00:00Et vous écoutez Culture Média sur Europe 1, 10h, 11h30, tous les jours, avec Thomas Hille.
00:05Savsha Nocovitch aussi qui nous a rejoint pour le sport, salut Sacha !
00:09Salut !
00:09Et Patrick Bruel, vous êtes toujours avec nous, on va parler théâtre maintenant avec vos deux partenaires sur scène.
00:14Bonjour Marine Delterve !
00:15Bonjour !
00:16Et bonjour Stéphane Fresse !
00:18Bonjour !
00:18Et merci beaucoup d'être là pour parler de cette pièce que j'ai eu la chance d'aller voir
00:22vendredi soir.
00:23Deuxième partie de Samuel Benchetrit, mise en scène par Ladislas Chola.
00:27C'est doublement sympa de votre part de venir, parce que j'ai l'impression que vous n'avez pas
00:31vraiment besoin de promos,
00:33vu que même les strapontins étaient pris ce soir-là.
00:37C'est assez fou ce qui se passe là, Stéphane Fresse, avec cette pièce.
00:41Oui, je vais être extrêmement prétentieux, c'est assez fou ce qui se passe pour moi depuis deux ans en
00:45fait,
00:45parce que j'ai l'impression que je vis ça.
00:47Après le cercle des poids d'histoire.
00:49Et je suis content, je suis très heureux.
00:51D'abord parce que c'est un spectacle que j'aime jouer, je le joue avec des amis, des gens
00:55que je respecte et que j'admire,
00:56bien, parce que le spectateur rit beaucoup, parce que la pièce est à la fois drôle et fait extrêmement réfléchir,
01:05et puis il y a un humour sur l'absurde, d'une finesse, d'une subtilité de Samuel Benchetrit que
01:10j'admire aussi énormément.
01:11Donc je trouve ça bien.
01:13Et alors non seulement le public est là, mais j'ai pu le vérifier sur pièce, il est heureux.
01:18Je le dis tout de suite, le public était debout dès le tombé de rideau, je ne sais pas si
01:22c'est comme ça tous les soirs, Marine Deltherme.
01:23Mais c'est tous les soirs.
01:24Tous les soirs comme ça ?
01:25J'espère que ça va être tous les soirs encore, parce que ça ne va se remettre en question.
01:29C'est extraordinaire, franchement.
01:30C'est des ovations, et puis c'est...
01:33Voilà, le public rit beaucoup aussi, mais est ému, et comme tu disais, c'est une pièce qui louvoit entre
01:38plein de gens,
01:39mais c'est extrêmement homogène, donc c'est assez étonnant, et les gens sont extrêmement émus aussi.
01:44Et on sent qu'il y avait une attente, une attente notamment aussi,
01:48parce que vous n'étiez pas remonté sur une scène de théâtre depuis plus de 15 ans, Patrick Bruel,
01:52donc voilà, il y avait aussi cette attente-là, avec le prénom, que vous jouiez dans le même théâtre, Edouard
01:57VII d'ailleurs.
01:57Est-ce que vous avez tout de suite retrouvé vos sensations et vos marques dans ce théâtre ?
02:01J'ai retrouvé des sensations extraordinaires qui m'avaient manqué.
02:05D'abord j'ai retrouvé ma loge, la même loge, et puis le foyer dans lequel on a travaillé pendant
02:10quelques semaines,
02:11ce foyer où on avait fait les répétitions du prénom exactement,
02:14et puis pas mal de codes qui sont revenus, c'est un peu comme le vélo,
02:19il y a des choses qui reviennent très très vite,
02:21mais il y a des choses qui reviennent...
02:23Ah oui, vous vous sentiez un peu rouillé aussi ?
02:24Non, pas rouillé, mais il y a des automatismes à reprendre,
02:30et puis avec beaucoup de travail, avec beaucoup de complicité,
02:33avec beaucoup de joie, comme disait Stéphane, de jouer ces personnages dans cette histoire
02:40qui passe de quelque chose d'extrêmement quotidien comme ça,
02:43quelque chose de beaucoup plus surréaliste,
02:46et en même temps, on est rattrapé par une réalité, par un questionnement,
02:51par des questionnements sur le couple, des questionnements sur la vie, sur les rapports.
