- il y a 11 mois
L’ex-premier ministre jette déjà l’éponge, moins d’un mois après sa nomination. Ce lundi 6 octobre, on essaie d’y voir plus clair avec Paul Quinio, directeur de la rédaction de «Libération».
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00:00C'est un nouveau marqueur de la crise politique sans précédent qu'on vit en France.
00:04Sébastien Lecornu a jeté l'éponge moins d'un mois après sa nomination en tant que Premier ministre.
00:09J'ai remis la démission du gouvernement.
00:13Il a à peine eu le temps d'annoncer une première partie de son gouvernement.
00:17Il n'a même pas eu le temps de faire son discours de politique générale.
00:20Alors évidemment, c'est la composition du nouveau gouvernement qui a généré de la colère au sein des oppositions.
00:25Mais ce qui est intéressant, c'est que les républicains eux-mêmes ont protesté.
00:28Pourtant, normalement, ils sont alliés à la Macronie, au sein du socle commun.
00:32Et Bruno Retailleau, il a même été reconduit à l'intérieur.
00:35Bref, tout ça, ça fragilise le camp d'Emmanuel Macron qui est déjà très faible.
00:40Mais ça pose aussi un constat inquiétant sur la santé de notre système.
00:44Alors aujourd'hui, on va se plonger dans cette crise politique qu'est la démission de Lecornu.
00:48Et on va le faire en compagnie de Paul Quignot.
00:51Salut Paul !
00:51Salut !
00:52Tu es notre directeur de la rédaction à Libération.
00:54Moi, je m'appelle Corentin Courtois et vous êtes dans le Libescope.
00:58Ma première question, Paul, est-ce que toi, la démission de Lecornu, tu t'y attendais ?
01:05Non.
01:07Alors on a eu quand même, évidemment non, puisque Lecornu est en place depuis très peu de temps.
01:13Et surtout qu'il a annoncé son gouvernement hier à 19h40.
01:17Donc évidemment, de voir qu'il démissionne ce matin.
01:20Enfin moi, j'ai été journaliste politique, c'est du jamais vu.
01:25Honnêtement, c'est totalement inédit.
01:28Donc c'est évidemment grave parce que c'est un signe supplémentaire de la crise politique que traverse le pays.
01:35Mais oui, c'est lunaire.
01:37Alors, surpris ce matin, pas complètement parce que ce qui était aussi inédit, c'est la réaction, la phrase de Retailleau ou la sortie de Retailleau hier soir,
01:49une heure après le communiqué de l'Elysée avec les 18 ministres nommés, dont Retailleau,
01:56et qui, je crois qu'il était vers 21h30, il me semble, torpille le gouvernement qui vient d'être nommé en disant qu'il ne correspondait pas à la promesse de rupture
02:10qu'avait faite Lecornu lors de sa petite déclaration lors de la passation de pouvoir.
02:15Donc qu'est-ce qui s'est passé ?
02:17Pour l'instant, on ne sait pas tout ce qui s'est passé.
02:21L'explication qu'il a donnée ce midi, Retailleau, sur TF1, c'est que LR, hier, toute la journée, avait discuté pour savoir s'il participait au gouvernement ou pas,
02:34sachant que Retailleau était sur la ligne de la participation, Wauquiez était plutôt sur la ligne du refus de la participation.
02:40Donc c'était déjà tendu au sein de LR.
02:43Et l'explication donnée ce matin, c'est que, quand ils ont accepté de participer au gouvernement,
02:50ils ne savaient pas que Bruno Le Maire faisait son entrée et arrivait au ministère des Armées,
02:57que la liste que le premier ministre aurait communiquée n'était pas complète.
03:03Et d'où le côté, voilà, dans ces cas-là, on ne peut pas avoir confiance et on sort ce qu'ils ont annoncé ce matin.
03:11Donc Bruno Retailleau, avant d'entrer dans le gouvernement, ne savait pas que Le Maire allait y participer.
03:16Pourquoi Le Maire ? Pour les Républicains, c'est une personnalité aussi clivante.
