- il y a 11 mois
Chaque week-end, Emilie Broussouloux vous accompagne de 22h à 00h dans BFM Grand Soir.
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00:00Retour en France où il faut s'attendre à un septembre noir et une colère sans social qui enfle.
00:06Bonsoir, bienvenue sur BFM TV si vous nous rejoignez.
00:10Alors que se rapproche le 10 septembre et le mouvement bloquons tout,
00:14le ministre de l'Intérieur, Dursilton.
00:16Vous aviez prévu de participer au mouvement, et bien Bruno Retailleau vous le dit, c'est complètement stupide.
00:22On voit bien que le mouvement s'est gauchisé, M. Mélenchon tente de le récupérer,
00:26que c'est la mouvance d'extrême gauche, d'ultra gauche, aidée par la CGT.
00:30Qui va être à l'oeuvre.
00:31Je ne crois pas à des mouvements d'ampleur.
00:33En revanche, compte tenu de ces mouvances-là, de leur radicalité, il peut y avoir des actions spectaculaires, etc.
00:40On doit pouvoir en France manifester une exaspération.
00:43On doit pouvoir en France manifester, on doit le faire calmement, sans bloquer le pays.
00:49Cette consigne de bloquer tout, c'est stupide.
00:52Parce qu'aujourd'hui, c'est pire que tout.
00:54Bloquer tout, c'est pire que tout.
00:55Le pays n'a pas besoin d'être bloqué.
00:57Il a au contraire besoin d'avancer.
01:00Et pour en parler, nous ont rejoint sur ce plateau Laurence Saillet.
01:04Bonsoir.
01:05Qui vient de dire « Je n'ai pas peur d'aller au combat. »
01:07Parce que oui, ça va se failliter ce soir sur ce plateau.
01:10C'est prévu.
01:10Ancienne députée européenne.
01:12C'est moi, Maurice Safran, qui l'avait dit.
01:14Bonsoir.
01:14On a prévu de se failliter ce soir.
01:15Oui, c'est ça.
01:16J'espère bien.
01:17Ça va être électrique sur ce plateau.
01:19Vous êtes éditorialiste à Challenge.
01:21Merci d'être là.
01:22On est aussi avec Bernard Sananès.
01:25Bonsoir.
01:25Président de l'Institut de sondage et là.
01:27Vous avez plein de nouveaux chiffres à nous donner, notamment sur ce que pensent les Français de ces différentes mobilisations.
01:33Et de notre Premier ministre et notre Président.
01:36Merci d'être là.
01:37Aurore Malval.
01:38Bonsoir.
01:39Rédactrice en chef adjointe du site du magazine Marianne.
01:42Merci d'être là.
01:43On est aussi avec Alexandre Ouizi.
01:45Bonsoir.
01:45Bonsoir.
01:46Sénateur PS de l'Oise.
01:49Et enfin, Pierre-Henri Dumont, secrétaire général adjoint Les Républicains.
01:52Bonsoir.
01:53Bonsoir.
01:53Merci également d'être ici.
01:55Vous avez entendu Bruno Retailleau s'exprimer aujourd'hui.
01:58Est-ce qu'il a raison ?
02:00Je vais donner la parole, par exemple, à Alexandre Ouizi.
02:02Est-ce qu'il a raison de dire que c'est stupide de sortir dans les rues et d'aller bloquer certaines infrastructures, par exemple ?
02:09Si vous demandez à un socialiste si toute l'histoire du mouvement social dans ce pays est stupide, la réponse est non.
02:14Si vous demandez, nous, quel est notre rôle dans ce moment, alors là, les choses sont différentes.
02:17Notre rôle à nous, c'est de trouver une solution pour aller de bloquons-tout vers changeons-tout.
02:22Et donc, nous, notre responsabilité, c'est de trouver une voie de passage qui permet à ces colères populaires d'avoir un débouché politique.
02:27Et c'est ce qu'on essaie de faire avec le contre-budget et tout ce qu'on a présenté.
02:30– Laurence Saillet, est-ce que ça vous étonne que Bruno Retailleux dise que c'est stupide ?
02:35Est-ce que ça ne met pas de l'huile sur le feu à cinq jours de ces mobilisations ?
02:38– Il a fait une différence entre la manifestation, qui est autorisée, effectivement, et logique.
02:42– Vous avez raison, il a dit que les Français avaient le droit de manifester.
02:45– Et le blocage, et c'est pour ça que, monsieur, vous n'avez pas été trop clair sur votre position sur le blocage,
02:49mais vous y reviendrez sûrement, parce que bloquer la France, en fait, une France qui est déjà dans un État,
02:54comme on l'a décrit, et je crois que tout le monde est d'accord sur le constat,
02:56c'est un peu comme si vous alliez au bord de l'île d'un malade sous perfusion
03:00et que vous étiez en train de le secouer, ou alors de lui mettre un oreiller sur la tête.
03:05Enfin, vu l'État du pays, je ne comprends pas qu'on puisse appeler à un blocage.
03:10Qui va subir les conséquences ? Ce sont les commerçants, ce sont les petites entreprises, ce sont les petits.
03:15Les gros ne vont pas souffrir.
03:17Mais on va encore mettre, si vous voulez, les entreprises dans une situation difficile,
03:21quand on dit qu'il ne faut plus acheter, qu'il ne faut plus consommer le jour-là,
03:24mais qui va en subir les conséquences ?
03:26C'est irraisonnable.
03:28Franchement, je ne comprends pas.
03:29D'ailleurs, il y a eu un appel, et là, monsieur Safran pourra nous en parler,
03:32des patrons que je salue qui ont dit, mais laissez-nous travailler dans Challenge,
03:38laissez-nous travailler, laissez-nous faire de la croissance.
03:40Ça fait deux rentrées où, effectivement, la situation politique amène les entreprises et l'économie dans le mur.
03:46Cette gauche qui soutient ces mouvements est totalement irresponsable.
03:49Néanmoins, il y a une colère qui monte, il y a beaucoup d'exaspération.
03:52Est-ce que ça ne peut pas être vécu comme une provocation, les mots du ministre de l'Intérieur ?
03:56Non, mais c'est des mots qu'on attendait du ministre de l'Intérieur, il n'y a pas de surprise.
03:59Ce sont des mots que vous attendiez ?
04:01C'est stupide.
04:02Qui est raisonnable depuis maintenant plusieurs mois, depuis la dissolution en l'été ?
