- il y a 11 mois
Nicolas Sarkozy, jugé aux côtés de 11 autres personnes, connaîtra ce jeudi 25 septembre 2025 la décision du tribunal correctionnel de Paris dans l'affaire du présumé financement libyen de sa campagne présidentielle de 2007. Après 12 ans d’enquête judiciaire, c’est un dossier complexe, aux nombreux rebondissements et composé de nombreux personnages sulfureux que l’on va vous expliquer en 15 minutes.
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00:00Si c'était une série, on dirait que le scénario est invraisemblable.
00:03Est-ce que de l'argent a été versé ?
00:05Oui.
00:05Par qui ?
00:06Par les autorités libyennes, notamment Mohamed Gaddafi.
00:08À qui ?
00:09À Nicolas Sarkozy et Claude Guéant.
00:11Jamais en France, on a jugé un ancien président
00:14pour avoir conclu un pacte de corruption présumé
00:17avec une dictature comme celle de Mohamed Gaddafi.
00:20Ça n'est jamais arrivé dans l'histoire.
00:22Ce qui est certain, c'est que de l'argent libyen a été versé en France.
00:26La question est de savoir, est-ce que cet argent a servi à financer
00:30la campagne électorale de Nicolas Sarkozy ?
00:32C'est à la justice d'y répondre.
00:34Un dictateur, des terroristes, des valises d'argent liquide
00:38et un ancien président français,
00:40c'est peut-être le plus gros scandale de la Vème République.
00:43Nicolas Sarkozy, jugé aux côtés de 11 autres personnes,
00:46connaîtra dans quelques jours la décision du tribunal correctionnel de Paris
00:49dans l'affaire du présumé financement libyen
00:52de sa campagne présidentielle de 2007.
00:54Après 12 ans d'enquête judiciaire,
00:56c'est un dossier complexe, aux nombreux rebondissements
00:59et composé de plusieurs personnages sulfureux
01:01que l'on va vous expliquer en 15 minutes.
01:07Au début de l'année 2011, on reçoit à Mediapart
01:10un mail d'une personne qu'on ne connaît pas
01:13et qui nous dit « j'ai peut-être quelque chose
01:16sur quelqu'un qui vous intéresse ».
01:18Ce quelqu'un, c'est Ziyad Takedi
01:21et ce quelque chose, ce sont l'intégralité
01:23de ses archives numériques.
01:25Ziyad Takedi est l'un des principaux intermédiaires présumés dans cette affaire.
01:29Après avoir grandi dans la bourgeoisie libanaise,
01:32il arrive en France dans les années 1980
01:34où il devient le directeur général de la station de ski Isola 2000.
01:38Il se lie alors d'amitié avec des personnalités politiques
01:41comme François Léotard,
01:42qui deviendra en 1993
01:44le ministre de la Défense d'Edouard Balladur.
01:47Et au début des années 1990, dans l'avion, il va croiser un vieux copain de FAC
01:52qui lui est devenu vendeur d'armes.
01:55Et donc, d'un côté, il a son copain qui vend des armes
01:57et de l'autre, il a une bonne connaissance à lui
02:00qui devient le ministre de la Défense.
02:01C'est comme ça que Ziyad Takedi devient ce qu'on appelle intermédiaire,
02:05notamment dans les marchés d'armement.
02:07Nous, on commence à écrire sur l'affaire libyenne en juillet 2011.
02:11Et dès juillet 2011, on fait un article à Mediapart
02:14dont le titre est
02:15« Sarkozy guéant deux points le grand soupçon libyen ».
02:18Le chemin se faisant,
02:20nous arrivons à mettre la main sur un document
02:22qui a échappé, si j'ose dire,
02:24au bombardement de la guerre en Libye.