03:21Alors c'est la raison officielle, c'est que, alors c'est au-delà de la continuité,
03:26puisque Bruno Le Maire n'est pas, c'est pas un perdreau de l'année.
03:29Il était, évidemment, il a été ministre de l'économie, enfin il est ministre de Macron quasiment depuis le début.
03:33La raison officielle, c'est que Le Maire incarne précisément la situation budgétaire très compliquée dans laquelle on est.
03:45Je crois qu'à moitié, moi, cette explication, je pense qu'il y a surtout des problèmes du côté des LR, des problèmes stratégiques.
03:54Voilà, c'est qu'est-ce qu'il faut faire et qu'est-ce qu'on doit faire pour préparer ou pour être en ordre de marche pour la présidentielle ?
04:05Est-ce qu'il faut participer ou pas ?
04:06Donc LR a un problème de ligne politique.
04:11C'est soit, est-ce que LR doit participer au gouvernement avec le macroniste ?
04:15Donc regarder vers sa gauche, entre guillemets, ou, et je pense que c'est là pour le coup la position de Wauquiez,
04:23plutôt regarder vers l'extrême droite et commencer à préparer une réunification de toutes les droites, comme ils disent.
04:32Merci beaucoup de regarder cette vidéo, j'espère qu'elle vous plaît.
04:35Si c'est le cas, abonnez-vous à la chaîne YouTube de Libération.
04:38On propose des discussions comme ça chaque semaine.
04:40Vous pouvez aussi nous découvrir en direct sur Twitch, mais sachez aussi que vous pouvez retrouver cette discussion en podcast.
04:48D'ici là, je vous souhaite un bon visonnage.
04:51Cette démission de LeCornu, elle prend notamment son origine dans cette réaction de Bruno Retailleux.
04:57On a déjà une question dans le chat, c'est Nours qui se demande si j'ai bien suivi.
05:03LR et l'UDI ne font plus partie du socle commun.
05:06Du coup, il reste qui à soutenir Macron ?
05:09On va prendre cette question en deux parties.
05:10Déjà, pourquoi est-ce qu'on dit que la démission de LeCornu marque la fin du socle commun ?
05:15Qu'est-ce que ça veut dire ?
05:16Ce qui est vrai, c'est que tout ce qui se passe là depuis la nomination de LeCornu,
05:22c'est que la Macronie n'arrive pas à solidifier ce qu'ils appellent son socle commun.
05:30Je le rappelle, le socle commun, c'est les macronistes historiques,
05:34c'est Horizon d'Edouard Philippe, c'est l'UDI, etc., auxquels avaient accepté de participer un certain nombre de ministres LR.
05:44Donc ça tangue de tous les côtés, y compris Gabriel Attal, qui a été Premier ministre d'Emmanuel Macron,
05:51qui est un macroniste de la première heure, a aussi dégommé dès hier soir la formation du gouvernement LeCornu.
05:59Donc ça tangue de tous les côtés dans le socle commun.
06:04Et ça signe l'affaiblissement qui était déjà colossal, puisqu'il n'y a pas de majorité absolue.
06:13Mais là, y compris son socle, puisque c'est en termes de vocabulaire, un socle, on sait ce que ça veut dire.
06:20Donc là, le socle commun, en fait, est en train d'exploser.
06:23— Je voudrais revenir à la base. Ce gouvernement qu'a proposé Sébastien LeCornu, concrètement, c'est quoi qui posait problème ?
06:32Il proposait une rupture. Et en fait, il n'y avait que des têtes qu'on connaissait déjà. C'est ça, le problème ?
06:36— Que des quoi ?
06:37— Que des têtes qu'on connaissait déjà.
06:38— Oui, mais ça, c'est pas... Alors ça, c'est une écume qui... Effectivement, les Français se disent, voilà, on prend les mêmes et on recommence.
06:47En tout cas, ce qui est vrai, c'est que la formation annoncée du gouvernement d'hier ne signe aucune rupture.
06:53C'est l'arrivée de Bruno... Les Nouveaux, c'est Bruno Le Maire, c'est Lescure à Bercy et une ou deux autres personnes.
07:01Il n'y a pas de rupture dans le casting.