04:07Qui est raisonnable ?
04:08On est dans un contexte qui n'est pas raisonnable, justement.
04:12Le président de la République a prononcé une dissolution qu'un an après, personne ne comprend,
04:17y compris par un ici plus proche.
04:20Le Premier ministre a fait un choix où il savait parfaitement qu'il allait perdre.
04:24Donc, on n'est pas dans une situation qui est raisonnable aujourd'hui.
04:26Donc, vous, vous comprenez ces Français qui sont en colère ?
04:29Ces Français qui sont en colère, ils le sont.
04:31On va savoir le 10.
04:33Rien ne dit, pour l'instant, que le 10 sera un grand succès.
04:37Il faut attendre, il faut voir ce qui se passe.
04:39Il y a les syndicats qui ont pris du champ par rapport au 10.
04:44Il y a la mobilisation du 18.
04:47Donc, il faut être aujourd'hui extrêmement prudent par rapport au 10.
04:51Alors, on va regarder à quoi s'attendre à partir du 10 septembre,
04:54parce que les choses bougent beaucoup.
04:57Il y a certaines choses qui seront bloquées.
04:59Les infrastructures, notamment, regardez, on parle de gares, de ports, de routes.
05:02De routes, en tout cas, notamment sur les réseaux sociaux.
05:06Regardez les hôpitaux et le secteur de l'énergie qui sont déjà en grève.
05:10Et puis, il y aura ce mouvement en bloquant tout le 10 septembre, donc.
05:14Et puis, l'intersyndicale qui a annoncé déjà un mouvement le 18 septembre.
05:20Aurore Malval, est-ce que, quand Bruno Retailleux dit que le pays n'a pas besoin d'être bloqué,
05:25il a besoin d'avancer, est-ce qu'on peut considérer qu'on avance dans la bonne direction ?
05:31Par rapport aux propos, enfin, que les propos de Bruno Retailleux...
05:33Disons qu'il est cohérent en tant que ministre de l'Intérieur,
05:37qui est plus est un ministre de l'Intérieur des Républicains,
05:39qui n'a jamais fait montre d'une grande sensibilité par rapport au mouvement social
05:44ou aux expressions de la colère populaire dans la rue.
05:47Après, la bonne direction, sûrement pour lui,
05:49parce qu'effectivement, la force de la mobilisation du 10 septembre,
05:54de son ampleur, dépendra un petit peu la suite.
05:58Il est évident qu'après la chute du gouvernement de François Bayrou,
06:02qui devrait, selon toute vraisemblance, advenir le 8 septembre,
06:06eh bien, il y aura le 10.
06:08Donc, c'est aussi une façon, en tout cas pour certains,
06:10de mettre une pression supplémentaire, effectivement, sur le pays
06:13pour éventuellement orienter aussi les décisions qui vont être prises
06:17et qui vont être prises par le président de la République
06:18sur le prochain gouvernement, sur une éventuelle dissolution,
06:21voire, espèrent certains, et notamment à gauche,
06:24mais d'ailleurs à l'extrême droite aussi, une éventuelle démission.
06:27Donc, évidemment que Bruno Retailleau n'a absolument aucun intérêt,
06:32je dirais à la fois en tant qu'homme politique et ministre de l'Intérieur,
06:35à ce qu'il y ait effectivement un blocage du pays
06:37ou une manifestation, en tout cas d'ampleur, d'une colère populaire.
06:41Pierre-Henri Dumont, je vois que vous avez envie de défendre Bruno Retailleau.
06:44Il est déjà très bien défendu.
06:46Simplement vous dire que c'est son rôle, évidemment, de ministre de l'Intérieur,
06:49de rappeler qu'il y a une liberté constitutionnelle à chacun.
06:51Mais c'est son rôle, pardon, mais d'employer des mots comme cela,
06:54c'est stupide, ça ne sert à rien de faire ça.
06:57Est-ce que ça ne peut pas jeter de l'huile sur le feu ?
06:59Non, non. La réalité, c'est que chacun est libre de faire grève.
07:03C'est un droit qui est garanti par la Constitution.
07:05Mais bloquer, tel que c'est prévu de le faire,
07:08l'ensemble des services publics, qui, je le rappelle,
07:10sont quand même l'apanage et sont quand même quasiment la seule richesse
07:13de ceux qui ont peu ou rien,
07:14c'est quelque chose qui est, à mon sens, en dehors de tout propos.
07:19Surtout que, si on revient sur la genèse de cette manifestation du 10,
07:22souvenez-vous, au début de l'été,
07:25c'était d'abord des mots d'ordre qui étaient plutôt lancés
07:27par ce qu'on appelait le mouvement des Nicolas qui payent,
07:29c'est-à-dire des gens qui étaient,
07:32s'estimaient de devoir payer trop d'impôts,
07:34estimaient que le service public qui était rendu
07:36par rapport à ce niveau d'impôts
07:38était du tout au niveau attendu.
07:41Et c'est des gens qui demandaient moins d'impôts,
07:43moins de taxes, plus de liberté de façon générale.
07:46Et on a eu une prise en main, une OPA hostile
07:48de ce mouvement au milieu de l'été
07:50par Jean-Luc Mélenchon et par la France insoumise,
07:53qui, on le sait bien, sa stratégie, c'est la stratégie du chaos,
07:56avec un détournement profond du sens de cette première manifestation.
08:00Et on se retrouve donc aujourd'hui avec...
08:01Ce n'est pas un mouvement qui est politisé à l'origine.
08:03Oui, mais pardon, mais aujourd'hui,
08:04c'est le mouvement de Jean-Luc Mélenchon.
08:05C'est ça la réalité.
08:06C'est le mouvement de Jean-Luc Mélenchon.
08:07C'est en tout cas Jean-Luc Mélenchon
08:09qui a très clairement indiqué,
08:10et ça a fait les gros titres de la presse
08:13pendant de nombreux jours.
08:14Il me semble qu'il a dit qu'il soutenait le mouvement.
08:16Mais à partir du moment,
08:17il ne me semble pas qu'il ait dit que c'est mon mouvement.
08:19Avec sa force de frappe.
08:21Avec sa force de frappe.
08:22Avec ce qu'il représente dans l'opinion.
08:23On sait très bien que ce sera détourné.
08:26Juste une remarque.
08:26Oui, ça prend.
