00:00 avec vos invités, Thomas-Yves, ce matin, ils sont deux.
00:03 - Oui, je reçois ce matin l'un des grands duos de la télévision française,
00:06 Marina Carrière-Dancot, c'est Michel Cymès,
00:08 et vous êtes à nouveau donc réunis pour une émission spéciale
00:10 du magazine de la santé, ce sera aujourd'hui à 13h40,
00:14 et ce sera en direct.
00:15 - Bien sûr, comme tous les jours, c'est toujours en direct, si on continue.
00:18 Bon, j'ai un petit peu peur que Michel n'y arrive pas.
00:20 - Bah oui, c'est ça, c'est quand même un risque.
00:21 - Je pense qu'il va... - Il a la peur que je dérape surtout.
00:23 - Oui, ça c'est vrai.
00:26 - Et l'idée alors, c'est de fêter dignement les 25 ans de l'émission, c'est ça l'idée de départ ?
00:30 - Oui, effectivement, on s'est dit que 25 ans, c'était quand même un beau chiffre,
00:34 et puis qu'on avait des super souvenirs, et surtout que c'est hallucinant en fait,
00:37 en 25 ans, ce qui s'est passé en médecine, c'est là qu'on le réalise.
00:39 - Toutes les avancées, oui. - Effectivement, tout ce qu'on a pu voir
00:41 en 25 ans, entre la médecine et la chirurgie,
00:43 on avait envie, voilà, de le fêter avec nos téléspectateurs.
00:46 - Vous allez revenir là-dessus avec d'anciens chroniqueurs emblématiques
00:48 de l'émission, aussi, qui reviennent, des invités aussi ?
00:51 - Des invités, absolument, non, ça va être Thierry Lhermitte, Philippe Croison,
00:55 Théo Curin, voilà, nos chroniqueurs aussi emblématiques.
00:58 - Et puis, c'est aussi, j'imagine, une manière de montrer l'utilité
01:01 de cette émission, qui est censée s'arrêter à la fin de la saison,
01:05 est-ce que c'est une forme de lobbying aussi, pour qu'elle continue ?
01:08 - Non, on ne fait pas de lobbying, c'est sûr que France Télévisions a annoncé
01:11 que l'émission allait s'arrêter, il y a quelques mois, on nous avait annoncé
01:15 qu'il y aurait un remplaçant, qu'une autre émission remplacerait
01:19 le magazine de la Santé, et puis finalement, ils sont revenus sur leur décision,
01:23 donc il n'y aura pas, a priori, pour l'instant, en tout cas,
01:27 d'émission quotidienne sur la santé à la télévision.
01:30 On ne fait pas de lobbying, on a la chance d'avoir des gens qui
01:34 sont organisés pour une tribune de soutien. - Oui, il y a un collectif qui s'est lancé,
01:38 encore merci vraiment à tous ces médecins. - 170 signatures de médecins,
01:41 de gens qui se sont succédés sur le plateau. - D'anciens ministres aussi,
01:44 comme Agnès Buzyn ou Roselyne Bachelot. - Absolument, et qui ont signé pour dire
01:48 que, alors, évidemment que si c'est nous qui continuions
01:52 l'émission, on en serait ravis, on a quand même 40 personnes qui bossent
01:56 sur le magazine de la Santé, la rédaction, les techniciens, tout ça,
01:59 et qui vont se retrouver sur le carreau, mais c'est la vie d'une émission,
02:02 l'antenne ne nous appartient pas, la case ne nous appartient pas.
02:05 En revanche, ce qu'on fait, c'est qu'on va se battre pour qu'il y ait
02:08 de la santé à la télévision, parce que nous, en 25 ans,
02:11 on a relayé des milliers et des milliers de campagnes publiques,
02:16 qui auraient coûté une fortune si on avait dû acheter de l'espace pour les faire.
02:22 On a, je ne sais pas si Marina est comme moi, mais il ne se passe pas une semaine
02:26 sans que je n'ai pas un jeune médecin qui vienne me voir en me disant
02:28 "c'est grâce au magazine de la Santé qu'on a fait médecine",
02:31 qu'on est devenu médecin, vous avez suscité des vocations depuis 25 ans.
02:38 Je pense qu'on ne peut pas imaginer que sur le service public,
02:43 il n'y ait pas une émission autour de la santé, il n'y en a pas d'autres.
02:46 Il y a des émissions sur le bien-être, il y a des émissions qui reprennent,
02:50 il y a bien sûr les enquêtes de santé présentées par Marina,
02:52 les "Prenez soin de vous" que je présente sur France 5,
02:54 il va y avoir des émissions événementielles en prime sur France 2,
02:57 mais une émission quotidienne, ou en tout cas régulière,
03:01 au moins hebdomadaire, qui permette aux Français
03:04 de venir s'informer sur les progrès de la santé, il n'y en a pas.
03:07 Et ça, très franchement, c'est inenvisageable,
03:10 et c'est pour ça qu'il y a eu cette tribune, avec, vous l'avez dit,
03:13 quelques ministres qui ont signé.
