- il y a 1 an
Chaque soir, Julie Hammett vous accompagne de 22h à 00h dans BFM Grand Soir.
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00:00Bonsoir Maxime, bonsoir à tous, bienvenue, que retenir de ces prises de paroles successives à une semaine du vote de confiance, on va en parler avec notre équipe Jean-Marc Sylvestre,
00:10bonsoir Jean-Marc, Rachel Binas, Victor Hérault, Marc Coati, Bruno Jeudy, la question ce soir c'était, la France est-elle ingouvernable ?
00:20Je vais faire un petit tour de table, Bruno Jeudy, je vais commencer par vous, quel est votre ressenti Bruno ?
00:25Moi j'ai été frappé par deux choses ce soir, à distance, la joute assez violente entre le représentant du parti socialiste Olivier Faure et l'insoumis Manuel Bompard,
00:38Olivier Faure qui a redit ce qu'il avait déjà dit hier, même journaliste d'ailleurs, Guillaume Daré, que la décision de ne pas voter la confiance était irrévocable,
00:47donc elle est toujours irrévocable ce soir.
00:49Donc lundi il vote en contre ça c'est sûr.
00:51Le pari de François Bayrou de faire bouger les lignes du côté du parti socialiste à 21h26 précise est tombé,
00:58puisque c'est à cette heure-là qu'il l'a dit, et ensuite on a plutôt vu l'embarras d'Olivier Faure sur la question
01:04comment on gouverne, avec qui, sachant qu'ils ne veulent pas des insoumis, alors là c'était vraiment la brasse coulée.
01:11Ça, ça va être très très compliqué.
01:12Et après, quelques minutes plus tard, Manuel Bompard lui a répondu qu'il n'irait pas dans un gouvernement,
01:20il ne soutiendrait pas un gouvernement socialiste, et encore moins, peut-être même, il a dit non aussi à Marine Tondelier,
01:26qui était un peu la balle perdue de ce duel, pas de réunion lundi soir après l'absence de confiance.
01:32Oui, parce que Marine Tondelier, on va l'écouter un peu plus tard, appelle à une réunion de la gauche, lui il dit on n'y sera pas.
01:39Absolument, et la deuxième chose qui va marquer, et bien c'est Jean-Philippe Tanguy, à fond sur la dissolution,
01:46à fond sur la pression maintenant sur Emmanuel Macron, pour qu'il dissolve, pour qu'il y ait de nouvelles élections,
01:53en espérant avoir la majorité et mettre Jordan Bardella à Matignon.
01:57Bon, donc je vous repose la question, Marc-toi-dessus, la France est-elle ingouvernable ?
01:59Complètement, c'est ça qui est très inquiétant, si vous voulez, mais oui, ce qui est très inquiétant,
02:03c'est qu'on ne voit pas l'issue, on ne voit pas d'horizon, c'est-à-dire que, quoi qu'il arrive,
02:07on a compris que le 8 septembre, voilà, M. Heberoux ne serait certainement plus Premier ministre,
02:12et ensuite, est-ce qu'il y a une dissolution, est-ce qu'il y aura une majorité ou pas, ça paraît là aussi pas évident,
02:18et puis entre-temps, il y aura quelque chose de très important, c'est le 12 septembre.
02:21Le 12 septembre, c'est l'agence de notation Fitch qui va donner sa note sur la France,
02:25et ça fait déjà deux fois qu'elle annonce que son modèle de notation a donné une dégradation de la note de la France,
02:32de double A à simple A, et qu'elle ne l'a pas fait, l'agence, parce qu'elle faisait confiance au gouvernement
02:37pour réduire les déficits.
02:39Donc là, on sait que le 12 septembre, il n'y aura pas de gouvernement, a priori,
02:42et qu'en plus, le budget ne sera pas, évidemment, ne passera pas.
02:45Donc la note sera dégradée ?
02:46Donc la note sera dégradée, et ce qui se passe là depuis une semaine, et ça s'est encore renforcé aujourd'hui,
02:51les taux d'intérêt de la dette publique française sont en train d'augmenter,
02:54là on est à quasiment 3,6%, alors que le taux d'intérêt allemand est en train de baisser.
02:59Donc ça veut dire qu'il y a une défiance qui est en train de s'installer aujourd'hui,
03:03donc qui peut être intensifiée dès le 12 septembre,
03:06et surtout, la conséquence pour les Français, c'est que les taux d'intérêt vont encore augmenter,
03:10mais ce n'est pas que pour la dette publique, c'est que pour tous les Français,
03:13pour tous nos crédits, pour les entreprises, pour les ménages, pour l'immobilier,
03:17donc ça va aggraver la situation économique, la récession qui est en train déjà d'arriver,
03:22donc ça va dire plus de chômage...
