00:00Europe 1 Soir, 19h-21h, Pierre de Villeneuve.
00:04Joseph Massé-Scaron et Victor Ayrault sont là pour m'accompagner jusqu'à 20h.
00:08J'ouvre ce matin le journal Le Parisien et je tombe sur cet article intitulé
00:13« Hollande laisse planer le doute ».
00:16Présidentiel 2027, multipliant les prises de parole,
00:20l'ancien chef de l'État fait entendre sa différence sur sa stratégie présidentielle,
00:24rejetant la primaire de la gauche, au profit d'un élargissement du PS.
00:29C'est Olivier Delagarde qui en a parlé ce matin avec Pascal Praud,
00:34c'était sur CNews et sur Europe.
00:36Il y a quand même juste un petit propre.
00:37Est-ce qu'il est le meilleur ?
00:38Il est investi par la droite, il est archi-haï par LFI.
00:42Je pense que ça l'empêchera.
00:44Mais ça c'est plutôt une bonne chose.
00:46Pardonnez-moi, c'est plutôt une bonne chose d'être haï par LFI.
00:49Sauf quand il y a des gens qui votent, si vous voulez,
00:51qu'on se retrouve face aux électeurs.
00:53Je vous parle des électeurs LFI, jamais il n'y en a un qui votera pour François Hollande.
00:57Sauf dans un deuxième tour.
01:00Mais je peux vous dire un truc, c'est que je ne suis pas sûr qu'il vote pour François Hollande,
01:04même si c'est face à Paris.
01:05Voilà donc, François Hollande qui, dans le Parisien, on peut le lire,
01:10le martèle ces derniers jours,
01:11les sujets internationaux seront au cœur de la présidentielle.
01:16Alors, effectivement, les sujets internationaux sont partie prenante de notre vie en France.
01:22Mais bon, est-ce que, faites un tour en bas de la rue des Cévennes,
01:26ici dans le 15e,
01:27et demandez à 2-3 personnes si les sujets internationaux les inquiètent plus
01:33que les sujets régaliens, l'insécurité,
01:36et puis le pouvoir d'achat,
01:38le fait qu'ils n'arrivent pas à boucler leur fin de mois,
01:40pardonnez-moi, mais est-ce que ce président,
01:43ancien président, est hors sol, Joseph Massescaon ?
01:46Je vais te faire un goût, je ne crois pas qu'il soit hors sol.
01:48Je crois que c'est de l'enfumage.
01:50Car François Hollande ne pense absolument pas,
01:53mais absolument pas,
01:55que l'enjeu de la présidentielle
01:57va se tourner autour des questions internationales.
02:01Je pense au contraire,
02:03et ça c'est le calcul qu'il fait,
02:05il pense qu'il est possible que la présidentielle tourne autour des questions,
02:10bien sûr évidemment du pouvoir d'achat globalement,
02:12mais plus particulièrement,
02:14et ça parce que nous allons nous en apercevoir.
02:16Là, on arrive,
02:18même avant la présidentielle,
02:20à une question dramatique,
02:22qui est celui de la Sécu.
02:24C'est une question majeure,
02:26ça va être une question majeure.
02:28Or, je ne suis pas sûr que si quelqu'un venait,
02:33ancien président de la République,
02:35et dise en substance aux Français,
02:37écoutez, c'est une question majeure,
02:39et je vais tenter de la résoudre
02:42sans qu'il y ait,
02:43sans exacerber les inégalités sociales.
02:46Je pense que cette personne,
02:47à ce moment-là,
02:48aurait un chemin
02:50et une véritable ouverture politique.
02:53Et je crois que c'est l'enjeu,
02:54et c'est ce que le pari de François Hollande.
02:56– Victoria.
02:57– Je crois que là,
02:59on aimerait faire de nos voeux des réalités,
03:01je crois que le sujet de la présidentielle,
03:03non, mais que le sujet de la Sécu
03:05soit au centre de l'élection présidentielle,
03:06c'est un voeu de votre part,
03:08comme de ma part d'ailleurs,
03:09mais je crois qu'effectivement,
03:11comme en 2022,
03:12le sujet international sera au cœur
03:13de l'élection présidentielle,
03:15il sera en première position,
03:17et je ne le souhaite pas.
03:18Je dis, je pense que ce sera le cas,
03:19suivi par la sécurité,
03:21suivi ensuite par, effectivement,
03:23l'économie.
03:23– Je pense qu'on risque de devoir arrêter
03:25de payer les retraites avant 2027.
03:28– Non, mais avant qu'on parle…
03:29– Réellement, sérieusement.
03:30– Attendez, avant qu'on parle du fond,
03:33parce qu'évidemment,
03:34c'est une quote de l'article du Parisien,
03:36de nos confrères du Parisien,
03:37mais parlons quand même du bonhomme,
03:40parlons de l'incarnation,
03:41est-ce que les Français
03:42veulent le retour de François Hollande ?
03:46– Vous voyez ce qui se passe à gauche,
03:47quand Pascal Praud dans le sonore dit
03:48« est-ce qu'il est le meilleur ? »
03:50mais la question c'est
03:50« est-ce qu'il est le moins pire ? »
03:52oui, c'est possible,
03:52c'est possible qu'il soit le moins pire.
03:53Pardon, Raphaël Glucksmann n'imprime pas
03:55une seule seconde,
03:56et je pense que François Hollande
03:57ferait un meilleur score que Raphaël Glucksmann.