02:58Et avec un rôle très différent de ceux dans quoi on vous a déjà vu, Patrick Bruel,
03:01moi j'étais assez surpris, mais racontons d'abord que la pièce démarre dans l'appartement du couple
03:06que vous jouez tous les deux, Marine Delterm et Stéphane Fraisse,
03:10ensemble depuis 30 ans, vous rentrez de soirée,
03:13et on sent très vite qu'entre vous, il y a un petit décalage,
03:16on peut dire les choses comme ça, Stéphane ?
03:18C'est plus vraiment l'amour fou, en tout cas de son côté à elle.
03:21Voilà.
03:23C'est bien, j'ai répondu.
03:26Moi je suis un homme heureux.
03:27Oui, vous, vous êtes très heureux, vous êtes toujours heureux.
03:29Mais c'est comme les gens qui ne voient pas,
03:32et qui un jour prennent très brutalement la poudre sur la gueule, voilà.
03:35Pour moi, la vie pourrait continuer comme ça éternellement,
03:38je suis heureux, j'ai rencontré une femme intelligente, douce, belle.
03:41Je vois bien, je me suis enfermé dans un mode de vie qui me convient,
03:45très égoïstement,
03:47et l'arrivée de cet homme va bouleverser nos vies, quoi.
03:52Il va réveiller surtout quelque chose qui s'était endormi,
03:54ce qui est à peu près le cas de tout le monde.
03:56C'est ça, alors qu'ils s'apprêtent tous les deux à aller se coucher,
03:59il est très tard, il y a une personne qui sonne à la porte,
04:02vous l'aurez deviné, c'est le personnage joué par Patrick Bruel,
04:05et vous arrivez en disant, c'est Pierre, c'est Pierre Kraft,
04:09sauf qu'eux, ils n'ont aucune idée de qui vous êtes, Marine.
04:12Oui, absolument, elle aime son mari,
04:16mais elle est en deuxième partie de vie,
04:18justement, avec ces questionnements que peuvent se poser aussi les femmes et les hommes,
04:22c'est-à-dire, est-ce que je reste, est-ce que je pars,
04:25est-ce que je réinvente mon couple, voilà.
04:27Et à ce moment-là, même si c'est inconscient en elle,
04:29arrive cet homme providentiel qui va,
04:31comme dans les films de Capra,
04:32à cette sorte d'archange qui va bouleverser tout, voilà.
04:35Oui, et là où je disais qu'on ne vous a jamais vu comme ça,
04:37Patrick, c'est que vous, vous jouez un personnage comme ça,
04:40un peu lunaire,
04:42qui vient de sa montagne,
04:43et qui, en tout cas, au début de la pièce,
04:45a l'air un peu benet, quand même.
04:46Non, en fait, c'est pas benet.
04:49C'est pas ça que vous voulez jouer ?
04:49Non, c'est raté, donc, merci.
04:52Mais ça veut dire quoi, benet, déjà ?
04:54Ça veut dire quoi, benet ?
04:56En fait, c'est pas ça, c'est quelqu'un qui...
05:00C'est un homme simple.
05:01Mais c'est surtout un homme pur.
05:03C'est quelqu'un qui a connu, finalement,
05:08une sorte de coup de foot quand il avait 15 ans.
05:10Il était obligé de quitter sa ville pour Paris,
05:14pour partir habiter à la montagne.
05:15Et à la montagne, il a rencontré une fille,
05:19quand il avait peut-être 16 ans.
05:21Et depuis ses 16 ans, ça a été la femme de sa vie.
05:23Et ça a été une extraordinaire histoire de vie,
05:26une histoire d'amour tellement forte,
05:29et une bulle tellement forte,
05:31que rien n'a pu entacher cette pureté,
05:34et qu'il n'a pas été agressé par la société,
05:39par quoi que ce soit.
05:40Et il a vécu dans cette espèce d'idéal.
05:43Et maintenant, il arrive à un moment de sa vie,
05:46parce qu'il vient de perdre sa femme,
05:48et il vient retrouver ces deux personnes
05:53qu'il a connues à une boum.
05:55Oui, il y a 40 ans.
05:57Et lui, le souvenir est intact pour plein de raisons,
06:00et on ne va pas dévoiler ce qui se passe,
06:03parce que c'est assez croustillant.