03:14 - Une pétition en ligne avec plus de 10 000 signatures désormais,
03:18 j'imagine que ça vous touche, Marina Carère.
03:20 - Ça me touche, je suis très touchée par tous ces professionnels,
03:24 et notamment tous ces médecins qu'on a évidemment reçus depuis 25 ans,
03:27 qui se sont investis et qui croient effectivement à l'importance
03:30 d'une émission de santé sur le service public.
03:32 Vous savez, moi je suis une enfant du service public,
03:34 j'ai toujours été dans le public, travailler dans le public
03:37 et faire de la santé sur le service public, c'est quelque chose qui a un sens,
03:40 un vrai sens.
03:41 Moi je me souviens des émissions qu'on a pu faire où on se disait,
03:43 bon, on fera pas d'audience là-dessus,
03:45 mais c'est la mission du service public,
03:47 et il n'y a que sur le service public qu'on peut le faire.
03:49 Je suis très fière d'être dans un pays où il y a des chaînes publiques
03:51 et des chaînes privées, ce n'est pas donné à tous les pays.
03:53 Donc c'est très important, effectivement, la santé,
03:55 quand je vois comment on a traité la crise du Covid
03:58 pendant les deux mois où j'étais toute seule à l'antenne,
04:01 on n'a jamais voulu, quand Michel était là, c'était pareil,
04:04 on avait une vision éthique de la médecine,
04:07 on n'a jamais voulu faire le buzz,
04:08 on a simplement, au jour le jour, informé les gens
04:10 et apporté, je crois, un vrai service.
04:12 Ça, ça ne peut pas s'arrêter, ce n'est pas possible,
04:15 il faut que ça continue avec nous ou sans nous,
04:17 il faut que ça continue à la rentrée.
04:18 - Mais j'ai l'impression que cette mobilisation,
04:19 elle vous bouscule aussi un peu l'un et l'autre,
04:21 parce que quand vous avez eu l'occasion de vous exprimer
04:23 sur l'arrêt du magazine de la santé,
04:25 l'un comme l'autre, pour le coup, vous étiez assez raccords
04:26 pour dire, bon, après tout, ça faisait 25 ans,
04:29 il était peut-être temps que ça s'arrête.
04:31 - Oui, parce qu'on pensait à l'époque, au moment où on dit ça,
04:34 que 25 ans, c'est exceptionnel à la télévision.
04:36 Encore une fois, l'antenne et la case ne nous appartiennent pas.
04:40 En revanche, à l'époque, on disait,
04:43 il va y avoir un appel d'offres,
04:44 d'autres boîtes de production vont être consultées,
04:46 y compris 17 juin Productions,
04:48 puisque, évidemment, c'est nous qui produisons cette émission,
04:51 on avait le droit de concourir,
04:52 et on se disait, au moins, il y aura de la santé à la télé,
04:55 on espère que ce...
04:56 Enfin, on n'est pas hypocrite,
04:58 on espère bien gagner un appel d'offres,
05:00 mais là, il n'y aura pas d'appel d'offres,
05:02 il n'y a rien pour l'instant.
05:03 - Quelle raison vous a donné pour l'arrêt du magazine de la santé, du coup ?
05:06 - On n'en a pas beaucoup.
05:08 - L'audience ?
05:09 - Non, mais l'audience, non,
05:11 enfin, il y a un demi-million de téléspectateurs
05:14 qui regardent le magazine de la santé en ce moment,
05:17 l'audience s'est frittée au fil des années
05:19 parce que le public jeune va plutôt,
05:22 et vous le savez, vers les plateformes, les réseaux sociaux, etc.
05:24 et c'est un public qui regardait beaucoup le magazine de la santé à l'époque,
05:27 mais qui commence à s'en éloigner un peu.
05:29 Donc voilà, c'est classique,
05:31 cette érosion, il y a beaucoup plus d'offres aujourd'hui sur plein de chaînes.
05:35 Mais on ne nous a pas donné de raison.
05:37 Alors, je vous vois, Thomas,
05:39 où vous voulez aller, si c'est la guerre
05:41 entre TF1 et France Télévisions qui fait que...
05:44 - Parce qu'il faut dire que votre boîte de production fait partie du groupe New Wayne,
05:47 qui appartient à TF1 désormais.
05:49 - Ça nous dépasse.
05:52 On n'est pas non plus complètement débiles,
05:53 il est probable qu'on ait une sorte de conséquence collatérale,
05:58 de victime collatérale d'une guerre qui nous dépasse.
06:01 Mettons ça de côté,
06:03 pensons juste au fait qu'il ne peut pas ne pas y avoir de santé régulièrement,
06:08 quotidiennement, hebdomadaire, sur le service public.
06:10 - Et on va en continuer à en parler tout à l'heure,
06:12 en tout cas il y a les 25 ans du magazine de la santé
06:14 qui sont affêtés aujourd'hui en direct à 13h40.
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