00:00On va poursuivre notre tour d'horizon de l'actualité à 22h41, un réveillon de Noël également sur les barrages pour les agriculteurs qui restent mobilisés en France,
00:08notamment dans le sud-ouest du pays. Les syndicats, vous le savez, étaient reçus hier à l'Elysée. Ils se sont dit déterminés à poursuivre le mouvement.
00:15Et illustration donc sur l'un des principaux points de la colère, l'A64, qui est toujours bloqué. On retrouve Laura Dubois, notre envoyée spéciale sur place pour BFM TV.
00:23Oui, c'est un réveillon très particulier pour les agriculteurs. Vous le voyez sur le point de blocage à carbone sur l'A64.
00:31Ils sont environ 500 voire 600 mobilisés. Il y a des sapins décorés, un repas qui est préparé avec du foie gras, des huîtres et de la dinde.
00:40Une messe est également tenue avec trois prêtres qui se sont rendus ici pour l'occasion. Mais malgré cette ambiance de Noël qui se veut chaleureuse,
00:49les agriculteurs tiennent à le rappeler. Ils ne sont pas là pour faire la fête, mais bien pour poursuivre le blocage.
00:56Certains agriculteurs et éleveurs sont d'ailleurs ici avec leur famille. En tout cas, vous le voyez même le soir du réveillon. Le blocage sur l'A64 continue.
01:06Et en cette soirée de réveillon, vous voyez ce message adressé par la ministre de l'Agriculture, Annie Genevert, sur les réseaux sociaux.
01:15En cette nuit de Noël, mes pensées les plus sincères vont à tous et plus particulièrement aux agricultrices et agriculteurs français
01:19qui, ce soir comme hier et pour demain, nourrissent notre pays avec passion et détermination.
01:23Aujourd'hui, plus que jamais, ils nous rendent fiers. On est en direct avec Joël Tournier. Bonsoir. Merci d'être avec nous.
01:28Vous êtes membre des Ultras de l'A64. Vous êtes mobilisé encore ce soir sur ce barrage.
01:36Peut-être une première réaction à ce message de Noël de la part de la ministre de l'Agriculture ce soir ?
01:43Oui, bonsoir à tout le monde. Qu'est-ce que vous voulez que je vous réponde ?
01:48C'est bien qu'elles pensent à nous, mais il faudrait qu'elles pensent beaucoup plus à nous, surtout.
01:54Les syndicats étaient reçus, notamment hier à l'Élysée.
01:59Le mouvement continue, clairement. On a une colère qui reste très, très forte.
02:03Et votre mobilisation en ce soir de réveillon de Noël le prouve ?
02:08Bien sûr, les syndicats, c'est juste un syndicat. C'est l'FDS qui a été reçu et l'Élysée.
02:14La Confédération Paysanne, la CR, et surtout les Ultras de l'A64 n'ont pas été reçus.
02:20Et surtout, ils n'ont même pas de contact avec le gouvernement.
02:25Alors, comment ça se passe ce soir ? Beaucoup de Français réveillent en famille.
02:30Vous, vous êtes donc sur ce barrage de l'A64. Racontez-nous un peu le programme de la soirée.
02:38Tout à fait. Nous, on est venus avec nos familles ce soir.
02:42Il y a eu une messe qui a été célébrée par plusieurs prêtres avec une chorale.
02:48Et là, maintenant, c'est un petit moment festif.
02:50En famille, il y a surtout des amis agriculteurs pour partager un petit moment de convivialité.
02:56Surtout parce qu'il commence à faire très, très froid.
02:59Et voilà, le mot n'y est pas trop.
03:01C'est juste pour nous donner un peu de bon au cœur pour repartir surtout au combat.
03:05Parce que demain, on repart au combat.
03:07Et voilà, tant que le gouvernement ne veut pas nous écouter, nous entendre et nous respecter,
03:12on continuera de se battre pour défendre nos territoires.
03:15Vous avez été reçu hier par le préfet de Haute-Garonne.
03:18Il n'en est rien ressorti de concret pour vous ?
03:21Ben non. Enfin, voilà, le préfet a été vraiment à l'écoute.
03:23Ça, on ne peut pas le dire. Mais le problème, il n'a pas de solution de suite et immédiate
03:29pour nos territoires, pour nos céréaliers.
03:31Le protocole qu'on demande pour cette DNC, voilà, ils ne veulent pas le changer.
03:36Il s'appuie sur des données scientifiques pour de l'abattage.
03:39Mais on n'arrive pas à avoir de données scientifiques pour savoir comment la maladie est arrivée,
03:43comment elle se propage sur nos territoires et comment elle atteint nos troupeaux
03:46et elle fait des bonnes de 100 km entre deux et les vaches.
03:49– Vous avez reçu du soutien de la part de nombreux habitants,
03:54de nombreux Français qui, je crois, vous ont apporté notamment des produits
03:57pour le repas de ce soir.
03:59– Oui, oui, tout à fait. Il y a un agriculteur qui nous a amené des huîtres,
04:05on a eu du foie gras, on a un éleveur de dinde qui nous a amené trois dinde
04:08de 25 kg chacune.
04:10On a eu cinq villiers, bien sûr, parce qu'on est dans un coin de chasseurs.
04:14Voilà, mais non, non. Après, nourriture et tout ça, générosité, il n'y a rien à dire.