07:06Donc... Mais parce que... Alors LeCornu a essayé d'expliquer tout à l'heure qu'il avait essayé d'élargir tout ça.
07:15Mais le casting... Il n'y a pas de rupture dans le casting.
07:19Mais il n'y a pas de rupture non plus. Et je pense que c'est aussi le point de départ de tout.
07:25C'est qu'il n'y a pas de rupture dans la politique menée.
07:30C'est-à-dire que depuis trois semaines, LeCornu laisse entendre qu'il essaye d'ouvrir.
07:36Il a sorti son joker avec le 49-3 vendredi en disant qu'il ne se servirait pas du 49-3 pour passer le budget,
07:43en disant voilà, comme ça je vais laisser les députés essayer de trouver des majorités sur les textes.
07:51Et donc de laisser les discussions se faire, de laisser la place aux oppositions.
07:56Mais on a parlé de fiscalité pour les ultra-riches.
08:02Ça fait trois semaines que ce débat est au cœur des discussions politiques qui animent le pays.
08:07Il n'y a pas eu d'inflexion.
08:11Donc c'est le premier problème d'Emmanuel Macron.
08:15Et celui-là, c'est qu'il a un problème budgétaire qu'il refuse de résoudre en changeant en parti de politique
08:24et en envoyant des signes suffisamment sérieux à la gauche
08:28pour que la gauche accepte non pas de participer au gouvernement,
08:32mais de ne pas censurer le gouvernement immédiatement.
08:34Donc là, c'est toujours ça la politique.
08:39Il y a des problèmes de personnes, y compris dans ce qui s'est passé entre Retailleau, Le Maire, etc.
08:43C'est des problèmes d'égo.
08:44Je crois que le premier ministre a utilisé le mot tout à l'heure en disant
08:47voilà, il y a des gens qui ont du mal à laisser leurs égaux de côté.
08:50Donc la politique, c'est ça, c'est des personnes, mais c'est aussi du fond.
08:54C'est d'abord du fond.
08:55Quand il dit ça, des personnes qui ont du mal à laisser leurs égaux de côté, il parle de qui ?
08:59Eh bien, il parle de Retailleau, je pense, en partie.
09:04Il y en a peut-être d'autres, mais ce qui est toujours sur la table en politique.
09:10Évidemment qu'il y a des...
09:11Les gens pensent, et Lecornu l'a aussi dit tout à l'heure dans son intervention sur le P1 de Matignon,
09:18c'est que les LR, l'ER, enfin tout le monde commence à penser à la présidentielle.
09:26Et évidemment, comme la majorité, comme le chef de l'État sont très très affaiblis,
09:30ils y pensent encore plus.
09:32Sauf que ces stratégies-là de parti sont contradictoires
09:38avec la nécessité de se retrouver un minimum,
09:43de passer des compromis pour avoir un budget
09:45et d'attendre effectivement la grande explication qui viendra en 2027.
09:50Tu as parlé un petit peu de la gauche.
09:52Pour toi, il n'y a aucune chance qu'une partie de la gauche participe à un prochain gouvernement ?
09:59Alors là, la question, c'est qu'est-ce que va faire Emmanuel Macron maintenant ?
10:02Parce que là, pour le coup, c'est lui qui a les clés.
10:04Il n'y a plus de Premier ministre.
10:07Donc là, tout le monde attend de savoir ce que le président va faire.
10:10Il a encore cette option-là de dire,
10:15OK, je nomme un Premier ministre de gauche
10:18et charge à lui de trouver une majorité
10:22et d'avoir un programme, des propositions,
10:26et encore une fois, notamment des propositions budgétaires,
10:28qui lui permettent de ne pas se faire censurer immédiatement.
10:32Déjà d'embarquer les macronistes, ce qui n'est pas complètement évident,
10:35et surtout de ne pas faire que LR vote immédiatement une censure d'un gouvernement de gauche.
10:44Donc ça, ça reste une hypothèse.
10:48Ce n'est pas la plus probable,
10:50puisque ça, ça voudrait dire que Macron, en tout cas depuis des mois et des mois,
10:55a toujours refusé ces hypothèses-là.
