00:00 Bah écoutez, alors déjà, hier soir ça a fait parler de lui pourquoi ?
00:03 Avant-première extrêmement glamour, on va pas se mentir, à la salle Play L,
00:06 film donc de l'anglais Ridley Scott, il y a un petit message subliminal
00:10 dans cette première phrase.
00:12 Vous comprendrez tout à l'heure, Paris donc en ébullition,
00:14 déjà Joaquin Phoenix et Vanessa Kirby étaient présents grâce à la fin de la grève
00:18 des acteurs à Hollywood, ça change quand même tout.
00:20 Et donc quand on s'attaque à Napoléon, on peut s'attendre à du débat, évidemment.
00:25 Alors dès la bande-annonce déjà, les historiens ont commencé à s'écharper,
00:27 ça c'était très très drôle, il parle anglais, ça crie lège, son uniforme,
00:31 vous allez voir, vous allez remarquer, évidemment, les épaulettes,
00:34 bah oui les épaulettes de colonel alors qu'il est général, non mais ça va pas du tout.
00:38 Les canons qui ne peuvent pas tirer aussi loin, enfin je veux dire,
00:41 c'est absolument élémentaire, bref voilà, Napoléon évidemment ne chargeait jamais non plus,
00:48 il restait à l'arrière des troupes.
00:50 Regardez peut-être un petit peu, vous allez vous faire un peu votre idée.
00:52 Je vous ai promis de grands succès.
01:00 Voilà alors, c'est de belles images.
01:09 Alors sur la longueur, ça donne quoi ? Est-ce que ça peut agacer un peu nos historiens ?
01:14 La réponse est dans la question, j'ai envie de vous dire,
01:16 étant vu à 2h42 de film, je vous laisse imaginer l'ampleur du carnage dans la tête de nos historiens.
01:22 La scène d'ouverture, vous en avez vu quelques images,
01:24 Marie-Antoinette qui se fait décapiter, Napoléon ne peut pas être là,
01:29 pourquoi ? Il est au siège de Toulon.
01:31 Donc voilà la caricature de l'ambitieux rustre, pas franchement galant avec Joséphine,
01:36 jusqu'au bilan en finale des morts totalement fantaisistes dans le point,
01:39 Patrice Gueniffey, le spécialiste de Napoléon en France, n'y va pas avec le dos de la cuillère.
01:45 Joséphine contre Napoléon, lequel certes ne mérite pas que des compliments,
01:49 mais sans nuance ni intelligence dit l'historien.
01:52 Alors Joachim Fénix est trop âgé également selon lui, du début à la fin,
01:57 il fait bombarder les pyramides d'Egypte lors de la campagne d'Egypte,
02:02 alors qu'il ne l'a jamais fait, au contraire, il a, selon Patrice Gueniffey,
02:05 emmené avec lui des dizaines de savants pour étudier cette civilisation.
02:09 Il verse également presque dans le wok, en sous-entendant, c'est vrai que Joséphine
02:13 a un rôle vraiment proéminent dans ce film, elle lui fait dire qu'il n'est rien sans elle,
02:18 peut-être que c'est un peu compliqué, il dit "on se demande comment un personnage
02:22 aussi bonnet, aussi médiocre et ridicule serait arrivé à écrire une telle destinée".
02:28 Mais en même temps, c'est vrai que le réalisateur, Ed Scott, se défend un peu,
02:31 Claire Fleury l'a rencontré lundi, "il ne pouvait pas tout lire sur lui", dit-il en substance.
02:40 Personne n'est capable de lire 10 000 livres, mais nous avons choisi celui qui était le plus reconnu.
02:46 Mais on apprend beaucoup plus en lisant sa correspondance,
02:49 et éventuellement aussi les lettres qui lui étaient adressées.
02:53 Donc on a commencé à construire la structure et les ramifications de l'histoire
02:58 pour montrer la vraie nature de l'homme derrière le dirigeant.
03:05 - Napoléon, ça l'intéresse depuis toujours, dès son premier film "Les Duellistes" en 1977,
03:10 ça se passe justement à cette époque, donc vraiment cette histoire lui trottait dans la tête
03:14 depuis un certain temps, il a toujours pris ses distances, il faut quand même le souligner
03:17 avec ses personnages, Ridley Scott, quand il fait "House of Gucci",
03:19 il prend énormément de distance avec la famille, bref, donc on pouvait s'attendre
03:22 à ce qu'un Napoléon traité par lui soit forcément selon son prisme.
03:26 - Oui, mais en fait, est-ce qu'en réalité, ce n'est pas tout simplement la vision d'un Anglais ?
03:30 - Ça peut se résumer aussi, effectivement ça a forcément le choix.
03:33 - Qui préfère donc Waterloo à Auserlitz ?
03:35 - C'est exactement ça, c'est ce que relève tout précisément Patrice Gueniffey,
03:39 parce qu'il a vu le film, évidemment, et il dit que justement Waterloo,
03:43 c'est la seule bataille dans le film qui est filmée de façon grandiose,
03:47 il dit donc que c'est un film anti-français pour cette raison-là,
03:50 puisque Waterloo ça enterrine la victoire des Anglais, bien sûr,
03:52 et puis plus largement, il dit que c'est tout simplement mission impossible
03:55 de traiter de ce personnage en deux heures et demie, il y a eu moult biopics
03:59 d'Abel Gans à Antoine de Cône, en passant par Sacha Guitry, sur Napoléon,
04:04 mais Patrice Gueniffey dit que Napoléon est un héros universel,
04:07 avec sa part de lumière et de noirceur, il est impossible d'en faire le tour en un seul voyage.
04:12 En résumé, comme Kubrick, il faudrait abandonner l'idée d'embrasser toute sa vie,
04:16 la totalité de cette vie.
04:17 Voilà, en attendant, pour vous faire votre idée, ça sort la semaine prochaine.
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