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  • il y a 6 mois
Tous les jours de la semaine, invités et chroniqueurs sont autour du micro de Pierre de Vilno pour débattre des actualités du jour.

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00:00Europe 1 Soir, 19h, 21h, Pierre de Villeneuve.
00:04Entouré jusqu'à 20h par Joseph Messes-Caron.
00:06Bonsoir Joseph.
00:07Bonsoir Pierre.
00:08Par Victor Hérault également.
00:09Bonsoir.
00:09Bonsoir Pierre.
00:09Journaliste politique à Valeurs Actuelles.
00:11Notre invité, il est président du syndicat de police CFTC.
00:15Bonsoir Axel Ronda.
00:16Bonsoir Pierre.
00:17Je voudrais parler avec vous de l'hyper-violence des jeunes.
00:21Non pas que ça me fasse plaisir, mais je crois qu'on est dans un, j'allais dire un noeud gordien.
00:26Je ne pense pas que le mot soit trop élevé pour la situation dans laquelle on est.
00:32Et d'ailleurs on y reviendra, mais quand on demande au ministre de l'Intérieur
00:35si on est dans une France orange mécanique, vous l'avez peut-être entendu sur France Inter il y a quelques jours,
00:39il dit que non, qu'il faut faire attention aux mots qu'on utilise.
00:43En attendant les agressions successives de Théo et d'Éthane, dont j'ai parlé dans le journal.
00:47Éthane, 19 ans, qui est un des camarades de promotion de Théo,
00:51agressé par la même bande de jeunes, très jeunes, entre 14 et 16 ans,
00:56qui manifestement, d'après son témoignage, veulent faire du mal
01:00et non pas juste lui piquer son téléphone portable et son portefeuille.
01:06Le désarroi, c'est le désarroi aussi des parents.
01:08Et je vous propose d'écouter Stéphane, qui est le père d'Éthane.
01:11Ils sont arrivés une dizaine pour le tabasser, pour lui sauter sur la tête,
01:15lui mettre des coups de pied dans le ventre, partout, coups de poing.
01:18Ils ont exigé qu'il donne le code de son portable,
01:21et c'est pour ça qu'ils ont voulu le faire basculer de l'autre côté du pont.
01:24À ce moment-là, il y a une dame qui, enfin, a vu ce qui se passait, a réagi,
01:29et donc ça les a fait un peu fuir.
01:31Mon fils était là, complètement ahuri d'un tel déferlement de violence.
01:35C'est vraiment de la haine.
01:36Il aurait pu soit tomber dans le Rhône, soit tomber dans les fourrés qui sont 2 mètres plus bas.
01:40Quand on est 4 ou 5 à sauter à pieds joints sur le crâne de quelqu'un,
01:44c'est vraiment pour l'éliminer.
01:46Ce n'est pas seulement les jeunes qui se font agresser, ça concerne tout le monde.
01:49La violence gratuite, la violence dans les rues, c'est intolérable, c'est inadmissible.
01:53Avant, c'était l'exception. Aujourd'hui, ça devient la règle.
01:56Il faut vraiment que les pouvoirs publics, les politiciens, ceux qui font les lois,
01:59prennent le problème à bras-le-corps.
02:01En tant que père, je ne demande qu'une chose, c'est qu'on protège les enfants.
02:04Axel Ronde, quand on entend ce témoignage, et quand on entend également la mère de Théo
02:08qui disait que les policiers allaient les voir, et eux-mêmes disaient
02:12« Mais nous, on ne sait plus quoi faire, parce qu'à un moment donné, il y a un cadre normatif
02:16qui fait que ces jeunes très jeunes, à un moment donné, on les relâche, ils restent libres. »
02:21Et oui, parce que, qu'est-ce que vous voulez qu'on y fasse ?
02:23Nous, on les présente à la justice, et si la justice n'a pas les moyens,
02:27ou en tout cas n'a pas la réponse adaptée,
02:29ils nous demandent de les remettre en liberté.
02:32S'ils sont passés en comparution immédiate devant le juge,
02:37ils peuvent ressortir juste avec une convocation, un rappel à la règle ou à la loi.
02:42Je ne sais même plus comment ça s'appelle, mais en tous les cas,
02:44ils ressortent avec absolument rien.
02:47C'est cette toute puissance qu'ils ont, finalement.
02:49Au départ, les primo-délinquants, qui peuvent avoir 10, 12 ans, 13 ans,
02:54quand ils vont se retrouver dans le bureau du juge,
02:56ils ne vont effectivement pas faire les malins.