02:26Et ce document, c'est un document qui est daté de la fin de l'année 2006
02:30et qui est un accord de financement
02:32politique et administratif, si j'ose dire,
02:35de la part du gouvernement libyen
02:37et de son principal dirigeant,
02:39le dictateur Muammar Kadhafi,
02:41pour soutenir à concurrence
02:42de 50 millions d'euros
02:44les ambitions présidentielles de Nicolas Sarkozy.
02:47Ça ne veut pas dire que 50 millions ont été versés,
02:50mais ça veut dire qu'il y avait un accord pour cela.
02:54Mais revenons d'abord un peu en arrière.
02:56À la fin des années 1960,
02:58la Libye est dirigée par le dictateur Muammar Kadhafi
03:01et le pays commet de nombreux attentats terroristes,
03:04notamment contre des intérêts français.
03:06En 1989, la Libye de Kadhafi fait exploser un avion français,
03:10le DC-10 de la compagnie UTA,
03:13qui effectue un vol entre Brazzaville au Congo et Paris.
03:16L'attentat tue 170 personnes, dont 54 Français.
03:20Dix ans plus tard, un procès pour terrorisme se tient
03:22et le beau-frère de Kadhafi, Abdallah Senoussi,
03:25alors chef des services secrets libyens
03:27et commanditaire de l'attentat,
03:29est condamné à la réclusion criminelle à perpétuité
03:32en son absence.
03:33Après les attentats du 11 septembre 2001,
03:35la Libye change de stratégie
03:37et tente de normaliser ses relations
03:39avec les pays occidentaux.
03:41C'est dans ce contexte que les premières rencontres
03:42ont lieu entre les proches de Nicolas Sarkozy,
03:45alors ministre de l'Intérieur,
03:46et ceux de Muammar Kadhafi,
03:48grâce à l'action de Ziad Takhédine.
03:50Ziad Takhédine dit que ses déplacements
03:52doivent revêtir un caractère secret
03:54avec la dictature nibyenne,
03:57notamment pour, je cite l'une de ses notes,
03:59parler du sujet important.
04:00Le point de contact de Ziad Takhédine
04:03au sein du régime Kadhafi,
04:05c'est le numéro 2 du régime,
04:07Abdallah Senoussi,
04:08et qui est connu de sinistre mémoire en France.
04:10Ziad Takhédine organise la rencontre secrète
04:13dans le dos de l'ambassade de France en Libye,
04:15entre Claude Guéant,
04:18directeur de cabinet du ministre de l'Intérieur,
04:20avec le terroriste libyen Abdallah Senoussi.
04:23Et cette rencontre va se reproduire
04:26quelques semaines plus tard
04:27avec Brice Hortefeu,
04:30et c'est là que d'après l'accusation,
04:32d'après le parquet national financier,
04:34se nouent les premières discussions
04:36de ce qui va devenir pour le parquet
04:38un pacte de corruption.
04:40Ce pacte, c'est d'obtenir de la dictature libyenne
04:43un éventuel soutien financier
04:46à l'approche de la campagne présidentielle de 2007,
04:49et en contrepartie,
04:50c'est ce que soutient le parquet national financier,
04:53que la France, si Nicolas Sarkozy arrive au pouvoir,
04:58permette à la Libye de revenir dans le concert des nations,
05:02lui offre du nucléaire civil,
05:06et surtout, surtout,
05:08essaye de revoir la situation pénale d'Abdallah Senoussi.
05:12Vous voulez nous dire que jamais, à aucun moment,
05:13vous n'avez essayé, vous-même, vous reproche,
05:15de faire sauter son mandat d'arrêt international.
05:18Madame, d'abord, c'est impossible.
05:21Lorsque Kadhafi est tombé,
05:24j'ai envoyé moi-même président de la République,
05:26vous m'entendez, un magistrat,
05:28pour parler avec le nouveau chef du gouvernement libyen,
05:31avec une lettre de moi,
05:34demandant à ce que M. Senoussi soit déféré
05:36devant les tribunaux français.
05:37Selon les informations de Mediapart,
05:50un circuit complexe a été mis en place
05:52pour transférer l'argent,
05:54notamment via un compte lié à Ziad Takédine.
