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  • il y a 7 mois
Ce vendredi 16 janvier, le risque de surchauffe de l'économie US et la croissance en Allemagne, ont été abordés par Stéphane Colliac, économiste BNP Paribas, dans l'émission Good Morning Market sur BFM Business. Retrouvez l'émission du lundi au vendredi et réécoutez la en podcast.

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Transcription
00:00Et l'éclaireur du jour est Stéphane Koliak, économiste chez BNP Paribas, qui est avec nous à distance.
00:08Bonjour Stéphane Koliak.
00:10Bonjour.
00:10Merci d'être avec nous.
00:11On va revenir un petit peu sur les différentes statistiques économiques qui ont été publiées cette semaine,
00:15que ce soit aux Etats-Unis ou en Europe.
00:18La question est simple, que ce soit sur les prix à la consommation en ligne avec les attentes,
00:23les prix à la production qui surprennent à la hausse aux Etats-Unis,
00:26les ventes au détail qui surprennent à la hausse aux Etats-Unis dans un premier temps si on reste sur le continent américain.
00:31Y a-t-il un scénario où l'économie américaine marche mieux que ce qu'attendent les analystes en ce début d'année, Stéphane Koliak ?
00:40Oui, c'est le nôtre.
00:42Ce scénario, on l'a modifié récemment à la hausse, la prévision de croissance aux Etats-Unis,
00:49parce qu'on observe déjà sur les données du troisième trimestre qu'on a eu mieux que prévu.
00:54Et il y a des éléments qui nous laissent penser que ça pourrait se perpétuer,
01:00notamment au premier semestre de 2026, avec la mise en application de l'OBBA,
01:07la pérennisation des baisses de taxes, notamment pour les plus fortunés,
01:12qui aurait un impact notamment lors de ce premier semestre de 2026,
01:16plus le maintien des dynamiques sur la consommation.
01:20Les données de novembre sont plutôt bonnes, les retail sales américaines sont plutôt bonnes.
01:23Le cycle d'investissement dans l'intelligence artificielle continue d'être assez spectaculaire
01:28et de soutenir assez largement la croissance américaine.
01:31Donc il y a pas mal d'éléments positifs.
01:34Et effectivement, sur l'inflation, on n'attend bien sûr pas qu'elle diminue,
01:39mais on n'attend pas non plus qu'elle accélère significativement.
01:41Donc c'est un scénario de croissance plus importante,
01:46d'inflation qui se maintient un peu en deçà des 3%, mais pas très très loin.
01:50Parce qu'il y a quand même un peu de transmission des paris douaniers
01:53qui doit encore se faire au prix.
01:56Ça ne se fait pas tout en instantané.
01:58Bien sûr.
01:58Ça s'étale.
02:00Donc il y en a encore un peu à faire.
02:02Et donc une inflation qui devrait être relativement stable.
02:06Est-ce que ces chiffres d'une économie qui résiste bien au global,
02:12en tout cas aux États-Unis,
02:14est de nature à venir remettre en cause les scénarios monétaires des marchés,
02:19notamment vis-à-vis de la réserve fédérale américaine,
02:22si ces chiffres venaient à être validés pour le mois de janvier ou le mois de février également ?
02:27Enfin, si la tendance venait à être validée ?
02:29Oui, ça pourrait.
02:31Nous, ce qu'on anticipe toujours pour l'instant, c'est une baisse au mois de mars.
02:35D'accord.
02:35Qui serait la dernière.
02:38Mais objectivement, oui, il peut ne pas y en avoir.
02:42Une baisse au mois de mars, vous êtes un peu contrariant par rapport au scénario de marché actuel,
02:46Stéphane Koliak qui anticipe plutôt que ce ne sera pas avant avril, voire juin.
02:50Oui, exactement.
02:53Mais on ne pourrait pas avoir cette baisse, effectivement,
02:56si on observe les probabilités de marché, elles sont assez basses.
03:00Donc oui, c'est un close call.
03:04On observe aussi le marché du travail.
03:06Donc sur le marché du travail, les dernières indications pour ce qui est du taux de chômage
03:10sont plutôt favorables puisqu'il a un peu régressé.
03:14Mais si on devait avoir une détérioration de ce côté-là,
03:17ce qui a été le cas au deuxième semestre 2025,
03:20et qui a surpris, donc on n'anticipait pas.
03:22Ça veut dire qu'on pourrait aussi avoir une baisse plus prononcée des taux de la Fed
03:26qu'on n'anticipe pas pour l'instant puisqu'on n'a pas encore ces données-là.
03:29Donc on est vraiment dans un certain brouillard.
03:32Mais je pense que l'élément important, c'est que la Fed restera data-dependence,
03:37nonobstant ce qui a été dit en début de semaine par son gouverneur sur la procédure judiciaire à son encontre.
03:46Elle restera guidée par les données.
03:50Et si les données sont rassurantes, il n'y a pas de raison que les baisses de taux surviennent.
03:54Et ça se fera de comité à comité.
03:56Il n'y a pas de forward guidance particulier.
03:58– Si je comprends bien, si on reste sur les États-Unis,
04:00Stéphane Colliak, vous êtes plutôt positif sur la performance de l'économie américaine à venir en 2026.