04:18Voilà, il n'y a vraiment rien à dire.
04:20Tout le monde est derrière nous et tout ça.
04:21C'est pour ça, ça donne vraiment du chaud au cœur.
04:23Là, je vous dis, il y a plus de 600 personnes ce soir.
04:24Et on a vraiment envie de se battre pour rester dans notre territoire.
04:28Parce que là, c'est une histoire vraiment de survie.
04:30On est au bout du bout.
04:32C'est la dernière cartouche qu'on tire.
04:34– Le Premier ministre s'est exprimé hier dans une allocution.
04:38Il a évoqué notamment les grands chantiers, les priorités de l'année 2026 qui arrivent.
04:42Et il y a notamment le dossier agricole.
04:44Est-ce que ça vous a rassuré ou pas plus que ça ?
04:47– Ça ne nous a pas trop rassuré parce qu'avant de passer 2026,
04:51il faudrait qu'on finisse 2025.
04:52Nous, sur notre département, on a, je crois qu'il y a 140 ou 150 exploitations
04:57qui sont vraiment dans le rouge et qui ne peuvent même pas repartir,
05:00qui ne peuvent même plus faire d'avance pas.
05:02Voilà, on a 100, 6 bêtes qui ont été abattues.
05:06Peut-être demain, on va en avoir encore plus.
05:07Non, enfin, d'abord, il faut qu'il y ait des réponses actuelles
05:11sur notre problématique actuellement.
05:15Et après, on verra.
05:15Après, on passera à 2026.
05:16Mais pour le moment, on a des gros soucis pour 2025.
05:18Pour finir 2025.
05:19– Vous êtes prêt à passer le nouvel an sur ce point de barrage dans une semaine ?
05:25– Eh bien, si le gouvernement fait toujours la saut d'oreille,
05:28ne veut pas nous recevoir, nous entendre et tout ça,
05:30oui, on continuera tout ça.
05:31Nous, tant qu'on a pas de réponse concrète, nous allons continuer.
05:35– De réponse concrète, le Premier ministre disait hier que,
05:40en tout cas sur la question du Mercosur et la signature de cet accord de libre-échange
05:44avec les pays du Mercosur, le compte n'y était pas au fond
05:46et que pour l'heure, il n'était pas question pour la France de ratifier cet accord.
05:49– Mais non, mais tout à fait, le compte n'y est pas.
05:53Voilà, nous, on produit, on a l'agriculture la plus durable de France
05:56et on importe des produits où c'est qu'on n'ait même pas de responsabilité dessus.
06:02C'est des choses qu'on ne peut même pas entendre.
06:04Voilà, comme vous le savez, il y a des matières actives utilisées là-bas
06:07qui ne sont pas utilisées, qui sont interdites de nous en France.
06:10Voilà, il y a plein de choses qui sont incohérentes qu'on ne peut plus entendre.
06:13– Le prochain rendez-vous entre le Premier ministre et les syndicats
06:17est prévu le 5 janvier prochain.
06:20Quelles sont les principales revendications ?
06:22Qu'est-ce que vous attendez concrètement de la part du Premier ministre
06:24dès le début de l'année prochaine ?
06:26– Et nous, déjà l'année prochaine, nous, on trouve que c'est vraiment loin.
06:31On est le 24 décembre, le rendez-vous c'est le 5, c'est dans plus de 10 jours.
06:37Nous, 10 jours sur un pont d'autoroute, savoir nos familles et compagnie,
06:41c'est vraiment compliqué, j'espère que le Premier ministre fera des choses avant
06:45ou nous appellera avant, enfin voilà, il a un numéro de M. Bayle,
06:49j'espère qu'il va nous appeler vraiment avant, parce que je trouve vraiment dommage
06:52de laisser ces agriculteurs sur un pont d'autoroute pendant 10 jours,
06:55ça sans avoir de contact.
06:56– En tout cas, votre mobilisation ce soir, évidemment, prouve si besoin était
07:01la protestation, la colère qui reste évidemment très forte dans le monde agricole.
07:06Quelle est la suite de cette soirée pour vous ?
07:11– Qu'est-ce que vous avez prévu à partir de 23h ?
07:14– Les 23h déjà, on va essayer de manger tous ensemble, là.
07:18On a trois dents qui sont en train de rôtir, là, parce qu'on est une équipe de cuisinier formidable.
07:23Et après, on va passer un petit moment en convivialité avec tous nos amis agriculteurs,
07:27voilà, pour surmonter un peu le moral, pour essayer de finir cette année
07:31avec un peu de moral et de bon mon cœur.
07:33Et après, on va essayer de rejoindre peut-être nos familles, voilà,
07:37on fait un petit roulement pour dormir et demain, ça va continuer, le combat continue.
07:42– Pour la petite histoire, j'ai lu que des chasseurs, vous avez donné une biche,
07:45notamment pour le repas ce soir.
07:48– Tout à fait, tout à fait, tout à fait, on a fait guérir une biche.
07:51Non, non, mais je pense que question de nourriture, il n'y a vraiment pas de soucis.
07:54– Merci beaucoup d'avoir été en direct sur BFM TV.
07:58Bon courage à vous, évidemment, sur le barrage de l'A64.
08:02On entend la mobilisation des agriculteurs prêts à poursuivre le combat
08:05et se faire entendre du gouvernement.
08:07– Bon courage,
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