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  • il y a 6 mois
Tous les jours dans Culture Médias, Europe 1 reçoit un invité culture qui marque l'actualité.

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00:00Alors j'ai la chance de recevoir ce matin un réalisateur français à qui l'on doit, les coriistes, Faubourg 36 ou encore la nouvelle guerre des boutons.
00:08Bonjour Christophe Baratier. Bonjour. Et merci d'être là. Et l'un de ses acteurs fétiches, qui est même l'un des acteurs fétiches de tous les français, je crois on peut le dire.
00:17Bonjour Gérard Juniau. Oui, je suis l'Antoine Douanel. Oui, c'est un douanel. Absolument.
00:21C'est Christophe Baratier. C'est vrai qu'on peut vraiment parler d'acteurs fétiches, ce nouveau film Les enfants de la résistance.
00:27J'ai regardé, c'est votre cinquième film ensemble. Qu'est-ce qui vous rassemble tous les deux ?
00:32L'amitié, le respect et puis une aventure commune qu'on a eue avec les coriistes qui étaient absolument formidables.
00:38Mais dans celui-là j'ai un rôle discret. Oui mais quand même. Mais il fallait que j'y sois quand même.
00:42Et puis c'est cette fidélité qui est marquante. Mais c'est vrai que Gérard m'a beaucoup soutenu, enfin il a vraiment cru au film et à son rôle
00:49pour les coriistes qui étaient néanmoins produits par mon oncle Jacques Perrin qui me manque chaque jour davantage.
00:54Mais Gérard on a fait combien de 50 pays jusqu'aux Oscars ? Évidemment on a vécu quelque chose qui est inoubliable et qu'on n'oublie pas d'ailleurs.
01:02Non absolument.
01:03Vous avez peut-être en commun une vision du cinéma aussi non ?
01:05Oui. Oui c'est vrai qu'avant les coriistes on se connaissait un petit peu et on parlait beaucoup.
01:11On a une sorte d'affection comme ça pour les films noir et blanc des années.
01:16Dès qu'on voit du noir et blanc on s'arrête.
01:18Les vieux cons ça s'appelait.
01:21Mais il y a des choses magnifiques.
01:23Ce qui donne des conversations devant les autres qui sont incompréhensibles.
01:26Parce que quand on parle de tous les acteurs qu'on connaît, personne ne connaît rien.
01:29On a un collab sur les excentriques, les saturnes infâmes, gentilliers, carré, tout ça.
01:35On les connaît tous.
01:35Là ça commence à me faire peur.
01:38Ça commence à être écrans.
01:40On en a perdu d'autres ans.
01:41Mais il ne faut pas oublier que les coriistes c'est un remake de la cage au rossignol.
01:49Oui c'est vrai.
01:50Noël qui est mon idole absolu parce que je trouve que c'est un acteur qui n'a pas vieilli, contrairement à d'autres.
01:56Et c'est vrai que moi je suis abonné sur certaines plateformes comme Gaumont.
02:01Il y a des films qui sont effrayants à regarder, qui ont vieilli, mais d'autres qui ont encore beaucoup de qualités.
02:10C'est d'ailleurs ça qui me plaît moi dans le cinéma que fait Christophe, que j'essaie de faire de mon côté,
02:16de faire des films de garde, des films qui vieillissent bien comme Levin et Les Choristes.
02:20Ah c'est de joli formule ça.
02:22Il y a une deuxième génération qui s'est...
02:25Moi j'étais à Hong Kong l'autre fois, invité par l'Alliance française.
02:29Ils apprennent le français au chinois avec égoïe.
02:34Mais alors là vous n'êtes pas allé chercher dans un ancien film et pour en faire un remake.
02:38Vous êtes allé chercher une bande dessinée.
02:40Les enfants de la résistance, bande dessinée à grand grand succès.
02:43Pour ceux qui ont des jeunes enfants à la maison, c'est extrêmement lu cette histoire.
02:48L'histoire de trois gamins qui vont s'allier pour saboter les plans des nazis qui prennent possession de leur village.