05:56L'homme d'affaires franco-libanais
05:57aurait également remis de l'argent en espèce
05:59dans des valises de cash
06:01à Nicolas Sarkozy et Claude Guéant
06:03entre 2005 et 2007,
06:05directement au ministère de l'Intérieur.
06:07On va découvrir qu'une société
06:10dans les paradis fiscaux de Ziad Takédine
06:13va récupérer de la part de la Libye
06:166 millions d'euros,
06:18dont une partie est versée
06:19précisément par les services
06:21d'Abdallah Senoussi.
06:24Une partie de ces fonds
06:26va, avec des rebonds bancaires,
06:28et ça c'est un élément très important
06:30de cette affaire,
06:31va atterrir sur le compte au Bahamas
06:33d'un Français,
06:34qui est un intime de Nicolas Sarkozy,
06:36qui s'appelle Thierry Gobert.
06:38La somme est à peu près
06:40d'un demi-million d'euros,
06:41c'est 440 000 euros,
06:43sur lesquels Thierry Gobert
06:44a été dans l'incapacité absolue
06:47de donner la moindre explication,
06:49la moindre justification économique.
06:51Par ailleurs, l'argent reçu par Ziad Takédine
06:56a été massivement retiré,
06:59pas intégralement,
07:00puisqu'il en a gardé une partie pour lui,
07:01mais une autre partie a été massivement retirée
07:03en espèce dans la périodicité
07:06de la campagne présidentielle.
07:08Au terme de leur enquête,
07:09les policiers anticorruption
07:10et les juges d'instruction
07:11ont découvert qu'il y avait bien eu
07:13du cash non déclaré
07:15qui avait circulé pendant la campagne présidentielle,
07:17et sur lequel le trésorier de la campagne,
07:22Éric Gobert,
07:23qui est l'un des prévenus de cette affaire,
07:25a donné des explications
07:26qui ont peu convaincu l'accusation
07:29et peu convaincu les juges d'instruction.
07:30Il a dit que c'était des dons
07:32qui avaient été envoyés anonymement
07:34par des militants.
07:36Claude Guéant avait,
07:37le temps de la campagne présidentielle,
07:39ouvert dans une grande banque française,
07:41une chambre forte,
07:42si grande qu'un homme pouvait y rentrer,
07:45ou une femme, debout,
07:46et il a,
07:48pour expliquer la raison
07:50de ce coffre-fort,
07:52il a dit que c'était
07:53pour y entreposer
07:54des discours,
07:55notamment des discours
07:56qu'avait prononcés Nicolas Sarkozy.
07:59En juillet 2007,
08:00Nicolas Sarkozy réalise
08:01sa première visite
08:02en tant que président de la République
08:04en Libye.
08:05Six mois plus tard,
08:06c'est au tour de Muammar Gaddafi
08:07de venir en France
08:08pour une visite d'État de six jours
08:10qui va choquer l'opinion.
08:11Le dirigeant libyen
08:12plante sa tente
08:13dans les jardins de l'Élysée
08:14et déambule
08:15dans les rues de Paris
08:16à travers les sites touristiques,
08:17comme ici,
08:18au musée du Louvre.
08:19Mais en 2011,
08:20la lune de miel
08:21entre les deux dirigeants
08:22prend fin
08:22à la faveur
08:23des printemps arabes
08:24qui touchent une partie
08:25du Moyen-Orient
08:26et du Maghreb.
08:27Des gigantesques manifestations
08:29ont lieu en Libye
08:30et sont violemment réprimées
08:31par le régime de Kaddafi.
08:34Nicolas Sarkozy
08:34prend le parti des rebelles
08:36et est le premier chef d'État
08:37à reconnaître
08:38le Conseil national
08:39de transition libyen.