02:59Mais quand ils vont regarder que, finalement, la réponse que la justice va leur proposer,
03:04ça ne veut dire absolument rien,
03:06eh bien, ils vont se sentir encore plus confortés dans cette action de violence.
03:10C'est pour ça que nous, à la CFTC Police, on réclame des courtes peines.
03:14Pour les jeunes mineurs, on voudrait qu'ils les fassent dans des centres éducatifs réellement fermés,
03:19avec un esprit militaire à l'intérieur,
03:21pour leur redonner, si vous voulez, un cadre, un cadre de vie,
03:24un cadre de la société, les remettre dans la société réellement.
03:29Je pense qu'on peut sauver ces jeunes de 12, 13, 14 ans.
03:33Ce n'est pas possible.
03:34Si vous voulez, l'ordonnance de 1945, elle est censée protéger les mineurs.
03:38Mais là, elle ne les protège absolument pas,
03:40quand ils basculent dans la délinquance,
03:41puisqu'il n'y a pas de solution qu'on leur apporte à ces jeunes-là.
03:44Une fois qu'ils ont basculé dans la délinquance,
03:46c'est pour certaines fois fini.
03:48J'entendais hier, dans Elliot Deval et vous,
03:50une dame qui s'est rendue compte que son fils avait basculé dans la violence
03:55quand il avait 12 ans, il en a 34 aujourd'hui,
03:57et il continue, en fait, dans cette spirale de la violence.
03:59Et elle, elle est démunie.
04:01Et elle disait, mais j'ai écrit à tout le monde,
04:04et je n'ai aucune réponse.
04:06Bien sûr, on pourrait dire, c'est l'école du crime, finalement.
04:09Il a réussi son parcours, tout petit, jusqu'à maintenant 34 ans.
04:13Il a dû faire des passages en prison,
04:15parce que, de toute façon, c'est la norme.
04:17Ils le savent très bien, quand ils ont 18 ans,
04:20ils vont connaître un petit peu l'incarcération.
04:23Mais c'est bien dommage de ne pas prendre le mal à la racine dès le départ.
04:27Tous ces gamins qui sont dans le trafic de drogue, par exemple,
04:30on pourrait les récupérer.
04:32Ils sont récupérables.
04:33Ce n'est pas possible de les laisser.
04:35Mais bien sûr que non, qu'on ne se donne pas les moyens,
04:37puisque, de toute façon, il n'y a aucun moyen.
04:39La PJJ, la protection judiciaire de la jeunesse,
04:42du ministère de la Justice,
04:43croulent sous les dossiers, sous les demandes,
04:46n'ont pas les moyens nécessaires pour apporter des solutions concrètes.
04:50Eux-mêmes, si vous voulez,
04:52ils travaillent dans l'urgence avec très, très peu de moyens.
04:56Mais comme, finalement, la police nationale,
04:58comme les juges aussi,
05:00ils n'ont pas aussi assez de places de prison,
05:01ils n'ont pas assez de places dans les centres éducatifs
05:04qui ne sont pas réellement fermés,
05:05puisqu'il y en a beaucoup qui y fuguent.
05:07Donc, c'est pour ça qu'il faut revoir tout ce système
05:10et remettre de l'autorité.
05:12Le choc d'autorité qu'a parlé du ministre de l'Intérieur
05:14ce matin chez vos confrères,
05:17il doit être maintenant, aujourd'hui, tout de suite.
05:23On ne peut plus attendre.
05:25On fait le constat.
05:26On sait.
05:26Parce que vous parliez des juges,
05:27et je donne la parole dans un instant à Joseph et à Victor,
05:30mais les juges, on se pose souvent la question,
05:32parce que vous-même, les policiers,
05:34vous avez manifesté il n'y a encore pas très longtemps
05:36contre le manque de moyens,
05:37mais aussi en disant, nous, on attrape les délinquants
05:41et les juges les libèrent.
05:43Alors moi, je veux savoir,
05:43quand vous parlez, vous, au juge,
05:45est-ce que c'est un juge qui libère un jeune comme ça de 14 ans
05:49pour une raison qui lui appartient,
05:51ou j'allais dire,
05:52je vais pousser le bouchon un peu loin,
05:54mais par dogme,
05:55ou par idéologie,
05:58ou est-ce que, parce que vraiment,
05:59il n'a pas l'arsenal,
06:01j'allais dire, il n'a pas dans son tiroir,
06:02le nombre de mesures nécessaires pour garder ce jeune.
06:05– Oui, alors la très grande majorité des cas,
06:07c'est qu'il n'a pas les moyens de pouvoir l'incarcérer
06:09ou proposer une solution.
06:11Il y en a, pas que, il y en a,
06:12c'est par dogmatisme, par politique,
06:14on le sait très bien,
06:15il y en a, mais c'est pas la majorité.