08:27Alors rapidement, parce qu'avec le Mousier, vous voulez parler.
08:29Quand Bruno Retailleau dit que c'est stupide
08:30et que ça ne sert à rien,
08:32ce n'est pas le ministre de l'Intérieur qui parle.
08:34C'est le président de LR.
08:35Il est dans un combat politique.
08:37Ce n'est plus le ministre de l'Intérieur.
08:38Et ça, c'est important à dire, je crois.
08:41Bernard Sananès, vous vouliez juste dire quelque chose ?
08:43Premier, je vous donne la parole.
08:44Oui, parce qu'on évoque la question de savoir
08:46si le 10 va être un succès.
08:49Maurice parle évidemment du 18 derrière.
08:51En fait, personne, comme souvent en météorologie sociale,
08:54ne peut prédire qu'elle sera l'issue de la mobilisation.
08:56Mais pourquoi ?
08:57Parce que quand on demande aux Français
08:58ce qu'on a fait chez Elab cette semaine,
09:00quels sont les mots qui caractérisent leur état d'esprit,
09:04on a quelque chose d'assez équilibré.
09:06C'est d'une part entre l'inquiétude qui arrive en tête,
09:08l'inquiétude face à la situation économique du pays,
09:10face au déficit,
09:11face, on l'a vu avant sur ce plateau,
09:13à la situation géopolitique, au risque climatique.
09:15Donc l'inquiétude, c'est le premier sentiment.
09:17Quand on est inquiet, quand on a peur,
09:19ce n'est pas toujours dans ces moments-là
09:20qu'on choisit de manifester.
09:21Mais juste derrière l'inquiétude,
09:23les Français expriment à la fois
09:24un sentiment d'exaspération,
09:27vous l'avez dit, Émilie,
09:28et de colère.
09:29Et quand on totalise l'exaspération et la colère,
09:31c'est au-dessus de l'inquiétude.
09:32Donc on voit bien que ces deux sentiments,
09:35je ne vais pas dire, vont s'annuler.
09:36Mais au contraire, risquent d'être en balance
09:38dans l'esprit des gens.
09:39Est-ce qu'il faut effectivement exprimer sa colère ?
09:41Cette colère, elle a été amplifiée
09:44par le projet de budget du Premier ministre,
09:47qui a été notamment sur la mesure des jours fériés,
09:49on en a beaucoup parlé,
09:50une symbolique qui a exacerbé l'opinion.
09:54Ça, c'est le premier point.
09:55Deuxième point, il y a le sentiment
09:56que le spectacle de la politique
09:57est un spectacle aujourd'hui navrant.
09:59C'est ce que nous disent 8 Français sur 10.
10:01C'est que les politiques n'apportent pas de réponse
10:03à leurs problèmes, à leurs difficultés,
10:05à leurs souffrances.
10:06Et ça, effectivement, ça pousse,
10:08ça amplifie cette colère.
10:09Maintenant, de là à dire qu'il y aurait
10:10des points communs avec le mouvement des Gilets jaunes,
10:13ce qu'on entend ça ou là,
10:14je pense que c'est un peu plus compliqué
10:15et un peu plus difficile à dire.
10:16On va l'évoquer justement,
10:18et on va voir à quoi est-ce qu'on pourrait
10:19justement comparer ça,
10:20puisque certains parlent aussi de nuit debout,
10:23notamment.
10:24Mais d'abord, peut-être Alexandre Ouizi,
10:25il voulait vous faire réagir
10:26sur ce que nous disait Pierre-Henri Dumont.
10:30Sur ce mouvement Bloquons-Tout,
10:32est-ce que c'est le mouvement de Jean-Luc Mélenchon ?
10:34Oui, je réagissais en effet à ça.
10:36C'est le mouvement d'abord de François Béroud.
10:39C'est son héritage, c'est son leg.
10:40C'est ce que vous disiez il y a un instant.
10:42C'est-à-dire que, et d'Emmanuel Macron,
10:44lorsque vous avez un président de la République
10:45qui ne répond jamais à la colère sociale,
10:49ne tire pas les leçons des élections
10:51qu'il a lui-même convoquées,
10:52ou le fait-ci une seule fois,
10:54en 2018, lorsqu'il y a des Gilets jaunes
10:55sous ses fenêtres qui disent, on est là.
10:57Et à ce moment, il y a un petit bouger
10:59sur la politique économique.
11:01Comment voulez-vous que les Français se disent
11:02qu'ils ont d'autres moyens que cela ?
11:04Par ailleurs, je souligne quand même un paradoxe
11:05dans ce que vous disiez, qui m'a interpellé.
11:07Vous disiez, ce n'était pas stupide finalement
11:09quand c'était les Nicolas qui payent.
11:10Ce qui va un peu dans le sens que vous disiez.
11:12C'est d'abord le président de LR qui parle,
11:15parce que ce qui est stupide pour lui,
11:16c'est les revendications qui sont portées par ce mouvement.
11:19Et donc on est là quand même,
11:20en effet, pas pour un mouvement qui est stupide.
11:21Jean-Luc Mélenchon, un mouvement qui est l'héritage,
11:24le leg, peut-être la seule chose qui restera
11:26après le 8 de François Béroux.
11:28Voilà la réalité de ce qui se passe aujourd'hui dans le pays.
11:31Maintenant, quant à l'ampleur, vous avez raison.
11:33Personne ne déclare qu'il va y avoir,
11:36c'est aux Français qui se saisissent ou non des choses.
11:38Et dans un instant, on va donner la parole
11:41à certains qui ont l'impression de se mobiliser.
11:43C'est de se dire, qu'est-ce que nous en faisons ?
11:45Qu'est-ce qu'il y a derrière ?
11:46Quels vont être les mots d'ordre ?
11:48Et à nous, à nous de proposer une solution politique.
11:50Justement, Laurent Saillet.
11:51Le grand problème, je pense,
11:52c'est que personne ne sait vraiment
11:53quelles sont les revendications.
11:55Parce que vous avez des gens à l'intérieur de ce mouvement
11:57qui peuvent être pour les ZFE,
11:59d'autres qui sont contre les ZFE.
12:01Ils étaient contre les mesures de François Bayrou.
12:03Ce que j'entends, enfin, ce que je veux dire,
12:05la mesure des jours fériés,
12:07c'est une mesure harakiri, totalement explosive et clivante.
