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  • il y a 2 jours
Dans son édito du 21/02/2026, Mathieu Bock-Côté revient sur les événements qui ont suivi la mort du jeune Quentin, battu à mort par des militants d'ultragauche.

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00:00Alors, un grand retournement. Un grand retournement. En une semaine, il y a un fait qui nous frappe, brutal, atroce,
00:06la mise à mort de Quentin, son inchage à mort.
00:10Une semaine plus tard, le discours public s'est affranchi du réel. Une semaine plus tard, le réel n'existe
00:17plus et le récit idéologique, falsifié, fantasmé, porté par la gauche est de nouveau dominant et c'est celui d
00:25'une menace donc fasciste en France aujourd'hui.
00:29Par ailleurs, il y a quand même un fait premier qui nous revient à l'esprit. On a quand même
00:33été obligé de découvrir que l'ultra-gauche est violente et on pourrait ajouter que la gauche est violente et
00:39que la violence de gauche n'est pas une violence accidentelle mais structurelle.
00:43Je me permets de donner quelques éléments qui relèvent de l'histoire récente pour nous rappeler que la violence de
00:47gauche n'est pas accidentelle.
00:48Pensez à Sainte-Séline, aux affrontements. Quand on décide d'affronter directement les policiers avec des moyens, des armes qui
00:56potentiellement peuvent tuer, c'est qu'on accepte d'avance la possibilité de tuer les forces de l'ordre.
01:00Pensez à Andreas Malm, vous savez, cet universitaire suédois qui est intégré dans l'institut de formation de LFI qui
01:07légitime quant à lui le sabotage contre les pipelines, par exemple, contre les oléoducs.
01:13Pensez à Marc Bré, cet historien mis de l'avant, aujourd'hui à gauche, partout, ce théoricien de l'antifascisme
01:19qui dit que la violence est nécessaire pour créer un climat d'intimidation morale et d'intimidation sociale autour de
01:25certaines idées.
01:25Et pensez simplement à l'échelle de l'histoire. On nous a parlé de Trotsky cette semaine, d'ailleurs, M.
01:29Mélenchon, s'est réclamé du trotskisme.
01:31Faut-il rappeler que Trotsky a légitimé le meurtre massivement de la conquête du pouvoir révolutionnaire?
01:37Donc, c'est une tradition violente qui cherche à se faire passer pour une tradition bisounours.
01:42Quoi qu'il en soit, nous sommes ici, donc, une semaine plus tard, il y a eu une forme de
01:47détournement de récits.
01:50L'extrême-centre en a profité pour nous refaire son coup préféré. C'est la menace des extrêmes et le
01:56Bloc central serait le seul gardien de la démocratie.
01:59Nous connaissons ça par cœur. Le Bloc central nous dit, oui, il y a une violence à l'ultra-gauche,
02:05mais la vraie menace n'est-elle pas à l'extrême-droite?
02:07Quoi qu'il en soit, nous allons nous tenir à égale distance de cette force terrifiante.
02:11Nous sommes les seuls démocrates véritables.
02:14On notera, soit dit en passant, que le Bloc central rêve d'éjecter dans les circonstances Jean-Luc Mélenchon pour
02:19être capable de rapatrier au cœur du jeu politique
02:23la gauche non-éléfie en pensant trouver par là les conditions de sa réélection en 2027.
02:28Par ailleurs, il faut voir ce que la gauche a fait de cette semaine.
02:31On a cette manifestation aujourd'hui qui a été présentée sur d'autres chaînes comme une manifestation factieuse.
02:37C'est une manifestation qu'on a voulu faire interdire. C'est une manifestation qui a été présentée comme moralement
02:43inacceptable.
02:43La commémoration de la mémoire de Quentin passait pour un geste factieux et néo-fasciste.
02:49La presse de gauche, en une semaine, a construit l'image d'un Quentin nazi, d'un Quentin d'extrême
02:56droite, comme ils disent, d'un Quentin néo-fasciste, d'un Quentin monstrueux.
03:00On a construit l'image d'un homme qui, s'il ne devait pas mourir, à tout le moins ne
03:04méritait pas nos larmes, ne méritait pas nos pleurs, ne méritait aucune commémoration.
03:08On nous a dit, d'ailleurs globalement, on nous a dit que c'est un néo-fasciste ou un néo
03:11-nazi.
03:12S'il ne l'est pas, à tout le moins ses amis l'étaient.