10:58Il a toujours refusé d'envoyer des signes à la gauche sur les retraites,
11:05sur la fiscalité des ultra-riches, on en parlait tout à l'heure.
11:07Donc je le vois mal, là, aujourd'hui,
11:10faire appel à quelqu'un de gauche pour former un gouvernement,
11:13sachant que de toute façon, ça serait aussi un scénario fragile,
11:16puisque les partis socialistes, ils ont 66 députés.
11:20Donc pour aller chercher une majorité, ce n'est pas fastoche.
11:22Donc l'autre hypothèse, c'est celle qui allait sur la table,
11:31c'est effectivement de recourir à la dissolution.
11:34Le système est bloqué,
11:36et on demande aux Français de le résoudre en retournant aux urnes.
11:41Il n'y a pas un risque que ça fasse exactement la même chose ?
11:44On n'en sait rien.
11:47On n'en sait rien, parce que les Français...
11:49Là, la question que tu poses, c'est comment les Français regardent tout ça ?
11:54Et on sait qu'ils regardent avec quand même pas mal de consternation.
11:57Les épisodes de ce matin ne vont pas améliorer les choses.
12:00Donc voilà, comment les Français réagiront
12:02ou réagiraient dans les urnes en cas de dissolution ?
12:07Le risque de la dissolution, c'est quoi ?
12:12Qui sont les mieux placés aujourd'hui ?
12:16Malheureusement, c'est le Rassemblement National.
12:18Si on fait un tour d'horizon des réactions
12:21qu'ont suscité cette démission de Le Cornu,
12:25les différentes personnalités politiques,
12:27les oppositions politiques,
12:29qui a réagi et comment ?
12:32Chacun a réagi dans son couloir
12:34et en fonction de ses propres intérêts.
12:35Le RN, comme je l'expliquais à l'instant,
12:39qui se pense bien placé
12:40et sans doute malheureusement à juste titre
12:42en cas de dissolution,
12:43a réclamé une dissolution,
12:45ce qu'ils font depuis plusieurs semaines maintenant.
12:48Jean-Luc Mélenchon, pareil, dans son couloir,
12:52il est dedans depuis un moment aussi,
12:55a réclamé immédiatement la démission d'Emmanuel Macron.
13:02On sent aussi que s'il y avait une dissolution,
13:05ça lui irait aussi.
13:06Mais en tout cas, sa carte numéro un,
13:09c'est la démission d'Emmanuel Macron,
13:12ce que le président de la République a totalement exclu
13:14il n'y a plus il y a quelques semaines.
13:17Donc là, pour le coup, si c'était le cas,
13:19on serait vraiment dans la crise de régime.
13:21Mais en tout cas, ce scénario-là,
13:23sauf énorme surprise, est exclu.
13:27Donc voilà, chacun est dans son couloir
13:30et ce qu'on appelle les partis de gouvernement
13:32attendent un peu de savoir ce que va faire le président.
13:35Toi, tu tires quel constat de cette crise politique
13:39dans laquelle on est ?
13:42Un constat un peu consterné et un peu inquiet, en fait.
13:48Parce que notre démocratie ne va pas bien
13:52et que je pense qu'il n'y a pas de raison de s'en réjouir.
13:57Là, ça fait maintenant plus d'un an
14:03que le pays est complètement à l'arrêt.
14:05Il ne se passe pas grand-chose en termes de réformes
14:08et de réformes qui concernent aussi
14:13la vie quotidienne des Français.
14:15On ne parle pas simplement de budget.
14:18Il y a évidemment qu'un budget,
14:19ça a des conséquences sur la vie quotidienne des Français.
14:21Mais voilà, de textes de loi sur un tas de sujets,
14:24sur l'école, sur le numérique,
14:30les violences, etc.
14:32Donc, il y a des tas de choses qui sont à l'arrêt.
14:35J'entendais l'autre jour à la radio
14:36des maires qui se plaignent
14:37que leur petit projet de salle des fêtes
14:42ou de... etc.
14:43n'avance pas parce qu'ils n'ont pas les financements.