12:10Quand il a annoncé cette mesure,
12:11je me suis dit, bon, en fait, il s'en va.
12:14Parce qu'évidemment que quand on annonce ce type de mesure,
12:17alors que vous avez quand même 40%,
12:19je répète toujours ce chiffre,
12:20parce que je trouve ça dingue,
12:22des gens qui sont au RSA qui ont moins de 35 ans.
12:25Ça veut dire que quand même,
12:26vous avez une partie de gens
12:27qui considèrent qu'ils n'ont pas à travailler,
12:29même en étant jeunes et en pleine santé.
12:31Ça me semble rapide.
12:31Et que d'un autre côté, si vous voulez,
12:33on va enlever des jours fériés
12:36à des gens qui bossent
12:37et dans des conditions très souvent difficiles
12:39avec des salaires bas,
12:40je trouve ça d'une injustice totale.
12:42Mais maintenant, François Bayrou va tomber.
12:44Donc je ne comprends même pas
12:46quelles vont être les revendications,
12:48puisqu'on repart quelque part un peu à zéro.
12:51Je ne vois pas comment le président ne peut pas dissoudre.
12:54Parce que là, s'il remet quelqu'un du bloc central,
12:56on va refaire un tri-répetitas.
12:57Donc quelles sont les revendications ?
13:01Vous-même, vous êtes gênée, je pense,
13:03à cause de ça.
13:03Justement, Laurent Saillet,
13:04je voudrais peut-être qu'on pose la question
13:05à Sarah Rami et Noam Peter.
13:08Bonsoir à tous les deux.
13:09Merci d'être avec nous sur BFM TV.
13:11Vous avez 19 et 22 ans.
13:15Vous avez décidé de participer à ce mouvement
13:17Bloquons-Tout le 10 septembre.
13:18Justement, on se demande sur ce plateau
13:20quelles sont vos revendications.
13:21Pourquoi est-ce que vous avez pris cette décision ?
13:23Le 10 septembre, c'est un mouvement populaire,
13:27un mouvement citoyen et transpartisan
13:29qui est là aujourd'hui pour faire tomber Macron,
13:32pour faire tomber toutes ces politiques austéritaires
13:34parce qu'on voit des gouvernements successifs
13:37qui imposent des politiques tout aussi austéritaires
13:39les unes que les autres,
13:40qui sont en contraire avec la pérennité
13:43que doit avoir le peuple français aujourd'hui
13:47et le peuple de France.
13:49Aujourd'hui, les Français et les Françaises
13:51ne sont pas satisfaits de ce qui se passe
13:53et des gouvernements successifs
13:55qui imposent des mesures austéritaires.
13:58Il y a une casse sociale qui est totalement injuste.
14:02Il y a des coupes budgétaires dans les services publics.
14:05On voit des dégradations au sein des hôpitaux,
14:07au sein des écoles,
14:08au sein des associations pour les protections des femmes,
14:11au sein des associations qui protègent
14:13aujourd'hui les gens les plus en besoin en France.
14:17On voit une dégradation complète du train de vie des Français,
14:22du quotidien des Français et des Françaises.
14:24Il y a un besoin aujourd'hui de mobilisation.
14:26Il y a une colère sociale avec des dizaines de crises continues.
14:31Aujourd'hui, il y a des crises politiques en sans fin
14:34avec Macron et tous ses gouvernements et ses politiques néolibérales
14:37qui ont lieu depuis des décennies.
14:38Il y a eu la crise des gilets jaunes.
14:40Il y a eu la crise de la répandes des retraites.
14:43Il y a eu la crise suite au meurtre de Naël.
14:45Il y a eu la crise suite au génocide palestinien.
14:48Aujourd'hui, il y a énormément de crises politiques
14:49qui ne peuvent pas se résoudre
14:52si ce n'est par une vraie mobilisation populaire.
14:54C'est pour ça que le 10 septembre est là.
14:56Le 10 septembre, ça va être une mobilisation forte,
14:58une mobilisation populaire qui est là pour unir
15:00les Français et les Françaises du bas
15:02contre ceux du haut et contre les classes dirigeantes.
15:04Nous, notre mot d'ordre, c'est on ne veut plus,
15:06puisqu'on ne veut plus de Macron.
15:07On ne veut plus de ces politiques austéritaires.
15:09On ne veut plus de ces politiques néolibérales.
15:10Ce qu'on veut, c'est reprendre la main
15:12sur les décisions démocratiques qui se passent dans ce pays.
15:16Est-ce que vous considérez qu'il faut nécessairement
15:18faire des blocages pour se faire entendre ?
15:23On pense qu'il faut utiliser tous les moyens nécessaires
15:25pour débloquer le pays.
15:26Et débloquer le pays, aujourd'hui, c'est faire partir Macron.
15:29Et aujourd'hui, on a tout essayé.
15:30C'est-à-dire que l'année dernière, on a eu des élections
15:32pour faire partir Macron.
15:34Elles ont donné un résultat qui était majoritairement
15:36contre Macron.
15:40Qu'est-ce qu'il a fait ?
15:40Il s'est maintenu au pouvoir et il a mis en place
15:42des politiques toujours plus austéritaires.
15:44Donc, ce n'est pas très sérieux.
15:45Et nous, on est prêts à utiliser tous les moyens nécessaires
15:48pour le faire partir.
15:49Si ça veut dire que le 10, il faut bloquer,
15:51on sera là pour bloquer.
15:52Mais avant tout, et je tiens à le préciser aujourd'hui,
15:54il faut aussi rappeler que les gens qui vont manifester
15:57et faire la grève ce mercredi 10,
16:00c'est des travailleurs.
16:00C'est des gens qui voient dans leur quotidien
16:02les conséquences de l'austérité.
16:06On le voit par exemple chez les cheminots
16:07qui, en fait, très concrètement, voient le service ferroviaire
16:11se dégrader, c'est-à-dire que les infrastructures
16:13ne sont plus investies, ce qui cause un danger,
16:15en fait, très concrètement, et pour les âgés
16:17et pour les travailleurs.
16:18On voit aussi chez Enedis, les travailleurs de Enedis
16:20qui sont actuellement en grève.
16:22Ces gens-là, ils font tourner la société
16:23et ils savent mieux que la classe dirigeante aujourd'hui
16:26que c'est plus possible de continuer comme ça
16:28et qu'on ne veut plus.
