00:00J'aimerais vous dire qu'il ne me surprend pas mais malheureusement je suis policier
00:05depuis 27 ans et je vois très bien cette violence à l'encontre des policiers montés
00:11d'année en année et malheureusement on n'a pas d'armes pour lutter contre ça.
00:15Vous savez nous avec Alliance on demande ces fameuses peines minimum, ces peines minimum
00:19quand on agresse un policier de faire obligatoirement six mois ou un an de prison quand on touche
00:26un policier et même on peut élargir ça aux professeurs, aux infirmiers qui subissent
00:32aussi à longueur d'année ce genre d'agression, en l'occurrence pour l'affaire dont on va
00:36parler aujourd'hui c'est bien plus dramatique encore puisque deux policiers sont touchés
00:42par arme à feu, par un espèce de dégénéré, un espèce d'horrible personnage qui n'a
00:48pas hésité à cesser l'arme d'un collègue pour leur tirer dessus.
00:51On se rend compte au quotidien qu'on a affaire à de plus en plus d'individus qui sont déterminés
00:58à nous blesser gravement et même à nous tuer, ce qu'on ne voyait pas forcément
01:01il y a une quinzaine ou une vingtaine d'années.
01:04On est dans une société totalement folle, on est dans une société extrêmement violente
01:08et c'est vrai que les policiers comme nous sommes en première ligne, nous sommes davantage
01:13confrontés à ces violences et ces horreurs et effectivement le chiffre d'hommes ne me
01:18surprend absolument pas.
01:21Ce qui s'est passé jeudi soir Rudy Mana, ça vous inquiète, ça vous fait peur le
01:25fait qu'un de vos collègues soit aujourd'hui encore entre la vie et la mort, que cette
01:30agression par balle se soit en plus produite à l'intérieur d'un commissariat ?
01:37Bien sûr que ça me fait davantage peur, vous savez le commissariat c'est notre deuxième
01:42maison, on passe 10, 11, 12 heures par jour dans un commissariat et puis après vous passez
01:48le reste de votre temps à votre domicile, donc bien évidemment quand vous êtes attaqué
01:53dans votre deuxième maison c'est encore plus inquiétant que lorsque ça se passe sur
01:58la voie publique.
01:59Vous savez tous les policiers qui ont appris ça hier matin ou dans la nuit, d'hier,
02:05se sont posés la question en arrivant au commissariat, il ne faut pas se voiler la
02:08face, j'ai une pensée encore plus profonde pour tous ces collègues du 13e arrondissement
02:12de Paris, de ce commissariat du 13e arrondissement de Paris qui doivent être touchés dans leur
02:17chair et surtout dans leur cœur parce que ces collègues là sont leurs amis, mais je
02:22pense aussi à tous les policiers de France quand ils ont pris leur service hier soir
02:27ou hier matin dans leur commissariat, dans leur deuxième maison et qui se sont dit mais
02:32même ici on peut se faire tirer dessus par des fous furieux, bien évidemment que c'est
02:38inquiétant pour les policiers que nous sommes, vous savez nous on a bien compris qu'on
02:42était la dernière digue républicaine, que si ça se fissurait, si notre digue se
02:46fissurait, l'État va s'irrer complètement.
02:49Alors on est là, on essaye de tenir bon, mais nous sommes des femmes et des hommes
02:53et quand on voit ça, bien évidemment que nous sommes inquiets.
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