04:00– Non, mais là-dessus, je suis d'accord,
04:02Pascal le dit souvent.
04:03– Oui, il le dit souvent, depuis le début.
04:04– Glucksmann, mais il a raison là-dessus,
04:06Glucksmann versus Hollande dans un débat,
04:08il n'y a pas photo.
04:09– Oui, Hollande a la main.
04:10Mais en revanche,
04:11Hollande face à Mélenchon,
04:14encore plus que Glucksmann face à Mélenchon.
04:16– Mais c'est une question aussi de cuir épais,
04:18c'est-à-dire que Hollande,
04:19c'est un vieux routier de la politique,
04:21il a été soumis terrain très longtemps,
04:23il a été dans sa task force,
04:25ensuite il a été le ministre,
04:26ensuite il a été…
04:27– Et on a beaucoup caricaturé François Hollande.
04:29– Raphaël Glucksmann, pardonnez-moi,
04:31il n'a pas le même parcours non plus
04:32que François Hollande, donc François Hollande,
04:35comme Ségolène Royal d'ailleurs,
04:36tous les deux,
04:37ont le cuir très très épais
04:39et savent répondre par une phrase,
04:42par une anecdote,
04:43il a énormément de réparties par exemple François Hollande.
04:45– Oui, mais lorsque vous êtes quelqu'un
04:47authentiquement de gauche,
04:49malgré toutes les polémiques qui l'entourent
04:51et toutes les positions horribles
04:53qu'il peut tenir,
04:55Jean-Luc Mélenchon,
04:56et la proposition de Jean-Luc Mélenchon
04:57sera toujours plus sexy
04:58que la proposition de François Hollande.
05:00– Je n'aurais pas dit sexy.
05:01– Si vous vous mettez dans les baskets
05:03– J'aurais dit peut-être efficace
05:04ou en tout cas parlante à l'électorat.
05:06– Non, justement, j'emploie sexy
05:07sciemment parce que lorsque vous écoutez
05:10un discours de Jean-Luc Mélenchon,
05:12vous vous dites,
05:13j'ai envie d'y aller.
05:13Là, ok, je comprends,
05:14il y a un truc,
05:15quelque chose me parle,
05:16c'est un tribun,
05:17il me prend au trip,
05:18j'y vais.
05:18Lorsque vous êtes quelqu'un de gauche.
05:19François Hollande,
05:20ce n'est pas le cas du tout.
05:21Mais François Hollande,
05:22je le cible lui,
05:22mais Raphaël Glucksmann,
05:23n'importe qui au Parti Socialiste
05:24qui est perçu comme un social traite.
05:26Un parti du social traite aujourd'hui.
05:27– Je ne serais pas de...
05:28Je dirais qu'il y a deux couloirs de nage.
05:30C'est-à-dire qu'il y a l'électorat d'Elifi
05:32et Mélenchon,
05:34et qui, j'allais dire,
05:34boivent les paroles de Jean-Luc Mélenchon.
05:36Ça, c'est très vrai.
05:38Et puis, il y a un autre courant
05:40qui est celui qui ne veut pas entendre
05:41ce que dit Jean-Luc Mélenchon
05:42et qui, potentiellement,
05:44entendrait ce que dit François Hollande.
05:46Joseph Mazescaron.
05:46– Oui, et puis, au risque de heurter,
05:49il y a beaucoup de personnes
05:50du Blanc Central
05:51qui ne seraient pas choquées aussi
05:52de voter pour François Hollande.
05:54– Mais bien évidemment.
05:55– Bien évidemment.
05:55– Ça va de soi.
05:57– À commencer par Gabriel Attal, par exemple.
05:59– Enfin, François Hollande,
06:00moi, je n'avais pas eu à François Hollande
06:02au moment où tout le monde pensait
06:03que Dominique Schrauss-Kahn
06:04allait être élu
06:04avant qu'arrive la catastrophe.
06:07– Relire, pardon,
06:08relire Laurent Binet,
06:10rien ne se passe comme prévu.
06:11– Voilà.
06:11– Il a l'art, de toute façon,
06:15comment fait-il, mais bon,
06:17de se faufiler dans un trou de souris
06:19et d'apparaître.
06:20Non, il y a une place
06:23parce que, de toute manière,
06:25il bénéficie aussi de la comparaison.
06:28C'est là où on revient
06:29sur ce que disait Pascal Praud.
06:30C'est-à-dire qu'il y a quand même
06:32la gamme,
06:37c'est de moins en moins haut de gamme,
06:38quand même, le personnel politique,
06:39aussi bien à gauche, d'ailleurs, qu'à droite.
06:41Donc, évidemment, François Hollande,
06:43de par sa répartie,
06:44de par sa connaissance des dossiers et tout.
06:46Et puis, s'il se met en campagne,
06:48et s'évidemment,
06:48donc, Raphaël Guzman est écarté,
06:50et là, c'est sa brévé,
06:51il va y avoir tout un appareil
06:54intellocrate, médiatique,
06:56qui va se mettre, bien évidemment,
06:58voilà, bien évidemment en marche.
06:59Maintenant, j'aime beaucoup,
07:00j'aime beaucoup ce qu'il dit,
07:02il n'y pense pas,
07:04mais son téléphone sonne tellement souvent.
07:07C'est-à-dire que les autres y pensent pour lui.
07:09Moi aussi, mon téléphone sonne souvent,
07:11pour les éoliennes,
07:12pour le vendre des éoliennes,
07:13etc.
07:13Voilà, je ne prétends pas à la présidentielle.
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