16:29Parce qu'en haut, ils ne sont plus capables, en fait,
16:30de diriger la société.
16:31Ils ne peuvent plus.
16:32Mais on voit aussi que, en fait, leur budget
16:35nous fixe le premier record.
16:36C'est d'ailleurs exactement ce que nous disait
16:39Bernard Sananès en plateau sur cette exaspération
16:41et cette colère.
16:42J'ai juste une dernière petite question, s'il vous plaît,
16:43puisqu'il en était question en plateau.
16:45Est-ce que vous considérez que c'est le mouvement
16:47de Jean-Luc Mélenchon ?
16:48Non.
16:51Le mouvement du 10 septembre, c'est un mouvement, encore une fois,
16:54populaire, un mouvement citoyen qui unit tous ceux d'en haut
16:57contre ceux d'en bas.
16:58Et, encore une fois, avec notre mot d'ordre, on ne veut plus,
17:00ce qu'on aimerait appuyer, c'est qu'une situation pré-révolutionnaire,
17:03elle se crée lorsque les gens du milieu basculent vers les gens du bas
17:06pour se révolter contre ces classes dirigeantes
17:09qui ne peuvent plus diriger comme elles le font depuis des décennies.
17:12Ils ne peuvent plus tenir.
17:13On voit les crises politiques qui se continuent.
17:15On voit les 500 familles les plus riches de France aujourd'hui
17:18qui ont triplé leur fortune en l'espace de 10 ans.
17:22On voit 250 milliards d'euros d'aides de l'État aux entreprises.
17:27Ce n'est juste plus possible.
17:29Ce n'est pas Mélenchon, ce n'est pas un syndicat, etc.,
17:32qui mène cette mobilisation.
17:33Merci Jean-Pieter et Sarah Ramy d'avoir été avec nous.
17:36Merci pour vos témoignages.
17:38C'était très précieux.
17:39Pierre-Henri Dumont, vous entendez cette exaspération, cette colère ?
17:43Est-ce que vous pensez qu'Emmanuel Macron va l'entendre,
17:45notamment quand on entend leur revendication ?
17:47C'est faire tomber le président de la République.
17:49Pardon, c'était un discours de Jean-Luc Mélenchon.
17:52À gauche de Mélenchon.
17:54Pendant que les deux intervenants ont discuté,
17:57j'ai tapé leur nom sur Internet.
17:59Il s'avère que le jeune qui était à côté de la jeune fille qui parlait
18:01est coordinateur dans le Nord des jeunes communistes.
18:05C'est assez rigolo.
18:06On dit que ce n'est pas du tout un mouvement qui a été récupéré par l'extrême gauche,
18:09mais leurs leaders sont au Parti communiste et sont à LFI.
18:12Il suffit juste qu'ils changent de casquette.
18:14Et tout d'un coup, c'est devenu un mouvement citoyen
18:16qui a exactement les mêmes buts politiques que Jean-Luc Mélenchon,
18:19à savoir le chaos dans le pays.
18:20Donc, ça confirme exactement ce que je vous disais.
18:22Le mouvement a été récupéré par Jean-Luc Mélenchon,
18:25infiltré par l'extrême gauche,
18:27comme ça avait été le cas avec les Gilets jaunes,
18:29et qu'un mouvement qui était un mouvement qu'on pouvait entendre,
18:31qui était un mouvement de colère saine.
18:33On sent, on sait la misère sociale.
18:34Je suis du Pas-de-Calais.
18:36Je le sais, cette misère sociale.
18:37Je la vois tous les jours.
18:38Mais c'est détourné, aujourd'hui,
18:40cette colère qui est chez nos concitoyens,
18:44elle est détournée par ces mouvements d'extrême gauche
18:46qui s'infiltrent partout,
18:47et qui, au final, ne visent qu'une seule chose,
18:49le chaos, pour avoir le chaos institutionnel.
18:51Et on l'a entendu, la démission du président de la République
18:53qui mettrait la France encore plus bas qu'elle ne l'est aujourd'hui.
18:56Ce sont des propos factieux.
18:58C'est-à-dire que quand on parle de soulèvement,
19:00quand on parle de faire tomber le président,
19:02quand on considère qu'une législative...
19:04Certains discutent du fait qu'il aurait dû nommer éventuellement
19:06à Matignon quelqu'un d'une FP,
19:07mais là, ils ne disent même pas ça.
19:09Ils disent qu'il aurait dû démissionner
19:10parce que la législative n'avait pas donné de majorité.
19:13Donc, ils mélangent tout.
19:14Ils parlent du « meurtre », entre guillemets.
19:16Je ne suis pas sûre que ce soit le propos de Naël.
19:19Pour mémoire, les émeutes qui ont eu lieu après Naël,
19:22aujourd'hui, ce sont les Français qui vont les payer avec leurs assurances.
19:26Ils parlent de la Palestine.
19:28Enfin, on voit bien que tout ceci, malheureusement,
19:31tombe dans une dérive absolue.
19:32Et même les honnêtes gens, travailleurs,
19:35qui souffrent et qui ont envie d'aller manifester dimanche
19:37avec une bonne volonté, il y en a, bien sûr, dans ce mouvement.
19:41Mais d'être mélangé à des personnes qui s'expriment ainsi,
19:45je trouve que c'est quand même très compliqué.
19:47Et avec les blagues blagues à côté.
19:48Ce qui est curieux et intéressant,
19:50c'est que ce mouvement est parti originellement
19:52sur des bases plutôt de droite,
19:54de critiques des hausses des impôts,
19:58de liberté du travail, etc.
20:00Donc il y a eu, tout d'un coup, par Jean-Luc Mélenchon,
20:03une tentative de récupération.
20:05Et quand on écoute ces deux porte-paroles,
20:07ils sont nettement à la gauche de Mélenchon.
20:10Tout d'un coup, il y a un mélange entre
20:12l'erreur de la question sociale,
20:13la question palestinienne,
20:15qui est extrêmement étrange.
20:16Et si c'est eux qui portent le mouvement du 10 septembre,
20:21il y a beaucoup d'inquiétude à avoir
20:22sur la réussite du mouvement du 10 septembre.
20:25Je ne suis pas sûre que ce soit eux qui portent le mouvement.
20:26Non, si, ils font partie de ceux qui vont venir manifester.
20:30Mais quand on voit un petit peu,
20:31c'est quand même très composite.