08:40Dans la foulée,
08:41le fils de Muammar Gaddafi
08:42accuse Nicolas Sarkozy
08:43d'avoir touché
08:44de l'argent libyen
08:45pour sa campagne présidentielle
08:46de 2007.
08:47Mais ces accusations
08:48venant du fils
08:49d'un dictateur aux abois
08:50ne sont alors pas prises
08:51au sérieux en France.
08:53Le 20 octobre 2011,
08:54le convoi de Muammar Gaddafi
08:56est bombardé par l'OTAN.
08:57Alors qu'il tente de fuir,
08:58le dictateur
08:59est capturé par les rebelles.
09:00Linché,
09:01il finit par être tué par balle
09:03dans des circonstances
09:04qui restent encore floues.
09:05Au milieu des décombres
09:09de la guerre,
09:10sous les gravats,
09:10un document issu
09:11des archives
09:12des services secrets
09:13de Gaddafi
09:13est retrouvé.
09:14Le 28 avril 2012,
09:16Mediapart révèle cette note
09:17qui évoque la somme
09:18de 50 millions d'euros
09:19versée pour la campagne
09:21de Nicolas Sarkozy.
09:22Cette note est signée
09:23par Moussa Koussa,
09:24le directeur
09:25des services secrets extérieurs,
09:27l'équivalent de la DGSE libyenne.
09:28Elle est destinée
09:29à Beshir Saleh,
09:30le directeur de cabinet
09:31de Muammar Gaddafi.
09:32On a publié cet article
09:34dans un calendrier compliqué
09:36pour un journal
09:37parce qu'on était
09:39dans l'entre-deux-tours
09:40de l'élection présidentielle
09:41de 2012.
09:42On s'est dit que
09:43ne pas le publier,
09:44le retenir
09:45parce qu'il y avait
09:46une élection présidentielle
09:47aurait été un crime journalistique.
09:50Et Nicolas Sarkozy,
09:51pour se défendre
09:52de cette publication
09:54qui le mettait en difficulté,
09:56comme Brice Hortefeux,
09:57nous a accusé
09:58d'avoir publié
09:59un faux document.
10:01Il y a eu le faux document
10:01de Mediapart.
10:03Plus personne ne m'en parle.
10:06Le faux document
10:06aurait eu soi-disant
10:07un virement de 50 millions
10:08dont on n'a jamais
10:09retrouvé trace.
10:11Alors maintenant,
10:12on n'en parle plus.
10:13Pour quatre jours
10:14d'interrogatoire,
10:15on ne m'a même pas
10:16posé une question.
10:17C'était le grand sujet
10:17de ma campagne présidentielle 2012.
10:20Ce dossier
10:20n'est truffé
10:22que de faux.
10:22une enquête
10:23a été ouverte
10:24à la demande
10:25de Nicolas Sarkozy
10:26et après près de
10:27quatre ans
10:28d'investigation,
10:29la justice
10:29a débouté
10:31Nicolas Sarkozy,
10:32a donné raison
10:32à Mediapart,
10:34que ce soit
10:35au terme de l'enquête,
10:36devant la cour d'appel,
10:37puis jusque devant
10:38la cour de cassation.
10:40Et Nicolas Sarkozy
10:40a même dû
10:41nous verser
10:41de l'argent.
10:43J'ai toujours
10:43l'échec
10:44de Nicolas Sarkozy
10:45et de Brice Hortefeux
10:46que je n'ai pas
10:46enquêté
10:47dans mon bureau.
10:49Dans les dossiers
10:50de corruption,
10:51il est très rare
10:52qu'il y ait
10:53des preuves matérielles
10:54directes
10:55de financement.
10:56En général,
10:57les versements
10:58d'argent
10:58sont toujours occultes.
10:59Mais pour la justice,
11:01le simple fait
11:02qu'il y ait
11:02une promesse
11:03de corruption,
11:06qu'elle soit
11:06exécutée au final
11:07ou non,
11:08ne compte pas.
11:09L'infraction
11:09est constituée.