03:14Si ses amis ne l'étaient pas, à tout le moins ceux qui l'admirent l'étaient probablement.
03:18Et d'ailleurs, il soutenait l'émésiste, qui n'est pas un véritable groupe féministe, mais un groupe identitaire d
03:22'extrême droite, et ainsi de suite.
03:24Donc, on a assisté en une semaine en la fabrication d'un monstre.
03:28Et je voyais aujourd'hui le traitement de la manifestation sur d'autres antennes.
03:33C'était absolument scandaleux. Il faut être sérieux.
03:35Des chaînes de propagande, il y en a quelques-unes, elles ne sont pas que dans le service public.
03:38On a une autre chaîne, que je ne nommerai pas, qui traitait l'actualité sur le mode de cette manifestation
03:43factieuse, potentiellement dangereuse.
03:44On guettait l'occasion, on guettait le dérapage sous le signe du désir.
03:50On voulait voir des gens qui se tabassent. On voulait voir un dérapage majeur.
03:54Il n'a pas eu lieu. Mais qu'est-ce qu'on fait dans les circonstances ?
03:57On scrute dans la manifestation, et il y a plusieurs milliers.
04:00Inévitablement, dans une manifestation de plusieurs milliers, vous avez des cas un peu bizarres.
04:03Vous avez des cas coucous.
04:04Inévitablement, vous guettez le manifestant qui est peut-être louche par son t-shirt, qui est peut-être louche par
04:10son tatouage.
04:10Et là, vous dites, voilà les représentants du fascisme qui marchent aujourd'hui à Lyon.
04:15Je n'ai pas l'habitude de qualifier les choses, mais c'est quand même scandaleux.
04:18Il y a quand même des limites. La propagande devrait se cacher des fois.
04:21Et par ailleurs, la gauche, mais vous noterez cette semaine, LFI n'a jamais reculé.
04:25C'est important de le dire, et LFI ne recule jamais.
04:28Et qu'est-ce qu'on voit une semaine plus tard ?
04:30Ils ont repris l'avantage du terrain sur le plan symbolique, sur le plan moral.
04:33Ils ont imposé leur interprétation.
04:35On a vu, je crois que c'était dans l'Humanité, c'était hier, un texte de, je pense, 120
04:40personnes ou 180 personnes.
04:42180 personnes.
04:43Signez un texte qui nous explique que, finalement, ce qui s'est passé, la mort de Quentin, révèle en fait
04:48que la gauche serait la grande victime des circonstances présentes.
04:51Partout, on nous présente l'antifascisme, comme ils appellent ça, comme ils ont le culot d'appeler ça, comme la
04:55victime des circonstances présentes.
04:57On fait une comparaison entre Quentin et Horst Vessel, qui était engagé dans la SA, qui est une forme de
05:02martyr nazi des années 30, présenté comme tel.
05:05Donc là, Quentin devient le martyr nazi des temps présents.
05:09Je me permets d'ajouter que ce récit a été porté aussi par Dominique de Villepin, à sa manière, qui
05:14n'en finit plus de mener sa campagne pour succéder à Jean-Luc Mélenchon si celui-ci en venait être
05:18évacué de la vie politique.
05:20Et à travers tout ça, on nous explique, finalement, que lorsqu'un homme de droite meurt, en fait, c'est
05:24la gauche qui est victime, encore une fois.
05:26La gauche a repris le récit complètement une semaine plus tard.
05:29Et avec cette manifestation aujourd'hui, je vous l'annonce, dans une semaine, on va nous expliquer, on va avoir
05:33oublié Quentin, on va nous avoir dit que cette marche-là témoigne du retour du fascisme en France aujourd'hui.
05:38La gauche médiatique a proposé cette semaine un décompte macabre des morts de l'ultra-gauche et de l'extrême
05:43-gauche. Qu'en retenir, Mathieu Bocoté?
05:45De l'ultra-gauche, de l'extrême-gauche, de l'ultra-droite, de l'extrême-droite.
05:48Qu'est-ce qu'on nous a dit? C'est une espèce de décompte. On en voit les chiffres dans
05:51l'espace public.
05:5259 morts depuis les années 80, 59 morts de l'ultra-droite et 6 morts de l'ultra-gauche.
05:59Et là, c'est repris, puis ces chiffres-là tournent sans arrêt sur le mode de l'intimidation, du genre,
06:04oui, certes, Quentin est mort, mais la trame de fond, c'est que les morts viennent de l'autre camp.