06:17Non, mais c'est pas la majorité.
06:19Non, mais les Français ne sont pas dupes,
06:20ils le savent très bien,
06:21mais c'est pas la majorité.
06:22Je connais des procureurs, des magistrats,
06:25et j'en passe,
06:26qui sont démunis, eux aussi.
06:28Vous savez, sur le bureau du juge,
06:30vous avez des dossiers qui s'empilent,
06:32des 150, 200, 300 dossiers.
06:34C'est en attente de jugement, ces dossiers-là.
06:36Mais vous avez les mêmes dossiers
06:38qui attendent aussi des plaintes des Français
06:39dans les commissariats,
06:40parce qu'on est incapable, si vous voulez,
06:42on peut prendre toutes les plaintes,
06:43ça, il n'y a pas de problème.
06:44Mais on est incapable de les traiter,
06:45puisqu'on n'a pas le personnel adéquat,
06:47et on n'a pas les logiciels,
06:48les bons logiciels, les bons outils pour les traiter.
06:51Quand vous êtes un officier de police judiciaire
06:52et que vous traitez des centaines
06:54et des centaines de dossiers devant vous,
06:56ça vous démoralise.
06:57Vous n'avez plus envie d'y aller,
06:59parce que vous vous dites,
07:00mais comment je vais faire ?
07:01Tous ces dossiers-là,
07:02on est au bout du bout du bout, là.
07:04Mais complètement.
07:04– Oui, alors, je suis d'accord avec vous,
07:09bien sûr qu'il y a le problème
07:11de savoir où est-ce qu'on peut mettre ses enfants.
07:13On pourrait parler d'établissement pénitentiaire pour mineurs.
07:16On peut parler du centre,
07:19de ce que vous avez parlé,
07:19des centres éducatifs fermés,
07:21qui ne sont pas fermés, comme vous l'avez dit,
07:22et qui ne sont pas éducatifs en plus,
07:24parce qu'il faut regarder, évidemment,
07:25quand j'ai regardé par curiosité,
07:28c'est quand même assez curieux,
07:31quand même, ce qui est proposé.
07:32Mais il y a aussi, quand même,
07:34je voudrais revenir là-dessus,
07:35un dogme.
07:35Il y a quand même un dogme,
07:37et ça, depuis,
07:39il y a eu un certain nombre de réactions,
07:41les lois perbennes,
07:42il y a déjà plus de,
07:43pratiquement 20 ans,
07:4420 ans,
07:44les lois perbennes.
07:46– Du nom de Dominique Perben,
07:46deux lois successives,
07:51pour aboutir presque à rien,
07:53mais il y a quand même un dogme.
07:54Le dogme, c'est qu'un enfant dangereux
07:57est un enfant en danger,
07:59selon ses juges.
08:01Et puisque c'est un enfant en danger,
08:02il doit être protégé.
08:04Vous comprenez ?
08:05Et si on ne sort pas de ça...
08:07– Et il est victime.
08:08– Et il est victime.
08:09Si on ne casse pas ce logiciel,
08:11comment y parvenir ?
08:12– En tout cas,
08:13il faut lui proposer une solution
08:14pour qu'il s'en sorte réellement.
08:15C'est bien beau de dire que...
08:17– Mais ça ne peut pas être un centre fermé,
08:18comme l'a dit Joseph Pesset-Carran.
08:19– Mais il faut changer.
08:20– Je ne sais pas ce qu'on propose,
08:21vous avez vu,
08:21les activités qu'on propose,
08:23mais ça ne doit pas être...
08:24– Mais en plus,
08:25c'est sur volontariat,
08:27il faut savoir,
08:27et ce n'est même pas une obligation.
08:29Il y en a même qui choisissent
08:31devant le juge
08:32leur peine.
08:33Soit vous allez faire des tiges,
08:35soit on vous met du sursis.
08:36– Les travaux d'intérêt généraux.
08:37– Voilà,
08:38ils préfèrent finalement du sursis.
08:40Donc, c'est un petit peu à la carte.
08:42On a l'impression
08:43qu'on est dans un fast-food
08:43et on peut choisir un petit peu
08:45son menu
08:45de ce qu'on va me faire.
08:47– On va marquer une pause.
08:48Axel Rondre,
08:49on se retrouve dans un instant
08:50avec Victor Hérault
08:51et Joseph Pesset-Carran.
08:52Vous êtes bien sûr hors.
08:53On parle tout de suite.
08:55– Europe 1 soir,
08:5619h, 21h,
08:57Pierre de Villeneau.
08:58– Sous-titrage Société Radio-Canada
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