00:00Le parallèle avec Dominique de Villepin est intéressant parce que c'est assez rare que finalement dans l'ensemble des Nations Unies il y ait tant d'applaudissements
00:05et puis comme à l'opéra les gens ont crié bravo à la fin de l'envoi, bravo !
00:10Et moi ça m'a rappelé effectivement 2003 et ce grand moment de la diplomatie française qui s'est...
00:13Oui mais le discours de Villepin il était intéressant de ce point de vue là.
00:16Pardon ?
00:16Le discours de Villepin en 2003 était plutôt intéressant pour le coup.
00:19Oui mais ce qui est intéressant, si on regarde les choses, c'est pas...
00:22Il y a le verbe, il y a ce grand moment d'émotion qu'on fait partager,
00:28et puis après il y a le résultat politique, qu'est-ce qui s'est passé après ?
00:31Il y a quand même eu la guerre en Irak, et après qu'est-ce qui s'est passé ?
00:34La France a couru après les États-Unis pour essayer de se réconcilier avec eux
00:38et si vous faites le bilan, en réalité ça a été assez désastreux.
00:42Personne ne fait jamais le bilan d'ailleurs, c'est ça qui est drôle.
00:45Là ce qui s'est passé hier, on pouvait entendre les applaudissements,
00:48on pouvait apprécier le en même temps, la stance, il est temps, il est temps, etc.
00:53C'est plus le maître des horloges, c'est carrément le prophète.
00:56Mais en réalité, ce que vous vouliez remarquer aussi, c'est les absences.
01:02L'absence d'Israël évidemment, l'absence des États-Unis plus embêtant,
01:06parce qu'est-ce que vous voulez faire aux Proches-Orient, ce sont les Américains.
01:09Et puis l'absence des Européens, de l'Italie.
01:12La plupart des pays européens n'ont pas reconnu.
01:15Il y a plus de 150 pays qui ont reconnu la Palestine.
01:18Si vous enlevez en plus les pays de l'Est qui l'ont reconnu,
01:22c'est les anciennes colonies soviétiques, c'était avant la chute du mur.
01:24Donc, les Anglais ont reconnu, mais avant que les Français,
01:30pour ne pas être associés justement à la démarche française
01:32et à ce qu'ils considèrent comme une sorte de jusqu'au-boutisme français,
01:35il y avait l'absence surtout du Séoudien qui co-présidait.
01:39Le prince est resté chez lui, dans son palais climatisé.
01:44Il n'a pas franchi le Rubicon, il n'a pas franchi l'Atlantique.
01:47Il est resté à la maison.
01:48Et il n'a pas reconnu Israël.
01:51Parce que c'est ça quand même la grande idée.
01:53La France reconnaît l'État de Palestine et en échange,
01:57les Arabes reconnaissent Israël.
02:00Terminé. On verra un jour.
02:01Et le dernier point qui me paraît important.
02:04On a vu Mahmoud Abbas, Abou Mazen, le président de l'autorité palestinienne,
02:09non ingénaire, totalement corrompu, etc.,
02:12qui est apparu en vidéoconférence parce que les Américains ne lui avaient pas donné de visa
02:15parce que pour les Américains, il incarne vraiment le potentat oriental
02:19dans tout ce qu'il a de plus détestable.
02:21Mahmoud Abbas, qu'est-ce qu'il a dit ?
02:23Il a dit, il a condamné, clairement, ce qui s'était passé le 7 octobre.
02:31Et ça, c'est formidable parce qu'il ne l'avait pas fait.
02:34Donc il lui a fallu deux ans, plein, à une semaine près,
02:38pour condamner les massacres du 7 octobre.
02:42Et si vous voulez, quand vous réalisez ce que ça veut dire,
02:46vous comprenez que le catalogue de projets depuis la démilitarisation de la Palestine,
02:53l'élimination du Hamas, la réforme de l'autorité,
02:56toutes les étapes qu'annonce Emmanuel Macron dans son discours,
03:01c'est un rêve éveillé, c'est une utopie,
03:04on entend chanter les anges,
03:06mais à chaque étape sera un casse-tête quasi insoluble.
03:10Ça, c'est la réalité.
03:10Abou Mazen a condamné hier, le 7 octobre.
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