20:32Il y a aussi d'anciens groupes de gilets jaunes
20:35qui, eux, proposent des grèves de la carte bancaire,
20:37par exemple, qui sont des actions plutôt originelles,
20:40qui n'ont rien à voir justement avec,
20:41je dirais, la mobilisation sociale classique.
20:44Bon, je pense que ce mouvement est effectivement
20:46extrêmement composite.
20:48Et il y a plusieurs acteurs,
20:50mais tous ne sont pas des mélanchonistes.
20:53Je pense que moins s'en faut.
20:54D'ailleurs, on verra ce qui se passe.
20:55Dans les premiers jours, notamment sur les réseaux sociaux,
20:59sur les groupes Telegram,
21:00qui ont depuis le mois de juillet
21:02commencé à relayer l'appel au mouvement du bloc en tout,
21:05il y avait la volonté de ne pas être récupéré politiquement.
21:08Et on voit bien que ces appels à la non-récupération politique,
21:11ils ont diminué aussi parce que certains initiateurs du mouvement
21:14sont sortis assez vite quand Jean-Luc Mélenchon
21:16a fait un appel pour suivre ce mouvement.
21:19Il faut rappeler également, si on parle des Gilets jaunes,
21:22que les partis politiques, et c'est le cas également
21:24pour le Rassemblement national, comme pour la France insoumise,
21:27n'avaient pas réussi à être présents
21:28dans le mouvement des Gilets jaunes,
21:30même si à la fin, le vainqueur politique de ce mouvement,
21:33celui qui en avait tiré les fruits,
21:35c'était le Rassemblement national qui avait emporté
21:37les élections européennes,
21:38qui était le premier scrutin après l'année des Gilets jaunes.
21:40– Mais Alexandre Ouizier, est-ce que ce n'est pas
21:42ne pas respecter une certaine colère aussi
21:45que de l'ignorer en quelque sorte,
21:47en expliquant que c'est complètement politisé
21:49et qu'il n'y a pas de vraies revendications derrière ce mouvement ?
21:52– Non, mais il y a forcément des revendications derrière ce mouvement.
21:55En fait, si vous voulez, quand on est dans un mouvement,
21:56je parle sous votre contrôle,
21:58où plus d'une majorité de Français se disent sympathisants,
22:01c'est que ce que les gens mettent derrière,
22:03en tout cas, vous avez raison de dire que là,
22:05on a un échantillon d'une participation,
22:08mais vous ne pouvez pas résumer le mouvement
22:09à deux personnes qui viennent parler un soir à 23h
22:11sur une chaîne de télévision.
22:13Le mouvement dit quelque chose, pour moi,
22:16en tout cas, telle que la lecture que j'en fais,
22:18dit quelque chose, en effet, de cette incompréhension
22:20devant un président qui, malgré des défaites électorales,
22:23ne change pas de politique, renomme les siens, etc.
22:26Et vous avez, en effet, quelque chose
22:27qui est la conséquence du plan Bérou.
22:29Les choses prennent de l'ampleur,
22:31et vous le savez très bien, après le 15 juillet.
22:33Donc, c'est une réaction à une proposition politique
22:36qui consiste à continuer la politique menée par Emmanuel Macron
22:40et à n'en tirer aucune conséquence.
22:41Donc, nous, notre rôle, les socialistes,
22:44c'est de proposer des solutions
22:45qui, parfois, rejoignent ce qui peut être dit.
22:47C'est-à-dire, quand j'entends des choses
22:49sur la répartition de l'effort et des richesses,
22:51du fait que ce n'est pas les 99%
22:52qui vont encore payer la facture...
22:54Vous ne parlez jamais des gens qui ne travaillent pas.
22:56Dans la répartition de l'effort,
22:57j'ai remarqué qu'à gauche,
22:58vous oubliez toujours les gens qui choisissent
23:00de ne pas travailler,
23:01et qui restent à être payés sans travailler.
23:04Quand vous parlez de répartition de l'effort...
23:05Ce qui est en train d'arriver à notre société,
23:07c'est qu'elle se transforme en société d'héritier
23:09dans laquelle le mérite,
23:10le travail individuel n'a plus de part.
23:12Lorsqu'aujourd'hui,
23:13votre patrimoine est constitué à 65%
23:17de ce dont vous héritez,
23:18en 1980, c'était 30%.
23:20Ça veut dire que vous ne parvenez plus par votre travail
23:22à accéder à des positions sociales.
23:25Est-ce que vous pouvez comprendre que le sujet...
23:26Mais c'est la vérité.
23:27C'est la vérité des chiffres.
23:28Vous ne pouvez pas dire que la France...
23:30Vous pouvez le contester.
23:30La France est en train de se figer,
23:33de se rigidifier...
23:33Alors monsieur, je vous repose la question.
23:35Est-ce que vous ne me répondez pas ?
23:37Qu'est-ce que vous dites des gens
23:38qui choisissent de ne pas travailler ?
23:39C'est ma réponse.
23:40Et les gens ne choisissent pas de ne pas travailler.
23:42C'est ça la différence entre nous.
23:43C'est que pour nous,
23:44le chômage est involontaire.
23:46Qu'il y a des problèmes de qualification des personnes.
23:48Tout le monde.
23:49Pour l'écrasante majorité...
23:51Les 40% des gens au RSA de moins de 35 ans
23:53ne peuvent pas travailler.
23:55C'est notre analyse.
23:56D'accord.
23:56Et après, je n'ai pas...
23:58Vous partez sur quelque chose de tronqué.
23:59Je n'ai pas...
23:59Non, mais c'est vous qui partez sur quelque chose de tronqué,
24:01qui ne voyait pas ce qu'est la réalité de ce pays aujourd'hui.
24:03Vous pensez que les 7,5% de personnes qui sont au chômage,
24:07elles le sont parce qu'elles le désirent ?
24:08Déjà, je vous parle des gens qui sont en RSA
24:09et qui ont moins de 35 ans.
24:10Chômage ou RSA, en tout cas, qui ne sont pas en activité.
24:12Expliquez-moi ce qui les empêche de travailler, monsieur.
24:14Expliquez-moi.
24:15Mais je ne connais pas votre chiffre.
24:16Je ne sais pas d'où il sort.
24:17C'est exactement 36%.
24:19Je ne peux pas répondre à cette question.
24:21Écoutez, il existe où ?