14:46Enfin bref, le pays est à l'arrêt
14:47et notre démocratie va mal.
14:50Et on voit ce qui se passe aussi.
14:52On n'est pas...
14:53La France n'est pas comme ça un pays isolé
14:55au milieu de nulle part.
14:57Il suffit de regarder à gauche ou à droite
14:59pour voir qu'il y a beaucoup de démocratie
15:01similaire à la nôtre
15:04où ça ne va pas bien.
15:06Les États-Unis, en termes de démocratie,
15:09ce n'est pas top.
15:10Donc, pour l'instant,
15:11la France résistait à cette vague illibérale,
15:15à cette vague de poussée populiste
15:16et à cette vague d'extrême droite.
15:18On est à ce moment de savoir...
15:21de bascule.
15:23Donc, je le regarde avec inquiétude.
15:26Parce que quand les Français
15:28se désintéressent et ricanent
15:30de ce qui se passe,
15:33ce n'est pas bon, en fait.
15:34C'est une question qui est importante pour moi.
15:38C'est-à-dire qu'on parle beaucoup
15:39dans ce genre de cas,
15:41la démission de Le Cornu,
15:42de conséquences politiques.
15:44Mais cette crise politique
15:46dans laquelle on est
15:47a aussi des conséquences
15:49autres que celles qui sont politiques.
15:52C'est quoi ces conséquences ?
15:53La politique, ça a toujours des conséquences
15:55sur la vie des Français.
15:57Donc, oui, je le disais à l'instant,
15:59il y a des tas de domaines
16:04où la France a besoin d'évoluer,
16:07a besoin de changer sa législation,
16:09de faire des réformes.
16:11Et c'est toujours les plus fragiles
16:14qui sont pénalisés
16:16dans ce type de situation.
16:19Pour les gens qui vont bien,
16:21c'est toujours les plus fragiles
16:26qui vont en souffrir.
16:27Donc, c'est là où il faut faire attention.
16:30Parce que, encore une fois,
16:31oui, ces gens-là,
16:33ils attendent que leur quotidien
16:34s'améliore.
16:35Et là, ce qu'ils voient,
16:36c'est un théâtre
16:37qui est complètement déconnecté
16:39de leur vie quotidienne
16:40et de leurs préoccupations
16:43quand ils se lèvent le matin.
16:45J'ai une question.
16:45Le chat Amadeo Zorus
16:47qui se demande
16:47comment la gauche peut-elle sortir
16:49son épingle du jeu
16:50dans la situation politique actuelle ?
16:53C'est compliqué
16:54parce que d'abord,
16:55elle est divisée, la gauche.
16:56Jean-Luc Mélenchon, ce matin,
16:58a tenté d'organiser une réunion
17:01à la mode NUPES
17:04ou Nouveau Front Populaire.
17:08Ses camarades écolos,
17:11communistes et socialistes,
17:12l'ont éconduit.
17:15Donc, la gauche,
17:16elle est divisée.
17:17Avec, en gros,
17:18d'un côté, LFI
17:20qui est dans sa stratégie
17:22de préparation de la présidentielle
17:25pour Jean-Luc Mélenchon
17:26et de rupture avec le Parti Socialiste,
17:31d'où le refus aujourd'hui
17:32des socialistes
17:33de répondre le doigt
17:35sur la couture du pantalon
17:37à l'invitation de Mélenchon.
17:39Donc,
17:39et la gauche,
17:40elle est,
17:41encore une fois,
17:41le Parti Socialiste,
17:42c'est 66 députés à l'Assemblée.
17:44Donc,
17:45ils n'ont pas non plus les muscles.
17:49Et on sent bien que,
17:51voilà,
17:51sur le paysage politique aujourd'hui,
17:55les équilibres,
17:57ils penchent pas vers la gauche.
18:00J'ai eu une autre question
18:01qui remonte un petit peu,
18:02mais c'est quelqu'un
18:03qui se demande
18:04si le divorce entre les Républicains
18:06et le Parti présidentiel,
18:08est-ce qu'il est acté ?