06:08Jamais ces chiffres ne sont questionnés. Ces chiffres ne sont présentés comme s'ils allaient de soi, alors qu'on
06:13est quand même, de ce point de vue, devant une méthodologie bancale, sans pertinence.
06:18C'est une méthodologie, en fait, qui classe dans les crimes d'extrême-droite toute une série de crimes qui
06:24ne sont pas politiquement motivés, qui ne sont pas portés par des membres d'une organisation.
06:28Des crimes absolument condamnables, chaque fois qu'on se comprenne bien. Mais on construit de manière artificielle un 59 morts
06:35de l'extrême-droite, ça vira de manière ou de l'autre.
06:37Donc, on met là-dedans des actes non politiques, des actes passionnels, des profils qui n'ont rien à voir
06:41entre eux.
06:42Et là, on nous présente donc une forme de terrorisme d'extrême-droite qui ravagerait la France.
06:45Et de l'autre côté, la gauche, le récit médiatique qui est fait, sert à minimiser les actes.
06:51Les violences antifères ne sont pas comptabilisées, le racisme anti-blanc n'est pas comptabilisé, les violences contre les forces
06:56de l'ordre ne sont pas comptabilisées.
06:58Donc, on est devant une forme de récit, en quelque sorte, qui cherche à créer une disproportionate absolue entre violences
07:05de droit et violences de gauche.
07:06Dans les faits, ces chiffres sont mensongers. Ces chiffres sont mensongers et ils sont pourtant repris.
07:12Et ça nous rappelle une chose qui est assez fascinante, c'est la manière qu'à la gauche, d'être
07:15capable d'imposer son récit dans le débat public,
07:17elle impose un chiffre, elle le répète sans arrêt sur le mode de l'intimidation, parce que personne ne veut
07:22avoir l'air méchant,
07:22personne n'ose contester la liste qui nous est présentée, personne n'ose contester le récit qui nous est fait.
07:27Et à terme, qu'est-ce qu'on voit? Un récit, encore une fois, complètement déconnecté du réel, repris encore
07:32une fois,
07:33ça devient une spécialité par M. Dominique de Villepin.
07:35– Que retenez-vous donc de cette semaine, Mathieu Bocoté?
07:38– Fondamentalement, de cette semaine et de cette manif, franchement.
07:42Vous avez vu une manif, si vous avez regardé avec attention, vous n'avez pas vu une manifestation factieuse,
07:46vous n'avez pas vu une manifestation, ce n'est pas une manifestation de gauche, on s'entend.
07:50Mais, et puis il y a des gens là-dedans que je n'aurais pas envie de fréquenter, soyons clairs,
07:54il y a quelques fois, le propre des manifestations comme celle-là, c'est d'attirer des éléments radicaux aussi,
07:58qui dira le contraire? Mais il n'y a pas eu de violence, on a voulu interdire cette manifestation,
08:02on a voulu empêcher la commémoration, Grégory Doucet, le maire de Lyon,
08:07nous a dit que commémorer la mémoire de Quentin, c'est une manière de transformer sa ville en capitale de
08:12l'ultra-droite.
08:13Ce qui s'est passé en une semaine, en quelque sorte, c'est que la gauche radicale et l'extrême
08:19-centre,
08:19chacun de leur manière, ont profité des événements pour reconduire leur hégémonie dans l'espace public.
08:25Et je note, soit dit en passant, que le Rassemblement national, à sa manière, a participé à ça aussi.
08:29Quand le RN dit, oui, oui, oui, nous sommes tout autant contre l'ultra-gauche et l'ultra-droite,
08:33ils se sentent obligés de reconduire l'équivalence des menaces.
08:36Quand ils savent eux-mêmes que c'est faux, quand ils savent eux-mêmes que c'est faux,
08:40cette semaine, le Rassemblement national a repris à sa manière le récit du Bloc central,
08:45croyant par là se normaliser, croyant par là diaboliser LFI,
08:49mais à travers cela, il a légitimé l'idée qu'il y avait un équivalent de menaces à gauche et
08:53à droite,
08:53alors que c'est mensonger.
08:55Aujourd'hui, le fascisme ne menace pas la France aujourd'hui,
08:58la violence ne vient pas de droite aujourd'hui,
09:00mais le récit médiatique a balayé le réel, comme d'habitude.
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