02:53Et c'est vrai qu'on se dit qu'il y avait pas mal d'ingrédients absolument parfaits pour vous dans cette BD, Christophe Baratier.
02:59Je comprends que c'est retenu votre attention.
03:01Bien sûr, quand on parle du monde de l'enfance, souvent on me dit vous êtes un spécialiste.
03:04Non, je ne suis pas du tout un spécialiste.
03:06Un spécialiste.
03:06Oui, non mais bien sûr.
03:08Non mais seulement je ne suis pas comme ça, attiré comme ça, brièvement par le monde de l'enfance.
03:12C'est tout simplement que je repense à la mienne.
03:14Dans ma famille, tout le monde était acteur.
03:16Depuis ma grand-mère, mon oncle Jacques Perrin, mes deux parents étaient comédiens de théâtre.
03:20Et depuis tout petit, comme il jouait beaucoup, ma grand-mère m'a élevé pendant pas mal d'années en me parlant de quoi ?
03:25De souvenirs de théâtre, de souvenirs de cinéma, d'où ma cinéphilie particulière, mais aussi de l'occupation.
03:31De l'occupation qu'elle avait vécue, elle, avec évidemment des anecdotes qui n'étaient pas forcément seulement tristes,
03:37qui étaient parfois du quotidien, parfois rigolotes, parfois tendres.
03:41Et mes parents qui étaient tout jeunes l'avaient vécu.
03:42Donc ce monde de l'enfance dans lequel je ne suis jamais sorti, plus l'occupation qui est pour moi non seulement une passion,
03:49mais une obsession, je veux dire.
03:50C'est-à-dire qu'on sait que l'occupation, surtout, est passionnante pour un cinéaste ou un dramaturge.
03:56C'est qu'elle a révélé le pire et le meilleur de ce que nous étions.
03:59Oui, et puis je pense que là, ça peut amener des enfants à se poser des questions.
04:02Moi, j'ai regardé ce film avec ma fille de 9 ans.
04:05Je me suis rendu compte qu'elle ne connaissait pas grand-chose à cette période-là.
04:08Et derrière, elle avait plein de questions à me poser, même tout au long du film, ce qui était un peu fatigant.
04:12Mais cela dit, on se dit que c'est chouette, parce que ça amène des enfants à s'intéresser.
04:17Et c'est à hauteur d'enfants, ce film.
04:18Et le succès de la BD a déjà prouvé qu'on peut intéresser tout à fait les enfants à l'histoire,
04:24dont on dit qu'ils ne s'intéressent plus.
04:26Mais il suffit de trouver un traitement.
04:28Et j'espère que le succès du film le confirmera.
04:30Mais malgré tout, il ne s'agit pas seulement, on me dit souvent, un devoir de mémoire.
04:33Oui, un devoir de mémoire, bien sûr, mais c'est surtout de forger des consciences.
04:37Et on sait que le monde qui nous entoure est aujourd'hui particulièrement instable,
04:41qu'on pourrait se poser la question, que ferait-on dans la même situation ?
04:44C'est une question d'ailleurs qu'on se pose tous, qu'est-ce qu'on aurait fait à l'époque ?
04:47Et que moi je me suis posé quand j'ai fait M. Batignolle, par exemple.
04:49C'est ça, exactement.
04:51Donc c'est vrai que c'est quelque chose qui est important.
04:54Et l'aspect un peu pédagogique du film, avec au début une espèce de petite leçon rapide, technique,
05:00pour que les maubles se disent, mais qui est Pétain, qui est Hitler ?
05:04On a la tendance un peu, les bombes de cette époque, nous on l'avait un peu plus,
05:09parce que moi je suis un enfant de l'après-guerre, donc il y avait encore cette pression,
05:13les parents, les grands-parents vous en parlaient, et là, les gens commencent à s'en aller un petit peu.
05:17Donc c'est important qu'il y ait ça, et que la fiction soit là,
05:22pour que la leçon soit facile à comprendre et à recevoir.