18:10Ou est-ce que Macron
18:10va continuer à dialoguer
18:11avec Retailleau,
18:12qui t'a viré à l'extrême droite ?
18:14On est dans l'incertitude.
18:16On est dans les quelques heures
18:20où ce scénario de rupture
18:22est possible.
18:24Un scénario de rabibochage
18:25était vraiment impossible
18:26en fonction de ce que va décider
18:28le président.
18:29Il peut aussi tenter
18:30de renommer un Premier ministre
18:32pour essayer de repartir
18:35sur des négociations.
18:38Honnêtement,
18:39on a commencé par ça tout à l'heure.
18:41La situation est inédite.
18:46Et donc,
18:46je serais un tout petit peu
18:49présomptueux
18:50de dire
18:51oui, oui,
18:52c'est ça qui va se passer,
18:53c'est ci qui va se passer.
18:54Honnêtement,
18:55peut-être même que le président
18:56pour l'instant
18:57ne le sait pas lui-même.
18:58Avant de terminer
18:59cette discussion,
19:00est-ce qu'on peut refaire
19:01un dernier tour d'horizon
19:03de la suite des événements ?
19:04Là, concrètement,
19:05dans les heures,
19:06les jours,
19:06les semaines à venir,
19:08qu'est-ce qui pourrait
19:09se passer ?
19:10Là, c'est plutôt
19:11une question d'heures.
19:13On devait avoir
19:15une déclaration
19:16de politique générale
19:17demain.
19:19On n'en a pas.
19:20Donc là,
19:22il va se passer
19:24quelque chose,
19:25forcément,
19:26soit dans la journée,
19:27soit demain ou plus tard.
19:28C'est obligé.
19:30La question,
19:30c'est quoi ?
19:31Et qu'encore une fois,
19:34il y a un scénario
19:36où Macron
19:39se décide
19:40à donner sa chance
19:42à la gauche.
19:44Il y a un scénario
19:45où il repart
19:46avec un macroniste
19:47pour essayer
19:48de ramener
19:49les LR
19:49à la raison
19:51en espérant
19:58que tout
19:58ce qui s'est passé
19:59depuis hier
19:59ne serait
20:00qu'un épiphénomène,
20:02etc.
20:03Donc ça,
20:03c'est encore une option.
20:05La troisième option,
20:06c'est la dissolution.
20:07La dernière,
20:08mais
20:10elle n'a jamais été
20:13mise
20:13sur le tapis
20:14ou sur la table
20:15pour l'instant
20:15par le président.
20:16Ça serait une démission,
20:17mais ça,
20:18pour le coup,
20:18je n'y crois pas du tout.
20:19Dans le chat,
20:20il y a beaucoup
20:21de gens
20:22qui s'interrogent
20:22sur l'article 16
20:23de la Constitution
20:24qui donne
20:25des pouvoirs étendus
20:26au président de la République.
20:27C'est une option ou pas ?
20:30C'est une option
20:31forcément
20:31puisque c'est
20:32constitutionnel.
20:35Ça serait
20:36un signe
20:42de plus
20:43de la crise
20:47très profonde
20:48de notre démocratie.
20:50Merci beaucoup,
20:51Paul,
20:51pour tous tes éclairages.
20:52Est-ce que tu as
20:53un mot de la fin,
20:53Paul ?
20:54En tant que journaliste,
20:55encore une fois,
20:56c'est une situation
20:56que moi,
20:58je n'ai pas connue.
20:59J'étais journaliste politique
21:00pendant des années
21:01et des années
21:01et je suis ça
21:02de près de toujours
21:03en tant que directeur délégué
21:05et je crois
21:06que je n'ai jamais été
21:07dans cette situation-là.
21:11Il y a des situations
21:12où on voit
21:13à peu près
21:13ce qui peut se passer.
21:15là,
21:18on est dans le schwarze
21:19comme on dit.
21:21Merci d'avoir écouté
21:22le Libescope.
21:23On se retrouve
21:24la semaine prochaine
21:24pour une nouvelle discussion.
21:25Sous-titrage Société Radio-Canada
21:29Sous-titrage Société Radio-Canada
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