11:11Les juges d'instruction
11:12décident d'enquêter
11:13pour corruption,
11:15financement illégal
11:16de campagne,
11:17pour détournement
11:19de fonds public,
11:20les chefs d'accusation
11:21dès le début
11:21sont très graves.
11:24En 2013,
11:24Ziad Taqeddin
11:25est l'invité
11:26de BFM TV
11:26et RMC.
11:27Il affirme
11:28que de l'argent
11:29a été versé
11:29par la Libye
11:30à Nicolas Sarkozy
11:31et Claude Guéant.
11:32Est-ce que de l'argent
11:33a été versé ?
11:34Oui.
11:34Par qui ?
11:35Par les autorités libyennes,
11:37notamment Mohamed Gaddafi.
11:38À qui ?
11:39À Nicolas Sarkozy
11:40et Claude Guéant.
11:41Directement ?
11:42Directement.
11:43Comment ?
11:45À part des transferts
11:46bancaires
11:46et par du cash.
11:47Combien ?
11:49Ça dépasse,
11:49comme je dis,
11:50ça dépasse des montants
11:51parce que c'est souvent
11:52des formes différentes.
11:53Méziad Taqeddin
11:53ne s'incrimine pas
11:54et il faut attendre
11:55novembre 2016
11:56pour qu'il déclare
11:57à Mediapart
11:58avoir fourni
11:59des valises de billets
11:59à Nicolas Sarkozy
12:01et Claude Guéant.
12:02Un autre intermédiaire
12:03est arrêté en 2018,
12:04Alexandre Djouri.
12:05Rival de Taqeddin
12:06et proche de Béchir Salé,
12:08il est accusé
12:08d'avoir vendu
12:09l'une de ses villas
12:10à un fonds libyen
12:11géré par le directeur
12:12de cabinet
12:13de Mohamed Gaddafi.
12:14Il est aussi accusé
12:15d'avoir participé
12:16à l'exfiltration
12:16de Béchir Salé
12:17de la Libye
12:18vers la France.
12:19Lorsqu'on apprend
12:22que Nicolas Sarkozy
12:23est en garde à vue,
12:24on est en mars 2018,
12:25c'est un coup de tonnerre
12:27politique, médiatique.
12:29La garde à vue
12:30va durer 25 heures
12:32sur deux jours.
12:33Le premier jour,
12:33l'interrogatoire
12:34est de 8 heures
12:35à 23 heures.
12:36Il reprend le lendemain matin
12:38dès 8 heures.
12:39Trois enquêteurs
12:40vont se succéder
12:41pour interroger
12:42Nicolas Sarkozy
12:44qui va être décrit
12:46pendant cette garde à vue
12:47comme étant imperturbable.
12:49ni en pied à pied
12:49les accusations
12:51qui lui sont faites.
12:52Plus de 200 questions
12:53vont lui être posées
12:54et reposées.
12:55Mais Nicolas Sarkozy
12:57ne va pas lâcher
12:58un pouce à l'accusation.
12:59À la fin de sa garde à vue,
13:01il est décidé
13:02que Nicolas Sarkozy
13:03doit être déféré,
13:05présenté au juge
13:06d'instruction
13:06en charge du dossier
13:07à ce moment-là,
13:08Serge Tournaire,
13:09qui va décider
13:10de mettre en examen
13:12le président
13:13pour des faits,
13:14pour des chefs d'accusation
13:15qui sont là encore
13:16très graves.
13:17On parle de recel
13:18de détournement
13:19de fonds publics,
13:20corruption passive,
13:22financement
13:23de campagnes électorales
13:24illégales
13:25et d'associations
13:27de malfaiteurs.
13:28Ça n'était jamais arrivé
13:29qu'un président,
13:30un ancien président
13:31de la République
13:32soit mis en examen
13:33pour ces chefs-là.
13:35Alors que l'instruction
13:35de cette affaire
13:36se poursuit,
13:37en novembre 2020,
13:38Ziyad Taqeddin
13:39revient sur sa version initiale.