24:22Comment vous justifiez qu'on puisse choisir de ne pas travailler ?
24:25Comment vous le justifiez ?
24:26Mais comment vous dites qu'il y a des gens
24:27qui choisissent de ne pas travailler de cette manière-là ?
24:29Alors, qu'est-ce qui vous empêche de travailler ?
24:3040% de la jeunesse.
24:31Vous savez que parfois, ça arrive,
24:33qu'on n'arrive pas à trouver un boulot.
24:34Vous êtes au courant de ça ?
24:34Mais vous savez qu'il y a beaucoup de boulots aussi
24:35qui cherchent des...
24:36Vous connaissez ça ou pas ?
24:37Vous savez qu'il y a beaucoup d'employeurs
24:38qui cherchent aussi des gens pour travailler.
24:40Et vous savez qu'il y a un problème de qualification dans ce pays
24:41où il y a justement...
24:42Ah, mais il y a des métiers...
24:42Si vous écoutez même les employeurs,
24:44vous n'arrivez pas à trouver des gens
24:46aux mêmes qualifications.
24:48Je suis désolée de voir que malheureusement,
24:48Peut-être que vous irez à Matignon,
24:49mais en partant avec un constat comme ça,
24:50à mon avis, vous y resterez 5 jours.
24:52Non, mais de toute manière, madame,
24:53ce que vous faites est de la diversion.
24:55Parce que même si on prenait...
24:56Ah non, non, non.
24:56Prenons, prenons, partons sur ce que vous êtes en train de dire.
24:59La fraude sociale dans ce pays,
25:00même dans les évaluations les plus hautes,
25:02les plus faramineuses,
25:03elle coûte 8 milliards d'euros.
25:05Et si je prends, en plus,
25:06les fraudes aussi des employeurs en prenant ça.
25:098 milliards d'euros, dont 6 seraient des fraudes des employeurs.
25:11Donc on revient sur 2 milliards d'euros.
25:13Quand je vous parle, moi,
25:14des fortunes qui se font
25:18de ce pays est en train d'être brisé.
25:21Que les gens sont essentiellement
25:24des héritiers, justement, aujourd'hui.
25:25On est le pays le plus taxé au monde.
25:27Vous pouvez répéter ça.
25:29Si c'est des slogans, ce n'est pas intéressant.
25:31L'idée, c'est de dérouler un raisonnement.
25:32Donc moi, mon analyse de la société,
25:34c'est de dire qu'aujourd'hui,
25:35cette société se fige, se rigidifie,
25:37et que les gens qui bossent n'y arrivent plus.
25:39Les gilets jaunes, vous l'ont dit.
25:40Les actifs qui ont mobilisé contre la réforme des retraites,
25:42vous l'ont dit.
25:43Et vous ne l'entendez pas, c'est votre choix.
25:44Je voudrais vous montrer ce qu'a déclaré Bruno Retailleux,
25:47aujourd'hui le ministre de l'Intérieur,
25:49sur cette mobilisation du 10 septembre.
25:52Toute tentative de blocage des infrastructures
25:54essentielles à la vie de la nation
25:56devra être entravée en amont.
25:58Et puis, il poursuit face à la possibilité
26:00d'action ponctuelle et peu prévisible.
26:02La mobilité des forces placées sous votre autorité
26:05s'impose comme une absolue nécessité.
26:07C'est un télégramme qui a été envoyé au préfet.
26:10On est justement avec Régis Debord.
26:12Bonsoir.
26:12Vous êtes secrétaire nationale adjoint,
26:14CRS, une SAP Police.
26:16Quelles sont les instructions que vous avez reçues ?
26:21Les instructions, elles sont claires.
26:24Le ministre les a détaillées.
26:27On n'acceptera pas d'exaction.
26:31Outre mesure, on a le droit de manifester en France.
26:34Après, on n'a pas le droit de s'en prendre
26:37aux forces de l'ordre, aux institutions.
26:39Donc forcément, on aura énormément de fonctionnaires de police,
26:44énormément de compagnies de CRS déployées sur Paris
26:46et sur l'ensemble du territoire
26:48pour éviter justement toute exaction,
26:52tout sabotage, tout blocage
26:54qui pourrait perturber le bien-être de tout le monde.
27:00Sentiment qu'il y a une inquiétude qui monte justement
27:04à l'approche du 10 septembre ?
27:08L'inquiétude, voilà, on sait que c'est quand même une manifestation
27:12qui est quand même très à risque.
27:15On a bien senti sur tous les réseaux sociaux
27:18qu'il y avait des appels depuis plusieurs semaines
27:21à bloquer et à bordéliser un peu partout en France.
27:30Donc le plus dur, c'est pas comme une manifestation Langueda
27:33où on a un défilé qui est quand même beaucoup plus simple à encadrer
27:37où là, ça reste du maintien de l'ordre.
27:39Là, ça risque d'être du rétablissement de l'ordre,
27:42tout simplement parce qu'il risque d'avoir des petits groupes
27:44à droite, à gauche, qui vont s'en prendre au milieu urbain
27:49ou à des bâtiments publics ou à des infrastructures.
27:54Et là, c'est plus compliqué parce que les personnes
27:58qui s'en prennent à tout ça sont beaucoup plus mobiles.
28:02Donc là, c'est beaucoup plus difficile,
28:05tout en restant en plus dans le schéma du maintien de l'ordre
28:08qui en France est au maximum pour éviter
28:12qu'il y ait des blessés de part et d'autre.
28:15Donc forcément, ça risque d'être plus compliqué, effectivement.
28:19Maurice Safran, on le sent assez exaspéré.
28:23Il nous dit des mots comme bordéliser.
28:25C'est vrai qu'il s'attend à un vrai bazar dans les rues.
28:29Ça fait maintenant plusieurs années que des groupes d'extrême-gauche,
28:33généralement, effectivement, à la fin des manifs,
28:35cassent les boutiques, s'attaquent, etc.
28:37Ça, c'est indiscutable.
28:40Effectivement, pour les forces de police, c'est un vrai problème.
28:42Maintenant, on est dans une situation totalement particulière.
28:48Mercredi 10 septembre, Bruno Rotaillot sera toujours ministre de l'Intérieur,
28:53mais il ne sera plus ministre de l'Intérieur.
28:55Il y aura le gouvernement, mais il n'y aura plus de gouvernement.
28:58On est dans une situation politique totalement bizarre.
