00:00 Et puis nous avons le bonheur de recevoir une très grande voix de la chanson francophone
00:04 interprète d'un jour ou l'autre.
00:07 On le saura trouver.
00:08 - Ah voilà !
00:09 - Bien sûr !
00:10 Parle-moi !
00:11 Parle-moi !
00:12 Vous avez reconnu bien sûr Isabelle Boulet.
00:14 - Bien sûr, bien sûr, c'était pas si évident.
00:17 - Merci d'être avec nous ce matin Isabelle.
00:19 - C'est un grand plaisir.
00:20 - Un bonheur de vous recevoir.
00:21 Allez on va se mettre dans l'ambiance et vous avez tous le droit de chanter.
00:24 - Allez Isabelle, on va demander d'entrer dans la chanson.
00:51 - Isabelle, je suis une professionnelle, il faut que tu chauffes la voix, ce qui n'est
00:55 pas notre cas.
00:56 - Non, non, mais en fait j'ai hésité parce que je me suis dit est-ce que je fais « Parle-moi
01:01 » en guitare-voix ou je fais un autre titre et là je me suis dit de « Bon matin, parle-moi
01:06 ». J'y arrive, j'y arrive quand même mais je me disais dans les oreilles des auditeurs
01:10 peut-être que ça serait un peu plus difficile à prendre.
01:14 - C'est vous ça va, qu'on s'étoumante.
01:15 - C'est plus dur.
01:16 - Mais lui, il ne se pose pas la question.
01:17 - Non mais c'est ça qui est fabuleux.
01:21 - Moi j'aime ça voir les gens qui chantent même quand ils n'ont pas le talent de chanter
01:26 nécessairement.
01:27 - Merci Isabelle, ça me touche énormément.
01:28 - Non mais j'allais dire pour en faire un métier, mais chanter ça fait tellement de
01:35 bien que même quand on chante mal, il faut chanter.
01:38 - Oui, tout le monde peut se le permettre.
01:40 - On est dans votre coin vraiment.
01:41 - J'imagine que vous êtes habitués en plus parce qu'en concert tout le monde la reprend
01:46 en chœur cette chanson « Parle-moi ».
01:47 - Oui, mais ça fait tellement plaisir.
01:49 - C'est un cube incroyable.
01:50 Alors en mars justement, vous partez en tournée en France, en Suisse, en Belgique.
01:55 Votre tournée s'appelle « D'Amérique » au pluriel et de France parce que votre spectacle
01:59 c'est un peu une passerelle justement entre l'Amérique folk country et puis la chanson
02:03 française.
02:04 - Oui, en fait c'est mes deux grandes influences et c'est un peu chaque fois ce que je fais
02:10 dans mes spectacles.
02:11 Je me suis rendu compte qu'il y avait toujours une espèce d'alliance ou de mariage entre
02:16 mon amour de la chanson country américaine et la grande chanson française.
02:21 Mais il existe des cow-boys en France.
02:23 La preuve c'est Eddie Mitchell, c'est Dick Rivers, c'est Alain Bashung, c'est des chanteurs
02:30 qui m'ont fait rêver.
02:31 - Vous les reprenez sur scène ?
02:32 - Oui, je les reprends sur scène.
02:34 Et depuis un moment, Hugues Offray aussi.
02:37 - Stéphane Escher, Benjamin Bionnet aussi vous les reprenez sur scène.
02:40 - Exactement, je les reprends sur scène parce que j'aime les chansons.
02:44 Benjamin a écrit pour moi « J'ai eu cette chance-là ». Mais Stéphane Escher, je le
02:49 reprends parce que c'est probablement un des artistes que j'ai écouté le plus dans ma
02:54 vie.
02:55 Mais la chanson « Tu ne me dois rien », c'est la chanson de toutes les chansons que j'ai
02:59 écouté à répétition.
03:01 J'ai dû l'écouter 5000 fois dans ma vie.
03:04 - « Tu ne me dois rien », on va la mettre de côté celle-ci pour l'écouter un petit
03:09 peu tout à l'heure.