03:23Beaucoup de perspectives très réjouissantes, Marfois.
03:24Oui, vous me demandez, c'est ça qui m'inquiète, c'est que le fait que la France soit devenue ingouvernable,
03:30ça met de l'huile sur le feu, ça allait déjà mal avant,
03:32et donc là, c'est en train de s'aggraver, et derrière, une conséquence pour les Français,
03:36parce qu'après, c'est le cercle pernicieux, si le chômage augmente,
03:39ça veut dire qu'il y a plus de déficit, plus de dettes, nouvelle phase de hausse des taux d'intérêt,
03:42vous voyez, là, on joue un jeu extrêmement dangereux,
03:44et moi, ce qui m'inquiète, c'est que je n'ai pas d'horizon,
03:46parce qu'il faudrait un électrochoc pour sortir de ce cercle pernicieux,
03:50et pour l'instant, on ne le voit pas.
03:51Et est-ce que cet électrochoc, il passe par le départ d'Emmanuel Macron,
03:54Manuel Bompard, sur BFM TV ce soir,
03:57a redit qu'ils allaient déposer une motion de destitution, pardon,
04:01le 9 septembre, au lendemain du vote ?
04:03– Le 9 septembre, au lendemain de la chute de François Bayrou,
04:08qui, tout le monde le sait, est inéluctable aujourd'hui,
04:10nous redéposerons une motion de destitution.
04:11– Et vous pouvez nous dire aussi qu'elle n'a aucune chance de passer ou pas ?
04:14– Mais alors ça, vous savez, Maxime Zvitek, ça me fait un peu sourire,
04:17parce que je me rappelle, il y a deux semaines à peu près,
04:20je fais une interview avec M. Daré, à l'époque, on disait,
04:22nous, les Insoumis, nous allons déposer une motion de censure immédiate.
04:26Et on me disait, mais ça n'a aucune chance de passer,
04:27vous êtes les seuls à défendre ça.
04:29Puis là, deux semaines plus tard, vous avez remarqué que tout le monde considère maintenant
04:32qu'il n'y a plus de suspense et que M. Bayrou va tomber dans quelques jours.
04:35– Mais dans les faits, Maxime Zvitek a raison de poser la question,
04:38une motion de destitution n'a que très peu de chance, voire aucune de passer.
04:42– Oui, quasiment aucune, rien n'est impossible, évidemment.
04:45Mais si vous voulez, il faut les deux tiers de l'Assemblée,
04:47mais il faut aussi les deux tiers du Sénat, c'est là que ça va commencer.
04:49On n'imagine pas le Sénat destituer Emmanuel Macron.
04:52En revanche, sur le constat du déblocage de la situation,
04:54je pense personnellement que la démission d'Emmanuel Macron,
04:57non pas par haine que j'aurai envers le président de la République.
04:59– À vous, vous êtes pour ?
05:00– Je suis pour la démission du président de la République.
05:02Je pense que c'est la seule solution à toute cette situation,
05:05encore une fois, non pas parce que je n'aimerais pas
05:06le président de la République ou sa politique,
05:08mais parce que la seule chose qu'on cherche, c'est une majorité.
05:10Pour avoir une majorité, il faut un fait majoritaire,
05:13il faut donc une dissolution après une présidentielle.
05:15C'est dans cet ordre-là que ça doit se passer.
05:16– Et donc, allons jusqu'au bout.
05:17– Avec une campagne de 40 jours, ce qui…
05:19– Alors, on pourrait imaginer…
05:20– Vous serez le premier à dire,
05:21« Ah, la campagne est ratée, c'était pas assez. »
05:23– Non, non, parce que je pense qu'on pourrait imaginer…
05:25– On pourrait imaginer comme Jean-François Copé
05:27une démission organisée, c'est-à-dire qu'il annoncerait
05:31qu'il va démissionner, il laisserait le temps au parti politique
05:33de mener une campagne.
05:34Mais ce serait évidemment qu'il ne le fera pas,
05:36puisque c'est évidemment très délicat de la part du président de la République
05:39de le faire.
05:39Mais ce serait une bonne solution pour mener une campagne longue,
05:42de fond, et en tous les cas, sans fait majoritaire,
05:44il n'y aura de toute façon pas de majorité à l'Assemblée.
05:46– Non, mais à moins de revenir honnêtement,
05:48à moins de revenir sur le fonctionnement,
05:50et pourquoi pas, de nos institutions,
05:52c'est-à-dire repasser un septennat, réfléchir aux limites du quinquennat
05:55et de cet ordre qui aujourd'hui est établi
05:58et qui pousse à donner un semblant de majoritaire,
06:02on va se retrouver, on se retrouverait dans…
06:03C'est une crise de régime qu'on traverse.
