Est-ce qu'il va être battu ?
03:42Alors, franchement, vous répondre et m'engager,
03:44soit on est du côté de Rémi Doutre
03:47et on fait des paris sportifs.
03:48Notre commentateur de rugby, oui, il fout.
03:51Exactement.
03:51Et pourquoi pas ?
03:52Mais c'est une autre émission de notre type.
03:54Lorsqu'il s'agit de réfléchir aux possibilités,
03:57il faut échavonner des scénarios.
03:58Et ça, c'est intéressant.
03:59Par exemple...
04:01Le plus probable ?
04:01Le plus probable, ça va dépendre
04:04de face-à-face ou d'une triangulaire.
04:06La quadrangulaire semble s'éloigner.
04:08Donc, quatre candidats au second tour ?
04:10Oui, ça, c'est...
04:11Et à Paris, il y aura peut-être
04:12une coinca angulaire.
04:13Alors ça, c'est la première fois que je vous promets.
04:14Mais à Toulouse, visiblement,
04:15le candidat à son nom national
04:16est assez loin derrière, selon les sondages.
04:19Mais, encore une fois,
04:20c'est compliqué d'évaluer.
04:21Tout à fait.
04:22Surtout dans le cas de Toulouse,
04:23où on n'a pas d'éléments préalables.
04:26C'est-à-dire que plus un parti,
04:28ou plus une personnalité
04:30a été et s'est présentée devant les électeurs,
04:32plus on a de base,
04:33pour statistiquement,
04:35pour produire de bons...
04:36Il resterait Jean-Luc Moudin
04:37que maire sortant d'hiver droite,
04:39François Brionçon pour le PS
04:40et les écologistes,
04:41et François Picmal pour la France insoumise.
04:42Voilà.
04:43Alors là, tout reposera
04:44sur la fusion à gauche.
04:46Et sur le type de fusion,
04:48ou le type de rassemblement.
04:49Est-ce que,
04:50si c'est une triangulaire,
04:51le maire,
04:52très probablement,
04:53sera réélu ?
04:54Là, c'est pas la peine
04:55de faire de la divination,
04:57ça va marcher.
04:57On reprend grosso modo
04:58les résultats du premier tour.
04:59Oui, ben voilà.
05:00Et donc là,
05:01la gauche divisée,
05:02une fois de plus,
05:03j'allais dire,
05:03à Toulouse,
05:04perdra les élections municipales
05:05alors qu'on sait
05:06que le terreau toulousain
05:07est plutôt à gauche
05:08dans toutes les autres...
05:08Vous n'y croyez pas,
05:09cette fusion à gauche ?
05:11Elle est tout à fait possible,
05:12je pense, à Toulouse.
05:14Finalement et paradoxalement,
05:16la division de la gauche
05:18est peut-être moindre,
05:19cette fois-ci,
05:19que la fois précédente.
05:21Paradoxalement,
05:22mais ça va être raide,
05:24ça va être rude.
05:26Il va falloir,
05:26pour fusionner,
05:27par exemple,
05:28il va falloir trouver
05:28de la place
05:29sur les listes
05:30pour les gens
05:31qui viendraient
05:31de la liste...
05:33Mais elle se sera ?
05:34Elle peut se faire,
05:35je pense,
05:35à Toulouse,
05:36cette année.
05:37Plus, je répète,
05:39que ça a été fonctionnel
05:40la fois précédente.
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