06:05Et en même temps,
06:07on part vers quelque chose d'extrêmement drôle,
06:11très très drôle,
06:12parce que la situation est un peu folle.
06:13Évidemment, ce type qui débarque à 11h30 du soir,
06:15chez des gens,
06:16et qui va bousculer leur vie et leur quotidien...
06:19C'est là où je disais qu'il y a quand même un décalage.
06:21C'est quand même très rare de faire ça,
06:23de débarquer chez les gens et dire
06:24« Ah bon, on s'est vu il y a 40 ans à une boum... »
06:27Comment ça va ?
06:27Ça n'existe pas, c'est ce que dit Stéphane.
06:30Et qui arrive en plus,
06:31et il n'y a pas de péjoratisme dans ce que je vais dire,
06:33mais qui arrive en plus de sa province.
06:35C'est-à-dire qu'il a passé sa vie,
06:38là, dans un petit bled,
06:40mort à la montagne,
06:43reclus avec sa femme.
06:43Donc en fait, c'est le choc,
06:46il y a un choc thermique aussi,
06:47qui se joue entre Paris et le cynisme parisien,
06:50qui a ce couple un peu sur plein de choses.
06:52Et ce que vient de dire très justement Patrick,
06:54c'est cette vision de la pureté du couple.
06:57Mais c'est assez beau,
06:57parce que parfois, moi je suis retombée sur mon amour de jeunesse
07:00dans un train il y a deux ans par hasard,
07:02et on rentre parfois le passé sans se convoquer dans un salon
07:04et sonner à sa porte,
07:05se convoque aussi le destin,
07:07convoque des êtres,
07:08et c'est toujours assez perturbant et merveilleux.
07:10Et puis évidemment, cette situation,
07:12même si elle est un peu ubuesque,
07:13ça pose des questions sur le couple,
07:15sur cette question de savoir aussi
07:16si le couple c'est un CDD ou un CDI,
07:20il y a un peu de ça dans cette pièce Patrick.
07:23Évidemment.
07:25Est-ce qu'on peut se dire,
07:26je fais juste un bout de chemin ?
07:27Qu'est-ce qui détermine de la durée d'un couple ?
07:31Qu'est-ce qui détermine de la durée d'un amour ?
07:33Ou de la durée d'une relation,
07:36quelle qu'elle soit ?
07:37Que ce soit familiale, professionnelle, amicale, amoureuse ?
07:40Moi, je dis toujours que c'est l'étonnement
07:42qui est le maître mot de cette durée.
07:46Après, et c'est intéressant,
07:47parce qu'on n'a pas tous forcément le même avis.
07:50Et c'est vrai que d'aller dans ce personnage
07:53totalement à contre-emploi, pour moi,
07:55c'est quelque chose que je n'ai jamais fait.
07:57Et puis ça me plaisait
07:58de pouvoir tirer une ligne
08:01du début jusqu'à la fin
08:03sur une forme de pureté.
08:05Et cette pureté, à un moment donné,
08:06cet idéaliste,
08:08va être complètement choqué
08:10par une situation
08:12et par une phrase
08:13qu'il va entendre à un certain moment
08:14et qui va complètement le faire vriller.
08:16Et c'est la réflexion
08:18sur ce parcours
08:20et à travers ce couple
08:22face à ce couple
08:23qui, lui, est peut-être
08:26en perte de vitesse.
08:30Et peut-être.
08:31Et peut-être pas.
08:32Et peut-être que ce moment
08:33va être déterminant.
08:35Pour ça, il faut aller la voir,
08:36cette pièce deuxième partie
08:37de Samuel Benchetrit.
08:38C'est mis en scène
08:39par l'excellent
08:39Ladislas Chola.
08:41C'est à voir en ce moment
08:42au Théâtre Édouard VII à Paris.
08:43On va continuer à en parler
08:44et puis on va parler aussi
08:45un peu de sport
08:46dans un instant
08:46avec Sacha Nocovitch.
08:48Qu'est-ce que vous avez prévu ce matin ?
08:49Comme Patrick Bruel
08:49est un ancien consultant
08:50JO de Canal+,
08:51on va parler d'une grande absente
08:53des Jeux Olympiques d'hiver.
08:54Ah, intéressant.
08:55A tout de suite, on arrive.
08:56Sous-titrage Société Radio-Canada
08:56Sous-titrage Société Radio-Canada
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