00:00de faire une longue litanie de morts, 200 blessés dont 22 policiers et 7 pompiers,
00:05600 interpellations, 320 gardes à vue, 692 départs de feu,
00:10264 voitures incendiées, des abribus arrachés, des commerces pillés
00:15et surtout des dizaines de millions d'euros partis en fumée.
00:19Voilà la réalité d'un pays où l'on ne peut désormais profaner en toute impunité
00:23une fête comme un vulgaire mobilier urbain et où surtout on refuse de voir ce que l'on voit.
00:29Le déni médiatique, il n'est pas nouveau depuis des années.
00:32Une partie de la presse regarde d'ailleurs ou regarde avec indulgence.
00:35On sait qu'une certaine gauche prend systématiquement faite écause pour les casseurs,
00:39pour les pillards et pour les incendiaires.
00:40Mais là, ce déni est flagrant, massif et même presque assumé.
00:45Ce n'est plus un biais, c'est une posture car non, le mot violent n'est pas interdit dans les médias.
00:49Il est dit parfois, mais immédiatement neutralisé, enrobé d'analyses sociologiques anesthésiées
00:54par la contextualisation et noyé dans une soupe de justification molle.
00:58Et c'est ainsi que l'on désinforme, pas en mentant, mais en refusant de voir et de dire.
01:02La soupe de justification molle, on voit parfaitement ce que ça veut dire.
01:07Est-ce qu'il faut vraiment en arriver là pour que la réalité soit dite, soit décrite ?
01:12Eh bien, visiblement même pas, puisque le scénario, il tourne en boucle
01:16comme un mauvais film qu'on nous repasse en sourdine.
01:18Vous vous souvenez de la finale de Ligue des Champions en 2022 ?
01:21À chaque fête de la musique, c'est la même chose.
01:23Les réveillons du Nouvel An également.
01:25Même théâtre, même scène de chaos et surtout le même silence feutré.
01:28Le lexique, lui, est savamment choisi.
01:31On évite les violences urbaines, les mots de barbare, les mots de racaille,
01:35des mots trop lourds, trop francs.
01:36À la place, on préfère les formules cotonneuses, les bandes de jeunes,
01:40les débordements, les tensions en marche d'un événement festif.
01:44Pourtant, le réel, il est là, il est brut, mais on le repeint en couleur pastel.
01:47Le vocabulaire anesthésie ce que les faits hurlent
01:50et l'on donne l'impression d'un pays apaisé alors qu'il vacile.
01:53Ce n'est pas faire du zola que d'écrire cela, c'est faire du journalisme.
01:56Ce n'est pas jouer sur la peur que de dire ce que tout le monde voit
01:59et ce que certains refusent de voir en face.
02:01Paris, comme tant d'autres villes, est devenu le théâtre récurrent de scènes de guerre urbaine.
02:06Et toujours le même réflexe, se taire, atténuer, contourner,
02:09comme si nommer, c'était trahir, comme si montrer, c'était prendre parti.
02:13Comme si d'écrire, c'était condamné.
02:15Ce silence, à force de durer, finit par dire quelque chose, finit par parler.
02:21Et ce qu'il dit est plus grave encore en réalité.
02:24Ce qu'il dit, il est glaçant, c'est qu'une partie des élites médiatiques
02:28préfère détourner le regard plutôt que de regarder le réel en face.
02:32L'exigence d'informer a cédé la place à la peur de froisser.
02:35La hantise de faire le jeu de l'extrême droite est devenue une ligne éditoriale à elle seule.
02:39Le journalisme s'est muet en un numéro d'équilibriste.
02:42Les mots ne sont plus choisis pour leur justesse, mais pour leur inocuité.
02:46On éclaire plus, on amortit.
02:48Informer désormais, c'est neutraliser, c'est être prudent, voire trop prudent.
02:53Mais ce déni, le problème, c'est qu'il a un coût.
02:55Il fabrique du soupçon, il nourrit la colère chez les Français.
02:58Et surtout, il creuse une fracture avec nos concitoyens.
03:01Car dans ce pays, celui qui ose dire l'évidence prend toujours une longueur d'avance.
03:05La presse n'a pas à hurler, elle n'a pas à trembler non plus.
03:07Elle doit montrer, constater, décrire.
03:10Et parfois, oui, elle doit déranger.
03:12Surtout avec ces images.
03:13Surtout quand le feu brûle sous nos fenêtres.
03:16La vérité, ce n'est pas une opinion, ce n'est pas un camp.
03:18C'est une exigence.
03:19Et quand Paris flambe, ne pas dire.
03:21Ce n'est pas seulement trahir son métier.
03:23C'est laisser le mensonge gouverner.
03:24Surtout avec ces images.
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