13:41M. Sarkozy
13:42n'a pas eu
13:43un financement
13:44libyen
13:45pour la campagne
13:45présidentielle
13:46ni M. Kadhafi
13:48ne pouvait le faire
13:49parce qu'il ne le faisait
13:50jamais.
13:51Et je l'ai dit
13:52haut et fort.
13:54Or,
13:54ce juge Tournaire
13:55a bien voulu
13:56tourner ça
13:57à sa manière
13:58et me faire dire
14:00des propos
14:00qui sont totalement
14:02contraires
14:03aux propos
14:04que j'ai dit
14:04ou que j'ai toujours dit.
14:05et il n'y a pas
14:06eu de financement
14:07de campagne
14:07présidentielle
14:08de M. Sarkozy.
14:11Jamais.
14:12Cette rétractation
14:12est une fausse rétractation.
14:15Une nouvelle enquête
14:15judiciaire
14:16a permis
14:17de découvrir
14:18qu'en fait
14:19le témoignage
14:20de Ziyad Taqeddin
14:22n'était pas spontané,
14:23n'était pas sincère
14:25mais qu'il avait été
14:26le fruit de tractations
14:27qui avaient été engagées
14:29notamment par un personnage
14:31que connaît bien
14:32le couple Sarkozy
14:34comme le couple Macron
14:35qui s'appelle
14:35Michèle Marchand
14:36surnommée
14:37Mimi Marchand
14:38qui est une femme d'affaires
14:39une communicante
14:40bien connue
14:41des cercles
14:41du pouvoir français
14:43qui est celle
14:44qui avec un arrêt
14:45aux pages
14:45de protagonistes
14:47haut en couleur
14:48va contre des promesses
14:50de versement de fond
14:51organiser
14:53orchestrer
14:54la fausse rétractation
14:56de Ziyad Taqeddin
14:57dans la presse française.
14:59A partir de janvier 2025
15:00Nicolas Sarkozy
15:01et 11 autres prévenus
15:03sont jugés
15:03au tribunal de Paris.
15:04Après un procès
15:05hors normes
15:06qui a duré trois mois
15:07le parquet a requis
15:08sept ans de prison
15:09300 000 euros d'amende
15:11et cinq ans
15:12d'inéligibilité
15:13contre l'ancien président
15:14de la république.
15:15Nicolas Sarkozy
15:16avait parlé
15:17d'un réquisitoire
15:18politique
15:18un réquisitoire
15:20violent
15:20son entourage
15:21l'avait décrit
15:22comme ulcéré
15:23mais pas abattu
15:24il avait publié
15:25un communiqué
15:27sur Facebook
15:28sur les réseaux sociaux
15:29où il disait
15:30qu'il gardait
15:31toute confiance
15:32sans la justice
15:32malgré ses réquisitions
15:34extrêmement lourdes.
15:35Nicolas Sarkozy
15:36ainsi que les 11 autres prévenus
15:38connaîtront leur jugement
15:39ce 25 septembre 2025.
15:42Ils sont pour l'heure
15:42toujours présumés innocents.
15:44On parle souvent
15:44d'un dossier tentaculaire
15:45c'est vrai qu'il a duré
15:46dix ans.
15:47Pour autant
15:48l'intrigue
15:49pourrait se résumer
15:50ainsi
15:51est-ce que la dictature
15:53de Muammar Gaddafi
15:54a versé
15:55de l'argent
15:56pour financer
15:56la campagne électorale
15:58de Nicolas Sarkozy
16:00en échange
16:01de contrepartie financière
16:02de contrepartie diplomatique
16:04de contrepartie économique
16:06en clair
16:07est-ce que
16:08la démocratie française
16:09a un jour été achetée
16:10par une dictature
16:11dictature sanguinaire
16:13c'est à cette question
16:14que la justice doit répondre.
16:21Sous-titrage Société Radio-Canada
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