29:01Il faut bien voir que ce pays, sur le plan politique,
29:06est en train de devenir complètement dingue.
29:08C'est ça qui est quand même, pour les Français de droite, de gauche,
29:13qui votent pour le Rassemblement National, qui votent pour les socialistes, etc.
29:16C'est une situation, sous la Ve République, et même sous la IVe, je crois,
29:20ce type de situation n'a jamais existé.
29:24On est dans une situation extrêmement particulière.
29:26Qu'est-ce qui va se passer dans les jours qui viennent ?
29:29Personne ne le sait aujourd'hui.
29:30Et effectivement, pour les Français, c'est très inquiétant.
29:33Est-ce que Maurice Safran en fait trop quand il dit que le pays est en train de devenir dingue ?
29:39Non, mais pas du tout.
29:41Maurice Safran refait écho à quelque chose que j'ai beaucoup entendu moi dans la semaine.
29:44C'est le sentiment, et on le voit dans nos chiffres évidemment,
29:47c'est le sentiment finalement quand on regroupe toutes les données qu'on mesure
29:50depuis 15 jours, 3 semaines, depuis la rentrée,
29:52qui s'opèrent sous un climat très différent des mois de juin et juillet.
29:56C'est le sentiment qu'ont les Français que le pays est dans une impasse, finalement.
30:00Et qu'ils sont eux-mêmes dans une impasse, souvent dans leur situation personnelle,
30:04mais que le pays est dans une impasse parce qu'il n'y a pas d'issue,
30:06pour l'instant, politique, il n'y a pas d'issue sociale à leur mécontentement,
30:12parfois à leur colère, tout le monde n'est pas en colère, je l'ai dit tout à l'heure,
30:15il y a une part de mécontentement, une part d'exaspération.
30:17Il y a des Français qui évidemment expriment ça aussi de manière plus modérée.
30:20Il y a des Français qui tournent le doigt à la politique,
30:22qui expriment plutôt leur indifférence finalement,
30:24parce qu'ils sont lassés du spectacle.
30:25Mais en tout cas, il y a un point commun,
30:28c'est la perception que l'issue n'est pas pour tout de suite.
30:32Sans doute qu'ils attendent...
30:33Vous savez, quand on demande finalement qu'est-ce qui peut être utile
30:35pour faire changer la situation,
30:37c'est toujours l'élection présidentielle qui arrive en tête.
30:39Ça, c'est intéressant.
30:39Avant les grèves, avant les manifestations,
30:42on dit que les Français sont lassés de la politique,
30:44et parfois on le voit,
30:45mais on attend toujours de l'élection présidentielle
30:47qu'elle redonne un élan.
30:49On a envie d'y croire toujours pendant les quelques semaines
30:51d'une campagne électorale.
30:53Aurore Malval, on sent qu'il y a beaucoup d'interrogations
30:55autour de cette journée du 10 septembre.
30:57Est-ce que ça pourrait influencer Emmanuel Macron
31:00quant au choix sur le nouveau Premier ministre ?
31:03En tout cas, on voit bien que pour Emmanuel Macron,
31:06il y a une urgence.
31:08C'est-à-dire que lorsque le gouvernement de François Bayrou
31:10va tomber lundi,
31:11il va falloir, en tout cas pour lui,
31:12s'il ne veut pas dissoudre,
31:15et c'est un petit peu ce qu'on entend aujourd'hui,
31:18et qu'il priviligérait l'option effectivement
31:20de renommer un Premier ministre,
31:23qu'il ne veut pas non plus,
31:24qu'il n'entend pas démissionner,
31:25mais aller jusqu'au bout de son mandat,
31:27alors que la pression s'accentue.
31:29Donc il doit aller vite pour effectivement empêcher
31:31que le pays reste comme il l'a été d'ailleurs
31:34de longues semaines à chaque fois
31:35qu'on a changé de gouvernement,
31:37que ce soit l'été dernier
31:37ou que ce soit après la chute du gouvernement
31:40de Michel Barnier.
31:42Et d'ailleurs, quand on entend tout à l'heure
31:43les deux personnes qui étaient là,
31:44mais qui ont un discours en disant
31:46on demande le départ du président Macron,
31:48parce qu'effectivement,
31:49une manifestation, pour qu'elle réussisse,
31:52c'est un petit peu ce qu'on observe,
31:53il faut qu'elle ait un mot d'ordre,
31:54il faut qu'il y ait un but,
31:54effectivement, c'est beaucoup plus facile
31:56de mobiliser avec un mot d'ordre,
31:58une idée claire,
31:58c'était le cas contre la réforme des retraites,
32:00c'était le cas aussi,
32:01ça aurait pu être le cas avec cette histoire
32:03des deux jours fériés,
32:04mais qui aujourd'hui tombe de fait,
32:05puisque avec le gouvernement de François Bayrou,
32:08par contre, reste ce point de blocage,
32:10effectivement, qui, on le voit dans vos sondages,
32:12est identifié par les Français,
32:13c'est la question de la démission,
32:15de l'éventuelle démission d'Emmanuel Macron.
32:18Et je ne pense pas que ces deux jeunes
32:19soient des factieux lorsqu'ils en parlent,
32:21puisque d'autres personnes,
32:23d'ailleurs...
32:24Jean-François Copé est un factieux.
32:25Jean-François Copé, Valérie Pécresse...
32:26Vous avez compris mon propos,
32:27je n'ai pas dit ça,
32:28parce qu'ils appellent au soulèvement.
32:30C'est quand même différent.
32:31Ils ne demandent pas seulement
32:32la démission du président de la République.
32:34Ils appellent au soulèvement.
32:35Cette question, elle se pose,
32:37et elle se posera,
32:38et c'est pour ça que Emmanuel Macron
32:40est pris aujourd'hui dans une urgence,
32:42en tout cas,
32:42de continuer et de voir,
32:45effectivement,
32:46c'est de la pression qui sera mise par la Russie.
32:48S'il y en a une,
32:49elle sera aussi déterminante pour la suite.
32:51Ceux qui appellent à la démission
32:53du président de la République,
32:53j'espère qu'ils ont bien en tête
32:55que ce serait une campagne présidentielle
32:56qui durerait quoi ?
32:57Deux mois ?
32:57Le président de la République
32:58pourrait tout accéder, lui ?
32:59C'est 40 jours, oui.
33:01Heureux.
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