04:06Vous anticipez une première baisse de taux de la Fed en mars.
04:09Mais des chiffres qui continueraient à montrer une bonne santé de l'économie américaine au global
04:14pourraient venir remettre en cause votre scénario effectivement monétaire.
04:18Est-ce que ça peut venir remettre en cause le scénario de consensus de marché
04:23qui attend entre deux et trois baisses de taux cette année ?
04:27– Ça peut, ça peut, ça peut toujours, puisque comme c'est lié aux données, ça peut par définition.
04:34Il y a aussi la question de la succession de Jérôme Poel à la Fed, le nouveau gouverneur.
04:40Nous, ce que nous pensons, même si ça sera un gouverneur évidemment nommé par Donald Trump,
04:45c'est que le gouverneur n'est pas seul au FOMC
04:49et que la Fed restera data dependent de toute façon.
04:53Donc si les données, alors pour concrétiser, notre prévision de croissance est 2,9%,
04:58donc c'est une croissance assez élevée.
04:59Donc si on obtient ça, que l'inflation reste relativement sage telle qu'elle est aujourd'hui
05:06et que sur le marché du travail, le verre à moitié plein continue d'être le jugement qu'on peut avoir
05:14sur le marché du travail, il n'y a pas de raison que la Fed baisse ses taux.
05:18Donc il y a toujours ce petit biais qu'on a conservé pour l'instant,
05:22mais il se pourrait très bien effectivement que la Fed ne baisse pas ses taux cette année.
05:25En Europe, pour le coup, on voit donc une inflation qui se rapproche des 2%,
05:32on voit une contraction du secteur manufacturier sur les derniers PMI,
05:36mais une progression dans les services.
05:39Est-ce que là aussi, il y a un scénario où l'économie européenne surprend par sa vigueur
05:45et dans un contexte où l'inflation se rapproche du seuil cible de la BCE ?
05:51– Oui, ce qu'on pouvait dire il y a quelques mois, qu'on peut toujours dire,
05:55c'est qu'il n'y avait pas d'urgence à continuer les baisses de taux
05:58puisque au niveau de la cible d'inflation, la BCE était dans une situation confortable,
06:03elle avait terminé son travail et l'inflation était proche de la cible,
06:08donc il n'y avait pas de raison d'un nouveau mouvement.
06:11Ce qu'on observe depuis lors, c'est que la croissance a plutôt tendance
06:13à montrer des signes d'accélération.
06:15En France, c'était le cas dès le deuxième trimestre, encore plus au troisième.
06:18En Allemagne, ça a tendu un peu plus, mais les données de production industrielle
06:21d'octobre et novembre sont franchement très rassurantes.
06:25En octobre dans les travaux publics, en novembre dans l'industrie sur les biens d'équipement.
06:29On observe aussi que les new factory orders, donc les nouvelles commandes dans l'industrie,
06:33ont nettement rebondi et expliqué là encore par les biens d'équipement.
06:37Donc on peut expliquer ça par les programmes d'investissement dans les infrastructures et la défense,
06:42avec d'ailleurs une mise en œuvre qui semble plus prononcée, plus rapide
06:46dans les équipements de transport que dans la défense, mais dans la défense aussi.
06:52Et ça, ça commence à se voir.
06:54Donc au quatrième trimestre, l'Allemagne est probablement revenue à une croissance positive.
07:00On n'a pas encore le chiffre parce qu'on a juste eu la croissance annuelle en moyenne.
07:03Mais si on interpole un peu et qu'on essaie de voir au quatrième trimestre
07:06qu'il n'y a plus à voir comme croissance, elle a été probablement positive.
07:09Et ça préfigure pour nous une année de 2026 où la croissance s'accélérerait encore.
07:15Stéphane Koliak, on a des experts dans Good Morning Market cette semaine
07:19qui avaient pour scénario un recul de l'inflation en zone euro
07:23qui allait en dessous des 2% et qui pouvaient venir alimenter le scénario d'une BCE
07:29obligée de remonter ses taux cette année.
07:34Est-ce que c'est un scénario que vous analysez et que vous regardez également ?
07:38Alors nous on a un scénario de hausse de taux parce qu'on pense qu'en 2027
07:45l'inflation va se réaccélérer après une baisse temporaire au-dessous des 2% cette année.
07:52Et on pense qu'elle va se réaccélérer notamment parce qu'en Allemagne
07:57on anticipe une nette accélération et que les contraintes d'offres peuvent ressurgir assez rapidement.
08:04Et donc ce que nous pensons c'est qu'au deuxième semestre de 2027
08:07il pourrait y avoir deux hausses de taux de la BCE.
08:11Alors évidemment il faudra vérifier si les données confirment ce scénario-là.
08:15Mais en amont il ne va pas être urgent pour la BCE de prendre des décisions dans un sens ou dans l'autre
08:20notamment des baisses de taux cette année qui pourraient être autorisées par une inflation en deçà de 2%.
08:24Ce n'est pas une urgence particulière surtout si on craint que le prochain mouvement en 2027
08:29soit une accélération de l'inflation et donc à une hausse de taux.
08:34Merci Stéphane Koliak de nous avoir accompagné dans cette première partie d'émission.
08:38Je rappelle que vous êtes économiste chez BNP Paribas.
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