06:05On se retrouverait dans la même situation, de toute façon.
06:07Donc déjà, oui, en effet…
06:08– Vous voulez dire que même si Emmanuel Macron partait,
06:11ça n'apporterait pas de stabilité politique en tout cas.
06:16– Et en plus, l'alignement des planètes n'est pas celui-ci pour le moment.
06:19La probabilité que ça arrive est extrêmement réduite.
06:22Donc là, on réfléchit à une hypothèse
06:24qui est pour le moment hautement improbable
06:26et qui, si jouant le jeu de la politique fiction,
06:29qui de toute façon ne résoudrait pas le problème.
06:32Et on l'a vu ce soir,
06:33on l'a vu à travers le plateau qui nous a été présenté,
06:36à travers ces différentes personnalités politiques.
06:38En fait, aucun parti n'arrive à transcender ses propres frontières
06:43pour réfléchir à des alliances sérieuses,
06:46à une manière de coopérer.
06:49Et c'est pas…
06:49Alors nous, ça nous semble, les Français,
06:51ça nous semble à peu près logique et naturel,
06:53mais dans plein d'autres pays,
06:53c'est pas ainsi que ça se passe.
06:57En Allemagne, on arrive, en Allemagne,
06:58on arrive en effet à s'asseoir autour de la table
07:00et à réfléchir quand même au-delà de…
07:02– Oui, mais quand vous vivez depuis 70 ans
07:03sous les faits majoritaires de la 5e,
07:04c'est difficile de passer à la coalition
07:06en quelques semaines d'apprendre ça.
07:08– C'est pas un ménage à trois, c'est un barrage à trois.
07:10– Oui, c'est pas quelques mois,
07:11mais on voit bien que c'est compliqué.
07:12– Bien sûr, mais on voit bien que le gouvernement,
07:14comme les partis politiques,
07:16ont du mal à acter le fait qu'on est dans un régime,
07:18aujourd'hui, de type parlementaire et plus présidentiel.
07:21Et qu'il va falloir à un moment faire des alliances
07:23si on veut sortir de quelque chose qui nous paraît stérile.
07:25et je terminerai là-dessus,
07:27je ne sais pas ce qu'il en est de nos téléspectateurs,
07:31mais alors le refrain du péril fasciste,
07:34là ça devient un refrain un petit peu lourd
07:38et qui surtout est une manière de se faire l'économie
07:41d'une réflexion sur ses propres limites,
07:43sur son propre parti politique.
07:44– Une présidentielle anticipée,
07:45je vous voyais soupirer, Jean-Marc Sylvestre.
07:47– Oui, parce que ça ne changerait à la disposition,
07:51on n'est pas prêt à faire une présidentielle anticipée,
07:55on est prêt à aggraver effectivement la situation.
07:59Moi je suis assez, de jour en jour là,
08:02de plus en plus découragé quoi.
08:04Le spectacle qui nous est offert par la classe politique française
08:08est assez désastreux, c'est même assez lamentable,
08:12parce qu'on a chacun qui nage dans son couloir,
08:16qui ne veut pas regarder le voisin,
08:18on reparle toujours de la même chose
08:19et on ne répond pas à la première question de Bayrou,
08:23qui était assez légitime,
08:24sa première question est assez légitime,
08:25j'y reviens, parce que je pense profondément
08:27qu'il a eu raison de poser la question du diagnostic.
08:31Parce qu'il y a un déni de réalité totale dans ce pays
08:33pour considérer que la situation française
08:35est assez dangereuse, risquée,
08:39et qu'elle est de la responsabilité
08:40dont il faudra dégager d'ailleurs les auteurs,
08:43mais mon sentiment c'est qu'elle est de la responsabilité
08:44de tout le monde, des partis politiques.
08:47– C'est ce que disait le français d'ailleurs.
08:48– Comment ?
08:48– Oui, il y a un sondage le week-end d'FMTV.
08:50– Oui, mais il y a la responsabilité de tous les individus.
08:53J'ai dit hier, mais je me suis fait massacrer hier,
08:56lorsque franchement, si on chiffre le sur-endettement
08:58qui nous porte préjudice aujourd'hui
09:01à à peu près mille milliards,
09:03ça vient des gilets jaunes,
09:04ça vient du Covid,
09:06ça vient de l'après-Covid,
09:08et bien à ce moment-là,
09:09on n'a entendu personne dans les rues
09:11pour réclamer un stop aux aides,
09:15et personne ne l'a remboursé.