03:10 - J'adore cette chanson.
03:11 - Quand vous êtes en tournée, vous partagez votre vie entre Montréal et la France.
03:14 C'est ça, 15 jours dans un pays, un mois dans l'autre.
03:18 Du coup, vous êtes tout le temps en jet lag.
03:20 - Tout le temps.
03:21 - Ça doit être un enfer.
03:22 - Je pense que je dois être deux semaines par année dans l'horaire normal, dans mon
03:27 corps et dans la réalité.
03:29 - Vous avez pensé à faire un petit bilan carbone ?
03:31 - C'est sûr qu'il faut que je plante des forêts, des forêts et des forêts.
03:38 - Pendant votre spectacle, vous avez interprété plusieurs chansons de votre dernier album,
03:41 « Les chevaux du plaisir », hommage à Alain Bashung.
03:45 Pourquoi vous avez voulu lui consacrer tout un album à Alain Bashung ? Il représente
03:55 quoi pour vous, Bashung ?
03:56 - Je pense que c'est le chanteur qui m'a fait le plus rêver.
04:01 Dans la fantasmagorie, c'est quelqu'un qui alliait justement la folk country américaine
04:11 aux grands textes littéraires.
04:13 J'aimais l'art qu'il y avait dans ses chansons et j'aimais aussi sa manière de mener sa
04:21 trajectoire, de faire son métier.
04:23 C'est quelqu'un qui ne faisait aucun compromis.
04:27 À partir d'un certain moment, j'ai connu le Bashung du début des années 90.
04:32 Après, j'ai été curieuse.
04:34 Je suis allée voir tout ce qu'il avait fait avant, mais c'était quand même assez moderne
04:39 ce qu'il proposait même à l'époque, dans les années 80-90.
04:42 C'est un audacieux.
04:44 Je l'aimais aussi parce qu'on sentait chez lui qu'il avait envie d'être un chanteur
04:54 populaire, mais il restait quand même un chanteur de haute voltage.
04:57 Je trouvais ça assez touchant.
05:00 C'est quelqu'un qui s'intéressait à toutes les musiques, qui aimait tous les chanteurs.
05:06 Il ne faisait pas de distinction.
05:09 - Il paraît d'ailleurs que malgré votre voix de dingue, quand vous êtes allée en
05:13 studio, vous avez eu quand même très peur de chanter du Bashung.
05:16 - La peur ne venait pas de...
05:18 En fait, je n'avais pas peur de ne pas être capable de donner de la voix ou de chanter,
05:22 mais je pense que j'avais peur de ne pas être crédible.
05:29 Et à partir du moment où je suis rentrée en studio et on a commencé à travailler,
05:34 il y a eu quelque chose d'alchimique, une magie qui a opéré.
05:40 Je n'ai plus douté de rien à partir de là.
05:42 - Et cet album, il s'est en tête des ventes au Canada et il a permis à des jeunes de
05:47 découvrir Alan Bashung.
05:48 Il y a de quoi être fier de ça.
05:50 - Ça, ça me fait vraiment plaisir.
05:52 Vraiment.
05:53 Je me souviens, j'ai fait une grande émission au Québec, une émission de télé.
05:59 La jeune co-animatrice disait « je ne savais même pas qui était Alan Bashung avant d'entendre
06:07 ton disque ». Et là, du coup, je suis allée écouter et elle a dit « c'est vraiment
06:09 beau ».
06:10 - C'est magnifique.
06:11 Les chevaux du plaisir, c'est votre album Isabelle Boulet qui chante Bashung et on va
06:15 en avoir un aperçu tout à l'heure, puisque vous allez nous chanter « La nuit, je mens
06:20 dans ce studio ». Dans un instant, c'est à vous, Héloïse Gouin.
06:23 Vous allez nous parler d'une petite série.
06:25 - Oui, une série animée sur les mères, pas les politiques, les mamans.
06:28 C'est très drôle et très très juste, ça s'appelle Mère Anonyme.
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