05:27Et alors vous, Gérard Juniot, une nouvelle fois après la guerre des boutons,
05:31vous incarnez un prêtre, le curé du village, qui arbitre des matchs de foot des enfants.
05:36Dans la loi de guerre, j'étais un alcoolique.
05:39J'ai le souvenir d'un prêtre avant.
05:42J'ai fait un curé, je crois, et un archevêque aussi.
05:48Dans le berlou, j'ai fait un rabbin aussi.
05:52Vous êtes avocé, c'est incroyable.
05:55Et alors là, il arbitre des matchs de foot.
05:57Il est également arbitre.
05:59Est-ce que vous n'en avez pas marre que Christophe vous colle toujours des mômes
06:01dans les pattes sur tous les tournages ?
06:03Non, c'est vrai que j'ai fait beaucoup de films avec des enfants,
06:09mais là, on a assez peu de scènes.
06:11Ce qui est très nouveau dans le film et dans l'histoire,
06:15c'est que les enfants sont beaucoup entre eux.
06:17Puisque ces trois enfants se réveillent,
06:19ils essayent de réveiller justement les adultes
06:22qui, à leurs yeux, sont un petit peu passifs.
06:24Et c'est la mort d'un de leurs copains plus âgés
06:29qu'ils décident à agir.
06:33Voilà, à la fois, je pense à un film évidemment d'action
06:36dans lequel il y a des drames,
06:37mais on essaie quand même,
06:39parce qu'il s'agit d'une bande dessinée,
06:40parce qu'il s'agit aussi d'enfants,
06:42de garder cette part de légèreté.
06:44C'est-à-dire qu'il y a une légèreté souriante, on va dire,
06:47mais leur maladresse, leur naïveté,
06:49mais aussi leur courage les conduit à faire des choses
06:51qui vont les dépasser.
06:52Et d'ailleurs, je disais souvent aux enfants,
06:54pour les responsabiliser,
06:55je ne leur mettais pas tous les jours des interrogatoires
06:57sur l'occupation,
06:59mais je disais quand même, vous savez,
07:00les Américains, ils ont les Avengers,
07:02ils ont Spiderman,
07:03ils ont Batman qui sauve le monde,
07:05mais ils ne sauvent rien du tout.
07:06Alors que nous, quand même,
07:07on a des héros,
07:09pas seulement Jean Moulin ou De Gaulle,
07:11mais des anonymes,
07:12des cheminots,
07:13qui ont risqué une vie
07:14pour en sauver une.
07:16Et ça va être une grande responsabilité
07:18quand même par rapport à ça.
07:19Et c'est vrai qu'ils sont touchants,
07:20ces gamins,
07:21les enfants de la résistance,
07:23donc avec Gérard Junio,
07:24avec Arthus aussi,
07:25on va en parler tout à l'heure,
07:26avec Julien Pestel,
07:27Julien Arrouti,
07:28qui est dans ce film,
07:29avec Vanessa Guide aussi,
07:30il y a toute une distribution.
07:32Vous l'aviez regardé,
07:33vous l'aviez lu, j'imagine,
07:34vous, en tant que spécialiste de la BD,
07:35Sébastien Bordel.
07:36En plus, il y a des cahiers historiques
07:38à la fin des BD,
07:39c'est-à-dire qu'on se rend compte
07:39que tout n'est pas que fiction,
07:41tout n'est pas que romance et humour,
07:44et il y a aussi des...
07:46C'est belge.
07:47C'est belge.
07:48C'est belge,
07:48et il y a neuf tomes,
07:49donc ça veut dire que vous avez de quoi faire.
07:51Oui, c'est vrai que nous n'avons traité
07:52que l'album 1 et 2,
07:53c'est-à-dire 39, 40 et 41,
07:56et si jamais tout sourit,
07:57on pourrait imaginer peut-être
07:58qu'on pourrait garder les mêmes acteurs,
08:00encore de faire des Antoine Douanel successifs,
08:03parce que la Libération,
08:04ils auront bientôt 18 ans.
08:05C'est très passionnant pour moi.
08:07Allez, on va continuer à parler BD
08:08dans un instant.
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