09:17– La part de la dette imputable aux retraites
09:19et aux systèmes de santé français
09:20sont aussi gigantesques.
09:21– Je veux dire qu'on n'a pas du tout
09:24eu de débat là-dessus,
09:26alors que c'est le modèle même,
09:28le modèle économique et le modèle social français
09:30qu'il faudrait être à plat.
09:31Je pense que François Bayrou a fait une erreur de fond.
09:34C'est celle de confondre,
09:36de confondre les mesures qu'il avait besoin
09:39pour faire passer son budget
09:40avec des mesures de réforme structurelle.
09:43Et il y a beaucoup de réformes structurelles
09:44dont on parle,
09:45on en a encore parlé ce soir,
09:47qui relèvent d'une campagne présidentielle.
09:51Elles ne relèvent pas d'un problème de budget.
09:53La réforme de l'État,
09:55la mise à plat du modèle social,
09:58le financement de la retraite,
09:59la retraite par capitalisation.
10:01– C'est ça le problème,
10:02c'est que malheureusement,
10:03il n'y a pas de réforme de fonds
10:04qui ont été annoncées.
10:05– C'est ce que dit Jean-Marc Sinec,
10:08c'est qu'il y a des réformes structurelles.
10:09– Le budget de 2026,
10:11quand on le regarde,
10:13vous les...
10:14– Mais vous ne pouvez pas...
10:14– Ce n'est pas le problème du budget.
10:15– Vous les avez des réformes de fonds
10:16sans majorité.
10:17– Ce n'est pas le problème du...
10:18– François Bréroux,
10:19là où il se doute,
10:20c'est qu'il ne fallait pas faire un budget.
10:21Il fallait faire un budget,
10:23j'allais dire presque technique,
10:24avec la qu'on demande...
10:26– Répondre au marché.
10:28– Répondre au marché.
10:29– Il fallait pouvoir marcher
10:30pour pouvoir, en novembre,
10:31honorer nos échéances
10:35et pouvoir faire fonctionner...
10:37– Comme vous savez bien,
10:37je connais bien les marchés depuis 30 ans.
10:39Et les marchés,
10:39ils n'ont jamais dit
10:40je veux un chiffre,
10:41je veux 40 milliards,
10:41je veux 20 milliards.
10:42– Là, ils veulent des tendances,
10:44ils veulent des attitudes.
10:44– Encore une fois,
10:45si on doit réduire le déficit public,
10:46ce n'est pas pour les marchés,
10:47c'est pour les Français.
10:49Il ne faut pas l'oublier.
10:49C'est-à-dire que le grave problème...
10:51Et moi, j'ai été l'un des rares,
10:52effectivement,
10:52Jean-Marc a raison,
10:53parce qu'il n'y en avait pas beaucoup
10:54à l'époque à dire
10:55il faut arrêter d'augmenter
10:56cette dette publique.
10:57Je l'ai même dit à Bercy,
10:57j'ai dit à Brudeau-le-Mer
10:58à plusieurs autres personnes
10:59qui m'ont dit
10:59mais non,
11:00mais ce n'est pas grave,
11:01on peut continuer
11:01d'augmenter la dette,
11:02on va la faire rouler,
11:03les taux d'intérêt
11:04n'augmenteront jamais.
11:05– Non mais attendez,
11:06c'est ça qu'on demande
11:07justement à des dirigeants,
11:08c'est d'anticiper
11:09et de ne pas laisser
11:10effectivement filer cette dette.
11:11Moi, je leur dis,
11:12les taux d'intérêt,
11:12c'était inévitable
11:13qu'ils allaient augmenter,
11:14c'était inévitable
11:14que l'inflation allait augmenter
11:15puisqu'on avait fait
11:16de cette penche à billets.
11:17Ils n'ont pas voulu écouter
11:17et donc ils nous ont mis
11:19dans une telle situation.
11:20Aujourd'hui,
11:20le vrai enjeu,
11:21c'est qu'il faut
11:23effectivement être crédible
11:24et c'est ça moi
11:25qui m'inquiète,
11:25c'est que la France,
11:27encore une fois,
11:27c'est le pays
11:28qui dérape le plus
11:30sur le déficit public,
11:31c'est là où il y a
11:32le plus de déficit public
11:33dans toute la zone euro
11:34qui dérape le plus
11:35sur la dette publique.
11:36Donc, il faut que ça cesse,
11:37il faut retrouver
11:38une crédibilité
11:39et tant que ça ne sera pas le cas,
11:40il y a des vrais dangers
11:41effectivement pour les Français.
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