00:00Un missile qui sort de l'eau et qui est propulsé dans les airs,
00:04le tout sous le regard du président Emmanuel Macron.
00:06C'est une avancée nominale et elle était importante pour nous tous.
00:10Ce mardi, la France a réalisé avec succès le premier lancement du M51.3,
00:16son tout dernier missile balistique nucléaire.
00:18Ce tir d'exercice, réalisé depuis un sous-marin et évidemment sans charge nucléaire,
00:23a eu lieu au large du Finistère et était prévu de longue date.
00:27Mais la surprise, en revanche, c'était la présence du président.
00:33Il a assisté sans aucun média au tir depuis une frégate de la Marine Nationale
00:38avant de poster sur les réseaux sociaux des vidéos de l'exercice
00:42filmées par son équipe et par le ministère des Armées.
00:48Aujourd'hui, nous sommes plus forts.
00:50Et je pense que le message a été reçu fort et clair.
00:53Partout où il devait être reçu.
00:54En fait, ce type d'essai est banal.
00:56Ce qui est nouveau, c'est la présence d'Emmanuel Macron.
00:58C'est assez inhabituel pour un président d'assister à ce type d'opération.
01:02Dans la mémoire nucléaire française, il y a cette image de De Gaulle
01:06assistant en 1966 à un tir.
01:08En général, les présidents se contentent de faire des visites aux bases nucléaires.
01:12On rejoue un petit peu les années De Gaulle.
01:14Ce récit de la puissance française, de la puissance militaire française
01:17est extraordinairement important en ce moment
01:19parce qu'il y a des menaces extérieures comme on le sait.
01:21Une séquence qui intervient dans un contexte de plus en plus tendu
01:25après une série d'attaques hybrides imputées à la Russie.
01:29C'est un moment très important pour notre crédibilité stratégique.
01:33Je pense qu'à la fois, tout ce qui s'est passé en ce moment
01:36et ce qui s'est passé aujourd'hui sera scruté par nos alliés
01:39comme nos compétiteurs et les déjà.
01:40C'est là qu'on voit qu'il y a une intention,
01:42un message qui a été reçu au Kremlin 5 sur 5.
01:46Le Kremlin, lui, n'a d'ailleurs pas tardé à réagir à ce test.
02:01Dès mercredi, son porte-parole a dénoncé la militarisation de l'Union Européenne
02:05alors que la Russie elle-même est entrée dans une phase d'économie de guerre
02:09depuis son invasion de l'Ukraine il y a 4 ans.
02:25Revenons-en à ce tir.
02:26Selon Ariane Groupe, qui a développé le missile,
02:29ce test vise à prouver l'efficacité du M51.3.
02:33Ce missile, tiré depuis les sous-marins nucléaires lanceurs d'engin,
02:37constitue l'un des deux piliers de la force de dissuasion nucléaire de la France.
02:41L'autre pilier, c'est la composante aéroportée, composée de rafales et de ravitailleurs stratégiques.
02:46Le M51.3, c'est un missile qui est entré en service opérationnel en 2025.
02:50Et là, il a été testé pour la première fois depuis un sous-marin nucléaire.
02:52Le tir a été effectué sur une distance d'un peu plus de 4 700 km.
02:56Pour vous donner un peu un ordre d'idée, il a été tiré du Finistère jusqu'au large des Bermudes.
03:00Normalement, il est censé pouvoir tirer jusqu'à 10 000 km, voire plus.
03:05Le missile a été tiré depuis le sous-marin Le Vigilant,
03:08tout juste sorti d'une longue période de maintenance et de réparation,
03:11afin de valider sa capacité à lancer le M51.3.
03:16Merci à l'ensemble des équipes qui ont contribué.
03:19Surtout, la présence d'Emmanuel Macron à ce tir d'essai s'inscrit dans la droite lignée du discours
03:24qu'il a prononcé en mars dernier pour faire évoluer la doctrine nucléaire française.
03:29Pour être libre donc, il faut être craint. Et pour être craint, il faut être puissant.
03:35Au cours de son mandat, chaque président doit exposer une fois les éléments phares de la doctrine nucléaire de la
03:41France,
03:42qui est, on le rappelle, le seul pays européen doté de l'arme atomique avec le Royaume-Uni.
03:47Emmanuel Macron avait alors annoncé l'entrée de la France dans une nouvelle étape de sa dissuasion nucléaire avancée,
03:53en accord avec des pays européens.
03:55Nous devons renforcer notre dissuasion nucléaire face à la combinaison des menaces
04:00et nous devons penser notre stratégie de dissuasion dans la profondeur du continent européen.
04:07Concrètement, ça veut dire que les pays européens qui le souhaitent, ils sont dix pour l'instant,
04:11pourront être associés à des exercices militaires de la dissuasion française.
04:16Cela pourra impliquer également du signalement, y compris au-delà de nos frontières strictes,
04:21ou la participation conventionnelle de forces alliées à nos activités nucléaires.
04:27Emmanuel Macron, il a quelque chose d'assez remarquable, c'est qu'il a construit un parapluie nucléaire français.
04:33Il a pris une sorte de leadership moral avec cette guerre en Ukraine.
04:38Mais la décision ultime d'utiliser ou non l'arme nucléaire, elle, reste entièrement dans les mains du président français.
04:44Je n'hésiterai jamais à prendre les décisions qui seraient indispensables à la protection de nos intérêts vitaux.
04:54La Russie, qui détient elle aussi l'arme nucléaire, n'avait pas apprécié ces déclarations d'Emmanuel Macron,
05:00estimant qu'elles étaient une menace.
05:13En réalité, cette séquence d'Emmanuel Macron, elle montre qu'on est dans une escalade,
05:18une escalade militaire qui a été déclenchée par la Russie en Ukraine il y a quatre ans
05:23et qui se prolonge aujourd'hui par des attaques hybrides qui peuvent devenir demain de vraies attaques.
05:40Le président russe Vladimir Poutine a lui répété la semaine dernière
05:44que son pays n'a pas l'intention d'attaquer qui que ce soit.
05:59Il a averti que la Russie se défendrait en cas d'attaque des pays de l'OTAN sur son sol
06:04avec tous les types d'armes à sa disposition.